Chapitre 28
Scène 127 – Ron et Julian
Il n'était que vingt-deux heures mais Ron avait déjà la sensation d'avoir passé une nuit blanche à travailler. Depuis quelques jours, il ne grappillait que quelques heures de sommeil dans les moments les plus calmes de la nuit, installé dans l'inconfortable canapé de son bureau. Il avait terriblement hâte de retrouver son lit.
Il se frotta un œil et serra les dents pour contenir un bâillement, regardant Mellowen qui se déplaçait dans la chambre de Mallory Desmond, observant les divers objets magiques installés sur plusieurs tables au centre de la pièce. Un bureau sous les fenêtres était équipé d'une énorme loupe au bout d'un bras articulé et devait être l'endroit où le sorcier fabriquait toute cette technologie magique.
La maison avait été nettoyée par son équipe et portait les traces d'un rapide combat. Ses Aurors étaient tombés en nombre sur trois personnes, dont Adam Davis, les empêchant de s'enfuir grâce à l'utilisation du dernier anti-transplaneur du Département des Mystères. Les arrêter avait été un jeu d'enfants mais Ron n'était pas moins fier de son équipe pour autant. Il était agréablement surpris par FitzPatrick, qui était certes un très bon élément mais bien moins impliqué que Sparrow, par exemple. Ce dernier avait d'ailleurs fait preuve d'un excellent leadership en son absence, ce qui confortait Ron dans son idée de le pousser vers le poste de Chef de Section à la place d'Anderson.
Mellowen se penchait presque comiquement dans tous les sens pour observer les objets sous toutes les coutures sans avoir à les toucher. Ron était surpris par son entêtement et sa volonté de les aider. Cela pouvait sembler néanmoins logique, sachant qu'il avait lui-même été confronté à l'Hydre, mais il avait été pris pour cible justement parce qu'il avait aidé le Ministère. Il était étonnant qu'il persiste dans cette direction, surtout en ayant entendu parler de son comportement vis-à-vis du Département de la Justice Magique. Ce sorcier semblait les détester.
« Je ne vais pas être d'une grande aide. » L'entendit-il finalement soupirer. « Je ne comprends pas la plupart de ces objets… Je pense qu'une partie d'entre eux sont des échecs, et ceux-là sont sans doute des supports pour Portoloin… » Ajouta-t-il en désignant une table remplie de petits éléments métalliques à moitié assemblés. « Mais ça, par exemple … » Il pointa du menton un étrange artéfact cuivré qui s'élevait comme une tour creuse autour d'un assemblage de grosses sphères blanchâtres ressemblant à d'énormes perles de corail. « Aucune idée de ce à quoi ça peut bien servir … Je ne détecte aucune magie. »
Ron nota la position de l'objet face à un vieil et petit écran cathodique qui ressemblait à celui que son père avait tenté d'installer dans le salon du Terrier avant de comprendre qu'il fallait absolument une connexion avec les lignes moldues. Ses connaissances s'arrêtaient là.
« C'est peut-être ce qui transmettait les images à la BBC ? » Proposa-t-il en s'approchant.
« Hmm… » Réfléchit Mellowen avec une moue pensive, ses yeux sombres fixant l'appareil. « Il faudrait donc une double liaison. Avec la forêt, et avec la BBC. »
« La connexion a dû être coupée lorsqu'on a récupéré les enfants. » Supposa Ron.
« Possible … Les sphères pourraient agir comme des boules de cristal et la tour servirait de catalyseur … » Mellowen se frotta le menton puis lui jeta un coup d'œil impassible. « Il vaudrait mieux le montrer au Département des Mystères, ça dépasse un peu mes compétences. »
« En parlant de compétences, comment un simple briseur de sort pourrait être capable de fabriquer autant de choses ? » Demanda Ron avec circonspection.
« C'est le métier de votre frère et pourtant vous n'avez pas l'air d'y connaître grand-chose. » S'étonna Mellowen avec un agaçant haussement de sourcils hautain. « Le terme Briseur de sort est très réducteur comparé à la quantité de choses que l'on doit connaître et maîtriser. »
« C'est-à-dire ? » Demanda Ron en roulant des yeux.
« Enchantements, runes, rituels, artéfacts magiques et en fonction des spécialités, des pratiques spécifiques à différentes ethnies et époques. » Expliqua platement Mellowen comme s'il s'adressait à un idiot. « Et comment survivre dans un monde si ignorant. » Ajouta-t-il en secouant légèrement la tête.
