Bonjour à tous, voilà un nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira!

Forget-or-forgive : Oh! Tu voulais vraiment m'insulter? :( Ma vengeance sera terrible! Tiens, si je fais mourir l'une des héroïnes, ça sera de ta faute! Na!

Guest : I kill you! Mouahah!

marmionne : Oui enfin Ari retrouve une certaine humanité! J'imagine que pas mal d'entre vous sont ravis! Ari l'aidera du mieux qu'elle pourra... je pense... Mark est incorrigible! Quant à Brook, il est temps que vous l'aimiez un peu plus...

nemesiis-x : Tu es pardonnée! Oui je sais que je joue un peu aux montagnes russes avec nos protagonistes mais c'est pour votre plaisir!

Guest : Ah l'explosion... si vous saviez...

Audrey : Ari attentionnée! je vois que ça plait! :), Quant à Callie, elle va être dans une passe plutôt rude maintenant... Je suis désolée pour l'attente!

ShanaWings : Destin ou pas, la mort n'est peut-être pas là où on la croit... Désolée pour la larme versée... Merci pour l'oscar, ça me touche! ^^

calzona : Houuuuu... comme tu es fine! Réellement! Tu arrives à te poser les bonnes questions! Heureusement pour moi que tu n'as pas les bonnes réponses sinon, ça ne servirait à rien de continuer mon histoire!

76aria : Merci pour ma construction, j'essaie de la soigner de plus en plus! ^^

Sur ce...Bonnes lectures!


Chapitre 7

"On ne peut pas se préparer à un impact soudain. On ne peut pas s'y préparer. Ça vous frappe, en surgissant de nulle part. Et soudain votre vie d'avant est finie pour toujours."

Lorsque le jour s'infiltra entre les rideaux de la chambre, ni Arizona ni Brook ne bougea. Elles étaient profondément endormies et aucunes, depuis la veille, n'avait changé de position. La blonde était adossée contre un oreiller et sa tête penchait sur le côté venant s'appuyer sur un autre coussin : l'une de ses mains était posée sur le matelas, quant à l'autre, elle l'avait glissée dans les cheveux roux étalés sur ses genoux. Brook, elle, avait emprisonné le bas de la chemise d'Arizona entre ses doigts, et son front reposait près du ventre de son amie. Elle avait replié ses jambes contre elle, et même si on l'avait couvert, on pouvait deviner qu'elle avait encore froid.

La rouquine fut la première à se réveiller, et elle mit quelques secondes avant de se rappeler pourquoi son cœur semblait avoir été meurtri. Quand son cerveau eut connecté avec ses souvenirs, elle sentit des picotements dans ses yeux. Elle se rappelait…

Elle préféra rester entre les bras d'Arizona, sentant une sécurité nouvelle autour d'elle. Elle fixa les rayures sur le vêtement de la chirurgienne et essaya de ne pas pleurer encore. Malheureusement, le chagrin l'emporta sur la raison et elle fut secouée de sanglots en quelques secondes.

Les soubresauts éveillèrent la blonde qui secoua la tête comme si elle sortait d'un mauvais rêve, puis, la bouche légèrement entrouverte, elle fronça les sourcils, regarda ce qui bougeait sur ses genoux et réagit rapidement en dégageant ses jambes de sous la tête de son amie pour venir se mettre en face d'elle et maintenir son front contre le sien. Elle la prit dans ses bras, et attendit. Cela faisait quatre jours que ça durait mais Arizona n'avait pas lâché prise.

On pouvait entendre le vent rabattre la pluie contre les vitres de la chambre et pendant un instant, la chirurgienne crut être à Seattle, dans son appartement, près de Callie. Elle se refusa cette pensée et se reconcentra sur Brook.

-Tu es certaine que je ne peux pas venir ? demanda-t-elle en l'attrapant par les épaules.

-Tu ne serais pas en sécurité là-bas, en plus il faudrait… il faudrait te faire prendre l'avion et… ce…

-Okay, okay, je comprends tout à fait ! ne t'inquiète pas Brook ! Elle fit une petite pause, réfléchissant réellement au fait qu'elle puisse ou non venir avec son amie. Elle décida de ne pas la contrarier et déclara :

-Je vais te faire des pancakes !

