Disclaimer: Mouarf!
J'aime le goût de la pastèque après le boulot... Un goût de vacances... Et pour les esprits mal placés: Honni soit qui mal y pense!
Un OS sur une suggestion de Sombraline. Qui a validé(yeah!). Et donc qu'est publié.
Bonne lecture. ^^
-C'est bon, il est couché, soupira Sirius d'un ton las en se laissant tomber sur le sofa du salon et par conséquent à moitié sur son occupant qui ne broncha pas pour autant.
Ce dernier se tortilla légèrement pour dégager un bras qu'il passa ensuite autour des épaules de son compagnon avant de se reporter sur le tapis et l'enfant qui dessinait dessus calmement, ignorant le reste du monde.
-Tu lui aurais donné ma potion… Commença Snape en se recalant contre le dossier.
-Un calmant pour chevaux ou adultes dans la force de l'âge et dépassant le quintal, hé !
-Il aurait dormi tout de suite.
-Et j'aurais dit quoi à Harry et Ginny lorsqu'ils le retrouveraient en train de voir des papillons bleus et des chèvres roses ?
-Je suis capable d'éviter ce genre d'effets secondaires, dis. Tu me prends pour un amateur ?
-Que non, mon chevelu, mais avoue que tu n'es guère à l'aise avec ces charmants petiots.
-Tu t'y es pris comment ? Demanda-t-il alors, une fois le sort de barrage entre le feu de l'âtre et le garçonnet vérifié à nouveau.
-J'lui ai raconté les trois p'tits louveteaux et le gros méchant cochon.
-Une histoire où trois adorables petites bêtes manquent de se faire dévorer par un infâme suidé ?
-C'est un classique. Puis je suis passé à Boucle Brune .
-L'histoire avec la petite ourse qui se fait mettre à la porte par une famille de chasseurs après qu'elle leur a mangé leur barbecue ? Reprit Snape d'un ton légèrement dubitatif.
-Trop salé, trop piquant et à point, oui.
-Et t'as réussi à l'endormir avec ça ?
-Non.
-Et pourtant il dort.
-Et pourtant il dort.
-… Tu l'as achevé avec quelle histoire ?
-Ben, il a fini par se calmer avec une histoire de moldus. Celle où la belle-mère se fait mettre dans un tonneau clouté, tout ça, dit le Gryffondor en tirant sur une maille un peu lâche du pull de son conjoint.
-La Belle au Bois dormant… Tu lui as précisé qu'avant elle avait essayé de manger sa belle-fille et ses petits enfants ? Demanda alors Snape en lui donnant une tape sur la main.
-Euh j'y suis passé dessus rapidement, oui. Mais la fin l'a rassuré.
-Faut croire que ta mère lui a vraiment fait peur tout à l'heure, renifla le Serpentard en observant les « dessins » que Albus Severus faisait sur les grandes feuilles de carton blanc d'un air très sérieux. Pas faute de lui avoir dit de ne pas approcher les cadres au grenier… Tu imagines s'il était tombé sur les trophées des Elfes ?
-Oh ça, j'ai déjà camouflé tout le barda en caisses de jouets pour fille.
-Brrr. Toutes ces poupées roses et souriantes, ces petits chevaux enrubannés…
-Que de clichés bien efficaces contre un petit garçon de six ans, fit remarquer Sirius en se vautrant un peu plus contre l'autre.
-S'il pouvait se tenir autant au calme que celui-là, fit le Serpentard en désignant du menton le petit garçon qui leva les yeux vers un crayon pour en déterminer la couleur à la lumière changeante de l'âtre.
-Tu ne veux toujours pas dire son nom normalement, hein ?
-Non. Il est… sans commentaire.
-J'appelle bien James Sirius James Sirius, moi…
-Merlin, ces noms… tu fais ce que tu veux, mon aimé, mais je n'ai pas l'intention d'énoncer une association aussi malheureuse.
-Abusss ? Fit alors le garçonnet en levant le nez de sa feuille où se distinguaient deux vagues silhouettes.
-Mais oui, Albus Severus. L'est joli, ton nom.
Snape pinça les lèvres, l'air d'être pris en tort, mais Albus Severus ne sembla pas s'en formaliser au vu du sourire qu'il afficha avant de reprendre son dessin.
-J'avais oublié à quel point on comprend plus qu'on en donne l'impression à c't'âge, murmura le Serpentard, peu après.
-Y t'aime bien, tu sais, fit Sirius en observant le petit choisir soigneusement un noir dont il barbouilla ses figures.
-Tant mieux pour lui… J'ai pas un soupçon de fibre paternelle, moi.
