Bonjour mes amours ! :D

J'espère que vous allez bien. Moi je suis dans une phase étrange, épuisé-e par les examens, mais, en même temps, j'ai plein de super chouettes discussions qui me font vraiment du bien, notamment avec quelques-un-e-s d'entre vous. J'adore ces échanges que nous avons en privé, j'adore la façon dont vous vous questionnez sur les identités de genre. Vous êtes génialaux. Vous me rappelez que mes combats ont du sens, et vous me donnez du courage quand je suis à bout et sans énergie. Merci pour ça. *cœur sur vous*

D'ailleurs, vous êtes de plus en plus à me lire. Ça me fait chaud au cœur, vraiment. Et je ne vous oublie pas par rapport aux OS cadeaux ! Je n'avais vraiment pas prévu que vous soyez autant à reviewer, franchement. Du coup, je vais terminer l'écriture de TALYPE, puis je penserai à ces fameux OS. Comme ça, je n'abandonne pas non plus les défis du mois. :)

Comme dans ma vie, les choses se mettent en place pour Hermione. Comme vous l'aviez prévu, le cancer de Jean va m'aider à faire avancer le Dramione... (a) D'ailleurs, je mets ma baguette au feu que vous allez adorer la dernière phrase du chapitre... Oui je sais, c'est loin la dernière phrase, mais c'est un petit chapitre ! mdr

Réponse aux reviews anonymes :

Guest : Mouhahah Mais je l'adore aussi Marnie ! :D Élia lae perçoit comme ça, mais c'est une façade de Serpy. :p Et sinon, je suis désolé-e pour la tristesse en fin de chapitre ! :( Merci pour ta review !

Anne : C'est mal la fleeeeemme ! C'est notre seul gagne-pain les reviews. :( Mais merci d'en avoir laissé une ici, et je suis ravi-e que ma fic te plaise ! Team Mattheys héhé

Rose : Oui, je suis très méchant-e... et j'ai bel et bien terminé la fic de cette façon mouhahah Voilà la suiiiite !

Cecile : Attention, une anti-Mattheys... :( xD Il est génial ce gosse, mais je ne pourrais pas convaincre tout le monde. Il est particulier. Je pense qu'on l'adore ou qu'on le déteste. Ça risque grandement de dépendre de l'amour qu'on porte à Élia... Je pense que la suite, globalement, te plaira, vu tout ce que tu as soulevé dans ta review. Je te laisse le suspense, mais la tristesse va bientôt laisser place à... *veuillez découvrir la suite chez lectrice* mouhahah (Je suis fatigué-e, j'ai l'impression que ça augmente mon sadisme ahah) Merci pour ta review et tes encouragements pour mes examens, bisous !

Eva : Mouhahah j'ai adoré ton premier paragraphe, c'est tellement ça. Alors, je crois que tu relèves les éléments qui font que tu n'aimes pas Mattheys, et c'est exactement pour ça que je présageais les deux clans ! Par contre, il faut que je corrige vite la méprise concernant Teddy. Mais ce que je dis ici n'est valable que pour ellui, ça peut être différent pour toute autre personne non binaire. Il est genre fluide, pas agenre. Agenre, si tu veux, c'est un genre "neutre", comme si tu avais une échelle graduée avec "homme" et "femme" aux extrémités. Les agenres sont au centre. Ni l'un-e ni l'autre. Teddy, ellui, est fluide. Cela signifie que son genre varie entre au moins deux genres différents, selon le moment, la situation. En l'occurrence, iel se sent parfois homme, parfois femme, parfois agenre (donc, c'est vrai, tu n'étais pas loin). Ses pronoms ne changent pas par contre. Ellui, iel veut toujours le neutre en "iel". C'est un choix que j'ai fait par rapport à ma fic, mais, je le disais dans mon précédent chapitre, pour Marnie, c'est différent : iel s'en fiche des pronoms. Tout est possible en soi, il faut vraiment voir auprès de chaque personne ce qu'elle préfère. Du coup, pas de changement de pronoms en fonction de l'expression de genre de Teddy. Malgré tout, dans cette période de vie, iel ressent le besoin d'exprimer son genre à travers la couleur de ses cheveux, oui. Merci pour ta question, elle est super, elle me permet d'expliquer certaines choses !
Sinon, mdrr pour Blaise ! Il exige un CV pour voir si tu es à la hauteur (je traduis ces mots, tu sais bien, les Serpy !) ahah Pour Albus... heuuu, qu'est-ce que j'ai écrit déjà moi ? ahah On va le voir, mais clairement beaucoup moins. Surtout des notes pour montrer qu'il va mieux. Je pense par contre à une discussion avec lui et James... (a) Tu m'excuseras, par contre, je suis neuf chapitres plus loin, je ne sais pas jusqu'à quand tu devras attendre mdrrr Neuf chapitres d'avance, n'empêche... Heu, j'ai fait quoi de ma vie ? ahah Astoria pense qu'il y a et qu'il y a toujours eu plus entre Drago et Hermione, tu dis ? Je te renvoie à la dernière scène de mon chapitre, on en parle après ! mouhahah Et je plussoie + 1000 le paragraphe suivant de ta review. Réponse plus que complète dès la première scène de ce chapitre ! :D Et merci pour tes encouragements. Je fais des études de criminologie. :) (je crois d'ailleurs que ça se voit beaucoup dans mon défi du mois d'août ahah) Des bisous !

