Depuis le soir où j'avais recueilli Barty Croupton jr jusqu'à l'arrivée du Poudlard Express à la gare, seule neuf jours s'étaient écoulés mais, pour moi, ça avait duré l'équivalent d'un mois.
Prendre soin de lui était pire que chronophage prendre de la nourriture dans les cuisines, lui donner la becquée, lui brosser les dents, changer ses vêtements, le laver et pire... et franchement, je ne voulais plus voir un homme nu de ma vie !
Bon heureusement pour moi, les Jumeaux m'avaient donnée des vieux T-shirts ainsi qu'un pantalon... Au moins, ça me permettait de faire un roulement avec les vêtements qu'il portait quand il se faisait passer pour Maugrey... Je ne donnai pas cher de mes résultats aux examens...
Mais bon, c'était le moment de préparer mes valises tous mes ingrédients, outils et vêtements de sorciers furent mis dans ma valise, ainsi que ceux de Barty.
- « Hey ! » dit soudainement une voix derrière moi les Jumeaux.
- « Ah, salut. » dis-je en refermant une boîte de fioles en cristal. « Vous allez louper le train... »
- « Toi aussi... » répondit Fred.
- « Non, avec Barty, ce ne serait pas prudent... je partirai ce soir les Moldus ne nous verrons pas comme ça... » expliquai-je en soulevant Barty grâce à un Wingardum Leviosa, le temps de faire mon lit.
- « Ok... » dit-il.
- « Ah, au fait il est a toi ce balai ? » demanda George l'air intrigué.
- « Je dirais plutôt qu'il est de moi... » répondis-je en reposant Barty.
- « Tu sais fabriquer des balais ? » s'étonna-t-il, le sourire aux lèvres j'acquiesçai.
- « D'ailleurs, je dois livrer celui-là... » dis-je en emportant un parchemin avec.
- « Et c'est pour quoi ça ? » demanda Fred en pointant le le papier du doigt.
- « Les références du balai et mes coordonnées au cas où il y aurait un problème. » répondis-je en me dirigeant vers le bateau de Durmstrang j'avais de la chance, ils n'étaient pas encore partis.
- « Krum ! » appelai-je en descendant vers la berge il se retourna.
- « Tu es la fille de la bibliothèque ? »
- « C'est ça » dis-je en arrivant à son niveau. « Tiens. » dis-je en lui tendant le balai par son manche.
- « J'ai rien pourrrr sign- »
- « Non, c'est juste un cadeau d'adieu. » dis-je en reculant d'un pas. « Ah ! Et si y'a des problèmes avec là j'ai les références et s'ils persistes, suffit juste de me le renvoyer je rembourserais l'envoie. » expliquai-je en lui remettant le parchemin.
- « Euh... merrrci... ? » dit-il visiblement déstabilise je haussai les épaules et tournai les talons en direction du château.
- « Tu sais qu'il a déjà le béguin pour Hermione ? » rit Fred en me donnant une tape sur l'épaule.
- « Ah ! Mince, j'avais loupé ce détail. » dis-je, sarcastique avant de regarder l'heure sur ma montre. « Allez, dépêchez-vous vous allez louper le train ! » m'exclamai-je en les poussant tous deux vers la gare.
Je les regardai descendre vers la gare de Pré-au-lard en courant pendant un moment, avant de retourner à l'entrepôt pour voir s'il n'avait pas fait de bêtise en mon absence. Après ça, je fis un crochet aux cuisines où les elfes de maison furent suffisamment aimables pour me donner quelques provisions dans un sac.
Le soir arriva bientôt et, après avoir envoyé Badiane à la maison, j'habillai Barty le plus chaudement possible et pris grand soin à fermer sa veste pour que le vent ne s'y engouffre pas. Aussi, je jetai un sort d'extension indétectable sur ses poches et y mis les valises.
L'étape suivante consista lui mettre les vieille lunettes de moto et finalement, à l'attacher à mon pour être sûre qu'il ne se laisserait pas tomber. Je passai donc une sangle dans son dos en passant sous ses bras, et passant sur mon torse il me faudrait certainement un système plus poussé pour les prochaine fois... comme un harnais... mais pour le moment, c'était tout ce que j'avais.
Une fois transformée, je vérifiai qu'il soit bien en place et rectifiai le tout du bout du museau avant de me mettre en marche. Je ne voulus pas aller trop vite ni faire trop de remous, alors je décidai de m'envoler d'un point déjà élever ?
