Titre : Objects of Desire

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Auteure : Azrael Geffen

Traductrice : falyla

Correcteurs : falyla/Florent

Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape

Rating : M/NC-17

Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)

Etat de la traduction : terminée

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.

Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.

Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.

Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.

Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.

Note de la traductrice : Bon, FFnet me refait le coup d'enlever des espaces, des mots ou carrément des bouts de phrases quand mon texte passe en édition alors qu'il parfait en document. Pourquoi ? Je n'en sais rien mais je déteste ça. Alors, j'espère vraiment que j'ai repéré et re-corrigé toutes ces coquilles indépendantes de ma volonté.

Merci beaucoup pour vos commentaires, j'apprécie vraiment.

Bonne lecture.

Objects of Desire

Chapitre 12 (3ème partie)

Severus Snape n'attendait pas la venue de Draco dans les donjons ce soir-là avec empressement. Mais il savait que Draco viendrait. Il connaissait assez les Malfoy pour savoir qu'ils laissaient rarement, voire jamais, de côté un but une fois qu'ils s'étaient mis dans la tête de l'atteindre – et Draco n'abandonnerait jamais son père. L'enfer pouvait geler que Draco se contenterait de chausser des skis et de continuer. Il sut que c'était lui dès qu'il entendit le coup frappé à sa porte. Le garçon avait probablement attendu impatiemment son retour.

Après l'incident du Boxing Day, Draco avait voulu retourner à Poudlard avec Severus pour comprendre ce qui avait pu arriver à son père. Ça avait pris des heures à Snape pour le convaincre qu'il devait rester au Manoir et agir comme si rien ne s'était passé. Snape devait admettre que c'était une requête égoïste. Il était si près d'avoir Hermione, si près qu'il pouvait presque la goûter repartir à Poudlard aurait tout gâché. Il avait convaincu Draco que Potter devait être laissé dans l'ignorance et que s'il retournait à l'école quelques heures après avoir revu son père, il allait instantanément susciter la suspicion. Potter était bon au jeu des devinettes et il pouvait faire des connections à partir des plus petits fragments d'évidence. Comment sinon, aurait–il survécu à Voldemort ?

Rétrospectivement, le mieux aurait été de ramener son filleul à Poudlard plus tôt. Minerva lui avait assuré que Potter et Draco étaient sortis du placard devant des centaines de personnes d'une façon assez spectaculaire, sans mentionner le fait que Maugrey avait accosté Draco pour l'intimider – et qu'un salopard lui avait craché dessus. Snape sentit monter en lui une vague de culpabilité pure. Il avait promis à Lucius qu'il s'occuperait de son fils et, depuis que Snape avait fait cette promesse, le jeune garçon avait été torturé, était presque mort et avait été ridiculisé et menacédans sa propre maison. Quel magnifique parrain il faisait. Alors que Snape n'avait aucun doute sur le fait que Potter savait à propos de l'Acide de Madragora, il doutait que Draco lui avait révélé les véritables tenants et aboutissants des dégâts causés. C'était Dumbledore et non Severus Snape qui l'avait sauvé de ce petit épisode.

Maintenant, tout ce qu'il pouvait faire était essayer de le protéger du mieux qu'il le pouvait de ce que le futur lui réservait.

Draco se glissa dans la pièce après que Snape l'eut invité à entrer. Il semblait pâle et un peu fatigué. Minerva lui avait dit que lui et Potter avaient volé en balai depuis le Wiltshire, ce qui était de la folie – mais ça ne le surprenait pas de la part de ces deux là.

– Il est tard, Draco, dit–il directement.

Le jeune homme avait clairement besoin de sommeil et pour dire la vérité, Snape aussi ; Hermione était assez… active… la nuit.

– Nous pourrons en parler demain, quand les cours seront finis.

– On peut commencer maintenant, insista Draco tout en haussant un sourcil et en passant les doigts sur une copie poussiéreuse du Daemonicus.

Snape retint un rictus au ton méprisant de la voix de Draco. Tellement semblable à celui de Lucius que ce n'était pas drôle. Draco s'appuya sur le dos d'une chaise et prit l'ouvrage en main.

– Alors, qu'est–ce que tu sais ?

Snape soupira. Il pensait vraiment qu'il s'en était affranchi. Non pas qu'il voulait être débarrassé des Malfoy ; il les aimait à sa façon, mais c'était une famille exigeante. Son cerveau s'alluma et il sut qu'il devait protéger Draco. Il était évident que s'il ne l'aidait pas, Draco tenterait le coup seul et seul Merlin savait ce qu'il adviendrait ensuite.