Ailee : Bonjour bonjour ! Aaaah je suis content-e que tu ais finalement succombé à la tentation ! :D Et absolument ravi-e que ça te plaise autant. J'adore aussi qu'on reconnaissance mon implication par rapport aux LGBTQIAAP *plus*. Tu me fais d'ailleurs penser qu'il faudrait que je parle de relations diamoriques (avec au moins une personne non binaire) *cerveau qui chauffe* En tout cas, c'est super que tu trouves ça bien expliqué. J'essaie au mieux de faire un équilibre entre la fiction distrayante et l'aspect pédagogique. Si c'est pour ne rien comprendre, c'est un peu nul pour une fic, quand même. Je complexifierai les choses dans un autre projet ahah Pour ce qui est du Dramione (et de Narcissa que tu adores, apparemment. :D), je te laisse découvrir l'évolution dans ce chapitre ! Merci pour ta review en tout cas, elle m'a vraiment fait plaisir. A bientôt !

Capuche : Ahah J'avoue que mes chapitres ne sont hyper long non plus. Mais je sens le plaisir et la frustration derrière ta phrase, alors ça me fait plaisir hihi J'adore comme on ne peut pas toucher à Blaise ! J'aime aussi comme la ligue "pas touche" se divise entre "je déteste Ginny" et "je déteste Pansy". C'est comique les divergences. J'aime bien savoir. :p Tu vas aimer ce chapitre, je pense... (a) Qu'est-ce qui te fait peur par rapport à Astoria ? Qu'elle mette le désordre dans leur rapprochement ? Je suis surprises, tu as raison de te méfier... mouhahah Ma bêta a été très étonnée. Mais ce n'est pas encore pour tout de suite ça ! :p J'ai hâte de savoir ce que tu vas penser de Mattheys. Et je suis content-e que tu ais relevé pour le surnom "Tony" ! :D Je me suis bien amusé-e. Il a été assez intuitif, en plus, et j'étais là "d'où tu sors ce surnom bizarre". xD Je crois que Mattheys a pris possession de mes doigts pendant que j'écrivais, mais son explication avec l'oiseau-tonnerre m'a bien plu, j'ai accepté son intrusion dans mon histoire. :p Mdrrr par rapport au cancer ! Evidemment que c'est une stratégie. La preuve en est dès la première scène de ce chapitre. (a) Et pour tes injonctions au remède miracle, on n'est pas dans Harry Potter, ici ! Ah. Si. En fait. Mdr Je te laisse la surprise. (a) Merci beaucoup pour ta review. Et mes examens ne sont pas terminés, malheureusement. :( J'en ai encore un le 2 septembre. Et les résultats... avant la rentrée du 18 ? ahah Des bisous !

Merci à NathanaelleS.


I'm not strong enough to stay away

Je ne suis pas suffisamment fort pour rester loin de toi

Can't run from you

Je ne peux pas t'échapper

I just run back to you

Je peux juste battre en retraite

Like a moth I'm drawn in to your flame,

Comme un papillon de nuit, je suis enfermé dans ton brasier

Say my name, but it's not the same

Dis mon nom, mais ce n'est pas la même chose

You look in my eyes, I'm stripped of my pride

Tu me regardes dans les yeux, je suis dépouillé de ma fierté

And my soul surrenders, and you bring my heart to its knees

Et mon âme capitule, et mon cœur tombe plus bas que terre

.

