Bonjour à tous !
J'espère que vous aller bien et que ce mois de Janvier se déroule sans embûches. Nous sommes donc Mardi et comme toutes les semaines, je vous poste le chapitre suivant. Je souhaite également prévenir que pour des raisons pratiques (ma bêta corrigeant un chapitre en une semaine), je posterais désormais le Samedi. Cela vous donnera également le temps de lire ce chapitre pendant le week end.
Cela ne change rien à mon rythme de publication, ce sera toujours un chapitre par semaines sans problème.
Je vous remercie également tous pour vos reviews, à chaque fois, elles me font énormément plaisir et cela me touche beaucoup parce que certes j'écris avant tout pour moi, mais je publie pour vous. Alors un grand MERCI à vous tous !
J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira. L'un d'entre vous m'a fait remarquer dans les review que le rythme allait un peu plus vite et cette personne a tout à fait raison. Tout simplement car je n'aime pas, et vous non plus, j'en suis sûre, avoir des chapitres où il ne se passe rien. Et étant donné que nous sommes à la fin de ma fic et que la guerre est quasiment terminée, je place des évènements marquants dans chaque chapitre pour que vous ne vous ennuyez pas. Certes, cela raccourcit ma fic puisque au lieu d'écrire deux chapitres inutiles, je ne vous en écris plus qu'un utile. Mais je pense que tout le monde sera d'accord avec moi !
Gag : Et bien je ne sais pas quoi dire à toutes les reviews que tu m'as posté ! Elles m'ont fait vraiment plaisir et j'ai été touchée que tu prennes le temps de commenter tous ces chapitres. Les mots me manquent pour te remercier ! J'espère que la suite te plaira tout autant ! Merci beaucoup encore une fois. A très bientôt j'espère !
Dites moi si jamais j'ai oublié de répondre à quelqu'un. Comme je le dis à chaque fois, je ne le fais pas exprès donc n'hésitez pas à me remonter les bretelles si je vous oublie ! Bonne lecture à tous !
« Tu rencontres des centaines de personnes et aucunes d'entre elles ne réussissent à te toucher. Tu en rencontres une seule et ta vie change pour toujours »
Le reflet du miroir me renvoya l'image d'une femme que je n'aurais jamais cru pouvoir être moi des dizaines d'années auparavant. Une jeune femme d'une beauté incroyable, une elfe faisant honneur à son héritage.
Pour la cérémonie de couronnement d'Aragorn, j'avais revêtu une magnifique robe elfique blanche, faite de soie et de velours, typiquement elfique. Elle mettait en évidence mon ventre de femme enceinte, sans lui donner toute la place. Mes longs cheveux roux sombres cascadaient dans mon dos, seulement retenus par mon diadème aux armoiries de la Forêt Noire. Celles de la Lothlόrien n'étaient pas clairement positionnées sur moi, mais chacun pouvait reconnaître le talent irrévocable des elfes de mon royaume.
Mes servantes m'avaient épargné les talons hauts par soucis de confort et de protection. Il n'était pas conseillé pour une femme enceinte de se balader sur un piédestal. J'avais donc énormément de chance pour porter des bottes montantes, plates, d'un blanc pur.
Ma tenue était accordée à celle de mon mari qui finissait de se préparer de l'autre côté de la pièce. Et sans doute à celle de Thranduil, lui même dans la chambre d'à côté. Personne ne pourrait se méprendre sur nos rangs.
- Tu es prête ? Me demanda Legolas alors que je finissais de lisser ma robe.
Je ne voyais plus mes pieds, ce qui était quelque peu dérangeant quand on savait que c'était essentiel pour ne pas se casser la figure. Raison pour laquelle il y avait toujours quelqu'un qui insistait pour me suivre quand je sortais. Et certaines compagnies étaient plus agréables que d'autres ...
- Oui je suis prête, finis-je par répondre avec un sourire après avoir finis d'examiner ma tenue. C'est bon !
Legolas se rapprocha de moi et pris délicatement mon visage entre ses doigts fins. Comme au début, son contact me donnait des frissons immédiats. Il pencha la tête et embrassa doucement mes lèvres. Je répondis à son baiser avec la même douceur, fermant les yeux à mon tour.
C'était des moments comme celui-ci qui me faisait redécouvrir le monde à chaque fois. Mon enfance semblait à présent si lointaine, si floue. Mes cauchemars s'estompaient nuit après nuit, mon sourire se faisait de plus en plus franc jour après jour.
