Titre : Alpha Potentiel

Résumé : Pour avoir lâchement désobéi à Voldemort, Draco va recevoir une punition qui va définitivement changer sa vie… en bien, comme en mal, d'ailleurs. HPDM

Spoiler : Tome 7 (non inclus, donc)

Pairing : HP/DM… Classé M, comme toujours !

Note de l'auteur : Et bien, je vous aurai fais attendre, hein ?

Pour ma défense, de grands bouleversements ont eu lieu dans ma vie dernièrement. Non, je n'ai pas changé de job (dommage). A la place, j'ai perdu ma collègue (et alliée) pour me retrouver seule en enfer pendant deux mois. L'ambiance s'est améliorée (ce n'était pas dans son intérêt de me harceler, elle a préféré me surmener), j'en ai récupéré une incapable qui est partie pour en retrouver une nouvelle qui se débrouille. A suivre… loll

Niveau autre bouleversement, je prépare actuellement mon déménagement. Enfin, je quitte le foyer familial pour m'installer seule ! Voilà qui va occuper mon mois de juillet et, malheureusement, desservir mes histoires. Mais je ne vous oublie pas, jamais. Sachez que je programme et pense à mes fics tous les jours. Je n'abandonne pas !

Enfin, suite à mon déménagement, j'annonce officiellement ma dernière visite à la Japan Expo française. J'y vais une ultime fois cette année ensuite, je profiterai de la made in Asia qui vaut largement le détour également ! Ainsi, si certains voulaient éventuellement me rencontrer.. ben z'avez qu'à venir en Beligque ! loll

Mais cela dit, vous êtes de moins en moins nombreux à vouloir taper la discute alors je suppose que mon absence ne fera pas une grande peine. Enfin, pour celles (ceux ?) qui voudraient me dire un coucou cette année… Ben on s'arrangera en MP ! loll

Sur ce… Ce chapitre ! J'ai eu du mal ! Je m'étais mis en tête de commencer la bataille mais je ne l'ai pas atteinte, par soucis du détail.

Alors certains vont dire 'il ne se passe rien' 'A quand l'action ?' et à ceux-ci je leur réponds : si vous voulez quelque chose qui se déroule vite et sans attente, regardez un film ! loll

Je ne pouvais pas me permettre d'accélérer les évènements juste pour satisfaire l'action, sous peine de me frustrer par manque de détail. Bref ! J'espère que ce chapitre vous plaira malgré ses défauts !

Encore un grand merci à Tamaki pour sa correction attentionnée !

Musique écoutée pour la rédaction du chapitre : Que dale ! loll

Temps de parution : Etant donné le peu de chapitre d'avance, il est pour l'instant limité à 1 chapitre par mois. Je vais faire de mon mieux pour vous offrir une parution plus rapide !

Nombre de chapitre : Plus d'avance.

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Chapitre 29 : La réapparition de l'élu

La disparition de Rogue les laissa quelques instants totalement hébétés. Puis, d'un même mouvement, ils pivotèrent sur eux-mêmes et s'élancèrent dans le village, le traversant en courant rapidement. Bien entendu, Harry dépassa Draco en quelques secondes mais le blond ne s'en offensa pas. Il l'encouragea au contraire à se dépêcher.

A peine eurent-ils franchi le seuil de la porte de leur maison qu'ils se mirent à lancer des sorts, réunissant l'entièreté de leurs effets personnels ainsi que ceux de Ron et Hermione. Ils remplirent ainsi le petit sac magique laissé par la jeune Gryffondor, ce pourquoi Harry ne cessa de l'en féliciter, même si elle n'était pas là. Quand enfin, toutes leurs affaires furent entassées dans le petit accessoire, ils se regardèrent une seconde, comme avec hésitation.

« On ne peut transplaner qu'à l'entrée du village, murmura Draco. Si Greyback est revenu, pars sans moi.

-Comme si j'allais t'obéir ! s'énerva Harry, agacé.

-Tu vas le faire ! s'écria Draco, soudainement furieux. Celui qu'ils doivent capturer, c'est toi ! A moins que Voldie ait donné des ordres précis, je ne suis pas encore concerné alors tu transplanes et c'est tout. Quant à moi, je prendrai ma forme de loup et je partirai en courant. J'ai déjà semé Greyback une fois, je pourrai le refaire. Ensuite, je te rejoindrai… où allons-nous, d'ailleurs ?

-Chez les Weasley, répondit Harry en ouvrant lentement la porte d'entrée, y jetant un coup d'œil méfiant. C'est encore l'endroit le mieux gardé pour nous… Et de toute façon, nous avions promis de commencer le combat aujourd'hui, donc autant aller là-bas…

-Super, marmonna Draco. Tout a l'air normal. Viens, pressons-nous ! »

Ils quittèrent la maison sans même se soucier de fermer la porte d'entrée. Chacun ressentit un puissant sentiment de peine en quittant ce lieu qui avait été témoin de tant de bons moments entre eux, mais ils ne se retournèrent pas. Le temps n'était pas à l'émotion ! Alors qu'ils traversaient le village, ils croisèrent plusieurs habitants qui les saluèrent et auxquels ils répondirent à peine, à leur grande stupéfaction. Ils n'avaient pas le temps d'être polis et sympathiques. Ils arrivaient à l'entrée lorsqu'ils avisèrent Gabriel, tranquillement appuyé contre la barrière délimitant le village.

« Alors vous partez ? demanda le plus jeune, un sac à dos en main. Je peux venir ?

-Tu plaisantes, là ? questionna Draco, stupéfait.

-Non, pourquoi plaisanterais-je ?

-Tu n'es pas un sorcier, signala Harry.

-Et alors ? Tous les lycanthropes qui ont rejoint votre ennemi n'en sont pas… Et je sais me transformer hors pleine lune, ce qui n'est pas le cas de tout le monde. Je vous serai utile ! »

Harry et Draco se regardèrent, hésitants.

« Je ne sais pas si c'est une bonne idée, Gabriel, mais nous n'avons pas le temps de tergiverser. Donc, tu vas venir avec nous et on avisera là-bas. Harry, tu nous fais transplaner, je vais te soutenir magiquement pour le transport. Gabriel, prends la main de Harry, ne la lâche pas et ne lutte pas, d'accord ? Laisse-toi juste emporter. C'est compris ?

-D'accord », répondit le blondinet en saisissant la main de Harry avec précipitation.

Harry souffla et se concentra sur la maison des Weasley. Au même moment, un pop se fit entendre et Greyback apparut devant eux. Il resta un instant immobile, stupéfait par le trio puis soupira.

« Vous êtes au courant, dit-il simplement.

-Oui et on s'en va, répondit Draco. Au revoir. »

L'alpha n'eut pas le temps de répondre : avant de lui laisser l'opportunité de donner un ordre, Harry les avait fait transplaner. Ils atterrirent − en entier, heureusement − à presque un kilomètre de la maison des Weasley, sécurité entourant la maison oblige. Conscients qu'ils ne seraient pas en sûreté tant qu'ils ne seraient pas dans les limites protectrices, ils se mirent à courir aussitôt.

« Soyez prudents, il peut y avoir des mangemorts n'importe où, ici ! Alors courons au plus vite jusqu'à la maison des Weasley et ensuite, on avisera, d'accord ? »

Personne ne répondit aux paroles de Harry, chacun le suivait avec attention. Harry traversa le champ rapidement et il avisa un rouquin qui se déplaçait dans la cour de la célèbre famille Weasley, l'air nonchalant. Ça devait être Fred ou George, il lui était impossible de le déterminer sans voir ses deux oreilles. Plutôt que d'attendre, il le héla.

« Fred ou George, on est là ! »

Le rouquin se retourna et Harry constata qu'il s'agissait de Fred. Ce dernier écarquilla les yeux en les voyant arriver tous les trois en courant.

« Harry ? dit-il, stupéfait. Et… Malfoy ? »

Il les fixait alors qu'ils arrivaient à côté d'eux, s'arrêtant à ses côtés.

« Mais… Qu'est-ce que vous faites là ? s'étonna-t-il.

-On expliquera ça à tout le monde, assura Harry. On est en sécurité ?

-Moyennement, répondit le jumeau. Venez, allons à l'intérieur, c'est plus sûr. »

Il les entraîna vers la maison mais avant d'entrer, les trois lycanthropes marquèrent un temps d'arrêt. Harry parce qu'il ignorait les réactions des personnes dans la maison à sa vue, Draco car il angoissait pour la même raison et Gabriel car il n'avait pas l'intention d'entrer dans un lieu inconnu en premier. Fred, malheureusement, annonça leur venue avec son exubérance habituelle.

« Devinez qui est là ? »

Des voix interrogatrices se firent entendre et les trois lycanthropes n'eurent d'autre choix que de pénétrer dans la cuisine accueillante et remplie de membres de la famille Weasley, chaque personne hoquetant à leur vue.

« Harry ! s'exclamèrent en même temps toutes les personnes présentes.

-Hé, tout le monde, répondit le brun, collant son dos au torse rassurant de Draco derrière lui. Ça faisait longtemps… »

Tout le monde était là ou presque. Kingsley Shacklebot, Tonks − qui était bien enceinte − et Remus, l'intégralité de la famille Weasley − à l'exception de Percy et Charlie − le petit Dedalus Diggle, Hermione, Luna Lovegood, Seamus Finnigan, Colin Crivey, Dobby et quelques autres sorciers que Harry ne connaissait que de vue. Tous les dévisageaient, stupéfaits.

« Gabriel ? interrogea Hermione, surprise. Mais… enfin…

-Greyback a reçu l'ordre de me livrer, expliqua sombrement Harry. Alors on a plié bagage. Et Gabriel nous accompagne.

-Oh, merde, commenta simplement Ron alors que tous, autour de la table, blêmissaient.

-C'est bien de ne pas lui avoir fait confiance, souffla Remus, manifestement fier d'avoir eu raison.

-Greyback avait prévenu depuis le début qu'il me livrerait s'il en recevait l'ordre, lui dit Harry, mal à l'aise d'être le point de mire de tout le monde. Ce n'était donc pas vraiment une surprise… Je ne savais simplement pas que Voldie ferait le premier mouvement.

-Il faut croire qu'il en avait assez de te savoir caché, intervint Kingsley avec un sourire en s'approchant d'eux. Harry, je suis ravi que tu nous rejoignes enfin. Tu as bien changé… »

De fait, tout le monde le détaillait des pieds à la tête, remarquant le changement de sa physionomie, la longueur de ses cheveux détachés par la course que les trois lycanthropes avaient effectuée et ses yeux pour le moins tout sauf humains.

« Il semblerait, oui, répondit Harry. Madame Weasley… Y a-t-il une petite place chez vous pour trois lycanthropes en fuite ?

-Bien sûr mon chéri ! » s'exclama la matriarche en osant enfin faire un pas vers lui.

Elle sembla toutefois hésiter en constatant que le brun était fermement plaqué à un Draco très impressionnant de muscles et de taille derrière le brun, lui-même ayant une main cramponnée à l'épaule de son amant. Harry se dégagea pourtant gentiment et s'approcha d'elle pour la prendre dans ses bras sans hésiter, conscient que Draco devait lever les yeux au ciel derrière lui. Elle s'écarta de lui, encadrant son visage de ses mains pour l'observer avec une pointe de chagrin. Mal à l'aise, Harry se dégagea pour retourner s'appuyer contre un Draco rassurant.

« On ne vous a pas dit le pire, dit-il.

-Le pire ? s'inquiéta Hermione, consciente que toutes les personnes présentes étaient fixées sur l'apparence des deux amants.

-C'est Rogue qui est venu nous avertir, souffla Harry, provoquant un long silence stupéfait.

-Rogue ! s'exclama Remus. Il savait que vous étiez là ? Mais comment ?

-Aucune idée, répondit Harry. Mais il était là quand on est arrivés au village et il nous a avertis directement que Greyback avait reçu l'ordre de me capturer.

-Et il vous a conseillé de fuir, rappela Gabriel.

-En plus ! ponctua Harry.

-Mais ça n'a pas de sens, s'étonna Shackelbot, Rogue est un traître ! »

Son exclamation assombrit le visage de toutes les personnes présentes. Au bout d'un moment, Draco prit la parole.

