Chapitre 23 : « Millésime », Pascal Obispo

Les jours s'écoulaient, défilant à une allure effrénée. Le mois de mars était arrivé rapidement, amenant avec lui un peu plus de douceur et de soleil.

Hermione et Severus avaient pu se revoir, mais il insistait toujours pour qu'ils se quittent rapidement. Il avait toujours l'air anxieux et inquiet, malgré tous les efforts de la jeune fille de l'apaiser. Au fond de lui, il ne savait plus ce qui était le plus douloureux : être séparé d'elle ou voir la douleur dans ses yeux quand il lui disait de repartir. Il aurait voulu la garder avec lui, mais c'était devenu trop dangereux …

Aujourd'hui, il faisait beau, le soleil brillait et il n'y avait presque pas de vent.

« Un temps parfait pour le match !, s'était exclamé Ron

-C'est sûr !

-Il ne faut pas que Serdaigle gagne …

-Arrête Ron, il n'y a aucune chance que Serdaigle gagne. Notre technique est bien rodée …

-Je sais Harry, mais avec les Serdaigle, on ne sait jamais à quoi s'attendre : une fois ils jouent comme des Scrout à pétard et une fois, ils jouent comment Merlin !

-Allez, reste calme et ne stresse surtout pas ! »

Ron acquiesça mais on voyait bien sûr son visage qu'il était stressé quand même. Hermione et Ginny discutaient quant à elles de tout et de rien. La rousse avait réussi à convaincre son amie d'assister au match exceptionnellement.

Ils quittèrent joyeusement la salle commune des Rouges et Or pour se rendre sur le terrain de Quidditch. Il était rare de voir autant de monde dans les couloirs. Tout le monde se bousculaient, se poussaient et une atmosphère d'euphorie régnait dans tout le château.

Harry, Ron et Ginny réussissaient à se frayer un passage assez facilement tandis qu'Hermione était un peu plus en retrait. Elle s'évertuait à suivre ses amis, tentant tant bien que mal de se frayer un passage parmi tous les élèves.

Elle trébucha soudainement dans les escaliers de pierres, dévalant le reste des escaliers violement.

« Hermione ! », s'exclama Ginny en découvrant son amie au bas des escaliers.

La Lionne avait la vue trouble et la tête qui lui tournait. Elle porta sa main à ses cheveux, et sentit un liquide chaud sur ses doigts. La vue du sang sur ses mains lui fit tourner de l'œil et elle retomba lourdement sur le sol.

« Il faut l'emmener à l'infirmerie !, s'écria Harry

-Occupez-vous d'elle, je dois aller chercher un professeur ! », Dit-elle en s'éloignant dans le couloir.

La rouquine courait aussi vite que ses jambes le lui permettaient. Au détour d'un couloir, elle percuta Severus et Cashia.

« Professeur ! Il faut que vous veniez !, dit-elle inquiète

-Miss Weasley, calmez-vous s'il vous plait …, répondit Cashia calmement.

-Professeur Rogue, s'il vous plait …, dit-elle en insistant sur le nom du professeur tout en le regardant dans les yeux.

-Que voulez-vous, Miss ?, demanda-t-il froidement.

-Monsieur, c'est Hermione ! Il faut que vous veniez !

-Miss Weasley, Miss Granger est une Gryffondor ! Vous devez aller en informer sa directrice de Maison s'il y a un problème …, répondit le professeur de DCFM avec un sourire mauvais sur les lèvres.

Ginny la toisa d'un regard froid et furieux.

-Bien, Madame ! Je croyais que c'était le rôle des professeurs de prévenir des accidents dans l'école, peu importe la Maison de l'élève ! Mais apparemment, je me suis trompée … Le Professeur McGonagall sera certainement disposée à nous aider, elle ! », Dit-elle avant de tourner les talons pour courir à sens inverse.

La rouquine arriva en catastrophe à l'infirmerie, Dumbledore était déjà arrivé ainsi que la Directrice de Maison des Gryffondors.

