Le week-end c'est bien pratique, l'avant dernier-chapitre arrive donc plus tôt que prévu. Il n'y a rien d'étonnant à cela, vous pourrez le constater vous-même, il est très court, comparé aux précédents. Je pense qu'il n'était vraiment pas nécessaire d'en ajouter plus pour celui-ci. Il ne comporte donc que trois scènes, avec deux d'une grande importance. Je n'ai pas traité le procès de la façon dont on aurait pu l'attendre. J'ai pensé que le faire en long et en large, serait vraiment très fastidieux et ennuyeux pour chacun. Vous le trouverez donc en format condensé, avec la charmante compagnie d'Emily Wrong. Précédemment, j'avais évoqué quelques grosses surprises qui attendaient encore certains personnages, du positif ou du négatif? Vous en aurez un aperçu en ce qui concerne Shepard, ce à la fin du chapitre. Ce n'est qu'un bout du voile qui se lève.
Pour répondre à la question de Mika, je ne suis pas dans le domaine médical, non. Je suis actuellement dans un double cursus histoire-géographie, soit une double licence. Il n'y a donc vraiment rien à voir. Cependant, je prends toujours soin d'effectuer quelques recherches au préalable, avant de m'aventurer dans un domaine dans lequel je n'ai aucune connaissance. Cela évite ainsi, enfin le plus souvent, de commettre des erreurs que l'on pourrait éviter.
Dans le précédent chapitre, après près d'un mois de coma artificiel, Shepard a enfin repris conscience. Le major Alenko était, lui, de retour de son excursion dans la Travée de l'Attique. L'équipe de l'Alliance a ainsi pu récupérer le corps du leader de Gladius Humanitas, sur ce qui restait du complexe. Liara quant à elle, a achevé de monter sa stratégie de défense en vue de l'audience qui s'approche à grands pas.
Chapitre 27 :
10/07/2185:
Un vase était disposé sur un buffet, accompagné de coquelicots fraichement coupés. Sans doute là le présent d'un visiteur, une offrande à un patient, ce pour colorer une pièce froide et terne, c'était une délicate attention. D'autant plus lorsque l'on connaissait la petite histoire. À la fin de la Première Guerre mondiale, la seule fleur que l'on pouvait encore trouver sur le champ de bataille dévasté, était le coquelicot. Pour un militaire, on pouvait donc trouver que c'était une plante parfaitement appropriée, de par sa symbolique.
Quand on a brusquement ouvert la porte, Shepard a d'ailleurs craint pour son malheureux pot. Celui-ci vacilla d'ailleurs légèrement, mais on le rattrapa in extrémiste et habilement. Le bon réflexe d'un soldat aguerri, qui se tenait à présent devant elle.
-Mais Shepard, qu'est-ce que vous fichez ?
-Fermez cette porte bon sang, on pourrait vous voir. Et ne criez pas, répondit-elle maintenant.
Shepard se tenait assise au bord de son lit, par on ne sait quel miracle, elle parvenait à garder cette position sans céder un seul instant. Les jours précédents, et lorsque quelqu'un avait tenté de l'aider à se relever pour quelques exercices. Elle s'était tout simplement écroulée sous son propre poids, encore trop faible. Sa blouse d'hôpital trainait à présent au pied du lit, elle, étant affublé d'un uniforme de l'Alliance. Comment l'avait-elle obtenu? Peut-être lui avait-on seulement apporté, en prévision de sa sortie qui viendrait bien un jour. Elle était visiblement parvenu à s'habiller seule et avec un seul bras. Quoique sa veste pendait du côté de son épaule droite et que seule une jambe avait une botte, qui n'était pas encore lacée. La chaussure gauche se trouvait dans sa main, elle n'arrivait visiblement pas à l'enfiler.
Vega demeurait figé, il ne saisissait surement pas ce qui était en train de se jouer devant lui. Même si en vue de la date, la chose était pourtant prévisible.
