30.
Je tournais en rond dans le salon. Emmet avait enfin réussi à calmer Rosalie. Même si cette dernière fulminait encore elle ne sauterait pas sur son frère de nouveau si celui-ci réapparaissait. Alice guettait par la baie vitrée le retour de son compagnon, elle ouvrit la porte à l'instant où celui-ci la franchit.
-j'ai perdu sa trace, il m'a semé.
-Ne t'en veut pas Jasper, après tout il est le plus rapide.
Alice entraina son compagnon dans leur chambre, pour une activité oh combien indécente !! C'est dans ces moments la que je regrette la présence d'Edward. Pourquoi donc fallait –il que cela nous arrive ?
Il devait me ressaisir.
-Il ne tient qu'à toi à présent pour que les choses redeviennent comme avant, me dit Rosalie tout en montant l'escalier, suivit d'un Emmet alléché, tu as suffisamment patienté, va donc lui remué un peu les puces à ton tour.
Elle n'avait pas tout à fait tord.
Tout le monde ici, s'occupait de mon couple, et je ne faisais que me renfermer sur moi-même, il était temps d'avoir une conversation avec le bel âtre !!! Ma patience avait suffisamment été à l'épreuve ces derniers temps. Je partie en direction de la forêt, à mon avis il n'y avait qu'un seul lieu où il pouvait se cacher, le seul connu de nous deux. Je fonçais tout droit vers la clairière, d'ailleurs son odeur se faisait plus prononcée plus j'approchais. Je ralentis à l'orée de la clairière, quelques branches nous séparaient. Je savais très bien qu'il avait déjà senti ma présence et mon odeur et pourtant, il ne bougeait pas. Il était couché les bras croisés derrière la tête, les yeux clos. Je m'avançais prudemment. Je n'hésitais pas ni n'avais peut pourtant j'appréhendais sa réaction. Je m'assis donc près de lui, mes mains entourant mes genoux, je regardais au loin. Je ne sais combien de temps je restais là à regarder le temps et le ciel changé de couleur. D'ici peu de temps il fera déjà nuit et aucun mot n'avait été échangé. Malgré ma condition, je sentis le froid s'insinuer dans mon corps, j'allais bientôt devoir rentrer. Je poussais un las soupir. Une larme commença doucement à perler le long de ma joue. Je ne percevais aucune réaction de la part de l'adonis allongé à mes côtés.
-Je ne sais pas ce que ces deux Roumains ont trafiqué sur toi. Je sais que ta mémoire et tes souvenirs ont été altéré. Je ne peux rien faire contre ça. Je n'ai rien pu faire pour cela, et je regrette de ne pas avoir réussi à arriver plus tôt. Je ne peux imaginer ce qu'un seul d'entre vous a pu endurer à ce moment là. J'ai eu un vague aperçu. Une telle torture n'est pas envisageable, c'était inconcevable de vous voir dans cet état, de te voir dans cet état.
J'ai besoin de toi plus que tu ne peux l'imaginer, tu es toute ma vie Edward. Tu me manques terriblement.
Aucune réaction de sa part. Mes larmes silencieuses coulaient sur mes joues en un flot continu. Il fallait rentrer maintenant. Je m'apprêtais à me lever quand il m'attrapa le poignet droit :
-Tu me manques aussi.
Je pris quelques secondes avant de me retourner. Puis mon regard rencontra le sien et je pus y lire une peine et une tristesse infinie. Il prit appuie sur son coude valide et se releva quelques peu. Sa main vint se caller contre ma joue, je fermais les yeux pour profiter pleinement de cette sensation. Il essuya patiemment toutes mes larmes ruisselantes. Encore une fois il se sentit coupable.
-Tu n'y es pour rien.
-Ne dit pas de bêtises Bella !! J'ai pris cette indienne pour toi. Elle ressemblait tellement à la Bella de mes souvenirs, tellement humaine, tellement fragile. Entre parenthèse je crois que c'est pour cette raison que le clébard s'est amouraché de la jeune demoiselle.
Un semblant de sourire parcouru son visage.
-Je n'avais aucun souvenir de ta transformation, ni de toi transformée. Je t'ai agressé et grogné dessus, je t'ai pris pour une étrangère, et je t'ai totalement ignorée. Je suis totalement impardonnable, si tu savais comme j'ai honte tellement honte, mon cœ t'ai fait tant de mal, encore, je ne voulais pas. Je ne comprenais pas l'attention de ma famille envers toi. Je n'ai même pas cherché à comprendre le pourquoi du comment. Je devrais peut être allé remercier Rosalie, elle m'a quelques peu remis les idées en place et les souvenirs affluents par brides depuis.
Je levais une de mes mains et la posa sur le joue d'Edward qui appuya sa tête dessus pour approfondir la caresse.
-Je t'aime tant, Edward, te sentir loin de moi est insupportable.
