Coucou tout le monde! alors me revoilà avec one new big chapter, en espérant qu'il vous plaira. Il est long, il se passe pas mal de choses et très SURPRENANTES pour le moins. Je me suis surprise moi même je dois dire X'). J'ai remarqué une légère baisse des reviews, ça doit être normal et je suppose que vous commencez à vous lassez de l'attente et tout. J'essayerai d'être plus présente, je le promets ! ^^
Quelques petites réponses ! "Après tout ce qui lui arrive, je suppose que ça laissera des marques sur Harold même après être rentré chez lui." ça, je te le fais pas dire. J'aime beaucoup le coté dark de ma fiction, et je ne compte pas laisser tranquille Harold d'aussi tôt ! :P après, vous verrez par la suite ce que je réserve. "J'ai remarqué que le début de ce chapitre et le même que celui du 7eme (pfiou ça date tout ça)Un clin d'œil ?" Oui ! J'ai repris le même début, tout simplement pour faire comprendre que 20 chapitres après sa venue, ça n'a pas changé, qu'il est encore là et que sa vie n'a plus beaucoup d'intérêt après tout ce temps. "Je sens que même si Lissa l'a délivré, il y aura un piège." Réponse, maintenant ! :D
Ah! et dernière petite chose. Ce chapitre pourrait être classé en Rated M, alors je préviens pour (si il en a) les jeunes lecteurs. Même si toute l'histoire a été un peu.. spéciale. Bonne lecture !
/!\ Rated T (noté M pour celui là) pour violence et scènes sensibles.
LIEN INTERDIT
Chapitre XXIII
Lissa lançait un rapide regard à Harold, qui tentait de tenir debout malgré ses vives douleur dans son dos et ses jambes. Il prit une grande inspiration, et serrait les dents en se tenant à la porte de la cellule après avoir traversé la Frontière.
- Est-ce que ça va ?, demandait l'adolescente à voix basse
- Oui. Oui ça va, ne perdons pas de temps.
Il lui sourit maladroitement, sentant encore les blessures qu'avaient provoqué le fouet sur son dos, et Lissa hochait la tête en poussant un soupir.
- Ok. Dépêchons nous dans ce cas.
Elle lui tendit la main, et Harold la fixait avant de la prendre. Il remit d'un revers de main sa capuche sur sa tête, et ils se dirigèrent vers la porte de l'arène. Ce moment de stress et de peur qu'eut Harold à ce moment, il avait l'impression de l'avoir déjà vécu. C'était il y a seulement quelques jours, où il croyait bêtement qu'il réussirait à sortir de cet enfer.
Mais désormais, ce n'était pas la même chose. Une différence lui a peut-être coûté la liberté: Cette fois-ci, il n'était pas seul.
Lissa ouvrit l'immense porte en acier, et regardait alors des deux cotés avec prudence. Elle prit une inspiration, et faisait signe à Harold de la suivre, elle se dirigeait vers la droite du couloir. L'adolescent derrière fixait un instant la gauche, vers où il était allé pour sortir d'ici, et il lançait alors un regard inquisiteur à la rousse.
- On va pas vers la gauche ?, demandait-il
- Non, répondit-elle en se tournant vers lui, tu es sorti par la porte principale. Niveau prudence, t'étais pas très bon. Pour être plus discret, on va sortir par les Oubliettes ce qui nous conduira vers la plage arrière. Un bateau t'y attendra.
Il hochait la tête, mais la dernière phrase l'interpellait assez.
- Un bateau m'y attendra ? … des personnes sont avec toi ?
Elle lui sourit doucement, et son cœur s'envolait à cet instant.
- Un Traître, Isak, est de mon côté. Il dit que tu ne mérites pas ce qu'il t'arrive, et qu'Alvin devrait trouver une autre solution pour obtenir des informations que par torturer un adolescent.
Il baissait un instant les yeux, et Harold se souvint. Ça devait sûrement être le Traître qui l'avait emprisonné après sa fuite. Celui qui lui avait dit.. qu'il ne souhaitait ce qu'il lui arrivait, à personne. Alors des Traîtres pouvaient changer ? Harold réfléchit un instant, et se dit que peut-être Lissa ne s'en était pas rendu compte, mais il était peut-être là le jour où sa vie changerait, et que tout le monde comprendrait enfin.
Le brun finit par hocher la tête, et serrant la main de l'adolescente dans la sienne, il suivit la jeune fille qui repartie alors devant lui. Les couloirs lui semblaient infini et sans fin, toujours illuminés par les mêmes torches verdâtres, dans les mêmes recoins, les briques se ressemblaient toutes, le sol n'en finissait plus, c'était une vraie torture de traverser ce long tunnel. Il avait l'impression de se perdre dans le noir, et en sentant l'obscurité lui voiler le regard, il resserrait son emprise sur la main chaude de la jeune fille.
Ce contact ne le laissait pas indifférent, et c'était la seule chose sur laquelle il s'accrochait pour ne pas se perdre, pour ne pas la perdre. Lissa s'arrêtait enfin quand ce fut la fin du couloir, et elle tournait la tête des deux côtés avant de tourner directement à gauche. Contrairement à Harold, elle savait pertinemment où elle allait, et c'était beaucoup plus efficace. À la fin de ce couloir, elle regardait de chaque côté, et entendit des voix venir d'un côté.
- Ne fais pas de bruit..
