Bonjour, bonjour !

Alors quel chapitre les amis ! Ça fait trois semaines que je suis dessus, en train de l'écrire. XD Il va donc de soi qu'il est long. Moins que le précèdent mais il mérite la place de deuxième chapitre le plus long de toute la fic *clap clap* ! Il s'y passe beaucoup de choses, mais ne vous méprenez pas, l'action brute et simple est assez restreinte dans ce chapitre mais il y aura plusieurs actions softs mais nécessaires et c'est cet enchaînement rapide qui m'a sans doute causé des soucis dans l'écriture.

Pour tout vous dire, j'aime ce chapitre mais je n'ai jamais eu aussi peur de publier un chapitre comme c'est le cas pour celui-là. On va notamment entamer des phases de révélations intenses et même si tout était prévu depuis le départ, j'ai vraiment peur de vous décevoir… Enfin je n'espère pas en tout cas…

Merci à tous pour votre soutien et j'espère sincèrement que ce chapitre vous plaira !

Mangle: Merci beaucoup de ta review! C'est vrai que le chapitre précédent était très mouvementé, j'espère que celui-ci te plaira!

SManga: La voilà! ^o^ Merci de ta review en espérant que ce chapitre te plaise! :3

Chapitre 28 : « Vous êtes… »

Midorima était assis sur le rebord d'un muret, ses mains étaient jointes. Chacune d'entre elles se tenaient, glacées tandis que tout son corps tremblait par le froid extérieur. Ses yeux étaient levés vers les étoiles qui bien que difficilement percevables pouvaient être observées dans leur grâce et luminescence naturelle. Observer les étoiles lui procurait un sentiment d'évasion auquel il aurait aimé s'accrocher désespérément. Il aurait aimé se plonger dans cet entité sans fin, qui ne se préoccupait pas des vagues problèmes se trouvant sur Terre. Cependant tout le retenait ici-bas.

Absolument tout.

Il sentit une larme lui couler le long de la joue. Cette perle cristalline parcourut sa peau avec une lenteur exaspérante, étant si chaude et froide à la fois que le vert ne put en être que reconnaissant lorsque cette dernière quitta le bas de sa mâchoire pour s'écraser au sol. Il s'était retenu de pleurer lorsqu'il avait appris la première agression de Takao. Il n'avait pas non plus pleuré lorsque Takao avait fait sa crise d'angoisse sous la douche. Il aurait peut-être dû, qui sait ? Peut-être aurait-il dû exprimer ses sentiments, tout comme l'avaient fait Aomine, Murasakibara ou Kagami. Mais il avait été trop fier, trop angoissé, trop oppressé pour le faire. Dorénavant il se trouvait au bord de faire une crise de nerf.

« Ce salop sait que dès que l'on tentera quelque chose sur lui, la seule chose qu'il aura à faire ça sera de détruire ceux que nous aimons le plus pour nous mettre hors d'état de nuire. »

Ça avait été les mots d'Aomine. Ils ne semblaient, chacun d'entre eux, qu'être des pions sur un échiquier géant. Il le comprenait amplement maintenant. Avait-il vraiment existé une époque où sa naïveté l'avait poussé à croire que tout cela n'était qu'une suite d'actions invraisemblables et sans lien quelconque ? Si c'était le cas c'était réellement pathétique de sa part. Ils étaient de simples pions, de petits soldats que des puissances supérieures semblaient prendre plaisir à sacrifier pour parvenir à un but dérisoire. On s'acharnait clairement sur Takao. On s'acharnait clairement sur Kuroko. Sur Ogiwara. Sur Kise. On s'acharnait sur chacun d'entre eux. Physiquement, psychologiquement... Jusqu'où pourraient-ils tenir ?

Midorima savait qu'il atteignait sa limite. Il était persuadé qu'il ne parviendrait pas à tenir un jour de plus. Il était excessivement fatigué. Excessivement en colère. Excessivement blessé. Excessivement à bout. Si tout cela ne finissait pas ce soir il savait qu'il n'aurait plus la force de continuer. Seule la bombe près d'un Takao affaibli lui donnait la force de ne pas s'écrouler à terre pour simplement y rester allongé jusqu'à la fin de tout.

Si la bombe explosait cependant, entraînant avec elle son partenaire de jeu, il savait qu'il s'effondrerait à terre et n'aurait ni l'envie ni l'énergie pour se remettre debout et ce pour l'éternité.

Qui était Akikuzu ? Un simple drogué ? Un endetté recherchant simplement une somme d'argent astronomique ? Où s'était-il procuré ces armes ? Kise avait raison, pour une fois Midorima ne pouvait être que d'accord avec le blond. Il y avait un réel mystère derrière Akikuzu. Ce n'était plus une simple histoire d'enlèvement par un psychopathe drogué cherchant à se venger. Ça ne pouvait plus être uniquement ça. Pourquoi Kuroko ? Pourquoi Takao ? Pourquoi eux ? Si Akikuzu n'avait pas assez d'argent pour se payer de la drogue où aurait-il pu trouver assez d'argent pour se procurer des armes se révélant du domaine militaire uniquement ? Qui avait bien pu pouvoir lui fournir ? Quelqu'un de puissant indéniablement. De riche, sans doute.

