Disclaimer : Hormis mes OCs, les personnages et l'univers de TIGER & BUNNY appartiennent à Keiichi Satô et aux studios Sunrise.
Bêta-Lectrice : Sayuri-Geisha (on ne change pas les bonnes vieilles habitudes.)

Bonjour à vous ! Il y avait longtemps, n'est-ce pas ? Désolée si l'attente a été longue, mais me voici enfin, et comme promis, pour poster le chapitre 27 de "La triste mascarade". Cette pause n'aura au final servie à rien, étant donné que je n'ai même pas terminé un chapitre sur les trois-quatre que je m'étais fixé. Je suis pathétique lol. A vrai dire, je suis dans une période de remise en question et de baisse de morale/motivation qui m'empêchent de bien me concentrer sur mon récit. De plus, mon travail me prend pas mal de temps et m'épuise. Je tiens à m'excuser dans tous les cas, et je risque peut-être de faire d'autres pauses d'ici Aout-Septembre. Je verrais. En attendant, voilà venir la suite, et c'est peut-être le plus important pour vous !

Kero : Comme d'habitude, un grand merci pour ta review. Tu ne peux pas savoir à quel point il m'a été difficile d'attendre autant de temps pour pouvoir te répondre xD. Je peux comprendre ta déception vis-à-vis de Kotetsu et de son "En tout cas, ce n'est pas de moi dont Karina a besoin". A vrai dire, je pense que Kotetsu n'est pas plus "faible" en prononçant cette phrase, il sait simplement qu'un gouffre s'est creusé entre lui et Blue Rose depuis qu'il a refusé ses sentiments, et il s'est encore plus creusé lorsqu'il a compris -trop tard- qu'elle souffrait en silence. Cette fic va beaucoup se centrer sur Barnaby de toute façon, c'est en quelque sorte lui le protagoniste de l'histoire (après Karina, bien entendu). De ce fait, il va souvent avoir "le beau rôle", et il fallait bien que Wild Tiger le pousse à faire quelque chose, sinon personne ne l'aurait fait xD. Après, évidemment, je ne vais pas laisser de côté notre Tigre préféré, il aura un autre rôle dans l'histoire, voilà tout ;).

Sur ces explications, je vous souhaite une bonne lecture !


Chapitre XXVII : Triste Mascarade

« Comment en suis-je arrivée là ? »
Depuis mon arrivée dans cet hôpital, cette question ne cesse de torturer mon esprit ravagé par d'autres réflexions troublantes. La réponse restera sans doute enfouie dans les abîmes d'un Destin bien trop cruel, me renvoyant alors, perpétuellement, à l'injustice de la situation. Suis-je donc vouée à vivre dans la honte ? A ressasser les images horrifiques d'une événement que je souhaite rayer de ma mémoire ?
Les infirmières me promettent que tout finira par s'arranger, qu'il faut que je me montre forte et essaye d'en parler à un psy. Elles ne peuvent pas comprendre à quel point ce drame me hante, et qu'en parler reste synonyme de souffrance. Non, elles ne peuvent pas comprendre. Qui le pourrait de toute manière ? On cherche à se montrer compatissant à mon égard, à me rassurer en me promettant des choses qui n'arriveront jamais, et on oublie que mon souhait le plus cher dans toute cette histoire, c'est d'oublier.
Alors que des larmes s'apprêtent à couler sur mes joues, mon regard s'égard sur la fenêtre et le tableau qu'elle renvoie : les ténèbres de la nuit sont repoussés par les lumières chatoyantes de la ville. Les cris joyeux d'enfants se mêlent aux klaxons des véhicules coincés dans les traditionnels embouteillages.
Je déteste cette sensation.
Je sais que je ne suis pas la seule à vivre une situation difficile, mais entendre une telle preuve de vivacité me renvoie à mon état pitoyable. Mon corps, dissimulé dans une blouse blanche, garde les traces de l'horreur qu'on m'a fait subir. Seulement, il n'y a pas que lui qui se révèle amoché : mon esprit tout entier est mutilé par les images et les cicatrices de cette affreuse tragédie. Parfois, les rires de mon bourreau résonnent encore contre mon crâne, comme s'ils cherchaient à me réveiller, à me faire comprendre que je ne pourrais jamais lui échapper. Lui même m'a certifiée qu'on se reverrait, accentuant alors un peu plus ma peur.
Je ne peux plus m'échapper. Ni me défendre. Sans mon pouvoir, je ne suis plus la puissante Blue Rose, juste une simple civile humiliée. Et à présent, seuls le dégoût et la terreur d'un nouveau jour me tiennent compagnie dans cet hôpital livide.

Ai-je fait quelque chose de mal ? Quelque chose qui fasse que je doive endurer une chose pareille?
Le jour où les rouages de mon existence se sont mis en route, j'ai pensé et j'ai pensé, cependant, au moment où j'ai compris ce qui m'attendait, je ne pouvais plus penser à rien. Le monde s'est écroulé sous mes pieds quand j'ai compris qu'on ne pourrait pas venir me secourir à temps. Je ne voulais surtout pas hurler leurs noms, ni même les implorer de se dépêcher de me retrouver. Je suis consciente que ce geste les aurait plus angoissés et déconcentrés.

