Bonjour
Voici le chapitre 29 corrigé par Elyrine comme toujours donc bien sûr merci à elle.
Dean se heurte à l'incompréhension de ses proches. Il doit une nouvelle se justifier.
Merci pour votre fidélité et vos messages.
Bonne lecture et à jeudi
Sydney8201
Musique du chapitre :
You are not alone De Michael Jackson
Chapitre 29 : Incompréhension
« L'incompréhension le plus souvent ne vient pas d'un manque d'intelligence mais d'un manque de sens. »
Friedrich Von Schlegel
Quand Dean rouvrit les yeux, il était toujours dans la même chambre d'hôpital. Pendant une seconde, comme à chaque fois qu'il se réveillait, il espérait se rendre compte que tout ceci n'avait été qu'un affreux cauchemar. Qu'il n'avait pas été kidnappé par Gabriel, torturé et mutilé par un homme déterminé à faire souffrir Castiel. Il voulait croire qu'il était toujours dans le même lit que son petit ami. Qu'il n'était jamais parti et que tout allait pour le mieux. Qu'ils étaient prêt à travailler sur leurs différences et trouver un moyenne de résoudre leurs problèmes.
A chaque fois, il ressentait la même déception. Tout était vrai et il devait l'accepter. Il continuait à être en danger et Castiel était menacé également. Ils allaient devoir retrouver Gabriel et le tuer. Dean deviendrait un meurtrier. Il ne pourrait pas y échapper. Il n'en avait même pas vraiment envie. Gabriel méritait de mourir.
Il n'avait que peu de choses auxquelles se raccrocher depuis qu'il était ici. La police surveillait sa chambre et empêchait Castiel de venir le voir. Il allait devoir leur mentir sur ce qui lui était arrivé. Et il lui manquait toujours un doigt. Heureusement pour lui, il retirait tout de même deux choses positives dans cette histoire. Castiel et lui avaient parlé et avaient choisi de ne pas s'en vouloir mutuellement. Ils allaient pouvoir avancer et tenter de reconstruire quelque chose ensemble. Et Dean allait bientôt revoir son frère. Sam était en route pour l'hôpital. Il lui faudrait plusieurs heures encore mais Dean était content. Il avait besoin de le voir. Besoin de lui parler. Et besoin de s'excuser de vive voix pour tout ce qu'il lui avait fait subir ces derniers mois.
Dean cligna plusieurs fois des paupières pour finir de se réveiller. Les médecins lui donnaient de la morphine pour lui éviter de souffrir. S'il était soulagé de ne pas avoir mal constamment, il n'aillait pas du tout l'état dans lequel cela le mettait. Il n'avait pas les idées claires et il avait toujours envie de dormir. Il avait du mal à réfléchir.
On lui avait assuré qu'il allait s'en sortir et que ses blessures n'étaient pas graves. Il était dans un sale état et il allait avoir besoin de plusieurs semaines pour être totalement en forme à nouveau. Son doigt ne repousserait pas comme par magie. Il serait handicapé toute sa vie. Mais il s'en était sorti. Il avait réussi à se battre et à échapper à son bourreau. Beaucoup le félicitaient pour son courage et sa force. Dean avait envie de leur dire qu'il ne le devait qu'au fait d'avoir entendu la voix de Castiel dans sa tête. Il ne l'avait pas fait uniquement parce qu'il refusait de l'impliquer. Il savait que la police viendrait bientôt l'interroger. Mais il ne dirait rien. Il mentirait pour couvrir Castiel. Il se fichait qu'on le croie ou non.
Meg lui avait assuré après son coup de fil avec Castiel qu'il avait encore un peu de temps devant lui pour préparer ce qu'il leur dirait. Elle avait parlé longuement avec le personnel et lui avait obtenu un répit. Il était soulagé de l'avoir de son coté. Il ne savait pas grand chose d'elle mais Castiel lui faisait confiance. Et Dean avait besoin d'un allié. Elle ferait en sorte de faire entrer Castiel dans sa chambre. Dean lui en serait éternellement reconnaissante si elle réussissait. Tout comme il était reconnaissant envers la jeune femme qui l'avait conduit ici. Il allait devoir demandé son nom à la police pour lui envoyer des fleurs. Une carte peut être. Elle lui avait sauvé la vie. Sans elle, Gabriel aurait probablement réussi à le retrouver. Ou il serait mort sur le bas côté. Il ferait en qu'elle comprenne l'importance de son geste.
Mais pour le moment, il devait avant tout reprendre des forces. Castiel le lui avait ordonné et il avait sans doute raison. Les prochains jours risquaient d'être compliqué et Dean aurait besoin d'être suffisamment en forme pour affronter tout ce qui l'attendait.
Il tenta de se rendormir mais dès qu'il eut fermé les yeux, un bruit dans la chambre attira son attention. Il rouvrit les paupières aussitôt et en chercha l'origine. La lumière était éteinte et il ne voyait pas grand chose. Mais il était évident qu'il n'était plus seul dans sa chambre. Pendant une très courte seconde, il eut peur que Gabriel ait réussi à le retrouver. Il se raisonna toutefois rapidement. Il ne prendrait pas ce risque. Il avait peut être envie de se venger mais la police était devant sa porte et il ne pourrait jamais s'introduire dans sa chambre sans qu'on le voie. Il s'agissait forcément de quelqu'un d'autre.
