Merci à tout ceux qui reviews en combattant leur manque d'enthousiasme ! Merci aux lecteurs qui lisent en se demandant si un jour il se passera quelque chose ! Merci à ceux qui ont encore le courage de commencer à lire toute cette histoire ! Et pour finir, merci de supporter ces éternels mais non moins authentiques remerciements !
Chapitre 28
«Si tu ne me réponds pas maintenant
Nous n'aurons bientôt plus le temps,
A partir d'aujourd'hui je vais compter les jours
Car je ne t'attendrais pas pour toujours,»
Si j'ai eu des doutes concernant le fait de vivre chez Sasuke, ils se sont envolés. Je suis nourri, logé, blanchis. En gros, la seule chose que je dois faire, c'est lui foutre la paix quand il me le demande. Mis à part ça, je peux aller en mission et rentrer quand je le souhaite. Le seul vrai problème, c'est la jalousie manifeste qu'il éprouve lorsque je vais rejoindre les autres ninjas pour boire un verre ou manger un morceau. J'ai beau lui expliquer que rien ne l'empêche de venir avec moi, il s'y refuse et se contente de me lancer des remarques cinglantes. La seule chose qu'il me reste à faire est de filer au plus vite.
Mes missions se déroulent bien. Je dois tout de même souvent supplier la vieille de me donner des missions d'un niveau plus élevée que le rang C. Elle rechigne encore à me lâcher la bride. C'est souvent en compagnie de Saï que j'effectue mes missions, et bien que nous passons notre temps à nous chamailler, j'ai l'impression d'avoir retrouvé un équipier. Quelque fois, nous sommes accompagnés de Kiba, ou de Shikamaru pour les missions les plus délicates. Parfois, j'hésite à demander si je ne pourrais pas devenir anbu. Je n'ai pas l'impression de me donner à fond, et je voudrais pouvoir leur prouver que je ne suis pas qu'un monstre.
Après avoir pesé le pour et le compte dans mon coin, je décide de demander conseil auprès de Shino. Il est devenu anbu il y a un an environs, et d'après Kiba, c'est quelque chose qui lui convient parfaitement. J'aurais pu demander à Saï mais il a été élevé dans la Racine et il n'a donc pas eu à passer d'examen d'entrée.
Je retrouve Shino chez Hinata. C'est grâce à elle que je peux le rencontrer, car elle est la seule à connaître ses déplacements hormis Kurenai. J'ai été obligé de lui demander d'organiser cette entrevue chez elle car il m'est impossible de trouver la maison de Shino en pleine forêt, perdue on ne sait où, et que, bien entendu, il est hors de question que Sasuke soit au courant. Il n'a pas besoin de savoir quoi que ce soit en ce moment puisque je ne suis encore sûr de rien. Inutile de l'énerver pour si peu.
Je me rends donc chez Hinata en prétextant une petite mission de dernière minute. J'arrive avec un peu de retard chez elle à cause de la mauvaise humeur des gardiens à l'entrée. Ils ont beau avoir pour ordre de me laisser passer, ils n'y mettent aucune bonne volonté. Je pénètre dans la demeure avec une escorte de servantes qui passent leur temps à faire la grimace dés qu'elles posent le regard sur moi. Tout le monde n'a pas oublié ce qu'il s'est produit à cause du jinchuuriki. Bah, ça n'a pas d'importance pour le moment. Ce qui importe, c'est de ne pas les tuer pour si peu, et de rester poli. Après tout, je suis un invité.
Je trouve Hinata et Shino autour d'une table, assis sur leurs genoux, une tasse de thé devant eux. Je les rejoins en m'excusant platement mais n'échappe pas aux foudres de Shino. Pendant ce temps, une jeune fille s'approche pour me servir du thé avant de se retirer dans la pièce d'à côté sans un bruit. Hinata la regarde avec un regard sévère et déclare, une fois qu'elle a fermé la porte :
-« J'ai beau leur dire de te traiter convenablement, rien n'y fait ! »
Elle m'adresse un sourire d'excuse.
-« Ne t'en fais pas, j'ai pris l'habitude depuis le temps. »
Je me mords la langue en me rendant compte que cette remarque est également valable pour eux. Effectivement, ils changent de posture et Hinata plonge son regard en direction du jardin visible depuis l'intérieur car on a ouvert les portes pour aérer la pièce. J'amorce aussitôt la conversation sur la raison de ma venue :
-« Shino, je m'excuse de t'avoir fait venir ici. Hinata t'a déjà tout expliqué ? »
Fidèle à lui-même, Shino a le visage caché par un grand capuchon plongeant, des lunettes de soleil, et un col montant. C'est assez désagréable de parler avec lui en se demandant en permanence quelles expressions il peut bien avoir. Surtout que je ne sais jamais s'il plaisante ou non.
