Vendredi 30 Août 1996
Ce n'était pas possible. Je l'aurais senti, je ne sais pas mais je m'en serais rendue compte. La rentrée était demain en plus. Et à qui pourrais-je parler ? Certainement pas à mon père. J'aurais trop peur de le décevoir. Nymphadora ? Je... Je suis perdue. Je ne sais même plus si je l'aime.
J'étais dans ma chambre, j'en sortis. Mon père était en train de lire la gazette dans la cuisine.
-Je vais voir Ginny, elle n'a pas trop le moral.
-Tu veux que je t'emmène ?
-Inutile je vais me contenter de transplaner.
Je sortis devant la maison, mon sac dans la main. Je transplanai et contrairement à ce que pensait mon père j'atterris non pas devant le Terrier mais devant un magasin miteux, je parlai au mannequin et traversai la vitrine.
Je n'étais jamais allé à Sainte-Mangouste mais on me l'avait décrit. Je me retrouvai dans un grand hall, plein de sorciers et sorcières. A la réception, la queue était presque inexistante, j'y pris place et bientôt ce fut à mon tour. La réceptionniste était une jeune blonde qui semblait n'avoir jamais passé une minute de sa vie sans un chewing-gum à la bouche.
-Oui ?
-Euh, je cherche l'étage gynécologie. Hésitais-je tandis qu'elle me détailla de haut en bas.
-Deuxième étage. Répondit-elle.
Je partis vers les ascenseurs après l'avoir remerciée. Au deuxième étage on me dirigea vers une salle d'attente ou on me fit remplir une fiche d'informations avec pleins de questions embarrassantes à gagner si on cochait la case : Je crois que je suis enceinte. Si un jour on m'avait dit que j'aurais peut-être un bébé à dix-sept ans je crois que je ne l'aurais pas cru. Moi qui m'étais toujours juré de ne pas en avoir, de peur d'être une aussi mauvaise mère que la mienne.
Ce fut soudain à mon tour, une femme d'une trentaine d'année commença par regarder ma fiche, la seule question auquel je n'avais pas répondu était le nom du possible père. Qu'elle me prenne pour une gourgandine je m'en fichais mais jamais personne ne saurait avec qui j'avais peut-être conçu un bébé. Elle m'ausculta.
-Vous êtes bel et bien enceinte, d'environ quatre semaines.
Je me vis hocher la tête.
-Si vous souhaitez interrompre votre grossesse, vous avez encore environ sept semaines pour réfléchir.
Elle avait bien vu que j'étais très jeune et que ce n'était pas prévu. Je repris l'ascenseur refis le chemin inverse. Lorsque je fus de retour devant la vitrine, je pus constater que j'étais blanche comme un linge. Je marchai pendant quelques temps en silence avant de m'arrêter dans un café d'où on pouvait apercevoir un square. Des enfants profitaient de leurs derniers jours de vacances. Je commandai un café et des croissants, j'avais déjà mangé mais la faim me taraudait, et pris une table près des fenêtres.
J'observai les enfants qui jouaient. Si jamais dans une folle envie je le gardais, je savais que je serais une mauvaise mère. Je n'ai même pas de famille à lui offrir. J'ai un tuteur et non un père même si je le considère comme tel, j'ai peut-être un grand-père encore en vie, j'aurais peut-être une belle-mère/tutrice dans un avenir proche et je n'ai pas de fiancé, juste un amant si on peut dire.
Un des ces hommes en noir que si je gardai ce bébé, je lui enseignerais qu'il faut les haïr. Mais si jamais il avait ses yeux. Non je ne peux garder un bébé pour l'élever juste pour qu'il ait les plus magnifiques yeux de la terre. Il fallait que je sorte, la vue des enfants me perturbait. Je déposai de l'argent moldu sur la table et partis me trouver une rue déserte pour transplaner. J'atterris cette fois-ci devant le Terrier. Je chassai les idées noires de ma tête et frappai à la porte de la cuisine. Je me présentai et donnai le mot de passe à la porte avant qu'elle ne s'ouvre sur Molly. Elle me prit dans ses bras en déclarant à quel point j'étais pâle.
-J'espère que tu ne couves pas quelque chose.
-Oh je crois que si mais ne vous inquiétez pas ce n'est pas contagieux.
-Remet toi bien alors. Ginny est dans sa chambre.
-Ah merci. Je montai les étages et frappai à la porte de la cadette des Weasley. Je peux entrer ?
La porte s'ouvrit sur une tornade rousse.
-Lynn ! Je suis contente de te voir ! Entre vas-y.
J'entrai et m'assis sur le lit à côté d'elle.
-Tu es pâle. Ca va ?
-Oui, oui, ça va. Juste un petit rhume. Et toi ?
-Oh ça va aller.
Nous continuâmes à discuter de tout et rien jusqu'à ce qu'Hermione rentre dans la chambre.
-Oh bonjour Lynn ! Ça va ? Tu es toute pâle. On va bientôt manger Gin.
-Oui, oui, ne t'inquiètes pas, bon je vais rentrer.
-Tu ne veux pas rester manger ?
-Non c'est bon merci, je suis un peu fatiguée, au revoir.
Je quittai la maison des rouquins peu après et transplanai un peu plus loin. Rémus n'avait pas bougé d'un millimètre. Je ne pouvais lui dire en fait je ne pouvais le dire à personne. En tout cas pas tant que je ne savais pas si je voulais le garder.