Dean sentit son cœur s'accélérer. Il ne savait pas depuis combien de temps il dormait. Meg avait peut être réussi à faire entrer Castiel durant son sommeil. Il sourit malgré lui.
- Cas, souffla t-il.
- Désolé mais non. Ce n'est que moi. Benny.
Dean regarda son ami et ancien coéquipier s'approcher de son lit. Il ne comprenait pas ce qu'il faisait là. Il savait que le FBI avait été prévenu puisqu'il était toujours officiellement l'un d'entre eux. Mais il y avait forcément une antenne plus proche. Benny n'aurait jamais du être celui qu'on avait envoyé pour lui parler. Sauf qu'il avait insisté pour venir. Ce qui était tout à fait possible.
Et Dean avait prononcé le nom de Castiel devant lui. Il allait devoir trouver une excuse plausible.
- Benny ? Désolé. Je crois que la morphine qu'ils me donnent ici embrouillement l'esprit.
Son ami n'était clairement pas dupe. Il était bien plus intelligent que ça. Il devait avoir compris que la présence de Dean à l'hôpital avait quelque chose à voir avec Castiel.
- Ou peut être que c'est lui que tu attends au contraire.
- Je n'ai aucune idée de l'endroit où il se trouve. Je te l'ai dit au téléphone.
- Tu peux arrêter de me mentir Dean. Je ne suis pas stupide et je sais que c'est à cause de lui que tu es dans ce lit d'hôpital. Je me demande juste s'il t'a fait tout ça ou si c'est un de ses hommes de main qui s'en ait chargé à sa place.
Dean ne put s'empêcher d'être en colère en entendant Benny sous entendre que Castiel pouvait être directement responsable de son état. Bien sûr, il savait l'image que son ami avait de son petit ami. Il le prenait pour un monstre. Il le croyait capable du pire. Il ne pouvait pas comprendre que Castiel ne lèverait jamais la main sur lui. Qu'il était incapable de lui faire du mal volontairement.
- Qu'est-ce que tu fais là Benny ? Demanda t-il alors.
Benny s'assit sur la chaise à côté de son lit et croisa ses bras sur son torse.
- Que tu veuille bien le croire ou non, je suis ici parce que je suis inquiet pour toi. Et parce que j'avais besoin d'être sûr que tu vas bien.
- Si tu es venu ici en espérant tomber sur Castiel, tu perds ton temps. Il ne va pas venir.
- Tu crois vraiment que coincer cet enfoiré est la première idée qui me sois venu à l'esprit quand j'ai appris que tu étais à l'hôpital ? Tu me connais si mal que ça Dean ? Tu ne penses pas une seconde que j'ai pu avoir envie de venir pour toi.
Dean savait qu'il était probablement injuste envers son ami. Benny avait toujours été de son côté. Il l'avait toujours soutenu. Et si les rôles avaient été inversés, Dean aurait aussi accouru à son chevet. Mais ce que son ami avait dit quelques minutes plus tôt résonnait toujours à ses oreilles et il avait du mal à se montrer lucide.
- Ce n'est pas Castiel qui m'a fait ça, assura t-il alors parce qu'il avait besoin que son ami l'entende.
Benny semblait toujours sceptique.
- Qu'est-ce qui me dit que tu ne cherches pas à le couvrir ? Tu le fais depuis un moment maintenant et quelque chose me dit que tu serais parfaitement capable de le faire à nouveau.
- Je me fiche de ce que tu peux penser de lui. Mais si tu es ami comme tu le prétends alors tu devrais avoir confiance en moi. Tu devrais me croire quand je te dis qu'il ne m'a pas fait ça. Je ne cherche pas à le couvrir. Je ne suis pas sa victime.
- Mais tu es une victime tout de même. Il ne t'a peut être pas fait tout ça directement mais il est responsable. On le sait tous les deux. Dean … ils t'ont coupé un doigt. Ils t'ont torturé et ils auraient pu te tuer. Tu as conscience au moins de tout ça ?
Dean ricana une seconde. Benny semblait à la fois furieux et frustré de ne pas réussir à lui faire entendre raison. Mais il n'était pas stupide. Il avait conscience du danger qui planait sur lui depuis le début de cette histoire.
- J'ai conscience d'avoir été torturé par un monstre qui cherchait à se servir de moi contre Castiel. Mais il n'est pas responsable de ce qui m'est arrivé pour autant.
- C'est ce qu'il t'a dit ? Que tout ceci n'était pas de sa faute ?
- Si tu veux tout savoir, non. Il s'est même excusé. Mais je sais qu'il n'est pas responsable et tu ne réussiras pas à me convaincre du contraire alors … si tu n'as rien de plus à me dire, tu peux partir. Je ne voudrais pas te faire perdre ton temps inutilement.