And it's killin' me when you're away, I wanna leave and I wanna stay

Et ça me tue quand tu es loin, je veux partir et je veux rester

And I'm so confused. So hard to choose

Et je suis tellement perdu. C'est tellement dur de choisir

Between the pleasure and the pain

Entre le plaisir et la douleur

And I know it's wrong, and I know it's right

Et je sais que c'est mal, et je sais que c'est juste

Even if I try to win the fight, my heart would overrule my mind

Même si j'essaie de gagner la bataille, mon cœur l'emportera sur ma conscience

And I'm not strong enough to stay away.

Et je ne suis pas suffisamment fort pour rester loin de toi.

.

Not Strong Enough, Apocalyptica.


Chapitre 28 : Not strong enough (Je ne suis pas suffisamment fort)

Depuis que la nouvelle était tombée, Hermione était restée indolente, prostrée dans le canapé comme seule activité. Un peu comme si les mots l'avaient littéralement assommée.

Hermione profitait de la semaine de congés d'Élia pour faire du télétravail. Il était tout de même prévu que son père vienne la chercher le mardi soir et ce fut ce qu'il fit.

Lorsqu'il frappa à la porte, Élia se leva pour lui ouvrir. Du salon, Hermione entendait tout, sa fille n'ayant pas refermé derrière elle.

« Comment va ma princesse ? » entendit-elle, devinant le sourire dans la voix de Drago.

Il n'y eut pas de réponse verbale, et Hermione devina que l'expression faciale d'Élia en disait long.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? » fit-il, sur un ton soudainement inquiet.

« C'est maman… Elle… elle ne va pas bien depuis que… enfin… », commença-t-elle d'une voix cassée.

Le cœur d'Hermione se serra. Qu'elle-même soit mal, c'était une chose. Qu'Élia en pâtisse, c'en était une autre… même si ça ne l'étonnait pas outre mesure.

« Depuis que quoi, princesse ? » insista-t-il, sur le ton de l'urgence.

« Mamie a un cancer. Elle nous l'a annoncé ce weekend… »

« Où se trouve ta mère ? »

Concerné. Ce fut le mot qui vient à l'esprit d'Hermione en l'entendant. Il lui paraissait concerné. Inquiet aurait semblé de trop, et il n'était clairement pas indifférent. Oui, c'était ça : il était concerné. Et il agissait comme s'il prenait les devants de la situation.

Hermione ne bougea pas, comme figée dans son propre corps, devenu marbre. Sa raison elle-même, si elle comprenait tout ce qu'il se passait, ne semblait pas plus s'animer. Elle ne réagit pas davantage lorsque Drago fit irruption dans la pièce, ne levant même pas les yeux dans sa direction.

« État d'urgence déclaré. Quelle boisson la réconforte le plus ? » demanda-t-il sur le ton d'un officier commandant, qui aurait presque pu faire sourire Hermione si elle ne se sentait pas aussi éteinte.

« Chocolat chaud avec du caramel, sergent papounet ! » s'exclama Élia qui jouait le jeu. Drago éclata de rire. « Je vais en préparer de ce pas ! »

Hermione entendit les pas d'Élia s'éloigner vers la cuisine, et elle devina plus qu'elle ne vit réellement la présence de Drago. Après un moment de silence, il s'approcha d'elle.

« Fais-moi de la place », exigea-t-il en lui touchant l'épaule pour lui indiquer de quel côté.

Hermione grogna, mais abdiqua. Il s'assit, et avant qu'elle ait pu esquisser le moindre mouvement, il prit ses aises, s'appuyant contre le bras du fauteuil et l'attirant à lui. Elle était emprisonnée dans ses bras, dans sa chaleur enveloppante et rassurante.

Elle se crispa malgré tout. Drago Malefoy, qui manifestait de la tendresse, ça ne pouvait pas être gratuit. Elle ne le voyait pas verser dans la générosité. Elle devrait probablement le remercier d'une façon ou d'une autre. À cette pensée, son cœur s'accéléra.

« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda-t-elle d'une voix plaintive.

« Chut ! Détends-toi », lui répondit-il, la serrant encore un peu plus contre lui.