-Je n'ai pas… faim…

-Il faut que tu manges, je t'assure, tu ne peux pas y aller le ventre vide ! Fais un effort, pour moi ?! supplia Arizona d'une petite voix. Elle ne savait pas vraiment si elle avait le droit de lui demander cela mais elle tenta tout de même.

Brook se leva afin d'aller se préparer dans sa salle de bain pendant qu'Arizona descendait dans la cuisine afin de commencer à cuisiner. Elle alluma la télévision et monta le son afin d'entendre ce que disait la présentatrice. Une tempête était prévue dans plusieurs régions du sud. Evidemment l'Alabama était touché. Peut-être n'aurait-elle pas le droit de faire cours. Après plusieurs minutes, elle entendit le soldat descendre les escaliers, elle coupa la télévision. Scrutant le visage de son amie, elle devina que celle-ci venait de laisser libre cours à sa peine dans la douche. Habituellement, Brook avait les cheveux tirés en arrière, cette fois, elle les avait laissés tomber sur ses épaules, en désordre.
La pédiatre se leva et s'approcha d'elle pour lui fermer correctement sa chemise et remettre sa jupe droite. La jeune femme se laissa faire sans broncher. Puis, Arizona planta un regard doux dans ses yeux.

-Mange un peu, s'il te plait ! demanda-t-elle en la tirant vers la table mais Brook retira sa main de celle de son amie, rompant tout contact entre elle et lorsqu'Arizona se retourna, elle vit son menton trembler dangereusement.

Par pudeur, la rouquine se mit une main devant les yeux et de son autre main, elle agrippa le dossier d'une chaise. En quelques secondes Arizona se retrouva de nouveau à côté d'elle et la soutint fermement entre ses bras protecteurs. Elle lui murmura des mots apaisants au creux de l'oreille et supporta les sanglots de la rousse sans broncher. Nombreuses étaient les nuits où Brook avait écouté ses pleurs sans rien dire, juste en étant présente, c'était au tour d'Arizona d'être là.

-Je… je dois partir, le taxi m'attend ! dit Brook en repoussant le corps qui se pressait contre elle. Elle sortit rapidement et ferma doucement la porte.

Arizona regarda la voiture s'éloigner dans leur allée et hocha plusieurs fois la tête afin de se donner du courage. Elle devait se dépêcher ou elle louperait son rendez-vous avec sa directrice. Elle mit les pancakes au frigo et partit se préparer.

Alors que la voiture s'éloignait de la petite maison, Brook refit son chignon parfaitement impeccable. Elle ne pouvait pas se permettre d'être négligée aujourd'hui.

La pédiatre arriva bien en avance pour ses cours, mais juste à temps pour être reçue par la directrice. Celle-ci semblait mal à l'aise et gigotait son pied de façon désagréable. En regardant bien, Arizona était certaine qu'elle avait une mauvaise nouvelle à lui annoncer.

Elle scruta le visage de la femme afin de trouver un indice quelconque.

-Vous êtes parfaitement sure des accusations que vous portez au sujet de Jane Berrier ? demanda Rebecca de but en blanc.

Un peu surprise, Arizona prit une seconde pour se reprendre.

-Eh bien, je n'ai pas vu monsieur Berrier casser la main de Jane, mais c'est elle qui m'en a fait l'aveu dans mon bureau. Pourquoi ? Il y a un souci avec ma déposition auprès de vous ? Les policiers ont dit quelque…

-Non, coupa la brune en croisant ses longues jambes, je n'ai pas encore transmis votre déposition à la police.

-Pardon ?! Mais ça fait quatre jours !

-Ne paniquez pas Jessica, j'ai évidemment fait un signalement mais pour l'instant ils vont rester discrets. Je n'ai pas donné votre déposition pour que vous ne soyez pas inquiétée si jamais ça n'était pas vrai.

La pédiatre marqua un temps, ne sachant pas vraiment si elle devait être inquiète ou furieuse, ou bien les deux. Cependant, elle choisit, avant de se mettre en colère, de donner une chance à la directrice pour s'expliquer.

-Je comprends mais… j'ai confiance en Jane et… je pense qu'ils ne devraient pas rester discrets ! Au contraire, ils doivent porter secours à Jane ! Si elle ne soigne pas sa main, ça sera impossible pour elle de devenir chirurgienne !

-Parce que Jane veut devenir chirurgienne ?