Benny ne bougea pas de sa chaise et Dean sut alors qu'il ne quitterait pas sa chambre avant de lui avoir dit tout ce qu'il avait à lui dire. Il reviendrait sans doute sur ses mensonges. Et Dean allait devoir s'expliquer. Ou au moins se défendre. Il n'avait pas envie d'avoir cette conversation maintenant. A vrai dire, il aurait aimé ne jamais avoir à discuter de tout ça avec son ami.
- Tu étais avec lui depuis ton départ n'est-ce-pas ? Demanda finalement Benny.
Dean pouvait nier et assurer qu'il ne l'avait retrouvé qu'après son kidnapping. Mais il savait que son ancien coéquipier en le croirait pas. Et il était fatigué de mentir. Il allait devoir le faire quand la police viendrait l'interroger. Il ne voulait pas avoir à le faire également avec Benny ou Sam. Peu importait qu'ils soient incapables de le comprendre. Dean avait besoin de se montrer honnête avec eux.
- Il est venu me chercher juste après s'être échappé oui. Et je l'ai suivi.
- Pourquoi ne pas m'en avoir parlé ? Pourquoi … pourquoi ne pas avoir appelé la police pour le dénoncer ? Tu aurais pu éviter tout ça.
- Tu connais déjà la réponse Benny. Pourquoi me forcer à te la donner ?
Benny le savait forcément puisque Dean le lui avait déjà dit après sa sortie de prison. Il connaissait la nature de ses sentiments pour Castiel. Il semblait pourtant avoir besoin de l'entendre à nouveau. Et Dean était fatigué d'avoir toujours à le répéter.
- Peut être que j'ai besoin de l'entendre parce que j'ai encore du mal à le croire. Peut être que tout ceci me semble complètement dingue. Dean … tu es … étais un agent du FBI. Tu as toujours été respectueux des lois et tu as toujours eu un sens profond de ce qu est juste ou non. Comment as-tu pu renier tout ceci pour un type dans son genre ? Tu mérites tellement mieux.
- Ce n'est pas une question de ce que je mérite ou non. Je l'aime Benny. Je ne l'ai pas choisi et peut être que j'aurais fait en sorte de ne pas tomber amoureux de lui si j'avais pu changer quelque chose mais … je l'aime, c'est aussi simple que ça. Et je ne peux pas vivre sans lui.
Il ne voyait pas comment l'expliquer autrement. Il savait bien que son histoire avec Castiel n'avait rien de logique. Il était un agent de FBI et son petit ami était un criminel recherché. Ils étaient trop différents. Ils appartenaient à deux mondes totalement opposés. Ils auraient du se détester. Et pourtant, il avait trouvé chez Castiel tout ce dont il avait besoin. Tout ce qui lui manquait. Il avait trouvé sa moitié. Son âme sœur. C'était sans doute incompréhensible mais pour lui, c'était étrangement logique en fin de compte. Il n'avait juste pas les mots justes pour l'expliquer à son entourage.
- Il te fera tuer. Il ne sera peut être pas celui qui appuiera sur la détente mais il va te conduire à ta perte. Et je ne peux pas rester sans rien faire. Je ne peux pas fermer les yeux sur une issue que je sais inévitable. Je ne vais pas te laisser mourir simplement parce que tu es amoureux de la mauvaise personne.
- Alors quoi ? Demanda aussitôt Dean. Tu vas me faire arrêter ? Tu vas me dénoncer ?
Il doutait que Benny en soit capable mais il n'aurait pas pu le jurer. Il ne reconnaissait plus vraiment son ami. Ils avaient été proches avant qu'il ne rencontre Castiel. Cette histoire avait mis de la distance entre eux et Dean avait à présent la sensation d'être face à un étranger. Il le regrettait vraiment. Il avait peut être perdu son ami pour de bon.
- J'aimerais en être capable si tu veux tout savoir. J'aimerais pouvoir oublier que tu es mon ami et faire mon devoir. Mais tu sais que je ne le ferais pas. Je ne pourrais jamais te trahir de la sorte. Pas même après que tu m'aies trahi toi de ton côté.
- Je ne t'ai pas trahi Benny.
- Tu m'as menti. C'est la même chose.
Dean était surpris par la façon dont son ami percevait les choses. Il ne semblait pas tant perturbé par le fait que le jeune homme ait enfreint la loi. Il était bien plus blessé par le fait qu'il lui ai menti à lui.
- Non, ce n'est pas la même chose. Et désolé de te le dire mais tu n'es pas le centre de l'univers Benny. Je n'ai pas à construire ma vie et à prendre mes décisions en songeant à ce que tu pourrais ressentir. J'ai besoin de penser à moi avant tout. Et pour la première fois de ma vie, c'est exactement ce que j'ai fait en choisissant de le suivre.
- Je ne t'ai jamais demandé de me faire passer avant tout le reste ou d'agir en fonction de ce que je pourrais vouloir te faire faire ou non. Mais j'ai toujours été là pour toi. Je t'ai toujours soutenu. Je t'ai même couvert après la prison. J'ai essayé de te comprendre et j'ai refusé de te juger. Pour avoir quoi en retour hein ? Plus de mensonges. Je suis désolé Dean mais j'estime que je méritais mieux.
