High Anxiety (Edwardsbloodtype)

Traduction autorisée

Disclaimer: tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer et l'histoire en version originale à Edwardsbloodtype.

Rappel : cette fic est classé M, il y est décrit de façon explicite d'usage de drogue et de consommation d'alcool par des mineurs et de sexe.


Contente de vous retrouver pour ce nouveau chapitre. J'espère avoir répondu à toutes celles qui m'ont laissé une review et je les remercie encore chaleureusement. Merci aussi à celles qui n'ont pas de compte Vanina, Dian4a, Mia, Nodame, Melanie, Mylene et bienvenue aux nouvelles lectrices. Qu'est-il arrivé à Bella? Que compte faire Edward? Les réponses à vos questions c'est là tout de suite.

Ah oui, c'est Edwardsbloodtype l'auteur de la fic, Pomme d'Amour l'instigatrice de la traduction et Space Bound Rocket qui me relit, par contre les fautes, les erreurs glissées dans ce chapitre sont à moi...

Chapter 28~ Loophole

(échappatoire)

Check Yes Juliet~ We the Kings

~Bella~

Edward avait absolument raison, à cent dix pour cent.

J'avais finalement compris pourquoi il ne m'avait jamais embrassée en secret et pourquoi il était aussi catégorique à maintenir notre relation si chaste. C'était immensément addictif et comme j'aimais, j'aimais, j'aimais l'embrasser plus que tout au monde (plus que mes bottes de marque et les trucs roses pailletés,) je voulais plus de lui. Au début je me trouvais horrible de lui faire cette mine Je veux que tu m'embrasses tout de suite, parce qu'il essayait de son mieux de résister, mes pouvoirs de femme séductrice étaient trop irrésistibles pour lui. Je jubilais secrètement de savoir que j'avais cette capacité de le faire tomber à mes pieds.

Je le faisais, malgré l'immense sentiment de culpabilité de jouer avec ses hormones d'adolescent et de briser la règle "seulement pour les occasions spéciales" bien plus qu'une fois. Je m'assurai toujours que c'était dans des lieux où nous ne risquions pas d'être vus et s'il voulait vraiment dire non, il pouvait, et je mettais un point d'honneur à ne pas le laisser se sentir mal de me le refuser.

Nous nous étions rapprochés et rapprochés physiquement et émotionnellement, expérimentant avec nos limitations sexuelles et contournant le non-toucher de façon assez ingénieuse. Nous avions essayé le pénis étincelant et c'était ok... pas aussi terrible que je m'y attendais une fois à l'intérieur, mais pas tout à fait aussi fracassant que je l'avais espéré. Mais quand lui était aux commandes, c'était foutrement in-croy-able! Je l'avais essayé seule à plusieurs reprises, mais ce n'était pas pareil sans Edward se masturbant là. Je préférais sa présence et sa sale bouche m'exhortant à venir.

Je pense qu'il était tout à fait possible que j'aie quelques désirs sexuels déviants refoulés ou peut-être que j'avais été une sorte d'esclave sexuelle perverse dans une vie antérieure, parce que j'aimais bien les merdes bizarres... godemichets et vibrateurs, le porno et voir Edward décharger et même... ouais même quand accidentellement il répandait son sperme sur moi... c'était hot.

Mais le baiser... c'était difficile de m'arrêter quand je trouvais si naturel de le faire. En particulier au moment de dire bonjour et au revoir. C'était mardi et nous étions sur le parking de l'école. Il alluma une cigarette et la porta à mes lèvres, ce qui me donna des frissons et j'avais absolument aimé l'intimité de ce geste. Il m'avait demandé si je voulais aller faire les magasins pendant qu'il serait à sa séance, mais j'avais décliné parce que j'avais une tonne de devoirs en Espagnol et je savais qu'Emmett pourrait m'appeler pour avoir les réponses sur certains points.

J'avais une envie folle de poulet au parmesan, aussi je dis à Edward que j'allais acheter les ingrédients en ville pendant qu'il serait à sa thérapie et que je pourrais lui apprendre comment le faire dès qu'il serait de retour. Je jure que c'était comme le jour de Noël pour lui. Ses yeux brillaient et il avait le plus doux des sourires sur son visage. C'était triste aussi en quelque sorte, parce que la plus simple des choses le rendait heureux.

La radio allumée et l'épicerie derrière moi, j'étais en train de mordre dans le reste de mon pain italien quand mon père appela.

«Bells? Où es-tu?" Sa voix était troublée.

Je pris un morceau de pain, l'enfournant à pleine bouche. "Je chuis sur le chemin du retour de l'épicherie. Viens-tu diner? Edward et moi faichons un poulet au parmechan." De petits morceaux de croute s'échappèrent de ma bouche, atterrissant sur le volant. Dieu merci Edward n'était pas là. Il aurait eu une foutue attaque et aurait vite enlevé tout ça avec son mini Dustbuster. Sérieusement... il en garde un dans sa voiture qui se branche sur son allume-cigare.

Charlie émit un bruit qui ressemblait à un sifflement. "Es-tu avec lui là maintenant?"

"Non," répondis-je septique, éteignant la radio et avalant mon pain. "Il est à un rendez-vous. Pourquoi?" Quel est le problème?

Il soupira. "Écoute-moi très attentivement. S'il te plait ne pose pas de question. Je promets que je t'expliquerai ça en détail une fois que tu seras là, mais Honey je veux que tu ailles à la maison, fais un sac avec assez de vêtements pour une semaine et prends ton certificat de naissance. Tu sais où il est n'est-ce pas?"

"Ouais P'pa, il est dans le tiroir de mon bureau." J'en avais eu besoin pour m'inscrire à l'école, et l'avais rangé dans une enveloppe avec d'autres papiers importants dans mon bureau. "Que diable se passe-t-il? Tu me fais peur."

Il y eut un son de papiers froissés en fond. Il était probablement dans sa voiture. "Rien de quoi être alarmé. C'est juste une affaire sérieuse sur laquelle je travaille et j'ai besoin que tu sois avec moi où je te saurai en sécurité."

"En sécurité? P'pa, je peux aller chez Edward, je serai en sécurité avec quatre hommes..."

"Bella!" dit-il hargneusement, me surprenant. "Veux-tu s'il te plait faire ce que je te demande sans me rendre ça difficile? Nom de Dieu!"

"Mince, Papa. Ça va. Je serai là dans quatre heures environ."

"Bella, non. Je te veux ici dans trois heures et demi maximum. Prends tes affaires avec toi et pars immédiatement, tu as compris?"

"Ouais j'ai compris." Le téléphone fut coupé. Je rallumai la radio, me demandant de quoi diable il s'agissait. En fait il m'avait rendue morte de trouille. Mon père ne devenait jamais irrité comme ça même quand il était sur des affaires vraiment difficiles quand il travaillait au poste de police, et jamais il ne m'avait hurlé dessus ou parlé sèchement. Je me rappelle l'avoir entendu deux ou trois fois hurler sur ma mère avec véhémence au téléphone après que nous ayons quittés Forks, mais ce n'était pas dans son caractère. La seule chose à laquelle je pouvais penser était que peut-être il y avait un mari humilié cherchant à se venger de mon père pour avoir sorti son affaire au grand jour et il avait proféré des menaces contre sa vie ou autre... la pensée n'était pas loin de me terrifier.

J'arrivai dans mon allée et appuyai sur le un de la numérotation abrégée. Pendant que j'avais laissé le message à Edward lui racontant l'affaire de l'étrange appel de mon père, le signal de batterie faible s'était allumé. Après avoir rangé en hâte les courses, je jetai un coup d'œil par la fenêtre de devant cherchant des voitures suspectes se cachant dans le lotissement, mais il n'y avait rien sortant de l'ordinaire.

En un record de dix minutes mon sac de voyage rose fut bouclé avec pour trois semaines de vêtements, chaussures et sous-vêtements, juste au cas où, et mon maquillage et toutes les autres merdes logés dans un autre petit sac. Je n'avais aucune idée de ce que diable il se passait, mais je détestais être prise de court. Je fermai la maison, activai l'adresse enregistrée de Maggie sur le GPS et me dirigeai sur Seattle.

Je le fis en trois heures et vingt et une minutes, fière de moi et de mon pied lourd. Charlie me rejoignit à l'extérieur de l'appartement de Maggie pour m'aider avec mes sacs. Il paraissait plus âgé en quelque sorte, des rides d'inquiétude marquaient son visage.

"Papa... s'il te plait dis-moi ce qui se passe... j'ai peur."

Il soupira avec une évidente désolation en m'entrainant dans les escaliers. J'abandonnai mes sacs dans la chambre d'amis, branchant mon téléphone dans le chargeur et prenant siège au bord du divan où il m'avait dit de l'attendre. Il disparut dans la chambre principale tandis que je gigotai nerveusement d'anticipation. Quand il revint mes yeux sautèrent directement à l'enveloppe bistre qui dépassait de sous son bras.

Il plaça doucement l'enveloppe en papier kraft sur la table basse en face de moi, me faisant un clin d'œil prudent par lequel je compris que je devais l'ouvrir. Le cœur lourd et la plus étrange impression de catastrophe imminente, je fis glisser lentement le contenu, appréhendant vraiment ce que je pourrais trouver. Rapidement, je feuilletai une pile volumineuse de photos sur papier glacé 8x10 et plusieurs documents photocopiés placés dessous. Je déglutis, tournant la première photo horizontalement je pus mieux voir de quoi il s'agissait.

Ma respiration se coupa et je suffoquai bruyamment, couvrant ma bouche de la main. C'était Esmé, dans son manteau en lainage crème traversant la rue alors qu'elle parlait au téléphone. Je regardai mon père d'un air interrogateur alors que la lumière se faisait dans mon esprit.

Oh putain de Dieu!

Mon cœur commençait à faire la course. "Papa? Est-ce qu'Esmé a une liaison?" Oh merde... est-ce que le bébé est même de Carlisle? Oh mon Dieu ça va le tuer, lui et les garçons!

