Chapitre 29 : Intermonde
-Ca va, Gabrielle ? demanda Sora.
-Oui, oui…
-Tu veux conduire le vaisseau ? proposa Donald.
-Non, merci…
-Tu as besoin d'une potion ? s'inquiéta Dingo.
-Merci, je vous dis ! Je vais bien, pas la peine de se morfondre sur mon cas. Mon frère est parti, c'est tout.
Ils n'insistèrent pas sur mon ton catégorique et retournèrent dans leurs occupations. Ils étaient très gentils avec moi, surtout depuis que mon frère était parti pour son entraînement. Ils ne savaient pas avec qui, mais ils restaient très compatissants… un peu trop même.
-Je n'ai pas besoin d'aide, rassurais-je.
La fameuse potion de Merlin avait bien agi, et à présent je me sentais aussi forte qu'avant. Quoique le moral n'y était pas vraiment… mais j'avais l'habitude d'être seule, et l'élan d'affection de mes amis restait encore inconnu pour moi.
Je m'installais confortablement sur mon siège et ouvris mon carnet. Là, j'écrivis pendant quelques heures. Tout le monde, par l'initiative de Sora, Donald et Dingo, m'avait écris à la fin des pages blanches. Mais ils avaient insisté : « Tu liras ces mots quand tu repartiras chez toi ! ». Ils étaient gentils avec moi.
J'avais hâte d'être à « la Terre des Dragons ». J'avais hâte de revoir Riku et Matthew. Même pendant quelques secondes seulement. Et j'avais hâte d'être à la fin du jeu, pour que l'on puisse combattre ensemble, tous ensemble, comme une vraie famille.
Seule. Seule en haut de la tour du Souvenir. Là où j'avais ouvert les yeux pour la première fois. Là où tout avait commencé. Là où je l'avais rencontré….
Ce n'était pas de la tristesse pure. C'était plus le souvenir de cette tristesse, mais un souvenir cruel….
Xaldin m'avait expliqué ça au Château de la Bête. Ce sont ces souvenirs de sentiments qui nous rendent différents. Différents des autres Sans-cœurs et Similis…
Ce que je ressentais, personne ne pouvait le comprendre. C'était indéfinissable. Anéantie, recroquevillée sur moi-même, je contemplais la ville des ténèbres.
-C'est dur, hein ? fit une voix.
Axel s'assit à mes côtés, souriant.
-Dégage, ordonnais-je d'une voix sourde.
-Roxas était mon meilleur ami…
Son ton n'était plus moqueur, joyeux, enjoué. Son ton était gorgé d'un souvenir de sentiment profond… comme le mien.
-… et il a disparu. C'est pour ça que j'ai quitté l'Organisation : mon but maintenant n'est pas d'avoir un cœur, car quelle importance d' avoir un cœur si je ne peux pas le partager avec lui ?
Il se retourna vers moi et je lui jetais un coup d'œil.
-Tu dois comprendre ce que je veux dire, non… ?
