Chapitre 27 :

Je pivotai sur ma chaise de bureau, ayant du mal à terminer mon travail sachant qu'Isabella était installée sur le canapé à m'attendre. Nous devions descendre ensemble au Club. C'était la première fois qu'elle revenait depuis la réunion.

J'étais sûr que tout le monde serait en bas en pleine effervescence. Certaines personnes ne l'avaient jamais rencontrée. Elle avait été exposée par Sam et son groupe de chiens galeux mais n'avait pu rencontrer les personnes qui agissaient comme moi. C'était ces personnes qui avaient fait du Club ce qu'il était.

J'étais heureux ce soir. Les choses seraient normales pour une fois. Les choses seraient, espérons-le, comme avant qu'Isabella ne fasse son entrée dans mon monde et mette ma façon de penser à l'envers.

Je soupirai et quittai mon document Word. Je terminerai plus tard. Je regardai l'horloge au bas de mon ordinateur. Vingt heures. Je soupirai à nouveau et passai mes mains sur mes cheveux. Mon regard se posa furtivement sur elle.

Elle était charmante. Elle lisait un livre de Philip Miller. C'était l'uns de mes favoris. La voir le lire, me la fit aimer encore plus.

Ses longs cheveux étaient tirés sur une épaule tel un rideau cachant son visage. Heureusement pour moi, ce rideau était de l'autre côté me laissant une vue sur ses yeux bruns concentrés sur le livre qu'elle avait en main. Ses lèvres charnues étaient entrouvertes et son front était plissé. Y avait-il des choses qu'elle ne comprenait pas ?

« Isabella » l'appelai-je.

Ses yeux restèrent vers le bas mais elle ferma son livre. J'attendis un peu avant de poursuivre.

« Y a-t-il des questions que tu voudrais me poser sur ce livre ? Parle librement. »

Ses yeux se levèrent et accrochèrent les miens lorsque je lui donnai l'autorisation de parler librement.

« Suis-je votre esclave, Monsieur ? »

J'haussai les sourcils et me repoussai loin du bureau. Ma chaise roula facilement sur le plancher de bois. Je me levai, me dirigeai vers elle et me penchai vers elle afin d'être à la hauteur de ses yeux. Je lui pris le livre des mains et soupirai pour chercher comment m'expliquer.

« Non, tu n'es pas mon esclave, Isabella. »

Je posai le livre sur le côté avant de recommencer à parler.

« Notre relation s'inscrit comme un échange. C'est donner et prendre. Comprends-tu ? »

Elle secoua la tête.

« Mais le livre dit…. »

Je la coupai pour lui répondre.

« Je sais ce que dit le livre, Isabella. Une soumise doit se soumettre de manière extrême à un dominant pour être appelée esclave. Dans une telle relation, c'est un lien Maître-soumise et non dominant-soumise. As-tu déjà eu à faire quoi que ce soit d'extrême ? »

Elle me regarda et hocha la tête. Ma mâchoire se décrocha car je ne savais pas de quoi elle parlait.

« Qu'est-ce que tu as fait qui soit hors de tes limites ou extrême ? »

« Les mots de sécurité. Tu as dit que je ne pouvais pas les utiliser pendant la punition. Tout ce que j'ai lu, dit le contraire. »

Elle parlait doucement alors que je sentais qu'elle était bouleversée.

« J'ai dit JAUNE et tu devais ralentir. Mais tu ne l'as pas fait. »

« Mais j'ai diminué ta punition de deux ou trois coups de fouet. »

Je ressentais le besoin de me défendre alors que je savais que j'avais fait une erreur ce jour-là. Je le payais chaque fois que je la regardais. Isabella hocha la tête. Elle répéta le mouvement de la tête avant de regarder le sol, comprenant surement que je n'avais pas été injuste.

« Mais je n'aurais pas dû dire cela. »

Ses yeux happèrent les miens pendant que je continuais.

« C'était un mensonge et je sais à présent la raison pour lesquelle j'ai menti. Je voulais me prouver que j'étais fort et que je pouvais y arriver. Que je pouvais te traiter comme n'importe quelle soumise. Mais ce n'est pas le cas. J'ai été injuste ce soir-là. »

Isabella me sourit timidement.

« Malgré que tu n'as pas permis le mot de sécurité, tu as arrêté le châtiment. »

J'acquiesçai.

« Oui je l'ai fait mais pas parce que tu avais utilisé le mot de sécurité. Mais parce que j'étais incapable de le faire. Incapable de poursuivre ta punition. »

Je soupirai

« Tu peux me faire confiance. Je ne referai jamais la même erreur. »

« Je sais, Maître. »

Je lui souris et saisis sa main pour y déposer un baiser avant de me redresser.