« D'accord. » Grogna Ron. « Ça suffit pour les insultes. » Dit-il un peu durement en croisant les bras, se sentant parfaitement stupide en voyant les lèvres du briseur de sort se tordre dans un sourire moqueur. « Vous pouvez rentrer chez vous. »
« Je n'attendais que votre ordre, Weasley. » Lâcha-t-il avec humour. « Bonne nuit. » Le salua-t-il avec un bref hochement de tête avant de plisser les yeux en concentrant sa magie pour transplaner.
« Merci pour … La rune. Et ma femme. » Réussit enfin à prononcer Ron. Sans le geste désespéré de Mellowen de tracer le symbole des enfants perdus dans l'ascenseur et dans la pièce où ils avaient été emprisonnés, il serait encore à la recherche d'Hermione à l'heure qu'il était. Aussi énervant que pouvait être le jeune briseur de sort, il lui devait presque plus qu'à n'importe qui d'autre.
« Je l'ai fait pour moi-même. Mais je ne suis pas fâché d'avoir contribué à sauver Madame Weasley. Il y a trop d'idiots sur cette terre pour qu'on se permette de perdre un seul cerveau bien fait. » Commenta Mellowen avec un large sourire qui transformait son visage sournois et adoucissait son regard sévère.
Ron leva les yeux au ciel alors que le briseur de sort transplanait.
Scène 128 – John
Sparrow souffla après avoir terminé de trier les parchemins traitant des disparitions de ces derniers jours et s'étira longuement, les bras en l'air et le dos cambré en enfonçant presque le dossier de sa chaise en bois sous ses omoplates. Une de ses épaules craqua et la sensation le soulagea tellement qu'il baissa les bras avec un soupir, avisant son bureau. Il fit aussi craquer sa nuque puis se pencha sur la liste des personnes qu'ils avaient fait sortir des pièces souterraines adjacentes à celle où la femme de son chef et Mellowen avaient été retrouvés. Cette liste-là était beaucoup plus longue. Vingt-cinq sorciers avaient été enlevés puis délivrées, certains d'entre eux très affaiblis par de longues journées sans manger, d'autres ayant à peine eux le temps de comprendre ce qui leur arrivait.
Tous avaient un lien avec la guerre contre Voldemort et l'attentat qui avait tué Elliah Smith. Enfants de Mangemorts, vagues partisans qui n'avaient rien d'autre à se reprocher que des opinions politiques douteuses, quelques voyous dont certains étaient recherchés et avaient traversés les étages du Ministère pour se retrouver directement en cellule. Peu d'entre eux étaient ce qu'on pouvait appeler des innocents, mais aucun d'eux n'avait mérité de croupir sous terre jusqu'à ce que mort s'en suive. Personne ne méritait un tel traitement.
L'Hydre se rendait-elle compte que ses agissements étaient pires que ce qu'elle reprochait à tous ces sorciers et sorcières ? Sparrow en doutait. Ce groupe ne pouvait être qu'une coalition de fous souhaitant se substituer à la justice, sans doute dirigée par un dangereux psychopathe.
Tout avait commencé avec Malfoy. Pour avoir étudié sa vie dans les moindres détails, l'Auror n'était pas particulièrement étonné qu'il ait été pris pour cible, mais il trouvait cela très injuste pour un homme qui s'était largement tenu à carreaux pendant plus de vingt ans. Néanmoins, il savait que c'était grâce à son histoire que le Ministère pourrait finir par découvrir la vérité. Il y avait très certainement un lien avec Potter, même si Sparrow n'était pas certain de sa nature. Il avait entendu des bruits de couloir sur Malfoy et lui dans la journée, mais il s'intéressait rarement à ce genre de choses. Les Aurors avaient la fâcheuse habitude de colporter n'importe quoi, particulièrement lorsqu'ils s'ennuyaient, ce qui ne devait normalement pas être le cas ces jours-ci.
Carolls, un Auror de son équipe, posa son front dans sa main puis prit une grande inspiration avant de lever le visage vers lui.
« Il faut que je rentre, je ne suis plus bon à rien. » Dit-il à son chef. Sparrow leva les yeux dans sa direction.
« Vas-y. Alistair est d'astreinte de toute façon. » Dit-il avant de jeter un coup d'œil à sa montre. Dix heures et demie. Cela faisait plus d'une heure qu'il attendait le retour du plus jeune sorcier de son équipe.
