Je suis consciente que ce chapitre n'est pas bien long et n'est certes pas à la hauteur de vos espérances. Je vous assure néanmoins que mes neurones travaillent à leur plein potentiel. Tout devrait rentrer dans l'ordre dès que les cours seront recommencés ou que j'aurai une minute à moi. Qui a dit que la période des fêtes était synonime de vacances, eh ? Certainement pas moi ! Je vous remercie de vos mots d'encouragements qui m'ont souvent soutenue à travers le mois passé. Ça compte beaucoup pour moi.
Bisouilles et Bonne et heureuse année à tous mes lecteurs.
Bonne lecture!
Ge
CHAPITRE 27
L'Attaque
Cris.
Hurlements.
Ses paupières frémirent puis s'entrouvrirent. Il étouffa un léger gémissement et tendit l'oreille.
Ça bougeait anormalement, à l'extérieur. Peut-être qu'ils préparaient un nouveau 'raid' dans sa cellule.
Il se crispa. Tentant difficilement de s'accrocher aux aspérités du mur devant lui, il se redressa lentement, sentant tout son corps craquer de reluctance. Cette tâche accomplie, il respira profondément pour essayer de contenir les élancements de douleur qui parcouraient l'ensemble de ses muscles et tissus.
Il avait mal. Mais en toute honnêteté, il avait connu pire. Il ne l'avait pas trop abîmé physiquement, cette fois. Du moins, pas encore. Ça viendrait, quand ils se seraient lassés du côté psychologique de la torture.
Ensuite, les deux à la fois.
Le...
Il ferma les yeux et tressaillit.
Non. Ils ne le toucheraient pas. Plus jamais.
Des bruits de pas.
Il se traîna difficilement jusqu'à la porte. La haine était si souvent facteur d'énergie. Il se dissimula derrière l'entrée de la geôle, empêchant ainsi ceux qui venaient pour lui de le voir en entrant.
Jamais, jamais, jamais...
La porte grinça en s'entrouvrant pour laisser passer une silhouette. Sans hésitation, il fut sur elle et, trouvant aisément son cou, glissa ses doigts autour, serrant.
Il pouvait sentir le poulx de sa victime contre sa paume, là où était sa jugulaire. Comme un murmure sur sa main.
Serrer plus fort. Suivre l'autre jusqu'au sol alors qu'il se débattait furieusement mais péniblement.
C'est l'oxygène qui fait cruellement défaut.
Son coeur se souleva.
Et dans un rayon de lumière venant du dehors, il perçut des yeux gris brumeux.
Stupéfait, il s'écarta rapidement.
- Draco ? éructa-t-il.
Sa voix était éraillée. Celle du répondant également.
- Merlin, Potter, la prochaine fois, revois ton accueil !
- Je...
Une main retrouva la sienne et la serra tendrement. Des bras se nouèrent autour de sa taille pour le serrer contre une poitrine.
Il n'avait jamais été très câlin, sauf avec Lily. Mais il rendit l'étreinte avec passion, enfouissant son visage défait dans son cou. Une main se faufila sous sa chemise partiellement déchirée, retraçant ses blessures. Draco s'écarta pour apercevoir son visage dans l'obscurité.
Ses yeux brillaient de larmes.
- Merde, jura-t-il. Ils ne t'ont pas manqué, hein ?
- J'aurais préféré un troupeau d'hyppogriffes. Clair ?
- Précis.
Un petit baiser délicat, juste sous sa mâchoire. Qui le fit frissonner.
- Tu... tu es venu me chercher ? demanda-t-il.
- Je n'allais tout de même pas te laisser avec ces brutes.
Nouveau baiser, sur sa joue tuméfiée. Effacer la douleur...
- J'ai... j'ai eu tellement peur, avoua Draco d'une voix sourde. 'Me refais plus jamais un coup comme ça.
- Jamais, murmura-t-il.
Il prit de lui-même l'initiative du prochain baiser. Le premier qui était réel depuis de nombreuses années. Simple effleurement de lèvres qui déboulla bien vite en une bataille de langues. Lorsqu'ils se séparèrent, à bout de souffle, le blond constella son visage de petits baisers doux. Harry aurait voulu se laisser aller dans son étreinte encore plus longtemps, voire pour l'éternité, mais la réalité le frappa de plein fouet lorsqu'il sentit sa cicatrice l'élancer. Il s'écarta vivement, laissant son compagnon déboussollé.
- Qu'est-ce que...
- Merlin, Dray, Il va attaquer Poudlard ! s'exclama-t-il.
- Que... quoi ?
- Il veut Lily. On ne doit pas le laisser l'approcher, Il...
Son amant, qui avait perdu un peu de couleur en apprenant le plan de Voldemort, le coupa.
- Ce soir ?