-Qu'est-ce que vous attendez comme ça, vous avez eu une apparition ? Venez donc m'aider ! Enfiler cette botte à mon pied droit.
-Vous ne pouvez pas le faire vous-même?
-Vous n'avez pas remarqué que je n'avais qu'un seul bras valide. Soyez gentil, lacez aussi mon autre botte.
Vega décida d'obtempérer, non sans une once d'hésitation. Il se pencha à hauteur des pieds de Shepard, pour en finir avec ces maudites chaussures.
-Aidez-moi, je n'arrive pas à passer mon bras droit dans ma manche !
James se redressa et retira tout d'abord l'attelle pour sa clavicule. Après quoi il tenta vainement de faire passer le bras plâtré du commandant, dans la manche bien trop étroite pour cela. Il ne voulait pas forcer le passage, au risque de faire céder une couture, ou de tout simplement lui faire mal.
-Je vais vous remettre ce machin en place, déclara-t-il, votre bras ne passe pas, rien à faire. Il va falloir fermer votre veste au-dessus de votre épaule.
Shepard lâcha un soupir insatisfait, tandis que son lieutenant remettait l'attelle en place, avant de s'assurer que son bras droit était parfaitement immobilisé. Il boutonna ensuite la veste, en évitant le haut, pour qu'elle ne se retrouve tout de même pas emprisonnée. La trentenaire le remercia d'un signe de tête.
-Vous pouvez me dire ce que vous foutez, maintenant ? Vous avez le droit à une première sortie en plein air, aujourd'hui ?
-Rien de ce genre, se contenta-t-elle de répondre.
Shepard s'approchait dangereusement du sol, se laissant glisser hors de la couchette. Ses deux pieds touchèrent enfin la surface dure en vinyle. Elle s'appuya alors sur son bras gauche, mais bascula sur le côté, rattrapée par Vega.
-Arrêtez ça, vous n'êtes pas encore prête pour sortir de votre lit. Vous savez quel jour on est aujourd'hui. On m'attend là-bas !
Tout en s'entendant, le lieutenant percuta enfin.
-Oh non, non, non et non, ne comptez pas sur moi pour vous y emmener!
-Je ne vous ai encore rien demandé.
-Pas la peine, je vois clair dans votre jeu. Vous avez sorti l'uniforme pour les cérémonies. Vous avez même la casquette qui va avec, vous ne la mettez jamais d'habitude. Vous voulez aller à cette audience!
Shepard ne répondit rien.
-C'est pour ça que vous m'avez demandé en urgence. Et moi je suis tombé dans le panneau! Écoutez, sur ce coup je ne peux pas vous aider. Si je fais quoi que ce soit, je me fais tuer derrière.
-C'est qui votre commandant ? Moi que je sache, vous n'avez d'ordre à recevoir de personne. Ça fait deux foutues semaines que je suis enfermée ici, depuis que je me suis réveillée. Je peux vous dire que je n'en peux plus. On a bien pris soin de tout décider pour moi, mais il faut vraiment que j'y aille. Personne ne connaît mieux les faits que moi, pas même Liara.
-Lola…
-Pas Lola qui tienne, pourquoi tout mon équipage y serait sans moi?!
-J'arrive pas à croire que je vais faire ça… bon, comment on procède ? Parce que j'ignore si vous le savez. Mais cet hôpital grouille d'infirmières en furies, il y a la sécurité, les docs, pour sortir ça ne va pas être une partie de plaisir.
-Soulevez-moi !
-Quoi?
-Vous avez bien entendu, soulevez-moi et déposez-moi dans ce fauteuil roulant, là-bas. Vous voyez bien que je ne peux pas marcher toute seule.
Vega lâcha un juron, se maudissant intérieurement de s'être rendu ici. On l'avait mis en garde, la supercherie semblait évidente. N'importe qui de sensé aurait évité de rendre visite au commandant, à qui on avait interdit de se rendre au procès, le matin de l'audience, excepté lui.
