Notes: Il y a quelque chose qui me gêne dans ce chapitre. Mais je n'arrive pas à savoir quoi ! Enfin, bonne lecture quand même !


Chapitre 28 : Le Faucheur de Vent

« Qui sème le vent récolte la tempête. »

Osée

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-Marduk ! s'exclama Isyl.

Elle tendit le bras vers son petit frère, dans l'espoir de le faire s'arrêter. Mais le jeune garçon se rua sur Eiriko, la Danseuse Tranchante. Celle-ci éclata de rire tout en faisant tournoyer son fouet à une vitesse effrayante. A l'instant où elle frappa, les deux ennemis se croisèrent. Ils s'immobilisèrent soudain, dos à dos.

Du sang s'écoulait lentement de la dague de Marduk. Du sang vert… La Yuu'Gure regarda la plaie qui s'ouvrait sur son cœur, puis s'écroula lourdement au sol. Vidée de ses forces. Marduk se retourna lentement. La haine brûlait dans ses yeux. Par chance, il n'était pas blessé. Il planta son regard dans celui de Eiriko qui, à ses pieds, vivait encore.

-Marduk… Pourquoi as-tu fais- ça ? geignit-elle. N'est-ce pas nous qui t'avons libéré de ce laboratoire puant ? N'est-ce pas nous qui t'avons offert la vie dont tu rêvais ? Et c'est comme ça que tu nous remercies ?

-La vie dont je rêvais !? cracha-t-il. Vous m'avez offert la souffrance, la tristesse, et la haine, alors que vous m'aviez promis que je connaîtrais la paix et l'amour auprès de vous !

Il s'apprêta à frapper une dernière fois sa proie. Mais Isyl arrêta sa main.

-Ecoutons ce qu'elle a à nous dire, lui murmura-t-elle.

-Pourquoi aurais-je quelque chose à vous dire ? Vous m'avez peut-être vaincue, mais les autres vous surveillent… Ils vous tueront tous jusqu'au dernier !

-Ca, c'est ce qu'on verra, répliqua Marduk. Vous pensiez vraiment que j'étais faible, hein ? Tant que j'avais cette armure sur le dos, c'était vrai…

-Mais aujourd'hui, vous allez pouvoir regretter vos actes, termina Sephiroth.

La Danseuse Tranchante le regarda avec des yeux hésitants. Elle sourit alors que du sang s'écoulait de sa bouche.

-Le regret n'existe pas, chez les Yuu'Gure, mon enfant. Et d'ailleurs, tu ferais mieux de prendre exemple sur nous. Ca t'évitera de te perdre !

Sephiroth la regarda avec mépris. Mais aussi avec amertume. Marduk, s'agitait, comme s'il mourait d'envie d'achever son ennemie. Elle avait du le faire énormément souffrir pour qu'il la haïsse autant, même si, à première vue, elle ne paraissait pas aussi cruelle que Fubuki…

-On ferait mieux de s'en débarrasser tout de suite, fit-il. Sinon, elle va avertir les autres grâce à leur lien télépathique.

-Ha…, murmura Eiriko. Je crois que c'est déjà fait. Tous sont au courant de votre présence… Ils vous attendent… au cœur de la sphère.

-Ils ont intérêt à bien se préparer, alors ! lança Dajan.

La Yuu'Gure émit un faible 'ne t'en fais pas pour ça' avec un sourire goguenard. Puis elle soupira, et ferma les yeux. Marduk, sans hésiter, se pencha et lui trancha la gorge. Pas une goutte de sang ne coula. Mais le corps de la Danseuse Tranchante se volatilisa, à l'image de celui Senshi et de Fubuki. Il ne resta sur le sol qu'une corde ordinaire, et un tas de vêtements usés par le combat. Les membres d'Avalanche, qui ne s'étaient pas approchés durant l'échange, encerclèrent lentement les restes.

-Qu'est-ce que c'était qu'cette chose ? On aurait dit le clone de l'autre alien ! s'exclama Cid, le pilote de l'aéronef.

-Justement, elle était de la même race, répondit Isyl.

La jeune femme ne ressentait rien devant la mort de Eiriko. A part peut-être du soulagement. Avant, lorsqu'elle pensait encore être une jeune fille normale, elle aurait peut-être ressentit de la compassion pour leur ennemie. Mais Eiriko avait participé au calvaire de son frère ; alors pourquoi Isyl aurait-elle éprouvé une once de pitié ? Yuffie sautilla sur place, l'air surexcitée.

-Mais oui ! J'en étais sûre ! J'ai vu une bestiole du même genre à Wutai !

-C'était elle qui menaçait la ville et ses habitants. Nous l'avons tuée, expliqua Sephiroth.

-Mais d'où sortent-ils ? demanda un homme d'une trentaine d'années, qui s'était présenté comme étant Reeve Tuesti, le leader de la W.R.O. Nous n'en avions jamais entendu parler auparavant.