- Il est sûrement déjà en route. Il faut y aller maintenant, ajouta Harry en esquissant un mouvement vers la porte.
L'ancien Serpentard eut vite fait de lui bloquer la sortie.
- Oh non, pas question que tu te battes dans cet état, je vais m'occuper de...
- Non ! s'écria le Survivant. Je dois la protéger, c'est ma fille !
- Et c'est également la mienne ! répliqua sur le même ton Draco.
Il approcha du brun et passa une main sur sa joue. Harry tressaillit mais se reprit.
- C'est à moi d'y aller, Dray. Il n'y a que moi qui puisse le faire.
- Écoute, tu...
- Non, l'interrompit-t-il. Je dois le combattre. Moi et personne d'autre. S'il y a une infime chance que je puisse parvenir à le tuer, je le ferai. Sinon, tu prends Lily et tu quittes l'Angleterre.
- Tu crois que c'est si facile ! s'insurgea violemment Draco. Que je parviendrai seulement à te laisser derrière ? Bon sang, Potter ! Je t'...
- Il ne s'agit pas de nous, Malfoy, s'énerva à son tour l'ancien Gryffondor. C'est la guerre.
- Tu penses que je l'ignore ?
Harry ferma les yeux un court instant.
- Ce n'est ni le moment, ni même l'endroit pour avoir ce genre de discussion.
- Encore une fois, tu te défiles.
- Écoute, espèce de tête de mule, tu...
- Eh, intervint une voix derrière eux.
Se retournant tous les deux, les deux jeunes adultes découvrirent Blaise qui se tenait sans l'embrasure de la porte.
- Pour la dispute de couple, on repassera. Les Mangemorts en haut parlaient d'une attaque quand je suis entré. C'est vrai ?
Harry hocha simplement la tête.
- Merde... Alors on ferait mieux d'y aller, fit le mari d'Hermione.
Le Survivant le suivit alors qu'il sortait dans le couloir sombre du sous-sol miteux, n'osant pas un regard vers Draco.
- Oh, Potter, dit Blaise, je cois que ça te servira.
Il lui tendait sa baguette.
- Nott a été un peu réticent à me la donner, mais bon...
- Merci, Zabini.
L'autre fit un petit signe.
- Combien de Mangemorts, selon toi ?
Harry se rembrunit.
- Beaucoup.
Derrière lui, il pouvait sentir la présence de Draco.
- Potter, sans vouloir faire monter la pression, je pense que Voldemort en a marre des escarmouches. Et te voir sur son chemin, ce soir...
- Je sais, le coupa Harry.
Il ne savait que trop bien. Cette nuit.
Peut-être la dernière.
Un froid dans son estomac.
Une main chaude agrippa la sienne. Des yeux métal liquide.
- Je sais, répéta-t-il doucement.
Elles étaient restées un peu dans la tour. Lily voulait voir les étoiles. Et guetter le retour de ses pères.
- C'est Sirius, fit-elle en pointant un groupe d'étoiles en particulier. C'est la préférée de Daddy. À la maison, l'été, on installe une couverture dans le jardin et on s'y couche pour regarder le ciel, la nuit.
- Il aimait déjà le faire lorsque nous étudiions ici, sourit Hermione, un peu pensive. Ça avait le pouvoir de la calmer, de l'apaiser.
- Il était très différent ? demanda Lily en levant la tête vers sa marraine.
- C'était avant la guerre, répondit-elle simplement, comme si cela expliquait tout.
Elles restèrent silencieuses pendant un moment.
- Est-ce que daddy et papa étaient ensemble ?
La main de sa tante se perdit dans ses boucles blondes.
- Ils ne s'aimaient pas beaucoup, avoua Hermione. Des rivalités d'enfants. Des disputes éternelles qui, à ce que je peux voir maintenant, camouflaient leurs vrais sentiments. Je suppose qu'ils avaient peur, d'une certaine manière.
- Peur ?
- De changer, expliqua-t-elle. De grandir. De s'apercevoir qu'ils étaient adultes. Ici, à Poudlard, c'était plus facile de fermer les yeux. Mais une fois dehors... tout était différent. Ils ont appris à s'apprécier, je suppose. Et puis à s'aimer, malgré eux. Mais Harry ne nous a rien dit, pas plus que Draco. Entre deux batailles, ils préféraient préparer une prochaine défence ou une probable offensive plutôt que de discuter. C'est encore le cas aujourd'hui, en quelque sorte. Ce sont des hommes. Pour ce qui est de l'ouverture au niveau sentimental, c'est un peu déplacé, selon eux.
La fillette eut un sourire et posa sa tête contre la hanche de sa tante. Elle étouffa un bâillement derrière sa petite main.
- Tu es fatiguée, ma puce ?
- Un peu... avoua l'enfant.