– Assieds–toi, ordonna Snape.

Il était, après tout, le plus vieux ici et il n'allait pas tolérer qu'un petit morveux le plie à ses quatre volontés dans son propre appartement.

– Tu veux un peu de thé ?

– De la vodka, répondit–il d'une voix insolente.

– Du thé.

– Quelque chose avec de l'alcool dedans ?

– Du thé.

– Un grog [1]?

– Du thé.

Draco afficha une moue boudeuse et se laissa tomber dans la chaise.

– Du café ? essaya–t–il, caustique.

– Du thé.

– Ok. Du thé serait merveilleux… Oncle Severus.

Snape s'occupa de mettre la théière sur le feu tandis que Draco feuilletait le Daemonicus puis fouilla dans le grand bureau à côté de son lit. Là, il trouva le journal de Lucius qu'il tendit à Draco.

– Tu le reconnais ?

Draco fronça les sourcils.

– Oui. C'est à papa.

Il replaça le Daemonicus sur la pile et ouvrit le livre de son père.

– Comment tu l'as eu ?

Snape ressentit une autre vague de culpabilité.

– Le conservateur du musée me l'a remis par accident quand je suis allé chercher Narcissa. Je te l'aurais donné mais j'ai eu raison de croire que je pouvais en avoir besoin.

– Pourquoi, qu'est–il arrivé ?

Snape expliqua brièvement les sensations qui l'avaient bouleversé quand il s'était approché de Lucius dans le musée. Le sentiment de cet esprit sombrant dans la poussière, les battements d'ailes,quelque chose comme le battement régulier d'un cœur et le cri dans son crâne. Draco écoutait et fixait aveuglément les pages du livre. La main prudente de son père avait gravé les mots que Draco ne pouvait pas lire en cet instant parce qu'il ne voulait pas les lire. Il ne voulait pas des souvenirs ; il en était malade. Il avait besoin de planifier son futur – et il avait besoin de savoir si son père en ferait partie.

– Au dos, finit Snape en tendant son thé à Draco, il y a une incantation et une sorte de recette de potion qui aurait pu ou non préserver son âme en la cachant des Détraqueurs.

Draco s'étouffa avec son thé.

– Le problème, continua Snape, est que j'ai essayé l'incantation mais je n'arrive pas à la faire marcher. Et pour la potion, cela demande des choses qui ne font pas partie de ce monde. Je n'ai aucune idée de comment ton père a pu réussir à s'en procurer. Donc, je ne sais pas si ce qui écrit est même possible.

– Mais ça doit l'être !

Les yeux de Draco étaient grand ouverts, comme ceux d'un petit enfant à qui on vient de raconter la plus fantastique des histoires de chevet.

– Ça doit être possible. Il m'a parlé, il a brisé la vitrine et il m'a parlé !

Snape acquiesça de la tête et plaça une main rassurante sur l'épaule de Draco pour le maintenir en place.

– Oui, concéda Snape, il y a de ça.

Il soupira.

– Ce que Lucius a écrit ne peut pas être complet. J'ai passé les deux derniers mois a essayé de démêler tout ça mais je n'ai rien trouvé. Je n'ai jamais rien vu d'aussi complexe.

Draco se laissa tomber une nouvelle fois dans sa chaise, déçu. Il avait longtemps cru – et il importait peu que ce soit ridicule – que Snape avait les réponses à n'importe quel Snape ne détenait pas les réponses alors une seule personne les possédait… et Draco n'était pas prêt d'aller consulter Albus Dumbledore à ce sujet.

– Il doit y avoir un moyen, insista–t–il. Un antidote ?

Snape produit un son impatient dans le fond de sa gorge et combattit son tempérament.

– Est–ce que tu n'as rien appris en sept ans ? demanda–t–il d'une voix doucereuse. Pour créer un antidote, tu as besoin de savoir ce qu'est exactement la potion incriminée.

Draco haussa les épaules et croisa les bras, impatient.

– Alors que peut–on faire ?

Maintenant, il y avait un problème. Snape ignorait que faire. Il s'assit en face de Draco et le regarda un moment, essayant de savoir comment approcher le sujet sans trop bouleverser le jeune homme.

– Nous ne connaissons même pas son état d'esprit.

Il regarda le visage de Draco changer, il se tordit un peu et prit une expression peinée.

– Pour ce que nous en savons, il pourrait avoir perdu tout sens rationnel. Nous ne connaissons pas l'effet exact du Baiser sur lui.

– Mais…

Les larmes semblèrent jaillir de Draco comme une explosion et il inspirait bruyamment.

– Il… Mais il m'a parlé.