Il soupira lourdement, penché en avant les coudes sur ses genoux. "Honey... j'ai un vieil ami, Max. Il avait l'habitude de travailler avec moi au poste de police il y a quelques années... un gars costaud... moustache..." Il me regarda plein d'attente, comme pensant que je connaissais le gars Max. "Nous allions chez lui quand tu étais petite, ils avaient une piscine..." Je passai à une autre photo... Esmé à son petit magasin de déco à Port Angeles.

"Ouais, je me souviens," mentis-je, agitant ma main vers lui pour avancer avec ça.

"Bien," continua-t-il, "il a une affaire très lucrative ici à Seattle comme privé… en réalité c'est le gars qui m'a formé. Peu importe", il secoua la tête sachant qu'il ne pouvait pas temporiser plus longtemps. "Il y a quinze jours, il a été contacté par une femme de Manhattan qui avait besoin de lui pour surveiller une femme qui travaillait à Port Angeles mais vivait à Forks. Cette femme… est évidemment Esmé Cullen."

J'étais vraiment troublée que quelqu'un puisse être derrière Esmé et ce que ça pourrait à voir avec moi. "Hein? Je ne comprends pas…" bredouillai-je, parcourant encore d'autres photos… Esmé montant dans sa Jaguar… Esmé déjeunant avec Carlisle dans un snack-bar.

Mon père fronça les sourcils alors qu'il se grattait le menton pensif. "Est-ce que le nom de Gianna Masen te dit quelque chose?"

Je levai les yeux, rencontrant son regard. Déglutissant malgré la boule qui venait de se former dans ma gorge, j'expirai lentement, essayant de maintenir ma respiration. Putain.

"Nooon", mentis-je à nouveau. Même si je ne savais pas exactement qui était Gianna Masen, je savais qui était Edward Masen et je suppose qu'ils devaient être liés d'une manière ou d'une autre.

"Bon, apparemment le mari de Mme Masen a envoyé un très gros chèque à Esmé Cullen, et Mme Masen, n'ayant jamais entendu parler de cette femme auparavant, trouve ça suspect. Aussi elle a embauché Max pour enquêter. Sur le talon du chèque en question était noté, 'pour Edward'. Donc, Max en est venu à surveiller Edward aussi." Mon père se pinça les lèvres, calme et concentré.

Ma vue devint soudain floue, en entendant les paroles de mon père et je parcourus les photos… Edward dans le parking de l'école… Edward quittant l'immeuble de sa thérapeute… Edward achetant des cigarettes à la station-service… Nous tous à la sortie du cinéma avec Edward portant une cigarette à mes lèvres… Edward et moi nous pelotant dans cette ruelle sombre à côté du cinéma de Port Angeles.

Oh. Mon. Dieu. Putain.

Les photos glissèrent accidentellement sur le sol, car ma main tremblait et mes genoux s'entrechoquèrent à leur tour. Je me courbai pour les récupérer, mais mon père les atteignit le premier, les replaçant sur la table basse.

Avec cette voix de père inquiet, il demanda calmement, "Ta relation avec Edward. Est-elle sexuelle?"

Va droit au but, pourquoi ne le fais-tu pas?

Mon cœur battait dans mes oreilles alors que je frottais mes paumes sur mon jean. "Papa, non, nous ne sommes pas… nous n'avons pas… Non, ce n'est pas comme ça."

Pas vraiment.

Il se racla la gorge. "Edward t'a-t-il jamais… fait quelque chose que tu ne voulais pas qu'il fasse?"

"Euh… noon…"

Oh, mon Dieu, putain il sait.

"Jamais." J'allais demander pourquoi, mais dans mon cœur douloureux, je savais déjà pourquoi il était inquiet.

"Bella, Max a fait quelques recherches sur les Cullen. Honey… Je ne sais pas comment te dire ça, mais Edward a un passé très sombre. Il a eu une histoire avec drogues et violence et bon…" Il soupira bruyamment, frottant son front. Je pouvais sentir mes lèvres frémir à la pensée que mon père soit tombé sur ces informations si facilement, que les secrets d'Edward n'étaient pas tellement à l'abri même avec un nom de famille différent. Je pouvais l'entendre garder un ton calme et mesuré, malgré la teneur de ce dont il parlait… probablement le résultat de toutes ces années à avoir à dire aux gens que ceux qu'ils aimaient étaient morts dans une tombe quelque part.

"Il a été accusé du viol d'une jeune fille à Chicago quand il avait quinze ans. Il a en fait une ordonnance de restriction en sa défaveur. Il n'est pas autorisé à toucher des mineures. Bella… il a de toute évidence violé l'ordonnance avec toi et tu dois me dire s'il t'a fait autre chose. T'a-t-il touché où que ce soit de façon déplacée? J'ai besoin que tu sois franche, Bella."

Les larmes surgirent, remplissant mes yeux. "Papa, s'il te plait dis-moi que tu as gardé ces photos pour toi. S'il te plait dis-moi qu'aucun de vous n'est allé aux autorités…"

"Je n'ai parlé à personne d'autre que toi, Bella. Ce n'est pas le job de Max de faire plus que ce pourquoi il est payé. Mais quand il a vu les photos, il a reconnu ton visage de sur une photo récente qu'il avait vue à mon bureau et avec les informations sur le viol, Bella… Je suis désolé, mais tu dois comprendre qu'Edward est un criminel. Il est dangereux."

Je secouai la tête avec véhémence. "Il ne l'est pas. Il est merveilleux. Tout ça c'est de la merde," crachai-je, montrant la pile désordonnée des photos incriminantes devant moi. Ça me frappa comme une vague, s'écrasant sur moi comme une soudaine tempête violente. Il savait… Il savait et il avait des photos, de vraies photos d'Edward me touchant, violant de façon flagrante l'ordonnance de restriction. Des photos de lui m'embrassant quand moi j'avais provoqué ça… j'étais celle qui l'avait poussé à m'embrasser dans un lieu public. Le gout amer qui vint dans ma gorge me brula, me rendant nauséeuse et au bord d'une puissante attaque de panique. J'inspirai profondément, faisant de mon mieux pour rester calme.

"Je sais que c'est difficile à digérer… crois-moi, je suis furieux à propos de tout ça. Cette famille nous a bien caché son jeu tout ce temps! J'ai laissé Esmé me persuader de refaire la maison et tu sais, avec le recul je pense que c'était une façon d'essayer de compenser la perte de la valeur immobilière avec un délinquant sexuel reconnu coupable vivant dans le lotissement." Il cligna des yeux rapidement, après en avoir pris conscience. "Tu as passé une semaine entière avec eux hors de l'État! Merde alors!

Ouais, comme s'ils étaient une famille de meurtriers violeurs qui gardait les adolescentes comme prisonnières sexuelles pour les vacances de Noël.

Je me levai brusquement, mes genoux firent basculer la table devant. La pile de photos et de papiers glissa de l'autre côté, s'éparpillant sur le sol. Charlie se courba en avant, replaçant la pile sur la table, avec une photo de nous nous embrassant bien sur le dessus.

"Papa, arrête ça! Il n'est pas un délinquant sexuel reconnu coupable. Il n'y a même jamais eu de procès. Le juge lui a collé ça parce que les parents de cette stupide fille étaient influents et... elle a menti sur ça. Son petit ami la frappait et elle a eu un rapport sexuel avec Edward et l'a accusé de l'avoir violée comme ça son petit ami ne lui créerait pas d'ennuis. Tout cela est un mensonge! Et les Cullen sont des gens formidables. N'ose dire de mal d'aucun d'eux!" Ma voix grinça alors que je sentis le tiraillement de l'angoisse se resserrer autour de ma poitrine. La boule dans ma gorge me brulait, me faisant prendre pleinement conscience des chaudes larmes qui roulaient maintenant sur mon visage.

Mon père ouvrit la bouche. Ses yeux se durcirent ne faisant plus que deux fentes et sans quitter les miens il se leva, pointant un doigt vers moi. Je pouvais sentir la pièce trembler avec le grondement dans sa poitrine… comme un train de marchandises venant en sens inverse.

"Attends un instant, putain…" Les dents de Charlie apparurent entre ses lèvres dans un grondement de colère. Je voyais la veine violette de sa tempe battre fort tant elle apparaissait en évidence sous la surface de sa peau.

"Tu SAVAIS à propos de ça? Et tu as quand même choisi de rester en compagnie de cette ordure? Oh mon Dieu… A quoi diable pensais-tu? Oh merde, c'est entièrement de ma faute… A quoi diable je m'attendais? Je ne suis jamais là, et tu pars courir avec le violeur du quartier!" Il se prenait le front gémissant bruyamment, arpentant la pièce.

"Comment oses-tu dire ça de lui! Tu ne le connais même pas!" Je lançai le poing, tapai du pied par terre dans une mini crise de colère. Je ne pouvais m'en empêcher… J'étais foutrement furieuse.

"Oh, j'en connais assez, et tu es une naïve petite fille de seize ans faisant beaucoup trop confiance que Cullen a convaincu qu'il était innocent d'un crime dont il était reconnu coupable! Ce petit salopard a un certain culot de venir chez moi et séduire ma fille. Je parie que c'était amusant pour lui de berner un flic. Peut-être même un défi?" Il continua à marmonner et à se maudire.

Ok, maintenant il déballe sa merde et perd complètement la tête.

"Je ne suis pas naïve, Papa. Comment peux-tu dire ça de moi? Tu ne me connais même pas suffisamment bien pour faire une déclaration comme ça." Je regardai ailleurs, me sentant tout de suite mal de lui dire de telles choses blessantes, même si c'était tout à fait vrai. J'avais été là depuis quatre mois et nous avions eu à peu près au total cinq conversations.

Charlie renifla. "Ouais. Il semble bien que ton jugement et ton appréciation des individus soient vraiment merdiques. Regarde ce qui est arrivé avec cette amie à toi en Californie. Tu lui faisais confiance et regarde ce qu'elle a fait."