Là, je me ramassai sur moi même puis bondis en déployant mes ailes. Le vent du soir était agréablement frais et sec... mais ma capacité à apprécier cela était constamment mise en pause à cause de la peur d'oublier que j'avais quelqu'un sur le dos... quelqu'un de presque mort et d'important...
Nous survolâmes les toits de Londres dans les alentours de minuit et à l'appartement une quinzaine de minutes plus tard. Là, je m'arrêtai dans une ruelle, me retransformai en humain puis, portai Barty jusqu'à la porte principale.
Là, je sortis mes clefs, ouvris et entrai avant de voir que les escaliers m'attendaient. Je ne pouvais pas utiliser la magie ici alors, prenant sur moi et ma fatigue, je montai les marches une à une, forçant les pieds de Barty à avancer.
Là où j'avais dévalé les escaliers en moins de trente secondes, courus pour mettre la table et manger de bons plats... là où il y avait toujours eu quelqu'un pour ouvrir la porte... à présent, il n'y avait rien... pas l'odeur du bouillon sur le feu, ni les faibles ronflements de grand-mère... juste la poussière qui m'irritait le nez et les miaulements des chats en train de se battre...
- « Bienvenue à la maison... » murmurai-je, un peu amère. Je refermai la porte derrière moi et fis marcher Barty jusqu'au fauteuil où je l'assis, le temps de prendre les valises, les défaire et changer les draps des lits. Après ça, je pris mon mal en patience, ravalai ma fierté et m'occupai de la toilette du jeune Croupton avant de le coucher dans le lit qui avait été le mien.
- « J'espère vraiment que vous pouvez dormir... » murmurai-je en relevant le drap sur lui puis fermai ses yeux manuellement c'était vraiment dérangeant de le voir coucher avec les yeux fixés au plafond. Après ça, je partis me brosser les dents et me couchai et demain matin, sept heures.
Le lendemain, j'ouvris les volets et commençai à passer le balai, jetai les plantes qui avaient dépéri.
Soudain, on sonna à la porte j'y allai, regardai par le judas et, quand le visage de la concierge fut clairement visible, j'ouvris la porte.
- « Oui ? » demandai-je en tenant la porte entre-ouverte.
- « Ah ! Ma petite Liz... euh... je voulais... juste savoir si tout allait bien... je veux dire, on ne vous a pas vu depuis près d'un an... » dit-elle avec un sourire gêné mais bienveillant.
- « Grand-mère est morte. » répondis-je simplement je n'avais pas le cœur à adoucir la vérité... Elle resta interdite.
- « Elle est- mais je ne savais pas... depuis combien de temps ? » demanda-t-elle les yeux encore écarquillés.
- « En décembre une asphyxie dans son coma... » dis-je d'un ton amer une asphyxie nommée Pettigrow...
- « son coma ?! » s'exclama la vieille dame.
- « Elle a fait un AVC. » répondis-je simplement.
- « Mais tu- »
- « Ça va. »
Je savais que ce n'était pas vraiment convenable d'être aussi cassante avec elle... mais le monde extérieur était comme ça je ne pouvais pas le changer, alors autant s'y préparer.
- « Écoute.. s-si tu veux passer de temps à autre... discuter... » proposa-t-elle en posant une main sur mon épaule mais un sentiment de malaise me pris.
- « C'est très gentil... mais ça ira.. merci. » dis-je précipitamment ma main crispée sur la porte.
- « Oui... alors... à bientôt. » dit-elle en enlevant sa main. J'attendis qu'elle s'éloigne, mais la suivi du regard jusqu'à ce qu'elle disparaisse derrière la paroi qui séparait le palier de la cage d'escalier. Il y avait quelque chose d'étrange elle n'avait jamais apprécié ma grand-mère... elles n'avaient jamais parlé ensemble pendant trop longtemps...
- « Mince Barty ! » me dis-je en me précipitant vers ma chambre il n'avait pas bougé de là, mais ses yeux étaient ouverts. Rassurée, j'allai à la fenêtre, ouvris les volets et m'attardai un peu devant la fenêtre... 'tu deviens parano...' me dis-je en retournant au près de lui.
Je le sortis du lit et l'amenai à la salle de bain... tout ce que j'espérai, c'était qu'aucun professeur... et certainement pas Rogue, ne s'invite à ce moment là... Bon, heureusement pour moi, il pouvait tenir debout tout seul.. mais pour le bouger, c'était une autre paire de manches.