Il s'approcha lentement de moi, nos fronts se touchant. Il prit mon visage à deux mains puis le baisa de partout. Il s'arreta volontairement me regarda droit dans les yeux et je pus y lire tout l'amour qu'il avait pour moi. Sans me quitter du regard il posa ses lèvres sur les miennes dans un chaste baiser, puis se détacha bien trop vite à mon goût. Je fis de même avec son visage que je remplis de millions petits baisers puis j'embrassai directement ses lèvres sans avoir quémander l'accès. Je cherchais absolument à prolonger ce baiser, il ne pouvait plus m'échapper maintenant, je ne le permettrais pas. Il m'avait bien trop manqué. Il ne me refusa pas longtemps l'accès à sa langue, et notre baiser ne fit plus qu'enflammer. Ses bras vinrent m'entourer et me capturer dans les siens. Ses mains se baladaient dans mon dos librement me rapprochant de plus en plus de son corps diminuant l'espace entre nos deux corps. Malgré ma transformation il me restait quelques traces d'humanité et je dus stopper ce baiser pour reprendre contenance avant de défaillir dans ces bras, cela ne m'aurait pas déplu mais nous avions tant de choses à nous dire encore.
-Je suis désolée.
-Ne le sois pas. J'ai rêvé de ce moment depuis longtemps.
Edward me prit dans ses bras et m'allongea dans l'herbe. Il s'installa au dessus de moi et parsema mon visage et mes cheveux de petits baisers, redécouvrit mon corps avec ses mains. Dieu qu'il m'avait manqué !! Je ne pus empêcher un soupir de sortir de ma gorge. Je le sentis sourire sous ses baisers. Je sentis ses mains remonter mon tee shirt, et ses mains puis sa bouche se balader sur mon ventre, créant de magnifique sensation à mon petit corps. Il s'arrêta brusquement et leva son regard troublé vers moi :
-Tu n'as rien entendu ?
Surprise je lui répondis que non.
-je suis sur d'avoir entendu quelque chose. Comme un battement. Je souris
-Ne te moque pas. Viens allons prolonger ce délicieux moment à la maison, je suis sur qu'ils nous attendent de pied ferme de plus il se fait tard.
IL me releva pris ma main et dans un baiser nous nous éloignâmes pour aller retrouver notre famille.
Comme par hasard, nous trouvâmes Alice sautillante de joie sur le perron de la maison.
Elle se jeta dans nos bras.
-Ca fait plus de deux heures que je vous attends !! vous en avez mis du temps !!!
Nous partîmes dans un long rire rejoints par toute la famille qui prit chacun leur tour Edward dans leur bras. Nous allions de nouveau pouvoir être une famille. Tous ensembles.
Je sentis une grande faim. Jasper me regarda et senti mon impatience à me remplir le ventre. Je lui souris et il se dirigea vers la cuisine tandis que nous allâmes tous au salon. Tandis que nous parlions d'Edward et qu'il présentait ses plus pates excuses à une Rosalie très fière d'elle, Jasper revint avec deux compotes à la fraise. Dieu que j'aimais ça !!! Impatiente je frappais dans mes mains et lui arrachais presque les pots des mains, affamée !!
-hé Bella !! Ces mains peuvent encore servir, ne lui arrache pas comme ça !! cria Emmet,
Je lui tirais la langue.
-je ne veux pas casser cette bonne ambiance, mais est ce que tu peux m'expliquer, Bella, pourquoi le frigo est rempli de compote, de glace et de barquettes de fruits ?
-Ba parce que j'aime bien ! dis je entre deux cuillérées
-Donc c'est tout à fait normal que se soit : des compotes à la fraise, de la glace à la fraise, et des barquettes de fraises ??
-je vois pas en quoi est ce mal d'aimer les fraises ??
-Personne n'aime les fraises à ce point Bella… sauf..
Je vis son regard amusé s'emplir d'horreur et s'il avait pu je cru bien voir son visage pâlir de deux tons.
-Quoi ?? Pourquoi vous me regardez tous comme cela ???J'ai quelques choses entre les dents ??
-Carlisle, hurla Rosalie !!!
Il ne mit pas plus de 3 secondes à venir dans le salon alerté par le cri de sa fille.
Je sentis Edward se tendre à côté de moi, sa main se referma sur la mienne. Il devait entendre les pensées de sa famille. Je vis de l'inquiétude sur son visage.
-Quoi ??? Répétais-je, dites-moi !!!
-Rosalie et moi avions depuis peu quelques doutes concernant ta condition commença calmement Esmée en venant s'installer près de moi. C'est tout à fait improbable mais nous aimerions que Carlisle te face une échographie ainsi que quelques examens.
Echographie….. Non c'est impossible !!!
Je posais mes mains sur mon ventre. Essayant de voir une quelconque transformation.
-Non , je l'aurais vu ou senti… je ne peux pas avoir ignoré cela !! Edward !!!
Ce dernier me regardait les yeux vides, tout aussi choqué que moi par les déductions des filles.
-Bella ? m'interpella Carlisle, veux tu venir avec moi, s'il te plait ?
Incapable de répondre, je me détachais d'Edward et suivi sans broncher le docteur. Nous montions à l'étage suivit du reste de la famille et il m'installa sur le fauteuil de consultation. Complètement perdue, je le laissais m'ausculter, prendre ma tension, et quand il voulu me faire une prise de sang j'eu un mouvement de recul.