Il posa sa tête sur ses cheveux, les embrassant tout en les caressant. Et Hermione finit par se laisser aller contre son torse. Puisqu'il lui offrait, de toute façon… elle verrait bien pour les conditions. Elle assumerait plus tard…

Quelques minutes plus tard, Élia revint dans la pièce avec un plateau.

« J'en ai fait un pour toi aussi, papa », annonça-t-elle. Sa voix transpirait l'amour, c'était incroyable… Hermione se sentait chanceuse d'avoir une telle enfant.

« Merci, princesse », exprima Drago à voix basse, à proximité de son oreille.

Un long frisson grimpa le long de sa colonne vertébrale, et elle se sentit rougir de savoir que sa fille les voyait installés de cette manière, partageant un moment qui lui paraissait si intime.

« Si tu as encore besoin de moi, je serai dans ma chambre », déclara-t-elle avant de repartir.

Hermione attendit qu'elle referme la porte pour ouvrir la bouche.

« Tu abandonnes ta journée entre père et fille », murmura-t-elle, se sentant coupable.

« J'ai encore toute la semaine pour lui consacrer un moment », répliqua-t-il sur le même ton.

« Pourquoi tu fais ça ? »

D'abord, il ne répondit pas. Puis elle sentit son thorax se gonfler et s'affaisser tandis qu'il inspirait et expirait profondément.

« Parce que je sais ce que tu es en train de vivre », avoua-t-il d'une voix fluette.

« Comment ça ? » s'étonna Hermione.

Le cœur battant, elle attendait qu'il parle, et ce fut ce qu'il fit.

« Mon père est décédé en 2009 d'un cancer non traité de l'œsophage. Il était alcoolique et fumeur invétéré depuis… depuis le retour du Seigneur des Ténèbres. Il n'a jamais cessé sa consommation, même quand les médicomages lui ont annoncé qu'il en mourrait s'il ne le faisait pas. »

« Oh », répondit-elle simplement, incapable d'ajouter quoi que ce soit.

Elle n'avait jamais porté le père Malefoy dans son cœur, et ne le ferait certainement jamais. Autant elle pouvait aisément concevoir que Drago avait été jeune, conditionné, endoctriné, autant elle considérait que Lucius était un personnage exécrable qui ne méritait pas l'ombre de sa considération.

En revanche, elle se sentait touchée par la confession. Par ce qu'elle représentait, tenant compte de la personnalité de Drago, et parce qu'elle imaginait sa souffrance, qui transparaissait au travers, sans qu'il n'ait besoin de l'exprimer clairement. Il n'était clairement pas obligé de lui faire part de tout cela et, pourtant, il l'avait fait.

En cet instant, elle ne pouvait qu'aisément imaginer ce qu'il avait vécu. Une différence subsistait cependant entre leurs deux situations.

« Mais toi, tu n'as pas eu à te sentir coupable d'avoir disparu pendant douze ans », répliqua-t-elle, une boule dans la gorge.

Il remua, comme si cette affirmation suscitait chez lui quelque chose de désagréable.

« En fait, si. J'ai refusé de le voir pendant toutes ces années, alors qu'il se noyait dans l'alcool. Je ne l'ai finalement revu qu'à la naissance de Scorpius, le retrouvant seulement pour quelques mois », dit-il d'une voix morne.

Hermione encaissa. Finalement, il avait vécu quelque chose de similaire…

« J'aurais pu passer tellement plus de temps à ses côtés si… », exprima-t-elle, au bord des larmes.

« Hermione… avec des « si », on refait le monde d'une façon totalement autre. Tous nos choix ont des incidences sur notre présent et notre avenir. Va savoir ce qu'il serait advenu si tu en avais posé d'autres. Ça aurait pu être mieux sur certains aspects, mais ça aurait probablement été l'horreur sur d'autres. Alors ne te fais pas trop de mal sur ce qui aurait pu être, et concentre-toi sur ce qui est », lui conseilla-t-il.

Ses paroles résonnèrent étrangement comme celles qu'Harry lui disait parfois. Mais les entendre, de lui spécifiquement, ça avait un effet salvateur. Elle se laissait aller dans ses bras, les larmes coulant silencieusement le long de ses joues.

OoOoO

Drago revint le lendemain. Et le soir suivant. Et encore celui d'après. Le samedi soir, veille du départ d'Élia, il se rendit à nouveau chez Hermione. La vérité, c'était que c'était plus fort que lui. Pourtant, en ce moment, elle représentait tout ce qu'il fuyait en temps normal : la dépression, la peur, le laisser-aller.

