Titre : Des "vacances" en famille...
Auteur : Ashura-Kageboushi
Titre du chapitre : Des chevaux multicolores ?
Disclaimer : Rien n'est à moi, et c'est bien dommage... MUHUHUHUHU ! (^^')
Nombre de mots : 6473 avec mes bavardages, et sans cette ligne. ^^
Notes : Je pense terminer cette fiction bientôt... Dans 4 ou 5 chapitres maximum sans doute... En fait, je ne sais pas. ^^ Mais je veux la terminer bientôt. ^^
Je suis désolée, j'avais encore dit que je ferais vite... Eh ben non. J'ai donc terminé ce chapitre aujourd'hui, donc il y a quelques enchaînements assez rapides, et ça ne ressemble pas trop à ce que j'ai l'habitude d'écrire, mais quand on est pressé par le temps... Vu que je ne pourrais pas peut-être pas poster quand je serais en Belgique (à moins qu'il y ait un accès à Internet dans le Center Parc)... Je le fais maintenant ! ^^
Bonne lecture !
Juste une annonce comme ça. Vous voyez, les chapitres précédents ? En fait, ils étaient en plusieurs parties, séparées par des étoiles. Sauf que FFnet ne détecte pas les étoiles... Donc j'ai séparé les parties avec des oOo pour faciliter la lecture. Voilà, c'est tout. =)
~ArTiChAuT~
Six paires d'yeux passèrent successivement du corps de Tohma Seguchi étendu par terre au chanteur de Bad Luck, qui se sentait de plus en plus mal à l'aise au fur et à mesure que le temps passait ; au fur et à mesure que la pression de ces douze regards combinés se faisait plus forte.
― Euh… C… C'est pas moi ! bégaya-t-il à tout hasard.
― Oh mon Dieu.
Suguru tomba à genoux dans la poussière, le regard vide, choqué. Hiroshi s'accroupit à ses côtés et lui posa une main amicale sur l'épaule. Shûichi recula de plusieurs pas et leva sa main devant sa bouche, les yeux écarquillés. K pencha la tête sur le côté et se demanda s'il devait rigoler ou non. Tatsuha s'assit en tailleur, ferma ses yeux, joignit ses mains et commença à prononcer une litanie incompréhensible à une vitesse phénoménale. Eiri resta debout, les mains dans les poches, impassible. Ryûichi, les genoux ramenés contre la poitrine, continua à tapoter son ami avec un bâton trouvé sur le sol.
― Euh… Je…
Shûichi fut coupé dans son élan par un regard foudroyant de son claviériste.
― Monsieur Shindô, je vous jure que… que si vous avez… que si vous l'avez… Je vous jure que je vous étriperai de mes mains ! s'exclama-t-il, la voix tremblante, les yeux mouillés, ne parvenant pas à prononcer ce mot de mauvaise augure.
Le chanteur eut instantanément les larmes aux yeux.
― Mais… mais… Je… je voulais pas le tuer, moi !
Il se mit à pleurer à chaudes larmes. Eiri s'avança vers lui en soupirant et lui enfonça la tête dans sa chemise. Le garçon aux cheveux roses se colla instantanément à son amant comme une moule à son rocher.
― Fujisaki… Tu pleures ? s'étonna Hiroshi.
Suguru devint aussitôt aussi rouge qu'une tomate et, pour cacher sa honte d'avoir affaire à des choses aussi triviales, se laissa tomber sur le dos de son cousin étendu par terre. Celui-ci tressauta. Etonné, le jeune claviériste se décala subrepticement, de façon à ce que sa joue soit en contact avec l'oreille du blond.
― Vous… vous n'êtes pas mort ? lui chuchota-t-il discrètement à l'oreille, la bouche cachée par son bras droit.
― Non. Mais je ne peux me mouvoir pour l'instant.
L'adolescent, soulagé, se rejeta en arrière et tomba à plat dos dans la poussière, sous les regards étonnés d'Eiri, Hiroshi et K. Il se mit à rire de façon presque hystérique, le regard tourné vers le ciel bleu clair. Un grand silence s'installa, silence pendant lequel tout le monde observa Suguru avec des yeux presque effrayés, silence troublé uniquement par le retentissement de ce rire de forcené. Même Shûichi se décolla de son Yuki d'amour pour observer la scène, pétrifié.
Le claviériste cessa enfin de s'esclaffer et se redressa, essuyant les quelques larmes qui perlaient au coin de ses yeux.
― Excusez-moi… je suis tellement soulagé ! s'exclama-t-il.
Il avait simplement oublié que, hormis lui, personne n'était au courant que le directeur de NG Productions était toujours en vie. Ce qui expliqua sans doute les regards ébranlés que lui jetèrent ses six autres compagnons.
― Fujisaki… Are you all right ?