Surprise. Arizona avait tellement d'ambition pour Jane qu'elle en oubliait celles de la jeune fille.

-Je… euh… je ne sais pas ! Mais justement, il vaut mieux qu'elle ait toutes ses chances ! Il faut qu'elle se fasse soigner, et d'après ce que j'ai compris, son père ne veut pas qu'elle aille à l'hôpital !

-Ecoutez, son père fait énormément pour nous. Une bonne partie des fonds vient de son porte-monnaie !

Arizona n'osa rien dire. Même si elle était outrée, elle ne pouvait pas risquer de répondre à son chef. Elle baissa les yeux et se mordit l'intérieur des joues pour ne pas répliquer.

-Je comprends que mon discours vous paraisse rude, Jessica, mais, croyez-moi je m'inquiète aussi du sort de Jane, seulement imaginons qu'elle mente parce qu'elle a raté son test… nous ne pourrons pas rattraper notre bourde.

-Je suis d'accord avec vous, seulement Jane nous fait confiance ! Elle attend qu'on vienne l'aider ! Et elle a raté son test parce que sa main est cassée, sa main est réellement cassée et je ne pense pas qu'elle soit du genre à provoquer une fracture pour rater un test !

-Pour l'instant, je ne peux rien faire de plus, il faut attendre que la police ait des preuves. Monsieur Berrier est un homme influant dans cette ville, vous comprenez ça ? Il peut vous faire virer si vous approchez sa fille de trop près.

Arizona eut l'impression que Rebecca savait parfaitement de quoi elle parlait. Comme s'il y avait déjà eu un précédent dans cette histoire.

-Comment vous savez ça ? Est-ce déjà arrivé dans le passé que quelqu'un essai de venir en aide à Jane ?

Après une mince hésitation, Prayday soupira et se pencha un peu en avant afin de mettre son employée dans la confidence.

-Oui, effectivement, il y a eu des rumeurs à l'époque mais ce n'était rien de bien grave.

-Comment le savoir, si rien n'a été fait !? demanda la blonde dégoûtée.

Elle préféra se lever et partir avant que la discussion ne s'envenime entre les deux femmes. Pourtant, au lieu de prendre le chemin de son premier cours, elle se rendit sur le parking, monta dans sa voiture et fouilla dans sa boite à gant. Elle mit plusieurs minutes avant de trouver le papier qu'elle recherchait. Nom, Prénom, Adresse. Elle démarra le moteur et fila à toute allure devant une grande maison aux volets gris.


Calliope écrasa son réveil, ouvrit un œil et se leva avec une impression étrange au bas du ventre. Elle se rappela qu'elle devait voir Melissa et eut une forte envie de se recoucher à ce moment-là. De l'autre côté de la porte, elle pouvait entendre Mark discuter au téléphone, sans doute avec les ouvriers qui devaient refaire une partie des murs de la maison de Callie.

En effet, depuis quatre jours, elle avait trouvé refuge chez Mark. Celui-ci était au petit soin pour elle, tentant sans doute d'éviter que la colère de celle-ci ne remonte à la surface. Il frappa trois petits coups à la porte de sa chambre et passa la tête dans l'entrebâillement.

-Salut ! Je viens d'avoir les ouvriers, ils parlent d'une semaine maintenant ! mais pour l'odeur… ils ne pourront rien faire ! lui dit-il alors qu'elle enfilait son pantalon.

-C'est pas grave, j'achèterai des bougies. Marmonna-t-elle, pas convaincue.

-Je suis vraiment désolé Cal', mais au moins, ça nous permets de passer plus de temps tous les trois ! Argumenta-t-il en abaissant ses sourcils espérant que le point positif le serait aussi pour Callie.

Elle sourit, après tout, il avait raison.

-Je suis d'accord avec toi, seulement, tu ne m'en voudras pas de ne plus te laisser approcher de mon micro-onde ! Désormais, je ferais chauffer la sauce de la pizza dans une casserole !

Il s'assit sur le lit encore défait et se mit à rire de sa bêtise. Il n'avait pas réfléchi en mettant la petite boite en ferraille argentée dans le micro-onde, et au bout de quatre minutes l'engin avait explosé, faisant un trou dans le mur juste derrière lui. Une odeur nauséabonde régnait dans la maison à présent, mais Mark avait promis de payer les réparations.