J'avais perdu les bleus hérités de la guerre, les cicatrises avaient disparu, en dehors de celle qui parcourait mon flanc, à l'endroit même où la flèche d'un orque m'avait empalée dans les mines de la Moria. Mon corps avait reprit sa forme qu'il possédait avant la guerre.
- C'est étrange de se dire qu'Aragorn va enfin devenir Roi, murmurai-je à Legolas quand nos lèvres se séparèrent et qu'il m'enlaça avec douceur. Quand je pense à tout le trajet que nous avons parcouru.
- Notamment tous les deux, ria mon mari.
Parfois ces souvenirs revenaient à ma mémoire et je souriais dans le noir de la nuit. Ces disputes entre nous au début de la quête de l'anneau, notre relation qui s'était construite jour après jour, après avoir parfois reculée. Mais nous y étions parvenus. D'abord se pardonner, puis se connaître. Puis s'aimer.
- On me l'aurait dit il y a un an j'aurais ris au nez de la personne concernée, avouais-je. Jamais je n'aurais pu imaginer cela. Mais je ne le regrette pas le moins du monde.
- Quand je pense aussi à ma froideur contre les nains, se rappela Legolas. Bien avant la quête de l'anneau, quand ils se sont retrouvés en Forêt Noire, je les ai particulièrement méprisé. Ma mère m'avait pourtant prévenu. Quand je pense à elle, je pense qu'elle doit apprécier ce qu'elle voit.
- Elle aimait les nains ? Demandai-je.
- Pas plus que mon père ou moi, répondit mon mari. Mais elle avait une compassion sans limites qui la poussait souvent à voir le meilleur dans chaque personne. Et elle avait une de ces forces de convictions. Même sa famille n'aurait pas pu la contrer.
Je levais un sourcil interrogateur en reculant légèrement pour voir le visage de Legolas. Que signifiait ses mots ?
- Mon père et ma mère n'étaient pas destinés à être ensemble, avoua-t-il. Mon père est un Sindar, ma mère une Noldor. Ajouté à cela, elle était à moitié humaine, comme toi, ce qui passait très mal à l'époque. Mon père n'a pas toujours été celui qu'il est aujourd'hui : froid, moqueur, attiré par la richesse et les diamants. Certes, mon grand-père lui avait apprit cela, mais il était un elfe capable de faire la part des choses. Et quand il a vu ma mère, il l'a aimée immédiatement. Malgré les barrières entre eux, ils les ont franchit ensemble. Et je suis fier de chacun d'entre eux. Fier de porter l'héritage de deux peuples différents. De prouver que c'est possible de s'entendre.
- J'aurais aimé la connaître, murmurai-je, triste. J'entends tellement d'éloges sur elle et je peux à peine mettre un nom sur un visage. C'est ma belle-mère, la grand-mère de l'enfant que je porte et je ne la connais même pas.
- Où qu'elle soit je suis sûr qu'elle t'aime, répondit Legolas en me serrant contre lui. Ne pas l'avoir connu ne t'empêche pas de l'aimer. Bien au contraire. Tu sais, toi au moins tu as mon père. Moi, je n'ai pas connu ta mère. Et ton père non plus, on ne peux pas dire que je l'ai connus.
C'était vrai, je le savais. Et cela me prouvait encore une fois que la guerre avait emporté bien des personnes qui ne méritaient pas un tel sort.
Legolas embrassa mon front juste avant que quelqu'un ne frappe à ma porte et que je recule. Tauriel entra dans la chambre en compagnie de Barn, aussi belle que moi. Arwen les suivait de près et me serra doucement dans ses bras quand je l'accueillis.
Je savais ce qu'elle attendait, ce qu'elle espérait sans oser se laisser aller à l'espoir. Elle aimerait que Aragorn ose enfin avouer ses sentiments, qu'il ose enfin braver tout ce qui les opposait pour penser à elle. Et j'espérais de tout mon coeur d'immortelle que cela fonctionne comme elle le souhaitait.
- Allons-y, c'est l'heure, clama Barn tandis que l'on sortait dans les longs couloirs de Minas Tirith.
Quelques semaines auparavant, quand les funérailles avaient eu lieu, c'était un silence de mort qui régnait sur l'immense cours. Aujourd'hui, c'était l'euphorie. Une euphorie si rare, si précieuse.
Mes doigts liés à ceux de Legolas, je rejoignis ma famille dans les rangs qui lui était réservée. J'adressais un sourire qui se voulait rassurant à Arwen avant de me placer devant elle.