― Fujisaki… T'es horrible… murmura Shûichi, plus pour lui-même que pour son camarade.
― Monsieur Shindô, je vous en prie !
― Attend, ton cousin est mort, et toi, tu te marres ? Mais tu es horrible ! répéta le chanteur.
Suguru fut pris au dépourvu.
― Mais…
― T'es abominable ! le coupa Shûichi.
Hiroshi, en observant le claviériste de plus près, vit son air déconcerté. La lumière se fit dans son esprit en moins d'une seconde. Ainsi donc, Seguchi n'était pas mort… Tant mieux, dans un sens. Par contre, Shûichi risquait de se faire salement amocher… Puis, une idée germa dans l'esprit du guitariste. Il n'était pas d'un naturel méchant, mais il trouvait totalement injuste que son meilleur ami s'acharne sur Fujisaki, alors que celui-ci n'avait rien fait. Donc, il allait…
― Et toi, Shû, t'es pas abominable ? T'as tué un homme, quand même, dit-il, décontracté.
― Mais… tenta d'argumenter Suguru.
― Oui, mais moi, il est pas de ma famille ! explicita Shûichi. T'y crois, ça ? Son cousin meurt, et lui, il trouve rien de mieux à faire que de se marrer ! continua-t-il en regardant Suguru d'une manière très peu amène.
― Mais… Je… – Suguru perçut un clin d'œil de la part de Hiroshi. Il comprit immédiatement. Embêter monsieur Shindô, n'est-ce pas ? – Ah… Oui, effectivement, c'est regrettable, conclut-il d'une voix peu concernée.
Eiri en fut abasourdi. Où allait le monde, si même les Seguchi se dénigraient entre eux ?
― Peut-être qu'il faut faire comme dans la Belle au Bois Dormant… lâcha soudain Ryûichi, plus pour lui-même que pour les autres.
Ceux-ci se retournèrent immédiatement dans sa direction. Tatsuha ouvrit des yeux exorbités et regarda son idole avec étonnement. S'apercevant que tous les regards étaient focalisés sur sa personne, Ryûichi se leva et expliqua son point de vue.
― Ben, si ça se trouve, il est même pas mort, il est juste endormi comme la Belle au Bois Dormant… Enfin, sauf que Tohma c'est un garçon, alors il serait plutôt une sorte de « Beau au Bois Dormant »… Quoique... Tohma est pas super beau non plus, alors… Ah… Et on est même pas dans un bois… Alors dans ce cas, il serait un…
― Monsieur Sakuma, l'interrompit Suguru qui se sentait trop fatigué pour devoir encore supporter les divagations de son aîné, pourriez-vous nous expliquer ce que vous entendez par là ?
Ryûichi regarda Suguru avec stupeur.
― Bah ! T'es trop bête, Fujisaki ! s'exclama-t-il, comme si son « explication » avait été des plus claires.
― Moniseur Sakuma, je ne vous…
― Fujisaki ! Parle pas comme ça à Sakuma-san ! braillèrent de concert Tatsuha et Shûichi.
― Vous, monsieur Shindô, je ne vous ai pas adressé la parole, rétorqua Suguru.
Hiroshi, pressentant que toute cette histoire allait encore se terminer par un pugilat général, changea de sujet.
― Sakuma-san, vous vouliez dire par là qu'il faudrait que Shû réveille Seguchi ?
― Bah oui ! T'es intelligent, Hiro ! sourit Ryûichi.
Tatsuha lança un regard effrayant au guitariste, qui recula.
― Tatsuha, tu sais très bien que ce n'est pas après Sakuma-san que j'en ai, lui dit-il.
― Ouais, mais fais gaffe quand même. C'est ma propriété privée.
Tohma se dit que, décidément, il allait un jour ou l'autre engager quelqu'un pour casser la figure au sale pervers qui lui servait de beau-frère et qui tournait sans arrêt autour de son meilleur ami. Mais pour l'instant, il devait se contenter de l'étrangler virtuellement.
Non, le grrrrand Tohma Seguchi ne faisait pas le mort par jeu. D'ailleurs, cela l'énervait plus qu'autre chose d'être étalé dans la poussière comme il l'était maintenant. Non, il voulait simplement savoir si ses compagnons tenaient à lui ou s'ils se réjouiraient de sa mort quand elle arriverait. Il fallait dire qu'il avait entendu des échos de ce que pensaient de lui certains membres de certains groupes, par exemple, les ASK – l'un d'eux était d'ailleurs en ce moment même entre la vie et la mort, dans un hôpital sordide de Tokyo – et cela ne lui avait pas plu du tout. Il voulait donc savoir. Et pour cela, il se devait de faire le clown, allongé sur le sol humide. De toute façon, il ne pouvait pas se relever.