Elle secoua ses boucles brunes et acheva de boutonner sa chemise pendant qu'il allait préparer le petit déjeuner. Elle ne pouvait pas lui en vouloir à vie, d'ailleurs, elle n'était même pas sûre de lui en vouloir pour l'énorme trou dans son mur, mais plus pour le fait que Sofia aurait pu se trouver dans la cuisine au moment où le micro-onde avait littéralement explosé.

Elle se dépêcha d'enfiler ses chaussures et courut pour éviter d'être en retard. Elle voulait en finir le plus vite possible avec cette histoire. Elle parvint à éviter les bouchons et dix minutes plus tard elle était devant la porte de Melissa.


Afin de ne pas paraitre suspecte, elle se gara au bout de la rue et attendit en regardant dans son rétroviseur. Quelques minutes plus tard, elle vit Jane sortir de son petit jardin et traverser la rue. A l'instant où elle arriva devant la voiture d'Arizona, celle-ci ouvrit la fenêtre et l'appela vivement. Jane sursauta tellement fort, qu'elle renversa les livres qu'elle tenait entre ses bras.

Après un regard de reproche envers son professeur, elle ramassa ses livres, puis elle s'appuya contre la portière avec des yeux étonnés et demanda :

-Qu'est-ce que vous faites là ?

-Monte, je t'emmène à l'hôpital ! Ordonna Arizona.

Jane se recula un peu de la voiture et regarda vers sa maison, inquiète. Puis, comme si elle s'apprêtait à faire la plus grande virée de sa vie, elle ouvrit la portière et sauta dans la voiture, un sourire terrorisé sur les lèvres. Elle croisa les jambes alors que son professeur démarrait la voiture. Elle boucla sa ceinture avec tellement de difficulté, sa main brisée ne pouvant se plier correctement, que l'ex chirurgienne dût l'aider.

Un silence pesant régnait dans l'habitacle. Arizona tapotait son volant du bout des doigts et jetait des coups d'œil au visage paniqué de Jane. Il fallait qu'elle trouve un sujet de conversation sinon, arrivée devant l'hôpital, la jeune fille ferait marche arrière, comme l'avait fait Arizona quelques mois auparavant.

Tout à coup, elle remarqua les jambes de son élève et agrippa le volant avec force. Le feu passa au vert, mais ce qui la fit avancer fut les klaxons rugissant derrière elle et le regard interrogateur de Jane.

Elle se rangea sur le côté et coupa le moteur. La tête de Jane pivota dans tous les sens et elle demanda :

-On ne va pas à l'hôpital ?

-Si, on va y aller, ne t'inquiète pas, apaisa la voix d'Arizona. Après un temps, elle déclara : J'ai vu que tu avais deux pairs de collants.

Instantanément, Jane tira sur sa jupe afin de couvrir un maximum ses jambes fines.

Arizona soupira et détacha sa ceinture afin de se mettre plus en face de l'étudiante. Celle-ci n'osait plus la regarder et la blonde se demanda comment amener la chose pour ne pas faire fuir sa petite protégée.

-C'est pour cacher tes bleus ? demanda-t-elle après un moment d'intense réflexion, elle n'avait pas le droit à l'erreur.

Jane leva ses yeux vers elle. On pouvait lire dans son regard qu'elle se demandait comment son professeur, qu'elle connaissait depuis seulement quelques mois, pouvait savoir qu'elle essayait de cacher des bleus sous deux pairs de collants. Elle prit un instant pour répondre. Elle ne savait pas vraiment si elle devait dire la vérité ou bien mentir à celle qui essayait de l'aider, probablement en vain.

-Non, il fait froid en ce…

-Jane, intervint la blonde en penchant la tête.

-Je vous assure, je n'ai pas de bleus sur les jambes.

-Donc, si on tire ton collant, on ne verra que de la peau saine en dessous ? demanda Arizona tentant de piéger doucement son élève.

-On devait aller à l'hôpital pour ma main et rien d'autre ! Soit on y va maintenant soit je descends de cette voiture et je vais en cours à pied ! Menaça la jeune fille avec une voix tremblante.

-Tu as un petit ami ? demanda le professeur dans une approche désespérée.

-J'en ai assez de vos questions ! Ca suffit comme ça ! Déposez-moi chez moi ! Je ne vais pas en cours aujourd'hui !