C'était étrange de se retrouver ici après tous les évènements qui s'y étaient déroulés. La mort de tant de personnes y avaient eu lieu. Le sang avait abreuvé ces dalles qui avaient à présent retrouvé leur couleur d'un blanc pur. A l'image de tout Minas Tirith.
Lorsque les portes du palais s'ouvrirent, des applaudissements retentirent et j'y pris doucement part, un grand sourire aux lèvres. Et le futur roi apparut.
Aragorn était magnifique, rayonnant, d'une beauté incroyable. Sa tenue royale, son visage à présent dénué de toute saleté, tout en lui clamait son statut. Son rang. Son droit.
Il descendit les quelques marches pour permettre à Gandalf, et à Gimli qui tenait la couronne, de se placer en hauteur. Aussitôt, son regard chercha quelqu'un, et je fus surprise de le voir se fixer sur moi. Pas sur Arwen qui se trouvait derrière moi, cachée par un étendard, mais bel et bien sur moi.
Je compris à cet instant qu'il cherchait la même force que lui-même m'avait transmise quand j'avais eu besoin d'en posséder. Alors seulement, je redressai la tête, lui envoyai un sourire et hochai doucement le menton. Mes yeux reflétèrent tout l'encouragement possible et la sûreté que ce rôle était le sien.
Je vis son regard se déterminer et il me remercier par un hochement de tête imperceptible pour la foule et pivota sur ses talons pour s'agenouiller devant Gandalf. Les doigts de Legolas s'entremêlèrent à nouveau aux miens et je répondis à son étreinte sans détacher mon regard de mon ami.
- Nous voici en ce jour réunit tous ensemble pour fêter le couronnement d'un roi, annonça Gandalf. Un roi qui a démontré tout le courage, toute la hardiesse, tout l'amour qu'il porte à son peuple. Un roi qui, plus que n'importe qui, mérite son titre et sa couronne.
Aragorn n'avait pas souhaité un discours long et ennuyant, préférant une cérémonie rapide et une fête plus longue. Je ne pouvais guère lui en vouloir, me souvenant à la perfection de la mienne. Quand on avait passé sa vie à carapater un peu partout, on ne parvenait pas à rester assez en place pour tenir notre réputation.
Le discours de Gandalf fut donc bref et conscrit. Il relatait la vie d'Aragorn, passant rapidement sur son enfance à Fondcombe, pour s'étendre sur son rôle dans la Communauté de l'Anneau. Car après tout, c'était cela qui était le plus important. La naissance ne signifiait rien. Combien de rois étaient montés sur des trônes alors qu'ils étaient incapables de mener un royaume d'une main de fer ?
- Voici venir les jours du Roi, termina Gandalf en prenant délicatement une couronne qui n'avait plus été porté depuis la chute d'Isildur, des siècles auparavant.
De nombreux héritiers avaient existé puis s'étaient décimés, et nous étions seulement quatre à pouvoir le prétendre. Tauriel et Moi, en tant qu'enfants du Roi héritier. Jorika en tant que seule enfant du second et Aragorn, en tant que descendant direct du troisième. Les autres n'en avaient pas le droit.
Tauriel et moi-même ne pouvions revendiquer le trône de part notre appartenance à la race elfique, Jorika ne pouvant acquérir un royaume de part son rôle dans le Mordor. Il ne restait que Aragorn. Et de toute manière, la loi salique excluait les femmes tant que des hommes pouvaient prétendre au trône.
- Qu'ils soient heureux, acheva le magicien en posant doucement la couronne sur la tête de mon ami qui inclina son visage avant de se relever lentement.
Il prenait sans nul doute toute l'ampleur de la situation. Derrière lui se tenait tout un peuple, prêt à l'aimer, le servir et l'aider coûte que coûte. Régner sur un royaume nécessitait une main de fer dans un gant de velours. Personne n'était jamais d'accord.
Puis Aragorn pivota vers la foule réunit à ses pieds et des applaudissements retentirent. Des cris, des pleurs, des claquements de mains et des remerciements. Aucun doute, Aragorn était accepté comme le Roi. Sans contestation, sans refus. Il était devenu le Roi du Gondor.
- Ce jour n'appartient pas à un seul homme, clama-t-il fortement et le silence retomba. Mais à tous. Reconstruisons ensemble ce monde, afin de pouvoir partager des temps de paix.