« Il faut l'emmener à Sainte Mangouste tout de suite ! », dit l'infirmière en catastrophe.

Les trois amis étaient plus qu'inquiets pour leur amie. Hermione était toujours inconsciente et ne semblait donner aucun signe de vie, si ce n'est sa poitrine qui se soulevait lentement.

Le Directeur appela l'hôpital des sorciers par cheminettes et dans l'instant d'après, les médicomage étaient là et embarquaient la jeune fille.

Le Directeur et la Directrice de Maison avaient accompagnés la jeune fille à l'hôpital.

« Que s'est-il passé ?, demanda le médicomage en chef du service.

-Elle a fait une chute dans les escaliers et s'est cognée la tête. Depuis, elle a perdu connaissance et n'est pas revenue à elle …

-Est-elle allergique à quoi que ce soit et a-t-elle subie des interventions par le passé ?

-Nous n'en savons rien … Miss Granger est d'origine Moldue donc nous n'avons pas son dossier médical.

-Est-elle malade pour le moment ?

-Non mais …

-Quoi, dépêchez-vous, nous n'avons pas de temps à perdre !

-Elle en enceinte !

-De combien ?

-Deux mois et demi environ …

-D'accord … Nous la prenons en charge !

-Est-ce que … ?

-Nous n'en savons rien madame … Pour le moment, nous allons lui faire passer une batterie de tests, nous verrons selon les résultats.

-Pouvons-nous rester ?

-Oui … Venez, l'attendre dans sa chambre … ».

Les deux sorciers suivirent le médicomage dans une petite chambre très simple et immaculée. Le lit n'était plus là, il y avait une petite table en bois avec deux chaises assorties. Il y avait une grande fenêtre qui donnait, lorsque l'on relevait les stores, dans le couloir.

« Que faisons-nous, maintenant, Albus ?

-Nous ne pouvons la laisser seule, Minerva …

-Je me propose pour rester, déclara-t-elle en relevant la tête

-Bien, tenez-moi au courant dès qu'il y aura des nouvelles. Je dois absolument retourner à l'école …

-Pas de problèmes, je vous appelle dès que Miss Granger est de retour.

-Merci, Minerva. Je vous enverrai quelqu'un pour vous remplacer plus tard …

-Ce n'est pas nécessaire, je peux très bien rester ici.

-J'insiste … », Dit-il simplement avant de se diriger vers la porte.

La Rouge et Or, maintenant seule dans cette chambre, s'assit sur une des chaises, attendant anxieuse la venue du médicomage et de la jeune fille.

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Vers le milieu de journée, Minerva vit arriver l'un de ses collègues pour la relever comme le Directeur l'avait annoncé.

« Severus ?, dit-elle surprise, C'est vous que Dumbledore a envoyé ?!

-Il semblerait, dit-il d'une voix pleine de sarcasme

-Bien … Miss Granger n'est toujours pas revenue de la salle d'examens.

-Je vois ça, dit-il toujours sûr le même ton.

-Vous pourriez cesser vos sarcasmes pour une fois !, répondit la Lionne excédée et à cran.

-Je fais encore ce que je veux ! Vous pouvez disposer maintenant …

-Comment ça, je peux disposer ?!, dit-elle choquée, Je te rappelle que je suis son professeur au même titre que toi ! Et en plus, je suis sa Directrice de Maison !

-Mais tu as des cours à donner ! Alors que moi, je n'en ai plus …, dit-il avec un air satisfait.

-Et alors ? Si je veux, je ne vois ce qui m'empêchera de rester au chevet de mon élève ! ».

L'homme qui les avait accueillis à leur arrivée, entra dans la chambre, interrompant la querelle des professeurs.

« Quelles sont les nouvelles ?, demanda l'écossais, sa voix trahissant l'inquiétude.

-Malheureusement, nous n'en savons pas beaucoup plus. Même si Miss Granger s'est réveillée, les résultats des tests ne sont pas encore rendus. Nous ne savons pas encore qu'elle est la cause exacte de sa perte de consciente.