Ils regardèrent du même côté, voyant de la lumière s'approcher, et Harold sentait son cœur ralentir et sa respiration se couper. Pas maintenant, tout sauf maintenant. Si ils les voyaient, c'était déjà foutu. Harold refusait d'y croire à nouveau pour rien, ça l'anéantirait encore plus. Perdre aussi tôt, le détruirait. Il serrait fortement les dents en entendant les voix s'approcher, puis soudain, sans aucune explication, les lumières dans le couloir se stoppèrent quelques secondes, et repartirent. Harold fronçait un instant les sourcils, troublé, et tournait les yeux vers l'adolescente, qui soupirait de soulagement.
- Il s'est passé quoi là ?
- Y'a un croisement. Et heureusement, ils l'ont emprunté. Allons-y.
Elle n'attendit pas deux secondes, et continuait alors son chemin en tournant. Cette fille me surprendra toujours, se dit Harold. Elle n'a même pas eu peur, même pas hésité. Elle ne s'était pas dit qu'ils viendront, et qu'ils les verront. Non, pas un instant.
Il sera toujours aussi surpris par son audace.
Et ça, il l'a su depuis le premier jour. Il a toujours aimé son audace. La suivant de près, les choses commençaient alors à se corser. Ils entendirent plus de bruit, des voix s'entendaient à travers les murs, des lumières commençaient à se faire percevoir. Harold se sentait de moins en moins bien, et il dut calmer les forts battements de son cœur, et ralentir sa forte respiration. Sa main dans la sienne, c'était bien la seule chose qui pouvait le rassurer.
Il gardait l'adolescente, et soupirait. Il ne comprenait plus. Elle se sacrifiait encore une fois pour lui, elle risquait peut-être sa vie en aidant son évasion, elle mettait une nouvelle fois tout en jeu. Et si les Traîtres apprenaient qu'elle l'aidait, que lui arrivera-t-il ? Ça le mettait hors d'esprit, il ne comprenait pas sa réaction ni pourquoi, elle était tout simplement revenue après ce qu'il avait fait.
Ils continuèrent d'avancer dans le couloir, et Harold prit la parole.
- Lissa, je.. je voulais te dire.. Merci.
L'adolescente devant continuait de marcher, écoutant alors ce qu'il disait.
- Merci. Pour.. tout ce que tu fais.
- Tu n'as pas à me remercier.
- Si au contraire.
Il s'arrêtait, et Lissa soupirait devant avant de se tourner vers lui.
- Harold, c'est franchement pas le moment de..
- Merci pour être revenue. J'ai cru que tu ne reviendrais pas, que tu me laisserais comme moi j'ai osé le faire. Et tu ne m'as pas laissé seul, tu es quand même venu m'aider à nouveau, comme tu l'as toujours fais. Tu ne m'as pas laissé tomber, jamais personne n'aurait fait ça pour un ennemi tout simplement égoïste.
- Tu n'es pas égoïste, dit-elle, tu voulais simplement ta liberté.
- Mais je t'ai laissé dernière moi sans m'en soucier.
Lissa le regardait, et soupirait durement. Harold la fixait dans les yeux, et secouait la tête en lui lançant un regard inquisiteur.
- Je veux savoir, j'ai.. besoin de savoir, lui dit-il,... pourquoi tu es revenue ?
Elle prit une inspiration, mais ne sut répondre. Le regardant dans le blanc des yeux, elle soupirait en se pinçant les lèvres.
- Tu sais bien pourquoi, murmurait-elle
Il la fixait, et se rappelait de ce qu'elle lui avait dit dans sa cellule. « Je me demande même comment j'ai pu croire que toi aussi tu partageais les mêmes sentiments que moi. »
Elle l'aimait.
- J'étais.. en colère, dit-elle alors, En colère contre moi-même. J'essayais de te détester, de te mépriser, mais je n'y arrivais pas. J'ai beau avoir tenté, j'ai jamais réussi, fit-elle en secouant la tête, pour moi t'es un héros, Harold.
Son cœur s'accélérait, et elle s'approchait un peu plus de lui tout le fixant, murmurant une nouvelle fois.
- Et tu resteras à jamais mon héros.
Il la regardait un instant, puis sourit doucement. Les cœurs des deux adolescents battaient un peu plus vite dans leur poitrine, et ils sentirent leur estomac chauffer. Lissa sentit sa respiration batifoler quand elle réalisait que son visage était plus proche du sien qu'elle ne le pensait en réalité. Elle lançait parfois quelques regards à ses lèvres, et elle tentait alors de combattre cette irrésistible envie qu'était de vouloir les goutter.
Non. Tu te ferais du mal, se dit-elle.
Alors pourquoi leur visage semblaient se rapprocher de plus en plus à chaque seconde ?
Bientôt ce ne fut que quelques centimètres qui les séparaient, et ils commencèrent à plisser leurs yeux pour les fermer, les lèvres s'effleurant presque.
- Oui, il est resté là-bas...
Lissa se stoppait dans ses mouvements, et ses yeux se bloquèrent sur ce qu'il y avait à l'arrière d'Harold. Des lumières de torches enflammées arrivaient dans le couloir, et elle put apercevoir alors des ombres qui s'avançaient.
- Cours.
Elle se retournait aussitôt, et courut. Harold restait un instant bloqué dans sa position mi- avancée, balançant un « quoi ? » en l'air, et se tournait pour apercevoir à son tour les lumières. Il écarquillait les yeux, et son souffle se coupant, courut derrière Lissa. Il essayait de ne pas faire résonner ses bruits de pas lorsqu'il courait, ce qui était assez dur avec le cliquetis de fer que provoquait sa jambe amputée. Il était concentré sur sa course, alors que Lissa osait jeter un regard en arrière pour s'assurer si les Traîtres les avaient repéré ou non.