-« En effet, elle m'a tout raconté, » dit-il. « Alors je t'écoute : que veux-tu savoir ? »
Je serre ma tasse de thé et respire profondément.
-« Penses-tu qu'il y aie une chance pour qu'on me laisse rentrer chez les anbus ? »
Cette première question est la plus importante à mes yeux. Elle permet également de rentrer dans le vif du sujet bien qu'elle semble les mettre mal à l'aise. Il y a de quoi tout comme moi, ils savent que je suis le jinchuuriki de Kyubi, le démon qui a ravagé le village par deux fois et tué bien plus. Il y a peu, je ne pouvais pas contrôler son pouvoir et j'ai essayé de venger la mort de Sakura en utilisant la créature que mon père a scellé en moi. La vraie question est de savoir si eux-mêmes me jugent digne de confiance.
-« Je pense que tu as des chances, » répond Shino avec calme. « Si tu réussis le test, tu seras accepté, même si cela dérange certaines personnes. Sinon, j'appuierais ta position avec l'aide de Saï et Shikamaru. »
-« Tu peux compter sur moi aussi, » ajoute Hinata. « Et je parlerais au nom des Hyuga, n'en déplaise à certain. Je suis sûr que Neji sera du même avis. »
Je leur souris à tout les deux.
-« C'est très gentil de votre part. »
Le temps où je n'étais que le jouet de Konoha a bien changé. Dorénavant, je peux m'appuyer sur des amis dignes de confiance. Il faut croire qu'après m'avoir trahis une fois, ils se sont rendu compte des dégâts. Si ce n'est pas le cas, je devrais m'en occuper par la suite.
Nous discutons ensuite des candidatures, inscriptions, examens, missions…Lorsque la nuit commence à tomber, et que nous avons finis de dîner, je décide de partir. Je remercie Hinata et sors avec Shino qui doit lui aussi rentrer. Nous échangeons encore quelques propos avant de nous quitter. Je rentre en baillant, satisfait d'avoir pris ma décision. Le soleil se couche paresseusement, teintant l'horizon de rouge. Les premières cigales de la saison se font plus discrètes, et haut dans le ciel, la lune se dessine déjà.
Je passe le grand portique rouge en sifflotant jusqu'à ce que je voie Sasuke, assis sur le perron, les yeux vrillés sur moi. Je m'arrête aussitôt et amorce un sourire. Son visage est carrément flippant.
-« Ben…Qu'est ce que tu fais là… ? » je demande en essayant de paraitre plus jovial que surpris.
-« Et toi, qu'est ce que tu faisais là-bas ? »
Le mordant de sa question ne m'a pas échappé. Il a l'air emplis d'une colère froide dont je ne comprends pas la provenance. Mais en réfléchissant à sa question, je distingue quelques pistes, et elles ne sont absolument pas bonnes. Je décide de lui demander la pire de toutes :
-« Tu m'as suivis ? »
Il marque un bref silence bien que ses yeux semblent vouloir m'enfoncer six pieds sous terre.
-« A ton avis ? »
Il a cette fâcheuse habitude de répondre à ma question par une autre question et, même si c'est tout à fait clair en tant que réponse, je trouve que c'est super chiant. Avec tout ça, il a l'air cool et sûr de lui. Je ne connais pas plus énervant que ce gars.
Je déglutis, tout sourire disparu de mon visage. Le fait qu'il m'espionne me met en colère, tout comme il doit l'être en ce moment parce que je lui ai mentis. Sauf que d'habitude, je mens, il ne remarque rien, et la vie continue.
-« Ecoute, on va dire que c'est un point partout, d'accord ? Je n'aurais pas dû mentir, tu n'aurais pas dû me suivre : fin de l'histoire, » dis-je.
Sasuke se lève, un poing sur les hanches, l'air visiblement moqueur et encore plus en colère qu'avant. J'hésite entre reculer ou avancer pour être honnête.
-« Et pourquoi n'aurais-je pas le droit de te suivre ? » commence-t-il. « Il y a une loi en vigueur interdisant de suivre les pas du grand Naruto Uzumaki ? A moins que ce ne soit un nouveau décret de cette vieille harpie dont personne ne m'aurait parlé ? Mais j'ai plus simple pour toi : et si j'avais simplement envie de me rendre chez Hinata et que je t'aie aperçu de loin ? »
Je me force à rire sans conviction.
-« Sasuke, tu réagis comme une femme soupçonnant son mari d'aller retrouver son amante ! »
Cette fois, la colère se lit bel et bien sur son visage. Je ravalerais bien mes propos si ce n'est que c'est trop tard. Il dévale les marches pour se retrouver en moins de deux secondes en face de moi, un sourire mauvais aux lèvres.