– Je le sais, Draco, et je comprends. Mais ça pourrait vouloir ne rien dire. Ça pourrait être de la magie résiduelle, une sorte de réflexe, par l'enfer, ça aurait même pu être le vent !

– CE N'ÉTAIT PAS CE PUTAIN DE VENT ! IL M'A PARLÉ, IL M'A SAUVÉ !

– Quoi ? se renfrogna Snape. Il t'a sauvé de quoi ?

Draco jura à mi–voix et se détourna.

– Rien. Ce n'était rien.

– Est–ce que quelque chose s'est produit ? Quelque chose de plus que la vitrine qui s'est brisée ?

Draco déglutit, sachant très bien qu'il s'avançait sur une route dangereuse s'il prévoyait de mentir à Snape. S'il révélait ce qu'il était arrivé, Snape risquerait–il tout pour dénoncer le conservateur au Ministère ? Ou irait–il lui–même s'expliquer avec le conservateur ? Draco avait entendu des rumeurs sur l'état dans lequel se trouvait Krum à son arrivée à Azkaban. À la fête, il avait entendu Arthur Weasley dire que quelqu'un l'avait purement et simplement dépecé. Le jeune homme doutait que Snape fasse une chose pareille au conservateur ; Draco était, après tout, le fils de son ennemi. Et Lucius était l'ennemi de Snape – ils ne s'en étaient juste pas rendu compte avant qu'il ne soit trop tard.

Si Snape se rendait au Ministère, le conservateur pourrait révéler des choses sur Lucius pour se sortir de cette impasse ou juste par dépit. Si le Ministère avait une once de doute sur le fait que Lucius ait pu survivre au Baiser, il pouvait très bien le ré–exécuter – et ça, ça ne pouvait pas arriver.

– C'est rien, le conservateur était juste un peu… bizarre.

– Bizarre ? Comment ?

– Juste bizarre, je t'ai dit que ce n'était rien. Oublie ce que je t'ai dit.

Bien sûr que Severus Snape n'allait pas l'oublier. Il s'avança vers Draco et l'obligea à le regarder en tenant son menton saillant. Le maintenant fermement, il le regarda dans les yeux, ignorant le fait que le garçon tremblait dans sa poigne. Draco sentit les sensations familières alors que des doigts se frayaient un chemin dans son esprit il commença à se demander si, entre Snape et Potter, une seule part de sa conscience pourrait rester secrète.

– Ne fais pas ça, siffla Draco.

Mais Snape n'était pas Harry. Harry aurait arrêté, honteux, dès qu'il aurait été pris la main dans le sac mais Snape avait un but, il savait que Draco n'avait aucune chance de lui résister. La Legilimencie ne faisait pas partie du curriculum actuel de l'école, c'est une chose que Snape aurait changée s'il avait été professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Pour l'instant, le manque de compétences de Draco dans ce domaine servait son but ; Snape parcourut l'esprit du blond de ses doigts curieux. Ça ne prit pas longtemps, les visions l'assaillirent. Draco faisait l'amour à Harry et ce dernier pleurait dans son épaule alors qu'il éjaculait. Snape sentit Draco essayer de le repousser, il ne voulait pas que quelqu'un assiste à ce moment. Snape essaya de le calmer. Draco n'avait pas à s'inquiéter, il ne cherchait pas à assouvir un quelconque plaisir voyeuriste ; il passa outre le moment intime pour chercher quelque chose de plus spécifique qu'il trouva bientôt. Le conservateur touchait Draco, lui parlait d'une voix pleine de mensonges attirants, l'embrassait… puis la vitrine s'était brisée.

Snape se retira et jeta un regard noir à son filleul.

– Bon dieu, Draco ! Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?

– Je…

Draco avait rougi, les yeux plissés de fureur.

– Je ne voulais rien risquer qui puisse compromettre papa, alors oublie ça !

– Compromettre Lucius ? Qu'est–ce qui te fait penser que je ferais une chose pareille ?

– Parce que tu le détestes, cracha Draco.

Snape l'agrippa à nouveau, aussi furieux que Draco.

– Je ne l'ai jamais haï. Je l'aimais plus que tu ne pourrais jamais l'imaginer et je ne lui voudrais aucun mal. Maintenant, bois ton putain de thé et parle moi du conservateur.

Draco trembla et retomba encore sur sa chaise. Il semblait trop pâle et, pendant un instant, Snape pensa qu'il l'avait poussé trop loin. Draco reprit sa tasse posée au dessus de la pile de livres et en prit une gorgée ; Snape se relaxa. Draco lui raconta doucement toute l'histoire. À la fin, Snape retroussa sa lèvre et commença à faire les cent pas dans la pièce.