À la fin du couloir, ils se planquèrent aussitôt contre le mur d'un nouveau carrefour, l'adolescente attrapant vite le bras du jeune homme qui continuait de foncer pour le cacher à ses côtés. Ils tentèrent de faire ralentir leur respiration folle, et se tendirent quand les lumières des torches s'approchèrent de là où ils se trouvaient.
- Ah ! Cette vanne était pourrie, j'te l'assure.
- C'est Hork qui me l'a raconté, c'est pas rien.
- Boh. Ça va.
- Hey ! Tout de suite quand c'est lui, c'est plus drôle !
Les deux hommes s'avancèrent, et passèrent tout droit dans le carrefour, passant devant les deux adolescents qui ne respiraient quasiment plus contre le mur. Ils partirent tout droit, et bientôt, les lumières ne furent plus que de faibles lueurs. Lissa poussait un long soupir de soulagement, et ne perdant pas de temps, tournait vers la droite.
- Continuons, il faut éviter de ralentir.
Harold hochait la tête avec vitesse. Reprenant son souffle, il décidait alors de la suivre à nouveau, un peu plus sur ses gardes qu'il y a quelques minutes, oubliant presque ce qu'il venait de se passer. Ok, calme-toi, c'était rien, se dit-il en permanence. Ils devaient désormais être au cœur même du labyrinthe qu'était le grand manoir de l'île, et le stress montait de plus en plus. Ça se sentait. Ils frôlèrent un peu plus les murs, et leurs pas ralentirent légèrement. La luminosité était un peu plus présente, et ils entendirent un peu plus de voix étouffées contre les murs.
Le brun regardait sur le coté, de façon à voir ce qui se passait devant Lissa, et aperçut qu'ils allaient vers un autre carrefour. Cet endroit était atrocement grand, et rien ne pouvait l'aider à se repérer. Lissa lançait un regard vers Harold en arrière, et celui-ci écarquillait les yeux en voyant la vive lumière d'une pièce qui se reflétait au sol et sur le mur d'en face, la porte ouverte.
- Je pense qu'on va faire un détour à-
L'adolescent l'attrapait aussitôt par le bras, et l'attirait contre elle en plaquant une main contre sa bouche quand un homme sortit de la pièce en question. Elle étouffait ses cris contre sa main, et fixait avec peur le Traître qui partit tranquillement devant lui sans les remarquer.
Il s'en était fallut de peu.
La menace loin, Lissa restait dans les bras d'Harold, et celui-ci enlevait sa main de sa bouche, regardant toujours face à lui avec le cœur qui battait à mille à l'heure par la peur d'être soudainement surpris. La rousse ravalait sa salive, et levait les yeux vers le jeune homme en hochant la tête, le regardant de haut en bas.
- Merci.
Il lui sourit pour réponse. Elle finit par se détacher de lui, et reprit ses esprits en se concentrant de nouveau sur son chemin. Ils longèrent encore quelques couloirs, prêtant attention à chaque fait et geste, et ils arrivèrent bientôt devant une porte en bois. Lissa l'entre-ouvrit, lançant un regard à l'intérieur, et fit un signe à Harold de la suivre. Il ne réfléchit pas une seconde de plus, et rentrait aussi.
Lissa fermait, et elle poussait un soupir de soulagement en augmentant la luminosité dans les lampes. Harold regardait l'endroit, et fronçait légèrement les sourcils en ne comprenant pas bien ce qu'ils faisaient ici. Il y avait de longues rangées de placards, des casseroles et des plats accrochés en hauteur, avec un îlot central dans la pièce. Ils se trouvaient dans la cuisine, et il y avait seulement une deuxième porte de sortie à côté. La rousse enlevait sa capuche sur sa tête, plus à l'aise, et se dirigeait vers les placards en lançant un regard à l'adolescent.
- Petite pause. Reprends un peu de force pour la suite, t'en auras besoin.
Harold enlevait sa capuche aussi, et regardait l'endroit tandis que Lissa cherchait un petit quelque chose de rapide à se mettre sous la dent. Elle finit par attraper un morceau de pain, et le lançait au brun, celui-ci l'attrapant de justesse.
- On devrait être tranquille ici pour un petit moment, fit-elle en se tournant vers lui, ce n'est qu'une question de temps.
- Tout n'est qu'une question de temps, répondit Harold en gardant les yeux baissés, la torture, l'attente, les informations, l'évasion, tout est compter, tout n'est qu'un compte à rebours. Même le futur peut être décisif, et attend seulement le bon moment pour surgir.
Elle le fixait attentivement, s'appuyant sur la table au centre de la pièce, et lui commençait à manger la nourriture qu'il tenait dans ses mains.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Tu sais de quoi je parle, dit-il alors, j'suis comme toi, moi aussi je suis l'héritier du chef. Et on sait tous les deux ce qui arrivera un jour ou un autre.
- La succession, dit-elle alors avec horreur
Il hochait la tête pour acquiescement. Harold la regardait, et se mordit la lèvre inférieure.
- Toi aussi tu en as peur ?
- C'est sûrement une de mes plus grandes angoisses, avoua-t-elle en détournant les yeux
- Je comprends.
Elle soupirait. Après un instant de silence, elle tournait la tête vers Harold, le fixant dans les yeux, et sourit doucement sans qu'il ne l'aperçoive. Elle se pinçait les lèvres, et prit une nouvelle inspiration.