Ça allait trop loin et j'avais besoin de tuer ça dans l'œuf avant que ça fasse boule de neige jusqu'au point de non-retour. Je m'avançai, attrapant le bras de mon père pour qu'il arrête de faire les cent pas

"Papa, s'il te plait écoute-moi. Edward m'a raconté toute l'histoire dès qu'il a su qu'il avait des sentiments pour moi. Il n'a jamais menti ou prétendu être quelqu'un qu'il n'était pas. Mais je le connais. Je sais quelle personne douce et gentille il est. Et je crois de tout mon cœur qu'il est innocent. Il ne pourrait jamais faire du mal à une fille comme ça. Il ne me ferait jamais de mal comme ça. Veux-tu bien juste me faire confiance pour ça."

Le visage de mon père s'éclaira et pendant une seconde, alors que les coins de ses lèvres se transformaient en un léger sourire, je pensai avoir vu un semblant d'assentiment.

"Tu as eu des rapports sexuels avec lui, n'est-ce pas?

"Non! Nous ne nous touchons même pas." Quasiment jamais. "Il est un parfait gentleman," soutins-je, parce qu'il l'était et je ne pouvais pas laisser mon père l'accuser de pareilles choses terriblement odieuses.

"Vraiment, Bella? Parce que cela semble me toucher," siffla-t-il, reprenant la photo d'Edward et moi nous embrassant et la fourrant devant mon nez. On voyait clairement sur cette prise que les mains d'Edward étaient appuyées sur le mur derrière moi, ne me touchant pas du tout. Même au beau milieu de ce chaos et de la vive émotion de la situation actuelle, juste un simple aperçu de la photo me provoqua des picotements inappropriés dans le bas ventre à ce souvenir.

"Papa, c'était juste une fois," mentis-je. Techniquement c'était seulement six fois, mais vraiment... six fois en quatre mois? Allez…

"Conneries," fulmina-t-il en colère, serrant les dents. "C'est terminé maintenant. Tu ne lui parles plus ni même le vois encore. Est-ce compris? Aucune de mes filles n'ira avec un violeur, ni maintenant ni jamais!" Il fit claquer la photo devant moi pour insister. Je ne lui avais jamais, mais jamais de ma vie vu cette colère avant. C'était effrayant, à tous égards autant cette intensité si fervente que le fait qu'il soit aussi inflexible sur ses rancœurs malveillantes pour Edward. Tout mon corps fut secoué par l'émotion, la peur et la colère- le désir de lui mettre mon poing dans la figure me démangea.

"Tu es complètement fou si tu penses que tu peux m'empêcher de le voir, Papa. Nous avons presque tous nos cours ensemble. Il habite dans le lotissement pour l'amour de Dieu. Que suis-je supposée faire… garder les yeux fermés tout le temps?" ricanai-je caustique, essuyant les larmes sur mon visage avec le dos de la main. Il ne pouvait pas nous séparer peu importe ce qu'il disait. Tout le monde et toutes les choses essayaient de se dresser sur notre chemin, mais personne ne pouvait nous séparer, j'étais certaine de cela.

"Bien, nous allons t'inscrire à l'école ici à Seattle, c'est précisément pourquoi j'ai demandé à ce que tu prennes ton certificat de naissance. Je pensais à mettre la maison en vente de toute façon, donc il semblerait bien que ce soit le moment parfait."

Ce fut comme si j'avais été giflée au visage et reçu un coup de poing dans l'estomac et ensuite quand j'étais à terre, qu'on me crache dessus à plusieurs reprises. D'un souffle précaire, je serrai les dents et parlai très lentement.

"Je. Ne. Quitte. Pas. Forks."

"Oh, si tu vas le faire," répliqua-t-il acerbe, avec un sombre ricanement.

"Non… Je ne le ferai pas," je haussai les épaules avec indifférence, relevant le menton tout en essayant de reprendre un peu le contrôle.

"C'est Seattle, ou tu retournes avec ta mère en Californie. Ce sont tes choix, Bella. Et la discussion est terminée."

"Elle est terminée? Elle est foutrement terminée? C'est exact elle est terminée! Il est impossible que cela arrive putain!" Ma poitrine se soulevait de fureur et d'angoisse alors que je partais avec fracas dans la chambre d'amis, prenant mon téléphone sur la table de chevet.

Il appela après moi. "Isabella, tu surveilles ton langage, as-tu compris? Tu n'es pas trop vieille pour être mise sur mes genoux!"

Oh, va te faire foutre.

De petites étincelles brillantes troublèrent ma vision, comme des confettis. J'appuyai sur le bouton d'alimentation de mon téléphone, attendant avec impatience qu'il s'allume.

"Tu es réellement en train de l'appeler?" Par derrière, mon père s'empara du téléphone dans mes mains. "Je ne crois pas, Bella. Belle tentative."

Je me tournai brusquement pour attraper le téléphone aveuglée par les larmes alors qu'il arrachait le couvercle et fourrait la batterie dans sa poche arrière. Je le fixai ahurie, voulant déchirer sa putain de gorge avec une satanée fourchette. Quand il alla vers les clés de ma voiture, je m'élançai aussi, mais il s'en empara plus vite que moi. Je suis presque sure de lui avoir enlevé un joli morceau de peau de sa main dans l'action.

Bien, connard. Espérons que ça s'infectera et que tu mourras d'une lente agonie.

"Je suis vraiment sérieux à ce sujet, Bella. Tu ne le verras plus. Garde à l'esprit que je peux m'assurer qu'il en soit ainsi." Il me lança un regard furieux, avant de se retourner pour partir.

Il m'a fallu une seconde pour enregistrer ce qu'il m'avait dit. S'il pensait ce à quoi je pensais… afin de s'assurer de ma docilité, tout ce qu'il avait à faire était de menacer d'appeler les autorités avec la photo et Edward se retrouverait en prison.

"Tu ne peux foutrement pas faire ça, Papa! Ce n'est pas juste. Tu n'es pas juste!" Il sortit de la pièce fermant la porte derrière lui. Je fus presque surprise de ne pas entendre le verrou à l'extérieur, me piégeant à l'intérieur, après tout, le connard m'avait enlevé tout le reste. Je n'avais jamais proférer de juron devant mon père, tout du moins jamais directement à lui lors d'une vive dispute. Je devais blâmer Edward et ses frères avec leurs clapets orduriers qui m'avaient facilement influencée. Je ne pouvais pas tenir ma langue parce que j'étais tellement en colère contre lui. Je cherchai autour de moi quelque chose à jeter, mais la seule chose que je pus trouver qui n'était pas cassable fut une chaussure sur le dessus de mon sac. Je la jetai avec colère contre la porte, laissant une jolie marque noire dans son sillage et lui fit un double doigt pour marquer mon point.

Parions que Maggie te la fera repeindre demain. Je sais comme tu aimes peindre. Connard.

Alors que mon sang pulsait violemment dans mes veines je pouvais presque le sentir bouillir sous la surface. Mes mains tremblaient et mon corps s'écroula en sanglots. J'avais besoin de revenir vers Edward. Besoin au moins de lui parler, de lui dire ce qui se passait. Il était probablement inquiet maintenant de ne pas avoir de mes nouvelles, et surtout parce que mon téléphone était muet.

Bousculant la porte pour l'ouvrir, j'aperçus mon père au téléphone debout près du petit ilot de la cuisine et commençai à crier dans un accès de rage. Ma voix était rauque et râpeuse, des larmes ruisselaient sur mon visage, mais je lui hurlai dessus à plein poumons. "Donne-moi ces maudites clés, Papa!" Je scrutai la pièce à la recherche de mon trousseau. Je ne le vis nulle part.

Il marmonna dans son téléphone, appuyant sur le bouton pour raccrocher. "Bella, je t'ai déjà avertie de ne pas me parler de cette manière," répondit-il calmement. "C'est pour ton bien. Tu es trop jeune pour te faire une opinion avisée sur la qualité d'une personne."

"Oh vraiment? Et toi tu es trop occupé à jouer au flic pour voir la vérité. Penses-tu que je puisse tomber amoureuse d'une personne dangereuse qui pourrait me faire du mal?"

"Excuse-moi? Tu l'aimes?" dit-il cinglant, crachant les mots comme s'ils étaient plein de venin. "Mon Dieu, Bella!" il secoua la tête incrédule. "C'est simplement foutrement parfait. Mon adolescente de fille est amoureuse de l'ordure de la ville… un satané coupable de violence sexuelle avec une ordonnance de restriction à son encontre. Incroyable." Il s'appuya sur le dessus du comptoir. "Ne comprends-tu pas? Je ne fais pas ça pour te nuire. C'est pour te protéger. De toutes ces années que j'ai passées dans la police, Bella je connais le comportement des criminels. Une fois que les violeurs y ont gouté, ils en veulent toujours. Il en est de même pour les meurtriers et les voleurs."

Il était évident que je n'irais nulle part avec lui à ce stade. J'étais si malheureuse et épuisée que je pouvais à peine respirer.

"Tu ne sais pas comment il est avec moi. Il est si doux et aimant et protecteur… il ne laisserait personne me faire du mal, lui moins que quiconque. S'il te plait. Laisse-moi au moins l'appeler pour lui dire que je suis en sécurité. Je sais qu'il est inquiet pour moi."

"Je vois quelle bonne influence il a sur toi aussi.. putain mettre une cigarette à tes lèvres. Ne pense pas que c'est passé inaperçu. Bella, je te le dis pour la dernière fois. Il n'y aura aucun contact avec Edward à nouveau. Si j'apprends même que malgré tout tu lui envoies un email, je porterai les photos à la police et on lui fera payer la violation de son ordonnance de restriction. Et on sera garanti qu'il restera loin de toi."