– Tu ne retourneras pas là–bas.

– Quoi ? Mais comment je peux aider papa si je n'y retourne pas ?

– Et que prévois–tu exactement de faire ? Rentrer et repartir avec lui ?

Eh bien oui, quelque chose dans le genre.

Draco haussa les épaules, l'air mécontent et Snape sut que c'était exactement ce qu'il comptait faire.

– Et comment proposes–tu d'expliquer l'apparition soudaine de ton père à Potter ?

Draco maudit Snape silencieusement pour toutes ses questions infernales.

– Harry ne sera pas un problème.

oOo

– Je ne peux pas croire que tu n'as même pas essayé.

Lavande secoua la tête d'un air de dégoûté. Hermione rougit furieusement et se retrouva à se battre pour maintenir sa dignité alors que deux de ses amis la dévisageaient, choqués et amusés.

– Je ne voulais pas mal le faire.

– Comment tu pourrais mal faire ? Tu la mets dans ta bouche et tu la suces.

– Et fais gaffe à tes dents…

Harry était tiraillé entre l'amusement devant le souci de Hermione à être parfaite en tout et l'horreur parce qu'ils discutaient de sucer le sexe de Snape. Il tendit son verre à Lavande pour qu'elle le remplisse, encore heureux qu'ils ne discutent pas de sa vie verre s'était rapidement transformé en cinq maintenant, il était légèrement éméché et détendu… et il parlait du pénis de Snape… Il frissonna.

– Il doit y avoir plus que ça, insista Hermione très terre–à–terre, une sorte de technique. Je ne veux pas avoir l'air de ne pas savoir ce que je fais.

Harry commença à rire.

– Comme si Snape allait remarquer ! Sans rancune 'Mione, mais je doute qu'il y ait une file d'attente de gens disposés à lui tailler une pipe.

Hermione semblait indignée.

– Eh ! Je te ferais savoir que c'est un excellent amant.

– Oh, non, pas ça !

Harry tira la langue et fit semblant de vomir.

– Je ne sais pas comment tu fais, je veux dire, qui en voudrait ?

Hermione le fusilla du regard et envisagea le fait de l'envoûter avec la goutte au nez pour une semaine. Sa vengeance fut détournée quand Lavande gloussa et recracha presque sa boisson.

– Moi, j'essaierais bien, rit Lavande. Où il veut, quand il veut.

– Tu le touches, la prévint Hermione d'un ton ivre, je te descends.

Lavande rit de son joli rire et poussa Hermione amicalement.

– Oh, 'Mione, comme si j'allais courir après ton amant !En plus, il ne voudrait sûrement pas de moi… même pas dans mille ans.

– Ne te rabaisse pas, Lav', protesta gentiment Harry. Tu es une jolie fille.

Lavande lança à Harry un sourire reconnaissant.

– Réellement, je crois que dans ce cas particulier, le physique n'a aucun intérêt. Le professeur Snape pense que je suis une idiote et le professeur Snape n'aurait aucune envie de faire quoi que ce soit d'intime avec une idiote.

Elle se tourna vers Hermione.

– 'Mione, il s'en fiche pas mal si ta technique n'est pas au top, ce qui lui importe, c'est que tu le fasses… Contente–toi d'essayer. S'il n'apprécie pas, aucun doute qu'il te le dira.

– Et il prendra sûrement des points à Gryffondor…

Lavande regarda Harry et fut prise d'un fou rire hystérique.

– Vous êtes tous bourrés ! déclara Hermione. Vous ne m'aidez pas du tout !

Harry reprit son sérieux.

– Bon. Premièrement, t'es bourrée aussi et deuxièmement, tu veux qu'on t'aide pour quoi ? Tu veux qu'on t'explique comment tailler une pipe ?

– Ben, en gros oui.

Harry se renfrogna. Bordel, comment pouvaient–ils faire ça ?

– Comment ?

Lavande haussa un sourcil et sourit.

– J'ai peut être une idée.

Harry suivit son regard vers son entrejambe et secoua la tête.

– Désolé, Lav', ça marche pas pour les filles.

– Oh…

Lavande battit des cils.

– Tant pis, c'était tentant d'essayer.

Harry pouffa.

– Okay. Passons au plan B.

Lavande se rassit, jetant toujours des coups d'œil à l'entrejambe de Harry.

– De la glace… et de la sauce au chocolat.

oOo

– Potter ne sera pas un problème ?

Snape en aurait presque ri. Durant toute la durée de sa vie scolaire, Potter avait brillamment prouvé qu'il était justement le contraire.