- Tu sais quelle est la première chose que je ferais une fois chef des bannis ?
Le garçon tournait la tête vers elle, et attendit simplement la réponse à cette question.
- Je mettrais fin à cette guerre qui nous sépare, Harold.
Il la regardait, et en fixant ses yeux cyan qu'il aimait tant, sourit en hochant la tête, sincère.
- Ça aurait sûrement été la première chose que j'aurais faite aussi.
Ils se sourirent.
- Mais tout n'est qu'une question de temps, dirent-il parfaitement à l'unisson
Leurs sourires s'agrandirent d'avantage. Ils restèrent un instant ainsi, se fixant sans rien dire, puis Lissa fut beaucoup trop gênée, et elle détournait le regard en se passant une main dans ses cheveux, un grand sourire sur les lèvres. Harold éclatait un rire discret, et continuait de manger son morceau de pain.
C'était assez drôle de parler de succession, d'héritage alors qu'il était encore piégé ici. Lui qui croyait que jamais il ne retournerait là-bas, aurait-il retrouvé espoir et conviction ? L'adolescente se raclait la gorge, et se redressait en poussant un long soupir.
- Dépêche-toi. Il faut qu'on reprenne la-
- Oui j'suis pas la bonniche, feignasse, tu l'auras ta lotte !
Lissa écarquillait les yeux en entendant cette voix à l'extérieur, et elle sentit son cœur fortement s'accélérer et une tâche froide se répandre dans son dos.
- Oh non..
- Quoi ?, fit Harold légèrement alarmé
- C'est Halen Gobtout. Le cuisinier.
- Dans deux minutes !
Ils entendirent des pas approcher, de plus en plus fort à chaque seconde.
- Cache-toi !, s'exclamait Lissa en allant sous la table
Harold n'attendit pas plus, et vint avec elle sous la table, en espérant que ce cuisinier sera assez grand et bête pour ne pas les remarquer.
Une seconde.
Puis la porte s'ouvrit en un claquement sourd et soudain. Les deux adolescents retinrent leurs respirations, et Halen rentrait comme un boulet, attaquant déjà les casseroles accrochées en l'air.
- Halen fait ci, fait ça, j'suis pas la fée Viviane sapristi !, dit-il avec un fort accent ressemblant fortement à celui de Gueulfor, j'vais leur donner la lotte crue, ils vont rien comprendre moi j'te l'dis !
Il prit un poisson et un couteau, et se mit face à l'îlot en travaillant dessus. Lissa et Harold en-dessous se lancèrent un regard affolé, ne sachant quoi faire à cet instant. Ils se fixèrent droit dans les yeux, ravalant leur salive en entendant les forts coups de couteau et de hachoir par-dessus. Le brun serrait les dents, ainsi que ses poings, et ses ongles courts raclaient le sol dans un petit son de grattement. Lissa prit une inspiration, les yeux écarquillés.
- Chut !
Aussitôt, les coups cessèrent sur la table. Lissa plaquait une main sur sa bouche, et Halen ne bougeait plus, le silence se poursuivant par la suite.
- Qu'est-ce que c'était que.., dit-il pour lui –même
Le malaise s'installait, et Lissa aperçut les pieds du cuisinier tourner dans tous les sens, cherchant ce qu'était ce bruit, et vint se remettre face au plan de travail. Il allait vérifier sous la table. L'adolescente se mit à réfléchir à toute vitesse, le brun face à lui paniquant légèrement en le voyant fléchir les genoux. Il fallait vite agir.
- Salut Halen !
Harold écarquillait les yeux quand Lissa sortit de sous la table, enlevant juste avant son chaperon pour passer inaperçue, et se redressait pour faire face au cuisinier, un sourire nerveux au coin des lèvres. Celui-ci la regardait les sourcils froncés, et croisait les bras.
- Lissa ? Mais qu'est-ce que tu foutais ici ?! Et planquer en plus !
- Je suis désolé, mais… j'avais un peu faim tu vois, et je savais bien que mon père n'aurait pas voulu que je me lève vu les circonstances..
Halen haussait un sourcil, et soupirait.
- Ne lui dit rien s'il te plait.. je n'aimerais pas avoir de problèmes.
- Tu te débrouilles toujours pour avoir des problèmes.
Elle fit une moue, et l'homme grognait presque en se pinçant l'arête du nez. Son cœur battait affreusement vite, et elle prit une inspiration en regardant la porte derrière lui.
- Euhm.. en venant ici, j'ai entendu dire que.. Hork te cherchait.
- Ah ? Et pourquoi ce fayot me chercherait ?
- Je.. j'en sais rien, je ne suis pas resté assez longtemps pour le savoir.
Halen grognait une nouvelle fois, abandonnant la lotte sur la table en essuyant son couteau contre son tablier sale. Lissa lui lançait un rapide sourire nerveux, et le Traître sortit de la pièce en vitesse.
C'était maintenant.
L'adolescente se penchait en dessous la table, et lui fit un signe de la main, alarmée.
- Maintenant ! Dépêche-toi !
Harold hochait la tête avec vitesse, et se relevait.
Il n'aurait pas dû.
- Y'a un truc que je ne comprends pas, Hork est allé-
Halen rouvrit la porte, et il se stoppait en voyant le Conquérant des dragons face à l'adolescente. Les deux jeunes gens eurent les yeux exorbités, le souffle coupé. Ils étaient foutus.
- Oh oh.
- COURS !
