Auteur : Dozen and One Star
Traductrice : Hermi-ko
Xx La Différence xX
C'était différent.
Pour la première fois depuis longtemps il se retrouva à manger une tasse de nouilles instantanées tiédasse avec son ordinateur pour compagnon de diner. Le cabot n'était même plus dans le coin. C'était lui, tout seul, sans personne.
Il y avait plusieurs paires de chaussettes sales qui trainaient sur le mobilier et personne pour lui dire de les mettre dans le panier à linge. Il y avait des cheveux dans sa salle de bain qui n'étaient pas les siens mais qu'il n'avait pas jeté comme il savait qu'il aurait dû. Le bruit que faisaient ses nouilles semblait incroyablement bruyant, le vrombissement de son ordinateur quasiment assourdissant. Il se sentait petit. C'était un sentiment auquel il n'était pas accoutumé et il espérait que ça n'allait pas perdurer.
Il se demanda combien de temps ça lui prendrait pour s'habituer à être tout seul de nouveau.
Il ignora la petite idée qu'il ne voulait pas vraiment découvrir.
Ça ne convenait juste pas.
Le voilà, un riche et attirant jeune homme avec une riche et attirante jeune femme du même milieu. L'atmosphère était romantique, parce qu'il pouvait être romantique quand ça l'arrangeait et tous ceux qui disaient le contraire pouvaient aller se foutre ce mensonge là où le soleil ne brillait pas. Ce n'était pas son genre de fille mais s'il jouait bien ses cartes il savait qu'il ne rentrerait pas seul chez lui.
Et s'il y avait un jeu auquel il était bon c'était bien les cartes.
Aussi, malgré la bizarre impression dans son ventre, il fit son plus beau sourire charmeur et se donna en spectacle de sorte qu'il fut été étonnant qu'il ne remporte pas un quelconque prix d'acteur.
Il ne dit pas le moindre gros mot. C'était le parfait gentleman, le genre que les femmes se démenaient pour ramener à la maison et parader devant leurs vieux. Il y eut des compliments et des paroles gentilles. A un moment il tira même sa chaise pour elle, quelque chose qu'il n'avait jamais fait auparavant. Pourtant il y avait cette petite pensée agaçante qui continuait de lui chouiner qu'Elle aurait vu à travers ses manières. Mais il envoya balader cette pensée et en ria.
C'était tout faux.
Son rencard se retrouva dans un état de perplexité intense. Une minute ils échangeaient un charmant baiser qui avait tout le potentiel de finir dans un lit et la prochaine chose qu'elle savait c'était qu'il la déposait à son appartement à elle sans ne serait-ce qu'un numéro de téléphone pour le contacter.
Pour être équitable, elle n'était pas la seule dans un tel état. A plusieurs patés de maison de là, il fonçait à travers la ville en se demandant exactement quelle satanée mouche l'avait piqué. Il devait y avoir un souci chez lui. Aucune personne saine d'esprit ne faisait de telles choses. Il admettait totalement ne pas être une personne normale mais il était sûr ne jamais avoir foiré quoi que ce soit. Même quand il ne s'éclatait pas il ne laissait pas les choses sans les finir. Il ne s'enfuyait pas comme un daim surpris par des phares.
Sauf ce soir.
Ce soir il s'était enfui sans honte. Enfui parce qu'il ne pouvait plus supporter ce sentiment : cet affreux sentiment qui l'avait consumé, se renforçant de plus en plus jusqu'à ce baiser. Ce baiser qui l'avait libéré. Ses lèvres étaient tièdes et soudain il ne pouvait plus prétendre. C'était pourquoi il faisait des embardées qui L'auraient fait ronchonner.
Et puis, juste comme ça, il savait ce qu'il avait à faire.
S'arrangeant pour que son véhicule glisse jusqu'à une place de parking vide avec une conduite risquée et une dizaine de lois bafouées, il sortit son portable. Sans regarder les touches il composa un numéro et attendit que son correspondant décroche. Après ce qui lui sembla une suite sans fin de sonneries il entendit une voix familière à l'autre bout du fil :
« Allo ? »
Ses yeux se fermèrent alors que ce petit mot dit dans Sa voix l'engloutissait.
« Mamori. »
Pour la première fois de la nuit les anxieux papillons n'étaient pas présents.
« Youichi ? »
Ça allait être bon.