Isyl baissa les yeux, à la recherche d'une réponse valable. Mais ce fut finalement Nanaki qui prit la parole :

-Vous allez sans doute être surpris. Ce sont des Cetras.

Des exclamations de surprise et d'incrédulité accueillirent sa réponse.

-Ne vous méprenez pas. Ce ne sont pas les Cetras qui ont vécu sur cette planète, comme Aerith. Ceux-ci viennent d'un autre monde, qu'ils ont détruit. Ce ne sont plus des Cetras au sens propre du terme : ils ont été corrompus par un virus qui les a rendus fous et fait muter. Ils parcourent l'univers à la recherche de planètes à annihiler… Tout comme Jenova…

-J'y comprends rien ! lâcha un homme immense, avec une arme greffée sur le bras. Ca veut dire qu'il y a tous les copains de Jenova réunis là-dedans !?

-En effet. Jenova aussi y est présente, répondit Cloud avec un calme qui trahissait sa nervosité.

-QUOI !? s'écrièrent tous ceux qui n'étaient pas au courant.

Dajan et Caleen s'avancèrent dans le cercle de personnes. Ils paraissaient décalés, au beau milieu des Humains de Gaiya…

-Si elle est en vie, cela veut dire que vous avez un énorme problème à régler, dit Dajan avec sévérité.

-Oui ! renchérit le jeune Caleen. Jenova, c'est la plus puissante de toutes les Yuu'Gure ! Vous ne pourrez pas la vaincre comme ça !

Tous les regards se tournèrent vers les deux étrangers. Il était vrai qu'ils devaient surprendre…

-Qui êtes-vous ? leur demanda Tifa. Vous ne venez pas de ce monde… n'est-ce pas ?

-Si nous vous disions d'où nous venons, vous n'en reviendriez pas, dit Dajan avec un sourire qui découvrit ses crocs acérés.

-On s'en fiche ! Y'a plus important ! Jenova est quelque part là-dedans et elle veut tous nous tuer ! s'écria Yuffie.

-J'y crois pas… soupira Cid. Elle est vraiment increvable, celle-là ! Elle va jamais nous lâcher, ou quoi ? Entre ses fils chéris et ses potes les 'Yuu'Gure'…

Justement, les 'fils chéris', accompagnés d'Amaria, Opale et Nami, arrivèrent justement. Isyl constata avec soulagement qu'aucun d'entre eux n'était blessé… En voyant Avalanche, ils se figèrent soudain ; leurs anciens ennemis aussi. Mais avant qu'ils n'aient pu faire un geste, Kadaj s'avança parmi eux sans hésiter et déclara :

-On a nettoyé toutes les zones à risques, mais il en reste encore. Isyl, Amaria a perçu la présence d'autres monstres qui s'apprêtaient à sortir de la sphère, alors s'est dépêchés de vous rejoindre.

A peine eut-il dit ces mots qu'un rugissement s'éleva. Des dizaines et des dizaines de Golems surgirent de la sphère, sans pour autant en briser les parois. Ils la traversaient, comme si elle n'était qu'un simple rideau d'eau ! Il y en avait de toutes les sortes… Et tous faisaient partie des plus gros spécimens que la jeune femme avait vus. Elle essaya de les compter à vue d'œil, alors qu'ils se ruaient sur la surface de la demi-sphère. Elle estima qu'il devait y en avoir une bonne centaine… !

-Repliez-vous ! lança Dajan, en bon professionnel. Ils vont tenter une attaque massive !

Il dégaina son cimeterre, l'air sûr de lui. Caleen vint se placer à côté de lui et saisit les deux épées courtes qui pendaient à sa ceinture. Il ne fallait pas se fier au jeune âge de Caleen ; tous deux étaient des experts en leur domaine. Marduk essuya sa dague, et rejoignit sa sœur en enjambant ostensiblement les restes de la Danseuse Tranchante. La jeune femme et Sephiroth, déjà prêts à se battre, attendirent que les Golems se rapprochent. Ils n'étaient qu'à quelques centaines de mètres…

Lorsqu'ils furent à portée d'arc et de matéria, des flèches magiques de l'arc d'Opale fusèrent dans leur direction. Isyl ne savait pas comment ce prodige était possible, mais l'arme de la jeune fille lui permettait d'envoyer des flèches imprégnées d'énergie élémentaire. Une dizaine de monstres furent abattus à la première volée de flèches. Opale plaça ses mains sur son arc : deux flèches crépitantes de foudre apparurent entre ses doigts. Des traits de feu, de glace et de foudre jaillirent des armes des membres d'Avalanche, et du bras d'Amaria. Cette fois, une trentaine de Golems furent réduits en cendres !