– Je tiens à émettre une objection. Potter a peut–être le complexe du héros mais sauver Lucius Malfoy est loin de rentrer dans le cercle des choses qu'il ferait de son plein gré.

– Harry n'aura rien à voir avec ça.

– Alors tu penses le lui cacher ? Draco, même si ça me fait mal de dire ça, il n'est pas aussi stupide qu'il en a l'air, il va finir par le savoir.

Pas si je lui fais tellement de mal qu'il se foutra pas mal de ce que je peux faire.

– Pas s'il n'est pas dans les parages.

Le visage de Draco se durcit et soudainement, ce n'était plus Draco qui se tenait dans cette chaise, c'était Lucius. Aussi dur qu'un diamant, pas une seule faiblesse en se demanda si Draco pourrait tenir aussi longtemps que son père.

– J'en terminerai avec Harry.

– Tu vas le quitter ?

– Oui, c'est la seule chose à faire.

Draco était immobile, dur pour encore un moment de plus avant que sa façade ne tombe. Il se retourna vers Snape, le visage sinistre. Ce dernier le fixait aussi.

– Quoi ? exigea–t–il de savoir. Je pensais que tu en serais content !

Snape haussa un sourcil, vraiment incapable de croire à ce qu'il allait dire.

– Draco, tu peux ne pas le croire mais mon principal intérêt est ton bien–être et je considère que ton bonheur en fait partie. Est–ce que tu réalises ce que Potter a réellement risqué pour être avec toi ? As–tu seulement vu les journaux ce week–end ? C'était en première page ! Le professeur Dumbledorea dû rediriger votre courrier via le bureau du professeur McGonagall à cause de l'afflux de lettres haineuses qui ont commencé à arriver samedi – et il semble que ça ne va qu'empirer maintenant que vous êtes revenus à l'école.

– Je sais. Hermione nous l'a dit.

Snape se tortilla inconfortablement.

– Après tout ça… J'aurais tendance à dire qu'il est amoureux de toi.

C'est ça, Severus, jette–toi dans une ridicule sensiblerie, ça va vraiment marcher – pauvre con.

– En ce moment, c'est un inconvénient, répondit Draco en reprenant la carapace de Lucius qu'il avait revêtue un peu plus tôt. C'était foutu depuis le début ; toi, d'entre tous, tu devrais le savoir.

Suggérer que c'était Lucius l'inconvénient du moment était sur le bout de la langue de Snape mais il doutait de l'aide que pourrait apporter un tel commentaire en fait, cela pourrait mettre un terme à tout ça dans une dispute.

– Et je pense que tu es amoureux de lui.

En fait, je sais que tu es amoureux de lui. Parmi toutes les personnes pour lesquelles tu pouvais succomber… jeune idiot.

– J'aime encore plus mon père, dit Draco en forçant sa voix à rester calme. Tu vas m'aider, oui ou non ?

– Bien sûr que je vais t'aider, rétorqua Snape, une pointe d'irritation à nouveau perceptible dans la voix. Je peux difficilement te le refuser dans ces circonstances.

– Si tu ne veux pas m'aider, tu peux toujours refuser… Mais tu seras d'accord sur le fait que tu lui dois au moins ça.

Mais quand au juste Draco était–il devenu si semblable à son père ? Quand était–ce arrivé ?

– Oui, je suppose… Dans un certain sens.

– Dans un certain sens ? Tu l'as vendu au Ministère !

– Ce sont ses choix qui l'ont vendu au Ministère, j'ai juste été l'instrument de sa chute.

Draco lança sa tasse à travers la pièce.

– Allons, allons, Draco. Tu laisses transparaître tes émotions et ce n'est pas très contrôlé de ta part. Peut–être n'y a t–il pas autant de Lucius en toi que ce que je l'aurais cru.

Ce n'était bien sûr pas vrai. Lucius aussi perdait son sang–froid – souvent. Snape savait simplement que Draco considérait son père comme l'image du contrôle absolu, et qu'il était bon de le ramener un peu sur terre.

– Bon, qu'est–ce qu'on fait en premier ? s'enquit Draco

Même si sa voix tremblait, il réussit à rester posé.

– Dans l'idéal, nous devons essayer de savoir si son esprit est encore intact. Néanmoins, je dois admettre que je ne sais pas comment découvrir ce simple fait. Je suis retourné à l'exposition après le Boxing Day mais le conservateur avait retiré Lucius de l'exposition. J'ai parlé à Kingsley Shacklebolt à la réception et il m'a dit que Semeuse avait rapatrié Lucius à Londres parce qu'il avait été abîmé durant l'agression.