― Et, euh… je dois faire comment pour le « réveiller », l'autre idiot chapeauté ? s'informa Shûichi.
Ce qui, bien entendu, ne fit pas plaisir du tout à « l'idiot chapeauté » en question. Il se retint tout de même de répondre au chanteur avec l'une de ses remarques glaciales et désagréables dont il avait le secret. Il voulait savoir si celui-ci était prêt à le sauver si un jour il se trouverait en danger de mort.
― Monsieur Shindô, modérez vos paroles ! Je vous interdis d'insulter mon cousin !
― Oh, toi, le salsifis, tais-toi. Et puis, on s'en fiche, puisqu'il est mort. Il peut pas m'entendre.
― Même, ça ne se fait pas d'insulter les morts.
― Fujisaki a raison, Shû. C'est pas très sympa envers l'âme de Seguchi, ce que tu viens de dire.
Hiroshi avait deux raisons de prendre le parti de Suguru. Déjà, Shûichi était toujours après lui, alors il fallait bien que quelqu'un le défende, ce pauvre petit garçon ! Et ensuite, lui savait aussi que Tohma jouait la comédie, et il n'avait pas spécialement envie de quitter ses bonnes grâces. Même s'il n'était pas sûr qu'il soit dedans.
Shûichi leva les yeux au ciel.
Ryûichi le regarda avec attention, l'oreille droite de son Kumagorô dans la bouche.
― Bon, ben maintenant, tu réveilles Tohma, Shû-chan ! s'impatienta-t-il.
― Mais comment vous voulez que je fasse, Sakuma-san ? s'écria Shûichi, les larmes aux yeux.
― Comme dans la Belle au Bois Dormant, je t'ai dit ! Faut que tu lui fasse un gros bisou d'amour ! conclut Ryûichi avec un sourire enfantin.
Tous les regards se tournèrent vers le chanteur aux cheveux roses. Celui-ci, une expression d'horreur indéfinissable plaquée sur le visage, recula de deux pas et se cogna contre Eiri, dont les cheveux commençaient à former des épis. Dans les yeux violets du garçon se lisait sans peine la répulsion la plus profonde qui ait jamais existé.
― Que… que je quoi ? s'exclama-t-il, les yeux hallucinés.
― T'as très bien entendu, Shû-chan, répliqua Ryûichi, l'air boudeur.
Shûichi, dégoûté, se demandait vraiment ce qu'il allait bien pouvoir faire. D'un côté, il était trop gentil pour souhaiter vraiment la mort de quelqu'un – même si le quelqu'un en question était Tohma Seguchi – et il souhaitait vraiment faire plaisir à son idole, mais en même temps… il s'agissait de Seguchi… Et pour tout dire, il avait déjà un amant qu'il aimait de tout son cœur, il n'avait donc pas vraiment envie d'embrasser quelqu'un d'autre – son propre beau-frère d'ailleurs – sous son nez… Le chanteur, en proie à un vrai dilemme, les larmes perlant au coin de ses charmants yeux couleur d'améthyste, se mordit la lèvre inférieure.
Devant la tête que faisait son aîné, Tatsuha éclata d'un rire moqueur, bien vite suivi par K, dont les hurlements de bête sauvage retentirent longuement dans le quartier, faisant sursauter tous les habitants de la ville. Un sourire goguenard se peint sur le visage de Suguru, qui tentait pourtant tant bien que mal de rester impassible. Le simple fait d'imaginer l'imbécile qui servait de leader au groupe Bad Luck embrasser son cousin était pour lui quelque chose d'étonnamment drôle. Hiroshi devint aussi rouge que ses cheveux, se plaqua une main sur la bouche et se détourna bien vite de Shûichi. Ca n'aurait pas été très gentil de sa part de rire de lui alors qu'il paraissait totalement désorienté. Et puis, il s'agissait avant tout de son meilleur ami. Eiri ne dit rien. Il se contenta de jeter un regard furieux à Ryûichi, qui se demandait quelle était la raison de toute cette joie moqueuse et passagère. Tohma, allongé par terre, les genoux en compote, devint tout pâle. Shindô n'allait tout de même pas oser…
Ryûichi se mit soudain à pleurer à chaudes larmes, trempant au passage son Kumagorô et les habits de Tatsuha qui le prit aussitôt par les épaules.
― Sakuma-san ! Que se passe-t-il ? fit le jeune moine, affolé.
― C'est… c'est Tohma ! sanglota le plus âgé. Il va être tout mort si Shûichi ne le réveille pas !
Tatsuha lança un regard assassin au chanteur. Celui-ci, affolé, ne savait plus que faire. Il perçut soudain l'air narquois qu'arborait Suguru.
― Ca t'amuse, Fujisaki ? l'agressa-t-il, ne sachant sur qui déverser sa colère – en même temps, il n'avait pas spécialement envie de toucher son directeur.