Isyl, Sephiroth, Marduk, Kadaj et Cloud, ainsi que les deux Vah Shir, se ruèrent sur les créatures les plus proches, qui avaient déjà atteint la terre ferme. Les autres, disposant d'armes à feu, purent viser les Golems qui menaçaient un peu trop leurs alliés. Des balles frôlèrent le visage d'Isyl, mais aucune ne la toucha. Elle put ainsi achever les Golems déjà blessés. Sephiroth et elle échangèrent un regard entendu, puis tinrent leurs armes devant leur visage, afin d'invoquer la magie qu'elles renfermaient. Isyl tournoya sur elle-même, frappa le sol de son sabre d'obscurité ; cinq monstres furent balayés d'un seul coup ! Elle bondit dans les airs et mit à mort ceux qui encerclaient Sephiroth. Le jeune homme venait à bout d'eux sans problème, bien sûr… Cependant, les Golems semblaient avoir acquis une étincelle d'intelligence : ils mettaient au point des sortes de tactiques. Un petit nombre d'entre eux attaquaient de front leurs adversaires, tandis que d'autres se déployaient derrière eux. Leurs cibles étaient donc encerclées avant même d'avoir pu comprendre quelle mouche avait piqué les monstres….

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Une demi-heure plus tard, il ne restait plus aucun Golem en vie. Mais sous les yeux d'Isyl, d'autres créatures jaillirent du centre de la sphère ! Celles-ci se dirigèrent vers la périphérie de Edge ; néanmoins, un petit nombre d'entre eux chargèrent le groupe de combattants.

-Isyl ! Il faut entrer dans la sphère, et vite ! lui cria Dajan, aux prises avec un énorme fauve.

La jeune femme acquiesça, et fit signe à ses compagnons de la suivre. Avalanche et les réfugiés d'Ajiit coururent en direction de la membrane. Si les Golems avaient pu en sortir, alors ils arriveraient à entrer ! Isyl bondit sur la membrane, se préparant à un éventuel choc. Elle ferma les yeux, et se retrouva… de l'autre côté ! Sephiroth la rejoignit un dixième de seconde plus tard. Il l'aida à se relever, et observa la membrane. De ce côté-ci, on pouvait voir l'extérieur. Les autres arrivèrent, et se préparèrent à bondir de l'autre côté… Kadaj et ses frères furent les premiers à passer. Amaria, Opale et Marduk les suivirent peu après. Où était Nami ?

Pour l'instant, tout s'était bien passé. Cependant, lorsque les membres d'Avalanche rencontrèrent la membrane de la sphère, ils se heurtèrent à un véritable mur ! Il se passa la même chose pour Caleen et Dajan… Bon sang, mais que se passait-il ? Isyl se précipita vers la paroi et essaya de tendre la main à l'extérieur, pour faire passer ses amis. Mais la sphère était redevenue infranchissable ! Nami arriva enfin. Elle arriva à traverser la membrane sans problème… !

-Partez devant ! s'exclama Dajan, et sa voix traversa l'épaisse paroi. Cette chose ne laissera passer que ceux qui ont le sang des Yuu'Gure !

-Non ! rétorqua Isyl. On ne peut pas partir sans vous ! D'autres monstres vont arriver !

-Allez-y ! On ne va pas s'éterniser !

Le regard félin de Dajan se fit à la fois sévère et anxieux. Isyl ne lui avait jamais vu une telle expression…

-Vous avez une tâche à accomplir, dit-il calmement. Alors faites-le ; ne vous préoccupez pas de nous !

-On se reverra quand vous en aurez fini avec les Yuu'Gure ! ajouta Caleen en lui souriant doucement.

Les yeux du jeune Vah Shir étaient remplis de larmes. Il avait peur que ses amis ne reviennent pas, lui aussi… Isyl posa sa main sur la paroi, et Caleen pressa sa main couverte de fourrure à l'emplacement de la sienne. Ils se sourirent mutuellement. La jeune femme ne pouvait pas se résoudre à lui dire au revoir… Elle ne pouvait pas faire ses adieux, que ce soit à Caleen, Dajan, ou Avalanche ! Lentement, elle s'écarta de la paroi.

-Occupez-vous des monstres qui envahissent la ville ! leur dit-elle.

Ils acquiescèrent à l'unisson. Sephiroth reprit sa véritable apparence, se retourna vers ses amis et leur dit :

-Bien… Allons-y !

Et sans attendre, il se dépêchèrent de descendre la pente qui menait à Midgar. Les ruines étaient baignées par une lumière rougeâtre, sanglante. En observant le désordre total qui régnait dans la métropole déchue, Isyl eu l'impression de se trouver dans les entrailles d'un énorme monstre… A première vue, il n'y avait aucune trace des Yuu'Gure. L'arène, la salle aux Golems avaient disparu. Mais ils se terraient sûrement quelque part, dans ces ruines… Et les neuf amis ne tarderaient pas à en croiser un ou deux ! Ils dévalèrent la pente en silence. Le seul bruit provenait des gravillons qui roulaient jusqu'au pied des ruines, et la pulsation régulière qui animait la demi-sphère… Isyl avait de plus en plus l'impression de se trouver à l'intérieur d'une entité vivante !