-Ne croyez-vous pas qu'une chute dans des escaliers de pierres soit une cause ?, demanda le Maître des potions sans quitter ses habituels sarcasmes.

-Excusez-moi, Monsieur, je ne crois pas que nous avons été présenté …

-Professeur Rogue, Maître des Potions, répondit sèchement le principal intéressé.

-Vous devez savoir, Professeur, qu'après une chute dans les escaliers, peu de personnes restent inconscient si longtemps. Nous soupçonnons donc qu'autre chose en soit la cause … »

Le Maître marmonna dans ses dents, tandis que Minerva souffla d'exaspération.

« Bref, quand est-ce que Miss Granger sera remise totalement et pourra rentrer à l'école ?

-Je ne peux pas encore vous donner de date précise, Madame. Il faudra attendre les résultats de tous les tests et après, nous aviserons. », Dit-il simplement.

Une jeune femme habillée d'une robe de sorcière blanche arriva, avec à sa suite, un lit roulant où la jeune Gryffondor était allongée.

Sa Directrice s'avança doucement, la prenant doucement par la main dans un geste maternel.

« Comment vous sentez-vous, Miss ?

-Je crois que ça va, Madame … J'ai juste encore mal à tête.

L'homme en chef du service s'avança et s'appuya sur les barreaux aux pieds de la jeune fille.

«Miss, nous n'avons pas encore pu déterminer avec exactitude la raison de votre perte de conscience donc, en attendant de recevoir tous les résultats, nous allons vous traiter pour apaiser vos douleurs et vous remettre sur pieds.

-Bien. Pourrais-je rentrer rapidement à Poudlard ?

-Comme je l'ai expliqué à vos professeurs, tout cela dépendra de vos résultats d'examens. Maintenant, vous devez vous reposer …

-Mais je ne le sens pas si mal …, se plaignit-elle

-Nous ne pouvons prendre aucun risque, surtout que vous n'êtes pas seule …

-Quoi ?!, demanda-t-elle d'un air surpris et coléreux.

-Avant que vous ne parliez, vous devez savoir que vos professeurs ont un raison de m'en parler. Certains remèdes sont à proscrire dans votre cas et les utiliser auraient pu avoir de fâcheuse incidence sur le développement de l'enfant. »

La Lionne acquiesça tout en regardant ses professeurs.

« Tant que vous êtes ici, nous allons en profiter pour faire ce qui s'apparente à une échographie chez les Moldus, expliqua l'homme avec un sourire.

-Ca veut dire que je pourrai le voir ?, demanda-t-elle pleine d'espoir.

-Dans ce domaine, nous sommes plus évolués que les Moldus. Vous pourrez donc le voir, l'entendre et avec de la chance, je pourrai vous dire si vous attendez un garçon ou une fille ?, dit-il avant de partir.

-Miss, je dois rentrer à Poudlard, mais le professeur Rogue restera pour veiller sur vous …, intervint le professeur McGonagall d'un air maternelle.

-Bien, Madame.

-Si vous avez besoin, je serai disponible.

-Ne vous inquiétez pas. Je vais me reposer un peu et tout ira bien … Et puis, le professeur Rogue est là », dit-elle en le regardant.

Severus ne disait rien, se contentant de regarder l'échange entre les deux femmes. Sa collègue agissait comme une mère inquiète à l'égard de sa fille. Voir sa petite protégée à l'hôpital l'avait inquiété, il n'en faisait aucun doute, mais beaucoup plus que ce que l'on pouvait attendre d'un professeur. Il savait pertinemment que sa collègue n'avait pas d'enfants alors … Peut-être considérait-elle Hermione comme sa fille.