― Oui, répondit celui-ci sans la moindre gêne.
Hiroshi pouffa de rire, rien qu'en s'imaginant la scène qui allait suivre.
― Hiro ! Même toi, tu me soutiens plus ! Mais qu'est-ce que je dois faire ? se lamenta-t-il.
Tatsuha, les yeux roulants dans leurs orbites, les bras passés autour des épaules de Ryûichi en larmes, lui lança un « il faut que tu fasses ce qu'a dit Sakuma-san » avec l'air d'un fanatique forcené et shooté à la fumée de pots d'échappement. Eiri haussa les épaules comme si tout cela ne le concernait pas. Suguru se contenta de lui lancer un petit sourire sarcastique, auquel il répondit par un tirage de langue, marque incontestable d'une maturité très évoluée chez lui. Hiroshi lui conseilla de faire comme bon lui semblerait, mais ajouta quand même que, s'il ne le faisait pas, « il risquait d'avoir la mort d'un homme sur la conscience ». Une suggestion aussi transparente ne pourrait agir que sur un esprit extrêmement faible. Même Shûichi, dans un état normal, aurait compris l'allusion.
Le chanteur soupira et essuya ses larmes.
― Bon… mais c'est bien pour Sakuma-san que je le fais !
Les rires se turent aussitôt. Tohma se raidit. S'il le pouvait, il aurait bougé, vu la tournure que cela prenait, mais ses genoux lui faisaient vraiment trop mal. Shûichi, les poings serrés, le regard déterminé, se dirigea vers le directeur de NG Productions. Il s'agenouilla à ses côtés… et lança un regard suppliant à Eiri, cherchant le réconfort dans ses yeux mordorés. L'écrivain ne répondit pas à ses suppliques muettes et se contenta de détourner le regard.
Tohma, ébloui par le soleil, ne pouvait même pas tenter d'ouvrir les paupières.
Shûichi se pencha vers lui et s'arrêta à une vingtaine de centimètres de son visage. Il soupira, inspira un bon coup, fronça les sourcils et ferma les yeux. Il se pencha, jusqu'à être presque en contact avec le visage du claviériste. Celui-ci remarquant le changement soudain de luminosité, se dit qu'il pourrait sans doute ouvrir les yeux sans risquer d'être ébloui.
― J'y arriverai pas… gémit Shûichi.
Il inspira de nouveau et se pencha encore un peu vers Tohma.
― Shindô, si votre infâme corps a le malheur d'entrer en contact avec le mien, je vous jure que vous en subirez les conséquences, énonça soudain une voix encore plus glaciale que l'hiver.
Le chanteur aux cheveux roses ouvrit immédiatement les yeux… et se retrouva « nez à nez » avec ceux verts et glacés de son directeur.
Il hurla et courut se réfugier dans les bras d'Eiri, qui ne lui prêta aucune attention.
― Quelqu'un pourrait-il m'aider à me relever ? Une personne très obtue m'a – sans doute volontairement – fait tomber au sol, et je ne parviens plus à me lever… dit Tohma en jetant un regard qui en disait long à Shûichi.
oOo
Après que Tohma se soit fait relever par K, se soit épousseté bien consciencieusement et ait récupéré l'usage de ses jambes meurtries, les huit compagnons se retrouvèrent dans une sorte d'immense étable. Une dizaine seulement de box à chevaux courraient le long des murs, mais cela prenait tout de même toute la place de la pièce. Les boxes étaient extrêmement grands, et les chevaux qui les habitaient paraissaient tout regarder d'un air hautain.
Shûichi se réfugia derrière Eiri, après avoir croisé le regard menaçant d'un animal particulièrement élancé, et qui semblait particulièrement antipathique à son égard. Suguru se moqua de lui en esquissant un semblant de sourire en coin devant son expression terrifiée. Shûichi se vexa et eut l'envie soudaine de lui balancer une grosse motte de crottin bien frais dans la figure. Hiroshi, pressentant l'arrivée imminente d'un désastre, se plaça discrètement entre son meilleur ami et Suguru. Au cas où.
― Oooooh ! Tohma ! Un cheval violet ! Je le veux ! s'écria soudain le chanteur des Nittle Grasper.
Tohma le dévisagea comme s'il était devenu fou, mais consentit à porter son regard sur le soi-disant cheval violet… qui était effectivement violet. Le blond se passa une main sur les yeux. Ce n'était pas possible. Les chevaux ne pouvaient pas prendre des teintes de ce genre. Suguru non plus n'en crut pas ses yeux.
― Mais… mais… c'est impossible ! bégaya-t-il.
― Oh ! Moi, je veux le rose ! s'exclama Shûichi en lâchant son amant pour se diriger en courant vers un box occupé par un joli petit poney, dont la couleur de la robe était assortie à celle des cheveux du chanteur.