La cité déchue était déserte. En apparence, seulement. Lorsqu'ils arrivèrent enfin au bas de la pente, Amaria mit soudain ses mains sur ses tempes ; elle avait l'air d'être assaillie par de puissantes énergies…

-Quelque chose ne va pas, Amaria ? lui demanda Opale d'une voix douce.

-Je sens… Plusieurs présences…si puissantes ! Elles nous cherchent…

Yazoo observa la cité dévastée, à l'affût de tout bruit ou mouvement suspect… Mais rien ne se passa. Néanmoins, Isyl avait bien la sensation d'être épiée, elle aussi. Comme si les Yuu'Gure les surveillaient avec une boule de cristal ou un objet du même genre, et qu'ils se moquaient d'eux…

-Ils nous cherchent, dit Sephiroth, en regardant le cœur des ruines. Mais nous devons les trouver avant qu'eux nous trouvent, sans quoi, ils nous tomberont dessus sans prévenir.

Sur ces mots, il se mit en marche en direction du centre des ruines. Sa main était crispée sur la poignée de Masamune.

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Sephiroth s'arrêta soudain. Isyl, derrière lui, se pencha sur le côté pour mieux voir ce qui l'avait fait ralentir. Devant eux s'étendait une grande étendue découverte, bordée par des restes de maisons en ruines. Le sol sablonneux était parfois soulevé par un vent que la jeune fille ne sentait pas sur son visage. Il n'y avait pas un bruit. Et ce silence était omniprésent, à tel point qu'il en devenait oppressant… Un mouvement attira le regard de la jeune femme vers le ciel. Enfin, ce qui restait du ciel. Une silhouette encapuchonnée et vêtue de noir qui flottait dans les airs descendit lentement, jusqu'à ce que ses pieds bottés effleurent la poussière du sol. Isyl porta la main à son sabre. Cet inconnu ne lui disait rien qui vaille…

Ses vêtements voletaient autour de son corps filiforme. Il portait une tunique noire brodée de fils d'or, des jambières et des bottes en cuir, et une cape bleue sombre faite d'un matériau qui semblait aussi fluide qu de l'eau. La seule trace d'un quelconque métal était visible sur ses mains : il arborait une paire de gants argentés, métalliques et qui encerclaient ses mains et ses avant-bras. Les doigts étaient articulés. Mis à part cet étrange détail, Isyl ne vit nulle trace d'une quelconque arme… Et également nulle trace d'ailes pourpres. En outre, sa capuche dissimulait son visage, si bien que l'on ne pouvait pas savoir si sa peau était bleue.

Etait-il vraiment un Yuu'Gure ? Il n'y avait aucune raison d'en douter, ils étaient seuls avec le petit groupe venu les défier, dans la sphère, mais… Amaria saisit vivement le bras d'Isyl. Son visage trahissait une profonde angoisse, et, du fait de sa cécité, une peur de l'inconnu.

-Ils sont là, n'est-ce pas ? lui demanda-t-elle en passant son autre main sur son bandeau. Je les sens… Ils essayent d'envahir mon esprit !

Cette fois-ci, Isyl n'eut plus aucun doute à propos de l'identité du mystérieux inconnu. Elle s'empara de Usugurai, prête à frapper. Mais soudain, Amaria tomba à genoux, sans pour autant lâcher le bras d'Isyl qui la regarda avec étonnement.

-Qu'est-ce qui t'arrive ? s'enquit-elle. Ce sont eux qui t'ont fait ça !?

-Non… Pas eux. Mais lui… avec le vent !

Et sans prévenir, elle fut projetée contre un mur à sa droite. Elle cria de surprise plus que de douleur, le choc n'ayant pas été très brusque. Avant que ses amis aient pu faire un geste pour l'aider, l'inconnu se mit à parler :

-J'ai toujours eu horreurs de ces fouineurs d'esprit…

Il releva sa capuche, révélant un visage aux traits fins, comme taillés par le vent. Sa peau, bien sûre d'une teinte bleu pâle, contrastait énormément avec ses yeux rubis brillant de dédain. Ses cheveux, quant à eux, étaient tirés en arrière et noués en une longue queue de cheval qui flottait dans le vent.

-…Voilà pourquoi je me débarrasse de tous ceux qui osent croiser mon chemin ! Sauf mes frères, bien entendu. Mais… j'ai décidé d'être clément avec toi, aujourd'hui… C'est ton jour de chance, Amaria.

Il insista bien sur son prénom, faisant sursauter la jeune fille qui se relevait à peine.

-Vous êtes venus pour nous voir, n'est-ce pas ? Ah… n'espérez pas avoir l'opportunité de discuter avec les autres, ils sont très occupés pour le moment…

-Nous ne venons pas pour discuter, répondit Kadaj en foudroyant l'inconnu du regard.

-Qui êtes-vous ? lui demanda Opale, son arc à la main.