« J'étais celui qui devait tuer Dumbledore, dit-il, tout le monde tournant la tête vers lui. C'était une mission qui m'avait été donnée, plus pour punir mes parents de l'échec dans la salle des Prophéties qu'autre chose. Voldie savait que j'échouerais et mon échec devait entraîner ma mort et le deuil de ma famille. Mais… ma mère était bien décidée à ce que je sois sauvé. »

Harry se tourna vers son amant, interrogateur.

« Que veux-tu dire ? demanda-t-il.

-Elle est allée voir Rogue avant ma sixième année. Je le sais car elle me l'a dit quand on… quand j'ai été traîné de force auprès de Voldie pour recevoir ma sentence, pour mon échec. Elle… elle a demandé à Rogue de faire un serment inviolable… »

Ses mots provoquèrent certains hoquets horrifiés dans l'assemblée. Difficilement, il poursuivit.

« Elle lui a demandé de faire en sorte que ma mission soit exécutée. Elle lui a demandé de faire ce qu'elle savait impossible pour moi…

-Merlin tout puissant, souffla Remus. Ta mère lui a fait prêter serment de tuer Dumbledore !

-A peu près, répondit Draco. Alors… je ne peux rien dire quant au camp qu'il respecte, mais je suis certain d'une chose : il n'avait pas le choix, pour le meurtre de Dumbledore. Enfin, si, il pouvair mourir, mais… »

Le reste de la phrase restait en suspens. Qui se serait volontairement sacrifié pour un vieil homme ? Pour Dumbledore ? La question restait en l'air. Si certains eurent envie de dire qu'ils l'auraient volontiers fait, personne n'osa ouvrir la bouche. Car tous savaient : dans une telle situation, l'auraient-ils vraiment fait ?

« Enfin, bref, je ne sais pas vraiment ce qu'il s'est passé, de quel camp il est ni ce qu'il pense, poursuivit Draco. Mais quand j'ai eu l'idée stupide d'aller à Poudlard il y a quelques mois…

-Tu es allé à Poudlard ? s'étrangla Bill Weasley en le regardant.

-Oui, j'avais envie de me balader. Bref, Rogue savait que j'y étais et c'est lui qui est venu me prévenir que Voldie arrivait et que je devais déguerpir discrètement…

-Ce n'est pas comme s'il ne t'avait jamais défendu illogiquement pendant six ans, persifla Ginny, parlant pour la première fois. Ça n'a rien de révélateur !

-Sans doute, répondit prudemment Draco. Mais il est actuellement le directeur de Poudlard. Et je ne crois pas me tromper en supposant que c'est l'endroit que vous voulez reconquérir en premier lieu ? »

Il y eut de nouveau un long silence avant qu'Arthur ne se décide finalement à parler.

« En fait… on ne sait pas vraiment où commencer, avoua le patriarche de la famille. Nous en avons longuement discuté mais nous ignorons totalement quel endroit il nous faut reconquérir en premier. »

Harry et Draco échangèrent un regard sceptique.

« Ah, dit simplement Draco. Eh bien, il va falloir commencer par cela.

-Mais pas avant que vous ne soyez installés ! s'outragea Molly. Malheureusement, vous vous en doutez, toutes les chambres sont prises avec tout ce monde et… euh… Je ne sais pas trop si… »

La mère de famille semblait horriblement gênée tout en dévisageant timidement le couple de lycanthropes.

« Oui ? encouragea Harry.

-Eh bien, Ron et Hermione nous ont un peu expliqué comment fonctionnait les… couples de lycanthropes et… je suppose qu'il vous faudrait une chambre mais…

-On prendra ce que vous nous donnerez, intervint Draco, conscient qu'il n'y avait plus de place. Harry et moi pouvons nous tenir de façon convenable, nous ne sommes pas des bêtes (Ron marmonna quelque chose d'incompréhensible et les jumeaux eurent un air presque moqueur sur le visage). Toutefois, il risque d'y avoir un problème pour… euh… la lune trois quarts.

-Ah, oui… la lune trois quart, balbutia Molly, soudainement rouge pivoine. Oui, Hermione a expliqué, ça aussi… »

Cette fois, les jumeaux riaient alors que certains membres de l'Ordre les dévisageaient clairement. Certains avec admiration, d'autres avec dégoût ou interrogation.

« Vous n'aurez qu'à venir chez nous, proposa Fleur. Hum… On vous prêtera notre chaumière, si jamais… si jamais ce jour se présente et que nous n'avons toujours pas réussi à régler le problème.

-Merci, répondit Harry. Et donc, pour dormi…

-Nous avons l'habitude d'installer les invités dans la salle d'entraînement, avoua Molly. C'est une sorte de dortoir…

-Parfait ! dit joyeusement Harry. Ça nous rappellera Poudlard, ainsi. »

Molly sembla sincèrement soulagée de son enthousiasme. Draco, lui, retenait tout son agacement : un dortoir commun ! Magnifique, il pouvait oublier de dormir nu contre harry ! Mais Merlin lui en était témoin, personne ne l'empêcherait d'être collé contre son amant, qu'importe qu'ils doivent porter des pyjamas !

« Ah ! dit-il soudainement. Nous n'avons pas de pyjama ! »

Son exclamation fit à nouveau éclater de rire Fred et George alors que Harry rougissait à son tour, tout comme certaines personnes dans la pièce.

« On vous en prêtera », dit laconiquement Ron, pas surpris.

oOo

La salle d'entraînement, dissimulée sous la grange de Monsieur Weasley, était gigantesque. Quoique comme l'avait soufflé Gabriel, il ne fallait pas être claustrophobe pour y passer tout son temps. Il n'y avait pas la moindre fenêtre et même si la salle était soutenue par de solides poutres et de nombreux sorts, la vue de la terre nue des murs rappelait constamment qu'ils étaient sous terre. Malgré cela, le sol était en bois et la pièce, de plus de cinquante mètres carrés, permettait des déplacements amples pour le combat.

« Qui dort ici ? avait demandé Draco avec intérêt.

-Fred, George, Ron, Hermione, Charlie, Seamus, Luna, Kingsley, Dedalus et vous, maintenant. »

Draco acquiesça muettement tout en jurant mentalement. Trop de monde ! Bien trop de monde à son goût ! Mais il ne fit aucun commentaire. Ils déposèrent leurs sacs dans un coin de la salle puis, tout le monde étant rassemblé là, s'assirent en cercle sur le sol. Il était temps de parler de la guerre et de convenir d'une éventuelle solution.

« Bien, Remus nous a fait part de l'évolution de votre entraînement. Même si je pense que nous n'aurons pas vraiment le temps de vous former énormément avant un éventuel affrontement, un peu de duel tous les jours ne devrait pas faire de mal, dit Kingsley, manifestement désigné comme le chef de la bande. Mais il reste le plus difficile à décider : où attaquer, comment gagner…

-Vaste problème, souffla Harry. Lors de la réunion des alphas, nous avons fait une proposition de ralliement à un des alphas…

-Vous avez été reconnus ? s'alarma Hermione.

-Oui, dit clairement Draco. Et à mon avis, il ne faudra pas longtemps avant que Voldie ne sache que Harry et moi sommes ensemble. Voire même qu'il sache que Harry est un loup-garou.

-Merde ! jura Charlie Weasley, horrifié. C'était notre principal atout, qu'il ne le sache pas ! »

Son aveu étonna les trois lycanthropes.

« Votre atout ? répéta Harry.

-Ta force, ta rapidité, la résistance des lycanthropes à certaines armes et sorts mineurs étaient un avantage puissant ! expliqua calmement Remus. Sans compter la présence de Malfoy qui, avec l'effet de surprise, nous donnait un avantage de taille ! Maintenant qu'il sait ce que tu es, ce que vous êtes… il faut s'attendre à ce que tous les mangemorts apprennent les sortilèges qui éradiquent les loups-garous, à ce qu'ils se promènent tous avec des dagues en argent ou que sais-je… »

Toutes les personnes présentes arboraient un air sinistre désormais. La nouvelle semblait réellement les désespérer.

« Qui vous a percé à jour ? demanda soudainement Hermione.

-Trois loups-garous solitaires, lui répondit Draco. Ils sont partis hier soir et ils ont sans doute tout raconté à Voldie.

-Et votre appui ? interrogea Kingsley.

-Ce n'est pas vraiment un appui, intervint Harry. Il s'agit d'un Alpha d'Amérique du Sud. Il a dit qu'il ferait passer le mot selon lequel deux lycanthropes demandent de l'aide pour affronter Voldie mais… il n'est pas sûr que quelqu'un réponde à notre demande et… »

Le bruit d'une alarme stridente se fit soudain entendre et tous les loups-garous présents dans la salle plaquèrent leurs mains sur leurs oreilles avec un cri de douleur tandis que les autres membres de l'Ordre bondissaient sur leurs pieds.

« Qu'est-ce que c'est que cette horreur ? gémit Gabriel, plié en deux.

-L'alarme anti-intrusion, répondit Hermione en stoppant l'horrible bruit d'un mouvement de baguette. Des mangemorts sont dehors ! »

Tout le monde s'était levé et avait sorti sa baguette. Comme une fourmilière dans laquelle on aurait donné un coup de pied, ils se précipitèrent jusqu'à un mur de pierre dans lequel il y avait un renfoncement. Arthur leva sa baguette et, à la grande surprise de Harry, un périscope sortit du trou aménagé. Aussitôt, Monsieur Weasley colla son œil dans la visière.

« Qu'est-ce que tu vois ? le pressa Bill, interrogateur.

-Rien, attendez… Attendez, je vous dis ! »

Le patriarche manœuvra son instrument puis, s'écria.

« Rogue ! C'est Rogue ! Il est là !

-Tout seul ? s'étonna Fleur.

-A première vue, oui, dit Arthur. Il… Il ne bouge pas d'un pouce ! Il est totalement… Ah ! Il a déposé quelque chose par terre. Il a disparu ! »

Tout le monde retenait son souffle.

« Qu'est-ce qu'il a déposé ? interrogea Hermione, baguette en main.

-Je ne sais pas, répondit Arthur. On dirait une sorte de… Rah, je n'ai pas une assez bonne vue !

-Permettez ? demanda Gabriel derrière lui. Je saurais sans doute le voir. »

Il cligna des yeux une seconde et ses pupilles perdirent leur aspect humain.

« J'ai une des meilleures vues du village, précisa calmement le blondinet en avançant vers le périscope devenu libre. C'est une fiole. Elle semble contenir un produit vaporeux. Blanc.

-Un produit blanc et vaporeux ? » répétèrent plusieurs membres de l'Ordre en même temps.

Tous se tournèrent vers Hermione qui leva les yeux au ciel.

« Que voulez-vous que je vous dise ? Il faut aller voir !

-Mais si c'est un piège ? demanda aussitôt Colin.

-Et si ça n'en est pas un ? contrecarra Tonks. C'est peut-être capital !

-J'y vais », dit calmement Draco.

Harry se tourna aussitôt vers lui, avec stupéfaction, l'air soucieux. Le blond le tranquillisa d'un regard et se dirigea vers la sortie.

« Attends, je viens ! s'écria Harry en voulant le suivre.

-Certainement pas, répondit posément son amant en s'arrêtant. S'ils sont en embuscade dehors, tu seras automatiquement visé ! Alors que moi, non !

-Mais…

-Tais-toi et reste là. Je suis plus résistant que toi, tu n'es encore qu'un débutant, je te rappelle ! Alors tu restes là. Je reviens ! »

Il quitta la salle, ignorant le regard agacé de Harry derrière lui. Il avait horreur de la dominance de Draco et de cette façon presque sournoise qu'avait son amant de s'en servir quand cela l'arrangeait. Ne pouvait-il pas simplement le laisser choisir, juste une fois ? Marmonnant, il se dirigea jusqu'au périscope et plaqua son œil contre. Il vit aussitôt Draco apparaître dans son champ de vision. Son amant marchait d'un pas presque nonchalant, comme s'il ne craignait aucune attaque. Il s'abaissa et ramassa la fiole qu'il fit tourner dans sa main. Un air étrangement sceptique apparut sur ses traits et il haussa les épaules pour ensuite revenir vers la grange. Il disparut alors de sa vue. Moins d'une minute plus tard, il était de retour parmi eux.

« Ce sont des souvenirs, dit-il. Il a juste apporté des souvenirs.

-Des souvenirs ? s'étonnèrent toutes les personnes présentes.

-Il faut une pensine pour les regarder, souffla Seamus, l'air déçu.