– L'agression ?

– C'est en ces termes qu'il a défini la situation. Une agression perpétrée par des inconnus, vraisemblablement des fanatiques. Ce salopard de Semeuse masque bien ses traces, probablement parce qu'il est terrifié que tu ailles voir les autorités – ce que tu devrais faire d'ailleurs.

– Et s'il change d'avis et qu'il leur raconte qui a vraiment brisé la vitrine, papa est comme mort.

Bien vu.

– Bon, comme je ne peux pas encore avoir accès à Lucius, le mieux que je puisse faire est d'essayer de comprendre le processus utilisé pour préserver son âme et espérer trouver la bonne solution. Ensuite, je chercherais un moyen de le libérer.

– Et qu'est–ce que je peux faire ?

Snape réfléchit un moment et haussa un sourcil.

– En fait, tu peux envoyer une lettre officielle au Ministère pour que ton père revienne chez toi. S'il ne fait plus partie de l'exposition, alors le musée n'en a aucune utilité.

– Et si ça échoue ?

– Alors on attend la fin de l'exposition et tu refais une demande.

– Attendre que ça finisse ? Mais ça va prendre des mois !

– Draco, tu ne peux pas juste y rentrer et l'enlever. Tu dois apprendre à rester patient.

Snape fit une pause avant d'ajouter :

– Et je pense que tu devrais peut–être en parler à Dumbledore.

– Dumbledore a aidé à son arrestation, cracha Draco. Pourquoi j'irais le voir ?

– Parce qu'il n'a jamais été favorable au Baiser ou même à l'exposition et il serait peut–être capable de nous aider à trouver un moyen légal de sortir ton père de là.

– Pas Dumbledore. On ne peut pas prendre de risques.

– Si nous réussissons et qu'il revient, nous devrons vivre cachés et si jamais quelqu'un découvre le pot aux roses, ils le retrouveront pour le tuer.

– Pas Dumbledore.

Draco se leva et s'avança vers la porte.

– Tu vas travailler ici et je travaillerai sur une requête pour le Ministère.

– Et Potter ?

Draco s'arrêta, la main posée sur la poignée.

– Je m'occuperai de Harry une fois que nous serons proches de la solution.

oOo

Hermione était reconnaissante à Florian Fortarôme pour son pot de glace taille XXL, il était presque sans fond. Note à elle–même :Lavande le gardait sur le rebord extérieur de la fenêtre. Elle avait des envies de chocolat depuis deux jours et maintenant elle en mangeait plus que nécessaire. Mais quand même, c'était du coulis triple chocolat surprise et qui pouvait y résister ?

– Okay.

Harry prit le pot et préleva un peu de coulis de chocolat.

– Donc, nous sommes bourrés et nos ventres sont remplis, maintenant quoi ?

Hermione et Lavande échangèrent un regard ; les hommes ne comprenaient apparemment pas l'expérience de la glace au chocolat. Lavande avala bruyamment.

– Bon, c'est de la glace au coulis triple chocolat surprise, pas de la nourriture et je nous mettais juste dans l'ambiance.

– Pour quoi faire ?

Harry avait l'air dubitatif et resserra un peu plus son uniforme autour de lui.

– Doucement, mon chéri, on va pas se jeter sur toi.

Lavande plongea sa cuillère dans la piscine de sauce puis la retira.

– Maintenant que nous sommes dans l'ambiance, tu regardes, 'Mione ?

Hermione hocha prudemment la tête avant d'écarquiller les yeux et glousser en voyant Lavande tourner sa langue autour de la cuillère, lapant le coulis d'un mouvement de langue affamé. Puis, elle prit le bout de la cuillère dans sa bouche et suça de manière experte le reste de sauce.

– Okay, maintenant tu essaies.

Hermione se colora d'un rouge vif.

– Je… ne pense pas…

Harry lui prit la cuillère, la plongea dans la sauce et la lui présenta tandis qu'ils la regardaient tout les deux dans l'expectative.

Oh, bon dieu.

Hermione hésita, pas mal embarrassée et, finalement, elle sortit sa langue pour lécher le coulis, faisant de son mieux pour imiter les mouvements fluides de Lavande.

– Utilise plus ta langue, suggéra Harry. Tu dois essayer d'avoir toujours la langue en mouvement.

– Et concentre toi sur le haut, la pressa Lavande.

– Suce un peu plus fort peut–être.

– Plus de langue.

– Fais gaffe à tes dents.

Hermione releva la tête sous le coup de la frustration.

– Mais bordel, comment je suis censée faire tout ça en même temps ?