-« Et si c'était le cas… ? » dit-il. « Tu trouverais que c'est…comment étais-ce ? Ah oui, je me souviens : le summum du ridicule pour un Uchiha dépourvu de ses précieuses pupilles et sans le seul espoir d'avoir une descendance puisqu'il est gay. »
Il a beau dire cette dernière phrase sans y mettre de colère ou de malice, je pâlis à vue d'œil. C'est de ma propre réplique qu'il s'agit lors d'une soirée avec Lee, Tenten, Hinata, Saï, Ino, Chôji, et Yun, nous avions beaucoup bût à cause de la mission précédente qui nous avait coûté un camarade, et tout le monde a raconté des énormités ce soir là, bien que personne ne s'en souvienne vraiment. Lorsque le sujet a dérapé sur Sasuke qui était de nouveau libre, j'étais le moins ivre de la bande, et j'ai enchaîné les propos humiliants sur son compte. Je m'en souviens parce que c'est à partir de cet instant qu'Hinata n'a pas manqué de me répéter que je devais pardonner ceux qui m'avaient blessé. Il faut croire qu'elle n'était pas si saoule que ça.
Un frisson parcourt mon échine en repensant à tout ce que j'ai dis. Finalement, je garde mon calme et entame sur une voix presque neutre :
-« Je peux savoir depuis combien de temps tu m'espionnes ? »
Son sourire disparaît, mais la lueur furieuse de son regard reste intacte.
-« C'est très rare, une ou deux fois peut-être. Ce soir-là, j'étais inquiet parce que tu avais l'air déprimé par la mort de ton coéquipier. En allant te chercher pour rentrer, je ne pensais pas me retrouver collé à la paroi pour écouter de merveilleux commentaires sur mon compte. »
Je détourne le visage, affreusement coupable en imaginant la scène.
-« J'étais saoul, » dis-je.
-« Il parait que l'alcool délie les langues, » réplique-t-il sans ciller.
Je ne trouve rien à dire. Aucune idée ne me vient à l'esprit pour m'excuser. Sasuke me tourne le dos et rentre dans le pavillon. Avec un gros soupir, je me résigne à suivre le même chemin. Une fois à l'intérieur, la culpabilité me rend mal à l'aise. Je me répète qu'il devrait être mortifié pour tout ce qu'il m'a fait et qu'en comparaison, ce n'est rien, une broutille : et bien rien n'y fait, je me sens coupable, un point c'est tout. De plus, il faut que je lui dise quelque chose d'important.
Je cherche quelques instants après lui et finis par le trouver dans l'ancien bureau de son père. Il a allumé une lampe et lit attentivement un document posé devant lui, assis dans un fauteuil ressemblant à celui du Hokage. Il m'ignore complètement à mon apparition dans l'encadrement de la porte. Impossible de savoir s'il est trop concentré dans sa lecture ou s'il le fait exprès. J'hésite à retourner, puis je prends ma résolution à deux mains et me lance :
-« Je vais postuler pour devenir anbu. »
Etrangement, ce mot magique m'accorde toute l'attention de Sasuke. D'abord surpris, il me demande de répéter. Puis ses sourcils se froncent et je sens l'orage arriver lorsqu'il s'installe contre le dossier de son siège.
-« Je ne sais pas par où commencer : dois-je d'abord te traiter d'imbécile et après t'énumérer le nombre de raisons pour lesquelles tu n'y arriveras pas ou l'inverse ? »
Je ne réponds pas et garde une expression ferme, déterminée. Il n'est pas question d'être déstabilisé maintenant, certainement pas par lui. Tout ce que j'ai souffert jusqu'à aujourd'hui, tout ces cauchemars qu'il m'a fredonné, je vais pouvoir en tirer enfin profit. Ce qui sort de sa bouche ne peut plus me blesser. Durant deux ans, j'ai tout encaissé et je ne cèderais pas plus qu'avant. Je suis moi, un être humain, un ninja de Konoha, Uzumaki Naruto, le prochain Hokage !
-« Ho, voilà une expression que je n'avais plus vue depuis longtemps… » dit-il un ton plus bas.
-« Je vais devenir anbu, que ça te plaise ou non, » je réplique froidement.
Un long silence accueille cette déclaration. Je me force à ne pas le quitter des yeux. Je ne pensais pas que ce serait si difficile de l'affronter après avoir courbé le cou autant de fois. La sueur dégouline dans mon dos et une partie de mon esprit s'enchante à me remémorer tout ce qu'il m'a déjà fait et ce qu'il pourrait encore faire. Je lutte pour ne pas perdre contre moi-même, et contre lui.
Finalement, il ferme lentement les yeux et secoue légèrement la tête. Il se lève de son siège et vient se planter en face de moi. Une terreur due à mes souvenirs s'enfle mais je la réprime sèchement. Je n'ai aucune raison d'avoir peur de lui ! Je suis bien plus fort, et il ne peut pas utiliser ses pupilles pour me forcer à lui obéir ! Il faut que je reste calme. Je vais gagner.