L'inconnu la dévisagea un court instant, avec un air de profonde lassitude. Il faisait mine de s'ennuyer…

-Je ne me suis pas présenté ? Oh… C'est vrai que vous, vous pensez que c'est vraiment utile…

Il prit une grande inspiration et reprit :

-Mes ennemis m'ont surnommé le Faucheur de Vent. D'habitude, lorsqu'ils trouvent ce pseudonyme, c'est qu'il leur manque déjà la moitié du corps. Mais mon vrai nom est Hayate.

Il regarda ses adversaires un par un, dans les yeux. Le Faucheur de Vent… « Ensuite, il y a Hayate, le Faucheur de Vent. Il maîtrise également une énergie élémentaire : le vent, » avait expliqué Eressëa Ojie à Cosmo Canyon.

-C'est vous qui avez tué Eiriko ? Ne soyez pas fiers de vous ; elle était si faible qu'elle n'était même pas capable d'asservir un monde seul !

-C'est moi qui l'a tuée, dit Marduk en faisant face au Yuu'Gure. Et tu ferais mieux de t'écarter de notre route si tu ne veux pas subir le même sort.

Le jeune garçon avait retrouvé une assurance digne d'un prince. Isyl craignait que la vue de ses bourreaux effraie son frère, mais, au contraire, elle lui apportait de la vigueur. Ainsi qu'une rage de combattre étonnante pour son jeune âge…

-Marduk ? C'est bien toi ? s'étonna Hayate en riant à moitié. Je ne t'avais pas reconnu sous cet accoutrement… Ton armure commençait à être trop étroite ?

Marduk lança un regard noir au Yuu'Gure, en dégainant sa dague. Les autres firent de même, prêts à se battre.

-Vous êtes pressés ou quoi ? Vous savez, on a le temps, pas la peine de se précipiter…

-Sauf qu'on n'a pas envie de perdre notre temps avec des clowns dans ton genre, lança Kadaj.

L'autre éclata d'un rire clair. Le vent se leva, frais et mordant. Mais il ne ressemblait pas au vent glacial de Fubuki ; il fouettait le visage comme des lames aiguisées…

-C'est vrai, vous devriez vous dépêcher, si vous voulez être à l'heure lorsque notre dernière offensive commencera. D'ailleurs, je crois que tout va bientôt être prêt !

-Que voulez-vous dire ? lui demanda Sephiroth, méfiant.

-Vous voyez ces orifices ? répondit Hayate en désignant le plafond d'un bras. Ces merveilles vont se charger d'attirer la Rivière de la Vie dans la sphère. Et après…

Il laissa sa phrase en suspense, pour que tous aient le loisir d'imaginer ce qui se passerait alors. Isyl observa les 'orifices', qui étaient en fait des sortes d'excroissances palpitantes, en forme d'anneau.

-Mais avant cela, il va falloir torturer ces pauvres âmes enfermées dans la Rivière de la Vie que nous avons déjà récoltée…, continua le Faucheur de Vent.

-Torturer les âmes ? s'étonna Isyl. Mais pour quoi faire ?

-Et bien, pour que nous puissions attirer la Rivière jusqu'à la sphère, où nous absorberons la connaissance qu'elle contient.

Il croisa les bras, avec l'air de s'ennuyer profondément.

-Pff, je crois qu'il est l'heure… Il va falloir que je vous désosse un par un. Franchement, quelle perte de temps ! Une fois que nous aurons fini d'amener l'énergie vitale de cette planète à nous, vous mourrez tous…

Hayate décroisa les bras, et les écarta en levant la tête. Au départ, Isyl crut qu'elle avait des hallucinations. Le métal bougeait ! Il ondoyait et se tordait comme du vif-argent ! Le Yuu'Gure baissa la tête et regarda ses adversaires. Son regard de braise s'attarda particulièrement sur la jeune Nami ; Isyl ayant vu quelle personne il viserait en premier, s'interposa entre eux deux. Nami ne pouvait pas se soigner seule…

Tout à coup, Hayate disparut de son champ de vision. Elle le chercha du regard, mais il semblait avoir disparut. Elle se sentit soulevée du sol, et atterrit lourdement au beau milieu de l'étendue de sable. La jeune femme se releva, croyant avoir affaire à son ennemi. Mais une fois encore, elle ne vit rien… Jusqu'à ce qu'une flèche et deux balles frôlent sa tête. Elle se retourna, et vit le Yuu'Gure qui reculait en esquivant les projectiles.

Elle se plaça à l'opposé de son adversaire. Elle était prête à se battre. Mais Hayate, avec une vitesse indicible, la contourna et se dirigea vers ses amis. La brune eut à peine le temps de se retourner ; elle vit Opale bondir pour esquiver le coup, et se réceptionner quelques mètres plus loin. Puis ce fut le tour de Sephiroth, qui esquiva sans problème et rejoignit Isyl.

-Méfie-toi de ses assauts, fit-il. Il cherche à nous séparer.