Benny avait sans doute raison. Il avait toujours été là pour Dean. Plus encore après la fin de sa mission. Il l'avait écouté parler de Castiel et il ne l'avait pas jugé sur ses sentiments. Il avait été un ami exemplaire. Dean, de son côté, avait continué à lui mentir. Il méritait effectivement mieux. Il ne l'avait toutefois pas fait pour lui faire du mal. Il s'en était même atrocement voulu. Il avait besoin que Benny le comprenne. Il ne voulait pas que leur amitié soit gâchée par ce qui était arrivé. Même s'il doutait que son ancien coéquipier puisse réellement lui pardonner et le comprendre.
- Si ce sont des excuses que tu attends, alors je suis désolé. Je le suis … sincèrement. J'ai détesté avoir à te mentir. J'étais au fond du trou après notre dernière conversation au téléphone. Je sais que ça ne m'excuse pas mais tu as besoin de le savoir. J'aurais aimé pouvoir tout te dire. J'aurais voulu me montrer honnête.
- Alors pourquoi ne pas l'avoir fait ? Je croyais que tu avais confiance en moi Dean !
- J'ai confiance en toi. J'ai toujours eu confiance en toi. Mais … tu es un agent du FBI et je sais que tu aimes ton métier. Je sais qu'il compte plus que tout à tes yeux. Je ne voulais pas te mettre en porte à faux vis à vis du bureau. Je ne voulais pas t'impliquer et te mettre face à un choix. Je ne voulais pas te forcer à me dénoncer et à te le reprocher ensuite.
- Tu ne me feras pas croire que tu m'as menti pour me protéger. Tu l'as fait uniquement pour le protéger lui !
C'était en grande partie vrai. Dean avait avant tout pensé à Castiel. Il avait refusé de prendre le risque de le voir arrêté. Il avait préféré mentir à son ami que de mettre l'homme qu'il aimait en danger.
- J'avais également peur que tu le dénonces oui. Je l'aime et je … je ne peux pas accepter l'idée qu'il aille en prison par ma faute. Et je sais que tu ne peux pas le comprendre ou l'accepter. Je sais que tu penses que je suis stupide. Je ne t'en veux même pas.
- Ce que tu ne comprends pas Dean, c'est que je n'aurais jamais … tu dis que mon métier est ce qu'il y a de plus important dans ma vie mais tu te trompes. J'aime ce que je fais et j'ai énormément de respect pour l'institution que je sers. Tu le sais. Ça ne veut pas dire pour autant que je la ferais passer avant les gens que j'aime.
- Peut être pas avant Andrea et ton fils mais … avant moi, Benny, sois honnête. Si je t'avais tout dit au téléphone,est-ce que tu peux me promettre que tu n'en auras pas parlé à Rufus ?
Benny ne répondit pas immédiatement et Dean sentit son cœur se briser. Il était évident qu'ils avaient atteint un point de non retour. Ils ne changeraient pas d'avis l'un comme l'autre et les différences qui les opposaient maintenant aurait raison de leur amitié. Dean aurait probablement du le voir venir. Il avait bêtement cru qu'il réussirait à garder Benny dans sa vie tout en restant auprès de Castiel. Il savait à présent que c'était impossible. Et cela le rendait incroyablement triste.
- Je ne peux pas te le jurer. Je veux le voir derrière les barreaux. Je veux le voir payer pour tout ce qu'il a fait par le passé et plus encore pour ce qu'il t'a fait subir même si c'était involontaire. Si j'avais la chance de mettre la main sur lui maintenant, je n'hésiterais même pas. Peu importe que cela me coûte ton amitié. Je l'arrêterais dans la seconde.
- Je ne peux pas t'empêcher d'essayer. Mais je ne t'aiderais pas. Dénonce moi si tu le souhaites. Demande à ce qu'on m'interroges ou qu'on m'inculpe pour complicité. Je m'en fiche. J'irais en prison s'il faut mais je ne témoignerais pas contre lui.
- Je le sais Dean.
Ils se turent ensuite. Ils avaient atteint une impasse et ils le savaient tous les deux. Benny n'accepterait jamais de laisser Castiel tranquille. Et Dean continuerait à refuser de le dénoncer. Ils ne changeraient pas d'avis et le gouffre entre eux semblait totalement impossible à franchir. Leur amitié venait officiellement de prendre fin.
- Est-ce que tu accepterais au moins de me dire qui t'a fait tout ça ?
- Je ne le connais pas. Il ne m'a pas donné son nom. Je pourrais peut être vous le décrire mais je ne me souviens pas de grand chose. J'étais à peine conscient durant tout le temps que cela a duré.
- Tu l'étais assez pour lui échapper.
- L'adrénaline peut faire des miracles.
Benny n'était pas stupide. Il savait que Dean lui mentait. Et le jeune homme ne cherchait même pas à s'en cacher. Ils avaient chacun fait un choix et ils devaient l'assumer.
- Quelque chose me dit que tu as déjà donné son nom à Castiel … et quelque chose me dit que tu sais déjà parfaitement qu'il le tuera.
Dean ne dit rien. Il ne chercha pas à démentir ce que Benny venait d'affirmer. C'était inutile puisqu'ils savaient tous les deux que c'était vrai. Il refusait de manquer de respect envers Benny en lui mentant ainsi ouvertement.