Hermione … Elle avait beau dire qu'elle allait bien, elle était pâle. Pas vraiment blanche, mais sa peau était terne et semblait avoir perdu de ses couleurs. Pourtant, un grand sourire étirait ses traits depuis que le médicomage avait parlé du bébé. Au plus profond de lui, il était heureux d'être arrivé à Sainte Mangouste. Maintenant, il pourrait veiller sur elle et sur le bébé.

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«Harry, tu as des nouvelles d'Hermione ?, demanda Ginny inquiète

-J'ai croisé McGonagall qui revenait de l'hôpital. Elle s'est réveillée, mais ils n'ont toujours pas les résultats des examens qu'elle a passé donc ils la gardent en observation.

-Ouf !, dit-elle dans un souffle soulagé, Et pour le bébé ?

-Apparement, elle va passer une échographie aujourd'hui. Ils profitent qu'elle soit à l'hôpital …

-C'est super !, dit-elle ravie, Tu crois que je peux lui envoyer un hibou ?

-Aucune idée Gin, mais demande toujours à McGo …

-Tu as raison, j'y vais tout de suite ! Merci Harry …

-A ton service ! Au fait, Ron est avec Pansy ?

-Oui … Je crois qu'il avait besoin d'en parler, mais honnêtement, je n'en avais pas trop envie …, dit-elle doucement.

-Je comprends, ne t'inquiète pas », dit-il tout sourire.

Pendant que Ginny quittait la salle commune, le Survivant se précipitait dans son dortoir. Il avait reçu une lettre ce matin mais n'avait pas pu l'ouvrir tant qu'il était entouré. Et ensuite avec tout ce qui s'était passé, il n'avait pas eu l'occasion d'être seul.

Il décacheta l'enveloppe avant de laisser son regard courir sur la feuille de parchemin, rempli de l'écriture douce et aérée d'Océane.

« Cher Harry,

Je suis désolée de ne te répondre que maintenant, mais notre semaine a été rempli d'interrogations. C'était un vrai cauchemar, j'ai cru que ça n'en finirait jamais !

Enfin, soit, maintenant, c'est terminé !

Le Quidditch a vraiment l'air d'être un sport formidable ! J'aimerais tellement être une sorcière, ne serait-ce que pour y jouer. Si je me souviens bien, vous aviez un match aujourd'hui … Alors, comment s'est-il passé ?

Au fait, j'ai un concert dans quelques jours … Ca me stresse : je dois faire un solo. J'ai tellement peur de me planter. Romane a beau me rassurer, c'est plus fort que moi. Je plains la personne qui sera à côté de moi pendant que j'attendrai … Je suis capable de lui briser les os de la main tellement je suis anxieuse. Oui, oui : briser les os ! Hermione et Romane ont d'ailleurs souvent fait les frais de mes moments de stress.

Sinon, raconte-moi : comment c'est Poudlard à cette période ? Est-ce que toute la neige a bien fondue ? Est-ce qu'il fait bon ?

Ici, même s'il n'y a plus aucune trace de neige, il ne fait pas vraiment bon. On dirait qu'un bloc gris est au-dessus de nos têtes tellement le ciel est uniforme et compact. Et puis, il fait assez froid. Il y a beaucoup de vent et il y a souvent des orages. Bref, pas trop la joie … J'espère quand même qu'il fera bon pour les vacances de Pâques.

Tu crois que l'on pourrait se voir pendant les vacances ? Hermione nous a dit que d'habitude tu ne quittais pas Poudlard …

J'ai hâte de recevoir de tes nouvelles !

Bisous,

Océane »

Un sourire rayonnant éclairait le visage d'Harry. Il attrapa une plume et un morceau de parchemin pour répondre à la jeune fille dont les lettres lui faisaient toujours gonfler le cœur de joie.

« Chère Oceane,

Alors, pour le match, nous avons perdu de peu … Avec les Serdaigle, on ne sait jamais sur quel pied danser et cette fois, je suis obligé de reconnaître qu'ils étaient très forts ! Le match a duré assez longtemps étant donné que la Vif d'Or donnait l'impression d'être parti boire un verre aux Trois-Ballais (c'est un pub de Pré-au-Lard, le village juste à côté de l'école). Et même si j'ai réussi à l'attraper, ça n'a pas suffi. Le score final était 160 à 170* pour Serdaigle … Mais bon, vu le nombre de points que nous fait gagner Hermione en cours, on aura tôt fait de rattraper ça !