Le Yuu'Gure disparut encore une fois. Apparemment, sa vitesse supersonique lui permettait de se déplacer si vite qu'il en devenait invisible ! Isyl remarqua qu'il n'avait pas encore cherché à toucher Amaria et Nami, qui s'étaient réfugiées à l'écart. Et à cet instant, elle prit conscience que si Hayate cherchait à les séparer ainsi, c'était pour mieux viser les deux jeunes filles… ! Avant qu'elle ait pu chercher à les rejoindre, une bourrasque la secoua. Elle sentit quelque chose couler sur sa joue, et découvrit avec effarement que sa peau était légèrement entaillée. Heureusement qu'elle avait bougé à ce moment là… Elle se retourna afin de dire à ses amis se méfier du vent. Et de rester toujours en mouvement. Mais elle entrevit Kadaj échanger un regard avec ses frères ; ils se déployèrent tout autour de l'étendue poussiéreuse, comme s'ils savaient comment piéger le Faucheur de Vent.

-Nous savons comment l'arrêter, lui dit Yazoo lorsqu'il la croisa. Mettez-vous à l'abri !

Isyl hocha la tête, et alla protéger Amaria et Nami. Opale se plaça devant elles, prête à encocher une flèche magique ; Sephiroth quant à lui se posta sur un bloc de béton non loin de là. Seul Marduk rechigna à se replier.

-Marduk ! s'exclama sa sœur. Nous ne sommes pas assez rapides pour l'arrêter !

Ils savaient se battre, mais ils étaient trop lents par rapport au Yuu'Gure qui disparaissait et réapparaissait sans cesse, tel un spectre ou un courant d'air. A contrecœur, le jeune garçon vint s'accroupir près de la jeune femme. Sa main caressait le manche de sa dague, comme si l'arme réclamait du sang… Cela donnait froid dans le dos à Isyl. Comment pouvait-il manier une telle arme avec autant d'indifférence ? Le Yuu'Gure se posa au centre de l'arène, sa cape virevoltant derrière lui.

-Sage décision, lança-t-il. Ca m'évitera de me tuer à déterminer lequel d'entre vous mourra en premier !

Sur ces mots, il leva ses bras, sur lesquels ondoyaient des volutes de vif-argent, comme de la fumée agitée par le vent. Opale encocha une flèche de foudre, et le bois de son arc se mit à luire d'une intense lumière jaune. En apercevant Isyl observer avec curiosité son arme, elle déclara :

-Tu n'as jamais vu un tel arc, n'est-ce pas ? C'est parce qu'il s'agit d'un prototype mit au point par les scientifiques de l'organisation qui nous séquestraient… En fait, il est fait de mako cristallisée. De matéria, si tu préfères. Ils ont liquéfié puis re-condensé entre elles plusieurs matérias, en lui donnant cette forme d'arc. Voilà pourquoi je peux invoquer la magie élémentaire qu'il renferme.

-Je ne savais pas que l'on pouvait donner certaines formes à la matéria, avoua Isyl.

-La Shin-Ra était experte en armement, dit Sephiroth. Il n'y a rien d'étonnant à ce qu'elle ait commencé à créer ce genre d'armes… Mais je me demande comment elle a atterrit entre tes mains, Opale.

La jeune femme répondit qu'elle avait passé la moitié de sa vie à subir un surentraînement avec cet arc, qu'ils l'obligeaient à porter. Elle l'avait retrouvé au milieu de vieilles armes, dans un coin des laboratoires. Puis elle se retourna et observa la joute qui se déroulait un peu plus loin.

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Kadaj devait se sentir semé par la vitesse du Faucheur de Vent. A maintes reprises, le Yuu'Gure l'avait frôlé, le blessant au passage. Ce n'était que de minces estafilades, mais à long terme, elles devenaient assez vite gênantes. Par chance, il guérissait assez rapidement. Kadaj activa sa matéria de foudre et visa le Yuu'Gure, qui encaissa trois puissantes décharges sans broncher. Néanmoins, il se rétablit bien vite et frappa l'adolescent plusieurs fois ; les frappes étaient si rapides qu'il ne pouvait pas se défendre ! Isyl aurait voulu aller l'aider, se battre à ses côtés ou faire n'importe quoi qui puisse lui permettre de vaincre Hayate, mais lorsqu'elle avait essayé de le rejoindre, le jeune homme avait tendu un bras en arrière en lui lançant : « Laisse-nous nous en occuper ! » Le ton était catégorique. C'était le combat de Kadaj et ses frères.