En temps normal. Parce que ce n'était clairement pas normal. Il voulait être avec elle. Il voulait qu'elle retrouve son sourire, ses yeux fuyants de gêne. Il voulait qu'elle danse à nouveau.

Il n'avait, jusque-là, pas pris conscience de son attachement pour Hermione. Mais le premier soir où il était venu, apprenant la maladie de sa mère, il avait échangé un regard avec sa fille. Et là, il avait compris. Il avait vu l'image de leur duo dans ses yeux. Il avait vu que sa fille savait, avant lui. C'était plus que de l'espoir d'un enfant qui souhaite que ses parents soient ensemble.

Elle savait qu'il s'inquiétait pour Hermione. Ce qui est absolument ridicule, parce que si elle avait survécu à la torture, à la guerre, à une grossesse et une maternité loin de ses proches… elle pouvait survivre à un diagnostic. C'était une sorcière forte et indépendante, il n'en doutait pas une seconde.

Et pourtant. Le samedi soir, il revint, ayant quelque peu modifié les plans de sa soirée pour y inclure une deuxième personne.

« Tu vas t'habiller », décréta-t-il, face à Hermione, totalement décoiffée et le regard perdu, toujours affalée dans le fauteuil. « Tu nous accompagnes au théâtre. »

« Il est hors de question que tu paies pour quoi que ce soit », répliqua-t-elle, une faible lueur dans les yeux.

Tenace. Elle était tenace, même dans un état de faiblesse. Il en aurait presque souri, s'il n'avait pas l'habitude de rester stoïque lorsqu'il devait faire preuve d'autorité.

« Oh Hermione, je t'en prie. Je m'en fiche, c'est une histoire de soixante Mornilles pour une place. Mais si tu y tiens, tu me rembourseras. Maintenant, tu te lèves, et tu arrêtes de trouver des excuses ridicules qui ne te seront d'aucune utilité. »

« Pourquoi ? » lui tint-elle tête.

Il soupira, cachant son amusement.

« Parce que je suis encore plus têtu que toi. Quand un Malefoy a décidé quelque chose, il l'obtient, un point c'est tout. »

Elle lui lança un regard noir, mais s'exécuta tout de même. Il avait gagné. Pour ce soir.

La soirée se déroula à merveille. Certes, Hermione avait toujours ce regard fermé. Mais elle l'écoutait parler avec Élia. Ses pupilles ne semblaient plus recouvertes d'un voile. Elle se reconnectait à la réalité sans pouvoir y faire face tout de suite.

Ce fut plus serein qu'il alla retrouver Blaise après la représentation, accoudé au bar de la Tête du Sanglier. Il peinait visiblement à tenir sur son tabouret. Drago se hissa sur le tabouret voisin, happé alors par l'haleine alcoolique de son ami.

« T'es perché, Blaise », commenta-t-il avec une grimace de dégoût.

« T'es en retard », répliqua-t-il avec une once d'amertume. « Et ne m'dis pas qu'un Malefoy arrive toujours au moment où il doit arriver. J'suis ton meilleur ami, pas n'importe qui. »

Drago soupira. Il avait déjà perdu d'avance si Blaise se trouvait dans un tel état : plus direct, moins enclin à entendre ses habituels détournements de situation.

À défaut, il commanda un Whisky pur feu, puis attendit. Il sentait que la suite de la soirée allait être rude, il préférait avoir quelque chose pour favoriser la parole.

« J'étais avec Hermione », dit-il enfin.

« Elle est soudainement devenue plus importante que moi ? » grogna Blaise.

Perdu dans le fond de son verre, Drago ne songea même pas à le charrier pour la remarque pathétique.

« Ne raconte pas n'importe quoi non plus. Je peux vous voir tous les deux, l'un n'empêche pas l'autre », lui rétorqua-t-il.

« Nous deux, peut-être. Mais est-ce que tu peux voir Granger alors que tu es toujours marié, Drake ? »

Touché. Coulé. Drago déglutit. Il n'avait toujours pas pris sa décision. Il ne savait pas quoi faire par rapport à Astoria. Elle était sa femme, la mère de son fils. Et les Sang purs ne divorçaient pas.