-Pas obligatoirement, signala Hermione, faisant sursauter tout le monde. Il y a aussi la possibilité d'enchanter un miroir pour les diffuser…

-Enchanter… Tu saurais le faire ? demanda Remus.

-Oui, mais ça va me demander un peu de temps.

-Prends le temps qu'il te faut, répondit Molly. En attendant, Ginny, Tonks et moi allons aller préparer le dîner. Ron, Fred, George, je veux que vous alliez mettre la table !

-Puis-je venir vous aider ? proposa Draco, à la grande stupéfaction de tous les membres de l'Ordre sauf de Harry, Ron et Hermione.

-Euh… Oui, si tu veux, accepta Molly, ébahie. Eh bien, allons-y, avant que tous les estomacs ne se réveillent ! »

Le groupe quitta aussitôt la grange, laissant les autres plantés au beau milieu, d'un air sceptique. Seule Hermione s'était précipitée vers un sac posé près d'un mur. Elle en sortit immédiatement une multitude de bocaux qui firent grimacer Harry. Il s'éloigna prudemment, de crainte que son amie ne lui demande de l'aide : les potions, très peu pour lui, merci ! Il jeta un œil tout autour de lui afin de trouver quoi faire et avisa Colin qui discutait avec Seamus. Il s'approcha aussitôt.

« Bonjour, dit-il, attirant l'attention des deux Gryffondor sur lui. Comment allez-vous ?

-Bien, répondirent les deux garçons, le plus jeune d'un air totalement mortifié. Et toi ?

-Bien, s'exclama Harry, conscient du malaise. Au fait, félicitations, Colin… est-ce que vous savez de quel sexe sera le bébé ?

-Euh… oui, couina presque le photographe en herbe. Ce… ce sera un garçon.

-Vraiment ? Et vous avez choisi un prénom ?

-Fabian, répondit aussitôt Colin d'un air timide. C'est… c'est le nom d'un oncle de Ginny qui est mort… »

Harry hocha la tête et lui sourit.

« Félicitations, répéta-t-il. C'est… un beau prénom ! »

Colin lui répondit par un sourire, manifestement mal à l'aise. Il inventa une excuse passable et s'éloigna d'un pas rapide, sous l'œil interrogateur de Harry.

« Est-ce que j'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? demanda-t-il à un Seamus planté près de lui.

-Non, pas du tout, lui affirma l'Irlandais, amusé. Colin a juste peur que tu sois… comment dire ? Fâché ? Qu'il ait couché avec ta copine. Enfin, ex, si j'en crois les récits d'Hermione et Ron… »

Il laissa planer un silence raisonnablement court avant de s'exclamer :

« Comment as-tu pu finir avec Malfoy ? Et par devenir un lycanthrope ! Sérieux, Harry, j'arrive pas à comprendre !

Le brun se tourna vers son ancien camarade de classe. Il n'y avait pas de haine ni de colère sur son visage. Juste une sérieuse interrogation et perplexité. Harry haussa les épaules.

« Je ne le comprends pas très bien non plus, admit-il. Je croyais le détester. Mais nous avons couché ensemble après avoir bu et je me suis retrouvé lié à lui. J'ai appris à le connaître et plus je l'observais, plus je l'aimais. Et maintenant voilà ! On est… ce qu'on est. Que le monde l'accepte ou non.

-T'inquiète, je ne suis pas contre ! le rassura Seamus en lisant la crainte dans son regard. Juste surpris. La dernière fois que je vous ai vus, vous essayiez de vous tuer ! Et maintenant, il te regarde comme si tu étais la plus belle chose du monde ! Et toi, tu te colles à lui comme s'il était ton espérance de vie ! Avoue qu'il y a de quoi surprendre ! Oh merde, si on va à Poudlard, je veux absolument être là quand tout le monde va l'apprendre ! Je suis sûr que certains vont s'évanouir ! Romilda Vane va probablement pleurer toutes les larmes de son corps ! Elle t'aimait tellement ! »

Il leva les yeux au ciel, un large sourire ravi aux lèvres. Harry secoua la tête, navré par tant de cruauté, mais il ne put s'empêcher de rire aux remarques de son ami.

« Eh bien, si tout le monde pouvait réagir comme toi, ça me ferait plaisir !

-Oh, ne rêve pas, lui dit-il. Je n'ai pas l'impression que tout le monde ici apprécie. Ginny n'a pas cessé de vous fusiller du regard depuis que vous êtes arrivés. C'en est presque navrant pour ce pauvre Colin ! »

Harry grimaça. Oui, il avait noté les regards colériques de la rousse dont le ventre proéminant aurait dû la pousser à se montrer plus discrète. Et il espérait vraiment que Draco saurait ne pas y prêter attention, sans quoi, il risquait d'y avoir du grabuge.

« Heureusement, elle ne dort pas ici, souffla Harry, déclenchant l'hilarité de l'Irlandais. Mais comment es-tu arrivé ici, au fait ? »

Le rire de Seamus s'arrêta, comme étouffé. Son visage s'assombrit considérablement.

« J'ai… j'ai été fait prisonnier, souffla-t-il. Avec Luna et Ollivander… C'est l'ordre qui nous a sauvés, sinon… eh bien, je ne sais pas où je serais et franchement, je ne veux pas le savoir ! »

La terreur de sa voix incita Harry à ne pas l'interroger davantage : Seamus avait l'air si sombre, tout à coup. Heureusement, un Gabriel laconique qui s'approchait d'eux les intéressa.

« Ah, Gabriel ! Je te présente Seamus, un ami d'école. Seamus, voici Gabriel, un membre du village de Greyback.

-Enchanté ! répondit l'Irlandais en détaillant le plus jeune. Est-ce que tous les lycanthropes ont l'air d'avoir fait dix ans de sport ? Non parce que, vous êtes tous les trois assez… baraqués. Enfin, Harry un peu moins, mais toujours plus qu'avant !

-Pas tous, non, répliqua Gabriel avec assurance. Mais Draco est un alpha et moi… eh bien, j'ai toujours fait beaucoup d'exercices. Toutefois, l'apparence n'est pas ce qui révèle la force d'un lycanthrope. J'ai l'air fort, mais je le suis bien moins que Draco. Quant à Harry, il a l'air faible, mais il bat n'importe qui à la course !

-La course ? demanda Seamus.

-Tout dans les jambes, marmonna Harry en remuant ces dernières. Manifestement, mon loup est un chasseur et un lycanthrope hérite des particularités de son animal. Le mien est très bon à la course, c'est utile pour la chasse. Celui de Draco, en tant qu'alpha, est plus fort que n'importe qui ! Quant à Gabriel… C'est quoi, ton truc ?

-Charmant, murmura le blondinet, l'air ennuyé. J'ai une bonne vue, tu ne m'as pas écouté ? Je suis un bon gardien.

-Un chien de garde ? se moqua Seamus, hoquetant ensuite face à l'air furieux de Gabriel.

-Je ne suis pas un chien ! s'énerva le lycanthrope.

-Du calme, Gabriel, intervint Harry. Seamus ne faisait que plaisanter, il ne pense pas que tu en sois un ! »

Gabriel eut un air suspicieux mais il finit par hausser les épaules avec indifférence.

« Si tu le dis, marmonna-t-il en regardant un Seamus à l'air perplexe. Désolé, l'habitude d'être… mal traité par les gens… normaux. »

Le dernier mot avait été prononcé avec ironie. Harry ne put s'empêcher de rire légèrement.

« Pas de problème, répondit Seamus. Je n'ai rien contre les loups-garous… Enfin, hors pleine lune en tout cas ! »

Sa dernière phrase eut le mérite de tous les amuser. Ils furent rejoints peu de temps après par un Fred et George manifestement en pleine forme.

« Alors mon petit Harry…

-Il paraîtrait qu'on s'est lié à un Malfoy !

-Et qu'on soit devenu un loup-garou !

-Vivant sous la protection de Greyback… »

Ils s'arrêtèrent pour dire ensemble :

« T'as pas envie de rester tranquille, parfois ? »

Harry éclata de rire en les regardant, heureux de voir que les jumeaux semblaient trouver la situation hilarante.

« Si, j'aimerais, dit-il. En tout cas, ça n'a pas l'air de vous déranger beaucoup…

-Oh, on a été un peu choqués quand Ron et Hermione nous ont tout raconté. On ne peut pas dire qu'on s'y attendait…

-Mais à vous voir, ça a l'air de ne pas être mal. Tu rayonnes, c'est aveuglant ! »

Les jumeaux se frottèrent les yeux d'un air douloureux.

« Ravi de le savoir, répondit Harry, amusé. Mais sinon, comment allez-vous ?

-On ne peut mieux ! répliqua un des jumeaux. Nous sommes actuellement devenus inventeurs d'une multitude d'armes magiques pour l'Ordre !

-Des armes magiques ?

-Oui, disons que nous créons des farces et attrapes un peu plus dangereuses que prévues… L'avantage, c'est qu'après, quand tout sera fini, nous pourrons les rendre moins offensives !

-Et de fait, on pourra élargir notre gamme !

-Mais vous n'allez plus au magasin, pour l'instant ? »

Les jumeaux grimacèrent.

« Le Chemin de Traverse est devenu infréquentable depuis quelques temps, biaisa Fred. Alors on a décidé de s'en éloigner un peu, le temps que les choses se calment…

-Je vois, répondit Harry, pas dupe. J'ai raté beaucoup de choses, hein ?

-Assez, oui ! lui confirma George. Mais on peut te faire un topo, si tu veux ! »

Harry esquissa un sourire.

« Asseyons-nous dans ce cas, intervint Gabriel. Rester planté là est ridicule ! »

Ils allèrent s'installer à même le sol, dans un coin de la salle. Remus et Tonks, qui étaient restés avec eux sous la grange, vinrent les rejoindre, suivis de Kingsley avec un temps de retard.

« En soi, les choses ne sont pas si différentes, pour les moldus. Un peu plus de crimes, des disparitions mystérieuses, quelques phénomènes qu'ils mettent sur le compte du climat, va savoir pourquoi, commença Fred. Mais pour les sorciers, c'est autre chose !

-A commencer par les rafles et les arrestations, souffla Remus, l'air énervé. Mais tu dois le savoir, non ? Tu es allé au ministère, selon Ron et Hermione…

-Oui, peu de temps après le mariage de Bill et Fleur… Donc, ça ne s'est pas calmé ?

-Eh bien, techniquement, si, répondit Kingsley. Il y a de moins en moins de personne à arrêter vu qu'ils le sont déjà presque tous. Et ceux qui ne le sont pas se sont cachés ou enfuis dans d'autres pays…

-Se faire passer pour des moldus est devenu le jeu à la mode, ajouta Tonks, une main posée sur son ventre rebondi.

-Mais ça ne veut pas dire que les sorciers nés-moldus ne se font pas arrêter. Même si certains sont très doués pour se cacher, il y a des sorciers qui s'amusent à les dénoncer…

-Les dénoncer ? s'horrifia Harry. Mais pourquoi ? Ils savent pourtant ce qui les attend, non ?

-Ils le savent, confirma Remus. Mais soit ils s'en moquent, soit ils sont trop en colère, trop effrayés ou trop jaloux pour se raisonner. Vois-tu, Harry, certains sorciers de haut rang n'ont pas apprécié que leurs voisins nés-moldus soient plus… épanouis qu'eux.

-Plus riches, en gros, intervint Gabriel.

-Ou plus heureux, mieux installés, plus chanceux, ajouta Remus. Donc, ils ne se gênent pas pour dénoncer leurs voisins. Ils y voient là un juste retour des choses…

-Sans qu'ils soient du côté de Voldie pour autant ? demanda Harry.

-Non. Mais Voldie sait quelles armes utiliser. L'avarice des uns et des autres a toujours été une méthode très perspicace… »

Ils méditèrent un instant ces mots puis la conversation reprit.

« Est-ce qu'on a au moins des sorciers prêts à se battre avec nous ? interrogea le survivant, l'air sombre.

-L'AD ! intervint Seamus. Ils se tiennent tous prêts ! On a continué à s'entraîner, en secret, à Poudlard, tu sais ?

-Certains Aurors n'attendent que ton signal pour nous rejoindre, continua Kingsley.