Sinon, ne t'inquiète pas pour ton concert, je suis certain que tout ira bien ! Pour ce qui est du stress, moi ça va. C'est plutôt Hermione qui panique … Parfois, on dirait même qu'elle panique pour Ron et moi aussi tellement elle se met une pression de dingue.

Pour moi, Poudlard est merveilleux tout le temps, mais c'est vrai que c'est beau de voir la nature reprendre vie. Le temps est assez variable, parfois il pleut mais certains jours (dont aujourd'hui), on a la chance d'avoir un soleil radieux.

Je serai ravi que l'on se voie pendant les vacances ! C'est vrai que d'habitude, je ne quitte pas le château, mais … Il faut un début à tout. Et puisque tu ne peux pas venir à Poudlard (malheureusement …), alors c'est moi qui viendrai !

Je suis vraiment heureux de t'écrire et j'attends chacune de tes lettres avec impatience. J'ai hâte, que puisse se parler de vive voix.

Je t'embrasse,

Harry »

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Ginny revenait lentement jusqu'au dortoir, rongée d'inquiétude pour sa meilleure amie. Lorsqu'elle avait vu le sang dans ses cheveux, elle avait totalement perdu son sang-froid et même si Harry avait dit qu'elle allait bien, elle ne le croirait que quand elle pourrait parler en face avec elle.

Elle était tellement plongée dans ses pensées, qu'elle n'entendit pas un certain Serpentard derrière elle. Il la saisit par le bras, l'emmenant dans un couloir reculé.

« Lâche-moi !, cria-t-elle surprise et énervée.

-Et quoi ?! Je ne suis pas Potter donc je ne peux pas te toucher ?!, dit-il acide.

-Mais de quoi tu parles ?!, demanda-t-elle perdue.

-De toi qui pavane au bras de Potter !

-Et quoi ?!

-Ça t'amuse ?

-Au moins, lui, ne me jette pas comme un déchet en disant qu'il veut oublier ! »

Drago reprenait ses propres paroles en plein dans la figure.

« De toute façon, ça n'a pas eu l'air de te faire tant souffrir ! …

-Ne parles pas de ce que tu ignores … Maintenant laisse-moi ! Tu as voulu oublier, assume !

-Non !, dit-il en la retenant.

-Bordel, Malefoy laisse-moi !, dit-elle sentant les larmes lui monter. La journée avait déjà été assez difficile comme ça, elle ne voulait pas en plus l'affronter.

-Non ! Parce que tu es à moi ! », Dit-il en l'embrassant avant qu'elle n'ait le temps de réagir.

Elle était surprise par son baiser, restant passive, avant de reprendre ses esprit et de le repousser violement contre le mur.

« Tu as cru que j'étais quoi ?! Une de ces filles complètement dingue de toi et de ton stupide statut de pseudo « Sang-pur supérieur » ?!

-Je …

-Tu as cru qu'il suffirait de revenir quand tu aurais besoin de quelques choses et que je te sauterais au cou ?!

-Je …

-D'ailleurs, pourquoi t'es là ?! T'as besoin de quoi …

-De toi …, dit-il tout bas.

-Dégage !, dit-elle en laissant les larmes dévaler ses joues.

Il approcha néanmoins, la prenant dans ses bras.

-Je t'ai dit de dégager ! Tire-toi ! Et ne reviens plus jamais me parler !, continua-t-elle en martelant son torse de ses poings.

-Je ne ferais pas la même erreur deux fois …, dit-il tout bas en l'enserrant encore plus dans ses bras.

-Pourquoi tu es parti alors ? Tu n'avais qu'à rester … Pourquoi tu as dit ça ?... », Dit-elle toujours en pleurant.