De nouveaux, des acclamations retentirent et je souris sincèrement. Ces mots étaient emplis d'espoir après tous les temps sombres qui s'étaient succédés.
Sous les pétales de fleurs roses qui tombaient, Aragorn se mit alors doucement à chanter. Un chant elfique, que peu de gens pouvaient comprendre mais qui envoûtait tout le monde.
- Et Eärello Endorenna utulien *
Mon regard dériva vers le Mordor. Là où ne brillait plus la montagne du destin, l'œil de Sauron ou Minas Morgul. A présent, le ciel était clair, presque ensoleillé après tous ces siècles d'orages et de silence.
- Simone maruvan ar Hildinyar tenn'
Je reposais mes yeux sur Aragorn qui s'avançait dans les rangs, recueillant les saluts des différents souverains de cette Terre du Milieu. Thranduil et Elrond se contentèrent d'une tête incliné et d'un remerciement en elfique.
- Ambar-metta !
Les mots que chantaient Aragorn étaient emplis de sens qui me rappelait que la paix était fragile. Qu'il appartenait aux générations futures de tout faire pour la préserver.
Aragorn s'approcha de nouveau et Legolas m'entraina en avant à travers la musique légère qui s'élevait. Un coup des miens. J'en étais sûre.
Une fois parvenus devant lui, Aragorn s'arrêta, un sourire fraternel sur les lèvres. Ce couronnement avait une toute autre signification pour nous, la Communauté de l'Anneau. Il prouvait que notre groupe commençait lentement, mais sûrement, à se dissoudre. La quête était terminée, nous retournions à nos vies.
Aragorn me serra doucement dans ses bras, veillant à ne pas y aller trop fort. Il embrassa mon front en parvenant habilement à éviter mon diadème, puis il posa une main sur l'épaule de Legolas.
- Merci mon ami, clama-t-il en elfique.
Mon mari répondit en serrant à son tour l'épaule d'Aragorn avant de sourire et d'indiquer d'un signe de tête Arwen qui se trouvait derrière nous et qui n'avait pas avancé.
Je vis le regard de mon cousin changer, se charger de surprise, d'appréhension, de soulagement mais surtout, d'amour. Reculant pour me placer aux côtés de Legolas, je vis ma cousine avancer vers Aragorn, hésitante, poussée par son père qui avait finit par accepter l'irrémédiable.
Ignorant comment réagir, Arwen s'arrêta devant lui et inclina délicatement la tête. Je voyais clairement qu'elle ne savait pas la suite des évènements, qu'elle avait peur.
Ébranlé par la révérence de celle qu'il aimait, Aragorn passa ses doigts sous son menton, la forçant à relever la tête pour le regarder. Arwen planta cette fois-ci ses yeux d'un bleu limpide dans ceux gris fer d'Aragorn. Ce qu'il y lu sembla le convaincre car Aragorn n'adressa pas un regard à Elrond avant d'embrasser passionnément Arwen sous les applaudissements de la foule.
Je tournai mon regard vers mon oncle et fus surprise de le voir rayonner à son tour. Ainsi avait-il finit par être heureux de voir sa fille aimer quelqu'un. D'autant plus qu'il connaissait Aragorn. Il savait tout de lui.
- Je vous aime, murmura Aragorn à l'oreille d'Arwen qui ria doucement en l'entourant de ses bras.
Ce fut ce geste qui me fit réellement comprendre que la guerre était définitivement terminée. Leur couple avait été dépendant de l'issue du combat. La vie d'Arwen également.
Les deux amants finirent par reprendre connaissance avec la foule qui les entouraient et je vis Arwen leur adresser un grand sourire. Réel, heureux.
Ils s'avancèrent dans la foule, en direction des quatre petits hobbits qui se trouvaient immobiles, ignorant quoi faire et comment. Alors ce fut Frodon qui lança le signal en s'inclinant respectueusement devant Aragorn, suivit par les trois autres.
- Mes amis, souffla Aragorn. Ce n'est pas à vous de vous incliner.
Je devinai immédiatement l'intention de mon cousin et le suivis dans son mouvement. Difficilement du fait de ma grossesse, je m'agenouillai devant mes amis. Si petits, si fragiles. Mais si courageux.
Je ne vis pas leurs expressions, mais je devinais sans la moindre hésitation qu'ils se demandaient quoi faire. Car nous n'étions pas les seuls à avoir suivit Aragorn et Arwen. Toute la foule l'avait fait. Humains, nains, elfes. Tout le monde s'y était mis. Même Elrond, Thranduil, Celeborn et Galadriel avaient posé un genoux à terre.