"Putain je te hais." Crachai-je, les lèvres tremblantes tout comme mes mains. Je me souvins de ce qu'Edward m'avait dit au sujet du gars qui avait reçu la même condamnation que lui, et les conséquences de la violation de l'ordonnance de restriction. "Tu sais quoi, Papa? Si tu le dénonces, j'ai des problèmes moi aussi. C'est ce que tu veux? Oh attends.. je parie que c'est ça… ainsi j'apprendrai la leçon, n'est-ce pas?" retournant à la table, je m'emparai du tas de papiers et de photos.

"C'est bon, Honey. Je ne m'attends pas à ce que tu m'aimes beaucoup là tout de suite. Ta mère t'a envoyée ici pour que tu sois prise en charge convenablement, et en tant que père, je ne peux pas permettre que cette relation continue, pour faire court. Je suis un homme de parole Bella, à tous égards." il me donna un autre regard appuyé pour surtout me rappeler les menaces concernant Edward proférées plus tôt.

"Est-ce que tu te rends compte de ce que tu me fais?" criai-je, les larmes ruisselant sur mes joues alors que je tenais fermement les photos 8x10 dans mon poing. "Je l'aime et il m'aime et alors que tous ceux que nous connaissons s'envoient en l'air, nous sommes les seuls à faire la bonne chose. Pourquoi ne puis-je avoir aucun crédit pour ça?" Je pris les photos entre mes doigts, pour tenter de les déchirer en deux. C'était trop épais pour causer un quelconque dommage.

"Bella, ne prends pas cette peine… Max a les originaux…" Je fermai les yeux, laissant tomber mes mains, vaincue.

Bien sûr, il a les originaux.

"Tu sais quoi? Ceci est arrivé au moment parfait. A temps pour arrêter ça avant qu'il ne soit trop tard, avant que tu sois ou te fasse mettre en cloque, me laissant la responsabilité d'un autre gosse que je ne…" sa voix s'interrompit alors qu'il secouait la tête, ses yeux glissant loin des miens.

"Comment ça Papa? Un autre gosse que tu ne veux pas?" Ma voix se fissura à la trahison que je ressentis à cette déclaration. Je savais que ma mère avait eu des moments difficiles à gérer avec sa grossesse en étant adolescente, mais j'avais toujours présumé que mon père avait été celui qui l'avait convaincue qu'ils se débrouilleraient.

"Non Bella. Ce n'est pas ce que je voulais dire. Merde... je voulais dire que tu as seize ans, tu ne peux même pas imaginer la responsabilité occasionnée à devoir prendre soin d'un enfant et les problèmes d'en avoir un.

"Ainsi je suis un problème, n'est pas? Je ne peux pas concevoir comment je peux être le moindre fardeau pour toi! Je fais les courses pour moi, cuisine pour moi, je ne te demande jamais d'argent ou de balades, ou... quoi que ce soit, mais je suis cet énorme problème tout à coup, n'est pas? Tu n'es jamais là, tu n'as aucune idée de ce que je fais ou ne fais pas, et il était manifestement évident que tu n'étais pas exactement ouvert à ce que je te prive des avantages de ta vie de célibataire. Arrête ton numéro de père aimant. Personne n'y croit. Je jure devant Dieu, je... je te hais juste foutrement là maintenant." Je sentis mes épaules s'effondrer avec les sanglots qui secouaient mon corps alors que je pleurais dans ma main.

Mon père se rapprocha, me prenant dans ses bras mais je le repoussai avec colère, appuyant ma main libre sur sa poitrine. Stupéfait, il recula d'un pas environ, comme s'il était gravement offensé par ma dénonciation de son affection.

"Tu as simplement détruit toute ma vie. J'espère que tu es content," dis-je d'un air abattu, partant dans la chambre, claquant la porte derrière moi. Les vibrations provoquèrent de ce fait la chute d'un des cadres photos du mur qui vola en éclats. J'entendis mon père de l'autre côté du mur jurer en nettoyant le verre brisé, alors que je rampai sur le lit, me recroquevillai en boule et sanglotai. Les photos compromettantes étaient restées avec moi, tenues fermement dans ma main, me gardant arrimée alors que tout mon monde tombait en morceaux autour de moi.

Je regardais la tombée du jour se transformer en obscurité dehors par la fenêtre, faisant à peine attention à l'heure, ou que j'avais froid, que j'étais affamée et mal à l'aise dans mes vêtements. Derrière la porte de la chambre, l'appartement restait silencieux, sauf l'occasionnel indéchiffrable murmure étouffé de la voix de mon père au téléphone, ou le froissement de papiers. A un moment, il passa la tête par la porte, demandant si je voulais diner. Je l'ignorai complètement, fixant une tache sur le mur alors que mon regard était resté bloqué sur les heures passées. Mon corps semblait engourdi, une coquille vide, et toutes mes pensées étaient pour Edward.

J'essayai d'imaginer son magnifique visage et la façon dont les petites rides se formaient aux coins de ses yeux quand il me souriait. A travers mes souvenirs, mes yeux parcouraient la ligne de sa mâchoire et ses pommettes et ses pattes... comme j'aimais tellement ses pattes. Je pensais à ses doigts quand il jouait du piano, longs et agiles, comment ses yeux se fermaient dans un profond recueillement, son corps se balançant en cadence avec les notes. Je laissai sa voix s'enrouler autour de moi, me réchauffant à la place de ses bras qui ne pouvaient pas m'offrir d'étreinte. Mes yeux brulaient des larmes incessantes qui continuaient à couler, et la brulure empirait quand j'essayais de les fermer. Une fois que les larmes eurent séché, je m'allongeai là immobile et calmée, pleine de tristesse et de doutes.

Il m'était interdit de voir ou parler ou d'avoir toute correspondance avec la personne que j'aimais le plus au monde. Ce n'était pas quelque chose que j'avais même envisagé pouvant arriver, ni même était quelque chose que j'aurais pu prévoir, pour en ôter la brutalité. Mon père était un homme de parole... si je lui désobéissais il y aurait des conséquences.

A ce moment-là, je voulais mourir.

Cher Dieu,

Échec total, Mec. Je ne peux même pas croire en vous là tout de suite.

Amen.

P.S. Si vous avez la flemme de faire quelque chose pour moi là, accordez simplement à Edward la tranquillité d'esprit, ça me va.

Amen encore.

Il était tard quand j'entendis la porte de l'appartement se fermer, sans doute Maggie rentrant du salon. Sa voix et celle de mon père étaient mélangées avec ce qui était, je le présumai seulement, une explication de ce qui était arrivé.

Je perçus tout juste un coup à la porte alors que j'étais perdue dans mes pensées concernant Edward et comment diable j'allais me sortir de ces conneries. La lumière filtra dans la chambre plongée dans l'obscurité, comme la douceur de sa voix emplit l'air.

"Bella? Es-tu éveillée? Est-ce que tu veux parler, Honey?" demanda Maggie doucement. Comme je ne répondis pas, elle vint à côté du lit, s'accroupissant afin que ses yeux soient au niveau des miens.

"Puis-je t'apporter quelque chose à manger?" Sa main caressa le côté de ma joue, diffusant la chaleur et l'odeur de son doux parfum autour de moi. Je ne savais pas pourquoi, mais son affection me toucha et l'ampleur de sa préoccupation sincère fit à nouveau remonter les émotions à la surface. Une larme solitaire glissa de mon nez, tombant sur la main qui me tenait délicatement sous mon visage. Je secouai la tête pour dire non, pas en mesure de croiser son regard quand la lumière se modifia, m'avertissant de la présence de mon père à l'embrasure de la porte. Maggie leva les yeux, embrassa ma tête en caressant mes cheveux encore, et sortit en fermant la porte.

Leurs voix étaient feutrées, mais suffisamment claires pour que je sache qu'ils étaient juste derrière la porte. "Elle est là depuis trois heures à fixer le mur, et n'a pas bougé," dit mon père.

"Bon, à quoi tu t'attends? Tu lui as ôté toute sa vie sans avertissement. Elle a seize ans, Charlie. Tu ne lui as même pas permis d'appeler, et lui?"

"Diable non. J'ai prévu de parler à ce petit salaud moi-même. Après en avoir fini avec cette affaire demain après-midi, je retourne à Forks pour avoir un mot avec lui. Ne m'attends pas avant jeudi. Oh, et connais-tu un bon agent immobilier?"

"Charlie, je pense que tu dois la laisser l'appeler. Elle a besoin de lui dire au revoir." Leurs voix devinrent plus difficiles à entendre alors qu'ils s'éloignaient dans le couloir.

Je ne pus entendre la réponse de mon père.

La lumière du matin filtrant à travers les fins rideaux crème rendit la brulure de mes yeux plus cuisante qu'elle ne l'était déjà. Fermés, ils me semblaient être gonflés, et je savais que ça allait être un enfer avec une mauvaise vue. Je jetai un coup d'œil au réveil sur le chevet. Il était un peu plus de six heures du matin. Edward devais être sorti de la douche puis, sans doute s'inquiéter que je ne l'ai pas appelé après lui avoir dit que je le ferais. J'espérais qu'il avait dormi néanmoins, mais je doutais que son sommeil ait été plus paisible que le mien.

Mon plan était d'attendre que Maggie et mon père soient partis pour la journée, et voir si je pouvais aller sur l'ordinateur de Maggie. Si je pouvais envoyer un email à Edward, ce serait une solution, bien que je savais qu'il ne le lirait pas avant la fin des cours. Je devais l'avertir que mon père avait l'intention de lâcher sa fureur sur lui. J'avais trop envie de faire pipi, ça ne pouvait pas attendre.

Je pouvais entendre la douche couler dans la salle de bain de Maggie au fond du couloir. Jetant rapidement un coup d'œil par la fenêtre du séjour, je cherchai le camion de mon père, qui n'était pas là où il aurait dû être donc je présumai qu'il devait déjà être parti travailler. Après être allée pisser, je pénétrai dans la chambre de Maggie en quête de son ordinateur quand j'aperçus son téléphone dans la poche avant de son sac à main.