- Je ne pleurerais pas sa mort. Il mérite sans doute de souffrir pour ce qu'il t'a fait. Mais je ne la cautionnerait pas non plus. Tu sais que j'ai toujours été opposé à la peine de mort et tu sais que j'ai trop de respect envers notre système judiciaire pour cautionner quoi que ce soit de ce genre.
- Je ne te le demande pas. Je sais que c'est impossible pour toi.
Benny hocha alors tête, visiblement soulagé que Dean puisse le comprendre. Comment en étaient ils arrivés là ? Lors de leur rencontre, le jeune homme avait immédiatement senti qu'ils finiraient par devenir amis. Il avait croisé d'autres agents à sa sortie de l'académie. Certains étaient ouvertement sceptiques le concernant. D'autres se moquaient clairement de lui. Le reste, enfin, ne semblait pas réellement se soucier de sa présence mais refusait catégoriquement de travailler avec un nouveau. Dean avait alors compris qu'il devrait faire ses preuves et se battre pour s'intégrer. Il avait cru que son futur partenaire serait méfiant et désagréable. Qu'on ne lui confierait que des tâches mineures jusqu'à ce qu'il ait acquis suffisamment d'expérience. Rufus l'avait alors fait venir dans son bureau et lui avait présenté Benny. Il ne leur avait fallu que quelques minutes pour se sentir à l'aise l'un avec l'autre. Leur complémentarité semblait évidente. Et après seulement quelques jours à travailler ensemble, ils étaient devenus amis. Ils plaisantaient et parlaient de tout et de rien. Après deux semaines, Dean rencontrait Andréa. Quelque jours plus tard, Benny rencontrait Sam. A la fin du premier mois, le jeune homme parlait de son homosexualité à son partenaire. Il ne s'était jamais caché avant mais il ne tirait aucune fierté particulière de son orientation sexuelle et il ne le criait pas sur tous les toits. Il n'avait reçu que du soutien de la part de Benny et n'avait jamais entendu la moindre plaisanterie de sa part. Cela n'avait fait que renforcer plus encore leur amitié. Sam parlait souvent de Benny comme de son « mari au travail ». Cela les faisait toujours beaucoup rire. Même Andrea trouvait ça amusant. Ils en jouaient même parfois pour bousculer un peu ceux que l'homosexualité de Dean gênait. Ils avaient fini par devenir plus que des amis. Si Sam plaisantait sur le fait qu'ils formaient presque un couple, le jeune homme parlait de Benny comme de son « frère d'une autre mère ». Et il avait vraiment cru que cela ne pourrait jamais changé. Il avait eu tort.
Car en quelques semaines à peine, il avait perdu son meilleur ami. Il était conscient que rien ne pourrait plus jamais être pareil entre eux. Ils ne pourraient jamais surmonter leurs différences. Et Dean avait fait son choix. Il avait choisi Castiel. Il n'y avait rien de plus à dire ou faire.
- Est-ce que ça passe mieux avec ton nouveau coéquipier ? Demanda t-il finalement.
Il n'était pas stupide. Il ne pourrait jamais plus reprendre son travail. Même s'il renonçait à Castiel et oubliait tout ce qu'il avait fait jusque là, il serait incapable physiquement de retrouver son poste. Il avait beau être droitier, il était tout de même handicapé à présent. Il allait devoir apprendre à s'adapter.
- Ce n'est pas quelqu'un de mauvais et c'est un bon agent. Il est juste … ce n'est pas toi. C'était plus simple quand on travaillait ensemble. Je savais exactement ce que tu attendais de moi et on avait pas besoin de se parler pour se comprendre. Je pourrais peut être retrouvé quelque chose de similaire avec lui mais ça me demandera du travail. C'était naturel avec toi. Ça l'a été depuis le début.
Dean avait de la peine pour son ami. Il supposait qu'il ne devait pas être simple pour lui de repartir de zéro avec un nouveau coéquipier. Il espérait vraiment que les choses finiraient par aller mieux entre eux. Benny était un excellent agent, sans doute l'un des meilleurs, et il méritait d'avoir un coéquipier à sa hauteur.
- J'ai aimé travailler avec toi. Je pensais qu'on me donnerait un coéquipier qui me prendrait de haut comme la majorité des agents le faisaient à mon arrivée. Je dois reconnaître que j'ai été plutôt surpris de tomber sur quelqu'un qui ne semblait pas avoir le moindre préjugé.
- J'aimerais vraiment qu'on puisse travailler ensemble à nouveau un jour.
- Tu sais que c'est impossible.
Benny ne pouvait pas garder cet espoir au risque d'être déçu plus tard. Dean avait besoin qu'il comprenne lui aussi que plus rien ne serait jamais comme avant pour eux deux.
- Ça pourrait l'être si tu changeais d'avis … si tu … si tu voulais juste revenir à ta vie d'avant et oublier tout le reste.
Par « tout le reste », Benny sous entendait Castiel bien sûr. Il n'avait pas besoin de le dire pour que Dean comprenne.
- Même si je changeais d'avis … ce qui n'arriverait pas … on sait tous les deux que c'est impossible. Il me manque un doigt.
- Tu es droitier.