Tatsuha, qui était déjà arrivé au fond de la salle, éclata soudain de rire.
― Excellent ! Je prends ce vert fluo, là !
Les yeux de Tohma et Suguru manquèrent de sortir de leurs orbites. D'abord, un cheval violet. Ensuite, un rose. Et maintenant, un vert fluo. Mais où avaient-ils encore atterri ?
― Dites-moi, Tohma-san, vous êtes certain que nous sommes à l'école de cavalerie royale de Vienne ? Non pas que je mette votre parole en doute, ajouta précipitamment Suguru devant le regard noir que lui lança son aîné, simplement…
― J'en suis certain.
― Ah bon. Mais vous êtes sûr que l'hélicoptère…
― Ooooh, Hiro, viens là ! cria soudain la petite boule de nerfs rose.
Hiroshi se retourna et courut en direction de son ami. Celui-ci pointa le box adjacent à celui où se trouvait le poney qu'il avait adopté.
― Regarde ! Il a la même couleur que tes cheveux ! Il te ressemble trop ! Vous êtes faits l'un pour l'autre ! s'extasia-t-il.
Le guitariste jeta un coup d'œil au cheval rouge. En le regardant, il s'aperçut que celui-ci avait les yeux exorbités et la mâchoire grande ouverte, avec de la bave qui perlait au bord de ses lèvres. En fait, il lui faisait vaguement penser à un psychopathe qui souriait.
― Ah, euh… Si ça ne te dérange pas, je préfèrerais prendre le… le… – Hiroshi chercha désespérément du regard un cheval qui avait l'air sympathique – le bleu, là-bas.
― Mais ça va jurer avec tes cheveux !
Hiroshi haussa les épaules. Mieux valait que la robe de son cheval jure avec ses cheveux plutôt qu'il se fasse dévorer par un cheval à l'air de psychopathe doublé d'un sadique. Il aurait juré avoir entr'aperçu dans les grands yeux noirs de l'animal une envie folle de le piétiner avec ses sabots.
― Suguru, il va falloir que nous choisissions nos montures, dit soudain le directeur de NG Productions.
Suguru, voyant son cousin se diriger vers un magnifique pur-sang noir, s'exclama immédiatement qu'il « prenait le cheval noir, là-bas ». Tohma lui jeta un regard mauvais, mais se résolut à aller à la rencontre du cheval rouge, délaissé par Hiroshi. Celui-ci se crispa quand il vit son directeur marcher en direction du box du dangereux animal.
Suguru, content de ne pas hériter d'un cheval à la couleur spéciale, mais tout de même désolé pour son cousin, se dirigea vers l'endroit où se tenait le grand cheval noir. Celui-ci le dépassait de plusieurs bonnes dizaines de centimètres, et le regard peu amène qu'il lui jeta le refroidit aussitôt. Cet animal lui faisait peur. Il courut vers son cousin.
― Finalement, je vous le laisse. Vous l'avez vu le premier.
Tohma sourit et donna la bride du cheval rouge à Suguru qui crut mourir d'effroi en croisant l'œil éteint et empreint de cruauté de l'animal. Il devint tout pâle. Hiroshi vit toute la scène et son sang se glaça dans ses veines. Qui saurait ce que cette maudite bête serait capable de faire à Fujisaki ? Il marcha à grands pas en direction du jeune claviériste et lui arracha les rênes des mains.
― Je vais le prendre. Il a la même couleur de robe que moi. Enfin, que mes cheveux, se rattrapa-t-il. Bref, je le prends, ajouta-t-il devant l'air sceptique de Suguru.
Le visage de celui-ci reprit des couleurs.
― Merci, monsieur Nakano, souffla-t-il, reconnaissant.
Entretemps, Ryûichi avait pris la tête de son cheval entre ses bras et était en train de le câliner, Tatsuha mettait en pratique ses cours d'auto-relaxation en se répétant « non, je n'assassinerai pas cette sale bête qui ose faire un câlin à mon Sakuma-san » en boucle ; K avait trouvé chaussure à son pied et tentait d'ouvrir le box dont la porte était coincée, et Eiri s'en fichait et restait dans un coin à observer Shûichi se débattre avec une imposante selle, certainement plus lourde que lui.
― Mister K ! Remettez immédiatement cette girafe là où vous l'avez trouvée ! s'exclama soudain Suguru, l'air furieux.
― But, little Fujisaki, this is a cheval, not a giraffe ! (1)
Suguru écarquilla les yeux.
― Vous êtes sûr ? Pourtant, son cou est immense…
― Yes, yes ! This is a cheval ! (2)
― Ah bon… Faites comme si je n'avais rien dit alors… Monsieur Shindô, arrêtez de vous esclaffer !