-Et certains employés du ministère avec eux, poursuivit Remus. Mais nous ne sommes pas très nombreux… Tu ne peux pas imaginer combien ça me chagrine de le dire, mais tu as réussi à réunir une plus grande armée avec tes camarades de classe que nous…

-Il est difficile d'aborder un sorcier et de lui demander : seriez-vous prêt à vous battre si je vous le demandais ? dit Tonks. La plupart n'imaginent même pas de se rebeller contre l'autorité installée. Ils ont bien trop peur !

-Je vois, répondit Harry. Donc… nous n'avons pas vraiment trente-six solutions, n'est-ce pas ? Le mieux serait d'aller à Poudlard ?

-Ce serait le plus judicieux, en tout cas, lui répliqua Remus. Il y a là-bas les professeurs qui sont prêts à aider, sans compter un bon nombre d'élèves. Et n'oublions pas le château en lui-même !

-Le château ? demanda Harry.

-Les armures, les portraits, les escaliers… Toute la magie du château est à la solde de son directeur…

-Mais c'est Rogue, le directeur ! dit Seamus.

-Rien ne nous empêche de le destituer dès notre arrivée, signala Kingsley.

-Et les créatures magiques ? » interrogea Harry.

Il y eut une grimace collective.

« Malheureusement, de ce côté-là, il ne faut rien attendre. Enfin, les sirènes du lac ont répondu qu'elles se défendraient si on venait les embêter, mais les centaures ne veulent pas intervenir, pas plus que d'autres créatures qui habitent la forêt. Draco, Gabriel, Remus et toi êtes les seules créatures magiques qui acceptent de nous aider ! »

Harry ne cacha pas sa déception à l'annonce de cette nouvelle. L'intervention des centaures ou d'autres créatures n'aurait pas été malvenue.

« Et Hagrid ? intervint Harry. Est-ce qu'il a réussi à avoir… des alliés ?

-Malheureusement, non, répondit Kingsley. Il n'a pas réussi et en plus, il y a fort à parier que ceux qui auraient dû être nos alliés seront nos ennemis. Il faut d'ailleurs qu'on vous enseigne les sorts qui sont efficaces contres des géants, à Draco et toi, si vous ne les connaissez pas déjà.

-Je connais juste les sorts pour leurs yeux, indiqua Harry en haussant les épaules. Quant à Draco, je l'ignore.

-Il faudra donc vous les apprendre, décida Remus. Bon, on fera ça après dîner. Une petite démonstration de vos forces ne ferait pas mal non plus. Et peut-être devrions-nous instaurer un duel entre Gabriel et un sorcier, histoire de voir comment tu t'en sors ? »

Le jeune lycanthrope approuva avec un air serein : manifestement, affronter des sorciers ne l'inquiétait pas le moins du monde ! Le son d'une petite clochette se fit entendre dans la salle et tout le monde se leva, sous l'air interrogateur de Harry et Gabriel.

« Le respas est prêt ! dirent les jumeaux d'une même voix. Allez, venez ! »

Les deux lycanthropes se levèrent d'un bond et Harry se dépêcha de dépasser tout le monde pour rejoindre la cuisine, à la grande surprise des personnes présentes. Gabriel, lui, ne fit qu'esquisser un sourire.

« Qu'est-ce qui lui prend ? demanda Seamus. Il a si faim que ça ?

-Non, je ne crois pas, répondit Hermione en riant. Il veut juste retrouver Draco, je suppose… »

Harry avait vaguement entendu les paroles de ses amis et l'éclat de rire des jumeaux le mortifia un peu mais il chassa ce sentiment pour remonter plus vite dans la cuisine. Cette dernière était petite mais Madame Weasley avait réussi le miracle de caser tout le monde à sa table légèrement agrandie. Celle-ci était déjà bien garnie et son estomac cria famine lorsque ses narines humèrent les fumets de la viande cuite. Il ignora pourtant sa faim, tournant la tête dans tous les sens pour enfin apercevoir Draco, occupé à s'essuyer les mains avec un torchon près d'une Molly Weasley à l'air satisfait.

« Ben alors, Harry ? Pas de câlin désespéré à ton homme ? se moquèrent les jumeaux, quand ils arrivèrent. On pensait te retrouver dans ses bras, vu la vitesse à laquelle tu as monté les escaliers ! »

Le brun grimaça alors que Draco se tournait vers lui, un sourire moqueur sur les lèvres.

« Je sais me tenir, moi ! dit le Gryffondor en allant s'asseoir, l'air boudeur.

-C'est ça, ouais », marmonna Ron, pourtant parfaitement audible pour toutes les personnes présentes.

Certains se permirent de rire mais Harry n'y prêta pas attention lorsque Draco vint s'asseoir a ses côtés, une main réconfortante se posant aussitôt sur sa cuisse.

« Tout s'est bien passé, le rassura Draco, conscient que Harry mourait d'envie de l'interroger sur son entente avec Molly Weasley − et surtout Ginny, qui les fusillait encore du regard. Et toi ?

-On a discuté de la situation… mais on en parlera après, mangeons d'abord ! »

Tout le monde s'était déjà installé et discutait joyeusement tout en se servant des divers plats disposés sur la table, dans une ambiance de franche camaraderie. Il était difficile, dans la maison Weasley, de croire que la guerre faisait rage dans leur monde. Pourtant, certains indices le révélaient, comme la présence des baguettes à chaque ceinture ou les quelques coups d'œil soucieux de Madame Weasley vers la porte d'entrée.

L'ambiance était bonne et Harry la savourait pleinement. A côte de lui, Draco affichait un sourire serein. Lorsque Harry les avait emmenés au Terrier, il avait ressenti une nette appréhension. Non seulement parce qu'il était un lycanthrope qu'on emmenait chez des sorciers normaux, mais surtout parce qu'il était Draco Malfoy se rendant dans la famille Weasley ! Mais il avait oublié son inquiétude lorsqu'il avait senti le bonheur éclatant de Harry. Son amant rayonnait depuis qu'il avait retrouvé tout le monde. Oh, il ressentait d'autres sentiments et ils n'étaient pas tous positifs : de la crainte d'être rejeté à celle de voir Ginny et Draco s'entretuer… mais l'évidente acceptation de tout le monde l'avait plongé dans une sorte d'euphorie que Draco était content de percevoir.

Etrangement, il n'en ressentait aucune jalousie (tant que personne ne regardait son amant avec désir ou ne le touchait, en tout cas). Harry les considérait tous comme des membres de sa famille, sans exception et Draco le ressentait de part leur lien. Il était donc tout à fait détendu.

Lui-même avait été assez bien accueilli. Un peu de tension au début, les membres de l'Ordre ne savaient pas comment l'aborder. Mais il se montra détendu, à l'aise et son comportement rassura l'ensemble des adultes présents. Hermione et Ron avaient également dû faire campagne car, si certains furent surpris, d'autres ne manifestèrent qu'une vague appréciation. Notamment Molly Weasley. Draco avait été grandement stupéfié par la facilité avec laquelle la matrone avait engagé la conversation avec lui, discutant d'abord de temps, puis de cuisine, pour enfin aborder avec légèreté le confort du dortoir improvisé.

Finalement, lorsque Harry avait surgi dans la cuisine, Draco avait été surpris de constater que le temps était passé si vite. Mais il n'avait pas caché sa joie de voir la précipitation de son amant à le retrouver. Après tout, même s'il feignait l'indifférence, il n'en restait pas moins un homme possessif et voir Harry se précipiter vers lui avec un sourire joyeux avait été un bonus pour ce côte de sa personnalité.

Le repas se passa dans une bonne humeur et une familiarité qui séduisirent Draco. Lui qui était habitué aux grandes et longues soirées dégustations dans les restaurants les plus côtés du monde sorcier, il préféra cent fois cette heure passée à discuter simplement, écoutant les anecdotes des jumeaux, savourant les éclats de rire de son amant et son air ravi plutôt que ces interminables soirées avec ses parents. Cette pensée entraîna en lui une vague de culpabilité mais la main tendre de Harry sur sa cuisse lui apporta une détente inattendue. Il sourit et chassa ses sentiments négatifs pour se concentrer sur le moment présent.

La pause se termina avec le départ rapide de Kingsley. Ce dernier était le seul à être encore capable d'entrer au ministère sans être arrêté. Il était donc l'espion parfait et le recruteur de l'Ordre. Il devait opérer avec subtilité et Draco le regarda partir avec une pointe d'admiration : vêtu de son uniforme d'Auror, Kingsley ne paraissait même pas s'inquiéter des ennemis en surnombre au ministère.

Le départ de Kingsley entraîna le début du nettoyage de la cuisine et ce fut tout naturellement que Harry se mêla à l'équipe qui en était responsable. Draco, bien qu'il ait conscience que son amant lui laissait une chance de se mêler aux autres, resta dans la cuisine, assis sur sa chaise, pour regarder son amant interagir avec une Molly Weasley ravie de l'interroger sur sa vie au village. Quelquefois, Ginny osa s'approcher du Survivant qui, plutôt que de lui parler, détourna habilement les choses afin de l'éviter. Draco aurait pu s'en réjouir, mais il n'était plus assez nombriliste pour croire à une éventuelle délicatesse de son amant : Harry n'avait pas pardonné le doloris de son ex-petite amie et il n'était pas prêt de le faire !

La vaisselle fut vite faite et rangée. Harry reposa son essuie-main sur l'évier et se tourna ensuite vers Draco qui le fixait avec interrogation. Depuis le début de leur couple, ils avaient pour habitude de se lover l'un contre l'autre, le temps de digérer. Toutefois, depuis leur arrivée au Terrier, Draco avait laissé à Harry une distance respectable : il savait l'importance que l'Ordre en général et les Weasley en particulier avaient aux yeux de son amant. Il avait donc décidé de laisser à ce dernier la liberté de révéler leur façon d'être ou de la garder secrète. Même si le deuxième choix le contrarierait certainement beaucoup, il était capable de garder ses distances si son amant le souhaitait.

Heureusement, après avoir fait la vaisselle, ce fut sans la moindre hésitation que Harry s'approcha de lui. Il écarta sa chaise de la table et s'installa sur ses genoux avec tranquillité, ignorant les regards autour d'eux. Draco esquissa un sourire et l'enlaça avec reconnaissance pour ensuite enfouir son visage contre sa gorge. Merlin soit loué, Harry n'avait pas choisi la seconde option : Draco l'aurait acceptée mais il savait que son loup ainsi que sa fierté en auraient été atrocement offensés ! Par son acte, le brun lui avait encore une fois prouvé qu'il avait vraiment le meilleur compagnon du monde !

« Hum, intervint Remus, légèrement déstabilisé par leur air presque rêveur et leur position pour le moins rapprochée. Ne devions-nous pas tester vos capacités au combat ?

-Si, confirma Harry en caressant nonchalamment les cheveux de son amant. Mais il vaut mieux s'autoriser une petite pause pour digérer, non ? Je me souviens encore de cette fois où nous avons vomi notre repas, au début de l'entraînement et je n'ai vraiment pas envie de réitérer l'expérience. Alors, si tu permets, Remus…

-Euh… oui, oui, tu as raison, lui dit l'ancien maraudeur, manifestement peu envieux de revivre l'expérience. Mais dans une heure, on retourne dans la salle, compris ?

-Pas de problème », répondit le brun.

Puis il replongea son visage contre la gorge de Draco, fermant paisiblement les yeux. Ils restèrent immobiles un si long moment que certaines personnes les crurent endormis, contrairement à Ron, Hermione et Gabriel qui savaient pertinemment qu'ils entendaient tout.

« Ils sont toujours comme ça ? questionna Ginny avec mépris.

-Comment ? demanda Ron. Tu veux dire collés l'un à l'autre avec un air béat sur le visage ? Oui ! »

Ginny émit un vague son de dégoût. La main de Harry caressa distraitement la carotide de son amant : cachée par les cheveux blonds, personne ne vit le mouvement apaisant.

« C'est… déstabilisant, intervint Seamus. A la fois… mignon et tellement différent d'eux, avant…

-Je te conseille d'oublier qui ils étaient avant, recommanda Hermione. Les Harry et Draco que tu as connu sont morts. Ceux qui sont devant nous ne sont plus du tout les mêmes. Méfie-toi surtout de leurs instincts, ça pourrait te jouer de vilain tour. Demande à Ron pour plus d'explications, il a eu une très bonne démonstration des instincts de Harry. Sur ce, moi, je retourne à ma potion. Digérer, n'empêche pas de touiller un chaudron !