– Oh, bon sang, ce n'est pas difficile !

– Oh, ben, désolée, Lavande, je ne suis pas aussi expérimentée que toi pour tailler des pipes !

– Qu'est–ce que tu essaies de dire ? Que je suis une traînée ?

– Eh bien, si tu…

– Oh, mais putain !

Harry arracha rageusement la cuillère des mains de Hermione.

– Donne moi ton doigt.

– QUOI ?

– Donne moi ton doigt !

Il empoigna la main de Hermione et gentiment, en utilisant le bout de sa langue, il traça une fine ligne de salive le long de son index.

Oh mon dieu.

Hermione sentit soudainement ses entrailles se liquéfier et son entrejambe devenir humide. Harry lécha de nouveau son doigt, encerclant la pulpe de son doigt puis sa bouche se referma sur deux de ses doigts. C'était humide et chaud, sa langue semblait l'entourer. Elle n'avait jamais pensé à ses mains en tant que zones érogènes avant mais la sensation était incroyable. L'instinct lui faisait bouger ses doigts, les plongeant dans sa bouche en imitant des va–et–vient, mimant les mouvements d'un phallus. Ce geste assurait que ses doigts étaient en contact constant avec le bout de la langue de Harry, les extrémités, puis tour à tour les cotés et l'intérieur. Il suça doucement, l'amenant un peu plus profondément dans sa bouche, la succion pas trop forte mais certainement pas douce.

Elle haletait et brûlait de se toucher. En cet instant, cela n'avait pas d'importance qu'elle soit dans la même pièce que Harry et Lavande. Elle sentit sa main libre se rapprocher de son sein avant qu'elle ne reprenne ses esprits et se force à la reposer. Harry avait fermé les yeux, ses lèvres rouges d'excitation. Hermione jeta un coup d'œil à Lavande qui regardait, pas moins excitée qu'elle, les pupilles dilatées, les tétons durs à travers la robe de satin moulant qu'elle portait.

Harry s'éloigna et Hermione cria presque alors que la chaleur la quittait et que l'air froid se ruait sur la peau yeux de Harry s'ouvrirent lentement, d'un vert hypnotique. Il lui présentait deux doigts.

– Maintenant montre moi ce que tu as appris.

Elle faillit lui soupirer : « Oui, Professeur » mais ce n'était pas Severus, c'était Harry. C'était une leçon… rien d'autre. Elle hésita un moment, se rapprocha et passa avec hésitation sa langue sur les bouts des doigts de Harry pour les lécher. Ils étaient un peu collant – sûrement comme les siens – ils avaient le goût du coulis au chocolat qu'ils avaient mangé. Délicatement, elle pris ses doigts dans sa bouche.

– Okay, murmura Harry. Maintenant, bouge ta langue.

Elle fit glisser sa langue le long du bord de ses doigts, enregistrant leur texture, sachant qu'un pénis serait plus gros, l'emplirait plus. Elle fit tourner sa langue autour de la pulpe de ses doigts et il gémit si doucement qu'elle faillit ne pas l'entendre.

Waouh.

Suce–les, chuchota Harry d'une voix rauque.

Hermione lui épargna un regard, ses yeux étaient de nouveau fermés et elle se demanda ce qu'il pensait. À côté de lui, Lavande avait l'air transcendée, elle caressait son propre téton. Hermione sentit augmenter l'humidité entre ses cuisses. Elle aspira les doigts du garçon et elle sut qu'elle y allait trop fort.

– Doucement, soupira–t–il alors qu'elle le relâchait un peu. C'est mieux, bonne fille…

Elle sentit des doigts parcourir son sein mais elle ne savait pas à qui ils appartenaient. Ceux de Harry ou de Lavande mais, en cet instant, elle s'en fichait éperdument. Elle sentit qu'on lui déboutonnait son uniforme et qu'on le repoussait doucement sur le côté pour exposer un sein ferme. Elle sentit les lèvres de Lavande sur son téton, plus douces que Severus, au toucher plus féminin. Elle gémit. Des doigts agiles remontèrent le long de sa jambe et elle les écarta légèrement pour permettre l'accès de son antre mouillé à Lavande. Ils bougeaient maintenant, bougeaient pour s'allonger, Harry ne retira jamais ses doigts de sa bouche mais bougea avec eux. Il aida Lavande à dévêtir Hermione, la découvrant à eux deux. Les doigts revinrent plonger dans l'humidité entre ses cuisses, passant l'élastique de sa culotte et massant son clitoris gonflé.

Oh, mon Dieu, je ne devrais vraiment pas faire ça.