- Merci à vous d'avoir eu le courage de mener cette bataille, reprit Aragorn en se relevant. Merci à vous de vous être toujours battus même face à l'horreur. Soyez-sûrs que votre courage ne sera pas oublié.
- Merci à vous d'avoir été là, répondit Frodon en bravant sa timidité pour parler devant tous. Merci de nous avoir soutenu. Et d'avoir cru en nous tous.
Je répondis à son regard anxieux par un sourire réconfortant. Je comprenais ces paroles mieux que quiconque et je sus qu'elles n'avaient pas été dites au hasard.
Des applaudissements retentirent finalement et les conversations reprirent de plus belles tandis que je me dirigeais en compagnie de Legolas vers le couple royal.
- Mes amis, souffla Aragorn en me serrant fortement dans ses bras. Merci d'avoir été présents.
- Nous n'aurions raté cela pour rien au monde, répondit Legolas tandis que je rendais à Aragorn son étreinte, heureuse pour lui. Félicitations pour vous deux.
Je serrai Arwen dans mes bras après avoir échappée à celle de mon ami. Ma cousine rayonnait littéralement de bonheur, semblant ne pas réaliser ce qui lui arrivait.
Puis ce fut la débandade. Gimli sauta dans les bras d'Aragorn, ignorant le fait qu'à présent, notre ami était Roi. Et il le serra contre lui à lui broyer les os de tout le corps. Quant à Arwen, elle subissait la bonne humeur de Eowyn.
- Mon ami, clamait Gimli en riant tandis que le visage d'Aragorn oscillait entre le rouge et le bleu. Quelle fierté d'avoir pu combattre à vos côtés. C'était un honneur !
J'éclatai de rire quand je vis mon cousin hocher la tête sans pouvoir prononcer un mot sous le coup de la force surhumaine du nain. Mon euphorie se transmit à tous ceux qui m'entourait et bientôt, la cour de Minas Tirith résonna de nos rires. Pour la première fois depuis un an.
*0*0*
Les adieux se déroulant dans la cour extérieure de Minas Tirith avaient quelque chose d'improbable : la joie. Parce que nous savions que nous nous reverrions prochainement. Pour le mariage d'Aragorn et Arwen. Dans quelques mois, quand la Terre du Milieu aurait retrouvé un peu de quiétude.
Car même si le Mordor était tombé, certains endroits restaient aux mains d'un ennemi déchu mais toujours présent. Et Aragorn souhaitait épouser Arwen quand cela serait définitivement défait. Et aussi parce qu'un mariage mettait du temps à se faire, surtout si les concernés appartenaient à la classe royale.
- Tu m'envoies les cartons d'invitations, lançai-je à ma cousine du haut de ma monture. Et tu n'oublies pas de contrôler tes frères.
- Je le promets, clama ma cousine en serrant mes doigts. Reviens vite !
- Dès que les forces du Mordor auront totalement disparus, promis-je en souriant. Bon courage !
Je souris en voyant Faramir suivre Eowyn dans les rangs des elfes à cheval. Nous avions appris quelques jours auparavant que la jeune femme était enfin enceinte. Ce qui poussait Faramir à suivre sa femme dans toutes ses sorties, ce qui avait le don d'énerver cette dernière. A juste titre.
- Allons-y, clama Celeborn en tête de marche.
Chacun rentrait dans son royaume, nous quittâmes donc Celeborn, Galadriel et les troupes de Lothlόrien quelques heures plus tard. Ce qui se fit dans un joyeux bordel qui aurait fait frémir nos ancêtres. Les elfes étaient normalement réputés comme organisés, calmes et obéissants. Tout sauf la pagaille qui régna quand les deux armées se séparèrent.
- C'était un beau capharnaüm, souffla Legolas quand on reprit la route. Je n'aurais jamais pensé voir cela un jour.
- Moi non plus, répondis-je. Si Sauron avait vu cela, nous aurions déjà eu moins de chance de l'emporter.
J'échangeai un regard ironique avec mon mari tandis que l'on continuait d'avancer. Le calme revint parmi les rangs elfique peu après que les troupes de Lothlόrien eurent disparu entre les arbres de leur royaume. De mon royaume.
Mais la pagaille reprit de plus belle quand la Forêt Noire réapparut devant nos yeux. Des exclamations de surprise, d'étonnement et de joie retentirent.