Shûichi adressa un large sourire moqueur à l'adolescent, mais reprit un air sérieux lorsqu'il sentit posé sur lui le regard glacé de son directeur.
Finalement, chacun finit par se soumettre aux ordres de Tohma et Ryûichi, et les huit cavaliers purent entrer dans une arène rectangulaire, avec des lustres qui pendaient du plafond et des colonnes en marbre tout autour de la piste.
oOo
― Hiiii !
― Monsieur Shindô, cela vous dérangerait-il d'arrêter de m'hurler dans les oreilles ? demanda Suguru d'une voix inamicale.
― Mais-euh ! C'est pas ma faute si ce cheval passe son temps à passer de pas à galop et que ça me fait peur ! On crie, quand on a peur !
― Cela fait quand même la neuvième fois que vous attentez à mes tympans. Vous devez être un très mauvais cavalier. Moi, je n'ai aucun problème avec mon cheval, et c'est la première fois de ma vie de j'en monte un, répliqua le jeune homme d'une voix hautaine.
― Et gna gna gna… grommela Shûichi dans sa barbe en s'éloignant. Moi, au moins, je sais différencier un cheval d'une girafe…
Malheureusement pour lui, il serra une fois de trop un peu trop fort les reins de sa monture, qui partit au triple galop à travers la salle.
― Gyaaaah ! Mais arrête-toi ! Stop ! hurla le chanteur en tapant du plat de la main sur l'encolure de l'animal. Celui-ci pila net et Shûichi bascula cul par-dessus tête par-devant la tête du cheval. Il se retrouva allongé dans la poussière, juste devant le cheval de Tohma Seguchi.
Il se releva en gémissant, et croisa le regard de glace du blond.
― A charge de revanche, Shindô, fit celui-ci avant de s'éloigner au pas de parade.
Pour toute réponse, Shûichi lui tira la langue. Puis il chercha soutien auprès de son meilleur ami.
oOo
Celui-ci était justement, depuis le moment où il avait enfourché sa monture, en train de résister du mieux qu'il pouvait aux coups cruels que lui infligeaient l'animal, à savoir, des ruades, des passages de pas à triple galop sans prévenir, bref, tout un tas de joyeusetés destinées à faire tomber le cavalier à terre. Pour l'instant, Hiroshi se débrouillait plutôt bien, mais il craignait le moment où il succomberait sous les assauts du cheval rouge, hostile à son égard.
Dans le coin gauche de la salle, K semblait être en train d'apprendre à son cheval-girafe – surnommé ainsi par Shûichi – à faire le beau. A côté, cela devait être la douzième fois que Tatsuha tombait de cheval juste sous le nez de Ryûichi, cela devait faire douze fois qu'il se tordait de douleur sur le sol, puis, voyant que le chanteur ne regardait toujours pas dans sa direction, il remontait pour la douzième fois consécutive sur son cheval vert fluo et recommençait la même scène.
Au bout d'un moment, Ryûichi s'aperçut de son manège et se mit à rire.
― Mais… qu'ai-je fait, Sakuma-san ?
― Tu n'arrêtes pas de te casser la figure juste devant moi ! C'est tellement drôle !
Exactement le contraire de la réaction qu'espérait Tatsuha. Le chanteur se tordit de rire, et commença à glisser doucement de son cheval.
― Oooh… fit-il alors qu'il était trop tard pour lui de se rattraper.
Il tomba… pile dans les bras du jeune moine qui s'était relevé pour l'attraper au vol.
― Tat-chan ! Tu m'as sauvé la vie ! s'exclama le chanteur, toujours dans les bras du plus jeune. Il entoura son torse de ses jambes, le prit dans ses bras et l'embrassa sur la joue. Tatsuha devint plus rouge que le cheval de Hiroshi. Un immense sourire niais se peignit sur son visage, et il tomba à la renverse.
― Oh non… Tat-chan ! Tat-chan ! Réveillleeeeuuuuuhhh-toooiiiii ! s'époumona Ryûichi.
Du haut de son fier destrier, Tohma surplombait toute la pièce et observait les évènements qui s'y passaient d'un regard hautain.
― Aaaaah ! Attention, monsieur Seguchi !
Tohma tourna la tête si brusquement qu'il se tordit à moitié le cou. Tout en se le massant, il aperçut… quelque chose foncer vers lui à toute vitesse. Le quelque chose en question était rose, et avait un Shindô paniqué accroché à lui. Tohma n'eut même pas le temps d'esquisser un geste. Le cheval de Shûichi s'arrêta à quelques centimètres du sien, et le chanteur fut projeté sur lui. Déséquilibré, Tohma tomba au sol pour la deuxième fois de la journée… sur un excrément de cheval bien frais.