-« Très bien, deviens anbu, Hokage, ou tout ce qui te plait, » dit-il d'une voix qui me glace. « Tu as toujours été quelqu'un de social, et c'est normal que tu cherches à être reconnu. Cependant, n'oublie pas que tous, moi y compris, nous t'avons trahis de la pire des façons. »
Cette réplique me désarçonne. Je ne sais pas quoi penser, et mes vieilles blessures se rouvrent aussitôt. Je grimace et veut tourner les talons, mais il me retient par l'épaule.
-« Tous, tu m'entend ? Et pire encore, ils ont reniés ton existence, ils t'ont mis plus bas que terre et traité comme un outil. Tu peux penser ce que tu veux de moi, je sais être le pire de tous à tes yeux, mais n'oublie pas que le seul qui t'aies toujours vu comme un être humain, c'est moi. Il n'y a personne d'autre, pas même ta chère Sakura. »
Il marque une courte pause avant de continuer avec cette voix qui devient lancinante :
-« Tu peux me faire payer bien des choses, tu peux aussi raconter ce que tu veux sur mon compte je n'en n'ai rien à foutre, mais il y a une chose que tu dois savoir et je vais te la dire. Ecoute ! » dit-il en resserrant sa prise sur moi tandis que je tente de ne plus entendre le moindre mot. « Si tu crois que je vais gentiment jouer à ce jeu, tu te trompes. Je vais mettre les choses au clair : je te donne une semaine. Tu as une semaine pour me donner une véritable réponse et tu sais très bien de quoi je parle. Si au bout d'une semaine, tu ne sais toujours pas, ou si tu te rends compte que tu me déteste, alors je ne serais plus aussi gentil. Je vais même te dire que je ne te laisserais plus m'insulter sans raison et s'il faut que je devienne aveugle pour ça, tant mieux ! Tu seras condamné à t'occuper de moi au lieu de devenir Hokage. »
-« Tu plaisantes… ? » je parviens à articuler.
-« J'en ai l'air ? » dit-il avec colère avant de se calmer à nouveau. « Si tu veux laisser tomber toute cette histoire, alors abandonne moi avec. Si tu me cherche des ennuis par la suite, tu me trouveras au bout, je te le promets. Alors, tu as compris ? Une semaine, ce devrait être assez, même pour un crétin dans ton genre. »
Sur ces derniers mots, il quitte la pièce et me laisse seul dans le noir, debout, à ressasser la scène en boucle.
-« Une semaine pour aimer Sasuke. Ca ferait un bon titre pour l'un de mes tableaux. »
-« N'en rajoute pas tu veux ? »
-« Il n'empêche ça se résume à ça. Mais pourquoi est-ce que c'est chez moi que tu viens chercher des conseils ? Je ne pense pas être très bon dans le domaine des sentiments. »
-« Parce que tu es le seul membre de la team 7 à qui je peux parler, c'est tout. »
Assis sur un banc de Konoha, je sirote un jus de fruit frais en compagnie de Saï qui peint des enfants occupés à jouer à la balle au prisonnier. En réalité, j'aurais aimé en parler avec quelqu'un d'autre, sauf qu'il ne me reste plus grand monde. Parler avec Saï est plus facile car il dit ce qu'il pense contrairement aux autres.
-« Si les autres étaient encore vivants, dans quel ordre tu serais venus nous parler ? » demande Saï.
-« Sakura d'abord, puis Kakashi, et ensuite toi. J'en sais trop rien…et qu'est ce que ça peut te foutre ? » je rétorque.
Il me sourit sans répondre. Je lui ai déjà raconté tout ce qu'il s'est passé la veille, et j'aimerais une réponse, un avis, n'importe quoi qui m'aiderait à comprendre ce qu'il s'est passé. J'insiste donc auprès de lui et il sirote encore un peu avant de reprendre la conversation, la vraie, là où il l'avait laissée :
-« A mon avis, il n'a pas tord. »
-« Comment ça ? » je m'exclame avec une mine offusquée.
-« Tu sais, même de mon point de vue, on dirait que tu le prends pour le roi des crétins alors que c'est tout l'inverse. Ne fais pas cette tête, je ne sais pas si tu le fais exprès mais tu le prends toujours de haut. Bah, il l'a mérité… »
Etonné, je penche la tête vers le sol. Dans mon esprit, j'ai plutôt l'impression que c'est moi qui suis sans cesse rabaissé. Même s'il est vrai que dés qu'il a le dos tourné, je n'hésite pas à clamer tout haut sa vraie nature d'enfoiré.
-« Alors ? » reprend Saï.
-« Alors quoi ? »
-« Qu'est ce que tu comptes faire ? Tu n'as qu'une semaine, et à mon avis je ne t'aide pas beaucoup. »
-« C'est déjà bien que tu le saches…Tu m'embrouille toujours plus, » je réplique en lui jetant un regard agacé.