Midorima baissa les yeux vers le sol ferme, pour se plonger une nouvelle fois dans l'ambiance déprimante et oppressante qui s'élevait autour d'eux. Ils attendaient tous l'arrivée d'Aomine et Kise à quelques mètres de la station de métro, dans l'ombre. Kagami était le seul à se trouver face aux doubles portes battantes lumineuses du métro se trouvant derrière le dos du vert. L'as de Seirin attendait leur arrivée avec une impatience calme et effrayante qui poussait tous les passants à s'écarter prudemment de lui en lui jetant des regards inquiets et apeurés. Murasakibara et Himuro se tenaient tous deux la main tandis que le plus âgé s'était assis sur les genoux du plus grand. On pouvait clairement distinguer le violet l'enserrant d'un bras d'une manière totalement possessive et protectrice qui ne put que rappeler à Midorima l'état de son propre amant.

Son esprit était en ébullition, il ne cessait d'imaginer un nombre incalculable de scénarios différents dont l'issue n'était destinée qu'à lui briser un peu plus le cœur. Il n'avait envie que d'une seule chose à l'instant même, c'était de prendre cette maudite rame de métro et de retourner à l'hôpital. Tout son corps le poussai à y retourner. C'était là-bas qu'était sa place. Il n'avait rien à faire ici. Il n'aurait dû être qu'à un seul endroit à cet instant même et c'était aux côtés de Takao. Il devrait être à l'instant même en train de lui tenir la main, pas ici à contempler douloureusement les étoiles. Il devrait être à l'instant même en train de plonger ses yeux émeraudes dans les prunelles bleutées du garçon. Il devrait être là-bas pour le rassurer, lui assurer que tout irait bien. Puis, si la bombe finissait par ne pas être désamorcé il devrait tout simplement être là-bas à serrer le garçon dans ses bras pour le calmer. Lui murmurer d'une voix douce dans le creux de son oreille pour l'empêcher de ressentir une quelconque peur qu'il l'aimait. Pour lui dire qu'il était et avait été le plus heureux des hommes grâce à lui.

De nouvelles larmes s'échappèrent doucement de chacun de ses yeux pour couler le long de ses joues.

Il sentit les regards inquiets de Murasakibara et Himuro se tourner doucement vers lui lorsqu'il renifla doucement. Il s'obligea à ne pas croiser leurs yeux. Ses avants-bras placés sur ses genoux, il se contentait de fixer le sol. Il pleurait, c'était déjà suffisamment humiliant. Il n'avait pas besoin que les autres lui fassent de remarques. Il ne voulait pas qu'on ait pitié de lui. Il n'y avait pas besoin d'avoir pitié de quoi que ce soit. Cependant la voix d'Himuro brisa tout de même ce silence, faisant fermer douloureusement les paupières de l'as de Shutoku qui ne cherchait qu'à s'échapper.

- Midorima… Takao va s'en sortir, tu ne devrais pas en douter.

Le vert ne répondit rien, se contentant d'imager dans un coin de son esprit le visage de Takao avant que toute cette histoire n'ait lieu. À l'époque où l'inquiétude ne pouvait se lire sur ses traits que lors d'un simple match de basket. À l'époque où la présence d'eau ne représentait pour lui aucune source de problème. À l'époque où son sourire ne semblait pas forcé. Où ce sourire n'était pas couvert par un masque à oxygène. Où sa vie n'était pas menacée par la présence d'une bombe.

Soudain toutes les larmes qu'il tentait de retenir depuis le tout début sortirent avec force de ses yeux, un hoquet disgracieux sortit de sa bouche tandis que la paume de ses mains venait se placer entre ses paupières et ses verres de lunettes. Ses sanglots agitaient tout son corps, tandis que les larmes sortaient inlassablement de ses yeux.

Il avait craqué.

- Midorima ! S'exclama Himuro en se retirant des genoux du violet.

- Mido-chin… Murmura Murasakibara.

Le vert resta muet à ses voix inquiètes qu'il entendait à peine. Ses larmes sortaient toujours avec abondance de ses prunelles, ne lui laissant pas de répit pour parvenir à garder une respiration correcte. Dans ces conditions il lui serait impossible de regagner son calme et il le savait. Simplement il ne parvenait pas à retirer de sa tête cette superposition d'images de Takao. Il le voyait souriant dans son uniforme de basket orange, lui adressant un sourire franc et bruyant. Il le voyait dans la salle de bains, nu et à terre tandis que son corps était parcouru de violentes contractions rythmées à sa respiration effrénée. Il voyait la bombe exploser et le visage de Takao seul, libérant une unique larme tandis qu'un voile blanc le couvrait. Il se voyait lui-même, seul.

- Shintaro. S'interposa une voix tranchante.

À ce simple ton, Midorima retira immédiatement ses mains de ses yeux jetant un regard meurtri au rouge se dirigeant calmement vers lui. Akashi après l'appel de Kise et Aomine leur avait demandé de se rendre à la station de métro Neko tandis que lui-même avait précisé devoir se rendre à un endroit convenu avec l'un de ses hommes de main. Le rouge était revenu vers eux, il portait une nouvelle veste sur lui. Ouverte sur le devant elle semblait tenir chaud et le capitaine de Rakuzan retira ses mains de ses poches lorsqu'il s'approcha de Midorima.

- Pas maintenant. Lui ordonna-t-il une fois qu'il fut arrivé à sa hauteur.

Le vert ne répondit rien et se contenta de froncer des sourcils tandis que l'héritier des Akashi le surplombait de toute sa taille. Ses yeux hétérochromes plongés dans les pupilles émeraudes du vert le paralysèrent instantanément. Cependant et malgré cet effet instantané d'avoir la sensation d'être pris dans un étau et être incapable de bouger le moindre petit doigt. Midorima remercia silencieusement Akashi. Ses larmes avaient arrêté de couler comme si ces dernières trop effrayées pour continuer à inonder son visage rentraient dans le plus profond de son âme pour s'y cacher.

- Quoi… ? Articula-t-il doucement, la voix toujours empreinte de tristesse.