-Oh ça viendra un jour, va.
-Ou pas.
-Ou pas, en effet. J't'aimerai pas moins, cela dit, fit le Gryffondor en se calant un peu plus contre Snape.
-Encore heureux, non mais, répliqua l'autre avec une moue.
-'Iniiiiiiiiiiiii ! S'exclama alors Albus Severus en se redressant avec un sourire moins édenté que celui de son grand frère.
L'enfant leva alors le carton et montra, visiblement très fier de lui, ce qu'il avait dessiné aux deux adultes qui le surveillaient.
-… Deux chevaux avec la pelade ? Fit Snape, perplexe.
-Nan ! Cçça Sssiriufff et ççça Avrussss, expliqua alors le petit en ignorant royalement ses défauts de prononciation.
-Sirius et Severus, rectifia le Gryffondor avec un sourire. Très ressemblant, ajouta-t-il en donnant un micro-coup de coude à Snape pour lui éviter toute envie d'être honnête et franc envers le garçon.
-C'est… bien, l'môme… Sirius est même le plus réussi, persiffla alors le potioniste en jetant un regard de « Tu l'as cherché. » à l'autre.
-Hum oui oui, fit Sirius en lui répondant d'un regard « Chameau… ».
Albus Severus se leva en titubant et se frotta les yeux tout en disant :
-Vais do'mir. Abuss Avrusss n'est ffatigguéé.
-J'vais t'aider à…, commença alors Sirius en se dégageant de l'étreinte avant d'être stoppé net par un « Nan. »
Albus Severus pointa de son petit doigt vers le potioniste et dit alors de sa voix suraiguë :
-Avrussss. A veux Avrusss.
Le Serpentard cligna des yeux, surpris, puis interrogea du regard son compagnon qui lui fit signe d'y aller :
-A veux Avrusss, t'as entendu, non ?
-Mais…
-Avrusss, insista l'enfant en attrapant la main du concerné avant de faire une moue déterminée.
Snape, confus, se leva avec hésitation puis mena un Albus Severus fredonnant à l'étage avant de revenir quelques minutes plus tard.
-C'est toi qui lui as demandé de se faire tout gentil et docile ? Demanda le Serpentard en se rasseyant à côté de Sirius.
-Je suis encore en train de me remettre de ma vexation, là, répliqua en ronchonnant légèrement ce dernier. Y t'a préféré à moi. Y a plus d'saison, mon bon monsieur…
-Ça va pas durer… J'suis pas fait pour m'occuper d'enfants, de toute façon. Je sais de quoi je parle. J'ai été professeur.
-Pfff. Tu t'en occupes mieux que tu le penses.
Snape haussa les épaules et reporta son regard sur le feu avant d'être imité par Sirius. Un silence s'installa, calme et détendu, à peine dérangé par le crépitement des buches incandescentes et le froissement des tissus lorsque Sirius prit doucement la main de Snape. Il échangèrent un regard furtif puis reprirent leur contemplation.
-J'ferais pas un bon père, de tout façon, murmura Snape peu après.
-T'en sais rien… Lui répondit Sirius de la même manière.
-T'as idée de l'exemple que j'ai eu ?
Le ton était légèrement monté, une tension transparaissant tandis que le Serpentard pinça les lèvres, pensif.
-Je n'ai pas eu la famille idéale non plus, Snape…
-Tes parents étaient sorciers… Mon père… Du moins ce qui m'a servi de géniteur, était un type tout ce qu'il y a de moins recommandable en matière d'éducation.
-Je trouve que tu t'en sors plutôt bien, moi.
-Pas grâce à lui…
-Grâce à qui alors ?
-Ma mère, ses livres, la voisine qui me gardait quand elle était partie dans sa famille, Lily… mais pas lui, je peux te le garantir.
-Ta mère retournait dans sa famille ? Fit Sirius, curieux.
-Elle pouvait y passer quelques jours, oui, expliqua Snape d'un ton maussade. A condition de laisser son moldu de mari et son Sang-Mêlé de fils là où ils étaient. Je ne les ai jamais rencontrés et je ne tiens pas à le faire.
-C'est… stupide et injuste…
-C'est la façon de penser des Sangs-Purs.
-Pas tous, se défendit le Gryffondor, piqué au vif.
-T'es bien placé pour le savoir, Black… Fit Snape en tournant le regard avec son compagnon avant de reprendre. Combien de coups j'ai pu prendre pour le simple fait d'avoir évoqué un item magique ou un nom de fée... Et ma mère qui essayait de me défendre comme elle pouvait avant de finir par céder et promettre qu'on ferait des efforts…
Snape se mit à rire sans exprimer la moindre joie.