« Pête à descendre ? »

« Oui, Monsieur. »

Je lui pris la main pour sortir du bureau. J'étais reconnaissant pour son pardon que je ne méritais pas. J'étais reconnaissant pour sa confiance alors que j'avais fait très peu pour la gagner.

Je voulais des choses simples pour ce soir avec Isabella. Nous restâmes au bar sans nous approcher de la zone VIP. Je ne tenais pas à ce que les personnes présentes dans cette partie sachent que j'étais ici. Mais finalement, ils se rassemblèrent autour de nous. Je pensais que ne pas l'avoir à mes côtés me dérangerait mais ce ne fut pas le cas. Isabella parla joyeusement avec les autres soumises mais toujours de manière très respectueuse et faisant en sorte que tout se passe bien. Je ne pouvais qu'approuver.

Tout le monde autour de moi pouvait voir que mon esprit était ailleurs. La preuve, aucun d'entre-eux ne tenta de me faire la conversation.

Le temps était venu pour rendre cette relation dominant soumise fonctionnelle. J'avais un peu laissé cette partie de côté avec mes fausses règles.

Je n'avais aucun problème avec le changement mais je devais m'assurer que c'était sain et qu'elle avait bien tout compris. Nous ne nous étions jamais assis afin de discuter de ce que nous faisions avant. J'avais été très injuste avec elle en tant que soumise et j'avais besoin de refixer les règles.

« Rose, je peux te parler une minute, » demandai-je à ma sœur ainée qui se trouvait dans le bar.

Elle hocha la tête et se dirigea vers les escaliers. J'informai Isabella que je m'absentais un moment et qu'elle était libre d'agir à sa guise. Une fois entré dans le bureau, je m'assis sur le canapé et Rose s'installa à mes côtés. Je soupirai avant d'avouer mon erreur à ma sœur.

« J'ai tout fait de travers et j'ai besoin d'aide » gémis-je en me couvrant le visage des mains.

Quelques minutes passèrent avant que je ne regarde au travers de mes doigts pour voir Rose avec un sourire béat sur le visage.

« Ne souris pas ainsi ! »

Mais elle sourit de plus belle avant d'éclater de rire.

« C'est juste agréable d'entendre que tu ne sais pas tout. »

« Je n'ai jamais dit que je savais tout. »

« Non, mais tout le monde ici, semble penser que oui » grogna-t-elle.

« Parce que …pouah ! Je ne sais même pas pourquoi. Peut-on simplement parler de mes problèmes ? »

« Bien sûr » répondit-elle en gardant le même sourire. « Que puis-je faire pour toi ? »

« J'ai menti à Isabella sur un tas de choses » gémis-je.

« Le sourire disparu de son visage et elle hocha la tête. Elle observa ses mains un moment avant de parler.

« J'ai déjà agit de même autrefois. »

Je la dévisageai en attendant qu'elle poursuive ses explications.

« C'étai mon premier soumis et je pensais que je pouvais être avec lui dans tous les sens du terme. Ce n'était pas Emmett, si c'est ce que tu penses. Il est mon second soumis et le dernier. Il était nouveau dans ce milieu et j'ai pris tout ce que je pouvais de lui, espérant ne pas développer de sentiment. J'ai eu tort » ajouta-t-elle en ricanant.

« Quand j'ai voulu corriger mes erreurs, il était trop tard. Il a découvert que je lui avais enseigné une fausse relation dominant-soumis. Il était tellement en colère qu'il m'a quitté. Je n'ai plus jamais reparlé avec lui. »

« Quel était son nom ? »

« Royce. Tu ne le connais pas. Tu n'avais que 18 ans quand j'ai commencé à le voir. »

Rose s'arrêta avant d'ajouter.

« Je ne peux pas t'aider. »

J'hochai la tête en soupirant.

« Mais si c'était à refaire, j'aurais agi différemment. Sois prudent Edward. C'est de l'eau profonde et tu pourrais t'y noyer. »

« Vas dans la salle de jeux. Je t'y rejoins » ordonnai-je lorsque nous rentrâmes à la maison.

Isabella acquiesça et se dirigea vers les escaliers. Je soufflai quand elle fut hors de vue et de portée de voix. Je n'avais aucune idée de comment j'allais régler ce problème mais je ne voulais pas m'inquiéter de cela pour le moment. La semaine prochaine, nous allions chez mes parents. J'arrangerai tout à notre retour.

J'espérais simplement qu'elle ne se sauverait pas quand elle aura tout appris.

La dernière chose que je voulais : c'était de la perdre quand je venais à peine de la trouver.