CH27

« still feel. »

Quand elle ouvrit les yeux Narcissa fut confrontée à l'évidence énorme qu'elle venait de faire un rêve érotique sur la personne qui était justement en train de dormir paisiblement à côté d'elle. Son cœur se prit les pieds dans ces quelques souvenirs et trébucha très lourdement.

D'urgence, elle s'extirpa discrètement de ces draps que Remus avait changé la veille. Elle se rappelait de ce moment. C'était juste avant qu'il aille se faire à manger, pendant qu'elle, avec un talent rare et dont elle ne s'était même pas soupçonnée être capable, avait fait semblant de s'endormir. Pourquoi ? La question, la veille, ne méritait pas d'être posée. Elle se souvenait avoir pris cette résolution avec un exceptionnel sang-froid...

Une certaine mauvaise humeur la conduisit dans la salle de bain.

En croisant son reflet dans la glace, elle eut un petit moment d'arrêt. Certains soirs, elle se trouvait tout à coup beaucoup moins belle qu'elle n'avait eu l'impression de l'être pendant la journée, tandis que d'autres soirs c'était l'inverse, et heureusement aujourd'hui faisait plutôt partie de cette deuxième catégorie. Il n'y avait donc aucune raison valable de se comparer avec cette Nymphadora.

Alors pourquoi le faisait-elle ?

Elle jeta un sort d'insonorisation et se déshabilla avec la ferme intention de prendre une douche pour se laver de toutes ces pensées parasites.

L'eau chaude réussit un instant l'exploit de lui vider la tête. Mais passer ses mains pleines de savon sur son corps... Elle dut s'arrêter pour respirer et se faire un sermon. C'était elle qui avait voulu éviter de coucher avec Remus la veille, pourquoi fallait-il qu'elle se surprenne à l'imaginer maintenant ?

Insupportable. Elle se fit violence pour penser à Hagrid à la place — ce n'était pas spécialement méchant, mais il l'avait toujours plus repoussée qu'un autre – afin d'arriver au bout de cette douche sans heurt, ce qui heureusement porta ses fruits.

Elle sortit au bout d'une demi heure et retourna s'allonger à côté de lui. Le plus loin possible. Une sorte de distance de sécurité. C'était contre elle qu'elle le protégeait à présent. Et, en effet, ses paupières venaient de se déclarer impossibles à fermer. Remus.

Un souffle profond s'échappe à intervalles réguliers de ses lèvres gonflées par le sommeil, cette couverture qui ne le couvre presque pas, ses cheveux tombant négligemment sur ses paupières fermées, sa joue enfoncée dans son oreiller, cette barbe toujours en train de repousser, l'odeur de son corps, tout près, tout près...

Elle ne réfléchissait plus et s'approcha, aimantée. Remus avait sous sa cicatrice un nez très mignon. Elle eut envie d'embrasser ce nez, cette cicatrice. Elle eut envie de sentir ce souffle paisible sur son visage à elle, mieux, sur ses lèvres. Elle eut envie de...

Son bras gauche eut soudain l'audace de se tendre vers le corps assoupi. Ses doigts n'osèrent pas se poser directement sur son visage, elle ne fit qu'épouser les contours de celui-ci dans l'air, en imagination, à quelques petits millimètres d'un contact. Son geste se déplaça au-dessus de son nez, tout en souplesse, puis au-dessus de sa bouche qu'elle s'accaparait avec toute l'intensité de son regard. Elle n'était plus que concentration. Ses doigts frôlèrent ensuite le col de ce pull que Remus n'avait pas pris la peine d'enlever.

Elle souleva alors légèrement le drap et constata qu'il avait en réalité tous ses habits de la veille. Son regard resta bloqué sur ses jambes avant qu'elle ne ferme les yeux pour calmer son cœur qui s'emballait de trop. L'espace d'un instant, elle avait eu l'idée stupide de lui retirer tous ses vêtements afin qu'il dorme plus confortablement, ce qui n'était bien sûr pas une bonne idée mais plutôt un très mauvais prétexte, comme à peu près toutes ses pensées cette nuit lorsqu'elles concernaient Remus et le corps de Remus.