Halen se mit alors à grogner, et poussait un hurlement de rage avant de leur courir après. Il brandit son couteau, et les deux adolescents foncèrent aussitôt vers l'autre porte, Harold tentant de l'ouvrir.
Mais elle était verrouillée.
- RAAAAH !
- Harold !
Il se tournait sous l'alerte de Lissa, mais criait lorsqu'il aperçut Halen brandir son couteau de boucher dans sa direction. Il hurlait, et le brun bondit à terre, le couteau se plantant dans le bois de la porte à là où se trouvait sa tête. Halen grognait à nouveau comme un animal, tentant d'arracher son arme du bois. Harold se dirigeait en courant vers Lissa, affolé à l'extrême.
- Qu'est-ce qu'on fait ?!
- Attend ! Je.. je réfléchis !
Harold poussait un autre hurlement de terreur quand le cuisinier arrivait en un seul bond, et il plongeait sous la table alors que l'homme atterrit à plat sur l'îlot. L'adolescent rampait à terre, et redressait sa tête en essayant d'apercevoir les jambes de l'homme. Il plissait les yeux.
SHRAK
- AH !
Le couteau venait de se planter dans la table, juste devant ses yeux. Il se mit à respirer fortement, comme un asthmatique par la peur, et il tentait alors d'échapper aux lames qui manquaient de lui transpercer le crâne à chaque seconde. Il tournait la tête, une autre lame passant devant ses yeux tout en poussant un autre cri de surprise, et il ne savait plus quoi faire. Une seule faute, et il était mort sur le coup. Halen continuait de planter son couteau de boucher, ressemblant presque à un psychopathe, et au moment où il allait attaquer une nouvelle fois, il se stoppait net quand quelque chose le frappait sur la tête. Les yeux exorbités, il se retournait.
Lissa tenait toujours sa poêle en l'air, bloqué dans sa position alors que le cuisinier la fixait avec haine et rage. Et pour la première fois, en voyant son regard meurtris, Lissa avait peur d'un Traître. Il descendit de la table et s'approchait dangereusement d'elle, l'air menaçant.
- Salope. Tu nous as trahi, dit-il la voix rude
- C'est pour la bonne cause..
Il serrait les dents, et alors qu'il s'approchait d'un peu trop près, Lissa poussait un cri avant de donner un autre coup de poêle en plein dans sa figure. Elle écarquillait les yeux lorsque la poêle prit la forme de son visage, et quand elle lâchait le manche, elle restait accrochée.
- Par Odin.
- LISSA !
Elle tournait la tête vers Harold, celui-ci frappant la porte bloquée à coups d'épaule. Elle voulut dire quelque chose, mais lorsqu'elle ouvrit la bouche, Gobtout enlevait la poêle de sa figure, grognant en fixant l'adolescente. Il hurlait, et alors qu'il tendit les bras pour l'attraper, elle s'abaissait pour passer entre ses jambes, et courut en sautant par dessus la table avant de se diriger vers la porte. Il courut derrière comme une furie, et en arrivant face aux deux adolescents, Lissa poussait Harold sur le côté avec force.
- ATTENTION !
Halen fonçait, et défonçait la porte, tombant sur le sol alors que des bouts de bois volaient dans tous les sens. Étalés à terre, Harold et Lissa en profitèrent pour pouvoir passer par dessus lui, et courir le plus vite possible. La rousse tentait de se repérer, et de retrouver son chemin pour partir vers les oubliettes. Elle tournait la tête dans tous les sens, et prit un chemin dans les couloirs, tendant par la même occasion la main à Harold. Il la prit, se tenant à elle, et lançait un rapide regard en arrière en entendant Gobtout se relever et les poursuivre à nouveau.
On aurait dit un fou qui courait derrière eux, Ils tournèrent encore dans deux autres virages, et sous les cris du Traître derrière eux, Lissa aperçut au fond du couloir , sur le mur gauche, une porte fermée. C'était sa chambre. Elle sentait qu'Harold était en train de fatiguer, et elle tentait de garder le reste de force qu'il lui restait dans sa course.
- Tiens bon, on y ai presque !, lui dit-elle alors
Il hochait la tête, et Halen s'approchait de plus en plus par l'arrière. La rousse aperçut des tonneaux sur le coté, et quand ils passèrent devant, elle les fit renverser. Halen attrapait le chaperon d'Harold qui se déchirait, et avant qu'il n'ai pu faire quelque chose, glissait à cause des tonneaux. Il poussait un cri de surprise, et Lissa ouvrit la porte sur le coté. Les adolescents rentrèrent dans la chambre de justesse, et le cuisinier roulait sur les tonneaux le long du couloir tout en poussant quelques « Oh non! » en permanence.
Ils claquèrent la porte derrière eux, se plaquant contre celle-ci, et ils entendirent alors les cris de Halen qui s'éloignaient, puis un fracas. Comme si il avait soudainement cogné un mur, et que les tonneaux en bois se cassèrent dans un long bruit sourd.
Puis silence. Halen devait sûrement avoir perdu connaissance.
Bloqués dans leur position, les deux adolescents se regardèrent droit dans les yeux après avoir entendu le fracas et un silence de quelques secondes se suivit.
Puis soudain, ils explosèrent de rire.
Le soulagement et l'amusement qu'ils ressentirent à cet instant furent intenses. Ils esclaffèrent, poussant de longs soupirs amusés et bientôt l'euphorie s'estompait petit à petit. Leurs rires cessèrent, et ils se regardèrent droit dans les yeux, tout rictus n'apparaissant sur leurs lèvres.