Elle était à cran, ses émotions s'entremêlant en elle. Elle avait l'impression qu'elle allait exploser de l'intérieur. Tout se mélangeait en elle : la joie, la tristesse, l'euphorie, l'inquiétude, la colère, la haine, le désespoir … Tout se croisait et se recroisait dans tous les sens à tel point qu'elle ne savait plus si elle voulait rester dans les bras de Drago, s'enfuir en courant ou étrangler le blond.

« Ginny … C'est compliqué …

Elle se releva tout d'une fois, le toisant d'un regard froid et cruel.

-C'est toujours les mêmes excuses de toutes façons … Toujours le même baratin. Je m'excuse, je vais changer, mais c'est compliqué … Je ne suis pas débile !

-Non, ce n'est pas …, dit-il en essayant de se justifier.

-Arrête ! Maintenant, retourne voir tes petites groupies de Serpentard …

-Je vais avoir la Marque., dit-il soudainement, l'interrompant brutalement.

-Qu-Quoi ?!

-Mon père a négocié avec le Seigneur des Ténèbres pour que je puisse l'avoir plus tôt … Je la recevrai pour les prochaines vacances …

-Après les cours ?, dit-elle soudainement refroidie.

-Non … Pour Pâques …

-Mais … Tu … On … On ne peut … Rien faire ?

-J'ai demandé conseil à mon parrain : je n'ai pas le choix. Je ne peux pas penser égoïstement et dire non, parce que mes parents sont toujours avec lui et qu'ils en payeront le prix. Surtout mon père. Il a dit que je serai sa fierté quand j'aurais la Marque …

-Drago …, dit-elle doucement.

-Le Seigneur de Ténèbres va sonder mon esprit … Mais je ne pouvais pas courir le risque qu'il t'y voit, dit-il en baissant les yeux.

-C'est pour ça que tu as dit que nous n'aurions pas dû ?!, demanda-t-elle incrédule.

-Oui … Je voulais t'expliquer que c'était pour toi … Il te tuera s'il sait pour nous deux, ou pire : nous devrons nous marier et tu lui appartiendras.

-Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes, je ne comprends plus rien …

-Avoir la Marque, ce n'est pas juste porter le tatouage en signe d'appartenance. Lorsque l'on devient Mangemort, nous nous lions au Seigneur des Ténèbres. Nous lui appartenons et … Il en vient de même de nos épouses et de nos enfants.

-Mais pourquoi est-ce que je devrais t'épouser s'il me voyait dans tes souvenirs … Pourquoi ne pourrait-il pas simplement me tuer ?

-Tu imagine un peu : la fille Weasley qui rejoint les Mangemorts. C'est un moyen d'atteindre ta famille, Harry et me forcer à rester dans le rang si je veux m'assurer de ta sécurité. Et puis, il faudra que nous aillions des enfants, qui chacun devront être élevés selon ce en quoi croit le Seigneur. Ils recevront la Marque à leur majorité et ainsi de suite.

-C'est … Barbare !, dit-elle en le prenant dans ses bras.

-Je ne veux pas me séparer de toi, c'est trop dur … Mais je ne veux pas qu'il t'arrive ce que je viens de t'expliquer.

-Alors, qu'est-ce qu'on fait ?

-Pourquoi ?

-Comment on fait ?

-Il n'y a rien à faire …

-Alors pourquoi tu m'as attrapée en plein milieu du couloir pour m'emmener ici et me raconter ça ?

-Parce que ça me fait mal de te voir avec Potter, je voulais au moins que tu saches la vérité.

-Alors je te la dois aussi …

-C'est-à-dire ?

-Il n'y a rien avec Harry !

-Quoi ?!

-Ce n'était que du vent … Juste … Pour te rendre jaloux.

-Me rendre jaloux ?! Mais … Comment ?