N'ayant aucune idée de combien de temps Maggie pourrait être occupée dans la salle de bain, je pris le téléphone, ouvris le clapet sur l'écran d'accueil et fixai les touches ébahie.

Je n'avais aucune idée de quel était le numéro d'Edward.

Ou d'Alice ou de Rose… ou de qui que ce soit en fait… ils étaient tous enregistrés dans les numéros abrégés de mon téléphone donc je ne voyais jamais réellement les numéros, simplement les noms quand je les appelais. Soudain, savoir que j'étais piégée comme une prisonnière ici, sans moyen de communiquer avec le monde extérieur, et sans moyen d'avoir Edward, me dévora. Et cette pensée, faisant resurgir les épouvantables souvenirs de la nuit précédente, ainsi que le vide douloureux causé par l'absence d'Edward, ramena les larmes.

J'avais le sentiment d'être tellement impuissante, tellement pas maître de ma vie. Ma poitrine me faisait terriblement mal et les larmes brulantes de la défaite me piquaient les yeux. M'écroulant sur le sol à côté du lit, je portai les mains à mon visage et sanglotai. C'était juste trop. Tout ce qui s'était passé ces quatre derniers mois, tout de la frustration et du désir, de l'attente et de l'angoisse, avait fini par prendre le dessus. Je le savais en fin de compte, ce n'était qu'une question de temps avant que je me disloque totalement, comme si je l'avais senti dans l'air qui approchait dangereusement, comme une apparition qui me hantait.

L'anxiété me frappa en plein visage, ses long doigts se refermèrent autour de mon cou comprimant ma trachée. Je luttai pour respirer, repoussant la déconnexion que je ressentais quand je subissais une attaque. C'était comme tomber à travers la glace mince sur un étang et rester prisonnière dessous... Je pouvais voir la lumière, mais le courant m'enlevait les seuls moyens de revenir à la surface. Durant ces crises, il m'était terriblement difficile de me remémorer des règles... comment respirer, se concentrer sur quelque chose de tangible, compter les respirations, me souvenir que je n'allais pas mourir. Mais j'essayais de penser à des choses qui m'apaiseraient, cependant la seule idée qui me venait à l'esprit était Edward et cela rendait juste les choses plus difficiles pour me concentrer. J'imaginais son visage juste avant qu'il m'embrasse, souriant et doux, clignant légèrement des yeux, ses long cils en éventail sur ses joues... et à ce moment-là je fus enfin en mesure de me reprendre et de revenir à l'instant présent, respirer normalement encore une fois.

A ce stade, je me foutais même que Maggie me surprenne. J'étais sure, même après avoir montrer une préoccupation bienveillante pour moi la nuit dernière, qu'elle garderait sa loyauté à Charlie. Je n'essuyai même pas les larmes qui maculaient mon visage rouge et bouffi, car c'était inutile. Quelques larmes traitresses avaient rejailli sur le téléphone rouge de Maggie, et quand j'avais essayé de les essuyer sur le jean avec lequel j'avais dormi la nuit dernière, je fis accidentellement sauter le couvercle de la batterie.

Ayant fixé incrédule la petite batterie déconnectée pendant ce qui me sembla des heures, je la regardai avec mépris en plissant les yeux. L'idée me frappa à l'instant et je bondis du sol courant à ma chambre et récupérai mon téléphone sur le sol où je l'avais jeté avec colère hier soir. Je ne savais pas du tout si ça allait fonctionner, mais je savais que je devais essayer. Nos cellulaires étaient identiques, sauf la couleur, aussi quand j'eus inséré la batterie dans mon téléphone et que l'écran noir revint à la vie, je sentis mon corps se laisser aller sur le sol de soulagement.

Edward répondit à la seconde sonnerie, la voix mêlée de soulagement, de frustration et de colère. Je pus à peine formuler une phrase cohérente mais j'essayai de mon mieux de lui transmettre les informations au-dessus des reniflements et des sanglots et de la joie immense que je ressentais d'avoir pu joindre Edward. Il me demanda plusieurs fois de répéter, mais je n'avais pas beaucoup de temps, car Maggie allait surement sortir de la douche d'une minute à l'autre. Quand il dit qu'il allait venir me chercher, j'avais paniqué. Ce n'était pas une bonne idée, parce que mon père serait furieux et ça me terrifiait qu'il puisse mettre à exécution ses menaces de remettre les photos incriminant Edward aux autorités. Mais Edward dit qu'il avait une idée, et quelque chose me disant de lui faire confiance que ça irait bien pour nous.

Après avoir couru dehors pour voir l'adresse, je lui dis vite au revoir, retirant la batterie empruntée de mon téléphone, et allait la reloger dans celui de Maggie. La douche ne dura pas longtemps mais fut remplacé par le ronronnement d'un sèche-cheveux. Je remis le téléphone dans le sac exactement comme je l'avais trouvé et retournai à pas de loup dans ma chambre.

Maggie pointa son nez avant de partir travailler, mais je fis semblant d'être encore endormie. Elle partit sans en demander plus, si ce n'est qu'elle laissa un mot pour me dire de faire comme chez moi, de manger ce que je voulais et que «Nexxus" était le mot de passe de son ordinateur si j'en avais besoin. Je souris, sachant que c'était une façon de me dire que je pouvais contacter Edward. Il est vrai que c'était un soulagement de savoir que j'avais là avec elle un sentiment de solidarité. Je mangeai des céréales après avoir détruit le mot, car je ne voulais pas qu'il fut une cause de rupture entre elle et Charlie. Maggie était vraiment bonne pour moi, et je lui devais tellement.

J'étais habillée depuis trois heures, attendant anxieusement sur le bord du canapé qu'Edward me délivre. Même si j'avais mis de la glace sur mes yeux, j'avais dû utiliser une incroyable quantité d'anti-cernes pour masquer les boursoufflures et les valises. Edward savait combien j'avais été bouleversée, mais je ne voulais pas qu'il ait à regarder mon visage et se rappeler la situation toutes les dix secondes. Je commençai une prière silencieuse, à moitié en colère, à Dieu à nouveau, mais je fus interrompu par la sonnette de la porte.

Le cœur battant à tout rompre et l'estomac agité par une tempête, je descendis les escaliers à la volée, m'élançant pour ouvrir la porte à l'atterrissage. Le voir m'attendre là me fit monter les larmes aux yeux. C'était similaire à enfiler un sweat-shirt tout droit sorti du sèche-linge par une nuit vraiment froide, ça me réchauffa simplement, m'enveloppant dans le bien-être, l'amour et la sécurité. C'était la première fois que je me rendais compte que curieusement, malgré tous ses problèmes, ses insécurités et ses limitations, Edward me faisait me sentir en sécurité.

Il me sourit tristement, gigotant dans l'entrée alors qu'il regardait d'un côté et de l'autre, clairement paranoïaque sur le fait être vu ou suivi . Je remarquai qu'il avait laissé la BMW tourner au ralenti près de la sortie de devant à côté du trottoir. Je voulais passer mes bras autour de lui en désespoir de cause et enfouir ma tête dans mon cou, mais j'avais peur et j'étais méfiante aussi.

Il avança timidement dans l'entrée inclinant la tête de coté. «Salut, Bébé."

Je ne pus même pas lui répondre, j'étais tellement choquée. Il regarda les alentours à nouveau, ses yeux verts décochant des regards de façon désordonnée tout autour avant d'avancer vers moi. Ses mains tinrent délicatement mon visage avec douceur, frottant ses pouces le long de mes joues alors qu'il appuyait son front contre le mien inspirant.

Il déposa un doux baiser juste à la naissance de mes cheveux, chuchotant, "Ne pleure pas. Nous allons résoudre ça ensemble, Ok. S'il te plait ne pleure pas. Je vais arranger ça, je te promets."

Je hochai la tête, m'imprégnant de lui... la douceur de son caban, la petite tache de sang due à une coupure du rasoir sur son cou, la façon dont il sentait l'eau de toilette, la lessive et les cigarettes, ces dernières, un signe révélateur qu'il était stressé car il avait dû encore fumer dans sa voiture. Dans un sanglot qui était accroché dans ma poitrine, je sentis mes genoux s'écrouler sous le poids et l'énormité de tout ce qui s'était passé entre hier, le moment même, l'instant où j'avais posé les yeux sur lui et les quatre derniers mois. C'était trop pour moi d'absorber tout en une fois et ma réaction physiologique à la simple présence d'Edward renforçait le fait que j'étais au bord du gouffre.

Les bras d'Edward s'accrochèrent au bas de mon dos, me berçant avec douceur alors que nous nous effondrions sur le sol ensemble.

"Il va te dénoncer à la police, Edward... il va tout balancer sur toi si j'ai un quelconque contact avec toi." Je sanglotai sans bruit, enfouissant mon visage dans son cou. Il était chaud et doux et sentir ses doigts caressant mes cheveux et sa main à plat sur mon dos était incroyablement apaisant.

J'avais peur. Peur de ce que nous avions fait, peur pour notre avenir, si toutefois nous en avions un ensemble.

"Chhhhhutttt, Beautiful. J'ai une idée, d'accord? Tu me fais confiance?" demanda-t-il doucement, poussant une mèche de cheveux de mon visage. Je hochai la tête, parce que je lui faisais réellement confiance implicitement. "Ok, bon nous devons y aller maintenant. Peux-tu prendre tes affaires, ou as-tu besoin d'aide?" Je secouai la tête pour dire non, me levant du sol et brossant mon jean.

Agrippant la rampe, je me retournai pour demander"As-tu apporté mon Xanax et le double de mes clés de voiture?"

"Ouais, mais peux-tu attendre quelques temps avant de prendre le Xanax, jusqu'à ce que nous prenions la route?"

Je hochai la tête. "Où allons-nous?"