- Ce n'est pas encore le moment de pleurer. Lui répondit Akashi. La bombe se trouvant à l'hôpital n'a pas encore explosé. Mes agents vont se mobiliser pour soutenir l'équipe de déminage et ainsi arrêter la bombe avant qu'il n'y ait un quelconque blessé. De plus rappelle-toi que le temps imparti avant que cette dernière n'explose est bien plus que suffisant.

Le vert ne répondit pas et se contenta de baisser le visage. Il le savait tout cela. Il le savait. Mais comment était-ce possible ne pas imaginer le pire ? Comment était-il possible ne pas s'imaginer la situation la plus catastrophique pouvant réduire sa vie à néant ?

- Midorima. Mes agents ont enfin mis la main sur Akikuzu. Ou du moins sur son adresse. Je leur ai demandé de ne pas intervenir, mais de rester sur le qui-vive. Nous allons nous rendre où Akikuzu réside et nous allons lui faire la peau. Cependant, je vous préviens tous et tant pis si Aomine, Kise et Kagami n'entendent pas mon premier avertissement. Mais je vous interdis de faire le moindre mal à Akikuzu le temps que je ne lui aurais pas posé toutes les questions auxquelles je veux des réponses, est-ce clair ?

- Je ne vais jamais pouvoir me retenir Aka-chin, j'ai envie de l'écraser depuis trop longtemps. Après tout ce qu'il a fait ce soir, je n'ai qu'une envie c'est de l'éclater à terre comme je le ferais avec une mouche.

- Cela va de soi mais je vous interdis de toucher à un seul de ses cheveux.

Midorima hocha douloureusement la tête après un long moment de réflexion et de silence. Il ne savait pas s'il parviendrait à se contrôler. Simplement imaginer le visage d'Akikuzu lui donnait des envies de meurtre. Comment ferait-il pour se retenir une fois face à lui ? Cela relevait pratiquement de l'impossible. Malgré tout, il avait lui aussi des questions auxquelles il voulait des réponses. Lui aussi voulait savoir. Après tout on ne pouvait tout simplement pas vouloir faire exploser une bombe sur un coup de tête ? On ne pouvait pas s'en prendre puis s'acharner sur un groupe d'adolescents sans raison ? Il y avait forcement une raison derrière toute cette histoire. Midorima sut en cet instant précis qu'il serait prêt à comprendre n'importe quelle excuse, même si celle-ci semblait bancale de la part de ce psychopathe. Parce que tout ceci ne pouvait simplement avoir eu lieu sur une pulsion bestiale et animale inexplicable. Il y avait forcement une raison logique. Takao n'avait pas pu développer une phobie puissante à cause d'un malade qui agissait sans raison. Il y avait toujours une raison. Toujours. Il devait sans convaincre.

Soudain des voix graves se firent entendre et lorsque le vert se retourna il ne fut guère surpris de voir Aomine et Kise finalement franchir les portes vitrées du métro. À sa plus grande surprise ce fut de voir Haizaki suivre les deux amants de son plein grès qui l'étonna encore plus. Son cœur se serra à la vue de Kise qui même dans le noir et vu de loin avait perdu indéniablement de son éclat. Aomine semblait si stressé et alarmé qu'il ne semblait pouvoir s'empêcher de parler bien plus fort qu'à son habitude. Ses mouvements étaient confus, il bougeait ses mains partout autour de lui tandis que Kagami le bombardait de questions. Le basané tenait Kise par la main, tirant parfois énergiquement sur son bras alors qu'il ne semblait même pas s'en rendre compte. Le blond tenta de calmer les deux lumières et as sans parvenir à quoi que ce soit.

Midorima coula son regard vers Akashi. Ce dernier affichait un composé des plus calme mais cependant, on pouvait clairement ressentir une aura irritée mais pas moins menaçante dû au temps précieux que perdait les deux garçons à se chamailler. Le petit rouge ferma ses paupières tout en répandant autour de lui une aura meurtrière qui ne fit qu'accentuer la colère de Midorima. Cette colère sembla se produire comme un écho tandis que Murasakibara bouillonnait littéralement de rage face à la scène, serrant sûrement un peu trop fortement les doigts de Himuro entre les siens. Cette colère se propagea jusqu'à Kise qui tout d'un coup hurla si fortement que sa voix parvint jusqu'aux oreilles du vert.

- Arrêtez de vous engueuler pour rien espèces d'idiots sans cervelle ! On a des choses plus importantes à faire que de savoir si la bombe va réellement exploser ! Je vous rappelle que Kurokocchi est avec un malade mental à l'heure même et que s'il se fait torturer ou je ne sais quoi pendant que vous vous disputez comme deux gamines en pleine puberté je ne vous le pardonnerai jamais ! Alors on avance et on se tait avant que je vous foute un coup de pied au cul avec le peu de force qu'il me reste ! Et ne me regarde pas comme ça, ça vaut aussi pour toi Aominecchi !

Midorima s'étonna de voir Kagami et Aomine suivre le blond en silence alors que ce dernier clopinait vers le reste du groupe. Plus le blond se dirigeait vers eux et plus le vert pouvait distinguer ses traits fatigués et son teint bien plus blanc qu'à l'accoutumé. Son cœur sembla être victime de deux sentiments contraires et ardents à la vue du joueur de Kaijo. Un apaisement, semblable à un baume au cœur l'aidait à se sentir plus calme. Kise s'était réveillé ce matin même de son coma et malgré sa fatigue clairement distinguable sur son visage ce dernier marchait. Il faisait un pas après l'autre avec une conviction qui lui correspondait tout à fait. Midorima se sentait apaisé de savoir que le joueur de Kaijo se sentait assez en forme pour les accompagner. Aomine ne tarda pas à le rattraper et il lui murmura des mots indistincts à l'oreille. Midorima put juste voir le blond acquiescer avant que le basané ne se place face à lui, offrant son dos. Kise plaça ses bras autour du cou d'Aomine et monta faiblement sur le dos de ce dernier. Lorsque l'ancienne lumière de Kuroko se redressa pour continuer sa marche, Midorima put voir un doux sourire se peindre sur le visage du blond. Un sourire caché sous la fatigue accablante dont il semblait être victime.