Ses paupières se rouvrirent rapidement car fermées, des souvenirs d'un certain torse dénudé venaient de faire brutalement apparition à elle. Sous ce pull, il y avait...

Sa main répartit voleter au-dessus de lui, commençant par les pectoraux puis descendit plus bas, au-dessus de son ventre, plus bas encore, plus bas...

Tous les souvenirs de ce qu'ils s'étaient dit et fait se mobilisaient pour la submerger.

- Tu es… commença-t-elle en un souffle quasiment inaudible. « Tu dois être la plus belle personne que j'ai jamais rencontrée.

L'émotion avait donné un peu plus de force à sa voix que prévu, cela n'avait heureusement pas semblé réveiller Remus. Alors elle se lança dans une entreprise un peu dangereuse. Elle parla, d'une voix faible mais ferme, essaya de mettre des mots sur ses remords :

- Le pire est que je m'en doutais… quelque part, j'ai toujours eu cette impression… c'est peut-être cette souffrance dans ton regard… cette profondeur que je lisais dans tes yeux, ou cette entente entre nous... cette évidence, je ne sais pas, c'est comme si j'avais toujours eu l'impression qu'on se comprenait plus que les autres. Mais il faut avoir un certain état d'esprit pour tomber amoureuse… toi, tu ne le sais peut-être pas, parce que je crois que tu as toujours eu cette nature-là... mais quand tu te crois au-dessus de tous, tu ne prends pas le temps de bien regarder les gens, tu ne regardes que toi, ne penses qu'à toi… et quand je disais aimer Lucius, cela voulait plutôt dire que je désirais que lui soit dominé par l'amour, ce qui évidemment ne risquait pas de marcher puisque j'ai fait l'erreur de choisir un imbécile encore pire que moi. Ca me glace quand je me rends compte qu'il m'a fallu cet échec pour tout repenser. Et certainement, tout ça fait que j'étais comme j'étais, incapable de voir en toi tout ce que je vois maintenant… » Elle sentit sa gorge se serrer, cela lui fit mal. « Je regrette. On aurait du s'aimer avant. Te faire l'amour doit être... bon sang, j'aurais du t'aimer à la place de toutes ces femmes, avant tout ça, quand j'étais encore…

Elle soupira en sentant une larme chaude traverser son visage en diagonale, s'écrasant sur le matelas qui l'absorba. Elle se retourna ensuite de peur qu'il ne se réveille par hasard et la voit.

Une petite minute de silence passa, avant qu'elle sente le matelas bouger et un bras l'enlacer par l'arrière. Remus la ramenait à lui, serrant son dos contre son torse, embrassant brièvement son épaule, respirant ses cheveux perdus dans son cou frissonnant et murmurant son nom. Narcissa laissa échapper un souffle bruyant à cause de cette espèce de soulagement physique qui montait délivrer en elle tous ses muscles crispés.

- Je t'ai réveillé ? murmura-t-elle avec inquiétude.

- De quoi tu as peur ? chuchota-t-il en retour.

Elle eut un moment d'arrêt complet en voyant que cette question ne ressemblait pas à une coïncidence : il avait tout entendu.

- Tu ne dormais pas. » Un brin d'effroi s'était introduit dans sa voix.

- Je sais aussi faire semblant de dormir, tu sais, rit-il doucement.

Double gaffe. Elle les cumulaient.

Il se redressa légèrement pour déposer un baiser sur le coin de sa mâchoire, puis sur sa joue. Le visage de Narcissa pivota légèrement vers lui et leurs bouches se frôlèrent.

- Dis moi de quoi tu as peur…

- … D'avoir mal, de m'en souvenir, de te… décevoir.

Elle semblait les avoir ordonné par ordre croissant. La proximité de Remus agissait comme du Veritaserum, mais en plus doux que celui de Severus, beaucoup plus doux.

Il pressa leurs lèvres ensemble. « D'accord. Puisque ta dernière peur dépend totalement de moi, je peux déjà dire que c'est impossible.