-Je crois que je voulais juste y croire. Je ne voulais pas me dire que je m'étais faite berner par toutes tes douces paroles, que tout ceci n'était qu'une illusion. Je voulais croire que tu m'aimais parce que moi je t'aimais … Et je t'aime toujours … »

Il ne lui laissa pas finir, capturant ses lèvres dans un baiser enflammé.

« Je t'aime … Ginny, si tu savais comme je t'aime … », dit-il tout en dévorant ses lèvres. Elle se colla à lui, les rapprochant sensiblement sans interrompre leur baiser.

« Qu'est-ce qu'on fait ?, demanda-t-elle au bout de quelques minutes, levant le regard vers lui puisqu'il la surplombait.

-Parrain a dit qu'il pourrait peut-être me trouver une pensine. Ce serait le meilleur. Comme ça, je retirerais les souvenirs que j'ai de nous ensemble pour les protéger dedans.

-Quand est-ce que tu pourrais le voir ?

-Là, il est parti à Sainte Mangouste … Il est arrivé quoi à Granger ?

-Hermione est tombée dans les escaliers et a perdu connaissance ce matin … Mais pourquoi tu me parles d'elle ?

-Parce qu'il est parti pour veiller sur elle …, dit-il doucement.

-Ton parrain ? Je comprends plus rien là …

-Ben oui. Attends, tu sais qui c'est : mon parrain ?

-Non …

-Rogue.

-Notre Rogue ?

-T'en connais beaucoup ?, demanda-t-il en riant.

-Non …, dit-elle en riant de sa propre bêtise.

-Dès qu'il reviendra, je lui en parlerai …

-Attends, juste une chose : ce que tu m'as expliqué –avec la Marque- c'est valable pour tout le monde ?

-Oui, pourquoi ?

-Juste une question …

-Et si on allait dans la salle sur Demande ?

-D'accord … », Dit-elle en le suivant tout en le tenant par la main.

Ils continuèrent dans un dédale de couloirs qui lui semblaient interminable tandis que les pensées de la rouquine voguaient ailleurs. Elles allaient vers sa meilleure amie. Elle avait prié de tout son coeur pour que tout se passe bien pour elle, mais maintenant qu'elle savait que son professeur était avec elle, elle ne doutait pas que tout se passerais bien. Elle avait vu Hermione très triste des agissements de l'homme ces derniers temps, mais si ce que Drago venait de dire était vrai –et cela ne faisait aucun doute- alors, elle comprenait mieux pourquoi il restait distant.

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Hermione se réveilla un peu plus tard dans l'après-midi, seul le professeur Rogue était présent dans la pièce, son regard tournée vers elle. Il se leva de la chaise sur laquelle il était assis depuis un petit bout de temps déjà et avança pour venir se placer à la droite de la Lionne.

A ce moment-là, je médicomage qui l'avait accueillie apparut accompagné de l'un de ses confrère avec derrière eux, un échographe.

« Ah, Miss, je vois que vous êtes réveillée …

-Oui, à l'instant …

-Bien, je vous présente mon collègue, Mr Opkins. Il est ce qui s'apparente à un gynécologue dans le Monde Moldu.

-Enchantée …, répondit la jeune fille doucement.

- Moi, de même, répondit poliment l'homme.

-Bien, Miss, je vais vous laisser avec Opkins. Vos examens sont toujours en cours d'analyse mais je vous tiendrai au courant des éventuelles avancées, dit-il en partant, ne laissant que son collègue dans la pièce avec le professeur et son élève.

-Miss, comment déjà ?, demanda-t-il

-Granger, Hermione Granger.

-Ah oui, j'ai cru comprendre que vous étiez d'origine Moldue.

-C'est exact.

-Bien ! Est-ce que vous avez déjà fait une échographie ?

-Non … J'étais à l'école et je ne pouvais pas me permettre de quitter les cours.

-Je vois, je comprends … Est-ce que l'infirmière a pris soin de définir une date repère ?

-Oui, nous avons pris le 24 décembre …

-Très bien. Professeur …

-Oui ?, demanda Severus rapidement.