Ils ne cessèrent de scruter chaque détail de leur regard, et ils sentirent leurs cœurs battre la chamade. Ils ne savaient plus où se donner de la tête. Lissa finit par reprendre ses esprits, et détournait le regard en reprenant une inspiration. Harold, lui, ne cessait de la fixer.
- Hum... Je crois.. Je crois que c'est bon. On devrait repar-
Harold s'avançait de deux pas, et plaquait ses lèvres contre les siennes.
Lissa gardait les yeux ouverts, son cœur se stoppant dans sa poitrine, et Harold se séparait aussitôt d'elle après l'avoir embrassé, reculant d'un pas. Il prit un instant peur.
Parce que il y avait des règles.
Il n'avait pas le droit d'embrasser, c'était toujours Astrid qui le faisait, lui n'avait pas le droit. Un baiser sur le front, c'était un genou dans le fémur. Un baiser sur la joue, c'était un coup dans l'épaule. Et un baiser simple sur les lèvres, un poing dans le ventre.
Les règles étaient-elles les mêmes ici ?
Il se pinçait les lèvres, et était effrayé de sa réaction à ce qu'il venait de faire. Après s'être séparé d'elle, Lissa le fixait comme si elle était bloquée, paralysée. Elle n'arrivait quasiment plus à respirer. Elle avait sentit son cœur exploser, et son cerveau se déconnecter quand ses lèvres avaient rencontrées les siennes. Mais elle avait ressentit autre chose aussi, un début d'un quelque chose. Reprenant son souffle, elle fixait l'adolescent dans les yeux sans dire un mot, et s'avançait d'un léger pas en avant vers lui. Harold ravalait sa salive, sentant son pouls s'accélérer quand la peur d'avoir enfreint le code montait en lui, mais fut légèrement calmé en fixant ses yeux cyan, scrutant chaque nuance dans son regard.
Elle se trouvait tout près de lui, et elle ne cessait de lancer des regards à la fois vers ses yeux émeraudes, et à la fois vers ses lèvres. Cette envie qu'elle ressentit une nouvelle fois était intense et irrésistible. Elle n'arrivait pas à la contenir d'avantage. Lissa laissait son visage s'approcher doucement du sien, ses yeux se fermant, et leurs lèvres se rencontrèrent à nouveau. Harold fermait les yeux à son tour, sentant son cœur se chauffer en ce simple contact. Car contrairement à Astrid, Lissa ne lui donnait pas qu'un simple baiser sans valeur, là ça en était un vrai, un vrai baiser d'amour. Et tous les deux le surent aussitôt lorsqu'ils la ressentirent enfin.
La magie.
Ils sentaient des papillons s'envoler dans leur estomac, leur cœur partir dans leur abdomen, un frisson les parcourir de la nuque jusqu'en bas du dos, leurs jambes tremblaient, une chaleur venant de nul part augmentant en eux, ils entendirent des battements, les violons, ils sentirent chaque parcelle de leurs lèvres l'une contre l'autre. Ils ressentirent tellement de choses, que ce fut une explosion de sentiments.
La magie était tellement unique et merveilleuse.
Leurs lèvres se séparèrent un instant, puis se collèrent à nouveau dans un baiser plus intense. Lissa sentait un nœud se nouer dans son ventre, et elle enroulait doucement ses bras autour de sa nuque en l'attirant un peu plus contre elle, Harold laissant parcourir ses mains sur ses hanches avant de la prendre par la taille. C'était la première fois qu'il faisait ça, enfin il était autorisé à faire ce que toutes personnes amoureuses pouvaient faire.
Leurs étreintes étaient de plus en plus fougueuses, et Lissa laissait une main s'entremêler dans ses cheveux bruns quand Harold devenait plus intense et vigoureux dans ses baisers. Elle se mit alors à reculer en arrière, tirant sur la tunique d'Harold pour l'attirer à elle. Celui-ci semblait sourire dans son baiser, amusé, et reculait avec elle sans se soucier de ce qui pouvait y avoir derrière.
Arrête, hurlait une voix dans leur tête à tous les deux, tu n'as pas le droit de faire ça.
Mais ils continuaient, et firent taire cette voix en continuant de s'embrasser. Car à cet instant, ce moment qu'ils partageaient ensemble, ce moment rien qu'à eux, ils se foutaient de tout. D'absolument tout.
Ils se foutaient de leurs différences. Ils se foutaient de ce qui les séparaient, de leur peuple en guerre, ils se foutaient de ce que pourrait dire leur père, de ce que penseraient les personnes si ils les voyaient, ils se foutaient du fait qu'ils n'étaient pas censé faire ça, qu'ils n'avaient pas le droit.
Ils se foutaient de tout.
Parce qu'ils s'aimaient.
Lissa continuait de reculer, ressentant la magie un peu plus fort à chaque seconde. Puis soudain elle ouvrit ses yeux et poussait un hoquet de surprise quand ses pieds heurtèrent quelque chose et qu'elle tombait en arrière. Elle atterrit directement en plein dans son lit, les poignets de chaque coté de sa tête, et en ayant entraîné Harold dans sa chute, il se trouvait ensuite juste au dessus d'elle.