Enfin, après quelques jours passés à m'occuper de lui, je m'étais rendue compte que, comme lorsqu'on tombe en avant, ou que quelque chose arrivait vite dans sa direction, il avait des réactions... basiques. Une jambe qui partait en avant quand il commençait à tomber en avant, une main qui se levait faiblement pour retomber de suite après... ses réflexes semblaient ne pas avoir été affectés par le baiser...
Le must, aurait été de pouvoir lui jeter un Imperium pour le faire bouger plus facilement... mais je devais attendre au moins mes dix-sept ans pour être libérée de la Trace... je ne pouvais pas laisser le Ministère m'enfermer à Azkaban... et encore moins partir à ma poursuite surtout avec Barty...
Ses souvenirs étaient plus précieux que tout... je ne pouvais que prendre mon mal en patience... pour le moment.
Le mois d'Août arriva rapidement, et avec ça, j'eus de plus en plus l'impression que quelque chose clochait avec les gens autour de moi. J'avais donc pris l'habitude de regarder ma Glace à l'ennemi... mais elle restait désespérément calme... et, même si c'était une bonne chose, le fait de voir cette marque devenir de plus en plus nette et cette sensation d'être épiée... j'aurais vraiment préféré voir quelqu'un dans cette glace... au moins pour avoir une bonne raison de penser que je n'étais pas en train de devenir folle.
Mais le trois, je reçus une lettre des Jumeaux apportée par une chouette effraie à laquelle j'avais offert un peu d'eau et une friandise Badiane ne sembla pas s'en soucier.
Salut Lizzy,
Avec George, on se disait qu'on pourrait passer un de ces jours, mais notre mère veut qu'on reste en place. C'est dommage, on aimerait bien voir à quoi ressemble ta maison.
Bref, on voudrait te faire entrer dans un club. Tu sais, ils veulent faire la même chose que nous alors on se demandait si tu accepterais qu'on y ajoute également Barny ?
On espère te voir bientôt.
P.S. On est à la recherche d'un local pour notre projet de farces et attrape si tu veux, on te fera une place dans la boutique.
Ça ne présageait rien de bon.
Salut les garçons (je vous ais répété cent fois de ne pas m'appeler Lizzy!),
Pour le local je verrai plus tard, en ce moment, Barny ne se sent pas très bien. Il ne dort plus et refuse de sortir... donc, si c'était possible, j'aimerais bien connaître le nom de ceux qui sont dans ce club.
D'en l'attente,
Cordialement.
J'envoyai cette lettre par la même chouette et attendis la réponse. J'avais bien compris qu'ils voulaient mettre d'autres personnes comme Potter et Dumbledore dans la confidence... mais je supposais que ce 'groupe' n'était pas constitué que de quatre personnes... et je voulais être sûre que tous soient dignes de confiance je ne pouvais pas risquer d'être découverte avec un Mangemort chez moi... et encore moins si Fudge avait dans l'idée de détruire toutes les preuves du retour de Voldemort.
Un jour plus tard, la réponse arriva, mais cette fois-ci, avec un hiboux minuscule qui passait son temps à tourner en rond en hululant.
On a pas le droit de donner les noms à ceux qui sont pas encore dans le club.
Un peu déconcertée, je me dis que, d'un côté ils avaient raison de ne rien dire... mais d'un autre côté, je ne pouvais juste pas me laisser berner une nouvelle fois je ne pouvais juste pas donner ma confiance immédiate à des personnes que je ne connaissais pas !
C'est non.
J'envoyai cette réponse et, depuis ce jour là, je ne reçu plus la moindre nouvelle... mais plus les jours passaient, et plus j'avais l'impression que les gens autour de moi étaient étranges... surtout ceux que je connaissais depuis longtemps.. mais c'était peut-être moi. J'avais passé plus d'un an complet entouré de sorcier dont un Mangemort fou imitant un ex-Auror paranoïaque... je devrais penser à mieux choisir mes fréquentations.
La fin du mois d'août arriva lentement, trop lentement... et pas un seul article de la Gazette du Sorcier ne parlait du retour de Voldemort...
- « Fudge met vraiment le paquet... » vociférai-je en frottant le dos de Barty avec un gant de toilette. « ce qui faudrait, ce serait un truc pour l'obliger à ce secouer les puces. » grognai-je en passant à ses bras. « Oui, ce qu'il fallait, c'était un symbole que tous reconnaîtrait... quelque chose de voyant qui ne pourrait pas être confondu avec autre cho- » marmonnai-je en tournant son bras pour en nettoyer l'intérieur.