- Et alors ? Tu sais aussi bien que moi que ça ne change rien. Le FBI ne pourrait jamais s'embarrasser d'un élément diminué comme moi.
- Tu pourrais travailler uniquement depuis le bureau … conduire les interrogatoires mais éviter le travail de terrain.
- Si c'était ce que je voulais faire de ma vie, j'aurais choisi un autre métier. Benny … je ne sais pas ce que tu cherches à faire mais je suis conscient de mon handicap et conscient des conséquences qu'il aura sur ma vie à partir d'aujourd'hui. Il est inutile de chercher à me remonter le morale.
Ce n'était pas tout à fait vrai. Dean avait encore du mal à accepter son état. Son handicap. Tout ce que cela pourrait avoir comme conséquences plus tard. Mais il ne voulait pas se laisser abattre. Il savait que d'autres, partout dans le monde, surmontaient au quotidien des handicaps ou des situations pires que ce qu'il vivait. Il refusait de se morfondre. Il allait remonter la pente et s'adapter. Tout ce dont il avait besoin était de Castiel à ses côtés.
- Si tu le dis Dean … si tout est aussi parfait que tu le prétends, alors parfait. C'est tout ce que je souhaite pour toi que tu veuilles le croire ou non.
- Tu sais que je n'aime pas quand tu te montres aussi sarcastiques.
- Et moi je 'n'aime pas quand tu me mens.
- Je ne te mens pas. Je vais bien.
Benny secoua la tête aussitôt. Dean avait fini par oublier combien son ami le connaissait par cœur. Sans doute pas aussi bien que Sam mais suffisamment pour deviner quand il mentait ou non. Et il lisait clair dans son jeu. Dean aurait vraiment aimé ne pas être aussi transparent parfois.
- Je t'ai entendu me dire que tu allais bien des centaines de fois depuis que je te connais. Parfois, c'était vrai. Mais la plupart du temps, tu ne le disais que pour me rassurer et me pousser à passer à autre chose. Je te connais Dean. Je sais que tu n'aimes pas te montrer vulnérable. Et je sais que tu ne vas pas bien. C'est évident. Et ce n'est pas surprenant après ce que tu as subi. N'importe qui à ta place serait totalement effondré. Tu aurais le droit de craquer. Personne ne va ta juger. Certainement pas moi.
- Je ne sais pas ce que tu cherches à me faire dire Benny mais tu n'y arriveras pas. Je n'ai pas besoin de ta pitié. Je n'ai pas besoin qu'on me plaigne. J'ai juste besoin qu'on me laisse tranquille.
- Non, ce dont tu as besoin c'est que quelqu'un t'aide à ouvrir les yeux. Et si cette personne doit être moi alors parfait, je le ferais. Je me fiche que cela te mette en colère ou que tu me détestes ensuite.
Dean pensait sincèrement qu'ils avaient fait le tour de la question au début de leur conversation. Benny avait semblé résigné et le jeune homme avait réellement cru qu'ils ne reviendraient pas sur ce point. Mais de toute évidence, son ami avait juste eu besoin d'un peu de temps pour rassembler ses idées, trouver de nouveaux arguments et passer à nouveau à l'attaque.
- Je n'ai plus envie d'en parler, tenta t-il alors même s'il savait que cela ne le mènerait à rien.
Quand Benny avait une idée en tête, il était impossible de la lui sortir. Il était généralement préférable de le laisser faire ce qu'il voulait avant de pouvoir ensuite passer à autre chose.
- Tu n'as peut être pas envie d'en parler et je sais que je ne peux pas te forcer à le faire parce que tu es encore plus têtu que moi mais tu vas m'écouter. Je ne partirais pas avant de t'avoir dit tout ce que j'ai sur le cœur et tout ce que tu as besoin d'entendre.
- Benny, s'il te plaît … ce n'est pas le moment, souffla t-il.
- Sauf que je sais que ça ne le sera pas plus d'ici quelques heures ou quelques jours. Et de tout façon rien ne me garantit que j'aurais une autre opportunité de te parler dans l'avenir. Je sais exactement ce que Castiel a en tête. Il te fera disparaître dès qu'il le pourra et je ne te reverrais plus. C'est maintenant ou jamais.
Dean détourna alors les yeux. Il savait que ce que son ami n'avait pas tort. Rien ne pouvait leur garantir qu'ils se verraient à nouveau. Le jeune homme ferait en sorte de convaincre Castiel de garder Sam dans sa vie. Il ne pouvait pas concevoir son existence sans que son petit frère en fasse partie. Mais il n'était pas sur de pouvoir obtenir la même chose pour Benny. Il représentait un danger pour eux. Il représentait tout ce qui était voué à les séparer. Il allait sans doute devoir accepter de ne plus jamais le revoir.
- Je pourrais appeler l'officier de police qui est stationné devant al porte de ma chambre et lui dire que tu m'ennuies. Je suis sûr qu'il te fera sortir aussitôt.
- Ou tu pourrais te taire et m'écouter. Je suis un agent du FBI et j'ai toute autorité pour me trouver dans cette chambre avec toi. Il me suffira de dire à ce policier que tu délires en raison de la morphine pour qu'il me laisse tranquille. Ce que je serais parfaitement capable de faire si tu ne te montres pas raisonnable.