- Écoutez, je vais quand même éviter de me faire démonter par le major en plus de ça. Alors vous allez gentiment vous rasseoir sur votre lit. Et je vais amener le fauteuil jusqu'à vous, plutôt que l'inverse.
-On perd un temps fou, se plaignit-elle.
Quelques secondes plus tard, Shepard s'appuyait sur l'épaule de Vega, afin de prendre place dans le fauteuil roulant. Cette tâche achevée, elle plaça la casquette sur le sommet de son crâne et indiqua la porte.
-Bon… On va passer par les couloirs, comportez-vous normalement, ne faites rien de suspect. Et tout devrait bien se passer. Logiquement, je n'ai pas encore l'autorisation de quitter mon lit, aussi personne ne va s'imaginer que je me trimbale en fauteuil.
-Je le sens vraiment mal, Lola.
-On a vu pire je crois, eux au moins, ils n'ont pas d'armes lourdes, ou de grenades à fragmentation.
-Très drôle Shepard, enfoncez mieux cette casquette, au moins peut-être que comme ça on ne verra pas votre visage.
« Flash spécial Galactic News, veuillez nous excuser pour l'interruption momentanée de votre programme. Ici Emily Wrong, le verdict de l'audience menée ce jour au QG de l'Alliance de Vancouver, est tombé. »
-J'ignorai qu'elle travaillait pour cette chaîne à présent.
-Ils ont remplacé leur précédente présentatrice très récemment. Vous-vous souvenez d'elle ? Khalisah-Al-Jilani, l'assurance en avait vraisemblablement assez de payer les frais des multiples agressions dont-elle était victime.
-Sachez, que je ne lui ai jamais collé mon poing dans la gueule. Ce n'est pourtant pas l'envie qui m'en manquait.
-Ne vous inquiétez pas, d'autres l'ont fait pour vous. Je crois qu'elle était du genre trop direct. Un type qui déplaisait à beaucoup. Le bouquet, ou la goutte d'eau, a été le coup de boule d'un Krogan.
-Il n'empêche que c'était l'une des rares, voire peut-être la seule journaliste à jouer des poings pendant une interview.
-L'Alliance devrait peut-être consulter son CV pour l'embaucher.
-Shut…
«La surprise était au rendez-vous, quel ne fut pas l'étonnement de l'assemblée de voir arriver le commandant Shepard, qui n'était pas attendu, en vue de son état de santé encore fragile. En effet, au cours de sa dernière mission au mois de mai dernier, l'officier de l'Alliance avait été grièvement blessé. Bien que réveillée depuis près de deux semaines, les médecins avaient cependant donné un avis négatif quant à sa possible présence à l'audience. Contre toute attente, celle-ci s'est pourtant présentée, faisant fi du jugement de ces médecins et collègues. »
-Super, je passe pour une emmerdeuse…
-Vous l'avez peut-être un peu cherché….
« C'est parfaitement confiante qu'elle a assisté au procès, auprès de son équipage, de ses collègues et amis. Avec un chef d'accusation plutôt imposant, la défense était pourtant largement assurée. Je rappelle que le commandant Shepard était principalement accusé de désertion et de manque au devoir, mutinerie en ce qui concerne son équipage. Un non-lieu a finalement été établi pour toutes ces accusations. En effet, le seul témoin à charge, a été jugé peu fiable. Ces dénonciations à l'encontre de Shepard ont été qualifiés de, je cite « mensonges calomnieux ». De plus, le commandant avait maintenu quelques échanges avec l'amiral Hackett. Le premier spectre humain avait été chargé d'une mission classé secret défense par l'Alliance, aussi sa discrétion était tout à fait requise. On peut donc dire que l'anonymat, dont elle a donc fait preuve ces derniers mois, était parfaitement justifié. De plus, l'ensemble des membres de l'équipage ont affirmé qu'elle n'avait jamais déserté ni son vaisseau, ni même l'Alliance. »
-Qu'est-ce que ça fait plaisir!