Narcissa se retourna vers lui. Les yeux de Remus crépitaient d'un calme brûlant, serein. Il n'avait peut-être jamais été aussi beau. Sa main caressait maintenant distraitement son dos.

- Tu sais, on a réellement tout notre temps, continua-t-il,… et un baiser de toi vaut plus que toutes les femmes avec qui j'ai couché. C'est vrai, insista-t-il devant son sourire dubitatif. D'ailleurs je ne me souviens même plus trop de tout ça non plus. Alors que je me souviens de tout avec toi. Tout.

- D'avant mon mariage aussi ? osa-t-elle chuchoter.

Il expira bruyamment, cette question venait de lui faire un effet particulier. « Si tu parles de cette fois où…

- Ouais.

- Et cette autre fois où-

- Aussi.

- Et de celle où tu avais trop bu-

- Non. C'était toi Remus.

- C'était toi.

- Non, c'était-

- Non, regarde. Je vais t'imiter, déclara-t-il.

Remus prit appui sur le matelas afin de se redresser. Narcissa le regardait avec ce défi rieur au fond de yeux et quelque part, un peu honteux aussi.

- « Remus, mais regarde comme Pettigrew s'y prend mal » Il mima l'indignation alcoolisée de Narcissa. « On dirait vraiment que ce mec-là ne comprend pas la signification de « Ton haleine me dégoûte au plus haut point ». Ca se voit pourtant quand une fille ne veut pas t'embrasser. En plus, il s'agit quand même de Lily, là ! »

Ils éclatèrent de rire.

- A toi, la défia ensuite Remus avec un petit mouvement de menton. Répète ce que j'ai dit ensuite.

- « C'est l'alcool, il ne s'en souviendra pas demain. Et puis, comment on peut savoir exactement quand une fille veut bien nous embrasser ? » Narcissa prononça cette dernière question avec un ton exagérément sensuel.

- N'importe quoi ! J'étais beaucoup plus innocent que ça ! gloussa-t-il. Je n'avais aucune arrière pensée !

- Mais oui, c'est ça. » Elle roula des yeux tout en sachant bien qu'il avait raison.

- Refais-le. Ca ne comptait pas.

- « Et comment on peut savoir exactement quand une fille veut bien nous embrasser » ? répéta-t-elle avec l'exact même ton que précédemment.

Remus soupira de résignation, le sourire aux lèvres.

- Maintenant, regarde bien ce qui va suivre, qu'on puisse enfin s'avouer tous les deux que même en m'inventant des intentions que je n'avais pas forcément tu étais la seule responsable, annonça-t-il.

Elle le dévorait du regard. Le fait qu'il se souvienne de tout faisait pulser son cœur horriblement vite. Il remarqua la rapidité de son souffle, eut un sourire coquin, reprit son sérieux.

- « C'est pourtant simple, Remus, lorsqu'une fille veut t'embrasser, elle le fait. C'est tout. Comme ça », répéta-t-il avant de s'approcher dangereusement de son visage.

Il l'embrassa, lentement. Les paupières de Narcissa s'étaient closes de plaisir, il le remarqua lorsqu'il se détacha d'elle.

- Et après, tu as éclaté de rire, continua-t-il. Mais ça ne m'a pas fait rire, et ça ne me fait toujours pas rire aujourd'hui.

- C'est un reproche ? » Elle plissa les yeux.

- C'est totalement un reproche.

Il rompit le contact visuel et s'allongea sur le dos.

- Non, tu boudes ? s'exclama-t-elle en le voyant faire. Tu m'en veux pour quelque chose qui est arrivé il y a une dizaine d'années ?

Elle riait. Les joues de Remus remontaient aussi malgré cet air boudeur qu'il tentait de préserver.

- Est-ce que te moquer de moi est ta façon de te faire pardonner ? demanda-t-il sévèrement.

- Ok, Remus, il fallait que je rigole, c'était une nécessité d'Etat. Sinon tu aurais peut-être pensé que je t'avais embrassé parce que tu étais à mes yeux le plus bel homme de la soirée… ce que tu étais effectivement… et non pour juste faire une blague.