- Je crois qu'il est temps d'aller dormir, alors, fit sagement Hermione en la prenant dans ses bras avant de se diriger avec son poids vers l'escalier de la tour.
- Tata, ils seront rentrés quand je me réveillerai, dis ? marmonna Lily.
- Je ne sais pas. J'espère.
Elles atteignaient les appartements d'Hermione lorsqu'un bruit de course fit se retourner cette dernière.
- Severus ? s'étonna-t-elle en voyant l'homme qui, baguette au point, s'arrêtait devant elle.
- Le château est assiégé, Hermione, haleta-t-il. Des centaines de Mangemorts sont là, dehors. Les barrières ne résisteront pas longtemps encore.
Le sang de la jeune femme se glaca et elle dut résister à l'envie de gémir. Lily se redressait.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? s'enquit-elle faiblement.
- Rien, mon coeur.
Sa marraine ouvrit la porte de l'appartement et déposa la fillette à l'intérieur, s'agenouillant devant elle.
- Je veux que tu ailles rejoindre Tomas, d'accord ? dit-elle précipitament. Vous vous cacherez sous le lit jusqu'à ce que j'aille pour chercher.
- Mais...
- Vous ne bougerez pas, c'est compris ? Pas avant que je ne viennes vous chercher.
Elle prit son visage pâle entre ses mains.
- Tout se passera bien Lily, tu dois juste faire ce que je t'ai dit.
Elle la poussa avant de refermer la porte derrière elle et de conjurer une sort de protection compliqué.Son coeur se serraen pensant à son fils et à sa nièce laissés à eux-mêmes, mais elle n'avait pas le choix. La main de Snape sur son épaule la ramena à la réalité.
- Venez, Granger, dit-il. L'Ordre a besoin de nous, maintenant.
La sorcière hocha la tête et le suivit dans les dédalles des corridors.
Une pluie de lumière s'abattait sur un dôme.
On aurait dit une énorme bulle de savon transparente. En son centre, un gigantesque château.
L'euphorie gagnait peu à peu les hommes. On ne pouvait voir leurs visages mais on sentait l'excitation monter dans les rangs. Des centaines de voix hurlaient avec exaltation des sortilèges multiples qui faisaient trembler les protections.
Les derniers remparts de Poudlard contre l'ennemi qu'ils représentaient.
Ils avaient tant attendus, ces hommes masqués. Des années durant, sacrifices après sacrifices, ils avaient peiné parce qu'ils croyaient en leur rêve.
Et enfin, leur maître leur offrait cette victoire tant méritée sur un plateau d'argent.
Une silhouette longitine s'avança, fendant les lignes sombres, et s'arrêta finalement près des limites du dôme, là où les meilleurs de ses serviteurs projetaient les sortilèges les plus puissants sans discontinuité.
- Lucius, sussura-t-il froidement.
- Maître, fit le désigné en baissant la tête.
- Je m'impatiente.
- Le bouclier ne tiendra plus très longtemps, maître, lui assura l'homme blond.
- Bien.
Sous sa capuche, ses lèvres pâles et fines s'étirèrent en un sourire.
Hermione ne put retenir un glapissement en voyant la nuée de silhouettes sombres qui avançaient rapidement vers le château. Près d'elle, Dumbledore prit une profonde inspiration et ferma un instant les yeux avant de les rouvrir, une flamme dansant en leur centre.
- Mes amis, dit-il d'une voix forte, l'heure est venue de défendre avec ardeur tout ce en quoi nous croyons. Aujourd'hui, nous nous battons pour la liberté.
Il s'arrêta un instant avec de reprendre.
- Tous n'en ressortiront pas indemnes et c'est dans la douleur et la fureur que nous dépêcherons nos forces. Gardons confiance et tenons notre baguette haute, fiers et courageux. Ensemble, nous vaincrons.
Et sans qu'aucun signe ne soit nécessaire, tous les sorciers présents lancèrent la défensive.
Il ne put retenir un gémissement lorsque son corps heurta le sol dans un bruit mât. L'entendant, Draco s'empressa de s'accroupir à ses côtés et de le relever.
C'était comme si son crâne était en feu. Ses yeux-mêmes brûlaient horriblement et il dut cligner plusieurs fois avant de pouvoir voir un tant soit peu.
- Harry ! s'exclama le blond en le serrant contre lui.
- Je crois...
Ses doigts se crispèrent sur la robe sombre de son ancien amant et un dernier frisson le fit tressaillir.
- Il est passé... Il est à Poudlard. Dans le château.
Draco l'aida à se remettre sur pieds, gardant un bras autour de sa taille. Il échangea un regard avec Blaise avant de transplaner dans un claquement.
Ils espéraient simplement qu'il ne soit pas totalement trop tard.
À Suivre...