Voir ses deux amis ainsi le poussait à ressentir un sentiment tout aussi contraire et particulier qu'il parvint à cacher aux autres avec une facilité déconcertante. La jalousie. Qu'aurait-il donné pour placer Takao sur ses propres épaules et le tirer de cet hôpital qui n'avait pas été capable d'arrêter un homme possédant une bombe et une grenade sur lui ?

Les trois retardataires finirent après de longues minutes par arriver dans le cercle s'étant formé. Sans perdre une seconde de plus, Akashi présenta son plan à ses coéquipiers comme il aurait pu le faire autrefois à Teiko. La nuit calme et les hauts immeubles dégradés autour d'eux faisaient résonner sa voix comme un châtiment provenant des enfers. Un faible écho semblait tout aussi présent rendant les mots bien plus pesants et tranchants qu'ils ne l'étaient déjà. Le rouge fixait un à un ses compagnons, tandis que ses lèvres remuaient au rythme de sa voix. Ce fut en cet instant même que Midorima sut au plus profond de lui qu'ils touchaient indéniablement à la fin de toute cette histoire. Bientôt ils retrouveraient Akikuzu, il en était certain. Il n'y avait pas d'autres solutions possibles.

- Maintenant que Kise et Aomine sont arrivés nous allons pouvoir y aller. Cependant avant de partir je vais vous faire part de mes règles. Malgré tout avant même de commencer j'aimerais savoir ce que tu fais ici, Haizaki ?

- J'ai vu les policiers en bas de l'hôpital. La bombe et tout ça, ils en parlaient aux infos. Ils parlent même de vous. Du fameux mannequin Kise Ryouta et de son agression avec le pote de Midorima. Du viol de Kuroko. Il y a des tas d'images qui circulent en ce moment même un peu partout. Et on vous recherche aussi. Je me suis alors dépêché de venir voir ce qui se passait à l'hôpital et c'est là que j'ai vu Aomine et Ryouta en sortir. Des policiers les ont interpellé et ils les ont placé dans une voiture de police.

- Il est venu nous sortir de là. Si on doit lui être redevable sur au moins un truc, ce serait sur ça. Murmura Kise avec un sourire. Sans lui on serait encore dans cette foutue voiture de police surveillés comme des gosses en fugue.

- Ouais mais non on n'a pas à lui être redevable de quoi que ce soit. Bougonna Aomine. J'aurais très pu nous sortir de là tout seul.

- N'importe quoi Aominecchi. Répliqua Kise en levant les yeux au ciel.

- Je veux vous accompagner. Poursuivit Haizaki. J'ai appris pour le kidnapping de Kuroko et… Je veux savoir pourquoi Akikuzu fait tout ça. Je veux dire, ça ne peut pas être uniquement à cause de nos anciens plans, n'est-ce pas ? Il y a forcément une autre raison pour laquelle il fait tout ça ?

- Tu ne devrais pas trop y croire Haizaki. Répliqua Akashi. Akikuzu est un psychopathe, ses raisons pour faire ce qu'il a fait lui paraîtront tout à fait logiques quoi qu'il dise. Il n'y a pas toujours une raison valable pour des actes horribles.

- J'aimerais quand même le voir et s'il le faut je lui foutrai mon propre poing dans la figure.

- Très bien. Alors tu peux nous suivre, accepta ce dernier, mais sache que tu es sous ma responsabilité et je t'ordonne de m'obéir quoi que je te demande. Bon, maintenant que ta présence mystérieuse est élucidée je vais pouvoir vous exposer mes règles et mes plans. Mes agents ont finalement pu retrouver sa trace. Akikuzu se trouve à quelques minutes d'ici dans un bâtiment qui semble abandonné, il nous y sera donc facile d'y entrer et d'en sortir. Cependant je veux que vous soyez tous calme lorsque nous monterons les étages jusqu'à celui qui nous intéresse. Nous prendrons les escaliers mais il faudra être prudent. Aux vues des armes qu'il utilise il faut être certain qu'il n'ait pas placé de bombes quelque part dans le bâtiment à notre insu.

Akashi s'arrêta un instant pour être certain que l'information soit parvenue jusqu'aux oreilles de tous.

- Ensuite je vous interdis à tous et ce jusqu'à ce que Akikuzu ait répondu à chacune de mes questions de vous approcher de lui ou de le blesser de près ou de loin. Est-ce clair ?

Avec le silence et le choc de certains face à cette annonce, le rouge se permit de continuer.

- J'ai des questions auxquelles j'aurais besoin d'avoir des réponses et je veux qu'Akikuzu soit encore apte à répondre à chacune d'entre elles lorsque ça sera le cas. Il se pourrait tout autant qu'il cache des armes sur lui. Pistolets, armes blanches, grenades. Avant de m'assurer que ça ne soit pas le cas, je veux que vous restiez en retrait. Je serais intransigeant sur ce dernier point. Si vous avez des questions ou des remarques à lui faire, je ne m'y opposerai pas.

Nouveau silence.

- Maintenant j'aimerais que vous compreniez mon point de vue. Je préférerais que vous ne participiez pas à cette opération.