-Non, il en est hors de question Jane ! Je t'amène aux urgences ! Seulement, les médecins vont aussi te poser des questions, si tu n'es pas prête à répondre, ils t'y forceront certainement, ou tireront des conclusions et appelleront un membre de ta famille.

Après un instant de lutte visuelle, Jane croisa les bras sur elle. Gênée par ce qu'on pourrait découvrir sur sa vie, sur son corps.

-Je discuterai de ça avec un médecin, lâcha-t-elle finalement.

Sans attendre, Arizona démarra, il ne fallait pas que Jane fasse demi-tour dans son raisonnement.


Callie attendit quelques secondes, puis la porte s'ouvrit devant elle. La première chose qui la choqua fut l'incroyable ressemblance entre Melissa et Arizona. Bien que Melissa n'ait pas le sourire attendrissant de la pédiatre, elle parvenait à lui ressembler dans ses gestes et sa façon de s'habiller. La brune resta figée, comme choquée devant la jeune femme.

-Euh… je… salut ! Je…

Amusée par cette extinction de parole, Melissa ouvrit la porte plus largement et déclara gentiment :

-Un café ?!

Callie hésita, elle savait que si elle rentrait, elle aurait besoin de beaucoup plus qu'un café et qu'un sourire. Elle aurait voulu retrouver les bras d'Arizona, et ceux qui s'en rapprochaient le plus était ceux de Melissa. Elle tendit le petit sac en papier de façon maladroite, et lança :

-Tiens, tu avais oublié ça ! Alors, et j'ai retrouvé ta carte dans mon portefeuille alors… je… je te le rapporte…

Melissa fit une petite moue étonnée et jeta un coup d'œil dans le sac. Elle hocha la tête et regarda de nouveau Callie.

-Ca ne va pas ? demanda-t-elle à la brune en lui souriant.

Sans prévenir, Callie se jeta sur les lèvres de la petite blonde et ferma la porte derrière elles. Elle voulait ressentir Arizona. Elle ferma les yeux de toutes ses forces et se laissa guider par les bras fermes de Melissa. Tout à coup, ses fesses sentirent une résistance et elle grimpa sur le meuble derrière elle. Assise, elle continua d'embrasser la bouche de la blonde, mais celle-ci se fit plus entreprenante elle descendit ses lèvres dans le cou, puis entre ses seins encore prisonnier du soutient gorge. Callie s'autorisa à ouvrir les yeux. Il y avait un immense lit derrière Melissa qui semblait lui hurler de venir. Elle se demanda un instant si elle préférait rester là, ou bien… La main de Melissa s'était glissée dans son pantalon et la jeune femme était de nouveau contre la bouche de Callie, l'empêchant de réfléchir normalement. La brune entreprit de défaire le pantalon de sa compagne et passa elle aussi sous le sous vêtement. Mais très vite, leur position ne fut pas assez confortable pour Callie et elle descendit du meuble en repoussant Melissa par la même occasion. Sur le trajet entre la commode et le lit, elles achevèrent de se déshabiller mutuellement et la chirurgienne poussa brusquement la blonde sur le matelas. Dans la pénombre, elle pouvait voir la pose lascive de Melissa et se coucha sur elle, frottant ses seins gonflés contre les siens.

-Tu veux un café ? demanda Melissa pour la seconde fois, sortant Callie de son fantasme. Elle était toujours sur le pas de la porte, et Melissa la regardait avec un drôle d'air.

-Euh… je... Ecoute, pourquoi pas une autre fois, je… là je vais être en retard ! Je venais juste te ramener ton… voilà.

-D'accord, une prochaine fois alors ! Tu as mon numéro !

-Oui, ne… ne t'inquiète pas ! balbutia Callie en partant à reculons.


Arizona regarda sa montre une énième fois et prit son téléphone pour appeler le secrétariat de l'université, elle devait annuler son cours. Mais au moment où elle finissait de taper les chiffres, un homme attira son attention. Il avait l'air furieux, les pans de son manteau volaient derrière lui et le devançaient lorsqu'il s'arrêtait trop brutalement. Il se plaça devant le comptoir, juste à côté d'Arizona et lança sans préambule qu'il voulait voir sa fille.