« Je sais à quoi tu penses. Et on s'en bat les… »

« Blaise. »

« Sérieusement, qu'est-ce que ça peut te faire ? O.K. Ton nom. O.K. Les apparences. Mais tu n'éduques quand même pas ton fils de la manière dont tu es censé l'éduquer, en tant que Sang pur. Tôt ou tard, ça se saura », raisonna-t-il, de façon extrêmement lucide malgré son état.

Drago respira longuement.

« Mieux vaut tard, alors », dit-il d'une voix sinistre.

« T'es vraiment qu'un lâche, tu le sais ça ? » l'attaqua Blaise.

Drago savait pertinemment à quoi il jouait. Il le savait et, pourtant, ça n'empêcha pas la colère de lui monter à la gorge. Pour la subtilité, il n'y était pas. Pour la corde sensible, c'était une autre affaire.

« Et toi, t'es une pauvre maîtresse éplorée. Je t'emmerde, Blaise. »

« Très fin. Tu ne peux pas les emmerder à moitié, les conventions », continua-t-il.

« Dit celui qui se trouve un plan cul et en tombe amoureux », lança Drago sur un ton piquant.

« Qui est vulgaire, maintenant ? »

« C'est le fait de parler d'amour que tu trouves vulgaire ? »

Après cette joute verbale, ils échangèrent un regard, comprenant qu'ils pensaient la même chose : leur échange était absolument ridicule. Ils éclatèrent de rire.

« Admets-le, Drake », reprit Blaise, plus sérieusement. « T'es amoureux de Granger. T'es encore amoureux d'elle ou t'es retombé amoureux. »

Drago soupira, se passant une main dans les cheveux. Il sentait son cœur au bord de sa gorge, mais il ne savait pas si c'était l'alcool, la chaleur dans le bar, le sujet de conversation ou un mélange des trois.

« Je rentre. Demain Élia reprend le Poudlard Express, puis Astoria me dépose Scorpius », déclara-t-il, se levant.

Il avala d'une traite le fond de whisky qui lui restait, et il quitta le bar, étourdi.

OoOoO

Lorsqu'il la vit passer la barrière invisible du quai 9 ¾, Harry lui sourit. Elle arriva à sa hauteur, et il l'attrapa par l'épaule, l'embrassant sur la tempe.

« Comment est-ce que tu te sens ? » lui demanda-t-il.

Hermione haussa les épaules. La vérité était facile à deviner : ce n'était pas facile à vivre. Mais ça l'était beaucoup plus, du fait que Drago venait occuper ses soirées depuis presque une semaine. En fin de compte, elle n'avait pas tellement de quoi se plaindre.

« Ça pourrait aller mieux. Et toi ? »

Il sourit, regardant en direction de Teddy, en grande conversation avec Élia, quelques mètres plus loin.

« De mieux en mieux, je crois. J'ai passé du temps avec Teddy ce weekend, il semble un peu plus apaisé. Je ne pense pas tellement que ça soit son coming out, mais surtout le fait qu'il soit plus entouré à Poudlard », expliqua-t-il. « Bon, c'est un ado, il ne m'en parle pas. Mais, même avec Élia, le dialogue est renoué. »

Hermione acquiesça. Elle l'avait également remarqué, même si elle avait noté la même chose concernant Élia : elle lui parlait beaucoup moins de ce qu'il se passait à Poudlard. Toujours des cours, beaucoup des cours. Mais elle niait toute la partie sociale de son expérience. Néanmoins, Hermione ne s'en inquiétait pas : comme l'avait fait remarquer Harry, c'était l'âge. À l'adolescence, ils avaient besoin de leur jardin secret. Et surtout par rapport aux parents.

« Hum ! J'ai aussi une grande nouvelle à t'annoncer », énonça-t-il.

Elle se tourna vers lui, aussi surprise que curieuse d'entendre la suite.

« Ginny a fait une demande de modification de la garde alternée. Elle demande une garde équitable. »

« Oh ! Qu'est-ce que tu en penses ? »

Son grand sourire parla pour lui.

« C'est sûr, mes enfants vont me manquer. Je vais avoir un vide quand ils seront absents. Je m'étais habitué à m'occuper d'eux, sans leur mère. Mais je suis content, parce que cela signifie que leur mère se sent mieux. Et si elle, elle se sent mieux, la famille va pouvoir se trouver un nouvel équilibre. »

Hermione ne put que sourire face à tant d'optimisme. Elle le prit dans ses bras, animée par un élan d'amour pour lui.