- QUOI ? S'exclama Murasakibara.

- Je n'arrive pas à croire que tu puisses dire ça Akashi ! S'offusqua Midorima.

- Non mais tu rigoles, j'espère ? S'énerva Aomine.

- Akashicchi, pourquoi ? Demanda Kise.

- Cette entreprise est de loin la plus risquée de toutes. Les chances qu'au moins l'un d'entre nous finisse blessé dépassent de loin les soixante-dix pourcent. Vous êtes mes amis. Je dirais même que vous êtes pour moi une sorte de famille. J'ai déjà vu certains d'entre vous se faire blesser.

Son regard se tourna vers Kise et Himuro.

- J'ai vu certains d'entre vous perdre le contrôle.

Son regard se tourna vers Aomine et Midorima.

- Et j'ai vu certains d'entre vous arrêter de se nourrir correctement.

Son regard se tourna vers Murasakibara et Kagami.

- Et nous on t'a vu changer de personnalité. Répliqua Haizaki. De toute manière tu n'as sur moi qu'une emprise limitée, je ne fais plus parti de la génération miracle et tu n'es plus mon capitaine depuis bien longtemps. Alors quoi que tu puisses dire ou faire je monterai dans ce foutu immeuble. Surtout que tu m'as promis que je pourrais te suivre.

- Et si nous sommes tous là réunis, c'est uniquement grâce à toi Akashi, nanodayo. Répliqua Midorima en remontant ses lunettes.

- Puis c'est toi qui nous as évité aujourd'hui d'être emporté par les policiers après l'agression de Tatsuya. Répliqua Kagami.

- On a besoin de toi Akashi mais ne te voile pas la face. Tu as tout autant besoin de nous. Encore plus ce soir alors évite de balancer des débilités du genre ''vous n'êtes pas obligés de venir si vous ne le voulez pas''. On n'est pas dans un film débile. Bougonna Aomine.

- Et moi je mange très bien, répliqua Murasakibara.

Midorima ne put s'empêcher de sourire faiblement à la dernière remarque du violet. Ce dernier enfilait une telle quantité de nourriture qu'un homme normal ne serait pas capable de voir où se situerait la différence entre avant et après. Mais eux, le pouvaient. Murasakibara avalait bel et bien moins de nourriture qu'à l'accoutumé. Tous ici l'avaient remarqué. Au final, Akashi n'avait pas totalement tord, ils étaient tous ensemble un peu comme une grande famille.

- On y va ? demanda Haizaki.

- On y va. Affirma Akashi.

La petite troupe se mit en marche. Kise avait demandé au basané de le reposer à terre et même si la fatigue semblait irradier tout son corps, Midorima s'étonna de voir l'as de Touou concéder à sa requête sans émettre d'objection. Le blond positionna tout de même son bras autour du cou de son amant possédant ainsi un solide appuie durant sa marche. Haizaki se trouvait juste derrière eux et il sembla prononcer une remarque moqueuse qui fit retourner le basané qui l'insulta copieusement. Haizaki ne put afficher qu'un grand sourire sur son visage, étant parvenu à faire réagir le bleuté exactement comme il le voulait. Murasakibara et Himuro se tenaient la main tandis qu'ils suivaient Akashi et les garçons trop animés juste devant eux. Kagami quant à lui était resté au côté de Midorima et tous deux commencèrent à suivre la troupe dans un même mouvement. Un air grave était peint sur leurs deux visages et l'un comme l'autre pouvaient affirmer en cet instant même que leurs cœurs battaient avec calme.

Leur marche dura de longues minutes qui les fit se calmer peu à peu. L'énervement de chacun diminuait les rendant plus calmes et paisibles. Comme un condamné à mort tout leur semblait dorénavant plus léger, plus calme, plus clair. Aucun d'eux ne se sentait stressé ou impatient. Aucun d'eux ne possédait de colère débordante et incontrôlable. Aucun d'eux ne se demandait s'ils avaient pris la bonne décision.

Midorima regarda sa montre.

01:05

Takao devait sans aucun doute à l'instant même écouter la voix rassurante de l'horoscope. Midorima tenta de s'imaginer pour la première fois de sa vie, le destin journalier et les placements de chacun des signes en espérant les influencer par la pensée. Les Scorpions seraient sans aucun doute premier aujourd'hui. La chance serait totalement de leur côté. Les Cancers seraient eux aussi sans aucun doute dans le top 3. Une place largement acceptable.

Cette journée ne pourrait inévitablement que bien se passer.

Le contraire serait une catastrophe et il le savait. Cette fois c'était bel et bien tout ou rien. Leur bonheur futur ne tenait qu'à un fil. Un fil si fin que l'on pouvait à peine le distinguer dans la pénombre et le noir de leur situation. Mais ils n'avaient pas d'autres choix que de s'accrocher à ce dernier. À le serrer dans leurs poings comme leur dernier espoir, leur dernier souffle de vie. Car sans ce fil, il n'y avait plus rien.

Ils marchèrent encore durant une dizaine de minutes, d'un pas sûr mais nullement pressant ou lent. Ils passaient devant des échoppes fermées dont certaines étaient taguées avec plus ou moins de passion et de couleurs. Des ordures de la veille traînaient encore sur les pavés grisâtres allant du simple emballage de paquet de gâteaux à des rats morts. Midorima passa à côté d'un de ces dits cadavre sans y prêter plus d'attention. Tout ici respirait une pauvreté qu'il n'aurait pu imaginer présente au Japon. Leur vie semblait être un film à chaque instant.