-Je t'accompagne, dit Remus, je vais préparer le terrain. »

Il y eut de nouveau un grand silence puis :

« Moi, je les trouve adorable, intervint Fleur.

-C'est vrai ! dit Tonks. Si seulement Remus pouvait assumer sa partie lycanthrope, lui aussi…

-Alors ça, pour s'assumer, ces deux-là, soupira Ron. Enfin, peu importe. Ne croyez pas qu'ils dorment, ce n'est pas le cas alors évitez de dire n'importe quoi. Un Draco Malfoy loup-garou furieux sur les bras, c'est pas un cadeau ! Alors soyez sympa. »

Le rouquin quitta la pièce à son tour.

« Dis-moi, Gabriel, interpella Seamus. Est-ce que tous les loups-garous sont comme eux ?

-Aussi câlin ? demanda le blondinet. Oui et non. Il est un fait certain que notre race aime la proximité. J'aime assez me faire câliner, moi aussi… Mais je crois que pour eux, c'est plus fort.

-Pourquoi ? interrogea Tonks. C'est vrai que Remus est assez tactile, lui aussi ! »

Il y eut quelques rires dans la cuisine. Draco esquissa un sourire contre la gorge de son amant.

« Eh bien, de ce que je sais, Draco a été renié par sa famille lorsqu'il a été transformé et ça a été assez douloureux. Mais ça a été pire lorsque Harry l'a rejeté, après leur lien. Aucun loup-garou normal ne ressortirait d'un rejet pareil sans en être affecté. Pour exemple, le second de notre village a été rejeté, lui aussi et…

-Chyreer ? s'exclama Harry en relevant la tête brutalement, faisant sursauter les personnes présentes. Chyreer a été rejeté ? Il est lié ?

-Oui, intervint tranquillement Draco, toujours blotti contre son torse. Il est tombé amoureux d'une femme quand il avait vingt-et-un ans. Il a commencé une relation normale avec elle puis s'est uni à elle… sans toutefois lui dire ce qu'il était.

-Aïe, souffla Fred, imaginant la suite.

-Exactement, soupira Gabriel. Je n'étais pas encore au village, à l'époque, mais… on m'a raconté qu'il a réussi à le lui cacher pendant sept mois. Ensuite, un jour, agacée de ne pas savoir où disparaissait son amant une fois par mois, elle l'a suivi…

-Et elle a tout découvert, rajouta Draco. Elle l'a quitté aussitôt !

-On dit que Chyreer a tout fait pour essayer de la reconquérir mais elle n'a rien voulu entendre. Elle a déménagé pour s'éloigner de lui et il ne l'a jamais revue !

-C'est faux, rectifia Draco. Je sais de source sûre qu'il sait où elle se trouve. De ce que je sais, il intervient discrètement dans sa vie, quand elle a besoin d'aide.

-Comment tu le sais ? interrogea Gabriel.

-J'ai entendu Greyback, un jour, se disputer avec Chyreer. Il lui disait qu'il devait arrêter de donner tout son argent à une femme qui non seulement lui avait brisé le cœur, mais lui torturait aussi l'âme… Chyreer a répliqué qu'en tant que non lié, il n'avait aucun conseil à lui donner… »

Le silence s'installa une nouvelle fois avant que Harry ne blottisse à nouveau son visage contre la gorge de Draco.

« Pauvre Chyreer, souffla-t-il.

-Il paraît qu'elle s'est mariée, en plus, précisa Draco en caressant le dos de son amant. Et qu'elle a des enfants. »

Harry grogna et se resserra contre Draco. Il savait que ce dernier aurait été prêt à vivre comme le second de Greyback. A le regarder profiter de sa vie, loin de lui, veillant sur lui. Merde, il avait même été prêt à mourir pour lui ! Mais foi de Harry Potter, il allait le rendre heureux ! Tellement heureux que son amant ne penserait plus jamais à se suicider ou à se sacrifier pour lui !

« Ce n'est pas le seul à avoir une histoire terrible, cela dit, reprit Gabriel. Le village, c'est un peu notre arche de Noé...

-Arche de Noé ? » demandèrent certains sorciers.

Gabriel soupira mais leur raconta succinctement l'histoire. Quand il eut terminé, certains membres de l'Ordre fixaient le vide, pensifs.

« Les lycanthropes sont assez méconnus du monde, intervint Molly Weasley en couvant le couple enlacé avec tendresse. On voit plus facilement leur dangerosité que le reste…

-Ce qui est différent fait peur, c'est bien connu, souffla Gabriel. Bon, je ferais mieux de me changer et de m'échauffer. Je doute que Boris apprécie que je souille son beau costume en me battant contre des sorciers. Est-ce que vous avez une salle de bain ?

-Oui, au premier étage. Attends, j'appelle ton sac ! », dit Molly Weasley.

D'un accio rapide, elle fit venir le sac à dos de Gabriel. Le lycanthrope la remercia de sa voix placide puis quitta la pièce d'un pas hésitant. Harry releva la tête à son départ pour simplement la déposer sur le crâne de Draco, contemplant les personnes présentes.

« Comment croyez-vous que vont réagir les sorciers en général, en sachant ce que je suis devenu ? demanda Harry à la cantonade.

-Eh bien, ça dépend, lui dit Arthur avec un air désolé. Dans notre communauté, comme l'a dit Molly, les lycanthropes sont mal jugés. Si tu as beaucoup de fans de part ta condition de survivant, il faut t'attendre à les perdre en grande majorité… »

Harry grimaça. Protégé du village, il n'avait jamais pensé aux réactions des sorciers face à sa transformation, ni même face à son lien avec Draco Malfoy. A présent qu'il était sorti de son terrier, il se devait de penser aux conséquences de ses actes et ce qu'il entrevoyait ne lui plaisait pas. Il savait que les êtres humains, face à quelque chose qu'ils n'approuvaient pas, pouvaient se montrer extrêmement cruels. Et il n'avait aucune envie de faire face à cette cruauté.

« Tuons d'abord Voldie, dit Draco de sa voix grave, consolatrice. On verra ce qu'on peut faire pour le reste du monde après. Tu ne crois pas ? »

Harry s'écarta de lui pour le fixer et il lut dans ses yeux toute la crainte qu'il éprouvait. Malgré tout, il se força à sourire.

« On devrait aller se changer, nous aussi, dit-il en se levant. L'heure est presque passée et vraiment, j'aime trop ce joli costume pour l'abîmer. Tu viens ? »

Draco saisit sa main tendue sans hésitation et ils quittèrent la pièce, non sans avoir fait venir le sac d'Hermione à eux. Ils croisèrent Gabriel, vêtu d'un pantalon de sport et d'un t-shirt moulant. Le blondinet leur sourit, sans rien dire. Néanmoins, il murmura en les croisant :

« Vivement qu'on rentre à la maison ! »

Le couple pensa fortement la même chose !

oOo

« Bien ! dit Remus, débarrassé de sa robe de sorcier afin de se déplacer plus facilement. Hermione étant occupée avec la potion, je propose que nous testions les capacités de combat de tout le monde et en particulier de Gabriel, tant que nous en avons l'occasion. Il y a fort à parier que les mangemorts seront informés de la nouvelle condition de Harry et de Draco, c'est pourquoi il est important que vous soyez capables d'éviter les sortilèges qui vous seront lancés. Je m'inquiète cependant plus pour toi, Gabriel. Tu n'es pas un sorcier et je ne connais pas ton niveau alors peut-être pourrais-tu te battre contre moi ou contre un des deux autres ? »

Il désigna Draco et Harry et le blondinet grimaça.

« Mhmm… pourquoi pas contre moi ? intervint Harry, à la grande surprise de Gabriel. J'ai une petite revanche à prendre et puis… j'aimerais voir de quoi je suis capable contre un lycanthrope.

-Si tu veux, dit Remus, enchanté qu'il se propose. Mais je veux que tu utilises d'abord uniquement la magie. Lorsqu'il sera évident que tu ne sauras plus seulement l'attaquer, utilise ta façon de combattre habituelle.

-Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, répliqua Draco, fixant Gabriel d'un air menaçant.

-Si, c'en est une, dit Harry en l'obligeant à le regarder. Tu ne pourras pas me protéger de tout, Draco. Demain, on sera peut-être en train de se battre à mort. Alors laisse-moi essayer. »

Le futur alpha grimaça mais il s'écarta de lui en soupirant, marquant ainsi son accord. Il alla s'appuyer contre un mur, bras croisés, les yeux fixés avec méchanceté sur un Gabriel soudainement nerveux.

« Ne fais pas attention à lui, lui dit Harry en sortant sa baguette. Donne tout ce que tu as. »

Le lycanthrope hocha la tête et son corps prit alors une position plus animale, clairement agressive. L'Ordre, à l'exception de ceux partis travailler, était présent et certaines personnes glapirent en voyant les oreilles de Gabriel prendre un aspect lupin ainsi que la longue queue rousse sortir derrière son dos. Remus s'empressa de reculer et, d'un sort, établit un mur de protection autour des deux combattants. Ils avaient assez d'espace pour courir mais ils étaient tout de même limités en mouvement.

« Au top, dit Remus en levant sa baguette. Prêts ? Allez-y ! »

Une détonation se fit entendre et aussitôt, Gabriel se mit en mouvement. Il courut vers Harry, ses ongles allongés prêts à le frapper mais le brun n'hésita pas une seconde à lui lancer plusieurs sorts assez vicieux : Flammes, stupéfix, jambes en coton et même un sort d'odeur nauséabonde pour déstabiliser son odorat, il se déchaînait, obligeant le jeune homme à faire des écarts, à bondir ou à rouler au sol pour éviter les attaques. Malheureusement, Gabriel était vif et parfaitement entraîné par Hystéria : il parvint sans difficulté à atteindre Harry et tenta de le griffer. Obligé de bouger, le brun évita l'attaque sans difficulté et un combat plus physique débuta.

Dans les spectateurs, chacun retenait son souffle alors que Harry et Gabriel tentaient vainement de se frapper et de s'esquiver. Contre le mur, Draco grognait d'un air féroce, manifestement furieux de ne pas pouvoir intervenir. Harry n'hésitait pas à se servir de sa magie et son entraînement récent au combat physique l'avait rendu très habile mais Gabriel était formé depuis son enfance : il était plus jeune que Harry mais plus aguerri. Et il avait un avantage de taille : il contrôlait parfaitement sa métamorphose lycanthrope ! Il pouvait donc utiliser la force de son loup alors que Harry, lui, était plus limité. Bien qu'extrêmement rapide, Harry l'était moins qu'un loup et il prit rapidement des coups, malgré une capacité extraordinaire à parer les attaques.

Sa baguette roula au sol en moins de dix minutes et le combat devint uniquement physique : que Gabriel ait réussi à le désarmer était néanmoins un point très positif. Harry s'autorisa alors à devenir plus violent et à son tour, il déchaîna sa vitesse et sa force pour frapper son adversaire qui roula au sol à plusieurs reprises. Harry était plus grand que Gabriel et plus âgé, son manque de formation était pallié par sa maturité. Il était rusé aussi et n'hésitait pas à user de stratagèmes pour déstabiliser Gabriel. Malheureusement, la transformation complète de Gabriel ne lui laissa aucune chance : sous forme de loup, le blondinet avait clairement l'avantage. Il bondit sur Harry, l'étalant au sol. Il ouvrit la gueule et le saisit à la gorge. S'il eut l'intention de le mordre, personne ne le sut car brutalement, l'énorme loup blanc qu'était Draco surgit et attaqua Gabriel qui roula plusieurs mètres plus loin. Il voulut bondir sur Gabriel mais Harry le saisit vivement par le train arrière.

Furieux d'être arrêté, Draco se retourna vers lui en grognant, tentant de mordre sa main. Harry enleva assez vite son membre mais ce fut pour le plaquer au sol avec vigueur.

« Du calme ! dit-il. Tu te calmes, Draco, Gabriel n'a rien fait de mal ! »

Mais le loup blanc grognait avec fureur sous son corps, se débattant pour se défaire de sa prise.

« Je te lâche si tu me promets de ne pas l'attaquer ! Tu sais très bien qu'il ne m'aurait pas mordu ! Gabriel connaît les règles des liés, il n'aurait pas mis sa marque sur moi alors arrête ta crise, c'est inutile ! Tu te calmes ! »

Autour d'eux, tout le monde regardait la scène avec stupeur et terreur. Draco semblait réellement enragé. Plus loin, Gabriel s'était redressé avec difficulté. Il claudiqua jusqu'à eux et poussa Harry du bout de la truffe. Le brun se tourna vers lui d'un air hésitant.