« Où est-ce qu'il est, encore ? » Grogna Carolls, qui était celui qui avait le plus de mal avec Brightwood. Leurs prises de bec étaient récurrentes, notamment en raison du trop grand enthousiasme d'Alistair qui avait tendance à foncer tête baissée avant de réfléchir.
« Sans doute encore en bas. Je termine ici et j'irai le rejoindre ensuite. » Répondit-il. Il regarda son subordonné se lever avec une mine fatiguée.
« A demain ? » Demanda-t-il.
« Désolé, mais oui … » Souffla Sparrow. Lui-aussi préférait faire autre chose que travailler le dimanche, mais l'Hydre n'allait sans doute pas faire de pause pour le week-end.
Carolls lui offrit un sourire crispé puis disparut. John passa les mains sur son visage puis força ses yeux à rester ouverts. Il était à présent seul dans le bureau de la Section Weasley, tous les autres Aurors encore présents dans le Ministère étant dans les sous-sols pour poursuivre les interrogatoires. Sachant qu'il risquait une nouvelle fois de s'endormir à son bureau, il mit de côté les listes et les notes qu'il avait prises sur le passé de Malfoy et se leva pour rejoindre son chef.
Puisqu'ils pouvaient voyager entre les étages sans utiliser les ascenseurs, il transplana devant le poste de contrôle du sous-sol des salles d'interrogatoire, faisant sursauter la sorcière qui s'y trouvait.
« Bonsoir Beryl. » Salua-t-il la jeune femme avec un sourire désolé.
« Tu m'as fait peur. » Souffla-t-elle avec une main sur le cœur. « Avec toute cette histoire, on finit par se méfier de n'importe qui et n'importe quoi. » Grimaça-t-elle depuis le bureau derrière lequel elle était penchée. Elle jeta un coup d'œil aux ascenseurs avec un air entendu.
John ne put qu'hocher sombrement la tête. Ce qui était arrivé à Mellowen ne pouvait signifier qu'une seule chose. Il y avait un membre de l'Hydre dans le Ministère.
« Garde les yeux ouverts. » Demanda-t-il à la sorcière qui afficha une moue malheureuse.
« J'essaye … » Soupira-t-elle.
« Est-ce que Weasley est revenu ? » Interrogea-t-il ensuite.
« Oui, il est avec Galvin, dans la salle six. Adams Davis. »
Un peu déçu que son chef ne soit pas venu le chercher pour un interrogatoire de cette importance, mais se raisonnant en admettant que la situation était sans doute trop urgente pour penser à ce genre de choses, Sparrow franchit le portique de sécurité pour rejoindre les deux Chefs de Section. Il entra directement dans la salle d'interrogatoire, uniquement suivi des yeux par le suspect aux cheveux châtains ondulés impeccablement plaqués sur son crâne. Il passa derrière Weasley et Galvin pour venir se tenir à côté d'Aedan FitzPatrick. Son collègue observait la scène avec ennui et avait croisé les bras en s'appuyant contre le mur du fond. Sparrow l'imita.
« Quel est votre lien avec Joe Smith ? » Demanda Weasley, qui était assis en face de Davis, de l'autre côté de la table.
« Nous avons un deuil en commun. » Répondit difficilement l'employé de Gringotts dont le visage était tendu par la concentration, essayant d'en dire le moins possible malgré le Véritasérum qui courrait dans ses veines.
« Elliah Smith ? C'est elle votre deuil commun ? » Interrogea Galvin, debout à côté de Weasley. Sparrow ne pouvait voir que son profil, mais son expression était d'une sévérité implacable. Elle avait toujours eu du mal à contenir ses émotions, contrairement à son collègue qui affichait un air impassible.
« Oui. » Répondit simplement Davis entre ses dents.
« Elliah Smith était votre compagne ? » Demanda-t-elle encore.
« Oui. »
Sparrow souffla discrètement par le nez, une boule de culpabilité s'installant pesamment dans son estomac. Ils n'avaient absolument pas pensé à fouiller le passé de la sœur de Joe Smith. Son chef devait s'en vouloir autant que lui.
« Pourquoi s'en prendre à Malfoy ? » Questionna alors celui-ci.
Davis ferma les yeux, son visage se contractant alors qu'il luttait contre la magie du Véritasérum, mais il fut vite obligé d'ouvrir la bouche pour débiter toute la vérité.
« C'était l'idée de Joe, il voulait le faire pour Ginny. » Dit-il dans un gémissement pathétique.