-Si vous voulez, vous pouvez aller attendre dans le couloir, les questions que je vais poser à Miss Granger sont plus d'ordre … Privées.

-Non !, répondit vivement la jeune fille, J'aimerais qu'il reste.

Elle lui prit la main en entrelaçant leurs doigts.

-Je reste …, dit Severus doucement en s'asseyant.

-Bien, répondit le médicomage quelques peu troublé, Est-ce que vous savez comment procède-t-on lorsque l'on fait une échographie ?

-Oui.

-Très bien … Alors, le Monde sorcier est quelque peu différent du monde Moldu. Je m'explique : nous avons développé un moyen d'améliorer les échographes afin de pouvoir déterminer avec plus de facilité et plutôt certains détails à propos de l'enfant.

-Lesquels par exemple ?, demanda-t-elle avec espoir.

-Et bien, dans votre cas, nous pourrons bien évidemment entendre son cœur, mais également le mesurer et le peser précisément. Si nous sommes dans de bonnes conditions, il y aurait peut-être même une chance que je puisse déterminer le sexe … Mais vous préfèreriez peut-être discuter de ça avec le papa.

Instinctivement, Hermione se retourna vers Severus et chuchota :

-Qu'en penses-tu ?

-Je t'avouerais que je suis curieux de savoir …, dit-il en souriant.

-Moi aussi … », Dit-elle.

Puis, ils semblèrent se souvenir de la présence du médecin dans la pièce. Ils le regardèrent tous les deux avec appréhension. Hermione ne savait pas trop comment il allait réagir et Severus était clairement près à lui jeter un sort.

« Si cela sort de cette chambre …, dit-il menaçant.

-Ca n'en sortira pas !, affirma l'autre homme, Je ne suis là que mon m'occuper de Miss Granger et du bébé jusqu'à ce qu'elle accouche. Vous êtes tous les deux majeurs et je n'ai rien à dire là-dedans. Tant que ce petit ange grandit dans une famille aimante, alors je ne vois pas en quoi ce serait un problème …, dit-il posément.

-Merci …, souffla la Gryffondor.

-Et si nous regardions ce petit ange … », dit-il en souriant tout en appliquant du gel sur le ventre de la jeune fille. Ce dernier était quelque peu plus rond que d'habitude, mais rien d'extravagant.

Il déposa la sonde sur la peau de la jeune fille, la faisait voyager tandis que les futurs parents fixaient le moniteur.

« Alors … Oui, le voilà, là on le voit bien …

-Est-ce que tout va bien ?

-Il m'a l'air en très bonne santé. On distingue bien sa tête, et si vous regardez ici, dit-il en montrant du doigt sur l'écran, vous pouvez voir ses bras et ses jambes qui se développent.

-Severus … Regarde …, dit Hermione attendrie en ramenant leurs mains sur sa poitrine.

-Je vois …, dit-il ému, ne réalisant pas encore tout à fait que cette petite chose que l'on voyait à l'écran était son enfant.

-Alors, alors, dîtes moi … Nous avons là un magnifique petit ange qui mesure déjà 5 cm pour … Je dirais environ 15 grammes, ce qui est tout à fait dans les normes.

-Tout se passe bien alors …, demanda le Maître des Potions.

-Je peux affirmer que oui ! Regardez, on peut voir ici qu'il bouge bien et le tam-tam que vous entendez, c'est son petit cœur ... »

Hermione avait les larmes aux yeux et même si en apparence il restait froid, intérieurement, son cœur bondissait de joie.

« Voyons voir si nous accueillons un petit prince ou une petite princesse … », dit Opkins tout haut en bougeant la sonde tout en fixant le moniteur.

Le Serpent et la Lionne se jetaient de petits coups d'œil complices en coin, souriant tous les deux.

« Alors voilà … C'est …

*Score Bulgarie-Irlande lors de la 422ème Coupe du Monde de Quidditch.