-RÉPONSE AUX REVIEWS-

Himawari Kunogi: Y'a pas de quoi voyons! Alors oui, bon... Kiru semble un peu taquin ces derniers temps. Néanmoins, il commence à se trouver... C'est donc un excellent signe :)

Potitchatpsychopathe: MOUHAHAHHAHA je n'arrêterai jamais! C'est ça qui donne toute l'intrigue à l'histoire nan ;) ? Du côté de l'alcool, moi je suis pas choquée du tout... C'est un fléau il faut dire :') Oui oui oui, je sais, pardonne-moi pour mes fins de chapitres à s'arracher le cœur... Mais voilà, je te sers la suite assez promptement donc tu me pardonneras bien. Bisous à toi!

N.B.: Chapitre concis qui fait du bien en ce 29ème!


Chapitre XXIX : Une unique colombe

Deux semaines de folie avaient passés depuis mon Halloween dément, comme si tous les événements intenses avaient décidés d'arriver en même temps à Poudlard. Entre autres, la Salle d'Affrontements avait été ouverte quatre fois en si peu de temps pour accueillir des combats incroyables, notamment l'un mettant en vedette Zushi et Connie. Ç'avait d'abord été un duel amical, mais il avait rapidement tourné en combat sensationnel qui avait fait rebondir les spectateurs dans leurs sièges. Au final, Zushi avait gagné à un cheveu près. Un autre affrontement avait été majestueux : Kise Ryota contre Aomine. J'aurais bien félicité le bleuté d'avoir gagné à son tour, mais il semblait toujours aussi mal-à-l'aise en ma présence.

Depuis que je l'avais croisé quand il était sorti de la maison hantée du Club LGBT, il refusait de m'adresser la parole. C'était ironique qu'il pense que je le jugeais étant donné mon propre cheminement en ce lieu; disons que je n'avais pas perpétré des actes très hétéros moi non plus. Puisque le mot ne s'était pas rendu jusqu'à lui, je comprenais que peu de personnes avaient été mises au courant de cette histoire, sinon personne.

En tout cas, vous vous doutez sûrement que Gon me boudait encore. Il n'avait d'ailleurs rien à se reprocher, contrairement à moi. C'était à mon tour de faire les démarches pour expliquer la situation, s'il y avait bel et bien quelque chose à expliquer. J'aurais été encore plus hypocrite de lui mentir, de lui dire que je regrettais. Oui, je me sentais mal d'avoir échoué à mon rôle d'accompagnateur, mais d'un autre côté, j'avais fait un énorme bond du côté psychologique. J'étais en période de recherche de moi-même et une expérience comme celle-là n'avait pu faire de mal.

Je me rappelais que tout le long de la soirée, Gon avait refusé les verres qu'on lui proposait pour se souvenir de l'ambiance, de moi, de nous. Le seul souvenir qu'il allait désormais conservé de cette nuit d'enfer était le gout amer qu'il avait eu en bouche lorsqu'il m'avait vu tripoter d'autres garçons dans la pénombre. Quand Reiner et Kiyoshi étaient parti la queue entre les jambes, littéralement, Gon m'avait demandé, le visage déconfit :

- Pourquoi eux?

Deux semaines plus tard, je me posais toujours cette même question en revoyant mentalement sa déception fulgurante. Si c'était Gon qui avait effectué de tels rapprochements, aurais-je eu la même réaction? La réponse me paraissait évidente. Bien sûr que oui! Le soir même, j'aurais même préféré qu'il soit celui avec qui j'aurais partagé ne serait-ce que quelques minutes dans un placard sombre… Mais, il y avait un mais: Kiyoshi et Reiner étaient pour moi de parfaits inconnus. Je ne risquais donc pas de briser une amitié fusionnelle qui comptait plus pour moi qu'une histoire d'une nuit.

Voilà ce que je pensais : Gon était pour moi l'histoire d'une vie. Je ne pouvais mettre notre relation en péril pour satisfaire de futiles désirs.