Sparrow vit la mâchoire de Weasley se serrer.
« Pourquoi Joe Smith voulait tuer Malfoy pour Ginny Potter ? » L'entendit-il demander.
Davis pinça tellement les lèvres qu'elles ne furent plus qu'une ligne blanche en dessous de son nez retroussé.
« Parce qu'il est amoureux d'elle et qu'elle déteste Malfoy ! » Cria-t-il presque, la potion de vérité le forçant tout de même à parler.
Galvin soupira en croisant les bras.
« Pourquoi est-ce que Ginny Potter déteste Malfoy ? »
« Vous savez pourquoi ! » Hurla soudainement en se penchant sur la table, le regard furieux et désespéré. « Parce que son mari la trompait avec ce chien ! » Ajouta-t-il avec hargne avant de reposer violemment son dos contre le dossier de sa chaise.
Sparrow s'empêcha d'ouvrir la bouche de surprise et jeta un coup d'œil à FitzPatrick qui observait Davis avec un air morne. Son collègue n'avait pas l'air surpris que la rumeur soit vraie. Il regarda de nouveau le suspect avec circonspection. Les connexions se faisaient rapidement dans son esprit. Il comprenait mieux pourquoi les enfants Potter avaient été enlevés, pourquoi Ginny Potter avait été impliquée, et pourquoi Malfoy était au cœur de cette horrible enquête.
« Est-ce là l'unique but de votre groupe ? » Demanda Galvin. « Faire payer Malfoy pour ce qu'il a fait à Ginny Potter ? »
Sa question n'obtint pas de réponse. Davis se contenta de regarder la Chef de Section avec un petit sourire. Sparrow comprit qu'un Serment Inviolable l'empêchait sans doute de répondre à une quantité importante de questions.
« Qu'est-ce que vous gagnez dans tout ça, Davis ? A part perdre votre boulot, finir à Azkaban avec les Mangemorts qui ont tué votre ancienne petite amie et être surveillé tout le reste de votre vie, qu'est-ce que vous espériez ? » Demanda Weasley avec une étrange verve. Cette enquête le touchait de bien plus près que toutes les autres. C'était logique, lorsque Sparrow y réfléchissait. Potter était son meilleur ami et la femme de ce dernier était sa sœur. Son épouse et ses neveux avaient été enlevés. Il était normalement beaucoup trop impliqué dans l'affaire pour pouvoir prendre part aux investigations, mais les effectifs du Ministère n'étaient pas assez importants pour se permettre de mettre toutes ses équipes de côté.
« Vous avez obtenu justice, Weasley. » Répondit sombrement Davis, le visage fermé et un air dangereux sur le visage. « Vous et tous les soi-disant héros de la guerre, vous avez obtenu justice sur tous ceux qui s'en étaient pris à vous. Mais qui d'autre peut s'en venter ?! PAS MOI ! » Hurla-t-il soudainement en tapant de ses poings liés sur la table. « J'ai mis des années à me remettre de l'explosion à Poudlard ! Tout ça parce que j'avais refusé de suivre ces fils de Mangemorts ! Et pourtant, personne d'autre qu'Elliah ne m'a fait confiance ! Comment croire qu'un ancien Serpentard puisse être innocent ?! » Débita-t-il de façon incohérente avec fureur, des larmes de rage s'amassant dans ses yeux verts.
« Un de mes frères est mort dans cette explosion, Davis. » Rappela Weasley avant de déglutir. « Rien de ce que vous dites n'a de sens. Ma famille, nos familles ont toutes été abîmées par la guerre, est-ce que nous essayons de tuer d'anciens mangemorts pour autant ? »
« Et vous vous plaignez qu'on s'en soit pris à vous à cause de votre ancienne maison. Vous vous rendez-compte que l'écrasante majorité des personnes que vous avez enlevées appartenaient à Serpentard ? » Demanda Galvin.
« Ils n'était pas innocents ! »
« Baddock n'a pas pris part à la guerre. Et je me souviens clairement de Harper en train de défendre d'autres élèves face aux Mangemorts. » Intervint Weasley.
« Vous comptiez attraper tous les Serpentards comme ça ? » Interrogea Galvin avec un air hautain.
« Je suis un ancien Serpentard si vous voulez. » Ironisa soudainement FitzPatrick. Sparrow ne pouvait en dire autant, puisqu'il avait été réparti à Gryffondor, mais il ne put s'empêcher de sourire un peu de l'intervention de son collègue.