Dean ne gagnerait pas ce combat. Il le savait. Benny pouvait être plus têtu que lui quand il avait une idée en tête. Il pouvait tenter de gagner du temps mais il ne ferait que retarder l'échéance. Il était préférable de laisser Benny parler pour ensuite pouvoir se débarrasser de lui.
- Dis moi ce que tu as à me dire mais je préfère te prévenir, c'est une perte de temps.
- Peut être ou peut être pas. On ne le sera qu'une fois que j'aurais fini.
Dean ne regardait toujours pas Benny. Il n'en avait pas le courage. Il savait exactement ce qu'il trouverait dans le regard de son ami. De la déception. De la colère. De la haine peut être même. Il pouvait accepter cela. Il savait qu'il le méritait sans doute. Mais il savait qu'il risquait également d'y trouver une note d'espoir. Benny voulait croire que son petit discours changerait quelque chose. Dean détestait savoir que ce ne serait pas le cas. Et que cet espoir serait inévitablement déçu. Il préférait l'ignorer que de lui faire face en sachant tout cela.
- Tu n'es pas uniquement mon ami Dean. Tu n'es pas même seulement mon meilleur ami. Tu es mon frère. Je sais qu'on en se l'ai jamais dit ouvertement mais on a toujours été sur la même longueur d'onde sur ce point. Je t'aime comme si tu faisais parti de ma famille et j'ai toujours ressenti le besoin quasi viscéral de veiller sur toi. Pas parce que j'avais plus d'expérience ou que j'étais techniquement ton supérieur et certainement pas parce que je pensais que tu avais plus besoin qu'un autre mais parce que je me voyais comme ton grand frère et tu sais mieux que quiconque ce que cela signifie. J'ai toujours voulu te protéger. Et je continue à en avoir envie même si je sais que tu n'aimes pas ça.
Dean grimaça mais continua à fixer le mur en face de lui. Il s'était souvent disputé avec son ami sur ce point. Notamment quad il était encore sous couverture en prison. Il estimait ne pas avoir besoin que Benny veille sur lui. Il était adulte et parfaitement capable de se défendre lui même. Mais d'une certaine manière, il pouvait le comprendre. Il était pareil avec Sam. Il avait toujours fait en sorte de veiller à ce qu'il ne manque de rien, à ce qu'il soit heureux et à ce qu'il puisse obtenir tout ce qu'il désirait. Peu importait que Sam soit adulte à présent et peu importait que cela l'énerve. Il continuait à veiller sur lui parce que c'était son rôle en tant que grand frère.
- Je t'ai vu grandir au sein de FBI. Je t'ai vu devenir l'un de nos meilleurs agents. Et je t'ai vu prendre de plus en plus de risques pour faire tes preuves. Je pouvais l'accepter tant que j'avais la possibilité de garder un œil sur toi. Puis tu as accepté cette mission en prison et j'ai su alors que ce serait une véritable torture pour moi. Je ne pourrais pas être là constamment avec toi pour veiller à ce qu'il ne t'arrive rien. Je serais totalement impuissant. Je voulais croire que tout irait bien mais je t'ai vu changé quand tu étais là bas. Je t'ai vu devenir cet homme que je ne reconnais pas. J'aurais tout fait pour te sortir de là. J'ai même essayé. En vain. Tu étais déterminé à mener cette mission à bien. Et quand tu as enfin pu sortir, il était évident que tu n'étais plus le même. Lais j'étais là avec toi à nouveau et je pensais vraiment que je saurais comment faire pour t'aider à remonter la pente. A redevenir toit même. Je pensais pouvoir retrouver mon coéquipier … mon meilleur ami et mon frère.
Benny s'interrompit alors et Dean déglutit avec peine. Il n'avait pas pensé une seconde à tout ce que Benny avait pu traverser quand il était en prison. Il s'était fait du souci pour Sam et ses proches. Il avait également beaucoup pensé à lui et à Castiel. Mais jamais il n'avait imaginé que Benny souffrait atrocement de son coté. Il avait été égoïste. Il lui avait même reproché d'agir dans son dos quand son ami ne faisait qu'essayer de l'aider de la seule manière possible.
- Mais tu ne m'en as pas laissé l'opportunité. Tu es partie avant que je puisse faire quoi que ce soit. J'ai tenté de ma raccrocher à l'idée que tu reviendrais rapidement. Que tu avais juste besoin de temps. Je voulais croire qu'il existait une infime possibilité pour que tout redevienne comme avant à ton retour. J'y ai bêtement cru jusqu'à ce qu'un collègue de San Antonio m'appelle pour me dire que tu étais ici. Que tu avais été enlevé et torturé et … peut être que je me suis toujours douté que tu étais avec Castiel et que tu me mentais sur les raisons de ton départ ou peut être que je l'ignorais réellement mais … au moment même où j'ai raccroché, je savais.
Dean n'était pas surpris. Benny était quelqu'un d'intelligent. Il était presque qu'il se doutait depuis le début qu'il lui avait menti et qu'il était parti avec Castiel. Il avait juste refusé de le voir tant qu'il pouvait encore l'ignorer.