Puisque je le croisais seulement à de très rares occasions, et qu'il me fuyait comme la peste lorsque ça arrivait, j'étais allé le voir ni vu ni connu à son match de quidditch contre Poufsouffle. J'étais inquiet à plusieurs reprises durant la partie à cause de la température merdique; il pleuvait des cordes et le tonnerre rugissait à tout bout de champ. À mon grand dam, Maes avait fait remporter son équipe en attrapant le Vif d'or et l'équipe de Gon, lui y compris, avait quitté le terrain, les épaules tombantes.

La performance Serpentard avait aussi été un échec lors de notre dernier match contre Serdaigle; Akashi était un dieu en termes de stratégie et celle de notre coach n'arrivait même pas à sa cheville. Malgré que Makoto avait envoyé l'un de leurs joueurs, Kasamatsu Yukio, à l'infirmerie grâce à son rôle de Batteur, Armin avait eu les devants sur moi ce qui avait mis fin à la partie. Furieux, certains joueurs comme Imayoshi avaient quitté le terrain sans même serrer la main à nos opposants.

Du côté scolaire, je remarquai avoir fait des progrès en cours de Potions mais aussi en Sortilèges. Nous avions terminé toute la matière reliée au sortilège d'Aguamenti et nous étions présentement en train d'apprendre la formule du Sortilège d'Amnésie. Je trouvais fascinant qu'on puisse détecter certains passages de la mémoire de quelqu'un pour ensuite les supprimer sans préavis… Ça me faisait limite un peu peur de savoir m'en servir.

Bref, même si ces deux semaines avaient été chargées en émotions et en activités, rien ne m'avait préparé à la suite. Dans la Grande Salle, je taquinais un œuf tourné dans mon assiette à l'aide de ma fourchette quand Touka, Kaneki et Bert apparurent de nulle part pour me souhaiter bonne chance. Troublé, je les fixai à tour de rôle durant un moment avant de demander :

- Euh… merci, mais pourquoi en fait?

J'étais quelque peu tête en l'air ces derniers temps, donc quelques détails devaient bien m'avoir échappés. Bert répondit avec entrain :

- Aujourd'hui, tu nous représenteras au Tournoi des Trois Sorciers.

Ma fourchette transperça l'œuf d'un coup tandis que son intérieur jaunâtre se vida sur mes pommes de terre. Je réprimai difficilement un soupir d'énervement. Pour une fois que ma journée s'annonçait sans soucis, on venait de faire éclater la bulle de sérénité dans laquelle je vivais quelques secondes plutôt en énonçant ce fichu championnat.

- Tu devrais te préparer au plus tôt, ça commence dans une heure à peine, mentionna Touka tout en pointant une montre imaginaire sur son poignet.

J'abandonnai mon repas avec regret tout en me dirigeant dans la même direction que tous les autres élèves surexcités, me demandant avec une certaine appréhension si Gon m'y attendait déjà d'un pied ferme.


L'arène datant du dernier Tournoi avait été rénovée pour l'occasion et se situait sur la montagne en face de l'île de Poudlard. En son centre, je voyais que diverses installations avaient été aménagées, notamment des tunnels sombres qui menaient dans le sol, mais aussi de grands arbres qui avaient été plantés à cet effet. On voyait même des dégâts des combats passés, car les planches de bois très hautes, qui en constituaient la palissade, étaient par moments brulées ou carrément cassées. En rejoignant les coulisses des Champions, je voulus m'informer de ce qui s'était passé pour que l'endroit soit en si mauvais état. Une étudiante mentionna un combat contre des dragons, et dès lors, je n'eus pas envie d'entendre le reste de l'histoire.