« Vous êtes juste une bande de psychopathes, finalement. » Souffla Galvin en décroisant les bras.
Davis tenta de se lever avec hargne mais les liens qui retenaient ses chevilles l'en empêchèrent. Il retomba lourdement sur sa chaise. Ses mains liées tremblaient.
« Vous parlez de justice, mais la plupart des sorciers et sorcières que vous avez enlevés ont été innocentés par la Justice Magique ou ont déjà payé pour leurs quelques crimes. Qu'en est-il des enfants d'Harry Potter ? Du fils de Draco Malfoy ? Quelle est votre excuse ? Les enfants doivent payer pour les parents ? » Gronda Weasley avec colère, Sparrow serrant les dents en se retenant de dire à son chef de ne pas laisser ses émotions l'emporter.
« Au lieu de rester en retrait comme il aurait dû le faire, il a fallu que Potter s'en mêle et retourne aider Malfoy ! Il fallait bien lui faire comprendre son erreur ! »
« En tuant ses enfants ? » Souffla Galvin avec les yeux écarquillés.
« On ne voulait pas les tuer, les créatures n'étaient pas réelles ! C'était un test ! »
« Oui, vous vouliez qu'ils tuent Malfoy. » Résuma Weasley avec une expression désabusée. « Vous vouliez faire d'eux des meurtriers. Vous vouliez que Scorpius Malfoy tue son propre père en croyant qu'il était un spectre. »
« Il aurait expié pour sa famille ! » Son visage était étrangement paniqué, comme si tenter de justifier le raisonnement de l'Hydre détruisait peu à peu ses certitudes. « Il aurait expié pour les Potter et les Malfoy en même temps ! »
« Smith voulait garder Scorpius en vie ? » S'étonna Weasley.
« Non, mais … » Bégaya Davis.
« Est-ce que aviez planifié de tuer Scorpius Malfoy ? » Répéta Galvin pour forcer le Véritasérum à faire effet.
« Ce n'était pas encore décidé … » Avoua le suspect avec un gémissement, fermant les yeux et baissant la tête avec déconfiture.
FitzPatrick se penchant soudainement vers l'oreille de Sparrow qui tourna les yeux dans sa direction sans bouger.
« Scorpius est le fils de Malfoy et Potter. » Murmura-t-il pour lui expliquer un point de la discussion qui lui échappait.
« Ginny Potter ? » S'étonna-t-il avec les yeux écarquillés avant de se reprendre en comprenant soudainement. « Harry Potter ?! » Souffla-t-il en se tournant vers son collègue qui ne le regardait déjà plus, trop occupé à observer Davis qui s'était mis à pleurnicher sur la table. Sparrow le vit simplement hausser les épaules.
John fronça les sourcils puis se frotta énergiquement les yeux. Cette enquête faisait surgir de biens étranges histoires.
Scène 129 – Ron et John
Ron ouvrit le col de sa robe en se dirigeant vers les ascenseurs. La colère lui avait donné chaud. Il savait qu'il pouvait transplaner pour rejoindre son bureau, mais il avait besoin de marcher pour se ressaisir. En tant que père, les derniers événements l'avaient secoué plus qu'ils n'auraient dû. Il lui était inconcevable que des enfants soient punis pour les erreurs de leurs parents, et les agissements de l'Hydre, déjà largement condamnables, avaient prit un tournant dans l'horrible et l'absurde. L'enlèvement d'Hermione et de ses neveux l'avaient ébranlé, et il n'osait pas imaginer l'état dans lequel devait se trouver Harry. Il ne serait pas étonné de ne pas voir son meilleur ami pendant plusieurs jours.
Sparrow et lui atteignirent les ascenseurs et attendirent en silence que le seul qui soit en état de marche ouvre ses portes. Ron appuya sur le bouton de leur Département et s'appuya au fond de la cage de fer avec un soupir fatigué.
« Chef. » L'interpella Sparrow en se tournant vers lui. Ron haussa les sourcils pour l'inviter à parler. « Un Auror est sans doute impliqué. »
Ron le jaugea, extérieurement impassible alors que son estomac se soulevait.
« Je sais. » Répondit-il en détournant le regard. C'était la seule explication à l'enlèvement d'Hermione et Mellowen. Ni l'un ni l'autre n'ayant pu reconnaître leurs agresseurs, il n'avait d'autre choix que de soupçonner tout le monde sans pouvoir en parler à personne.