« C'est sur un réseau criminel que Shepard enquêtait depuis le mois de décembre. Une cellule terroriste, dissimulée derrière une prétendue association d'aide à la reconstruction, baptisée «Gladius Humanitas ». Ils se servaient des fonds récoltés afin de financer l'armement et l'équipement dont-ils avaient besoin. Ainsi nous savons à présent qu'ils étaient à l'origine des six attentats perpétrés dans l'espace concilien, jamais revendiqués. Et faisant des milliers de victimes depuis plusieurs mois, ce groupe était visiblement pro humain, à l'image de Cerberus par le passé. Le corps du principal protagoniste du réseau a été récupéré, mais à cette heure il n'a cependant toujours pas pu être identifié. Le courtier en informations et archéologue, Liara T'Soni, a fourni à l'Alliance une liste de différents officiers suspects qui se tiendraient dans ces rangs. Nous pouvons donc espérer que Gladius Humanitas vive à présent ces derniers instants. »
-C'est entre leurs mains maintenant.
« Pour ce qui est de la prétendue existence d'une IA à bord du Normandy SR-2, le vaisseau le plus performant encore aujourd'hui. L'expertise menée ces derniers jours, a démontré une fois de plus que les rumeurs n'étaient pas fondées. »
-Merci Traynor !
« Aucune des charges n'a donc été retenue contre le commandant Shepard et la quasi-totalité de son équipage. On retiendra cependant un léger blâme pour les officiers Kenneth Donnelly et Gabriella Daniels, pour fraternisation…. »
-Ils étaient vraiment obligés de citer leur nom?
-Je l'ignore, lui répondit Kaidan.
-Eh, vous m'avez fait mal!
Shepard a levé un regard furieux à l'attention de Miranda Lawson, qui tenait encore son bras gauche entre ses mains.
-Cela vous apprendra à quitter l'hôpital en douce, sans explication… Et aussi pour avoir arraché ces perfusions n'importe comment, il faut bien que je vous les remette!
-Oui, mais vous n'avez peut-être pas besoin d'être sadique.
Lawson préféra passer au-dessus de cette remarque, et déposa son bras sur le lit. Elle échangea un bref regard avec le major Alenko, qui semblait plutôt compatissant à son égard, pour tout le mouron qu'elle s'était fait.
-Je vous laisse avec la fugueuse. Et Shepard, que je ne vous reprenne pas à tenter de ficher le camp avant la date de votre sortie. Vous avez encore un bout bon de temps!
Shepard éteignit la télévision, en grimaçant.
-J'espère sincèrement qu'elle plaisantait.
-Peut-être que si vous restiez bien gentiment dans votre chambre, Shepard, vous-vous remettriez plus vite.
-Je n'en suis sortie qu'une fois.
-Oui mais c'était déjà une de trop. Vous savez que c'était encore trop tôt.
-Me voir dans une chaise roulante, avec un bras dans le plâtre, je trouve que ça les a rendus plus compatissant.
-Si vous le dites…
-C'est fou, dit-elle, laissant tomber sa tête en arrière. Ce que ça fait du bien de ne plus rien avoir à faire, les épaules délestées de tout poids.
-Vous respirez enfin après sept mois de galère, quoi de plus normal….
Shepard esquissa un sourire, tandis qu'elle refermait sa main gauche dans la sienne.
-Qu'est-ce que vous allez faire maintenant, major?
-Vous suivre…
-Me suivre où? Je suis en arrêt-maladie pour un moment. Je ne suis pas prête de remonter sur le Normandy avant une bonne année au moins, avec ce fichu œdème et ce bras.
-Je ne sais pas alors.
-Je pense que vous devriez contacter la division biotique de l'Alliance.
-Pourquoi donc ?
-Pour reprendre en charge vos escouades de jeunes biotiques. Je sais que ça vous tenait à cœur. Il faut que vous pensiez à vous maintenant.
-Ce n'est pas une mauvaise idée.