L'étudiante en question, une Noire élancée et magnifique, dont les cheveux bouclés descendait en vagues jusqu'à ses épaules, était aussi une Championne. Celle-ci avait un accent parisien, donc j'en déduisis rapidement que son école de magie, Beauxbâtons, se situait en France. Je pus retirer d'elle beaucoup d'informations pertinentes, comme le fait que pour se rendre ici, sa cohorte s'était faite transportée par des Palominos ailés, communément appelés des chevaux volants. Bien qu'elle et moi nous nous entendions bien, elle ne se présenta pas. Je compris alors qu'elle voulait garder une relation strictement compétitive entre nous, ce que je trouvais dommage.

La dernière championne mais non la moindre restait dans son coin et me faisait à prime abord penser à Annie. Par contre, je ne reconnus pas l'attitude détachée de mon amie, mais plutôt une sévérité qui n'avait rien à voir avec son jeune âge. Physiquement parlant, elle ressemblait à Irisviel comme deux gouttes d'eau; elle avait de longs cheveux blancs comme de la neige sur une peau tout aussi pâle. On aurait pu la prendre pour ma sœur si ce n'était de ses yeux couleur sang. Je l'entendis échanger quelques mots avec une amie et, en me fiant au fait qu'elle parlait en anglais avec un accent fort prononcé, je crus comprendre qu'elles venaient de la Scandinavie ou d'une région proche de là en Europe.

Je me débrouille bien en anglais, comme dans plusieurs autres langues d'ailleurs, donc j'appris que Durmstrang était bien plus rigoureuse et froide comme institut d'apprentissage. Chaque fois que ses élèves se rendent à Poudlard, ils sont fascinés par la chaleur que nous dégageons. Je perdis le fil de la discussion en voyant Gon nous rejoindre. Il évita mon regard et je cessai de le zieuter, ne sachant que faire. L'heure n'était pas à la chamaille.

Tout juste avant d'entamer les présentations officielles, Gabe Ollivander, celui qui m'avait aidé à trouver ma baguette magique à sa boutique, inspecta les nôtres pour s'assurer qu'aucune d'elles n'avaient été modifiées. Il avait peut-être eut vent que la mienne avait été ensorcelée et je fus rassuré de savoir qu'elle était maintenant en parfait état grâce à Saber.

Le sorcier nous conduisit ensuite au centre de l'immense arène où les trois directeurs nous attendaient. Une femme d'âge mûr et d'une grandeur phénoménale se présenta sous le nom d'Olympe Maxime, chargée de Beauxbâtons. Vint ensuite la présentation écrasante de la directrice de Durmstrang, Olivier Mira Armstrong, qui devait avoir le même âge que Riza. Son nom de famille me fit sursauter; elle partageait le même avec mon professeur d'Alchimie. Ils devaient être dans la même famille, et ce n'était pas une supposition folle puisqu'ils avaient des traits physiques en commun : ses cheveux étaient blonds et ses yeux, bleus.

Je repensai au fait que Durmstrang avait par le passé une réputation aussi mauvaise que celle de Poudlard aujourd'hui. Les sorciers qui y étaient formés trempaient souvent dans la magie noire et n'étaient pas fiables en temps de guerre. Cependant, avec l'arrivée d'Armstrong au pouvoir, un vent de changement avait nettoyé l'école de ses individus indésirables, un peu comme les Exterminateurs étaient censés faire par chez nous.

Pendant le speech de madame Maxime, Mustang m'avait pris doucement par l'épaule et m'avait dit avec un sourire crispé, comme si de rien n'était :

- La Coupe est l'occasion rêvée de redonner à Poudlard sa gloire d'antan… Ne l'oublie pas.

C'était un bel avertissement qu'il venait de me faire : je ne devais en aucun cas foirer, car remporter le championnat pourrait redorer l'écusson de l'établissement et ramener les inscriptions des familles sorcières. Je roulai des yeux si intensément que je crus voir mon cerveau; il ne lâchait jamais le morceau, celui-là!