Il fut obligé de la regarder parce qu'elle posa la tête sur son torse.

- Ta petite blague m'a beaucoup travaillé. J'étais pas juste attiré, mais déjà… fou de toi, laissa-t-il échapper.

- Vraiment ?

Elle avait relevé la tête pour remonter son pull, tout en le fixant droit dans les yeux. Il était hypnotisé. Elle tira le T-shirt qui était encore coincé dans son pantalon afin de découvrir le bas-ventre de Remus, qui prit une grande bouffée d'air lorsqu'elle y fit glisser la pulpe de ses doigts. Elle repoussa encore le vêtement et son sourire fit place à de la concentration, se penchant avec une terrible lenteur pour venir presser ses lèvres brûlantes déjà sur ce torse qu'elle découvrait au fur et à mesure que ces baisers remontaient. Les souffles agités de Remus, de la musique à ses oreilles, une invitation à mettre tout son cœur à l'ouvrage. A un certain stade, elle s'arrêta pour qu'il puisse retirer son pull et son T-shirt, avec une hâte qu'il ne maîtrisait pas trop. Elle s'attarda ensuite sur ces pectoraux griffés, avec ses mains, sa bouche, puis tout cela à la fois après qu'elle se soit installée à califourchon sur lui et qu'il ait commenté ce geste pas un « Tu veux me tuer » tiraillé entre la volupté et le désir.

Et puis elle arriva à son cou, sentant en même temps les mains de Remus se poser sur sa taille pour y descendre avec lascivité. Un gémissement étouffé lui échappa lorsqu'elle sentit ces mêmes mains remonter et frôler sa poitrine.

- Tu es trop… » Cela semblait être la justifications à ces caresses soudaines.

- Trop quoi ?

Elle venait de prendre ce ton qui voulait faire croire qu'elle avait interprété ça comme une critique à venir. Remus eut ce sourire charmant, partagé entre l'ironie et le désespoir.

Elle passa un doigt sur ces lèvres qui semblaient l'appeler avant d'y succomber plutôt violemment. Le baiser qui suivit fut lancé par cette impulsion de départ, cette passion pure qui fit se redresser Remus pendant que leurs langues se goûtaient délicieusement. Narcissa se retrouva donc assise sur son érection qui grandissait. La bouche de Remus s'ouvrit sous le choc, un gémissement en sortit. Avant qu'il ne se reprenne, se détache de ses lèvres et constate les paupières closes de Narcissa.

- Je te sens…

- C'est trop ? réussit-il à articuler.

Elle rouvrit des yeux baignés de désir et Remus comprit que c'était trop dans le bon sens du terme. Il attendit avec une patience presque sacrée que les lèvres de Narcissa rejoignent à nouveau les siennes, savourant leurs corps en contact. Il s'embrassèrent à nouveau.

- Narcissa, fais moi confiance, j'ai la solution.

Remus venait de tout arrêter pour articuler cette phrase entrecoupée par sa respiration hachée.

- Ah oui ? répondit-elle distraitement sans savoir de quoi il voulait parler, plutôt occupée à se rasseoir, ce qui les fit haleter tous les deux.

- Lève toi, fit-il, les paupières mi-closes.

- Pourquoi ?

Sa voix sonnait déçue.

- Fais moi… confiance.

Elle s'exécuta.

Il la prit par les épaules et l'allongea sur le matelas, avant de l'embrasser une nouvelle fois, puis de descendre dans son cou, et de descendre jusqu'à ses seins qu'il pressait à travers le tissu avec hâte.

- Remus…

Cela ressemblait à un encouragement. A un moment, il désirait tellement fort ne pas avoir à déboutonner la chemisier de Narcissa que celui disparut sous ses doigts. C'était sa magie. D'ailleurs, d'un point de vue plus général, c'était tout le corps de Narcissa qui était nu. Seule sa culotte lui était restée.