« Tu es sûr ? Tu ne voulais pas me mordre et il va sûrement te punir inutilement. »

Le loup roux sembla communiquer avec Harry mais personne à part lui et Remus ne comprirent. Finalement, après un soupir, le survivant libéra son amant qui, furieux, bondit sur Gabriel. Le loup se laissa tomber au sol, se soumettant sans hésitation à l'alpha au-dessus de lui. Harry se mordit la lèvre en avisant l'air furieux de Draco. Heureusement, il ne fit rien, il se contenta de le sermonner, pendant bien cinq minutes avant de s'éloigner d'un pas royal. Il se dirigea vers Harry et le toisa avec colère.

« C'est une démonstration, Draco ! Tu dois accepter de me laisser me battre, tu as dit que tu le faisais, non ? Tu vas faire comment, quand on sera sur un champ de bataille, hein ? »

Le loup grogna quelque chose et Harry leva les yeux au ciel.

« Oh oui, très intelligent, tu as raison ! C'est sûr, je serai en état de me battre si je te vois prendre tous les coups à ma place ! Abruti, tu sais bien que je ne saurai pas me contrôler dans un tel cas ! On doit travailler en équipe. Je ne suis pas faible, je sais me défendre alors laisse-moi me battre ! Fais-moi confiance ! »

Le loup blanc grogna à nouveau et Harry soupira.

« Harry a raison, Draco, intervint Remus. Tu ne peux pas le protéger, par sur un terrain de combat. Il va te falloir le laisser se débrouiller seul. »

Pour seule réponse et sans aucune pudeur, Draco reprit forme humaine. Harry entendit certaines femmes hoqueter face au corps nu de son amant mais il les ignora.

« Je peux le protéger, cingla le blond. Et je le ferai que vous le vouliez ou non. Aucun de vous n'a son mot à dire là-dessus ! C'est mon choix et vous ne me ferez pas changer d'avis ! Gabriel ! »

Le blondinet reprit forme humaine à son tour, d'autres exclamations fusant face à sa nudité.

« Ne t'avise plus jamais d'attaquer mon lié, démonstration ou non. C'est clair ?

-C'est clair, se soumit le plus jeune avec tranquillité.

-Draco, tenta Harry, agacé.

-Je ne veux même pas en discuter, Harry, lui dit le blond. Tu veux combattre ? Tu le feras. Mais je te protégerai comme je le peux. Je sais que cet affrontement est nécessaire. Aucun de nous ne pourra vivre en paix tant que l'autre monstre est en vie. Mais j'entends bien te garder en vie !

-Pas en te faisant tuer pour moi ! s'exclama le brun.

-Je n'ai jamais dit que j'allais mourir, lui signifia Draco. J'ai l'intention de te protéger et de gagner. Et crois-moi, ces vulgaires humains n'ont aucune chance contre moi ! »

Et sur ces mots, il se dirigea vers ses vêtements abandonnés au sol pour se revêtir, ignorant la stupéfaction des uns et l'agacement de Harry.

« Tu vas bien, Gabriel ? s'enquit Harry en regardant le jeune homme blond qui enfilait son pantalon.

-Oui, ça va », lui répondit-il.

Harry s'approcha de lui pour l'aider mais le jeune homme s'écarta d'un coup d'épaule.

« Ne t'inquiète pas, lui souffla-t-il. Si lui te protège, moi, je me chargerai de sa sécurité. »

Harry fronça les sourcils mais il n'eut pas le temps de répondre.

« Eh bien, même si ce n'était pas ce que j'avais prévu, vous avez tous eu une démonstration assez représentative de ce qu'ils sont capables de faire au combat, déclara Remus. Donc… qui veut les affronter ? »

Etrangement, personne ne se porta volontaire.

« Moi, je veux bien affronter Draco… »

Tout le monde se tourna vers la porte d'entrée. Kingsley était revenu et souriait d'un air tranquille. Remus soupira, soulagé et il fit signe à Harry et Gabriel de le rejoindre près du mur.

« Bon, alors voyons ça. Draco, tu es partant ? »

Le futur alpha acquiesça et se dirigea vers l'aire de combat tandis que Kingsley s'avançait, enlevant sa robe de sorcier pour être plus à l'aise.

« Duel sorcier amélioré, dit Draco avec un sourire suffisant. Voyons voir comment je me débrouille face à un Auror…

-Je n'aurai aucune pitié, prévint son adversaire. Aucun sort pour tuer ou handicaper…

-Ok ! »

Harry soupira en les regardant. Il se tourna pourtant vers Gabriel, ignorant le top de Remus et les sorts qui fusaient sous les exclamations stupéfiées du public.

« Qu'est-ce que tu veux dire, Gabriel ? murmura Harry. Par le fait de le protéger… »

Le blondinet le regarda. Puis il soupira.

« Greyback savait qu'il finirait par recevoir l'ordre de te capturer et que le cas échéant, vous partiriez. Il m'a chargé de vous suivre. Et de protéger Draco. Coûte que coûte. »

Harry fronça les sourcils. Greyback. Que manigançait-il ?

« Pourquoi ? dit-il. Et tu es d'accord avec ça ?

-Greyback est mon alpha, coupa Gabriel. Je reconnais son autorité. Et puis… ça ne me dérange pas.

-Mais pourquoi toi ? insista Harry.

-Parce que je suis le seul que Draco aurait accepté à ses côtés, répondit Gabriel. Ne lui dis pas, d'accord ? Sa fierté ne le tolérerait pas.

-Mais… Gabriel, tu risques…

-Quoi ? D'être tué ? demanda le blond. Ne t'inquiète pas. Ça fait des mois que Greyback m'entraîne pour ça. Fais-nous confiance, ok ? »

Harry ne sut que répondre. Des cris de stupeur se firent entendre et il se tourna vivement vers le terrain de combat où un Draco au bras ensanglanté et au t-shirt en lambeaux venait de plaquer un Kingsley en sueur sur le sol, tenant fermement son bras gauche en l'air et le droit dans son dos. Il tirait sur son membre, forçant l'Auror a finalement lâché sa baguette. Dès lors que l'item fut au sol, Remus déclara le combat terminé.

Harry n'hésita pas une seconde et se précipita sur Draco. Le blond s'était relevé et pressait sa main sur son épaule blessée. Harry arriva près de lui alors que Kingsley se relevait, massant douloureusement son propre bras.

« Eh bien, tu es fort, c'est une évidence ! assura-t-il avec une certaine satisfaction à Draco.

-Vous aussi, répondit le blond avec une grimace. Votre sort de découpe m'a fait un mal de chien !

-Laisse-moi faire », lui dit Harry en bougeant sa main.

Ignorant l'air éberlué des personnes autour de lui, il alla lécher la plaie avec douceur, arrachant des soupirs de satisfaction à son amant. Sous les yeux ébahis des membres de l'Ordre, la blessure de Draco se referma totalement.

« Merci, dit-il au brun, l'attirant à lui ensuite. Tu as vu ? Je suis tout à fait capable face à un Auror ! Alors face aux mangemorts…

-Tu étais face à un Auror et il t'a blessé gravement à l'épaule. Que feras-tu face à quatre mangemorts qui eux, te lanceront des sorts pour te tuer ? »

Draco ne sut que répondre. Il soupira et le serra fermement contre lui.

« On a pas le choix de toute façon, dit-il. On verra. »

Harry grimaça mais il ne put trouver de réplique. Malheureusement, Draco avait raison. Aucun d'eux n'avait le choix : ils devraient aviser le moment venu.

oOo

La journée s'était passée tranquillement, sous plusieurs affrontements. Gabriel, comme il l'avait insinué, avait été formé pour se battre contre les sorciers car personne ne parvint à le stopper dans ses duels. Un combat contre Remus ou Draco l'avait fait perdre mais les autres finissaient automatiquement au sol. Les membres de l'Ordre avaient quelques hésitations à se battre contre Harry, de crainte de voir le jeune alpha les attaquer pour défendre son amant mais le blond les avait rassurés en jurant qu'il n'interviendrait pas. S'il avait sauté sur Gabriel, c'était uniquement parce qu'il était un loup-garou.

Cette justification les relaxa un peu mais Harry gagnait trop facilement, signe que personne n'osait vraiment se battre à fond contre lui. Quand le souper arriva, Hermione annonça qu'elle était prête pour le visionnage des souvenirs mais Madame Weasley insista pour que tout le monde mange et se lave avant.

« Super, soirée pyjama avec les souvenirs de Rogue ! » avait ironisé George.

Mais personne n'avait ri à l'image imposée. Le repas s'était déroulé dans une ambiance nerveuse. Tout le monde était impatient de découvrir les images concernées. Chacun prit son tour dans la salle de bain. Harry et Draco y allèrent en même temps et enfilèrent un short et un t-shirt en guise de pyjama. Puis, tout le monde redescendit dans la salle d'entraînement où les lits d'appoint avaient été posés au sol. Harry et Draco avisèrent que les leur étaient collés et un peu éloignés des autres. Ils en furent reconnaissants à Molly Weasley.

Toutefois, l'élément le plus flagrant de la pièce était l'immense miroir relié à une vasque d'argent au sol. Une potion bouillonnait tranquillement dedans, sous l'œil acéré d'Hermione.

« Vous êtes prêts ? demanda-t-elle. Bien, je verse les souvenirs… »

Elle déboucha la fiole et laissa tomber son contenu dans la vasque. Aussitôt, la potion bouillonna furieusement puis sembla se calmer. Il fallut attendre encore quelques secondes avant que, finalement le miroir ne se mette à grésiller. Puis, brutalement, une scène se dessina sur l'écran.

C'était le bureau de Dumbledore. Ce dernier était là, bien en vie mais avait l'air malade et affaibli. Rogue, posté près de lui, lançait des sortilèges sur sa main noircie, l'air maussade.

« Cette bague porte en elle un maléfice d'une extraordinaire puissance, tout ce que nous pouvons espérer, c'est d'en limiter les effets. Pour l'instant, j'ai enfermé le sortilège dans une seule main… »

Dumbledore regarda sa main noircie, l'air résolu.

« Vous avez très bien fait, Severus. Combien de temps me reste-t-il, à votre avis ?

-Je ne saurais le dire. Peut-être un an. On ne peut arrêter indéfiniment un tel sortilège. Il finira par se répandre, c'est le genre de maléfice qui se renforce avec le temps.

-J'ai de la chance, beaucoup de chance, de vous avoir, Severus.

-Si seulement vous m'aviez appelé un peu plus tôt, j'aurais pu faire davantage, vous gagner un peu plus de temps ! répliqua Rogue avec colère.

Il regarda la bague fendue et l'épée.

« Pensiez-vous que briser la bague briserait le maléfice ?

-Quelque chose comme ça… J'étais en plein délire, sans nul doute… », dit Dumbledore.

Au prix d'un grand effort, il se redressa dans son fauteuil.

« En fait, voilà qui rend les choses plus simples. »

La perplexité de Rogue était évidente et Dumbledore sourit.

« Je veux parler du plan que Voldemort a échafaudé à mon intention. Son plan pour amener le pauvre Malfoy à me tuer. »

Draco sursauta près de Harry, stupéfait d'apprendre que le vieux sorcier était au courant de son plan bien avant que l'année scolaire de leur sixième année ne commence. Car manifestement, la scène se déroulait juste avant. Tous se souvenaient de la main noircie du directeur à la rentrée. Et selon la conversation, cela venait juste d'arriver.

« Le Seigneur des Ténèbres ne s'attend pas à ce que Draco réussisse, intervint Rogue, installé dans un fauteuil. Il s'agit d'un simple châtiment destiné à punir les récents insuccès de Lucius. Une torture lente pour que ses parents voient Draco échoué et en payer le prix. »

Molly Weasley avait blêmi à ses mots et posé une main horrifiée sur sa bouche, en imaginant seulement ce que le couple Malfoy avait dû ressentir dans une telle situation.

« En résumé, ce garçon est condamné à mort aussi sûrement que moi, dit Dumbledore. J'aurais tendance à croire que le successeur naturel pour accomplir ce travail, une fois que Draco aura échoué, sera vous-même ?

-Je pense que c'est le plan du Seigneur des Ténèbres, avoua Rogue après un bref silence.