« Tu es un homme et un père formidable, tu le sais ça ? » lui souffla-t-elle durant leur étreinte.

Harry rit doucement.

« Si tu le dis, c'est que ça doit être vrai. »

Hermione sentit une présence derrière elle avant même qu'Élia s'exclame « Papa ! ». À présent, il venait à chaque fois qu'elle revenait de Poudlard ou y retournait.

Se retournant, elle le découvrit, les traits une fois de plus tirés. Il ne semblait pas aussi fatigué que le jour où il avait décrété « état d'urgence », mais quelque chose lui disait qu'il était resté éveillé relativement tard. Ils échangèrent un regard, mais ils n'en dirent rien.

Ils saluèrent les enfants – ou plutôt les adolescents – qui partaient, avant de se retrouver tous les trois, dans la horde de parents.

Embrassant une dernière fois Hermione, Harry les salua également. Elle savait très bien ce qu'il avait derrière la tête, mais, pour une fois, elle s'en fichait totalement. Elle avait autre chose en tête.

« Tu sembles soucieux », lui dit-elle, alors qu'elle remarquait que le pli entre ses sourcils ne disparaissait pas.

« Tout autant que toi », répliqua-t-il.

Hermione soupira.

« Je vais chez mes parents, dès que je sors d'ici », expliqua-t-elle. « Profiter un peu de ma mère, la soutenir, tu vois… »

« Je vois », répondit-il, la dévisageant, comme pour la sonder.

« Est-ce que tu voudrais venir avec moi ? » lui proposa-t-elle d'une petite voix. « Je sais que c'est un peu ridicule, mais… »

« D'accord », répondit-il immédiatement.

Hermione resta coite. Elle s'était attendue à essuyer un refus.

« Oh ! Je… heu… », balbutia-t-elle.

« Tu pensais que je refuserais ? » lui demanda-t-il, amusé.

Elle acquiesça.

« Franchement, c'est toujours mieux que d'être enfermé au Manoir. Par contre, il faut que je sois de retour pour quatorze heures. Astoria m'y amène Scorpius. »

« O.K., ça me va », répondit-elle, ahurie.

Elle le regarda dans les yeux, elle ne décela rien, sinon la beauté renversante de ses pupilles.

« Merci », ajouta-t-elle dans un souffle.

Sa présence comptait, bien plus qu'elle ne pouvait même se l'avouer à elle-même.

OoOoO

Drago rentra au Manoir après avoir passé le début de l'après-midi chez les Granger. Il se sentait un peu désorienté par ce moment qu'ils avaient partagé. Il avait la sensation d'être disséminé en plusieurs endroits.

Le fait était qu'il avait été très bien reçu et qu'il avait passé un agréable moment. Dès son arrivée, la mère d'Hermione lui avait souri, déclarant « C'est bien que vous soyez là, Drago ». Il s'était un peu senti mal à l'aise, comme si on avait des attentes à son égard. Mais son malaise s'était rapidement dissipé, et il avait eu la sensation d'être… en famille.

C'était exactement ce qui le perturbait en cet instant. Il était vraiment partagé entre ce ressenti plus que plaisant, et une autre sensation nettement moins agréable : ce n'était pas sa famille. Il était marié à une femme qu'il ne supportait plus, mais de laquelle il ne pouvait pas divorcer. Il était père de deux enfants de mères différentes, et il n'avait la garde exclusive pour aucun d'eux, puisqu'il était seul.

Oui, il était seul. Officiellement, il était marié, mais, officieusement, il était plutôt bloqué. Perdu. Il ne se sentait pas totalement libre et célibataire, mais il ne se sentait plus d'aucune obligation envers Astoria.

Passant la porte du Manoir, il tomba nez à nez avec sa femme et sa mère qui se toisaient, et son fils fusa dans ses jambes, les serrant très forts contre lui.

« Hé ! Mon bonhomme », s'exclama-t-il en feignant l'enthousiasme.

Il déglutit. Sa femme était là. Il était donc en retard. Il avait passé plus de temps que prévu avec Hermione. Il n'était pas parvenu à s'éclipser. Et maintenant, il était coincé.

Astoria lui jeta un regard.

« Même pour ton fils, tu n'es pas fichu d'être à l'heure », cracha-t-elle.