Edward pinça les lèvres, répondant évasivement, "Je te le dirai bientôt, Amour. Dépêche-toi avant que quelqu'un ne revienne à la maison," sourit-il, me parlant de la façon dont on s'adresse à un gosse de trois ans. Je rassemblai rapidement mes affaires, donnant mon sac le plus lourd à Edward qui m'attendait en haut des escaliers, pas vraiment rentré à l'intérieur de l'appartement. Il transféra mes sacs dans son coffre, où je remarquai qu'il y avait quelques sacs, ainsi que quelques housses de vêtements pendues aux crochets à l'arrière de son siège. Je n'avais pas assez d'énergie pour le mentionner à voix haute.

J'avais envisagé de laisser un mot, mais sincèrement, j'étais tellement en colère face au refus de mon père de m'écouter ainsi que son ignorance au regard de la situation, que je ne sentais pas lui devoir cette politesse. Sans aucun doute dans mon esprit, ma soudaine disparition malgré les mesures de confinement imposées mettrait Charly en rage, déclenchant le début des évènements. Il contacterait les Cullen pour commencer, puis ma mère, et peut-être même la police, considérant qu'il était tellement convaincu qu'Edward était un dangereux criminel. Mais je ne pouvais pas lui permettre de me contrôler et de m'enlever mes choix et tout ce qui même ne signifiait rien pour moi, quand il était à peine une ombre dans ma vie de tous les jours.

Une fois en voiture, Edward semblait terriblement préoccupé et nerveux, mais pour une bonne raison. Je m'enfonçai dans le siège, profitant de ce bref moment de paix alors qu'il caressait ma main, pendant que le soleil entrait à flots par le toit ouvrant. De temps en temps il lâchait du regard la route pour me faire un petit sourire. Je savais que quand il était anxieux comme ça, il ne fallait pas le pousser ni lui poser trop de questions car ça l'interrompait dans ses pensées.

A un feu, Edward toucha brièvement mes joues de ses doigts, chuchotant, "Tu parais tellement fatiguée. Tu n'as pas bien dormi la nuit dernière." Je secouai la tête, fixant les cernes sombres sous ses yeux à lui alors qu'il ajoutait, "Moi non plus."

Edward prit à gauche, en direction de la marina. Il y avait très peu de bateaux dans l'eau, on était hors saison, mais le décor était toujours agréable.

"Voudrais-tu m'attendre sur le banc? Je serai juste là," demanda-t-il avec un sourire alors qu'il ouvrait ma porte. Après avoir fait seule mon chemin vers la jetée, je m'assis sur le banc en bois surplombant l'eau profitant tranquillement de la quiétude de cet instant. Ça semblait être le premier moment de calme que je ressentais en près de vingt-quatre heures, et c'était bon, bien que mon niveau d'anxiété fut encore élevé à l'idée que Charlie puisse détruire nos vies à tout moment.

Il faisait vraiment froid près de l'eau mais le soleil rendait ça supportable. Passant mes bras autour de mon buste, je m'étreignais moi-même, souhaitant avoir mes gants avec moi. Du coin de l'œil, je vis Edward apparaitre progressivement dans mon champ de vision. Tenant fermement un petit bouquet de roses de couleur rosethé retenues par un ruban de soie, il s'agenouilla soudain devant moi, posant une main sur le banc à côté de ma cuisse. Je perdis le souffle devant les fleurs, car il ne m'en avait jamais offertes auparavant. Il ne me vint pas à l'idée de ce qu'il était vraiment en train de faire alors que je me penchais pour les sentir, remarquant que ses mains tremblaient. Et puis mes yeux rencontrèrent soudain les siens, brulants et terrifiés.

Merde alors.

"Bella... Amour... hum... ce n'est pas du tout comme ça que j'imaginais faire cela, mais.. je..." il expira, laissant un sourire osciller au coin de ses lèvres.

Merde alors.

"Je n'ai pas de bague, parce que celle que tu as mentionnée était très particulière..." il roula des yeux avec un petit sourire en coin, "et ça doit être fait sur mesure et nous n'avons juste pas le temps, mais je te promets de t'avoir tout ce que tu veux après... mais..."

Merde alors.

"C'est le seul moyen pour que nous puissions nous sortir de ça... c'est la seule solution plausible et je sais que c'est complètement fou et stupide, mais je veux que tu saches que je t'aime..." Il baissa le regard secouant sa tête. «Putain je t'aime tellement et... je veux que tu sois ma femme. Voudrais-tu devenir ma femme, Bella? Veux-tu m'épouser?" Son sourire s'effaça alors qu'il clignait rapidement des yeux, escomptant ma réponse. Je ne sentais plus mes doigts ni mes orteils, et je pense que ma langue s'engourdit aussi en même temps.

Merde alors.

Donc je hochai la tête. Beaucoup. Et je fis un grand et large sourire et Edward cligna juste des yeux, interrogateur jusqu'à ce que je lâche, "Oui!" Et puis quand nous fûmes dans la voiture, nous nous étions penchés l'un vers l'autre et embrassés un petit moment, entrelaçant nos doigts et riant et souriant à la joie et au soulagement que nous ressentions tous les deux.

Et alors ça me frappa. Je m'éloignai de sa bouche humide, ouverte, faisant disparaître sa chaleur de mes lèvres. "Edward? Comment allons nous nous marier? Nous n'avons que seize ans et n'avons-nous pas besoin de par exemple, que nos parents consentent à ça?"

Il se redressa dans son siège, effaçant des plis imaginaires sur mon manteau. "Bon, ouais. D'accord mais... j'ai fait une quantité ridicule de recherches et voilà l'affaire. Si nous allons à Vegas, nous pouvons nous marier avec nos cartes d'identité et nos certificats de naissance. Tu as les tiens, n'est-ce pas?". Je hochai la tête, me rappelant vaguement que dans mes propos hystériques, je lui avais dit que Charlie m'avait demandé d'apporter mon certificat de naissance à Seattle pour m'inscrire à l'école. Je ne l'avais jamais enlevé de mon sac de voyage.

"Tout ce dont nous avons besoin c'est le consentement d'un parent. Une fois que nous aurons ce consentement, ça prendra un quart d'heure pour déposer le document... pas de prise de sang ou autre chose n'est nécessaire, et ils pourront nous marier. Le truc c'est que nous ne pouvons pas aller dans une de ces petites chapelles de mariage parce nous sommes mineurs et que tous les mariages de mineurs doivent être établis au hum..." Il se contorsionna, cherchant à sortir son petit cahier à spirale de la pile sur le plancher à l'arrière de son siège. Il l'ouvrit, feuilletant quelques pages avant de trouver la bonne.

"Centre Régional de la Justice. Mais tu ne veux pas être mariée par un sosie du grosElvis Presley, n'est-ce pas?" Je secouai la tête pour dire non. "Bon, moi non plus. Ok, donc le vol pour Vegas dure deux heures et vingt-deux minutes et j'ai vérifié... il y a un vol à 1:05, donc nous devrions arriver vers trois heures trente et le temps que nous allions à l'hôtel et soyons prêts, il sera environ cinq heures je présume, et ensuite... une fois qu'ils ont fait la cérémonie ou peu importe... Bingo! Nous sommes mariés." Il dit ça avec un grand geste, puis haussa les épaules innocemment avec un sourire lumineux. Je savais que ça faisait allusion à... la lune de miel et le sexe qui accompagnait ça.

J'en restai bouche bée, et je pense même avoir bavé sur mon manteau.

"Je dois faxer le document à mon avocat comme ça il pourra le déposer auprès de la Cour et je présume que l'ordre de restriction sera levé immédiatement, mais je ne suis pas affirmatif à ce propos. Je suis trop nerveux pour téléphoner et me renseigner, donc j'imagine que nous devrons attendre que la cérémonie soit officielle et puis je pourrais commencer à chercher ce qu'il faut faire pour la finalité juridique. Je ne sais même pas si parce que les photos ont été prises avant le mariage, je peux encore avoir des problèmes pour ça." Il se lécha les lèvres, soupirant. Manifestement, c'était extrêmement éprouvant pour Edward et je me demandais comment il supportait tout ça sans s'écrouler.

"J'ai euh... volé quelques robes dans ta penderie. Ce sont les seules blanches que j'ai pu trouvées, et j'ai pris des chaussures aussi. Ta penderie est un putain de bazar et j'ai vraiment dû faire de gros efforts pour ne pas ranger cette merde et j'aurais dû si je n'avais pas été pressé par le temps... aussi... mais il fait environ 21°C (70°F) à Vegas, donc tu devras aller t'acheter des vêtements quand nous y serons. Nous pourrons rester là-bas et hum... la lune de miel ou peu importe, ou nous pouvons aller ailleurs sinon si tu veux. Vas-tu bientôt parler à la fin ou as-tu eu une attaque?" Un sourire s'étendit sur son visage qui finit par se réduire à un sourire en coin.

Robes blanches? Oh pour l'amour de Dieu, votre timing craint à mort. Avec toutes les prières que j'ai faites, vous ne pensez pas que vous pourriez au moins m'accorder une pause!

"Hum... E?" grinçai-je des dents. "J'ai eu mes règles ce matin."

Edward ferma les yeux, appuyant son front contre le volant, le cognant deux fois. Il laissa échapper un faible ricanement. «Bien entendu. Dieu est vraiment salaud avec nous Bella. Je suis certain qu'il s'est levé à trois heures pour rire de ses couilles avec moi là tout suite. La nuit où je peux légalement être avec la fille que j'aime et elle commence son cycle menstruel trois jours plus tôt."

Puis il regarda le plafond en secouant la tête, comme s'il était entrain de demander à Dieu What The Fuck? La dernière chose que je voulais faire était de passer ma nuit de noces consommant mon mariage avec mes règles, surtout en sachant qu'Edward, maniaque et méticuleux comme il était, était totalement dégouté chaque fois que je mentionnais que j'avais mes règles. Je savais qu'il aurait probablement de fortes objections à un rapport sexuel en période salissante. Ou peut-être qu'il serait même capable de mettre ses scrupules de côté pour l'occasion- après tout, il était la personne la plus excitée que j'avais jamais rencontrée.