Quoi qu'il en soit, madame Maxime nous présenta à la foule en délire et je me sentis moins en contrôle, plus anxieux. Mon nom fut le premier à être prononcé et il n'eut même pas le temps de résonner que mes… fans, appelons-les ainsi, crièrent à s'en déchirer les poumons. Dans un sens, ça me rassurait de savoir qu'on me supportait autant, mais je craignais tout de même que ma popularité attise une haine chez mes concurrents.

Gon et la concurrente de France, Saoudiatou, furent tout aussi bien reçus du public. Quant à la jolie albinos de Drumstrang, je sentis des applaudissements plus froids à son égard, ou du moins, une baisse de cris enthousiastes. Je crus même percevoir un certain climat de peur venant de son école, comme si ses pairs se sentaient obligés de lui porter un appui auditif afin d'éviter de quelconques représailles. Curieux, je voulus sonder son aura, mais quand j'essayais de le faire, je n'en trouvai aucune. Comme j'étais un peu désemparé par tout ce monde bruyant alentour, je ne m'en occupai pas pour l'instant; j'allais régler la question plus tard. En tout cas, son prénom était Illyasviel.

Puisque j'étais le premier à être nommé, j'allais aussi ouvrir le bal pour la première tâche du championnat. À la rigueur, je n'allais pas devoir attendre mon tour et stresser davantage dans les coulisses; j'étais déjà dans l'arène, fin prêt à commencer. Les règles étaient heureusement simples : nous devions prouver notre courage et notre intelligence sans aucune aide externe, car dans le cas échéant, on me désignerait automatiquement perdant. Des juges noteraient nos performances et celui qui allait remporter la meilleure note à la fin des trois tâches allait faire gagner son école.

On me laissa finalement seul, ma baguette dégainée et moi, pour l'arrivée des bestioles qui m'étaient encore inconnues. Compte tenu du fait que j'avais fait un petit tour à la bibliothèque pour me renseigner sur la fameuse première tâche, j'avais découvert que dans la majorité des cas, les sorciers élus faisaient d'abord face à une bête magique très dangereuse. J'espérais inutilement ne pas me battre contre un dragon, mais un autre règlement était que chaque Tournoi différait l'un de l'autre.

Un enclenchement mécanique se fit alors entendre tout autour de moi. Aux aguets, mon regard se promena sur la palissade quand je remarquai que cinq portes de garage basculantes s'ouvraient tranquillement. J'avais l'impression de vivre un cauchemar; je me sentais prisonnier et les bruits enragés qui me provenaient de chacune d'elles ne me disaient rien qui vaille. J'essuyai une goutte de sueur sur mon front en remarquant que la porte des coulisses avait été fortifiée pour ne pas laisser passer aucun des animaux… ou moi-même si je tentais de m'enfuir.

Dès lors, une des bêtes enragée réussit à se faufiler un peu trop agilement à mon gout sous la porte et courait déjà dans ma direction. Ma tension augmenta d'un coup quand je me rendis compte à ce que j'avais affaire… Ce monstre extrêmement rapide devait peser quatre fois mon poids et avait cinq pattes velues dont les mains rappelaient ceux des singes. Les membres extrêmement rapides étaient reliés à un corps aux poils roux et qui n'était composé que d'une gigantesque bouche et de deux yeux fous. Des dents pointues, destinées à sectionner de la chair fraiche, semblaient déjà prêtes à m'attaquer.

Mon adrénaline dans le tapis, je lançai un sortilège d'Incarcerum tandis que des cordes se matérialisèrent à partir du bout de ma baguette dans le but de ficeler le monstre. Contre toutes attentes, il les découpa en deux bouchées et s'élança encore plus vite vers moi. Je réussis de peu à éviter de me faire agripper par l'un des bras de cette chose répugnante quand elle bondit vers moi; décidément, cette bête devait être classée comme XXXXX, c'est-à-dire mortelle pour les sorciers. J'eus à peine conscience que les spectateurs venaient tous de sursauter, paniqués de me voir en si mauvaise posture.