Il sourit à nouveau à ces mots et je ne peux m'empêcher de me dire qu'il est vraiment aussi agaçant que Sasuke, bien que ce soit dans un autre genre. Je pousse un long soupir.
-« Je ne sais pas, » est ma réponse. « Je ne vois pas où il veut en venir. »
-« Je pense qu'il en a marre que tu le prennes pour con. »
En voyant ma tête, Saï reprend aussi vite :
-« De toutes façons je ne peux pas t'aider. Je ne connais pas bien Sasuke, je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre vous, et je ne peux pas choisir à ta place. »
J'ouvre la bouche pour répliquer et finit par la refermer. Il a raison. Je le sais bien. Je me lève et jette le carton de jus de fruit dans la poubelle avant de m'étendre. Si on regarde du bon côté des choses, il fait un temps splendide à Konoha, c'est les vacances pour les enfants, il n'y a pas de guerre en vue. Sauf qu'en cet instant, ce n'est pas vraiment mon problème.
Je prends congé de Saï et vadrouille dans le centre-ville en observant les gens et les échoppes des magasins. Je n'aime pas d'être confronter à un choix, alors je préfère ne pas y penser et me détendre les idées à la place. De plus, si je m'attarde dessus, les mauvais souvenirs reviennent à la pelle. Non, décidemment, il est bien plus agréable d'aider une vieille dame à porter ses courses, d'arrêter un voleur, d'aider un homme à réparer son étagère…Je n'ai pas besoin de réfléchir tout de suite, il me reste une semaine pour répondre. Rien ne presse.
Du moins, c'est ce que je pensais jusqu'à ce que je rentre, que Sasuke apparaisse brusquement de retour de mission, et m'annonce de but en blanc :
-« Demain, on sort, alors ne prévoit rien. »
Je tente de protester, de demander quelque chose, d'ouvrir la bouche, mais il est indiscutable que la décision de Sasuke est un roc qui ne bougera pas d'un millimètre. Il passe sous mon nez sans que je puisse faire quoi que ce soit d'autre. Abattus, je décide de faire des ramens que je file manger dans ma chambre en espérant que demain il aura tout oublier, y compris mon existence. J'observe le plafond et repense à ces jours désormais lointains où je n'avais que cette occupation pour tuer mes journée. Il est vrai que si Sasuke n'était pas intervenu, j'en serais toujours au même point. Maintenant j'ai des journées tellement remplies que je ne sais où donner de la tête. Pourtant, une partie de moi refuse d'admettre que c'est grâce à lui. Pas avec tout ce que j'ai souffert pour en arriver là.
Je me roule en boule et fourre mon visage dans mon oreiller. Je ne veux pas y penser. Ces souvenirs m'empoisonnent trop ces derniers temps. Peut-être que je devrais simplement oublier Sasuke et tout le reste. Je ne sais plus. J'aimerais que Sakura soit là pour m'aider…
Réveil en fanfare. J'ouvre des yeux endormis alors que Sasuke termine de vider son verre d'eau sur ma tête. Je pousse un cri indigné qui ne lui fait absolument rien, puisqu'il n'éprouve aucune culpabilité. De son visage impassible, il se contente de me demander si je suis réveillé.
-« Qui ne le serait pas après ça ? » je hurle en m'essuyant avec ma couette.
Satisfait, il m'annonce que le petit-déjeuner est prêt et qu'il est déjà 10 heures. Je grogne en protestant qu'on est dimanche mais il m'arrache mes couvertures sans la moindre pitié et en moins de deux, je me retrouve à table, les yeux émerveillés, l'estomac gargouillant : devant moi trône du pain, du miel, du fromage blanc, du lait, du jus d'orange, de la confiture, des fruits, des omelettes bien jaunes, du riz assaisonné de sésame, de la soupe miso fumante, une théière contenant sûrement du thé noir, et des sandwichs. Ebahis, je me tourne vers Sasuke qui s'affère à se servir une tasse de thé. Lorsque je lui demande pourquoi il y a tant de chose sur la table, il hausse les épaules et se contente de me dire de bien manger car nous déjeunerons tard.
A la fin du repas, je suis repu. Je débarrasse la table en espérant déjà pouvoir retourner me coucher. Sauf qu'il n'en n'est pas question puisque Sasuke me lance mes chaussures à la figure dés que je suis habillé et m'ordonne de me dépêcher. En râlant, je les enfile et le retrouve dehors. J'ai du mal à contenir ma surprise en le voyant vêtu d'un jeans noir et d'une chemise blanche dont il a retroussé les manches et laissé quelques boutons ouverts. Il me jette un sac à dos dans les bras, ce qui me remet les pieds sur terre.