« Faites-moi prendre du Véritasérum. » Demanda l'Inspecteur-Chef avec une expression mortellement sérieuse.
« C'est illégal, John. » Lui rappela son patron, le regard à nouveau tourné vers lui. « Il faudrait que je demande à faire ouvrir une enquête interne, et ce n'est certainement pas le moment. »
« Personne ne le saura. Il vous faut au moins une personne en qui avoir confiance ici. » Argumenta Sparrow. Les cernes sous ses yeux renforçaient l'impression qu'ils étaient enfoncés dans ses orbites. Il avait l'air épuisé et nerveux. Il était sans doute aussi malade que Ron à l'idée qu'un de leurs collègues soit impliqué.
Ron fixa son subordonné en réfléchissant à tout ce qu'il savait sur lui. Acharné, méthodique, parfois douloureusement franc, audacieux mais prudent. Il alliait les meilleurs caractéristiques des Gryffondors et des Serpentards. Il lui faisait déjà confiance. Seulement, il n'était pas certain qu'il le fallait.
Il souffla par le nez puis jeta un coup d'œil à sa montre. Vingt-trois heures.
« Est-ce que votre femme peut vous attendre encore vingt minutes ? » Demanda-t-il avec amusement.
« Elle a vu pire. » Sourit Sparrow.
Scène 130 – Scorpius, James et Albus
Scorpius avait le nez légèrement bouché et sa propre respiration sifflante le gênait pour s'endormir. Il renifla discrètement, le visage caché sous la couverture, et remua un peu les jambes.
« Scorpius. » Souffla la voix de James depuis le lit le plus éloigné du sien.
L'interpellé renifla à nouveau et sortit la tête de ses draps en ouvrant les yeux dans l'obscurité.
« Oui ? » Murmura-t-il pour ne pas réveiller les deux autres.
« Comment tu as fait pour sortir ? » Demanda mystérieusement James.
« Quoi ? » Interrogea Scorpius avant de se tourner sous la couverture pour faire face à la direction dans laquelle les trois Potter étaient allongés. « Pour sortir d'où ? » Il ne comprenait pas la question. Il était sorti en même temps que James de la forêt, son demi-frère ne pouvait donc pas parler de ça.
« De ton père… » Précisa-t-il alors d'un ton légèrement agacé, comme si c'était évident.
Scorpius écarquilla les yeux de surprise et resserra la couverture autour de lui. Il n'avait pas du tout envie de parler de ça !
« La ferme, James … » Ronchonna Albus depuis le lit juste à côté du sien. « J'essaye de dormir, je n'ai pas besoin de ce genre d'images mentales. »
C'était à peu près le sentiment de Scorpius aussi, il ne fut donc pas vexé par les mots de son frère.
« Sérieusement ? Tu n'es pas curieux ? » S'étonna James. « C'est tellement bizarre, on sait que c'est possible, mais on ne sait pas comment. Les gens en parlent comme si c'était un terrible accident et c'est tout. » Réfléchissait-il en chuchotant. « Allez, dis-moi Scorp', ça me perturbe. »
Scorpius se mit à rire doucement contre son oreiller. La voix de James était légèrement moqueuse mais il pouvait aussi ressentir une réelle curiosité, comme si son frère n'allait pas réussir à dormir sans savoir.
« Super, je vais rêver que tu chies des bébés maintenant … » Grommela Albus, provoquant un éclat de rire chez leur plus grand-frère qui sembla se tourner dans son lit pour étouffer le son dans son oreiller.
« Par un canal de naissance magique … » Expliqua finalement Scorpius pour abréger les souffrances d'Albus qui renifla près de lui.
« Où ça ? » Demanda encore James avec amusement.
« Si on pouvait arrêter de parler de ça … » Murmura-t-il avec une grimace.
« Allez ! » Souffla James dans un rire.
« Arrête James, moi non plus j'aurais pas envie de parler de l'appareil génital de mon père … » Chuchota Albus avec un début de rire.
Scorpius serra les dents pour ne pas éclater de rire, mais James ne sembla pas réussir à se contrôler et ils l'entendirent depuis sous la couverture où il se cachait.
« Vous parlez de quoi … ? » Marmonna doucement Lily d'une voix endormie.
« De rien, rendors-toi. » Répondit rapidement Albus.
« Hmm … » Souffla leur sœur avec contentement. « C'est quand même bizarre la magie … »
Scorpius ne put plus se retenir et étouffa son rire dans son oreiller.