"Cycle menstruel? Appelle ça les règles, Ok? Tante Flo, les amis du mois, période rouge... tout mais pas cycle menstruel."

Edward frissonna, marmonnant, "Foutrement répugnant."

Je me rassis consternée. «Tu veux être médecin, Edward! Tu auras à affronter ce truc tout le temps."

"Je veux aller en médecine du sport, pas en gynécologie. Arrête juste de parler de ça, Ok?" Il frissonna à nouveau, réitérant mon avis qu'il était chochotte au sujet de mon cycle mensuel.

"Donc... ta mère et ton père nous donnent la permission de nous marier?" demandai-je souriant à la pensée que nous avions la bénédiction de Carlisle et Esmé, tout en essayant de changer de sujet.

Edward fit la moue. "Euh, non… pas exactement. Ils ne savent même pas que je suis parti. Je pense qu'ils le sauront quand l'école appellera et ensuite encore quand Charlie se pointera pour me botter le cul pour avoir fugué avec sa fille," dit-il rêveur. Je le regardai avec impatience.

"E, ma mère ne va pas consentir à ce qu'on se marie… c'est la dernière chose qu'elle permettrait considérant ses problèmes à s'être mariée si jeune avec mon père!" Je soufflai, enfoncée dans mon siège totalement déçue. Vraiment, c'était barge de s'enfuir et de se marier à seize ans, mais E avait raison. C'était vraiment la seule façon pour nous d'agir. Ils ne nous avaient pas laissé le choix.

"Je vais appeler Edward." Dit-il simplement, prenant en coupe sa joue dans la main. "Enfin, si toutefois il répond à ce maudit téléphone." J'inspirai avec un clin d'œil, sachant combien ce serait difficile pour lui de le faire.

"Es-tu sûr au sujet de cela E? Je veux dire, s'il existait un autre moyen? J'avais pensé à si j'étais émancipée, alors je n'aurais pas à suivre les règles de mon père et..."

"Tu as besoin de revenus réguliers et d'un endroit où vivre pour devenir émancipée, Amour. Ce n'est pas une option. Regarde, c'est très bien. Je vais l'appeler... c'est d'accord." Il me tendit une carte de visite de la pochette de son ordinateur. Je la fixai une ou deux minutes, faisant courir mon pouce sur l'inscription en relief.

"Il est dans l'immobilier?" Ma voix monta d'une octave.

Edward hocha la tête d'un air absent. "Il vend seulement des biens en exclusivité à Manhattan. Tu devrais voir le site web. L'immeuble de ses bureaux est... démentiel, aussi il gagne un argent fou en faisant ça." Il se mordilla l'intérieur de la joue.

"Vas-tu l'appeler maintenant?"

"Ouais, je suppose que maintenant est aussi bien qu'un autre moment."

Edward était comme s'il allait à la mort de lui-même, alors que je lui rendais la carte. Je tapai sa main de la mienne, la portant à mes lèvres. "Tu es très courageux."

"Je ne dirais pas tout à fait ça," marmonna-t-il, tirant son téléphone de la poche de son manteau. J'avais vu un magasin de téléphones juste en bas du bloc d'immeubles quand nous étions passés, pensant que je pourrais aller remplacer la batterie pendant qu'il s'occupait de son appel. Je pensais que je devrais peut-être lui laisser de l'intimité, mais je ne savais pas s'il avait besoin de soutien moral ou autre. Il tapa sur les touches du clavier et pris une profonde respiration saccadée. Se raclant la gorge, Edward me fit un petit sourire avant de mordiller nerveusement sa lèvre.

"Putain, j'ai l'impression que je vais dégueuler là maintenant." Je frottai sa main de mon pouce avec douceur pour le soulager. Il grinça.

"Edward Masen s'il vous plait. Hum... oui... c'est... son fils."

Une fois arrivés à Sea-Tac et nos billets pour Vegas achetés, Edward et moi nous étions assis, nerveux, parmi les autres passagers attendant d'embarquer. La conversation avec son père, faute d'un autre titre plus approprié, allait dans les deux sens, bon et mauvais. Apparemment, Esmé avait menti toutes ces années en maintenant qu'Edward sénior n'était qu'un queutard fourbe qui ne voulait rien à voir avec son fils illégitime. Cependant, selon Edward sénior ce n'était pas vraiment le cas. E était perturbé par cette révélation et inutile de le préciser, il avait été silencieux et maussade depuis le coup de téléphone. Il n'arrêtait pas de triturer les boutons de manches de son manteau, faisant alternativement la moue ou se mordant distraitement l'intérieur de la joue alors qu'il me souriait timidement de temps en temps. C'était déroutant parce que je n'étais pas sûre qu'il ne commence pas à regretter tout cela. Je luis avais demandé environ neuf fois s'il voulait reculer et la dernière fois, il me fit claquer un non catégorique.

La bonne nouvelle était qu'Edward sénior avait décidé de nous accorder la permission de nous marier, faxant quelque chose de plus, certifié par le tribunal. Edward avait tous les documents nécessaires en possession ce qui en prime était une épreuve qui le bousillait. Parce ce qu'il avait été adopté par Carlisle et avait un nom de famille différent du parent consentant, il avait besoin de preuves pour cela et de preuves pour ceci et c'était toute sorte d'ennuis, mais il semblait savoir ce qu'il faisait, considérant même l'étendue des notes qu'il avait prises en conduisant.

Avant d'enregistrer nos bagages, j'avais regardé à l'intérieur de la housse de vêtements qu'il avait volés dans ma chambre, espérant qu'il ait pris la bonne robe, vu que j'en avais stockées quelques-unes dans différents placards. Je soupirai de soulagement, souriant quand ce que je vis tout dessus, était la magnifique robe blanche sans bretelle que j'avais acheté avec ma mère lors d'un voyage à San Francisco, pensant qu'elle serait parfaite pour la fête d'anniversaire de mes seize ans que je n'ai finalement pas eue. J'adorai cette robe et pensai qu'il était ironique que je la mette à la place pour me marier.

Edward décida enfin de répondre à un des nombreux appels d'Emmett, pour au moins lui faire savoir qu'il allait bien. Malheureusement, pendant qu'il essayait de rester vague et d'embrouiller Em sur la situation réelle, il y eut une bruyante annonce d'appel à embarquer qui dévoila à Emmett l'endroit où nous étions. Il pensa immédiatement qu'Edward était en route pour New York pour voir Edward sénior, mais devina ensuite, ne pouvant y croire, que nous étions en fait en route pour Vegas. Edward laissa de côté les détails quant à comment nous avions fini par en arriver là, mais fit promettre à Emmett de ne rien dire à personne tant que nous n'aurions pas appelé une fois la cérémonie terminée. Emmett nous donna sa bénédiction et ses félicitations.

"Je garantis que Rose et Alice sont au courant dans moins une heure," ricanai-je.

"Un quart d'heure," répondit Edward avec un gloussement.

Edward et moi nous étions partagés un Xanax une fois à bord de l'avion, installés dans les sièges spacieux de première classe. Il avait voulu que j'attende avant de me proposer d'en prendre, ainsi j'avais eu tout mon esprit pour prendre des décisions. Je pensais que c'était très attentionné de sa part, même si c'était en partie pour sauver ses propres fesses. Mais il était tellement stupide à ce sujet. Manifestement il n'arrivait pas à concevoir combien je l'aimais profondément. Je m'enfuirais avec lui, me marierais avec lui, le laisserais me vendre à une bande de romanos, s'il le voulait moi aussi.

Juste avant de m'assoupir, une chose me vint à l'esprit, preuve que je n'avais pas vraiment réfléchi à ça. Je me tournai pour regarder Edward, apparemment calme maintenant alors qu'il feuilletait un numéro de GQ magazine.

"E ? Où allons-nous vivre ?"

Je ne savais même pas s'il voulait que nous vivions ensemble et que ce soit un vrai mariage. Peut-être que le certificat de mariage était suffisant pour résoudre les problèmes légaux comme la merde avec mon père, et qu'ensuite nous allions vivre exactement comme avant, chacun chez nous.

Il cligna des yeux à plusieurs reprises, faisant la moue. Je ne sais pas exactement. Je pensais que si mes parents étaient sympa avec ça, peut-être que nous pourrions rester à l'étage dans la suite pour invités et ils pourraient transformer ma chambre en chambre d'amis. Ou.. j'ai cet argent de euh… d'Edward, aussi je pensais à peut-être acheter une petite maison. Ton père a dit qu'il voulait vendre, non? Tu penses qu'il nous ferait un bon prix ?" Edward ricana alors que je roulais des yeux, les fermant enfin et me laissant engloutir dans un sommeil paisible qui soulagerait mon corps ravagé par les émotions

Je nous imaginais vivant dans notre propre maison, cuisinant les repas ensemble, faisant l'amour tous les soirs après nos devoirs, me réveillant dans ses bras tous les matins, peut-être nous douchant ensemble sans utiliser cet horrible gant de crin alors que nous nous préparions pour aller en cours…

Ouais, ça allait certainement être bizarre.

Edward me réveilla quand nous étions à la descente. Nous débarquâmes rapidement de l'avion, récupérant nos bagages et un taxi pour le Four Seasons. Edward avait pensé qu'étant donné que c'était un hôtel sans casino il serait calme, chic et bon... il avait un lit et une salle de bain c'était tout ce qui nous intéressait vraiment. Il dit que si je voulais, nous pourrions nous rendre au Venetian (complexe hôtelier sur le thème de Venise) après la cérémonie et prendre une gondole, faire comme si nous étions en lune de miel en Italie. A vrai dire, je me foutais de l'absence de la bague de fiançailles, ou de la robe, ou de la lune de miel... je voulais juste être avec Edward et le voulais hors de danger.