J'entendis dans mon dos d'autres rugissements inquiétants. Sans même regarder derrière, car je devais de garder un contact visuel avec le premier monstre, j'envoyai un Stupéfix. Décidément, il atteignit ma cible car j'entendis une grosse masse trébucher pour finalement arrêter tout mouvement. Et de un. Je comprenais maintenant pourquoi la Salle d'Affrontements avait été ouverte; j'avais une longueur d'avance sur mes adversaires. J'envoyai au premier monstre un Sectumsempra qui couvrit sa peau velue de blessures profondes. La chose se tortilla sur place, comme une araignée quand on lui arrache une patte, puis cessa de me poursuivre. Son cri de douleur me donna le tournis tellement il était puissant. Et de deux.

Les trois autres créatures m'avaient déjà rejointes et, pour échapper à leurs gueules grandes ouvertes, je dû plusieurs fois jouer le contorsionniste. Bien que je ne pouvais pas utiliser mon Nen de vitesse supersonique, puisque ma réserve était épuisée depuis belle lurette, ma force surhumaine était toujours en vigueur; en faisant une culbute dans les airs, je réussis à saisir les lèvres inférieure et supérieure d'une des bêtes pour les refermer d'un coup de clapet. Tout en évitant de justesse les cinq bras qui tentaient de m'empoigner le corps, je remis les pieds au sol pour poursuivre ma course effrénée. Ma démonstration de puissance et d'aisance sembla clouer le bec aux juges aussi. Ces derniers me regardaient faire les yeux sortis de leurs orbites, subjugués d'assister à une telle performance.

Je confectionnai une stratégie bien simple pour économiser du temps : tel un toréador avec son tissu rouge, je présentai mon bras dans leur direction, en guise d'encas, puis au moment où les trois bestioles sautèrent dessus à cœur joie, je le retirai malignement. Résultat : l'un des monstres mordit son congénère, qui lui hurla son mécontentement. Cet accrochage les perturba durant une bonne dizaine de secondes.

J'eus droit à un court temps de réflexion. Dans la Salle sur Demande, on avait certes remis l'endroit au gout du jour pour le Club d'Hôtes, mais pour garder une trace de son passé, une seule décoration n'avait pas été touchée : une cage suspendue dans laquelle reposait les cinq membres d'une créature non-identifiable. Mori-senpai m'avait confié qu'il s'agissait possiblement d'un cadavre de Quintaped; je me battais donc contre ces animaux tueurs présentement.

Je pointai alors ma baguette vers une roche et, tandis que l'un des Quintaped sauta à nouveau, je formulai un Waddiwasi pour propulser le lourd objet aussi vite qu'une balle de fusil vers ma cible. Frappé de plein fouet par la grosse pierre, le monstre rebondit une dizaine de mètres plus loin pour s'écrouler à terre, inconscient. Et de trois.

Me rappelant la présence d'arbres dans l'arène, ma poursuite interminable s'enchaina de plus belle. Je semai assez les deux Quintapeds restants pour y grimper sans me faire attraper par le pied. Toutefois, une fois au sommet, je me rendis compte de mon erreur : les arbres étaient un leurre… Les créatures ennemies avaient des bras de primates, ils allaient rattraper leur retard dans la seconde! Dans le meilleur des mondes, j'aurais emprunté les tunnels qui m'auraient placé en position avantageuse grâce mes sens si développés... Tant pis; j'allais devoir faire avec!

- Flipendo!

Je voulus assommer le monstre le plus près de moi avec ce sort, mais je le manquai de peu et ils continuèrent d'avancer. Le premier n'était qu'à deux mètres de moi et réussis à m'attraper la cheville. Sa poigne était si puissante que j'entendis mon articulation cassée. Dans la panique, je criai :

- Everte Statim!