Ces derniers se défendaient bien ; ils avaient l'habitude de se battre contre des adversaires extrêmement rapides. Les balles fusaient, frôlant parfois Isyl et ses amis. Mais bizarrement, aucune ne les touchait ! Leurs armes à feu, ajoutées à la vitesse importante que leur procurait une matéria spéciale, leur permettait de tenir le rythme. Et le Faucheur de Vent lui-même avait du mal à se défendre… Isyl commençait à penser que les Yuu'Gure n'étaient pas aussi puissants qu'on le prétendait. Ils s'étaient facilement débarrassés de la Danseuse Tranchante, et le combat contre Fubuki n'avait pas été si rude que ça ! Soit les pouvoirs qu'Isyl avait récupérés la rendaient vraiment puissante, soit le fait de combattre à plusieurs leur donnait une vigoureuse énergie… Ou alors les Yuu'Gure n'envoyaient que les plus faibles de leurs membres…

Hayate se réceptionna lourdement sur le sol. Il était blessé à de nombreux endroits. Certaines blessures étaient assez graves, l'empêchant d'utiliser sa vitesse supersonique comme bon lui semblait. D'ailleurs, le vif-argent qui animait ses gants commençait à sérieusement faiblir. Il parcourait ses bras lentement, comme un fleuve impétueux dont la crue se serait atténuée. Néanmoins, le Yuu'Gure garda contenance. Il se releva peu à peu, en observant ses ennemis un à un. Un sourire éclaira son visage d'une lueur malsaine.

Et d'un seul coup, il frappa ses mains l'une contre l'autre. Une lumière bleutée embrasa ses avant-bras, alors qu'il fonçait comme un guépard sur Isyl. La jeune femme se dit avec effarement qu'elle n'aurait jamais le temps d'esquiver. C'est alors qu'un corps se jeta sur elle, la projetant sur le côté. Un cri de douleur retentit à ses oreilles…

-Opale ! s'écria-t-elle en voyant la jeune fille la protéger de son corps.

Elle se releva lentement, une main plaquée sur son œil droit. Du sang coulait entre ses doigts ! Opale tituba et grimaça de douleur. Son œil… Elle leva la tête en direction du Yuu'Gure qui était retourné au centre de l'arène, l'air épuisé, et le fixa avec une rage non-contenue.

-Oh ? s'étonna Hayate. Tu as perdu ton œil ? Pauvre petite…

-La ferme ! Hurla-t-elle, haineuse.

Isyl ne l'avait jamais vue dans cet état. Elle connaissait peu la jeune fille, mais elle savait qu'elle avait un caractère doux et timide. Mais là… La brune pouvait presque voir des flammes de haines consumer son corps ! Elle s'écroula, mais Isyl la rattrapa de justesse et l'aida à se tenir debout.

-Opale… Ton aura… !? s'exclama Amaria, le visage tourné vers elle.

Amaria pouvait voir les auras, qui selon leurs humeurs, représentaient les émotions des gens. Opale se débattit et se libéra des mains de Isyl, et voulut se jeter sauvagement sur le Faucheur de Vent qui la regardait avec dédain. Il leva un bras pour l'achever ; cependant, avant qu'il ait pu lancer la moindre attaque, l'éclat d'une lame se plaça sous sa gorge. Le Yuu'Gure regarda le Souba qui le menaçait avec un air d'incompréhension totale. Quelques temps auparavant, Hayate avait cru envoyer au tapis le jeune homme qui paraissait sérieusement blessé. Mais…

-Quoi ? Mais je t'avais… ! s'exclama-t-il.

-Ne te fie jamais aux apparences, Hayate, murmura Kadaj près de son oreille. Nous sommes plus résistants que nous en avons l'air.

Et, sans qu'une once de pitié soit visible sur son visage, il trancha la gorge de son ennemi. Hayate mourut sur le coup, et tomba aux pieds du jeune homme qui le fixait avec le même dédain que le Yuu'Gure, un peu avant. Opale cessa de se débattre, interloquée. Son œil droit maculé de sang était fermé, et paraissait sérieusement touché… Tout à coup, elle s'effondra au sol, sonnée. Les autres se précipitèrent près d'elle, afin de l'allonger correctement et de lui prodiguer les premiers soins. La jeune fille ferma son œil encore valide et appela doucement Nami, qui s'approcha timidement.

-Est-ce que tu peux la soigner ? lui demanda Isyl.

Des larmes perlèrent au coin des yeux de l'adolescente. Elle secoua la tête, désolée.

-Je l'aimerais, mais… Tout ce que je peux faire, c'est arrêter l'hémorragie… Les matérias de soin ne peuvent pas guérir un organe qui a été détruit !

Opale hocha la tête et prit la main de Nami entre les siennes. Elle lui dit qu'elle comprenait, et qu'elle acceptait de perdre un œil. Isyl la regarda. Elle l'avait protégée, au risque de mourir… Et à cause de l'idiotie de la brune, elle avait perdu un œil !

-Isyl… souffla la jeune femme. Ne t'en veux pas pour ça ; ta vie est bien plus importante que mon œil.

-Mais je ne veux pas que vous souffriez à cause de moi ! rétorqua-t-elle.