Je suis une lâche qui se ment à elle-même. Pourquoi dois-je toujours jouer les filles fortes en m'inventant une excuse ?
En vérité, j'avais terriblement peur. Je voulais hurler, crier, supplier, espérant naïvement pouvoir éviter le pire, seulement, les mots ne sortaient pas de mes lèvres.
C'était douloureux, virulent, suffoquant, triste, sévère.
Je voulais pleurer.
Je ne le supportais pas.
Je voulais m'enfuir.
Hélas, je ne le pouvais pas.
Ça n'en finissait pas.
J'essayais de paraître forte, mais au fond, je voulais simplement hurler. Me débattre, vomir, le stopper, y résister, le frapper, endurer. M'enfuir, me cacher, l'éviter, m'enfermer, le repousser.
Puis de son regard effroyablement lubrique, il m'a brutalement secouée, attrapée, griffée, immobilisée, traînée, attaquée, forcée. Attachée, humiliée, déchirée, battue, torturée.
Je voulais me défendre, hurler, devenant folle, ne pouvant plus le supporter. Seulement, j'étais à sa merci. Jouissant de cela, il m'a entravée, cognée, anéantie, pulvérisée, giflée, brûlée, marquée. Éraflée, tourmentée, brisée, ravagée. Détruite, écrasée, utilisée, piétinée, souillée... Violée...
Puis il en a eu assez, il m'a détachée, et m'a violemment jetée à terre sans ressentir la moindre culpabilité. Mon cœur était anéanti, pourtant aucune larme ne coulait...
Et j'étais reprise.
Encore attrapée.
Encore battue.
Encore souillée.
Encore écrasée.
Encore brisée.
Encore ravagée.
Encore détruite.
Encore marquée.
Encore brûlée.
Encore éraflée.
Encore...

J'ai détesté tout ça, et à présent, seule la honte enracine mon âme.
Je le déteste.
Je les déteste tous.
Mais celle que je hais plus que tout dans cette histoire, c'est moi !
Je n'ai jamais été forte ! Mon existence n'est qu'une triste mascarade dont je ne peux me défaire ! Ils sont tous là, à me dire de relever la tête et d'avancer car on compte aussi sur moi. Conseillent-ils Karina ou Blue Rose ? Cette double identité me pèse. Je ne suis pas la « Reine » que les médias vantent, ni l'héroïne puissante et inébranlable que les fans voient. Ce masque ne fait que cacher ma réelle personnalité... J'en ai assez... Je ne sais plus, je ne comprends plus. Pourquoi ai-je décidé de devenir une Héroïne, déjà ? Cette époque me paraît si lointaine, et les raisons qui m'ont poussée à rejoindre l'équipe d'Hero TV sont beaucoup trop floues.
Était-ce pour la reconnaissance ? La gloire ? Le sentiment d'utilité ?
Je ne sais plus...

Désirant me changer un minimum les idées, je m'enfouis sous mon drap et me recroqueville. Mon regard se perd instinctivement sur le petit réveil posé sur ma table de chevet. Il est bientôt dix-neuf heures. Dans ce lieu déprimant et infantilisant, la notion du temps a disparu. Par ailleurs, je commence à regretter d'avoir demandé à ne voir personne de mon entourage, tant la solitude m'accable. Et plus les jours passent, plus l'envie de m'enfuir d'ici se fait forte. Néanmoins, encore une fois, je ne suis plus rien sans mes pouvoirs, et sortir d'ici sans me faire repérer relève de l'impossible : les fenêtres sont fermées, la porte ne peut s'ouvrir que de l'extérieur, et hormis mes bagages contenant mes vêtements, je n'ai aucune affaire personnelle qui me permettrait de contacter quelqu'un.
Je dois me résigner.
Me résigner à rester ici encore un bon bout de temps, à ruminer sur cet événement douloureux...
Laissez-moi tranquille... Pitié... Laissez-moi quitter cet endroit et effacer tout cela de ma mémoire...

- BARNABY ! Arrêtez ! Elle n'est pas en état !

La voix de Mademoiselle Strauss m'extrait brutalement de mes réflexions. L'espace d'un instant, j'ai cru qu'elle hurlait le nom de Barnaby, toutefois, je me convainc qu'il ne s'agit que de mon esprit qui me joue des tours. Épuisée, je passe une main dans mes cheveux et les plaque en arrière, prête à me renfermer dans les bras de Morphée.
Cependant, le grabuge derrière la porte me force à rester éveiller. J'entends des menaces, des bruits sourds, et une voix retient soudainement mon attention, me poussant à me redresser sur mon lit.
Ai-je vraiment rêvé ? Ou était-ce… la réalité ?

Alors que ma respiration se stoppe, j'aperçois la poignée de la porte pivoter vers la gauche, pour y laisser entrer une silhouette masculine que je connais bien.
Alors, ce n'était pas le fruit de mon imagination... ?
C'est impossible !
Que fait-il là... ?! Pourquoi lui ?!
« Blue Rose ! », s'exclame-t-il.
Lui, Barnaby Brooks Jr.


Note de l'auteur : Oui, c'est un chapitre plutôt court. Mais c'est pour vous remettre petit à petit dans le bain :) Je pense que ce sera le seul qui abordera un PdV à la première personne. Qu'en avez-vous pensé ? Sachez tout de même que je me suis largement inspirée d'une scène de l'anime "EF - A tale of Melodies" pour les phrases "violentes" évoquant les sévices de cette pauvre Karina. La scène en question est tellement poignante, violente, et réaliste que j'ai voulu faire pareil. J'ignore si le ressenti est le même, alors n'hésitez pas à me laisser votre avis, comme d'hab ^^.
Allez, à dans deux semaines les gens (ça tombera le premier Août !) !