― Euh, je suis désolé, monsieur Segu…
Tohma, n'en pouvant plus, saisit Shûichi par les cheveux, et lui appuya la tête sur le crottin sur lequel il était tombé. Shûichi hurla. Eiri accourut, lui tendit un mouchoir en papier et attendit près de lui qu'il ait fini de s'essuyer. Tohma, vert de rage, ôta sa veste et la jeta sur le sol. Il essuya ensuite ses mains gantées sur un autre mouchoir que lui tendit son beau-frère.
Suguru, intrigué par toute cette agitation, relâcha sa concentration… et tomba à son tour par terre lorsque son cheval, désireux de se détendre un peu les pattes, eut un sursaut magistral.
Hiroshi, déconcentré par la chute de Suguru, se fit désarçonner avant d'avoir eu le temps de crier « Fujisaki, tu vas bien ? ». Le cheval rouge l'observa avec des yeux de dément. Il hennit et essaya de le piétiner.
― Monsieur Nakano ! cria Suguru, à genoux, les yeux exorbités, une main sur la bouche, l'air inquiet.
― Ca va, ça va ! fit le guitariste en levant le pouce et en se roulant par terre pour échapper à un second coup de sabots de l'animal enragé. Je maîtrise la situation !
Un troisième coup de sabots retomba juste à côté de sa tête. "Pfiouh", pensa Hiroshi.
Suguru commença à se ronger les ongles. Tohma, qui s'était rapproché de lui, lui frappa la main avec force.
― Aïe ! Tohma-san, vous…
― Un pianiste ne doit se ronger les ongles sous aucun prétexte. C'est la première chose que je t'ai apprise, le coupa-t-il.
― C'est vrai… fit Suguru en reportant sa main à sa bouche.
― Suguru… dit Tohma d'un ton menaçant.
― Pardon.
Il baissa aussitôt sa main vers le sol.
― Oh mon Dieu, monsieur Nakano va se faire écrabouiller… gémit-il.
Tohma le regarda, étonné. Shûichi aussi.
K délaissa soudain son travail de domptage et alla se placer devant le cheval rouge, les bras écartés. Celui-ci, furieux, tenta de l'écraser aussi, mais K était plus intelligent qu'il n'y paraissait. Il attrapa l'animal par-derrière – après avoir échappé à un coup de sabot – et le reconduisit à son box, sous les vivats de ses compagnons. En fait, surtout sous ceux de Shûichi ; Tohma et Eiri s'en fichant complètement, Suguru étant trop chamboulé et trop bien élevé pour se mettre à hurler comme cela sans raison, Tatsuha et Ryûichi étant toujours à terre, le second essayant de ranimer le premier.
Hiroshi se redressa et se dirigea vers le petit groupe.
― Tu l'as échappée belle, Hiro ! s'exclama Shûichi. Ca a dû être trop flippant…
Le guitariste hocha la tête, essoufflé.
― J'ai eu la trouille de ma vie, confirma-t-il.
Suguru soupira de soulagement, une main pressée sur contre son cœur. Tohma leva les yeux au ciel, secoua la tête, puis posa une main sur la tête de son cousin.
― Je crois que nous ferions mieux de rentrer, déclara-t-il.
― Ah, non, on va à la piscine ! s'exclama Ryûichi. Tu m'avais promis… Tohma…
Tatsuha se réveilla enfin.
― Je sais que j'avais promis, mais…
― Seguchi, si vous avez promis quelque chose à Sakuma-san, il faut que vous teniez votre promesse !
Tohma soupira.
― D'accord, d'accord. Retournons à l'hélicoptère… Nous aviserons ensuite.
Ryûichi sauta de joie, et s'apprêta à prendre Tatsuha dans ses bras pour la lui faire partager, mais Tohma bloqua son geste. Devant l'air boudeur du chanteur, il lui déclara qu'il prendrait Tatsuha dans ses bras autant de fois qu'il le voudrait, mais pas avant d'être arrivés à l'hélicoptère. Tohma ne connaissait que trop bien la réaction de Tatsuha lorsqu'il venait à être câliné par Ryûichi : il s'évanouissait systématiquement. Ryûichi adressa un immense sourire à son meilleur ami, se précipita vers Tatsuha, le prit par la main, et l'entraîna vers la sortie.
― Euh… Tohma-san, nous n'allons pas laisser les chevaux en plan dans la salle, si ? s'informa Suguru.
― Bien sûr que si. Où veux-tu que nous les rangions ?
― Eh bien… dans leurs maisons…
― Suguru… Cette phrase était réellement digne de Shindô… dit Tohma.
― Je sais, mais… je ne suis pas très calé sur tout ce qui concerne les chevaux…
― Je vois. Eh bien, nous allons les laisser ici parce que je ne veux pas que l'on sache que je suis parfaitement incapable de « ranger » un cheval dans son box, s'expliqua le blond, ses yeux traduisant pour lui le « si tu te moques, je t'envoie en Enfer » qu'il ne prononçât pas.