Ils se regardèrent droit dans les yeux, bleu dans vert, océan dans jardin. Ils auraient pu reprendre leurs esprits, se dire que c'était de la folie, qu'ils en souffriraient. Mais la magie.. était tellement forte. Harold s'approchait de nouveau vers elle, et collait son front contre le sien avant de l'embrasser à nouveau. Pour une fois qu'il en avait l'occasion. Leurs corps chauffaient, l'un contre l'autre, et Lissa passait une main sur sa nuque en sentant des ondes électriques parcourir ses jambes et son dos. Leurs langues dansaient, leurs salives se mélangeaient, et ils sentirent une envie nouvelle.
Cette envie de se donner à l'autre.
Car pour Lissa c'était déjà certain, elle voulait appartenir à Harold, pour le meilleur et le pire. Le garçon se séparait de ses lèvres chaudes, et laissait alors parcourir les siennes le long de sa nuque avec beaucoup de sensualité. Sentant à nouveau les ondes de choc, l'adolescente prit une grande inspiration en tournant la tête de façon à dégager son cou pour plus d'accessibilité au Conquérant. Cette sensation était agréable, et un frisson parcourait sa colonne vertébrale quand elle sentit la main du garçon monter de son genou à sa cuisse avec une légèreté et une douceur incomparable. Elle priait pour que ça ne s'arrête jamais. Elle sentait les lèvres du jeune homme pincer sa peau, et elle gémit un instant de plaisir, leur abdomen se touchant au même moment quand ils bougèrent.
Harold revint alors près de son visage, et reprit d'assaut ses lèvres en jouant abusivement avec l'intensité de la magie en la prenant par surprise. L'envie grandit encore un peu plus à chaque seconde, et la rousse sentait la main du garçon sur sa cuisse tirer doucement sur le tissu de son pantalon. Mais il n'y arrivait pas, il était bloqué, n'osait aller plus loin alors qu'on lui a toujours refuser de tout faire. Il restait crispé, gêné, et Lissa fut un instant frustrée qu'il en reste là.
« N'hésite pas.», lui avait-elle murmuré quand elle eut deux secondes pour reprendre son souffle. Harold lui volait encore quelques baisers, et se sentit légèrement rassuré par les paroles de sa belle. Encore un instant hésitant, il finit par tirer son pantalon et son sous-vêtement, faisant glisser les vêtements le long de ses fines jambes avant qu'ils ne tombent au sol. L'adolescente sentait son cœur battre d'avantage dans sa poitrine, et tout son corps chauffer.
Refusant de rester ainsi, elle finit par se redresser sous la surprise du jeune homme, se tournant de façon à ce que ce soit cette fois elle qui soit par dessus lui. Elle mit des mèches de cheveux derrière ses oreilles pour ne pas la gênée, et à califourchon sur Harold, continuait de goutter ses lèvres en tenant son visage entre ses mains. Il sourit, aimant la façon dont elle réagissait à ce qu'il se passait, et elle commençait alors à embrasser son lobe d'oreille et sa nuque avec fougue. Elle n'avait pas peur, non loin de là.
Harold a toujours adoré son audace.
Lissa tirait à son tour sur son pantalon, et l'enlevait sans hésitation. Ce n'est qu'après avoir fait cela qu'Harold se redressait pour se mettre assis, la jeune fille toujours en califourchon sur ses cuisses, face à lui. Leurs fronts se collèrent l'un contre l'autre, et ils ouvrirent leurs yeux pour se regarder un instant encore une fois, reprenant difficilement leur souffle. Se fixant, ils se sourirent doucement et Lissa gardait son visage entre ses mains, caressant un instant sa joue avec son pouce, la respiration toujours intense et lente. Son cœur continuait de battre fortement, et en continuant de regarder ses iris, elle se pinçait la lèvre inférieure, un léger silence s'étant installé en quelques secondes.
- Tu le sais, chuchota t-elle en gardant son front collé au sien, Tu sais que je t'aime.
Il continuait de la regarder sans dire un mot. Alors en restant encore un instant ainsi, il finit par s'avancer, et l'embrasser.
Il ne lui a pas répondu. Et ne lui répondit pas.
Cet instant durait encore un instant, et Lissa réalisait alors que seule leur tunique les séparait de la nudité. Leurs salives se mélangeaient à nouveau, et la rousse descendait alors ses mains le long de son torse avant de les passer sous sa tunique verte. Harold comprit le message, et sans qu'il ne puisse contrôler son corps, il prit chaque coté de son vêtement, et le retirait par dessus sa tête avant de le lancer à terre comme un bout de chiffon. Il volait quelques baisers à la jeune fille du bout des lèvres, et sentant sa patience atteindre ses limites, il sourit, et l'embrassait vigoureusement comme il se le devait.
Il jouait, et Lissa sourit avec amusement en comprenant cela. Alors elle interrompit le baiser en enlevant simplement ses lèvres des siennes, et se mordit la lèvre inférieure en apercevant cette envie dans les yeux de son âme-sœur. Et en apercevant cela, elle prit sa propre tunique, et l'enlevait sous ses yeux.
Après avoir fait ça, ils se regardèrent. Ils étaient tel quel, sous leur beauté naturelle, leurs parfaites imperfections, face à face sans aucune barrière.
Et cette fois-ci, il n'y avait pas l'eau du bain pour les séparer.
Harold se sentait paralysé, la respiration bloquée dans sa gorge en réalisant cela. C'était la toute première fois qu'il était nu face à quelqu'un, qu'il été proche d'un but qu'il lui était inaccessible encore il y a quelques temps. Mais il se sentait un instant rassuré, et heureux. Car il avait en face de lui la plus belle créature qui lui a été donné de voir. Elle était belle, magnifique, parfaite. Tout simplement parfaite.