Ils finirent par parvenir à une rue faiblement éclairée par un unique lampadaire encore en fonctionnement. Ils firent deux-cents mètres à pieds avant que le capitaine de l'équipe ne s'arrête subitement. Son corps se tourna lentement vers la droite le positionnant face à un immeuble visiblement en ruine. Une unique porte vieillissante et délabrée semblait les empêcher d'entrer dans le bâtiment. Les gonds rouillés étaient clairement visibles de là où se trouvait Midorima. D'ailleurs Murasakibara fut le premier à s'avancer vers la dite porte. Avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit Akashi l'interrompit en pointant du doigt un étage au-dessus de leurs têtes :

- Sixième étage.

Le vert suivit la direction indiquée par son ancien capitaine et remarqua en effet une très faible lumière rougeâtre s'élevant de l'étage présenté. Un fracas retentit soudainement ce qui fit sursauter toute la bande et le vert tourna immédiatement ses prunelles émeraudes vers la porte encore sur ses gonds quelques instants plutôt.

Murasakibara venait de donner un puissant coup de pied dans cette dernière ce qui l'avait fait voler dans le couloir se trouvant derrière elle et la faisant s'écraser contre les marches d'escaliers à trois mètres en arrière. Le violet se tourna lentement vers ses camarades et son aura meurtrière et effrayante leur parvint comme un vent férocement brûlant et dangereux.

- Aka-chin, il est temps.

Comme une réponse directe au violet, le rouge laissa échapper toute son aura si longtemps retenue par tous les pores de sa peau. La pression qui s'exerça sur eux sembla balayée et rentrée en un contraste parfaitement saisissant avec la colère bouillonnante et ardente de Murasakibara. C'était incroyable de ressentir l'atmosphère changée aussi brutalement à la simple libération de leur colère. Celle d'Akashi était si glaçante et corrosive qu'elle semblait vous emprisonner en elle. Elle vous empêchait de bouger le moindre petit doigt, même votre respiration semblait comme suspendue tandis que votre âme se retenait de faire le moindre geste. Cependant ce dernier fit un pas vers Murasakibara puis un deuxième et après quelques mètres il le dépassa entrant le premier dans le couloir sombre le menant vers un destin semblant tout tracé. Murasakibara jeta un regard à Himuro qui acquiesça d'un signe de tête avant de le rejoindre. Tous deux s'engouffrèrent dans le bâtiment sans un regard en arrière.

Midorima n'attendit pas. Il sentit son corps bouger tout naturellement tandis que les autres se tenaient encore immobile derrière lui. Ses propres pas le menèrent jusqu'à l'ancien emplacement de la porte. Son pied droit se souleva un peu plus tandis qu'il enjambait un débris semblant s'être détaché du plafond. Il sentait sa propre colère sortir de lui. Il n'avait envie plus que d'une seule chose : croiser le regard d'Akikuzu. Il ne savait pas ce qu'il ferait le moment venu, ni même ce qu'il penserait mais en l'instant présent rien ne surplombait cette envie que de voir cet homme face à lui. Peu à peu et tandis qu'il commençait à monter les premières marches de l'escalier, Midorima effaça l'image de Takao dans sa tête. Rien n'était plus important en cet instant même que de se consacrer entièrement sur ce qu'aurait à leur dire Akikuzu.

Ils montèrent ainsi, marche par marche, étage par étage. Ne parlant pas. Entendant simplement les pas des uns et des autres résonner aussi clairement dans ces escaliers si silencieux et délabrés que des échos distincts. Le souffle de Kise, essoufflé et fatigué parvenait aux oreilles de Midorima et malgré toute l'amitié qu'il pouvait ressentir pour le blond, en l'instant il ne parvenait pas à se préoccuper de lui. Il n'y avait qu'un seul sentiment qui le guidait. La rage. À l'état brut, simple, dure et pure il n'y avait rien en ce monde, pas même un homme qui aurait pu la lui calmer. Seuls ses muscles tendus et se contractant à chaque marche qu'il montait l'empêchaient de courir jusqu'au sixième.

Ce ne fut que lorsque le dos d'Himuro s'arrêta brusquement que le vert sut qu'ils étaient finalement arrivés.

Tout sembla se passer au ralentis, il pouvait à peine entrevoir Akashi et cependant il se l'imaginait complètement. Il pouvait imaginer ses doigts blancs mais fermes saisir la poignée de la porte de l'appartement et l'ouvrir avec douceur. Le bruit de cette dernière grinçant lentement et avec sournoiserie lui parvenant calmement jusqu'aux oreilles.

Ce ne fut que lorsqu'il vit de nouveau les pieds d'Himuro se mettre de nouveau en marche qu'il sentit un souvenir lui revenir. Lui revenant aussi rapidement qu'un flash de lumière et repartant tout aussitôt.

Face à lui se trouvait le dos de Takao. Ce dernier portait fièrement son uniforme orange de Shutoku avec le nombre 10 resplendissant avec fierté le long de sa colonne vertébrale. Chacun de ses muscles faisaient bouger le tissu de manière si séduisante. Les gouttes de sueurs dues au match récemment terminé coulaient le long de l'arrière de son cou mouillant gentiment le bout de ses cheveux. Le couloir dans lequel ils se trouvaient les ramenait tous, lui et son équipe de Shutoku, vers leur vestiaire. La lumière derrière eux, créée par les projecteurs ne faisait que réchauffer leurs dos avec un sourire narquois.

- La quatrième place, hein ? Annonça Takao brisant le silence avec une voix faiblement enjouée. Je suppose qu'il fallait si attendre. Puis nous avons réellement bien joué contre la fameuse équipe de Rakuzan. Hey, Shin-chan ? Tu ne vas pas me dire que tu as mal au cœur, non ? Mais tu sais quoi… J'ai comme la sensation… Que je ne parviendrais pas à te réconforter… Dis, tu m'excuseras ?