-C'est évident, Anderson était doué pour ce genre de choses. Trouver la bonne place qui convient à chacun. À l'époque, il ne vous aurait pas collé le job d'instructeur, s'il ne vous en avait pas pensé capable. Devenir un spectre n'était pas mon idée non plus…
-Ce n'était pas quelqu'un à qui l'on pouvait dire non facilement.
-Il en imposait, c'était vraiment un soldat, un bon!
-Il avait tout autant de respect pour vous, il s'inquiétait beaucoup aussi, enfin je pense.
-Il m'a souvent tiré de situations pas croyables. Je crois que si je n'avais pas reçu son soutien, pour cette histoire de relais cosmodésique détruit, avec la planète des butariens. Les choses ne se seraient pas aussi bien passées pour moi. C'est aussi lui qui avait choisi Vega pour me surveiller, durant ma détention. (cf comics Conviction, avec James Vega)
-Et vous Shepard, qu'est-ce que vous allez faire de cette année?
Elle hésita un instant, rouvrant les yeux pour scruter le plafond.
-Il y a un moment déjà, j'avais dit à Garrus qu'il était temps que je mette un terme à ma carrière "d'héroïne galactique". De toute façon, comme je viens de vous le dire, je ne pourrais pas reprendre du service tout de suite, mais il n'y a pas que ça. Je suis encore passé à deux doigts de… Enfin, vous voyez ce que je veux dire. Il faut sincèrement que j'arrête mes conneries, et que j'apprenne un peu à profiter de la vie tant que j'en ai le temps. Je pense que j'ai le droit à un peu de repos.
-C'est une sacrée décision, Shepard, vous en êtes sûre.
-De toute façon, j'ai une année pour en décider. Ce n'est pas comme si c'était sur un coup de tête.
-Et si vous n'étiez plus à la tête du Normandy, alors que feriez-vous?
-J'envisage une reconversion, sans pour autant quitter l'Alliance. Si je vous dis "gratte-papier", ça vous évoque quelque chose?
12/07/2185:
Elle s'est réveillée brusquement, sous l'impulsion d'une sensation parfaitement désagréable. Son nez la démangeait. Par habitude, en tant que droitière, elle tentait d'abord de soulever ce même bras, bien inutilement. Et maintenant qu'elle mobilisait sa main gauche, le picotement passager avait déjà disparu. Shepard s'était alors redressé sur un coude pour s'offrir une vision plus large des lieux. La pièce était vide de monde, tandis que le soleil matinal tapait déjà à sa fenêtre. Elle tendait à présent à récupérer un rythme de sommeil normal et régulier. Sa tête déportée sur la gauche, elle avait été frappé de plein fouet par une odeur nauséabonde qui lui avait soulevé l'estomac. Sa main avait instinctivement cherché à éloigner le plateau-repas, déposé sur un chariot, l'envoyant quelques mètres plus loin.
Si le traitement était à l'origine de ce problème, elle allait sans doute bien finir par s'abstenir de le prendre. Miranda ne vérifiait jamais si elle avait vraiment avalé les comprimés prescrit, elle n'en avait pas besoin. Une confiance régnait entre les deux femmes. C'était un véritable cocktail de médicaments que l'on lui administrait chaque jour, des diurétiques, des calmants et tout un tas d'autres choses dont elle n'avait pas vraiment saisi l'utilité. On avait cessé de lui administrer un fameux produit qui visait à éviter le rejet toujours éventuel d'un implant. Son organisme s'était parfaitement adapté. Les saignements de nez avaient finalement fini par s'arrêter, depuis quelques jours déjà et de façon inexpliquée. Mais son état nauséeux persistait encore, il paraissait ainsi évident que le régime alimentaire spécifique que l'on avait établi. N'était pas encore assez suffisant pour résoudre le problème.
Entre autres dernièrement, Shepard avait reçu la visite de quelques personnalités bien connues. Sa mère avait fait un passage momentané, de même que l'amiral Hackett, uniquement pour la forme. Elle n'avait pas souhaité qu'ils s'attardent, non plus.