Il la fixait les yeux remplis d'amour et de tendresse, et Lissa adorait ce regard qu'il posait sur elle. Harold lançait des regards anxieux vers son corps, et il détournait les yeux en devenant rouge tomate. L'adolescente contrairement à lui semblait amusé par sa gêne, et l'embrassait sur la joue avant de prendre sa main, et de la poser sur sa poitrine, espérant l'apaiser. Le garçon la regardait dans les yeux, et comprenant alors qu'elle voulait, qu'elle n'avait pas peur, il se sentit plus à l'aise.
« Tu en es sûr ? », questionnait son regard, « Oui », répondit celui de Lissa, « J'en suis certaine. ». Leurs lèvres se rencontrèrent de nouveau, et la rousse sentit une pulsion électrique parcourir son corps quand elle sentit sa virilité effleurer dangereusement son organe génital. Alors en agrippant ses cheveux bruns, Lissa se redressait, levant ses cuisses, et était plus haute que l'adolescent tout en continuant de l'embrasser langoureusement. Elle semblait suspendue par dessus un pic, et c'est à ce moment qu'elle prit peur. Peur de la suite. Alors elle restait accrochée à ses lèvres, attendant un instant. Car il n'y avait plus de retour en arrière possible.
Harold laissait une main caresser ses longs cheveux roux, puis la laissait descendre sur sa colonne vertébrale avant de la laisser parcourir sa jambe. Elle comprit alors que lui aussi à son tour essayait de la rassurer. Elle se dit, qu'elle n'avait pas à s'en faire avec lui. Qu'il était là, avec elle. Alors elle décidait de s'abaisser, mais grimaçait en sentant qu'en commençant seulement à se donner à lui allait être douloureux. Elle se bloquait, mais c'est alors qu'Harold appuyait fort sur sa cuisse, la remettant soudainement assise sur lui.
Ils ne firent plus qu'un.
Lissa poussait un cri muet quand la douleur parcourut son corps, sa main se crispant dans les cheveux du garçon. Elle avait du mal à reprendre sa respiration, et elle gardait les yeux fermement fermer alors qu'Harold se penchait vers son oreille avec la voix navrée, désolée. « Je suis désolé, pardon, je voulais pas, excuse-moi, je te promets, je voulais pas te faire du mal.. », répétait-il sans arrêt. Lissa ravalait difficilement sa salive, et hochait la tête en soupirant. « ça va aller. Juste.. doucement » lui a t-elle dit en prenant sur elle. Il hochait la tête, et l'adolescente bougeait alors lentement en restant accrochée à lui, plongeant son visage dans sa nuque.
Contrairement à elle, Harold semblait y prendre du plaisir, et il retenait difficilement ses soupirs lourds de sens, embrassant le creux du cou de la jeune fille. Bientôt, la douleur qu'elle ressentit semblait moins présente, et elle réalisait qu'en réalité elle n'avait plus aussi mal qu'au début. Elle sentait son estomac se nouer, et une forme de plaisir naquit alors qu'elle allait un peu plus vite dans ses mouvements. Ils ignoraient comment ils ont pu faire pour en arriver jusque là, mais aucun d'eux ne semblaient vraiment le regretter.
Enfin, pour l'instant.
Lissa soupirait lourdement à l'oreille du garçon, et gémissait presque en sentant que lui aussi tentait de bouger à son rythme. Elle priait juste pour qu'il ne s'arrête pas. C'est après un instant, qu'Harold reculait, et la regardait dans les yeux avant de l'embrasser amoureusement. Lissa lui rendit son baiser en essayant de contrôler sa respiration haletante, et sentait la chaleur en elle augmenter à un tel point qu'elle en transpirait.
Harold finit par lui prendre la taille, et il la tournait, de façon à la faire rallonger sur le lit avec douceur. L'adolescente sentait son dos et sa tête toucher les draps frais, et le brun rompit le baiser pour pouvoir se placer correctement, fixant le regard envieux de la jeune fille alors que son corps en sueur se collait au sien. Il soulevait sa cuisse, et reprit l'amour alors que Lissa prit une inspiration, levant le menton au ciel avec plaisir. Harold se penchait vers elle et l'embrassait un cours instant avant de gouter à nouveau à la peau de sa nuque, la jeune fille tournant la tête de l'autre coté en gémissant par toutes ces différentes sensations.
Cette chaleur dans son estomac, ce plaisir, sa main serrant sa poitrine, ses baisers dans son cou, elle en perdait la tête face à tout ce ramasser de bien-être. Elle enroulait ses jambes autour de sa taille, le garçon plus vigoureux dans ses mouvements continuels, et une de ses mains passait par dessus ses omoplates en plaquant son abdomen contre le sien. Elle sentait alors des reliefs dans son dos, elle pouvait sentir les marques, les blessures qu'avait provoqué le fouet sur lui. Elle n'y prêtait plus attention, elle ne prêtait plus attention à rien, sauf à lui.
À Harold, son héros, son âme-sœur, son tout. Il était.. absolument tout.
Lissa laissait une main tomber sur le lit à coté de sa tête, et Harold laissait libre sa nuque avant de la regarder et de poser à nouveau ses lèvres sur les siennes. Il libérait une de ses mains, et tout en continuant de l'embrasser et de se donner à elle, il prit la sienne en entremêlant ses doigts avec les siens. Il ne voulait plus la lâcher, plus jamais il ne voulait la lâcher, ni l'abandonner.
Sauf qu'il avait oublié, qu'il allait falloir le faire si il voulait partir de cette île.