- Pas fait exprès… murmura-t-il, complètement hébété par l'improbable de sa magie lui échappant et la beauté foudroyante de ce corps qu'il avait dévêtu par erreur. « Ca ne m'était jamais arrivé »

Narcissa, d'abord aussi surprise que lui, vit ensuite sa confusion et eut un rire si chaud que Remus en perdit complètement la tête.

- Mais bon, maintenant que c'est fait… ajouta-t-il alors.

Narcissa riait toujours, mais ce rire fut vite coupé par les lèvres de Remus qui regagnaient timidement son corps. Elle frissonnait sous ses gestes complètement avides d'elle qui prenaient de plus en plus d'assurance. Remus savait de toute évidence où il allait, elle semblait s'en rendre compte. Il descendait, descendait. S'installa entre ses jambes, qu'elle écarta encore, tandis qu'il continuait sa course, sa descente vers la délivrance que Narcissa désirait. A travers son sous-vêtement, il déposa un délicat baiser et un souffle tremblant.

- Tu aimes ? chuchota-t-il.

Il remonta les yeux vers elle, elle tenait fermement les draps dans ses poings serrés, ses paupières étaient closes et sa tête penchée.

- Ou-oui.

Elle venait de relâcher tout l'air qu'elle retenait.

- Mmh, moi aussi, commenta-t-il avec un petit sourire.

Ses paumes recommencèrent à caresser ses cuisses et il descendit doucement sa culotte en couvrant de baiser chaque parcelle de son corps qu'il découvrait. Après un râle plus plaintif que les autres se fit comprendre, il porta ses lèvres jusqu'à son clitoris qu'il embrassa délicatement. Elle haletait. Il recommença. Sa langue la goûta, elle gémissait cette fois, il crut même entendre son nom accompagné d'un amas inintelligible de mots. De ses lèvres s'appliquait à transparaître tout son amour. Les poings de Narcissa se fermaient et s'ouvraient à répétition, sa respiration toujours plus rapide, jusqu'à un ce que ce gémissement délicieux sorte de ses lèvres. Remus s'y abandonna, avant de poser sa joue contre une des cuisses de Narcissa, bluffé par la jouissance toujours peinte sur son visage.

- Tu me fais tellement plaisir, murmura-t-il avec un petit sourire rêveur.

x

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Le lendemain

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x

- PAPA !

Tout ce que Remus pouvait voir était un petit garçon aux cheveux d'un azur pétant lancé dans sa direction comme un projectile de haut calibre. Il eut peur un instant que la collision ne les désagrège tous deux, mais il réussit à amortir le choc en chopant Teddy en plein vol, sous les aisselles, et en tournant sur lui-même avant de le serrer dans ses bras, un sourire énorme remonté jusqu'aux oreilles.

- Tu as tellement grandi ! rit-il tendrement.

- Tu es là ! Tu es là ! Tu es revenu !

- Teddy ! Tes cheveux, bon sang !

Nymphadora arrivait derrière, réprimandant son fils.

- Il me fait ce coup depuis ce matin, se plaignit-elle avec un amusement palpable malgré tout. On a croisé sa maîtresse dans la rue et j'ai du lui dire que je l'avais emmené chez le coiffeur ! Pour pouvoir expliquer… ça, fit-elle en allant décoiffer gentiment la chevelure bleue de son fils.

Remus gloussa en voyant l'air renfrogné de Teddy, qu'il portait toujours dans ses bras.

- Mais maman c'est joli le bleu ! J'aime le bleu, moi ! J'aime toutes les couleurs !

Elle secoua la tête avec résignation.

- Explique donc ça à Remus. Je suis sûre qu'il pense la même chose que moi.

Nymphadora regardait Remus avec un regard suppliant. Il ne se prononça pas pour autant.

- Je fais un petit tour avec Teddy et je reviens, d'accord ? proposa-t-il.

- Elle est toujours ici ?

Nymphadora avait ce regard entendu.

- Qui ? Qui est là ? s'exclama aussitôt Teddy qui donnait des petites tapes sur les épaules de Remus pour avoir son attention.