-Bella, m'interpella Esmée, regarde moi, je tournais alors mon regard vers ma mère, et complètement absorbée par ses yeux compatissant je ne sentis pas l'aiguille ni le sang qu'il aspira dans la seringue.
Puis il releva mon tee shirt et avec mon autorisation dégrafa mon pantalon, il mit en marche l'ordinateur portable puis après avoir appliqué un gel froid sur mon ventre, y posa la caméra. Nous avions tous les yeux rivés sur l'écran et nous retenions tous nos souffles. Personne n'osait bouger le moindre petit doigt. Au bout de quelques recherches Carlisle trouvé la chose que nous redoutions tous. La petite crevette était recroquevillée en boule, en fœtus aurait dit le médecin.
-Oh mon dieu !!!
Je cherchais dans le vide la main d'Edward mais je ne l'y trouvais pas. Rosalie attrapa ma main et la serra de toutes ses forces. Esmée vint près de moi et me caressa les cheveux tandis qu'Alice sautillait de joie devant la porte
-du shopping, du shopping!!!!!
-Alice !! Rouspeta sa mère, peux tu rester tranquille une seconde s'il te plait? Carlisle dit quelque chose, je t'en prie !
Il tourna son regard vers moi, tout fier de ce qu'il était en train de voir, lui seul déchiffrait les images qu'il voyait sur l'écran.
-Ceci explique beaucoup de choses notamment le fait que tu ne sois pas entièrement transformée. Mais on en discutera en bas.
En attendant je peux te dire que cette petite chose grandit vite et bien et j'estime que tu es à 4 mois de grossesse environ. C'est un beau bébé.
Je ne pus réprimer un hoquet de sanglot et je me précipitais dans les bras de Rosalie.
Edward n'avait toujours pas dit un mot. Me regardant avec un regard que je ne lui connaissais pas.
Nous redescendîmes tous au salon.
-j'aurais du le sentir !!! C'est impossible que je n'ai pas senti ni ressenti ce qui se passait à travers de mon corps !! J'aurais du avoir au moins quelques symptômes !!!
-pas forcément, dit calmement Carlisle. Il se peut que tu aies fait ce que l'on appelle un déni de grossesse, cela se caractérise notamment par une absence de symptômes pour la plupart des cas. Le corps cache la grossesse : Tu n'as pas pris de poids, ni eut de nausées…
-Excepté ces envies de fraises ! Renchérit Emmet
-Oui, c'est un fait. Généralement l'entourage de la future maman ne se rend pas compte non plus de la grossesse, sauf dans certain cas où il y a une absence prolongé, Esmée m'a confié qu'elle avait remarqué qu'elle avait l'impression que ton bassin s'était un peu modifié ainsi que ta façon de marché.
Je comprenais mieux pourquoi Rosalie et Esmée me scrutaient sans arrêt maintenant !
-maintenant cela pourrait être une grossesse tout à fait normale mais nous ne sommes pas des être normaux et je crains que cela comporte quelques risques, cela ne s'est jamais encore produit à ma connaissance chez des vampires. Il serait envisageable de penser que tu sois enceinte depuis plus de 4 mois, mais je n'en suis pas sur. Je suppose que tu sois encore partiellement humaine du fait de ton état et je suppose aussi que la transformation reprendra son cours après l'accouchement. Mais il faudrait prendre en compte aussi que ces deux crapules roumaines ont joué avec le temps et ont certainement du modifier certains paramètres sans le faire exprès.
« Je suis enceinte ».
Je ne le crois pas.
Je suis enceinte d'Edward… je souris à cette pensée. C'est un magnifique cadeau. Bon se serait une grossesse pas sans risque je l'ai bien compris mais je suis enceinte !!! Je regardais tour à tour les visages qui m'entouraient. Alice me souriait de toutes ses dents
-je vais être tata !!! je vais être tata !!! Jasper tu seras tonton tu te rends compte !!!! le pauvre avait bien du mal à calmer ses ardeurs.
Emmet regardait patiemment Rosalie qui me regardait. Je ne pus savoir qu'elles pensées traversaient son esprit à ce moment précis mais mon cœur se serra à l'idée que j'allais avoir tout ce qu'elle désirait en tant que femme.
-Je suis désolée, dis je comme une excuse. Elle tiqua, se leva et vint m'enlacer
-Ne le sois pas. Vit-le pleinement pour moi. Je ne pus réprimer un sanglot et mes larmes coulaient de nouveau sur mes joues.
Carlisle serrait fort son épouse dans ses bras qui me souriait, ravie pour moi, pour nous. Elle serait une merveilleuse grand-mère.
Je regardais le principal intéressé, Edward.
Toujours plongé dans ses pensées.
Il devait percevoir toute les pensées de ses frères et sœurs à cet instant précis ainsi que celles de ces parents ;
Il fronça puis pinça son nez entre deux doigts avant de m'accorder un regard.
« Il est hors de questions que tu le gardes ! »