Il soutint son regard, préférant ne pas envenimer les choses en répliquant. Sa mère le fit à sa place.

« Mais il est là, maintenant. Et je suis certaine qu'il s'occupera très bien de Scorpius. Tu as sans doute quantité de travail à faire Astoria, n'est-ce pas ? » dit-elle en la poussant vers la porte. « Nous ne voudrions pas te retarder. À mercredi, ainsi. »

N'osant pas s'opposer à elle, Astoria quitta les lieux, embrassant une dernière fois son fils. Narcissa referma la porte derrière elle, dévisageant Drago qui monopolisait Scorpius pour s'éviter une conversation.

« Alors comment va mon scorpion ? Il est content de voir mamie et papa ? »

« Élia ! Je veux voir Élia, moi ! », s'écria le petit bout, un grand sourire aux lèvres.

Drago sourit doucement.

« Moi aussi, moi aussi. Mais Élia est à Poudlard », répondit-il en l'embrassant sur le front.

Il ne pouvait cependant pas éviter indéfiniment sa mère, qui ne l'avait pas lâché du regard. Il n'y échapperait pas.

« Drago », commença-t-elle d'une voix tranchée, mais douce.

« Mère », soupira-t-il.

Elle attendit quelques secondes supplémentaires, comme si elle espérait qu'il parle avant qu'elle n'ait à le faire. C'était évidemment peine perdue. Jamais Drago ne se vendrait. Même lorsqu'il était pris au piège, ce n'était pas certain.

« Tu passes beaucoup de temps avec Mlle Granger, mon fils. »

« C'est la mère de ma fille », rétorqua-t-il.

« Tu n'en passes pas autant avec Astoria », enchaîna-t-elle, sur le ton de celle qu'il ne fallait pas tenter de leurrer.

Drago soupira derechef.

« Où veux-tu en venir, mère ? »

Narcissa plongea ses pupilles dans les siennes.

« Cette situation ne peut plus durer. Tu es parti depuis plusieurs mois du domicile conjugal. Entends-moi bien, je suis ravie de t'avoir à la maison, autant que je le suis de voir aussi souvent mes petits-enfants. Mais tu te dois d'être honnête envers ta femme, Drago », dit-elle sur un ton qui ne laissait place à aucune contestation.

Par Salazar, elle savait. Elle avait sans doute compris avant que lui-même ne le comprenne. Et ce, bien avant qu'il ne revienne vivre au Manoir.

Il ne pouvait plus le nier, à présent, pas avec ce regard posé sur lui. Il pourrait tenter de se raisonner comme il le voudrait, il savait que son cœur gagnerait de toute façon la bataille.

Il était amoureux d'Hermione Granger.


Oups, j'ai jeté une bombe... (a) Bon d'accord, vous le saviez ahahah Vous le saviez depuis le début et vous n'attendiez que ça. Admettez-le quand même, tenir 28 chapitres avant que Drago n'admette qu'il est amoureux, c'est pas mal quand même, non ? *Auteurice qui se lance des fleurs* xD

Bon, plus sérieusement. Pour beaucoup, vous avez aussi compris que le cancer de Jean me servirait pour la Dramione. C'est vrai, et ce n'est pas terminé ! ahah D'ailleurs, plus d'information sur ce cancer dans la suite, j'ai fait mes petites recherches ! Aidé-e de ma chère NathanelleS, qui est infirmière. Merci à toi, pour tout !

Vous voyez aussi, très brièvement, que ça va beaucoup mieux pour Teddy. Soulagement ? Je vous avais promis que ça ne serait pas éternel ! :D Tout comme la situation avec les enfants Potter, et Ginny qui demande la garde alternée égalitaire. Qu'est-ce que vous en pensez ? Vous aurez plus d'informations dans la suite, comment ça se passe avec Pansy. Celui pour qui ça ne va pas fort, c'est Blaise. Mais je vous avoue aussi que la scène au bar est ma préférée dans ce chapitre. J'adore cette façon que Drago et lui ont d'être directs, sans en se lançant des vérités douloureuses. Moi et mon grand amour pour les Serpentard... (les candidatures sont ouvertes, mais je suis un spécimen difficile à convaincre, je vous préviens ! ahah)

Bon je vous laisse. Et comme je suis un amour (hem hem), je vous publie ce chapitre en avance héhé Des paillettes de licorne sur vous !