-J'ai pas connu de foyer où le mot 'père' avait une réelle consistance, Black. Et je doute de pouvoir en donner pour quiconque, reprit-il en serrant légèrement la main de Sirius. J'ai déjà plus que je ne le pensais, alors je peux m'en remettre sans problème, je pense.
Sirius ne répondit pas au sourire que lui fit son conjoint, sentant dans les yeux de ce dernier bon nombre de souvenirs douloureux qu'il ne pouvait changer ou guérir. Il se pencha pour poser un baiser sur ses lèvres puis se recula avant de s'adosser à nouveau au sofa et parler à son tour.
-J'avoue que James et les Potter m'ont évité bon nombre de souvenirs pourris. Mais je peux t'assurer, Snape, que ma mère a fait aussi un excellent boulot de son côté. Avec le soutien passif de mon adorable père.
-Black…
-Deux Impardonnables de sa part le jour où j'ai foutu le camp de cette maison. Tu aurais pu me ramasser à la petite cuillère, ce jour-là. Enfin non. Tu aurais sans doute approuvé, je pense… Murmura Sirius, les yeux dans le vide, perdu dans ses souvenirs.
-A l'époque, j'étais futur aspirant Mangemort, essaya de se justifier Snape, mal à l'aise. Je reconnais que j'aurais pu avoir un geste idiot… En fait… Je l'ai eu.
Sirius leva un regard interrogateur vers lui, le faisant bredouiller des explications supplémentaires :
-Regulus… il… J'ai eu droit à un récit complet.
-Il s'en réjouissait, j'imagine.
-Pas vraiment… Mais il était soulagé que tu partes…
-Plus de vieille s'énervant en permanence, c'est ça ? Plus de frère hautain et arrogant ?Suggéra Sirius d'un ton neutre.
-Plus ou moins, oui, répondit l'autre, l'air penaud.
-Et toi ? Avec ta famille comme point commun, ça t'a fait quoi ?
Snape se frotta la nuque, embarrassé.
-Tu n'avais que ce que tu méritais… Quand on a une famille prestigieuse comme les Black, blablabla… Et puis, à l'époque, j'avais déjà l'assurance de ma revanche sur Tobias…
-Tobias ?
-Mon père.
-Ta revanche…
-Je l'ai tué, Black, dit calmement le Serpentard. C'est un secret pour personne. Mon dernier procès l'a suffisamment rappelé…
-J'avais compris oui, , répliqua Sirius avec un geste agacé de la main. Ne revenons pas dessus, s'il te plaît… Ni sur eux… Mes parents, les tiens… On les oublie…
Son visage s'était fermé, affichant une tristesse et une solitude intérieure qui renvoyaient à Snape sa propre expression. Ils se turent, partageant le même malaise sans pouvoir alléger celui de l'autre. Le silence pesant s'étira jusqu'à ce qu'une petite voix ensommeillée se fît entendre.
-Jamfe y ronfle… Peux pas do'mir…
Sirius et Snape se retournèrent et aperçurent la silhouette en pyjama d'un Albus Severus ébouriffé qui s'approchait vers eux, sa peluche chauve-souris fétiche à la main traînant derrière lui.
Ahuris et embarrassés, les deux adultes le suivirent du regard tandis qu'il contournait le sofa pour ensuite l'escalader.
-Pis y parle aussssi, expliqua-t-il en s'installant entre eux avant de se pelotonner contre Snape.
-Euh… on peut jeter un sort de sourdine, si tu veux, suggéra alors Sirius.
Le garçon secoua la tête, le pouce déjà en bouche et les yeux fermés.
-'ré'èr ichi… Répondit-il avant de se rendormir rapidement sous le regard perdu du Gryffondor.
-Je préfère ici, traduisit Snape, une moue perplexe lui tordant le visage. Pourquoi fait-il autant de fautes… ?
-Il a trois ans, laisse-lui le temps, chuchota Sirius en lui reprenant la main avant de l'embrasser à nouveau rapidement. En attendant, c'est toi qu'il préfère, fichu Serpentard.
-Jaloux ?
-Non. Soulagé.
-Soulagé ?
-Soulagé qu'ils n'aient pas gagné…
-Avec un môme de cet acabit, je me demande bien qui pourrait.
-T'es adorable… Accio crayon et carnet.
-Black, tu vas pas…
-Tcht ! Y a un petit qui dort… Allez, on bouge plus, que j'te croque.
A suivre...
Qu'il fait bon être en vacances, tudieu...
Bon courage à ceux qui ne le sont pas encore!
Merci de votre passage pis bonne journée à tous!