Il avait reçu plusieurs textos tous d'Emmett et Jasper demandant où diable il était, mais Edward choisit de ne pas leur répondre. Il dit qu'il rappellerait tout le monde quand ce serait officiel.

Las Vegas étaient totalement irrésistible. Il s'y passait tellement de choses, je ne savais pas où donné de la tête. Edward regardait par la vitre de la voiture avec le même étonnement que celui que je ressentais, de temps à autre montrant du doigt quelque chose qui avait attiré son attention. Les hôtels étaient pour la plupart des immeubles tape-à-l'œil et de mauvais gout, qui devaient être sans doute bien pires la nuit quant ils étaient illuminés. Nous avions été émerveillés par les acteurs de rue et les prostituées, ou des filles qui y ressemblaient simplement, jusqu'à enfin arriver à l'hôtel.

Edward s'enregistra, utilisant sa fausse carte d'identité, et ils surclassèrent gracieusement notre chambre à une suite car il mentionna que nous allions nous marier. J'achetai une caméra dans une boutique de cadeaux et puis nous avions réserver pour le diner à leur meilleur restaurant, espérant qu'ensuite, nous pourrions avoir une nuit tranquille seuls comme un couple marié légalement, faisant ce que les couples mariés font. J'étais tellement nerveuse et anxieuse, et incroyablement excitée que même le Xanax, qui ne s'était pas encore totalement dissipé, ne pouvait m'empêcher de sautiller. Edward se moquait juste de moi, semblant beaucoup moins emmerdé par la conversation téléphonique et par toute la situation en général.

Je me douchai la première, me rasant les jambes minutieusement. Bien entendu, pendant que je me douchais, Edward se rasa tout en organisant ma merde sur le comptoir de la salle de bain jusqu'à ce que ce soit parfaitement arrangé comme il aimait.

Une fois qu'il fut à l'intérieur de la cabine de douche, je lui jetai deux ou trois coups d'œil pendant qu'il avait les yeux fermés, les cheveux et les mains pleins de mousse alors qu'il se massait le cuir chevelu. Edward était juste... magnifique. Je jure, je pourrais fixer les yeux sur ses fesses toute la journée sans jamais me lasser. J'imaginai les toucher, être enfin en mesure de le caresser, sentir sa peau et la façon dont il pourrait se coller chaudement contre mon corps nu, me tenant, m'embrassant, en moi...

J'étais vraiment prête à être Mme Edward Cullen.

Presque.

Les fleurs du bouquet qu'Edward m'avait donné plus tôt étaient encore fraiches, et parfaites pour un bouquet. Je réduisis les tiges, renouant le ruban de soie autour du bouquet de roses plus petit.

Je me glissai dans ma robe, lissant le devant, remerciant Dieu qu'elle m'aille encore parfaitement. (Bon d'accord, je ne le remerciais pas vraiment Lui,parce que j'étais furieuse après le gars très franchement, mais j'étais reconnaissante envers toute divinité qui m'écouterait.)

La robe était simple, blanche avec une légère nuance rose pâle, un top cache-cœur et une jupe ample qui arrivait juste en dessous du genou. Une large ceinture faite d'un ruban ornée d'une grosse fleur en soie marquait la taille. C'était une super robe, simple et classique, pourtant vraiment féminine. Je n'avais pas de voile ni quoi que ce soit, mais j'avais laissé mes cheveux retomber en boucles lâches, parce qu'Edward les aimait ainsi et je voulais juste être jolie pour lui. J'accrochai une des petites roses dans mes cheveux, vérifiant dans le miroir à ne pas paraitre ridicule.

Après avoir enfilé mes chaussures, je m'assis au bord du lit, gigotant d'impatience en attendant qu'Edward ait fini de s'habiller. Je pensai à prendre un autre Xanax pour calmer mes nerfs mais en même temps je voulais vraiment être lucide pour la nuit.

Finalement, quand j'en eus marre, j'attrapai la caméra, prenant quelques photos du coucher de soleil et puis quelques-unes de moi-même avec le retardateur et finis par toquer à la porte de la salle de bain.

"E, le marié n'est pas censé prendre plus de temps que la mariée pour se préparer. Il y a quelque chose qui ne va vraiment pas là!"

"Va-t'en. Tu n'es pas censée voir le marié avant le mariage. Ça porte malheur!" rit-il, ses paroles furent étouffées par la porte fermée entre nous.

Je claquai la langue en roulant des yeux. "C'est uniquement pour la mariée… et je ne peux pas imaginer que nous ayons plus de malchance que nous en avons déjà."

"Oui, c'est vrai. Entre si ça t'est indispensable," plaisanta-t-il. J'ouvris la porte, je restai bouche bée alors qu'il s'occupait du nœud de sa cravate sombre. Son visage était en contre plongée vers le miroir, ses lèvres boudeuses marquaient sa concentration. Il était juste… magnifique

Je suffoquai à la vue du costume noir parfaitement ajusté qui lui allait comme s'il avait été fait sur mesure, ce qui probablement était le cas.

"Tu devrais porter le costume tous les jours," déclarai-je émerveillée. Edward sourit en coin, obtenant enfin ce qu'il voulait de sa cravate. Quand il m'aperçut dans le miroir, il sourit, mettant les mains sur sa poitrine.

"Amour… regarde-toi." Il se tourna, rencontrant mon regard avec douceur, souriant des yeux. D'un toucher léger comme une plume, Edward balaya ses doigts sur mon épaule, descendant sur mon bras et capturant ma main dans la sienne aussi naturellement que s'il avait fait de pareilles choses depuis des mois. Il porta ma main à ses lèvres, y déposant un baiser avec vénération.

"Tu es tellement... belle," Il fit un mouvement circulaire au dessus de ma tête pour me faire tourner. Je ris sottement, me sentant légère, belle et en sécurité alors que je tournoyais pour lui, les volants de l'ourlet de ma robe se soulevant dans l'air.

"Regarde comme tu es heureuse. J'espère que tu souriras toujours comme ça pour moi," dit Edward doucement, inclinant la tête sur le côté.

"Tu me rend heureuse Edward. En dépit de tout... tu me rend heureuse et je t'aime."

"Tu sais, il est clair qu'aucun de nous deux n'est vraiment prêt pour cela, et je ne suis pas assez idiot pour penser que tout deviendra pour moi arc-en-ciel et putain de soleil qui brille quand tout sera dit et fait, mais je te remercie. Simplement... merci de me supporter et de sacrifier tellement pour être avec moi. Je ne te mérite pas, mais je suis content que tu sois assez dingue pour rester à mes côtés." Il m'embrassa sur les lèvres avec douceur, évidement essayant de ne pas étaler mon rouge à lèvres.

Une fois qu'Edward eut fini de se pomponner, et que le concierge de l'hôtel eut pris quelques photos de nous sous leur tonnelle, nous grimpâmes dans une limousine noire, offerte par l'hôtel, et nous dirigeâmes vers le bâtiment de la Clark County Court (où se trouve le bureau des mariages). La tension dans la voiture était palpable avec la nervosité et l'excitation. Les gens nous fixèrent quand nous émergeâmes du véhicule, souriant avec méfiance quand ils remarquaient que nous étions manifestement très jeunes.

Edward jeta un regard au bâtiment et vira pâle comme un fantôme.

Je m'arrêtai net aux marches. "E, nous n'avons pas à aller jusqu'au bout. Je ne serais pas fâchée." C'était un demi-mensonge. Je veux dire, bien sûr que je serais contrariée, mais je comprendrais s'il voulait faire marche arrière.

"Non, ça va c'est juste... l'édifice de la Cour. Ça me rend un peu nauséeux." Malheureusement, étant en public, en particulier devant un tribunal ou peu importe, Edward ne voulais pas se tenir à moins d'un pas de moi, aussi je ne pouvais même pas lui prendre la main pour l'apaiser.

Ça nous pris un moment pour trouver le bon bureau, mais après plusieurs tentatives nous avions fini au Centre Régional de la Justice, et commencions à remplir les formulaires administratifs afin de nous marier. Edward s'expliqua à la fin du document, avec le consentement faxé par son père biologique dont le nom était différent du sien et les papiers de son adoption et son certificat de naissance tout cela était assez déroutant mais simplement justifié. Une fois les formulaires remis, on nous dit d'attendre quelques minutes le temps qu'ils soient traités.

Lui et moi nous assîmes à l'extérieur sur un banc dans le couloir, agités et nerveux comme des adolescents sur le point de se marier. Il semblait que cela faisait une éternité que nous étions assis là, relâchant tous les deux nos respirations saccadées et se moquant l'un de l'autre. Certes, je me sentais coupable de ne pas avoir ma mère là pour être témoin de ça. Pas qu'elle aurait approuvé ou fut tout à fait ravie des noces de sa fille mineure, mais les amis et la famille seraient en droit d'assister à mon mariage, si nous pouvions avoir à célébrer une vraie cérémonie et une réception.

La grosse porte en bois s'ouvrit et la gentille dame qui avait pris nos formulaires s'avança, faisant claquer ses talons sur les carreaux.

"Monsieur Cullen, Mademoiselle Swan," appela-t-elle avec autorité, sans sourire quand elle croisa nos regards. Edward me fit un sourire en coin alors que nous nous levions ensemble, traversant le couloir et disparûmes à l'intérieur de la pièce.

Il se pencha en chuchotant, "Je t'aime," alors que la dame nous fit signe de la suivre derrière encore une autre série de portes. Dans son cabinet, elle nous demanda de nous assoir dans des sièges confortables de l'autre côté de son bureau. Tapotant de ses ongles rouge brillant le bord d'une pile de documents, apparemment les nôtres, elle soupira avec un sourire condescendant. Son regard se concentra sur Edward.

"Malheureusement, nous avons quelques désaccords là. Votre mère a appelé."

Aiiieee! Ça sent pas bon là...

Je fais mon possible pour vous offrir la suite au plus tôt.

LyraParleOr