La voix du brun s'était graduellement brisée tandis que ce dernier tentait de retenir faiblement ses larmes. Ses faibles hoquets parvinrent aux oreilles du vert et il sut que c'était à cause d'eux que la boule qu'il tentait de retenir dans sa gorge et dans ses yeux finirait par se briser.

- C'est la même chose de mon côté, après tout la défaite… C'est vraiment quelque chose de regrettable.

Midorima releva le regard. Ses pieds l'avaient transporté sans qu'il ne s'en rende compte à la suite de ses camarades. Il se trouvait dorénavant donc tout naturellement à leurs côtés. Aomine qui soutenait Kise bras dessus bras dessous, vint se placer en dernier sur sa droite. La grande pièce dans laquelle ils se trouvaient était vide à l'exception d'une simple lampe allumée reposant contre le mur à leur gauche. La pièce était spacieuse et elle le semblait sûrement car il n'y avait aucun meuble de présent. Les oppressants inévitablement chacun d'entre eux, au plus profond de leur cœur. Face à leurs yeux se trouvait l'homme de tous leurs maux.

La rencontre tant attendue commençait finalement.

Ce dernier se trouvait au fond de la pièce adossé aux portes vitrées faisant guise de fenêtres. Dans sa bouche, une cigarette libérait une fumée emplissant l'air d'une odeur désagréable et oppressante. Akikuzu commença à rire doucement tandis que le silence entre les deux groupes se prolongeait.

- Je savais que vous finiriez par venir et pour tout vous dire vous ne me décevez pas… D'ailleurs vous ne m'avez jamais réellement déçu…

- Où est Kuroko ? Le coupa Akashi.

- Quelque part. Se moqua le drogué. Quelque part au Japon, quelque part dans cette ville. Peut-être à l'hôpital, qui sait ?

- Espèce de connard ! S'écria Kagami.

- Oh salut, toi. Ria l'homme en agitant la main vers le rouge de Seirin. Ça fait un bail qu'on s'est pas vus !

- Hein ? S'exclama Kagami surprit.

- Sérieux, tu ne te souviens pas de moi ? S'indigna faussement Akikuzu. Pourtant, notre match de basket à l'époque t'avait bien plu. Tu ne te rappelles pas de ce tournoi de street basket au collège ? Non, sérieusement ? Tu as dû te demander pourquoi je t'impliquais dans tout ça alors ! Nos deux équipes se sont retrouvées en finale et à la fin l'une de nos deux équipes aurait dû gagner un gros paquet d'argent. Mais tu es arrivé avec tes gros pieds et tu as tout fait foirer, j'ai perdu deux mille euros cette fois-là à cause de toi ! J'étais tellement en manque de « E » que j'ai dû voler de l'argent pour pouvoir m'acheter ma dose, et tu sais quoi ? On m'a foutu en prison juste après que je me sois fait chopper par ces connards de policiers !

Midorima lança un regard à Kagami pour analyser ses réactions. Le garçon fronçait des sourcils et semblait tout aussi surpris que ses amis. Visiblement il ne s'en rappelait pas. Ce qui n'avait clairement rien d'étonnant. L'homme face à eux était complètement fou.

- Laisse-le tranquille. Répliqua froidement Akashi à Akikuzu. Je vais me répéter mais dis-moi tout de suite où se trouve Kuroko.

- AH AH AH AH AH ! T'es vraiment comme ton connard de daron toi, toujours à donner des ordres et à croire que tout le monde va t'obéir ! Tu crois quoi ? Je ne suis pas ta pute, moi ! C'est toi la salope dans toute cette histoire !

C'est alors que Midorima sursauta. Tout se fit et se réalisa si précipitamment et rapidement que son corps recula de lui-même de quelques pas et que ses bras protégèrent son visage avant même que son esprit ne se rende compte de ce qu'il se passait. Akashi avait plongé sa main à une vitesse hallucinante dans l'une des poches de sa veste et en avait ressorti une arme à feu qu'il pointait maintenant sans une once d'hésitation, doigt sur la détente, en direction d'Akikuzu. Un coup de tonnerre retentit avec force dans toute la pièce. Le bruit du verre qui se brise résonna juste après, semblant avoir un temps de retard. Les cris de surprise de ses camarades ne semblèrent parvenir jusqu'aux oreilles du rouge. Ses pupilles hétérochromes fixaient avec colère l'homme se trouvant face à lui. Ce dernier avait lâché sa cigarette qui s'était écrasée à terre.

- Dis-moi où se trouve KUROKO ! S'écria Akashi dans une folie que Midorima ne lui avait encore jamais vu.

- Akashi, putain baisse cette arme ! S'exclama Aomine. On va trouver un moyen de retrouver Kuroko ! On va le tabasser ce mec, je te le jure ! Mais…

- Akashi, tenta aussi Midorima, surtout n'appuie pas sur cette gâchette. Si tu le tues comme ça c'est directement la prison ! On n'a pas besoin de ça en ce moment Akashi !

- De toute manière, c'est que de la parlote tout ce que tu fais. Je le sais. Se vanta Akikuzu.

Le second coup de tonnerre partit sans une once d'hésitation. Toutes les personnes dans la pièce, mis à part le détenteur de l'arme, eurent un mouvement de recul et de protection. La balle partit à une allure hallucinante, se propageant dans l'air à l'aide d'un mouvement rotatif avant de se loger tout naturellement dans l'épaule de l'homme face à eux. Ce dernier émit un cri qui résonna dans tout l'appartement tandis qu'il s'effondrait à terre. Sa main vint se placer instantanément sur sa blessure, faisant s'écouler le sang le long de ses longs doigts squelettiques et jaunâtres. La scène semblait complètement irréelle.