Car il fallait dire que nos missions d'extermination des forces du Mal avaient portées leurs fruits. Et désormais, la Forêt Noire se dressait, forte, bienveillante, accueillante. Bien loin de ce que j'avais pu voir des mois auparavant quand j'y avais mis pour la première fois les pieds.
Les arbres avaient retrouvé leur couleur vert émeraude, la grande porte de la route des elfes sa dorure or et argent et les ténèbres semblaient avoir disparut grâce aux branches des arbres nettement moins fournies. Les rayons du soleil passaient à présent à travers, illuminant les lieux d'une douce clarté estivale.
Chacun fut heureux de retrouver son logement et je m'effondrai littéralement sur mon lit quand je retrouvai ma chambre du palais royal. Le voyage m'avait épuisé, à juste titre puisque ma grossesse touchait véritablement à sa fin. Les soignantes m'avaient déconseillé de reprendre la route, arguant le fait que je risquais d'accoucher avant d'arriver. Mais j'avais tenu le coup. Refusant l'idée que l'héritier, ou héritière, de la Forêt Noire naisse ailleurs que dans son royaume. Même si j'affectionnais beaucoup Minas Tirith.
Je devais rejoindre mon mari et mon beau-père en salle du trône pour débattre de la suite des évènements. Aussi décidai-je de prendre un long bain pour décompresser de ce voyage, et de cette tension dans tout mon corps, avant de descendre en bas.
- Il y a plusieurs choses à voir, lâcha Thranduil à nos côtés. Tout d'abord, la forteresse de Dol Goldur. Elle doit être détruite, elle rappelle bien trop de mauvais souvenirs à tout le monde. Je suis navré Alzena.
- Navré de quoi ? Demandai-je en haussant les épaules. Ce n'est que mon lieu de naissance. Et aussi emplis de mauvais souvenirs pour moi-même. Détruisons-la.
Mon beau-père hocha la tête en cochant une case sur son parchemin. Long parchemin soit-dit en passant. Visiblement, il y avait un paquet de choses à régler.
Et je n'avais pas tord, il nous fallu plusieurs heures pour régler le plus gros de la liste de Thranduil. Je somnolais presque entièrement, une main posée sur mon ventre légèrement douloureux.
- Il y a ensuite un autre détail à régler, lança Thranduil alors que la nuit était déjà bien tombée. Le Mordor.
Aussitôt, chaque muscles de mon corps se tendit, me réveillant instantanément pour me forcer à me redresser. Les regards de Thranduil et Legolas étaient posés sur moi et je répondis par un haussement de sourcil interrogatif.
- Le Mordor doit être vidé de tous ce qui rappelle cet âge sombre, expliqua Thranduil et j'écoutais attentivement. Nous n'avons pas le choix. Cependant, Elrond m'a rappelé qu'il t'avait fait une promesse que personne n'a l'intention de briser. C'est à toi de décider ce qu'il adviendra du Mordor.
Je clignais des yeux, surprise. Ainsi donc, on me laissait le sort de mon royaume entre les mains. De mon royaume ? Ce mot tourna en boucle dans ma tête. Incompréhensif.
- Selon l'accord que nous, souverains, avons tous passés, le Mordor te revient. Il est donc légalement lié à la Lothlόrien. Et de part ton mariage avec Legolas, lié à la Forêt Noire. C'est à toi qu'il revient. Ce n'est plus une terre libre.
Cela me laissa sans mot. Ainsi donc, on ne se contenterait pas d'ignorer cette terre qui m'avait vu grandir ? J'allais pouvoir faire quelque chose pour la rendre hospitalière ? Accueillante ?
- Merci, murmurai-je, ignorant comment faire part de ce que je ressentais. Merci pour cela.
Thranduil me répondit par un sourire. Il comprenait ce que je ne parvenais pas à dire. Je n'avais pas besoin de mots pour exprimer ce que je ressentais.
Nous discutâmes encore quelques temps du reste des territoires appartenant au Mordor et qui étaient à présent à faire répartir entre nos peuples. Puis finalement, Thranduil nous donna le feu vert pour aller nous coucher. Et je l'en remerciais bien bas.
Je ne mis pas deux heures à me coucher et encore moins de temps pour m'endormir. Je sentis seulement Legolas entourer ma taille de ses bras avant que le sommeil ne m'entraine.
