Cet OS a été écrit pendant la 110ème nuit d'écriture du FoF. Il fallait le rédiger sur le thème "cheveux" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un MP.
Il y a un sommaire en tête du recueil pour vous guider à travers les textes. Comme ça, vous pourrez découvrir uniquement ceux qui vous intéressent. Bonne lecture !
Première baguette :
Charles Lagrange entendit le carillon de la boutique sonner. Il posa délicatement la gouge d'usinage sur l'établi en hêtre. D'un coup de baguette magique il arrêta le tour à bois. La baguette en if attendrait. De toute manière, son fils ainé Alphonse n'avait pas encore ramené le crin de sombral pour la compléter. Le fabriquant de baguettes magiques s'essuya rapidement les mains pleines de sciure et remonta de l'atelier jusqu'à la boutique pour accueillir ses clients.
Lagrange plaqua un sourire commercial sur son visage et franchit la porte. Trois femmes l'attendaient. Trois femmes, trois générations, trois chevelures blondes argentées. Une seule famille sans aucun doute. L'enfant devait avoir une dizaine d'années. La baguette était donc pour elle.
« Mesdames, mademoiselle. Prenez place je vous prie. Que puis-je pour vous ? »
Les trois femmes s'installèrent avec majesté et regardèrent l'artisan avec froideur.
« Je suis Apolline Delacour. Voici ma mère et voici ma fille Fleur. Ma fille intègre l'académie de Beauxbâtons en septembre. Il lui faut donc une baguette.
— Bien entendu. Vous voulez donc une création sur-mesure pour ce petit ange. »
Le petit ange lui lança un regard renfrogné.
« Nous allons devoir identifier les meilleurs éléments pour concevoir sa baguette.
— À vrai dire, nous en avons déjà un » expliqua Apolline avec fierté.
Lagrange se retint d'hausser un sourcil. Les clients qui croyaient tous savoir étaient toujours les plus embêtants. Sa réticence dut se voir car Apolline enchaina immédiatement.
« Ma mère est vélane. Nous pensons qu'une baguette contenant l'un de ses cheveux serait parfait pour Fleur.
— Vélane ? murmura Lagrange pour lui-même. C'est un cœur que nous utilisons assez peu. Les baguettes en question sont généralement capricieuses.
— C'est sa grand-mère. C'est insensé, s'exclama Apolline agacée. Si vous n'êtes pas capable de la fabriquer, nous pouvons toujours aller voir les Villefort.
— Les Villefort ne font pas de sur-mesure » objecta automatiquement Lagrange.
Il se retint de lancer la floppée d'injures que méritaient ses concurrents. Leur dernière rixe de bar était encore douloureuse dans sa mémoire. Lucien de Villefort avait le sortilège facile et en connaissait un rayon en terme de maléfices bien vicieux.
« Cela dit, l'ascendance peut certainement jouer en faveur de l'obéissance de la baguette. Ce n'est pas une certitude mais ça vaut le coup d'essayer. Puis-je prélever une mèche ? »
La vieille vélane opina. Lagrange leva la main et fit remonter une paire de ciseaux en argent grâce à un sortilège d'attraction. Sans utiliser sa baguette magique, cela rendait toujours le sort plus impressionnant pour les clients.
Finalement l'artisan préleva deux mèches, au cas où. Il les examina soigneusement à l'aide d'une batterie de sortilèges avant d'enfermer l'une des mèches dans un coffret. Il conserva l'autre sur le bureau. Satisfait il se tourna vers l'enfant qui n'avait pas prononcé un mot.
« Jeune fille, nous allons devoir identifier le bois qui conviendra à ta baguette magique. Je vais te poser des questions et j'ai besoin que tu y répondes avec autant de franchise que possible. »
La gamine hocha la tête avec méfiance. Lagrange se retint de hausser les yeux au ciel. Il espérait juste qu'elle ne mentait pas comme elle respirait. Les fabricants utilisaient souvent la Légilimencie pour sonder un peu leurs clients, c'était indispensable mais c'était différent sur les enfants. Il fallait y aller par touches avec un certain doigté et une patience que Charles n'avait pas. Son fils se débrouillait mieux à ce petit jeu mais il était en déplacement.
Lagrange interrogea l'enfant sur ses passions, ses plats préférés, ses amis, ses relations avec sa petite sœur. Avec la Légilimencie, il compléta un peu le tableau. L'artisan se leva à plusieurs reprises pour aller chercher des échantillons de bois et les présenter à la jeune fille. La réaction magique était souvent éloquente, même si les clientes ne s'en apercevaient pas. Charles crut avoir trouvé en présentant le chêne à Fleur mais lorsqu'il ajouta la mèche de cheveux il n'obtint qu'une décharge magique désagréable.
Les trois blondes commençaient à s'impatienter. Les deux adultes commencèrent à échanger à voix basse. Finalement l'artisan comprit. Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt. Le bois de rosier. Fleur et sa sœur jouaient des heures dans les rosiers de la maison familiale. Douceur, délicatesse, raffinement. Le rosier était aussi symbole de grande beauté, d'enivrement et d'envoutement. Un arrangement parfait pour l'enfant. Dès que Lagrange présenta le bois de rose et la mèche de vélane, une douce chaleur se rependit dans la pièce et une nuée de pétales s'envola. Il avait trouvé !
So cute ! ^^
Je ne crois pas avoir écrit quelque chose d'aussi mignon. Je m'affaiblis moi. Bref ! Les Lagrange et les Villefort viennent de mon autre fic sur les fabricants de baguettes. Ça ne fait jamais de mal de faire sa pub, non ? C'est vraiment un texte à part puisque les trois fabricants ont été malencontreusement assassinés pour les besoins de l'intrigue dans l'autre fic. Vous pouvez considérer cet OS comme bonus. En plus il reboucle sur la saga originale avec nos charmantes Delacour.