- AKASHI ! S'écria Midorima. Akashi, calme-toi !

- NE DEVIENS PAS UN MEURTRIER AKASHICCHI ! Continua Kise tandis que des larmes commençaient à couler le long de son visage.

- PUTAINNN ! Hurla Akikuzu tandis que la douleur le tétanisait à terre.

- Il ne nous entend plus… Marmonna Midorima. Merde, il a complètement perdu les pédales. Merde, AKASHI !

Le vert ne commençait à prendre conscience de l'état d'Akashi qu'à l'instant même. Depuis le début de toute cette histoire le rouge avait refoulé ses propres sentiments au plus profond de lui pour placer ceux de ses amis en première place. Il avait tenté de tout diriger échouant à chaque nouvelle victime. Il avait cru pouvoir protéger chacun d'entre eux échouant misérablement. Ça l'avait détruit. Midorima savait que chacun d'entre eux s'étaient toujours inconsciemment reposés sur le rouge, se convaincant que ce serait ce dernier qui parviendrait à régler toute cette histoire. Chacun d'entre eux s'étaient tellement reposés sur le rouge qu'ils n'avaient même pas pris conscience de toute la pression qu'ils avaient pu placer sur ses épaules.

Des larmes apparurent dans les yeux de Midorima et ce dernier se traita intérieurement d'idiot. Comment n'avait-il pas pu voir tous ces signes avant-coureurs ? Akashi avait un esprit des plus fragiles, sa double personnalité en était une démonstration bien plus que satisfaisante. Il n'y avait pas seulement eu la bombe posée à l'hôpital mais aussi le kidnapping de Kuroko. Pourquoi Midorima n'avait-il pas soulagé la pression des épaules d'Akashi comme l'avait fait ce dernier après la première agression de Takao ? Akashi n'avait cessé de se replier sur lui-même au fur et à mesure que les jours passaient et que cette histoire s'écoulait dans la douleur et dans le sang.

Le nouvel hurlement de douleur d'Akikuzu força le vert à se concentrer de nouveau sur la réalité face à lui.

Soudain il vit une ombre se détacher d'un couloir latéral au niveau du mur de droite, qu'il avait ignoré jusque-là. Akashi qui tenait toujours l'arme vers Akikuzu le remarqua aussi et tourna lentement son regard dérangeant vers cette dite ombre. Deux silhouettes se détachèrent lentement de la pénombre, tandis que la lampe éclairait leurs contours faiblement. Ce ne fut qu'une fois qu'ils eurent quitté le couloir que Midorima put distinguer les deux personnages.

La première personne qu'il reconnut fut Kuroko. Ce dernier tentait de se débattre tandis que l'homme derrière lui le retenait par son col de robe de chambre d'hôpital. Le bleuté était pieds nus, des marques dû à ses viols précédents et à son agression étaient clairement visibles. Cependant le vert ne remarqua aucune nouvelle blessure. Les seules marques nouvelles étaient celles se trouvant au niveau de ses poignets. Et aussi naïf que cela puisse paraître il en fut soulagé.

- Lâchez-moi ! S'énerva-t-il. Lâchez-moi !

L'homme le tenant par le col ricana à sa requête cependant sans y accéder. Habillé dans un costume chic et noir, il semblait être totalement inapproprié à la scène se passant face à lui. Les adolescents fatigués et salis sur sa droite ainsi que le drogué à sa gauche semblaient peindre un monde complètement opposé et différent au sien.

Doucement Midorima déglutit tandis qu'il fixait l'homme affichant un grand sourire. Un creux dans son ventre se forma et sans qu'il ne sache ni comment ni pourquoi, il sentit ses jambes défaillirent sous lui. Il s'écrasa au sol, se retenant in extremis grâce aux paumes de ses mains. Tout son corps tremblait, comme des convulsions incontrôlables. Il avait la sensation de ne plus être maître de sa propre matière.

- Midorimacchi ?! S'inquiéta Kise en feignant un pas vers lui.

Le vert sentit des larmes lui monter aux yeux et il ignora le blond relevant le visage vers son ancien capitaine. Ce dernier avait ouvert ses yeux si grandement que la surprise pouvait très clairement se lire sur son visage. Le joueur de Shutoku tourna de nouveau son regard vers l'homme en costard cravate. Tout son corps tremblait à le voir, au fond de lui il sentait qu'il savait qui était cet homme. Pourtant dans son esprit il n'y avait rien d'autre que le blanc le plus total. Comme si son cerveau fonctionnait assidûment pour qu'il ne récupère pas ce souvenir précis. Comme si par ce moyen il tentait de le protéger à sa manière grâce à cette amnésie malvenue.

- Alors vous me reconnaissez les enfants ? Demanda l'homme en obligeant Kuroko à s'agenouiller à terre.

Midorima sentit le son de sa respiration s'accélérer tandis qu'il sentait la réponse parvenir à percer les défenses de son esprit. Peu à peu il comprenait que tout cela ne prévoyait absolument rien de bon pour le futur qui les attendait dans les minutes à venir.

- Vous êtes… Murmura Akashi.

Midorima ne pouvait voir le visage du rouge mais cependant il entendait sa voix se briser un peu plus. Fébrile et tremblante il pouvait presque s'imaginer le rouge en train de pleurer.

- Vous êtes le directeur de l'hôpital…

L'homme leur offrit un sourire paternel qui gela le sang de chacun des adolescents dans la pièce.