-« Où est-ce qu'on va ? » je demande.
Il se retourne, me dévisage un instant, puis se met à marcher. C'est à cet instant que je me rends compte que je suis passé au rouge sans m'en rendre compte. Mortifié, je le rattrape en prenant garde de rester derrière lui. Il emprunte alors la route qui traverse l'ancien quartier des Uchiha. J'observe les alentours en me demandant pour la énième fois où nous allons quand il se met à suivre un sentier très fin où les herbes folles poussent en travers. Peu confiant, je décide de prendre encore un peu de distance par rapport à lui.
Nous traversons dans le plus grand silence, nous éloignant lentement des maisons, et nous enfonçant dans la forêt. Les pentes sont de plus en plus nombreuses, et je me rends compte que nous gravissons en réalité un pic. La végétation se fait plus dense, et il faut parfois écarter des branches pour réussir à passer. Les insectes bourdonnent régulièrement près de moi. Les oiseaux crient plus qu'ils ne chantent tandis que les criquets rejoignent cette cacophonie. J'observe le dos de Sasuke qui ne bronche pas en me répétant que tout va bien sans grand succès car cet endroit me rappelle l'ancien temple de bois situé près du repaire de l'Akatsuki. Elle me rappelle des horreurs que je souhaite ne plus voir défilées dans ma tête.
J'hésite à dire à Sasuke que j'en ai assez, que je veux faire demi-tour car il fait trop chaud. Puis nous arrivons dans un espace dégagé fait de rocs où le vent frais vient me rafraichir. Sasuke décide de faire une pause et sort une bouteille de son sac à dos. Je l'imite et avale une bonne partie de son contenu sans le quitter des yeux ce qu'il ne tarde pas à remarquer. Il me dévisage à son tour et je préfère d'un seul coup admiré le paysage en contrebas. D'ici, les maisons de son clan paraissent minuscules, et le lac ressemble à une goutte d'eau. Seule la montagne de Konoha se distingue avec ses figures de pierres.
Sans un mot, Sasuke reprend la route. Je me retourne, hésite, puis décide de le suivre. La forêt redevient épaisse, assourdis les sons, les épineux deviennent plus nombreux, leur sève emplissant l'air de son parfum. Je m'essuie la sueur du front du dos de ma manche tandis que nous continuons de monter toujours plus. Lorsque je me retourne, je constate que nous faisons le tour de cette montagne car le village s'éloigne de plus en plus. Je trébuche sur une racine ce qui attire l'attention de Sasuke. Il se retourne, m'observe quelques instants, puis continue sa route. J'ai dans la bouche ces mots qui refusent de sortir.
Les insectes bourdonnent vicieusement en essayant de me voler un peu de sang. Le bruit d'une rivière résonne alors au loin, mélodie enchanteresse se mêlant à la musique des oiseaux. Nous arrivons face à un mur de pierre d'où dépassent des marches de bois rudimentaires. J'observe Sasuke les gravir en silence avant de le suivre en sentant mes poils se dresser à l'approche d'un danger invisible. Je monte en essayant de ne pas regarder par terre et en espérant que le bois ne cède pas. L'escalier positionné en colimaçon me permet de voir ce qui nous entoure une rivière serpentant entre les rochers, une grotte sombre où boivent une biche et son faon qui s'enfuient en me voyant, et la forêt à perte de vue, avec toujours comme seul repère, la montagne de Konoha. Un bruit me stop net. Le souffle arrêté, j'écoute, aux aguets, pétrifié, puis horrifié lorsque je l'entends à nouveau : le son d'une petite clochette.
Je lève la tête et voit une structure de bois brûlés qui se dessine. Je me mets à monter si vite que je manque de tomber. Là-haut, dans une chaleur torride, il y a les vestiges d'un ancien temple et une petite clochette rouillée qui se balance au gré du vent. Je dévisage la scène, n'en croyant pas mes yeux, et Sasuke se tient au milieu, le parquet craque sous ses pieds lorsqu'il marche, il se tient au milieu sans éprouver la moindre émotion, il est juste là, sous mes yeux, là ! Je suffoque en essayant de crier bien que je reste sans bouger, l'horreur traversant lentement tout mes membres. Sasuke me regarde alors. Il se rapproche de moi à grand pas, le bois tremble, donne une impulsion à mon cerveau soudain réalise que tout est bien réel, que je me trouve bel et bien ici, dans ce qui fut ma prison. L'ancien repère de l'Akatsuki.
Il me saisit par le bras et je m'interroge avant de constater que je suis sur le point de tourner les talons et de fuir cet endroit maudit. Par pur réflexe, je lui assène un violent coup de poing qui le fait lâcher prise. Sous l'impact, il recule un peu, des écorchures au coin de la lèvre, il me dévisage alors que je retrouve enfin le souffle.