Serpentant sur son avant bras, la Marque des Ténèbres était toujours aussi visible sur sa peau blafarde...
- « Barty. » dis-je en relevant les yeux vers son visage impassible, un rictus aux lèvres. « T'avais raison je pense comme l'ennemi. »
Ce soir là, quand Barty fut enfin couché, je sortis et allait tout droit au Chaudron Baveur où se trouvaient des sorciers un peu éméchés. La salle état plutôt remplie plusieurs avaient leurs baguettes dans leur poche. Les mains dans les poches, je m'approchai d'un groupe en faisant mine de vouloir atteindre l'autre côté de la salle et bousculai deux trois personnes.
- « Hey ! Regarde où tu vas mon garçon ! » grogna l'un d'eux je me figeai un instant. Il m'avait appelée comment ?
- « Je suis désolée, vraiment... » dis-je un peu gênée il fit alors une drôle de tête mais continua à discuter avec les autres. Pour paraître moins suspecte, je continuai, allai au Chemin de Traverse, puis dans l'allée des Embrumes et sortis un peu plus loin avant de retourner à l'appartement, un rictus aux lèvres ma baguette de remplacement.
Pendant les jours qui suivirent, je m'entraînai à lancer des sorts avec cette baguette du plus simple au plus complexe. Il me fallut pas moins de deux semaines pour lancer un Aguamenti convenable ou même me transformer en Sombral j'avais eu de la chance avec cette baguette en ébène.
Un soir, je sortis et me perchai sur le toit plat d'un immeuble. Là, je tentai tout d'abord un sort direct... mais rien ne sortit... il devait forcément y avoir quelque chose...
- « C'était pas un serpent que Ma-Barty avait dessiné... ? » marmonnai-je en repensant à la fois où il avait dessiné la marque pour m'expliquer ce que c'était.
Avec ça en tête, j'essayai une nouvelle fois, en imitant les mouvements d'un serpent avec cette baguette, de lancer un Morsmordre... mais rien à faire seuls quelques nuages de fumé verte sortaient... mais je ne me laissai pas démonter et, tentai de me souvenir de la Marque sur le bras de Barty... après tout, elles avaient le même 'inventeur' et se ressemblaient beaucoup...
Je me levai donc et me concentrai sur une image mentale de la forme épurée de ce serpent qui sortait d'un crâne. Du bout de la baguette, je traçai le corps du serpent et, à l'endroit où ses anneaux était sensés passer derrière le crâne, je criai l'incantation.
Là, un éclair blanc verdâtre traversa le ciel mais rien n'apparut. Je refis donc la même chose, mais m'arrêtai plus loin dans mon dessin mental il n'apparut même pas il fallait s'arrêter juste avant... ?
Fermant les yeux, je me concentrai une fois de plus sur ce dessin, traçant une sorte de huit mais, juste avant qu'il ne se 'ferme', je prononçai l'incantation cette fois-ci, un éclair d'un vert bien plus intense fonça vers le ciel qui, en quelques secondes, fut illuminé par un crâne, dont un serpent sortait de la bouche...
Cependant, je ne pouvais pas me permettre de rester là trop longtemps et, après m'être transformée, j'embarquai la baguette et m'envolai dans le ciel vers des ruelles plus sombres où je repris forme humaine. En rentrant chez moi, je vis avec une sorte de fierté le fruit de mon travail, mais en quelques minutes seulement, la marque, déjà peu lumineuse, se dissipa.
- « Et que dîtes-vous de ça monsieur le Ministre, hein ? » ris-je à voix basse en arpentant les rues jusque chez moi.
Une semaine plus tard, aucun article ne parla ne serait-ce que d'une tête de mort !
- « Enflure ! » criai-je en tapant du poing contre la table de la cuisine mais j'avais encore trois jours avant de recevoir ma lettre pour les fournitures de l'année prochaine et je savais exactement comment se terminerait ma nuit.
Il y avait bon nombre de maisons vides dont les occupants étaient encore en vacances... les Moldus... j'y mis le feu. Puis, au dessus, comme quatorze ans auparavant, la Marque se dessina dans la ciel, plus brillante cette fois-ci tous la verraient. Même ceux qui n'y croient pas !