Le levé du jour marquait toujours l'entrée imminente de Miranda Lawson, dans la chambre du commandant. Elle fonctionnait toujours méthodiquement, poussant la porte avec discrétion, elle prenait soin de vérifier si la patiente dormait ou non. Puis elle passait à son check-up quotidien. Shepard avait au préalable écarté sa couverture, qui lui tenait visiblement bien trop chaud. Elle pouvait ainsi mieux se mouvoir. Et comme elle s'y attendait, au bout de quelques minutes, l'ancien agent de Cerberus était apparu sur le seuil de la porte. Son sourire journalier était cependant absent, elle affichait un air étrange, presque gêné ou maladif, à en juger par son teint pâle. Calé sous son bras gauche, un datapad était visible, signe évident qu'elle avait de nouvelles choses à lui apprendre.
Elle a refermé la porte derrière elle, s'y reprenant à trois fois avant de parvenir à obtenir un claquement satisfaisant. Puis elle a encore vérifié à deux reprises, que celle-ci était bien close. On aurait dit qu'elle cherchait à gagner du temps, ou qu'elle redoutait quelque chose d'encore inconnu. Quoi qu'il en soit, son inquiétude était palpable et contagieuse.
-Tout va bien, Miranda?
Elle eut un léger sursaut, comme si elle venait tout juste de découvrir la présence de Shepard dans cette chambre. Et se ressaisissant, elle est venue se placer à hauteur du premier spectre humain.
-D'ici peu de temps, je pense que vous pourrez commencer une rééducation.
-C'est une bonne nouvelle, ça veut dire que je vais enfin pouvoir quitter ce lit.
-Oui, enfin ne soyez pas trop pressée, tout cela se fera pas à pas.
-J'en ai bien conscience.
Shepard la dévisagea un instant.
-Dites-moi, vous êtes certaine que tout va bien, je vous trouve bien étrange?
Miranda prit une inspiration, puis ses yeux s'orientèrent sur le datapad.
-Vous-vous souvenez de la dernière batterie d'examens que nous vous avons fait passer? Nous avons enfin reçu les résultats. Disons, qu'il y a de nouvelles contraintes quelque peu inattendues.
- À vous regarder, ce n'est visiblement pas bon signe. Parlez s'il vous plaît, vous m'angoissez vraiment.
-Vous-vous rappelez des méthodes de l'homme Trouble. S'il y avait bien une chose qu'il exigeait, c'était un investissement total de ses agents.
Shepard acquiesça.
-Lors de votre "reconstruction", vous n'ignorez pas que l'on avait dû user d'implants cybernétiques. J'avais moi-même préconisé de vous installer une puce de contrôle, au cas où… Enfin, vous savez qu'au jour d'aujourd'hui, je n'en suis pas fière. Heureusement, il avait refusé.
-Allez droit au but, qu'est-ce qui cloche chez moi?
-Ce n'est vraiment pas évident de vous dire une telle chose, Shepard.
-Quoi que ce soit, je peux parfaitement encaisser. Ce ne sera jamais pire que mon histoire de résurrection.
-Beaucoup de vos implants ont cessé de fonctionner, suite à votre "accident" sur la station de G.H. Néanmoins, celui qui est en cause aujourd'hui, était hors d'état de marche depuis des mois déjà. Il ne fonctionnait plus depuis l'explosion du catalyseur. Ce que je cherche à vous dire Shepard, c'est que pendant un an vous avez joué à la roulette Russe.
Le prochain chapitre sera le dernier, il conclura ainsi l'histoire. Il va se faire à partir de différents sauts dans le temps. Je vous rassure, il ne s'agira que de quelques mois à chaque fois. Je ne suis pas une adepte du « On saute 15 ans d'un coup, le héros a dix gosses, il est à la retraite et a un ventre qui pendouille. Et on n'ignore tout de ce qu'il a fait pendant toutes ces années. ». C'est pour cela que depuis deux chapitres, j'essaye de placer des dates, cela vous permettra de mieux vous repérer dans le temps.