Il se pencha pour lui chuchoter à l'oreille "Mon amoureuse"

Cette nouvelle semblait mettre Teddy en joie car il s'écria aussitôt : "HOURRA !" et le loup-garou peina vraiment à ne pas éclater de rire.

- Oui, fit enfin Remus en se tournant vers Nymphadora. Mais elle est occupée, il vaut peut-être mieux ne pas la déranger.

- Ce n'est pas ce que j'allais faire... se défendit mollement Nymphadora.

- Allez ! Salut maman ! Nous, on y va !

Teddy avait parlé.

- Tu veux peut-être que je te repose ? lui demanda Remus.

- Non, non ! J'adore être tout en haut !

Ils s'éloignèrent après un dernier signe de main à Nymphadora.

- Papa..." Teddy semblait soudain très abattu. "Pardon ! Papa, j'ai jamais réussi à répondre à tes lettres !

- Mais c'est normal mon grand. C'est très compliqué d'envoyer des vocaux lorsque personne ne nous a jamais expliqué comment faire, tu sais ? Ta maman ne s'est jamais rendue compte de rien ?

- Jamais ! répondit fièrement. J'ai tout caché ! Et j'ai fait comme tu as dit. J'ai essayé de ne montrer la magie à personne !... Sauf ce matin » Il cacha sa bouche avec ses deux mains, euphorique. « Ce matin, mes cheveux m'ont obéit, pour la première fois ! Je voulais qu'ils soient bleus, et ils m'ont écouté ! D'habitude ça me surprend toujours, ça fait n'importe quoi, surtout devant mon autre père. Mais là ! Alors je me suis dis que comme c'est toi que j'allais voir, c'est pas grave si je les laisse bleus ! Regarde, c'est super » Il crispa fortement le visage et ses cheveux devinrent verts. Il rit de contentement en voyant le petit sourire fier de Remus.

- Ca te va très bien. Tu es certainement un métamorphomage, Teddy. C'est un don très rare que très peu de sorciers ont. Moi, je ne peux pas changer de couleur de cheveux, par exemple.

- Quoi ? demanda-t-il, complètement abattu. Tu ne peux pas faire ça ? Ca veut dire que je suis vraiment bizarre ?

Teddy semblait au bord des larmes, tout à coup.

- Qui t'a dit ça ?

- Mes copains. Je sais qu'ils n'aimeraient sûrement pas ça, fit-il en pointant du doigt ses cheveux.

- Ne les écoute pas. C'est sûr, tu es spécial, mais tu n'es pas bizarre.

- C'est vrai ?

- Bien sûr Teddy.

- Hourra, chuchota-t-il plus calmement en posant la joue sur l'épaule de Remus.

Ils ignorèrent le regard curieux d'un passant.

- Tu sais, je t'avais parlé une fois de cet endroit où-

- Où tu es professeur de magie ! Oui ! Trop cool !

- … C'est une école qui s'appelle Poudlard. Je ne t'en avais pas encore parlé avant de partir, il y a deux ans, parce que-

- Tu m'as beaucoup manqué papa.

Remus oublia ce qu'il voulait dire initialement.

- Teddy, tu sais bien que je ne suis pas ton vrai père, hein ?

Des yeux indignés rencontrèrent les siens. « Mais si ! Tu es mon papa magique !

- Et Tom alors ? c'est ton papa… « normal » ?

- Oui ! C'est ça, je savais que tu finirais pas comprendre ! » Un grand sourire édenté et encourageant apparut sur son visage rond. « Tu sais, j'étais trop triste quand tu es parti. Mais comme je suis le seul à qui tu l'as dit et à qui tu envoyais des lettres pleines de magie, j'étais quand même content.

Remus l'embrassa sur le front. « On va se voir plus souvent maintenant, d'accord ?

- Quand est-ce que tu m'emmènes là-bas ? s'écria Teddy avec une joie débordante, avant qu'il ne plaque ses deux mains sur sa bouche en se rendant compte qu'il avait parlé trop fort.

- Tu veux venir pendant ces vacances ? Si ta maman est d'accord, bien sûr, ajouta-t-il par prudence.

xx

- Mais pourquoi cette boîte ne marche pas ?