*0*0*
Ce fut une brutale douleur au bas de mon ventre qui me réveilla violemment au milieu de la nuit. Je laissais échapper un gémissement de souffrance et je sentis Legolas bouger dans mon dos, sans se réveiller.
Pensant qu'il s'agissait d'une fausse alerte, je combattis vaillamment la souffrance, peinant de plus en plus à contrôler mes tremblements de douleur. Tentant de me rendormir.
Mais malgré ma fatigue effroyable, la douleur fut plus forte et je me redressai dans mon lit, plaquant une main sur mon ventre. Effrayée à l'idée que quelque chose de mauvais se passe, je voulus me lever, au moment où je sentis un liquide le long de mes jambes.
Priant pour qu'il ne s'agisse pas de sang, je repoussais les couvertures qui me recouvraient et retins un soupir de soulagement quand je constatais qu'il ne s'agissait que d'eau. Mais cela signifiait autre chose. J'étais en train d'accoucher !
- Legolas, soufflais-je doucement malgré la douleur assourdissante qui retentissait dans mon ventre. Legolas ?
Mon mari ne broncha pas et une violente vague de douleur déferla à nouveau. Tant pis pour la douceur, l'amour et le calme.
- Legolas, clamai-je brutalement et fortement, le faisant violemment sursauter.
- Alzena, s'exclama-t-il en se réveillant et en se redressant. Que se passe-t-il ?
- Il arrive, soufflai-je douloureusement en appuyant fortement sur mon ventre rond.
Il bondit immédiatement du lit, appelant fortement des soignants tandis que je sentais les larmes de douleur couler sur mes joues. Toutes les souffrances du monde n'avaient rien de comparables à un accouchement. Qu'est-ce que j'avais mal !
- Tiens bon, murmura mon mari dans mon oreille.
Un instant, je souris. Il parlait en elfique, signe qu'il était effrayé et qu'il ne savait pas quoi faire. Visiblement, Legolas perdait ses moyens. J'en étais presque plus calme que lui alors que c'était moi qui souffrait.
- Majesté nous allons vous demander de vous déplacer, annonça un des soignants. Que nous puissions accéder à votre femme sans vous faire du mal.
Legolas obéit aux ordres et passa dans mon dos. Mes doigts serrés autour des siens, je les serrais de toutes mes forces. J'avais vraiment mal.
- Ma dame, appela une jeune femme à mes côtés. Je vois l'enfant. Je vais avoir besoin que vous m'écoutiez attentivement.
Je hochais la tête, tendue.
- Bien, répondit l'autre. Vous allez pousser quand je vous le dirais. Tout va bien se passer d'accord ? L'enfant se présente très bien. Il n'y a pas de raison que quelque chose se déroule mal.
Je ne répondis rien. Par expérience, je savais qu'il ne fallait pas crier victoire avant la réussite. Avoir grandit en Mordor me servait apparemment.
Je sursautais quand quelqu'un s'assit à mes côtés et à travers ma douleur, je reconnus Tauriel. Immédiatement, je sentis une partie de ma peur s'évaporer. Ma soeur était là, c'était tout ce qui comptait, je n'étais pas seule.
J'obéis aux ordres de ma servante quand celle-ci me donna l'ordre de faire ce qu'elle m'avait dit. J'avais mal, c'était indéniable, mais j'avais appris à taire ma souffrance. Mes larmes et la pression de mes doigts sur ceux de Legolas furent les seules traces de ma douleur.
Je ne sus pas combien de temps je restai ainsi, à la limite de l'inconscience, entourée de tant de personnes et pourtant si seule. A la fois heureuse, et tellement terrorisée. C'était à cet instant que mes peurs les plus profondes ressortaient. Serai-je assez capable d'élever cet enfant ? D'être la mère que j'aurais tellement aimé avoir ?
Puis, finalement, je sentis une dernière vague de souffrance avant qu'un pleur de bébé ne retentisse dans le silence de la nuit. Aussitôt, mes yeux cherchèrent sa provenance, heureuse de l'entendre enfin après tant de temps.
- C'est un garçon, lança une servante en s'approchant avec un paquet de linge, quelques instants plus tard, suivie par Tauriel. Félicitations.
Je tendis les bras, bien qu'affaiblis, et la femme déposa l'enfant dans mes bras. Mon enfant.
Aussitôt, un sourire de pur bonheur dessina mon visage et je sentis toute mon appréhension s'évaporer comme si elle n'avait jamais existé. Il était magnifique, et bien que je ne sois évidemment pas objective, je ne me trompais pas.