Elle prit les doigts de Harry plus profondément dans sa gorge, priant pour que ce fut quelque chose de plus conséquent, priant tous les dieux que ce fut le sexe de Severus… mais elle savait aussi qu'à ce moment précis, elle prendrait aussi celui de Harry s'il le lui donnait. Elle se demanda comment il était possible que la luxure, la passion et le désir puissent outrepasser toute pensée rationnelle. Mais ce n'était même pas ça. Ils étaient, tous les trois, simplement excités et consentants. Il n'y avait rien de plus à ajouter et la base même de cette sensation l'étourdissait.

Lavande passa sa robe de satin au–dessus de sa tête, révélant ainsi ses deux seins parfaits et les doigts de Harry furent vite remplacés par un téton dur et caramel.

Elles agrippèrent Harry au même moment. C'était un élan inconscient de mains qui trouvent leur ancrage et elles l'attirèrent à elles par ses vêtements. La main de Hermione passa sur son membre dur et son moi intérieur haussa un sourcil amusé et murmura : « ça ne marche pas pour les filles, hein ? ». Comment elles avaient pu lui enlever son uniforme sans même briser le contact entre eux, les filles ne le surent jamais. Mais elles furent soudainement assaillies par la senteur masculine d'un après–rasage et celle de la sueur.

– Mais bordel, qu'est–ce que vous faites tous les trois ?

Tout sembla s'arrêter au moment où Draco releva un sourcil interrogateur et referma la porte derrière lui.

oOo

– C'est de l'Edrisil.

Semeuse montra une fiole à Lucius et sourit.

– Tu sais ce que c'est, l'Edrisil ?

Bien sûr que Lucius savait ce que c'était. Mais il ne répondit pas- Il était assis contre la tête de lit, ses longs cheveux séchaient après son bain de l'après–midi, l'eau salée sur sa peau lui donnait l'impression qu'il venait juste de sortir d'un océan clair. Semeuse se blottit dans le cou de son ange et inhala l'odeur de la peau chaude.

– L'Edrisil est une substance merveilleuse. Ça crée une sorte de portail entre différents endroits.

Il prit trois flacons. Le plus gros contenait le transporteur, c'était celui qu'il garderait quand il retournerait à l'exposition ambulante. Le second resterait avec Lucius pour que Semeuse puisse simplement vider le liquide transporteur dans le bol d'Edrisil et admirer son amour quand il le désirerait. La troisième fiole irait à Poudlard.

– J'ai décidé que la meilleure ligne d'action pour avoir ton fils est de l'observer un moment. Comme tu peux l'imaginer, Poudlard n'est pas le plus aisé des endroits d'où enlever quelqu'un, donc j'ai décidé que j'avais besoin de l'observer et d'établir son emploi du temps. Où il va, qui il voit, ce qu'il mange, s'il a des relations sexuelles… et avec qui.

Semeuse afficha un petit sourire et suivit amoureusement une longue mèche de cheveux mouillés sur l'épaule de son ange.

– C'est un garçon, tu le savais ? L'amant de ton fils est un garçon. Je l'ai vu dans son esprit.

Semeuse lécha délicatement la gorge de Lucius, appréciant le goût de la peau et du sel.

– Est–ce que ça te choque ? Accepterais–tu une telle relation ou va–t–elle contre tes principes ? Comme on dit : « Quand le chat s'en va… »

Une autre idée s'implanta dans l'esprit de Semeuse, une idée qui le fit légèrement durcir et un sourire passa ses lèvres.

– Ou peut–être que tu lui as toi–même appris, peut–être lui as–tu fait découvrir les secrets de tels désirs ?

Il pouvait parfaitement les imaginer, deux anges pâles entrelacés, se léchant, caressant et titillant des zones érogènes. Comme ce serait beau, le cadeau ultime d'un père à son fils. Il caressa le visage de Lucius, suçotant tranquillement sa lèvre inférieure. Il les verrait ensemble et il les aurait pelotonnés ensemble pour toujours.

– Bien sûr, je vais devoir me débarrasser de l'autre garçon. C'est une honte, il semblait être une jeune et jolie chose – d'après ce que j'en ai vu. Mais c'est tout juste un homme, je suis sûr qu'il n'offrira pas beaucoup de résistance. Tu auras bientôt ton Draco, mon ange, et l'autre ne sera pas un problème, surtout face à un sorcier aussi puissant que moi.

Était–il en train d'halluciner ou une ombre de sourire venait de passer sur les lèvres de son ange ?

À suivre…

NdT :

[1] Le grog est une boisson faite de rhum mélangé à de l'eau chaude.

Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.

Bisous.

Falyla