-Bonjour monsieur Berrier, tinta la voix de l'hôtesse. Je vais voir dans quelle salle d'examen elle a été mise, nous vous avons appelé malgré son interdiction de le faire parce que nous savions que vous alliez vous inquiéter !

Outrée, Arizona fonça dans la salle d'examen où Jane était en train de se faire examiner. Aussitôt, le médecin essaya de la faire sortir en lui demandant d'être patiente.

-Vous avez appelé son père !? s'écria-t-elle furieuse.

-Quoi ?! Jamais de la vie ! La patiente m'a demandé de ne pas le faire ! Ceux que j'ai contacté ce sont les services sociaux !

-Hein ?! S'étrangla Jane en sortant d'entre les rideaux qui la protégeait de la vue des autres.

-Son père arrive dans cette salle d'examen et il est furieux ! Vous allez faire quoi ? demanda Arizona en jetant un coup d'œil dans le couloir.

-Appelez la sécurité ! ordonna Jane paniquée en prenant ses affaires. Elle tremblait de toutes parts et elle était dans une position que l'ex chirurgienne connaissait bien. C'était la position qui pouvait recevoir des coups sans pour autant se mettre en boule.

La porte s'ouvrit et le père de Jane, les yeux rétrécit par la rage, pointa son doigts sur sa fille.

-Toi, tu viens dans la voiture immédiatement, je te reconduis à la maison ! dit-il d'une voix tranchante.

-Monsieur Berrier, je suis le docteur Malevern et...

-Docteur Malevern, considérez que vous êtes viré ! Bonne journée ! Jane, tu te dépêches d'aller dans la voiture !

A ce moment, Arizona décida de s'interposer entre son élève et le père de celle-ci. Elle commença par lui offrir un regard peu accueillant et approcha sa main.

-Bonjour monsieur Berrier, dit-elle en ne lui laissant aucun autre choix que de lui serrer la main.

-Vous êtes qui vous ? interrogea-t-il en posant ses petits yeux sur le visage d'Arizona.

-La personne qui a remarqué que votre fille avait la main cassée depuis plusieurs jours ! Et sans vouloir être désagréable, nous avons prévenu les services sociaux pour qu'il y ait une enquête.

Aussitôt, il lâcha sa main et une veine se mit à battre sur sa tempe.

-Pardon ? Je n'ai pas saisit votre nom ?! Vociféra-t-il, furieux. Il serra les poings comme s'il était prêt à les envoyer dans la figure de la jeune femme.

-Mon nom est Jessica Benson, je suis un professeur de votre fille et c'est moi qui l'ai conduite à l'hôpital.

Arizona sentit une main lui agripper le bras et elle devina que Jane la suppliait intérieurement de ne rien dire à son père, et surtout, la jeune fille essayait de faire reculer son professeur du champ de prise de son père. Seulement, maintenant qu'il voulait la récupérer, il fallait bien qu'elle le fasse patienter en attendant la sécurité. Arizona se dégagea donc discrètement.

-Jane ! Dans la voiture ! MAINTENANT ! beugla-t-il.

Dans le couloir, des infirmières et des médecins s'étaient arrêtés dans leur travail et regardaient ce qui se passait dans la chambre.

Jane prit ses affaires, et alors qu'elle passait à côté d'Arizona, celle-ci lui attrapa sa main valide et la fit reculer derrière elle gardant un bras protecteur devant le corps de l'étudiante.

-Jane n'a pas envie de partir, ce qu'elle veut c'est juste un plâtre pour sa main. Donc votre fille va rester avec nous et attendre que le médecin finisse son travail, trancha la voix assurée de l'ex-chirurgienne.

-Non ! Jane va venir dans notre voiture, nous allons rentrer à la maison et je vais lui faire comprendre qu'il ne faut pas mentir à son père !

-En la frappant ? demanda Arizona effrontément.

Avant que ça ne dégénère, le médecin qui ressemblait étrangement à Dereck se plaça devant les deux jeunes femmes et déclara :

-Monsieur Berrier, pour l'instant je ne suis pas viré et j'ai votre fille comme patiente, il est hors de question qu'elle quitte cet hôpital sans mon autorisation.

Au-dessus de l'épaule du père de Jane, Arizona pouvait voir la sécurité arriver, au bout du couloir.

-Vous croyez ? demanda Berrier avec un rictus de mépris.