- Non, pas comme ça. » Nymphadora roula des yeux. « Il faut appuyer sur ce bouton-là.

Narcissa appuya avec force sur la télécommande et la télé s'alluma.

- Pas mal, commenta-t-elle les yeux plissés au maximum. Mais qu'il n'y ait pas de magie là-dedans, je ne peux pas le croire.

- C'est seulement de la ferraille. Tout s'explique rationnellement.

- Ah oui ? » Narcissa se tourna vers la moldue avec un air de pur défi. « Eh bien vas-y, explique moi ça ! Comment ça se fait que les images bougent à l'écran ? Tu trouves ça normal toi peut-être ?

- Sans déconner, tu n'as jamais vu de télé avant ?

Nymphadora secouait négativement la tête, mimant l'exaspération la plus totale.

- Vous, les moldus, vous êtes beaucoup trop crédules. On peut vous faire gober n'importe quoi. Ce truc est évidemment ensorcelé ! Si tu ne peux pas expliquer comment ça marche, tu ne devrais pas croire que quelqu'un d'autre que toi le sais ! C'est la base !

- Non mais Narcissa, il y a des gens qui sont chargés de créer et produire des télés, tu sais ? Et je n'en fais pas partie. Chacun son truc, je me fous de savoir comment ça marche. Je ne suis pas ingénieure, je travaille dans la banque.

- Hein ? » La sorcière se tourna vivement vers elle. « Remus m'a dit que tu étais une prostituée.

Elle eut un sourire ironique. « Pas possible… vous avez déduit de ma tenue que je travaillais toujours dans la rue ? Eh bien non. Je suis juste sortie de chez moi dans la précipitation, sans me couvrir, parce que je vous ai vus par la fenêtre. Je m'habille toujours comme ça. » Elle haussa les épaules. « Depuis que le père de Teddy est revenu, on peut payer le loyer. Et j'ai repris les études, et voilà. J'ai plus besoin de faire ça.

- Fantastique.

Nymphadora eut du mal à démêler quelle était la part d'ironie dans cette réponse.

- Et toi, tu fais quoi dans la vie ?

Narcissa la regarda et cligna plusieurs fois des yeux. Est-ce qu'elle était en train d'essayer de faire connaissance ?

- Je… divorce ? proposa-t-elle.

- Ah oui ? » La moldue avait l'air intéressée. « Tu étais déjà mariée avant Remus ?

- Tu crois que je vais raconter ma vie à une étrangère ? ricana légèrement Narcissa.

Nymphadora vint s'asseoir à côté d'elle, l'air soudainement très grave.

- Justement, Narcissa, il faut que vous dise… enfin, est-ce que je peux vous tutoyer ?

- …C'est ce que tu fais depuis avant.

- Autant pour moi. Donc, Narcissa, je dois te dire qu'il est bien possible que nous ayons à nous revoir souvent à l'avenir… » Elle soupira, au bord du désespoir.

- Cache ta joie.

- Ce n'est pas ça. C'est que… le père de Teddy a beaucoup de mal avec le fait que son fils soit un magicien, tu comprends ? J'ai de lui expliquer, hier, mais j'ai l'impression qu'il a peur de Teddy.

- Ton compagnon est un imbécile. Et donc ?

- J'ai besoin de vous deux. Il va me falloir que je trouve quelqu'un pour garder Teddy, histoire que j'aie une vraie discussion avec mon compagnon et que les choses ne s'enveniment pas entre Teddy et son père. Le temps qu'on trouve une solution. Je ne peux pas quand Teddy est dans le coin, cet enfant écoute tout ce qu'on dit.

- … Tu nous demandes d'être tes baby-sitter ?

- Oh, pas toi, Remus surtout. Mais je sais qu'il ne dira pas non. Si je te le dis à toi, c'est simplement pour te prévenir, parce que si je comprends bien, tu vis avec lui. C'est par politesse.

Le regard de Narcissa se fit très vide tout à coup.

- Merlin tout puissant.