J'avais pris une autre mauvaise décision : normalement, le Quintaced aurait été propulsé loin de moi tel que je l'avais espéré, mais comme il avait une emprise sur mon être, nous fûmes tous deux éjectés au sol, cassant au passage plusieurs branches du grand chêne qui nous servait d'appui quelques secondes plus tôt. L'autre Quintaced fut aussi prisonnier de notre chute et nous nous écrasâmes dans un tas de branches et de feuilles tout à fait inconfortable.

Je ne perdis pas de temps et m'emparai de la plus grosse branche que je pouvais me mettre sous la main. Sonnée, la créature sous moi commença à se réveiller et, dès qu'elle ouvrit la gueule pour m'écraser la tête avec sa mâchoire, j'enfouis le bâton verticalement entre son palet et sa langue, l'empêchant par le fait même de me broyer le crâne. Pour une fois chanceux, je réalisai ne pas avoir besoin de chercher ma baguette, qui à ce moment était planté dans son œil. Je la délogeai de là alors que la bête, hors de ses gonds, commença à cogner avec ses cinq poings dont un qui me frappa à la poitrine, ce qui me fit manquer d'air durant quelques secondes.

D'un autre côté, le Quintaced du dessous commença à grogner et à se mouvoir lui aussi. Paniqué, je me reculai finalement pour paralyser le premier grâce à un Impedimenta. Et de quatre. Ma cheville gonflée commençait tout juste à me faire mal quand mon opposant tassa impunément le corps de son semblable de sur lui. Blessé lui aussi, il se dirigea férocement vers moi, de la bave s'écoulant de ses crocs acérés. Il voulait lui aussi en finir.

Nous nous mîmes à tourner en rond tels des félins dans la savane, prêts à déterminer qui allait dominer le territoire. Même si nous étions tous deux relativement affaiblis, je ne devais pas baisser ma garde. Et au moment où je levai ma baguette, le Quintaced fondit dans ma direction, plus vil que jamais.

- Maléfice de Conjonctivite!

Très efficace contre les bêtes magiques, ce sort mis littéralement le feu aux yeux de mon opposant qui, une fois de plus, beugla de douleur. J'étais malheureux de faire vivre un enfer pareil à un être vivant, mais au point où j'en étais, c'était lui ou moi. Et de cinq.

Les juges mirent fin à la tâche en annulant mes sorts et en ramenant les Quintaceds au bercail. Ils n'allaient certainement pas utiliser les mêmes animaux, car ceux qui m'avaient affronté étaient bien trop en mauvais état pour faire quoi que ce soit à ce stade. Doucement, je repris contact avec la réalité; les cris de joie de Poudlard en entier, les applaudissements sincères de Beauxbâtons, le silence admiratif de Durmstrang, ma cheville blessée, la coupure sur mon front, mes genoux ouverts, l'inquiétude de Gon.

Bien sûr, seul le dernier point avait à mon avis de l'importance.

Je marchai vers lui, vers les coulisses, vers mon seul point de repère dans cette course contre la montre. J'aurais en fait pu comparer cette course à ma vie en entier avant de le rencontrer, les obstacles s'y faisant de plus en plus nombreux par le passé. Tel un halo lumineux, Gon était apparu et j'avais trouvé ma boussole, ce qui me gardait sur le droit chemin. Mon meilleur ami avait retiré le monstre qui vivait auparavant en moi. J'avais retrouvé ma liberté grâce à lui; je m'étais transformé en véritable colombe. Mon envol était un résultat de ses douces et multiples attentions.

Et tandis que je tombai dans ses bras, tout le reste sembla s'évaporer.


BON, je dois vous avouez que je suis très heureux de poursuive A&S puisqu'un revirement de situation inédit arrivera au chapitre suivant. J'ai déjà le titre: Tornado, et ce, pour une excellente raison. Je sens que vous allez apprécier... ;)

On se revoit donc très bientôt pour le moment clé du séjour de Gon et Kiru!

- Zuzu-kun.