Suguru, compréhensif, hocha la tête. Il vit K passer à sa hauteur.
― Mister K, lui glissa-t-il, je vous suis très reconnaissant. J'ai une énorme dette envers vous, je vous offrirai tout ce que vous me demanderez.
En voyant les yeux de l'Américain briller, Suguru se reprit.
― Enfin… tout ce que je suis capable de vous offrir.
― Eh bien… Please, stop to agress Shindô during the répétitions.
― Je vous le prom… Je ferais tout mon possible, rectifia Suguru.
― Thank you. But… why do you have a « dette » envers me ?
― Euh… parce que j'ai envie.
― Ah bon.
Le manager s'éloigna d'un pas souple et lent.
Devant lui, Shûichi se cramponnait à Eiri, qui, étonnamment, lui caressait les cheveux de sa main libre, l'autre ayant élu domicile dans la poche avant gauche de son pantalon. (3)
Suguru sentit soudain une main posée sur son épaule. Il sursauta nerveusement.
― Merci de t'être inquiété pour moi, Fujisaki, dit le propriétaire de la main, à savoir un beau jeune homme aux longs cheveux rouges. (4)
― Ah, euh, mais, euh… je… – Suguru inspira longuement pour cacher la rougeur qui s'installait sur ses joues – Je vous en prie, monsieur Nakano. Mais c'est de ma faute : si je ne vous avais pas laissé me prendre cet animal...
― Il en aurait eu après toi, et il n'aurait pas été sûr que tu en réchappes.
― Vous me l'avez pris exprès ? s'étonna Suguru.
Hiroshi sourit, lâcha l'épaule de l'adolescent et s'en alla rejoindre K, qui lui faisait signe depuis plusieurs minutes.
― Suguru, tu as le visage écarlate, constata Tohma, sans que sa voix ne trahisse ses pensées.
― Ce n'est pas vrai ! s'exclama Suguru en rougissant encore plus.
Le blond refoula un sourire malicieux qui tentait de s'installer sur ses lèvres et ne dit rien.
― Oh, non, Seguchi ! Ce n'est pas vrai ! s'exclama une voix irritée au-dehors.
Tohma se précipita à l'extérieur, un sourire aimable fixé sur le visage.
― Qu'est-ce qui n'est pas vrai, mon petit Eiri ? s'informa-t-il.
― Je t'ai dit d'arrêter avec ce surnom ridicule, grinça l'écrivain. L'hélicoptère n'est pas là.
― Mais qu'est-ce que tu racontes, mon petit Eiri ? Bien sûr que l'hélicoptère… – Tohma promena son regard sur l'esplanade déserte – … n'est pas là ?
Un magistral « Oh nooooon… » désespéré et prononcé à l'unisson jaillit simultanément de la gorge de chacun des huit compagnons.
― Euh, Tohma, puisque l'hélicoptère n'est pas là... Je peux faire un câlin à Tat-chan ou pas ?
Pour la seconde fois depuis le début de la journée, Tohma Seguchi eut envie de se taper la tête contre un mur.
~ArTiChAuT~
(1) NON, je n'ai pas fait de faute ; en anglais, « girafe » prend bien deux « f ». (enfin je crois) (Je dis ça parce que je pressens les commentaires de certaines personnes qui ne voudront pas me laisser m'expliquer et ne me lâcheront plus à propos d'une faute d'orthographe qui n'en est même pas une…) (En plus, ça m'a déstabilisée cette histoire : j'ai mis un « f » à « orthographe » lorsque je l'ai tapé… T.T Honte à moi.)
(2) Je sais, je sais, « This is a cheval », ça sonne très mal – même pire que très mal –, mais je ne sais pas comment on dit « cheval » en anglais… ^^' Et je n'allais pas mettre « Pferd », ça l'aurait encore moins fait. (il y a Internet, bien sûr, mais ma ligne a sauté) En fait, je m'en suis souvenu après (horse), mais j'ai eu la flemme de changer ^^'
(3) « de son pantalon. » sous entendu, de son pantalon A EIRI. Pas à Shûichi. (Enfin, pas pour l'instant, muhuhu 3 ^^)
(4) Ca n'a rien à voir, mais quand j'écris cette phrase, ça me fait penser au prince Ludwig… (Dans Ludwig Revolution de Kaori Yuki) Non non, il s'agit bien de Hiroshi ! ^^'
oOo
Voici la fin de ce chapitre ! J'espère que ça vous a plu ! Merci à vous d'avoir lu jusqu'ici !
A bientôt pour un prochain chapitre qui arrivera... quand il arrivera... -_-' Je vais faire tout mon possible pour que ce soit un peu plus rapide ! ^^'
Ashura.