Ses yeux étaient d'un vert émeraude si ressemblant au mien. Il n'avait pas encore vraiment de cheveux, mais il était évident qu'il possédait déjà la blondeur de sa famille paternelle. Mon sourire se transforma en attendrissement quand l'une de ses mains se referma sur les longues boucles de mes cheveux.
- Il est magnifique, murmura Legolas tandis que Tauriel reculait pour nous laisser un peu d'intimité.
Plongée dans mon bonheur, je vis comme dans un songe les soignants nettoyer les lieux pour ensuite les quitter après qu'on est reposé les draps sur moi. Car la froideur de la nuit m'atteignait à présent que la douleur avait disparue.
Legolas le prit quelques instants dans ces bras, légèrement hésitant. Mais il prit rapidement son rôle de père et je ne me départis pas de mon sourire quand je vis notre fils fermer ses yeux vert et s'endormir doucement.
- Comment veux-tu l'appeler ? Demanda mon mari au bout d'un long moment où l'on resta à contempler notre enfant.
Nous en avions discuté longtemps auparavant, évidemment pas vraiment d'accord sur les choix. Nous avions exclu l'idée de lui donner le prénom d'un de nos pères. On ne fait pas revivre les gens dans les souvenirs et quand à Thranduil, il était encore en vie. Et nous refusions qu'il est un jour à porter le poids d'un nom sur ses épaules.
En voyant le bonheur de Legolas, je compris que le prénom importait peu et j'en oubliais les miens. Il y en avait un qu'il affectionnait beaucoup et que je trouvais beau. Et tout à fait caractéristique de notre fils.
Aerandir, répondis-je doucement. Il s'appellera Aerandir.
Legolas porta des yeux reconnaissants sur moi et embrassa délicatement mes lèvres avant de reposer notre enfant dans mes bras.
Le serrant doucement contre moi, je le berçai avec une douceur que je ne me serais jamais soupçonnée. Je n'avais plus peur. Je ne ressentais plus l'appréhension qui m'avait si souvent broyée le coeur au cours de ces neuf derniers mois. Tout n'était que plénitude. Bonheur.
Au bout de ce qui dû être une bonne heure, je laissai Legolas ouvrir la porte de la chambre pour laisser entrer les trois seules personnes que je voulais à mes côtés en cet instant. Les trois seules personnes qui se trouvaient à Mirkwood.
Barn entra dans la pièce avec hésitation, semblant se demander si sa place était vraiment là. Il peinait à accepter l'idée d'avoir une belle-soeur, lui qui avait toujours rêver d'une grande famille mais qui avait épousé Tauriel sans savoir qu'elle avait une soeur. Cette dernière laissa d'ailleurs Thranduil passer devant elle, par respect mais aussi parce qu'elle savait que c'était surtout lui dont j'attendais la réaction.
Ce dernier s'avança doucement, serrant le bras de son fils qui esquissa un sourire avant de le laisser parvenir jusqu'à moi. Et aussitôt, je vis une chose que je n'avais encore jamais vu sur les traits du seigneur de la Forêt Noire. Du bonheur, de la joie, et aussi de la nostalgie. Il était loin le jour où il s'était lui-même retrouvé à la place de Legolas.
- Il s'appelle Aerandir, lui apprit mon mari quand le regard de Thranduil se reposa sur nous au bout de plusieurs minutes.
- Il est magnifique, murmura Thranduil et mon sourire s'agrandit.
- Vous voulez le prendre ? Demandai-je en me redressant.
Je vis immédiatement le regard de mon beau-père se charger d'appréhension. Il craignait visiblement de lui faire du mal. Ce fut la raison pour laquelle je laissais Legolas prendre notre fils de mes bras pour le déposer avec douceur dans ceux de Thranduil.
Si ce dernier me parut un instant tendu par la peur de l'échapper, il sembla vite reprendre des marques qu'il avait perdu depuis que Legolas avait eu l'âge de marcher. Sans hésitation, je le vis prendre la posture que l'on prend quand on porte un bébé et je me reposai sur mes oreillers. J'étais heureuse. Véritablement heureuse.
Traduction :
* Du grand océan vers les Terres du Milieu, je suis venu. A ces lieux, je resterai fidèle, ainsi que mes héritiers. Jusqu'à la fin des temps.
J'attend vos commentaires avec impatience et je vous souhaite à tous une bonne fin de semaine. A très vite !