-« QU'EST-CE QUE C'EST QUE CAAAAA ? »
Je respire bruyamment, la chaleur me montant à la tête et la nausée me gagnant si vite que j'en ai le tournis. Sasuke frotte le coin de sa bouche de son poing sans se départir de son calme.
-« Qu'est ce qu'on fait là ? » je hurle, frappé d'effroi. « C'est pas possible, hein ? C'est une blague ! Réponds ! Le repère de l'Akatsuki ne pouvait pas être aussi près ! C'est pas… »
Je comprends que si, c'est possible. Konoha n'aurait pas cherché à les trouver dans son propre pays. Pas aussi près. Et Sasuke connaissait parfaitement la région, le domaine de son clan. Il pouvait donc savoir qu'il y avait une cache aménagée ici, sur les plateaux du district Uchiha. Disposé aux yeux de tous. J'étais ici, à Konoha, mais je ne pouvais rien faire. Il n'y avait rien à faire si ce n'est attendre et laisser Sasuke faire ce qu'il voulait de moi.
-« Comment… » dis-je en essayant de reprendre mon souffle. « Comment tu as pu faire ça… ? Comment tu as pu… ? J'étais là ! J'étais à Konoha ! Et toi tu…Qu'est ce que…Pourquoi on est là ? Pourquoi tu m'as amené ici ? »
Dans cette question, il y a un cri d'hystérie que je dissimule mal. Les émotions se mêlent et se démêlent en moi : colère, peur, malaise, anxiété, panique, rage, désespoir, honte, douleur…Ecœuré, j'attends sa réponse sans trop savoir quel sera ma réaction. Il se déplace jusqu'à un certain point, observe les alentours, le visage dénué de la moindre émotion. Il se retourne enfin pour m'affronter.
-« C'est ici, pas vrai ? C'est ici que je t'ai brisé pour de bon. »
Il désigne du doigt le sol et je déglutis sans oser regarder. J'ai le vertige rien que d'y penser.
-« Alors c'est ici qu'il fallait revenir, » poursuit-il. « Puisqu'il n'y a que dans un endroit pareil où tu risques enfin de dire autre chose que des conneries. »
-« Qu'est ce que tu veux dire… ? »
Il me regarde sans ciller, comme si nous parlions du repas de ce soir, comme si rien ne pouvait l'affecter.
-« Allez, » dit-il. « Dis tout haut ce que tu penses, dis-moi ce que tu penses vraiment. Tu as envie de me frapper ? De fuir ? De pleurer ? Je t'ai amené à l'emplacement où j'ai détruit tes espoirs, tes rêves, où je t'ai trahi pour la énième fois. Je t'ai drogué, puis violé. J'ai emprisonné le sceau de ton père pour qu'il ne soit plus une gêne. Je t'ai détruis, ici même. S'il n'y avait pas eu Sakura… »
-« LA FERME ! »
-« S'il n'y avait pas eu Sakura, » reprend Sasuke d'une voix plus forte. « Tu serais toujours dans le même état. Tu serais ma chose. Le joujou de Konoha. La créature qu'on envois pour tuer et qu'on désire voir mourir. »
Je pensais que plus rien ne m'attendrais, que j'étais devenu plus fort qu'avant. Pourtant, en cet instant, je ne ressens que de la douleur et une infinie tristesse. Ma haine se ravive à chaque mot alors que les souvenirs viennent me harceler.
-« Tais-toi ! Tais-toi, s'il te plait… ! » je le supplie. « Arrête ça… »
-« Tu étais sous leurs yeux et personne n'a réussit à te trouver avant un bon moment. Et si Sakura n'avait pas insisté, personne ne serait venu te sauver. Parce que personne ne voulait de toi à cette époque. Tu étais devenu le monstre qui a ravagé le village. A cause de moi. »
Je porte les mains à mon visage, des larmes jaillissent de mes yeux sans que je ne puisse les arrêter. Dans des murmures saccadés, je continue de lui demander de se taire. Une bile infâme me remonte dans la gorge, la chaleur me rend malade et tout me devient insupportable. Pire encore, je serais prêt à tout pour qu'il s'arrête. Je veux qu'il s'arrête !
-« Le village t'a vendu à son pire ennemi, moi, le clan Uchiha, afin de t'asservir complètement, » continue Sasuke. « Chaque jour, j'ai fait de toi ce que je voulais en laissant libre cours à ma folie. Personne n'a osé dire quoi que ce soit puisqu'il n'y avait plus d'autre utilisateur du sharingan. Tu luttais, tu te débattais malgré tout, ce qui t'a tué lentement. Et puis tu es mort, laissant enfin le village soulagé du poids de cette vie. Qui t'a pleuré hormis la vieille Tsunade ? Moi, parce que j'étais fou de toi, moi qui ai abusé de toi, moi qui t'ai empêché de tuer les assassins de Sakura, moi qui t'ai fait souffrir le plus. Le seul qui t'a aimé tout du long est celui que tu haïs le plus. Alors, qu'est ce que… »
Enfin.