Il poussa brutalement le médecin et plongea en avant pour attraper le bras de sa fille, Arizona essaya de s'interposer mais la force brute de l'homme la projeta contre la commode en acier. Les hommes de la sécurité le ceinturèrent et essayèrent de lui faire lâcher prise. Jane hurlait à son père qu'il devait la laisser tranquille, Arizona s'époumonait en disant à la sécurité de se dépêcher pour le sortir de la salle d'examen, et le médecin proférait des menaces envers Berrier.

Lorsqu'enfin le bourreau lâcha sa fille, il fut sorti de la salle d'examen. Jane s'effondra sur le sol, maintenant contre elle son poignet enflé par la prise de son père, et le médecin alla pour refermer la porte, lorsqu'un pied bloqua la fermeture. Il rouvrit, bien décidé à dire à l'intrus de dégager son pied.

-Bonjour, je suis John Sverman, agent des services sociaux !

Quelques heures plus tard, le médecin laissa Jane en compagnie d'Arizona. Depuis la visite de son père, elle n'avait cessé de pleurer. Il était évident qu'elle était terrorisée. Le professeur passa un bras autour de ses épaules et lui frotta le dos avec tendresse. Elle se plaça ensuite face à elle pour pouvoir discuter de ce qui allait se passer.

-Je suis désolée que l'hôpital ait prévenu ton père ! Il n'était pas censé le faire et je suis vraiment navrée qu'il t'ai mise dans une telle position. Maintenant, il faut se dire que c'est fait, et surtout que ça s'est passé devant les yeux d'un agent des services sociaux.

-Et ça c'est… positif ? demanda Jane.

-Oui parce que ça veut probablement dire que tu ne retourneras pas chez lui.

-Hein ? Mais ma maison c'est là-bas ! Je ne veux pas aller dans une autre maison ! C'est totalement stupide !

-Jane, calme toi, si on te place dans une autre maison c'est pour qu'il ne puisse plus te briser la main quand ça lui chante ! Je… je t'assure qu'il ne pourra plus te faire de mal !

L'agent entra dans la chambre après avoir frappé quelques coups et sourit aux deux jeunes femmes.

-J'ai appelé quelques contacts mais malheureusement, pour ce soir, je n'ai personne qui peut vous recevoir. En revanche, il y a un foyer à quelques kilomètres d'ici, je vais vous y conduire !

Les yeux de Jane s'agrandirent et elle jeta un regard de reproche à Arizona.

-Un foyer ?! C'est ça votre grande solution ?! Je vais vivre dans un foyer avec des paumés ? Je préfère retourner chez mon père ! Au moins là-bas, je sais ce qui m'attend !

La belle jeune fille attrapa sa veste mais ne put la passer à cause de son plâtre.

-Jane, attends, nous allons trouver une autre solution ! Tu n'as pas des amis qui peuvent te recueillir pour la nuit ?!

-C'est bientôt Thanksgiving ! Tous mes amis reçoivent leur famille chez eux ! Ce n'est pas grave, je vais retourner chez mon père ! Et…

-Jane ! Arrête-toi, calme-toi ! s'écria Arizona en la saisissant par les épaules. Il ne fallait pas qu'elle parte.

-Mais je suis calme ! C'est vous deux qui avez l'air totalement paniqué à l'idée que je puisse dormir sous le même toit que mon père ! Je le fais depuis ma naissance figurez-vous !

-Elle n'ira pas chez son père, rassurez-vous monsieur Sverman ! assura la blonde en se tournant vers l'homme qui s'agitait de plus en plus.

-Ah oui ?! Et où voulez-vous que je…

-Chez moi ! Pour quelque temps, indiqua Arizona, elle peut rester chez moi ?! Le temps que vous retrouviez un membre de sa famille ou… une famille d'accueil ?

-Eh bien, je ne vois pas d'inconvénient, non ! Tant qu'elle est en sécurité, je crois que c'est le principal ! Il faudra juste signer quelques papiers !

Soulagée, Arizona hocha la tête et montra la sortie du doigt.

-Si nous quittions l'hôpital pour signer tout ça ! Je n'aime pas vraiment les hôpitaux, argumenta Arizona.


La porte du café tinta et Callie retrouva bien vite le sourire de Mélissa. Elle s'installa face à elle et lui sourit timidement. Sur les conseils de Mark, elle avait décidé d'accepter le café de la jeune femme.