Elle avait eu tort de demander à ses amis de l'accompagner. Par sa faute, ils risquaient de tous mourir ! Sephiroth posa une main sur son épaule, tandis que Nami soignait Opale. Lorsqu'elle eut fini, son œil paraissait en bonne santé, mais il resta fermé, éteint. Opale tenta de se relever, mais elle retomba mollement au sol. Elle ne pourrait pas continuer dans cet état-là…

Une violente lumière attira soudain le regard d'Isyl et de ses compagnons vers la sphère. Les orifices s'étaient mis à briller intensément. Sephiroth et Isyl échangèrent un regard. La dernière offensive des Yuu'Gure était en train de débuter… la lumière redoubla de puissance, aveuglant les jeunes gens qui durent se protéger le visage. C'est alors que la Rivière de la Vie recouvrit la sphère. Elle sortit du sol autour d'eux, mais aussi certainement à l'extérieur de la sphère. Et sûrement partout dans le monde… Elle enveloppa la sphère qui devint vert clair, presque blanche. Des volutes couleur émeraude s'élevèrent du sol vers les cieux, en attirant au passage des blocs de béton, et vinrent s'ajouter à un flot continu qui parcourait la surface de la sphère !

-Nous ferions mieux d'y aller, avant que tout soit détruit, lança Sephiroth.

-Partez sans moi, s'exclama Opale, l'air terrifiée. Je vais vous ralentir, alors partez !

-Non ! fit Nami. Je reste avec toi. Je ne peux pas te laisser seule !

La jeune fille lui fit signe de partir, mais sa cadette s'accrocha à son bras comme à une bouée de sauvetage. Isyl non plus ne voulait pas abandonner celle qui l'avait sauvée d'une mort certaine ! Mais ils n'avaient pas le choix… La situation devenait catastrophique ! Elle se releva et s'écarta un peu de Opale.

-Restez tous ici, déclara-t-elle à ses amis. C'est trop dangereux ; je ne veux pas que l'un d'entre vous meure ou soit blessé à cause de moi !

Kadaj vint faire face à la jeune femme. Il tint fermement son sabre, qui était encore taché du sang du Yuu'Gure.

-Si tu veux partir seule, alors il faudra me passer sur le corps, dit-il avec défi. Tu ne veux pas que l'on soit blessés, mais moi, je ne veux pas voir ton corps sans vie encore une fois.

-Kadaj a raison, renchérit Yazoo. Nous avons accepté de venir avec vous parce que nous connaissions les risques que nous encourions. Nous n'allons pas abandonner maintenant, alors que nous sommes si prêts du but !

-Je sais que je t'ai fait beaucoup de mal, mais je veux me rattraper. Alors laisse-moi venir ! dit à son tour Marduk.

-Jenova nous attend au fond de ces ruines, fit Amaria en scrutant le ciel. Si nous n'y allons pas maintenant…

-Elle va tous nous tuer, termina Loz. Tu sais qu'elle nous a beaucoup fait souffrir par le passé. Nous ne la laisserons pas te faire la même chose.

-Ne t'inquiète pas pour moi, la rassura Opale. Je vais aller bien !

-Nous vous attendrons ici ! dit Nami, accroupie près de la jeune fille.

Isyl regarda ses amis, un par un. Leurs paroles la touchaient plus qu'elle ne l'aurait imaginé, et elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Enfin, elle vit les yeux de Sephiroth croiser les siens. Sans détourner le regard, avec un sourire à peine visible, il lui dit :

-Tu nous a sauvés de la mort plus d'une fois. Alors pourquoi ne ferions-nous pas la même chose pour toi ?

Elle leur sourit à tous. Leur courage dépassait l'entendement ! Dépassée par ses propres émotions, sans savoir ce qu'elle allait dire, elle s'entendit répondre :

-Merci. A tous !

-Maintenant, allons-y ! s'exclama Kadaj. Les Yuu'Gure ne nous attendrons pas pour démarrer les festivités !

Ils aidèrent Opale à se dissimuler derrière les ruines d'une maison. Ici, elle serait à l'abri de tout ce qui pourrait se passer dans la sphère. Enfin, Isyl l'espérait… Nami s'assit à même le sol à côté d'elle, et leur dit qu'il fallait qu'ils partent, maintenant. La jeune femme acquiesça à contrecœur. Elle avait l'impression d'abandonner les deux jeunes filles. Mais elles, elles souriaient ; elles avaient l'air d'être sûr de leur victoire sur les Yuu'Gure.

Tous les sept se dépêchèrent de rejoindre le cœur de la sphère. Au-dessus d'eux, la Rivière de la Vie se mit à gémir, à l'image d'un cétacé pris dans les filets d'un chasseur. Comme le disait Kadaj, les Yuu'Gure n'attendraient pas… Sauf s'ils voulaient à tout prix s'amuser un peu avec eux…


Ah, j'ai enfin compris ce qui n'allait pas ! Le combat contre Hayate est trop court, et j'ai seulement utilisé les PoV d'Isyl. Enfin, ce n'est pas grave, il fallait bien laisser un peu de place pour la suite !