-Lord Voldemort prévoit donc que, dans un avenir proche, il n'aura plus besoin d'espion à Poudlard ?

-Il estime en effet que l'école tombera bientôt sous sa coupe.

-Et si elle tombe sous sa coupe, j'ai votre parole que vous ferez ce qui est en votre pouvoir pour protéger les élèves de Poudlard ?

Rogue acquiesça avec raideur.

« Bien. Alors, voilà. Votre première priorité sera de découvrir ce que prépare Draco. Un adolescent apeuré est un danger pour les autres, comme pour lui-même. Offrez-lui une aide et des conseils, il devrait accepter, il vous aime bien…

-… Beaucoup moins depuis que son père est en disgrâce. Draco m'en rend responsable, il pense que j'ai usurpé la position de Lucius.

-Essayez quand même. Je suis moins inquiet pour moi que pour les éventuelles victimes des stratagèmes auxquels ce garçon pourrait avoir recours. Bien entendu, il n'y aura qu'une seule chose à faire, en définitive, si nous voulons le sauver de la colère de Voldemort.

-Vous avez l'intention de le laisser vous tuer ?

-Certainement pas ! C'est vous qui devrez me tuer. »

Les mots de Dumbledore provoquèrent les glapissements stupéfaits de tout l'Ordre. Même Draco et Harry avaient les yeux écarquillés face à la scène qui se déroulait sous leurs yeux.

-Vous voulez que je le fasse maintenant ? se moqua Rogue. Ou souhaitez-vous que je vous accorde quelques instants de répit pour composer une épitaphe ?

-Oh, nous ne sommes pas pressés, répondit Dumbledore en souriant. J'imagine que l'occasion se présentera le moment venu. Etant donné ce qu'il s'est passé ce soir – il montra sa main noircie – on peut être sûr que cela arrivera d'ici un an.

-Si mourir ne vous gêne pas, pourquoi ne pas laisser Draco se charger de vous tuer ?

-L'âme de ce garçon n'est pas encore trop abîmée, je ne voudrais pas qu'elle soit ravagée à cause de moi.

-Et mon âme à moi, Dumbledore ? La mienne ?

-Vous seul pouvez savoir si le fait d'aider un vieil homme à échapper à la douleur et à l'humiliation affectera votre âme. Je vous demande cette grande et unique faveur, Severus, car la mort vient à moi aussi sûrement que les Canons de Chudley arriveront derniers du championnat cette année. Je vous avouerai que je préférais une sortie rapide et indolore plutôt que longueet répugnante si, par exemple, Greyback s'en mêlait – j'ai entendu dire que Voldemort l'avait pris à son service ? Ou encore, si j'avais affaire à cette chère Bellatrix qui aime bien jouer avec la nourriture avant de la manger.

L'expression de Rogue révélait clairement ce qu'il pensait de l'idée, mais Dumbledore le fixait avec une autorité indiscutable. Péniblement, le professeur de potions hocha la tête.

« Merci, Severus. » (1)

La scène s'effaça, laissant les personnes présentes sidérées par ce qu'ils venaient d'apprendre. Dumbledore avait demandé à Rogue de le tuer. Non, de l'achever. De lui rendre service en lui ôtant la vie. Pour protéger Draco et s'épargner une mort trop pénible. Et Rogue l'avait fait. Sur son ordre.

« Mais alors… », commença Arthur Weasley.

Il n'eut pas le temps de parler qu'une autre scène prenait place devant eux. C'était un couloir somptueux que Draco reconnut comme étant l'entrée du manoir Malfoy. Il ne pipa mot, pourtant, fixant Rogue, appuyé contre un mur, qui attendait. La porte d'entrée s'ouvrit brutalement et Harry sursauta en reconnaissant les trois loups solitaires qui entraient précipitamment.

« Je me réjouis de voir leur tête à tous ! s'exclamait le loup gris en entrant. Tiens, Rogue… Qu'est-ce que tu fais là ? »

Les trois loups s'étaient arrêtés devant le mangemort qui leur faisait manifestement barrage, les empêchant d'avancer.

« Je vous attendais, dit-il. Vous avez vu Potter, n'est-ce pas ? »

Les trois lycanthropes eurent un air stupéfait avant de paraître totalement déçus.

« Merde, tout le monde sait déjà ? s'emporta le loup gris, énervé que ses révélations n'aient plus d'importance.

-Que Potter est un loup-garou et lié à Draco Malfoy ? résuma Rogue. Non, personne ne le sait. Sauf moi. »

Les trois lycanthropes haussèrent les sourcils de surprise puis se mirent brutalement en position d'attaque.

« Alors si je comprends bien, si on arrive à se débarrasser de toi, on sera les premiers à l'annoncer au maître, souffla le rouquin, souriant avec mesquinerie.

-En effet, répondit Rogue en sortant lentement sa baguette de sa manche. Mais vous ne pourrez pas le lui dire.

-Vraiment ? Et comment comptes-tu nous en empêcher ? »

Rogue esquissa un léger sourire moqueur.

« Mais en vous tuant, voyons, dit-il d'un air presque affectueux.

-Tu crois que ça va être si simple ? se moqua le loup a l'air maladif.

-Nous seulement c'est simple mais en plus, c'est déjà fait, répondit Rogue. Au revoir. »

Il leva sa baguette et, aussitôt, plusieurs choses se produisirent : trois lames en argent se plantèrent dans le corps du loup roux qui glapit et s'effondra au sol. Le loup a l'air malade fut propulsé en arrière par la dalle de marbre sur laquelle il se tenait et alla s'écraser au mur, sa nuque se brisant aussitôt. Un nuage de fumée jaune attaqua le loup gris qui sembla étouffer sur place. Il saisit sa gorge en hoquetant et un flot de sang sortit de sa bouche. En quelques secondes, il était mort. Rogue esquissa un sourire et leva à nouveau sa baguette. Les trois corps se transformèrent en petits os qu'il fourra dans sa poche avec indifférence et le sang disparut du couloir.

« Rogue ? demanda la voix froide de Bellatrix en entrant dans le hall d'entrée. Tu es seul ?

-Manifestement, répondit l'espion. A moins que certains fantômes invisibles ne se promènent autour de moi.

-J'ai entendu du bruit, répliqua Bellatrix.

-Tu as dû t'assoupir, rétorqua l'homme. Je me rendais dans les donjons, j'ai certaines potions à concocter pour le maître.

-Tu ne pouvais pas le faire à Poudlard ?

-Pas sans certains éléments essentiels… Je ne pouvais les trouver qu'ici… »

Il esquissa un sourire ironique.

« Si tu permets… »

Il s'éloigna, l'air supérieur et la scène disparut à nouveau. Pendant un long moment, personne n'osa parler. Puis, une nouvelle scène se dessina. Rogue était dans le bureau de Dumbledore, assis à son bureau. Le cadre du vieux sorcier, suspendu au mur, était proche de lui et son habitant semblait écouter ce que le nouveau directeur lui racontait :

« Apparemment, ils sont liés… Reste à savoir ce qu'ils comptent faire maintenant…

-Qui l'eut cru, murmura Dumbledore. Le jeune Malfoy transformé en loup-garou et Harry lié à lui… Voilà qui n'était pas prévu. Savez-vous si Harry a été…

-Non, il ne l'était pas ce soir, en tout cas, raconta Severus. Mais peut-être Draco le transformera-t-il, plus tard…

-Ce serait parfait ! s'exclama Dumbledore. La lycanthropie ne permettra pas la survie du morceau d'âme de Voldemort. Harry serait sauvé !

-Encore faut-il qu'il soit transformé, signala Rogue avec calme.

-Il le sera. J'en suis certain. Tâchez de vous en assurer avant le combat final, Severus. Le cas échéant, je compte sur vous pour faire le nécessaire. »

Le professeur de potions grogna.

« Tuer Potter… Vous ne m'accordez aucune chance de m'en sortir, n'est-ce pas ?

-Non, je ne vous demande pas de le tuer, Severus. Arrangez-vous pour que Voldemort le fasse.

-Ça revient au même !

-Mais tout sera réglé s'il est transformé. Le cas échéant, ralliez-les. Poudlard sera prêt à défendre ses terres. Et avec Harry et Draco comme chefs…

-C'est bon, j'ai compris, coupa Rogue, agacé. Et comment dois-je faire pour les rallier ? Aux dernières nouvelles, je suis l'infect bâtard qui vous a tué !

-Allons, Severus ne soyez pas si cruel avec vous-même. Attendons de savoir si Harry est un loup-garou. Quand nous aurons l'information, il vous suffira de leur envoyer certains souvenirs et ils vous pardonneront.

-Vous pensez toujours à tout, n'est-ce pas ? demanda Rogue, amer.

-Non, mon garçon, pas à tout. Si c'était le cas, j'aurais prévu que Harry et Draco finiraient ensemble. Mais là, vraiment… J'en reste stupéfait ! »

Et le souvenir s'effaça aussitôt. Tous attendirent une autre scène, mais rien n'arriva. Au bout d'un moment, enfin, ils reprirent la parole.

« Alors Rogue est de notre côté ? demanda Ron, sidéré.

-On dirait, souffla son père, stupéfait lui aussi. Merlin tout puissant… Sa propre mort ! C'est sa propre mort que Dumbledore a préparée ! »

Personne ne parla plus pendant un long moment, choqués par tous les éléments. Ce fut finalement Remus qui reprit la parole, bien que totalement abasourdi.

« Mais au moins, grâce à Rogue, personne ne sait pour Harry et Draco. Personne ne sait qu'ils sont liés et que Harry est un loup-garou.

-C'est au moins ça de pris, soupira Tonks, l'air ébranlée.

-Et Rogue est finalement de notre côté ! souligna Fred. Ce n'est pas un élément à négliger !

-Apparemment, dit Kingsley. C'est donc à Poudlard que nous devons aller… »

A nouveau, le silence. Puis, Molly Weasley soupira.

« Nous irons demain, dit-elle. Dumbledore a peut-être pensé à autre chose, nous devons nous entretenir avec lui directement. Ainsi qu'avec Severus.

-Pourquoi pas ce soir ? proposa Bill.

-Parce que nous sommes épuisés, lui répondit sa mère. La nuit porte conseil. Et je pense qu'il vaut mieux que nous digérions tous la nouvelle avant d'aller discuter avec Severus. N'est-ce pas ? »

Elle regardait principalement Harry et Draco dont les mains étaient liées et crispées l'une sur l'autre. Les deux garçons approuvèrent son choix et, sans faire attention à qui que ce soit, allèrent se réfugier près de leur lit où ils se couchèrent. Aussitôt, les personnes dormant dans la maison partirent alors que les autres se mettaient au lit également, dans un silence de plomb. Il ne fallut qu'une demi-heure pour que tout le monde se couche, alors qu'il était démesurément tôt. Mais ni Harry, ni Draco, ne s'en soucièrent. Une bulle de silence les entourait, bien qu'aucun d'eux ne parlât. Il leur fallut bien une heure pour desserrer les dents.

« Il avait vraiment tout prévu, murmura Harry contre Draco. Jusqu'à un moyen pour que je meure…

-Chut, souffla Draco contre lui. Reste calme…

-Je suis calme ! répliqua Harry. Mais ce qu'on vient de voir…

-Je sais, chuchota son amant. Je sais. »

Ils restèrent à nouveau silencieux, un très long moment, enlacés dans le noir relatif de la salle d'entraînement. Au bout d'un moment, Draco grogna quelque chose et s'écarta de Harry qu'il obligea à se relever, le temps d'enlever leur t-shirt. Ils se recouchèrent ensuite afin de dormir, soupirant en sentant leurs torses nus se toucher.

Mais bien entendu, ils ne dormirent pas. Pas un instant. Ils se caressaient, s'embrassaient de temps en temps et réfléchissaient en silence, aucun n'osant troubler leurs derniers instants de tranquillité. Bientôt, ils seraient à Poudlard. Bientôt, ils allaient devoir faire face au reste du monde et affronter leur dégoût face à un couple d'hommes et pire, un couple de loups-garous. La peur les étreignait aussi sûrement que leurs bras et à un moment, Harry sentit sa respiration se saccader alors qu'il s'agrippait désespérément autour de Draco. Ce dernier le pressa aussi fort, tentant de l'apaiser.

« Nous n'avons pas à rester, chuchota-t-il à l'oreille de Harry. Nous pouvons y aller, tuer Voldie et repartir aussitôt. Nos amis sauront où nous habitons. Nous n'avons pas à y rester, tu sais ?