-Comment ça va depuis ce matin ? demanda Melissa en passant une main dans sa chevelure dorée.

-Ca va, j'ai eu une opération qui a duré 8h alors je suis un peu fatiguée mais…

-Je comprends, assura la jeune femme.

-Non, non tu ne comprends pas parce que … tu n'es pas médecin ! Tu… euh…, se rendant compte de son ton froid Callie se reprit, pardon je suis un peu nerveuse.

Qu'avait-elle à lui reprocher ? Ne pas être chirurgienne comme Arizona ? Ou bien trop ressembler au physique d'Arizona ?

-Tu l'étais moins l'autre soir ! murmura Melissa en faisant passer ses lèvres autour de sa paille.

-J'étais un peu ivre, concéda Callie en faisant signe à la serveuse.

-Qu'est ce qui t'a poussé à m'appeler, Callie ? demanda soudain Mélissa en plaquant ses mains contre la table.

-Je… je ne sais pas vraiment, je crois que je suis bien avec toi. Je veux dire, l'autre nuit, c'était… bien et puis… et puis, ce matin j'avais vraiment envie de le prendre ce café, et puis je… je sors d'une relation… compliquée !

-Oh ? Vraiment ?! Tu n'as pas gardé de bon rapport avec ton ex ? demanda la blonde soudain curieuse.

-Non, enfin … c'est compliqué justement. Elle… elle est décédée il y a moins d'un an, dans un accident de voiture.

-Oh, je suis désolée, vraiment.

-Ce n'est pas de ta faute, ne t'inquiète pas ! J'ai juste besoin… de reprendre la vie en main. Je ne veux pas que ma fille ait une image dégradée de moi. Et je ne veux pas devenir une mère alcoolique, ou quelque chose comme ça, tu comprends ?

-Tout à fait ! Tu as une fille ? Elle a quel âge ? demanda Mélissa s'installant confortablement dans son siège.

Le fait qu'elle s'intéresse à Sofia toucha beaucoup Callie et elle commença elle aussi à se détendre.

A la fin de la soirée, les deux jeunes femmes marchaient sur le parking pour retrouver leur voiture respective. La première sur leur chemin fut celle de Callie. Elles s'arrêtèrent devant et la brune se dandina, stressée. Elle ne savait pas vraiment comment clore cette soirée et se racla plusieurs fois la gorge.

-Bon… eh bien euh… il faut qu'on… je…

-On se revoit dans la semaine ? Tu es libre quand ? demanda Mélissa en voyant qu'il fallait qu'elle prenne les devants.

Callie sourit et apprécia cette prise en main. Son premier rancard ne s'était pas mal déroulé mais elle voulait avancer doucement. Dans sa tête, quelque part, elle avait la sensation qu'Arizona ne pouvait pas être morte.


Arizona courut ouvrir la porte en voyant le taxi arriver devant sa porte. Brook en sortit, droite, les yeux rougis, les joues sillonnées de larmes et le teint blafard. Elle remercia vaguement le chauffeur, lui tendit quelques billets et monta les quelques marches du perron.

-Viens, murmura Arizona en lui attrapant le bras.

Elle la fit rentrer et s'assoir sur le canapé. Elle attendit patiemment que Brook parle. La première chose qu'elle déclara la fit éclater en sanglots.

-Je n'ai pas vu son corps. Il était trop abîmé pour qu'ils laissent le cercueil ouvert. Je n'ai pas pu lui dire au revoir.

-Brook, Danny sait que tu l'aimes profondément. Il le sait ! Ce n'est pas grave que tu n'aies pas pu le voir. Lui, il te voit !

Les larmes de Brook recommencèrent à couler et elle enfouit son visage dans le cou d'Arizona. Celle-ci lui embrassa tendrement les cheveux et la berça doucement. Soudain, Brook leva la tête et plongea ses yeux dans ceux de la blonde. Ses lèvres étaient là, à quelques centimètres. Facile d'accès…

"Nous avons tant d'espoir quand les choses commencent. C'est comme s'il y avait un monde à gagner, pas à perdre. Ils disent que l'incapacité à accepter la perte est de la folie. C'est probablement vrai. Mais parfois, c'est la seule façon de rester vivant."


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