Enfin, plus un son ne sort de sa bouche. Tout s'arrête. Son visage se déforme sous la douleur et sa bouche s'ouvre comme dans un cri muet. Il ne peut plus faire de bruit, il ne peut plus me faire de mal. Mes mains serrent, serrent, elles pressent son cou et son visage devient rouge, il s'empourpre, ses yeux se dilatent. Mes larmes dégoulinent sur lui mais c'est sans importance. Il se débat, agrippe mes bras, tape dessus. Il s'effondre sur le sol et je le suis dans sa chute. Ce n'est pas grave, car mes mains le tiennent et elles ne le lâcheront pas. Accroupis, je maintiens la pression pour ne plus rien entendre, pas le moindre souffle sortir de ses lèvres. Il ne se débat plus. Sa main tient la mienne et ses yeux ne quittent pas mon visage. Il a un léger sourire aux lèvres.
Alors je le lâche et me met à pleurer. Je cache mon visage dans ces mains qui ont faillis tuer une fois de plus. Mes sanglots résonnent trop fort, et ma poitrine me fait si mal que j'aimerais me l'arracher. Puis, sans trop savoir, je me retrouve dans les bras de Sasuke, trempant sa chemise. Je tente d'évacuer cette peine et pleure sans m'arrêter bien qu'un coin de ma tête me traite d'enfant. J'ai juste si mal. Si mal d'avoir essayé, manqué, de le tuer, lui qui est maintenant en train de me réconforter, de me caresser les cheveux en murmurant des mots apaisants.
Lorsque plus une seule larme ne coule le long de mes joues, lorsque ma respiration s'est enfin apaisée, lorsque mes sanglots laissent la place aux chants des oiseaux, je continue de m'agripper à lui, si bien qu'il doit écarter ma tête de son épaule. Il dépose un baiser sur mon front mais je n'ose pas le regarder. J'ai honte, vraiment honte. Je me comporte comme un gamin alors que lui, il se comporte comme un adulte. Un adulte salaud, mais un adulte quand même.
-« Je te déteste, » je murmure.
-« Je sais, » répond-t-il. « Je suis désolé. »
-« Je te déteste quand même…»
-« Pardon. »
Je percute enfin. Je redresse brusquement la tête avec des yeux ronds.
-« Qu'est ce que t'as dit ? »
-« Que j'étais désolé, » dit-il en détournant les yeux comme si c'était un effort surhumain.
J'ouvre la bouche, puis la referme. Avec un sourire, je lui dis :
-« J'ai pas bien entendu. »
-« T'exagères ! » s'exclame-t-il.
-« Tu as ruiné ma vie, » je rétorque.
Avec une mine agacée, il reprend donc :
-« Je suis désolé. »
-« Ah ! Ben tu vois quand tu veux ! »
Il me dévisage et je ne saurais dire s'il est en colère ou s'il est gêné. Quoi qu'il en soit, il en profite pour m'embrasser ce qui me fait virer au rouge cramoisis. Sasuke a un sourire satisfait qui m'énerve. Bon, je n'ai rien à dire vu la situation. J'ai quand même faillis le tuer. N'empêche que c'est un connard qui l'a fait exprès.
-« Pourquoi tu as fait ça ? » je demande en me relevant.
-« Quoi donc ? » fait-il en jouant les ignorants.
-« Me pousser à bout. »
-« Pour savoir ce que tu penses vraiment, je te l'ai déjà dit. Tu ne m'écoutes pas ou tu oublies trop vite ? »
Je lui lance un regard agacé qui l'amuse au plus haut point.
-« Et je pense à quoi ? »
Il s'époussète les vêtements en prenant tout son temps pour répondre.
-« Tu penses que je suis un vrai salaud, que tu me détestes, mais que tu as quand même des sentiments pour moi. »
-« N'importe quoi… » dis-je en essayant de jouer le jeu bien que son sourire ne m'échappe pas.
Cependant, je me sens mieux. Plus léger, moins haineux envers tous. Je l'observe du coin de l'œil et me rend compte qu'il n'a pas tout à fait tord. Au lieu de simplement le détester, je m'y attache de plus en plus. Il fait toutes sortes de choses que je ne comprends pas. Il me fait tourner en bourrique et s'amuse de me voir tomber dans touts ses plans. C'est un égoïste pervers égocentrique qui prend son pied en me torturant. Malgré tout, il est plus proche du Sasuke que j'ai connu que jamais.
-« Bon, on rentre ? »
Avec un dernier regard sur cet endroit plein de mauvais souvenirs, j'entame la descente des marches en me demandant dans quel piège je vais bien pouvoir encore tomber…
To be continued in « Over Night »…
