Ce texte a été écrit pour la trente-deuxième nuit d'écriture du Forum Francophone en réponse au thème « Impression ».
Disclamer : L'univers HP appartient à JK Rowling
Son : Cigarette Duets – Princess Chelsea
OS 29 : Faute d'impression
« Quand l'oiseau est près de mourir, son chant devient triste : quand l'homme est près de mourir, ses paroles portent l'empreinte de la vertu… » Confucius
Albus Percival Wulfric Brian Dumbledore : « […] J'ai cependant la conviction que la vérité est généralement préférable au mensonge et que toute tentative de faire croire que Cédric est mort des suites d'un accident, ou à cause d'une erreur qu'il aurait commise, serait une insulte à sa mémoire »
Je ne me souvenais pas que le monde avait cette couleur, tout est si sombre, si humide… les croix côtoient les tombeaux…
Je n'ignore pas l'ironie de la chose, Maman, je suis mort dans un cimetière.
J'entends encore Potter crier pourtant mon regard ne peut quitter le corps qui repose au sol, tête dans la boue, pathétique, jusqu'au bout. Tout de jaune et noir vêtu, c'est mon corps de Poufsouffle qui traine entre deux tombes…
Qu'allez-vous faire, maintenant ? Papa voulait que je répare l'étagère du cellier, mais je n'ai pas eu le temps, tu devrais lui apprendre à tenir un marteau, Maman.
J'ai de plus en plus de mal à figer mes pensées, elles oscillent sans cesse entre passé et présent, je pense à ma mère et aussitôt le Quidditch prend sa place. J'espère qu'ils m'enterreront avec mon balai… J'espère qu'ils pourront m'enterrer… Bon dieu, Potter, si tu t'en sors, t'as intérêt à ramener mon corps !
J'ai vraiment envie d'une tarte au potiron… quelle idée d'avoir boudé la dernière parce que Maman m'avait disputé pour une broutille… Réaction adolescente stupide, je veux du potiron ! Rendez-moi mon corps, juste pour la tarte, ensuite, promis, je vous le laisse ! Hmmh, cette effluve…
Il y a de l'activité là-bas. Un gros chaudron et un type assez effrayant, il tient son bras comme on chérirait un trésor. Je crois que Potter souffre, mais je n'arrive pas à m'éloigner de mon enveloppe charnelle. Je ne pensais que c'était aussi long de mourir… Il y a une ombre qui se dresse dans le récipient noir, j'aimerais dire qu'elle me fait froid dans le dos, mais je ne ressens plus rien… pas même le souffle de vent qui agite les cheveux de ma carcasse.
Est-ce que je t'ai remerciée pour avoir reprisé mes chaussettes, Maman ?
Ma carcasse… même l'appellation me laisse de marbre. Rendez-moi mes émotions, rendez-moi ma vie. Tout est de ta faute, Potter ! Pourquoi a-t-il fallu que tu joues les grands seigneurs ? Tu ne pouvais pas te contenter de chopper ce trophée et de filer vers ton destin ? Non, il fallait que Môsieur m'embarque dans ces histoires…. Je veux rentrer à la maison maintenant, fichez-moi la paix.
Oh Cho, ton corps de ballerine, ton cœur de princesse… J'aimerais te serrer contre moi, comme lorsqu'on dansait tous les deux. Lorsque tes cheveux noirs volaient et caressaient mon nez avec leur odeur de fenouil. J'ai toujours aimé le fenouil…
Je crois qu'il se passe des choses là-bas mais le brouillard s'intensifie et j'ai de plus en plus de mal à discerner les choses qui m'entourent… le monde qui m'entoure… oh, merlin ! Je crois que ce n'est pas la brume qui se ramène, c'est ma vie qui file et défile… Je ne comprends pas la mort, comment ça marche ? C'est quoi cette histoire ? Personne ne m'a jamais parlé de cette brume ? Où est la lumière au bout du tunnel ? Je veux une mort normale, offrez-moi une mort normal !
Maman ? Maman ? Tu veux bien pousser la balançoire ? Plus fort ! Que je m'envole comme sur mon balai ! Je veux voir les étoiles !
« C'est bientôt à nous de jouer. »
Qui a dit ça ? Qui a parlé ? Il y a une lumière, je crois qu'on m'attire. Qu'est-ce qu'il se passe ? La brume disparaît, Potter se bat avec un type. Qu'est-ce qu'il se passe bon sang ? Que quelqu'un m'aide !
« Calme-toi, mon garçon. Nous devons aider Harry. »
Je voudrais sentir la peur dans mes veines, l'angoisse dans mon cœur mais je ne sens plus rien. Pourtant mes pensées s'agitent. Qui parle ? Je me retourne. Mon corps est derrière moi, maintenant. Je n'avais pas eu l'impression d'avancer pourtant. Il y a un homme, une femme, un vieillard…. Ils ont l'air doux… qui sont-ils ? Je veux m'approcher. Le brun ouvre la bouche.
« Nous allons aider Harry. »
Soudain, il change d'interlocuteur. Je me retourne, il parle avec Potter. Comment ? Pourquoi ? ne suis-je pas mort ? Oh, diable, je voulais vraiment une mort normale…
Maman ? Maman ? Il fait nuit, ici ? Maman, embrasses-moi !
Harry me regarde, je crois qu'il attend quelque chose. Je me retourne, je regarde ma carcasse. « Harry, ramène mon corps, s'il te plaît. Ramène mon corps auprès de mes parents… » Son regard s'écarquille, est-ce que j'ai parlé à voix haute ? Comment ai-je fait ça ? Une force me tire, j'ai l'impression qu'on puise au fond de mon cœur, ça fait mal, oui, non, je ne sais plus… Passé, présent, tout se mêle…
Maman, maman, regarde-moi, maman, comme tu es belle, maman, je t'aime
Alors c'est comme ça ? La vie qui défile devant nos yeux ? Oh, c'est plus sombre…
Quidditch, Cho, Potter, Papa, Fenouil, Potiron, Maman, Quidditch, Cho, Potter, Papa, Fenouil, Potiron, Maman… Oh ! Cet impression !
Ca faisait longtemps, pas vrai ?
Lenou