-Je sais, murmura Harry contre lui. Mais nous laisseront-ils seulement le temps de partir ? Et est-ce la chose la plus raisonnable à faire ? Ne devrions-nous pas… lutter ?

-Lutter pour quoi ? demanda Draco. La liberté des lycanthropes ? Tu as vu comment ma mère a réagi à ma transformation. Tu as entendu l'histoire de Chyreer, celle de Gabriel. Tu es le survivant et peut-être te toléreront-ils pour cette raison, mais ne te fais pas d'illusion, Harry. En tant qu'Alpha, je serai exécuté. Les alphas ne peuvent pas vivre. »

Harry gémit contre lui, son chagrin à cette idée percutant Draco de plein fouet. Son amant embrassa son visage, à de multiples endroits, pour l'apaiser.

« Je déteste ça, chuchota Harry. Cette intolérance, ce despotisme, ce n'est pas juste, Draco. Rejetés par les moldus parce que nous sommes sorciers et rejetés par notre communauté parce que nous sommes des loups-garous ! On ne nous laisse aucune chance ! Ni à nous, ni aux autres. Il faut être dans la norme pour vivre ? Qu'est-ce que c'est que ce monde ?

-Un monde obstiné, murmura Draco. Et dégoûtant. Je le sais bien. Mais malheureusement, nous ne pouvons pas le changer. Pas sans sacrifices. Es-tu prêt à les faire ? »

Harry le regarda avec de grands yeux horrifiés. Non, il n'était pas prêt à les faire. Pas prêt à perdre Draco au nom de n'importe quelle cause.

« Tuons l'autre connard et partons, dit-il en se blottissant contre son amant. Dans une forêt quelconque ou dans un autre pays, peu m'importe. Tant qu'on est tous les deux ! »

Draco sourit contre son épaule.

« Entièrement d'accord, dit-il. Où tu veux et quand tu veux, Harry. »

Ils restèrent encore un long moment silencieux puis, finalement, bercés par la respiration de l'autre, ils finirent par s'endormir, solidement accrochés l'un à l'autre.

oOo

Tout le monde s'était levé aux aurores. Personne n'avait réussi à dormir longtemps avec l'angoisse qui nouait leur ventre.

« Nous allons transplané à Pré-au-Lard, expliquait Remus, occupé à manger une tartine de confiture. Le plus près possible de Poudlard, mais ne vous leurrez pas, il y a des mangemorts plein le village. Ils vont nous attaquer aussitôt qu'ils nous verront ! Kingsley, toi, tu vas au ministère et tu lèves les troupes. Tout va se passer à Poudlard alors il vaut mieux s'y retrouver. Hermione, tu prends la suite ? »

Harry se tourna vers son amie, peu surpris de constater que la jeune femme avait une part de responsabilité dans la stratégie de l'Ordre.

« Vous autres, sorciers sang-purs, êtes engoncés dans vos traditions, dit-elle à brûle-pourpoint. Ce qui explique que vous êtes si déstabilisés face aux techniques de combat peu conventionnelles de Harry et de Draco. L'excentricité n'a jamais fait partie des Anglais mais encore moins des sorciers sang-purs. C'est pourquoi je propose que nous attaquions… à l'américaine, si je puis dire… »

Tout le monde, sauf Ron, la regardait avec scepticisme et la jeune fille lança une œillade à son petit ami.

« Hermione m'a fait regarder certains films, dernièrement. Ce sont des inventions moldues qui racontent une histoire et j'ai pu remarquer une certaine originalité lors des combats. Se lancer dans une attaque en grande pompe a le chic pour déstabiliser l'ennemi. Et un ennemi déstabilisé est un ennemi affaibli. C'est pourquoi nous avons pensé tous les deux à… nous déguiser.

-Nous déguiser ? demanda Fred, sceptique.

-Oui ! répliqua Hermione. Avec l'aide de Molly et Tonks ici présentes, nous avons préparé des costumes pour chaque membre de l'ordre.

-Des costumes ? interrogea Harry, clairement amusé.

-Oui… C'est Boris qui les a dessinés, révéla Hermione. On les a faits ces derniers mois. Si vous permettez… Gabriel ? »

Harry remarqua seulement que le blondinet n'était pas dans la pièce et il fut surpris en le voyant entrer. Le jeune homme était vêtu entièrement de noir, du pantalon de cuir au haut dépourvu de manches épais. Une forte magie en émanait, sans doute dans le but de protéger le jeune homme. Mais ce qui était le plus détonnant était la cape rouge flamboyante qu'il portait. Derrière était brodé un phœnix en or brillant comme s'il était en feu.

« Ce n'est pas très… discret, intervint Draco, l'air étrangement amusé et dégoûté par la cape.

-Mais le but n'est pas d'être discret, confia Ron, mais d'en mettre plein la vue. Les membres ici présents seront les seuls à être vêtus de noir et rouge mais nous avons des capes pour tout le monde !

-Boris les a très bien pensées, dit Hermione en se levant pour s'approcher de Gabriel. Elles sont faites pour ne pas déranger les mouvements et sont pourvues de multiples poches pour y stocker des armes en tout genre ! Potions explosives, corrosives, soignantes ou encore urticantes. »

Elle montra différentes poches sur les côtés de la cape.

« Mais aussi dagues, épées et tout autre arme que vous pourriez aimer. »

Des lanières pendaient de l'autre côté.

« Et autre avantage. Gabriel, tire sur le cordon. »

Le blondinet obéit et, aussitôt, la cape se rétracta jusqu'à se transformer en une écharpe nouée autour du cou.

« Pour nos combattants un peu trop physique, dit-elle en clignant des yeux. Il a aussi été constaté qu'une tenue moulante, pour des loups, adhérait à la peau et que de fait… »

Elle laissa sa phrase en suspens et, tout à coup, Gabriel se métamorphosa. Toutefois, ses vêtements ne tombèrent pas de son corps.

« Il… ses vêtements ! s'exclama Draco, amusé.

-Exactement ! approuva Hermione. Ils se sont fondus dans la métamorphose. Et note que l'écharpe est restée autour du cou de Gabriel. De cette façon, on ne risque pas de vous tuer parce qu'on ne vous reconnaît pas sur le terrain de combat ! Enfin, je dis surtout ça pour toi, Gabriel car la forme de Draco n'est pas difficile à rater avec sa blancheur et sa corpulence !

-Oui, enfin, on a aussi pensé à l'éventualité que tu sois couvert de sang alors garde l'écharpe, au cas où, intervint Ron.

-Voilà, dit Hermione. On avait pensé à du maquillage facial pour en mettre encore plus plein la vue, surtout pour faire peur, mais le fait est qu'avec la sueur, il y a de forte chance qu'à la fin, on ait juste le visage noir alors ce n'est pas une option. Et puis, connaissant les lycanthropes, il ne vaut mieux pas ! »

Draco, Remus et Gabriel – qui avait repris forme humaine – grimacèrent de concert, sous les rires des membres de l'Ordre.

« Sur ce, je propose que tout le monde se change, dit Remus avec un sourire. Ensuite, on transplane tous à Pré-au-Lard, à l'entrée du village, côté Poudlard. De là, il va falloir établir une formation efficace. Harry sera en tête, car tu es l'icône de ce combat. Draco, si ça ne te dérange pas de fermer la marche ? Je sais que tu veux protéger Harry, mais il nous faut un sorcier doté d'une bonne vue pour repérer une attaque arrière éventuelle. Et si Gabriel a la meilleure vue, il n'est pas un sorcier et ne saura pas ériger une barrière. Nous avions pensé à lui affecter un sorcier pour l'aider mais le temps qu'il le prévienne de l'attaque, ce sont des secondes de perdues et peut-être une vie alors…

-D'accord, répondit le blond, comprenant que Remus s'enfonçait dans ses justifications. Jusqu'à Poudlard, je fermerai la marche. Arrivé là, je serai à ses côtés. Toujours ! »

Remus acquiesça, reconnaissant malgré tout qu'il accepte de s'éloigner de Harry jusqu'au château.

« Ron, Hermione, vous resterez aux côtés de Harry, l'un à droite, l'autre à gauche. Dans un esprit purement tactique, Fred et George seront également près de vous. Je serai juste derrière avec les autres, nous regarderons les éventuelles attaques transversales. Une fois arrivés à Poudlard et les grilles derrière nous, en supposant que Rogue soit vraiment de notre côté, le territoire nous protégera. Il y a deux mangemorts sur place, il s'agit d'Alecto et Amycus Carrow. Impressionnants physiquement mais bêtes comme leurs pieds ! Une fois débarrassés d'eux, nous aurons le château pour nous. Normalement, l'attaque de Pré-au-Lard suffira pour signaler à Vous-Savez-Qui que nous sommes là. Il viendra sûrement très vite à nous. »

Un silence accueillit cette phrase.

« Si par malheur l'attaque de Pré-au-Lard devait être une catastrophe totale, mieux vaut fuir. Et je ne dis pas ça à la légère. Pas d'héroïsme inutile. Vous transplanez au signal, sans hésitation. Compris, Harry ?

-Compris, répondit le Gryffondor en prenant le colis qu'Hermione lui tendait et contenant son costume.

-Bien, dit Remus. Allez tous vous changer. On se retrouve ici dès qu'on est prêts. »

Tout le monde se dispersa et ce fut sans hésiter que tous les garçons allèrent dans la salle d'entraînement pour se changer, laissant aux filles le loisir d'utiliser les pièces de la maison. Harry enleva le jean qu'il avait enfilé et se faufila dans le pantalon de cuir noir. Il sourit en constatant qu'il était parfaitement à l'aise, quels que soient les mouvements effectués. Il jeta son sweat au sol et passa le haut, appréciant le sort de température constante lancé dessus. Puis il se tourna vers la magnifique cape rouge et or, ses doigts caressant le tissu avec tendresse.

« Tu veux que je t'aide à la passer ? proposa Draco à côté de lui, déjà vêtu de pied en cap.

-Oui, je veux bien », lui dit Harry.

Le blond sourit et se tourna vers lui, dépliant la cape qu'il fit passer au-dessus de sa tête, offrant à Harry la vision de la soie rouge qui passait sur son crâne pour ensuite retomber dans son dos. Il sourit avec amusement, regardant les yeux de Draco alors que ce dernier lui nouait l'écharpe autour du cou. Quand il eut terminé, ils se dévisagèrent un long moment, avec un sérieux inhabituel. La main de Draco alla tout naturellement caresser la joue pâle de son amant.

« On le tue et on s'en va, murmura Draco en appuyant son front contre le sien. Ce sera juste toi et moi, jusqu'à la mort. »

Harry esquissa un sourire. Il se mit sur la pointe des pieds et l'embrassa. Longtemps. Ce serait le dernier baiser avant la fin du combat, peu importe son issue. Leur dernier baiser… Cette pensée le poussa à le renforcer encore plus.

« C'est parti, chuchota-t-il en reprenant la position front contre front. On fonce, on les dégomme et on s'en va.

-Garde-moi Bellatrix, lui demanda Draco.

-Vois ça avec Neville, je crois qu'il a aussi un compte à régler avec elle.

-D'accord, lui murmura le blond. Prêt ?

-Non. Mais il le faut. »

Draco acquiesça. Et ils quittèrent la salle d'entraînement, sans un regard en arrière.

A suivre…

(1) Tirer de Harry Potter et les reliques de la mort.

Bon… Eh bien, à la base, j'étais censée faire l'arrivée à Poudlard, mais je préfère la garder pour le chapitre suivant. Un chapitre difficile, tout en combat et affrontement. Je ne promets pas de l'écrire rapidement, c'est le genre de chapitre qui me pend du temps car il me demande beaucoup de concentration, d'imagination et de réflexion. Surtout que j'ai imaginé ce combat depuis… des mois ! Les pions dissimulés ici où là vont ressurgir. J'espère que vous apprécierez les ruses, si vous les remarquez…

Sur ce, je suis navrée, mais je n'ai pas répondu à toutes les reviews par fatigue et empressement de poster. Je pense répondre au fur et à mesure maintenant, histoire de ne pas être à nouveau submergée par tant de message. Sachez que je lis très souvent vos messages, surtout pour m'encourager et me pousser à écrire quand l'envie me quitte.

A bientôt j'espère, pour MF… et je m'applique pour Alpha, promis !