- Tu dois probablement te demander pourquoi je te dis tout ça ? C'est simple Dean. Ce que je veux te faire comprendre, c'est que je te connais. Je te connais comme agent du FBI, comme ami et comme homme en général. Je sais comment tu fonctionnes et je sais comment tu réagis quand tu es face à un problème. Je peux lire clairement en toi … comme dans un livre ouvert. Je le peux parce que j'ai passé toutes ces années à te regarder. A t'observer pour m'assurer que tu allais bien. Pour anticiper les moments où tu aurais besoin de moi. Je ne t'ai jamais perdu des yeux sauf quand tu étais en prison. Et malheureusement pour moi, c'est à ce moment que Castiel a mis le grappin sur toi … au seul moment où je ne pouvais pas l'en empêcher.
- Il ne m'a pas mis le grappin dessus. Il est tombé amoureux de moi et je suis tombé amoureux de lui. Pourquoi est ce que c'est si difficile à comprendre pour tout le monde ?
- Tu es libre d'employer les mots qui te chantent et je suis libre de choisir ceux qui me conviennent. Ce n'est pas là l'important.
- Ah oui et qu'est-ce qui est important hein ? Parce que pour le moment, tout ce que tu as fait c'est me raconter l'histoire de ma vie et ce n'était pas nécessaire parc que je l'ai vécu et que je sais tout ce qu'i savoir dessus.
Dean avait vraiment envie que son coéquipier en vienne au fait et qu'il le laisse ensuite tranquille. Il avait envie de dormir. Envie de fermer les yeux et d'oublier sa visite. De ne les rouvrir que lorsque Castiel serait avec lui.
- Ce que j'essaie de te dire c'est que parce que je te connais par cœur, je sais que tu ne vas pas bien. Tu veux te convaincre que tout est parfait et que ton amour pour Castiel suffira à te rendre heureux mais tu te trompes … et je sais qu'au plus profond de toi même, tu le sais aussi. Ce que j'ai besoin que tu attendes, c'est que tout ceci … ce que tu as subi jusque là n'est que le commencement. Ta vie ne pourra jamais être telle que tu l'imagines. Tu seras traqué et poursuivi .. par la police et par tous les criminels qui veulent la peau de Castiel. Tu devras fuir constamment. Tu ne pourras jamais trouver un travail et jamais te poser où que ce soit. Tu seras toujours en danger. Tu souffriras. Tu seras probablement blessé à nouveau ou même pire. Ce que tu as besoin de comprendre, Dean, et je sais que je suis le seul à avoir le courage de te le dire, c'est que cette vie en laquelle tu veux tant croire te rendra malheureux d'une façon ou d'une autre et que tu ne peux rien faire pour y échapper. Castiel n'arrêtera jamais. Il sera toujours un criminel. Et tu devras fermer les yeux sur toutes les horreurs qu'il commettra. Tu devras accepter de renier tout ce à quoi tu crois et probablement de perdre tous ceux à qui tu tiens. Et si toutefois, tu te lances tout de même dans cette histoire, tu finiras par te détester et par regretter ton choix … que ce soit dans une semaine ou dans dix ans. Malheureusement pour toi, il sera très certainement trop tard pour revenir en arrière et pour effacer tout ce que tu auras fait. Choisir Castiel aujourd'hui revient à te condamner pour de bon Dean. J'espère que tu en as conscience.
Ce que Benny venait de dire faisait écho à tout ce que le jeune homme craignait. C'était exactement ce qui l'avait poussé à quitter son petit ami. Il avait eu peur de changer. Peur de perdre de vue l'homme qu'il était et de finir par se détester. Pire encore, il avait eu peur de finir par détester Castiel et par lui reprocher de l'avoir poussé à le choisir lui. Ce qui serait injuste et cruel. Il avait voulu agir avant que cela n'arrive. Mais il s'était ensuite rendu compte de son erreur. Vivre sans Castiel était pire que de prendre le risque de vivre avec lui et de souffrir ensuite. Il avait besoin de tenter sa chance. Même s'il savait que la menace était réelle.
Il était évident que Benny attendait sa réaction. Il devait espérer que son petit discours aurait suffi à convaincre Dean de changer d'ais. Il avait toutefois tort. Dean était déterminé.
- Tu as fini ? Demanda t-il alors.
- J'ai fini, répondit Benny aussitôt.
- Parfait. J'ai fait ce que tu me demandais. Je t'ai écouté. Maintenant, je veux que tu quittes cette chambre. Et je veux que tu quittes aussi cet hôpital. On n'a plus rien à se dire.
C'était sans doute injuste envers Benny quand il n'avait que tenté de l'aider. Mais Dean ne pouvait pas le laisser rester. Il ne pouvait pas l'écouter plus longuement faire la liste de tout ce qui risquait de se mettre entre Castiel et lui quand il en avait déjà parfaitement conscience. Il ne voulait pas prendre le risque de finir par avoir des doutes. Il était plus sûr de repousser Benny que de laisser le pousser à se poser des questions.
- Dean, je …
- Si tu ne sors pas immédiatement, je crie au viol. Je te jure que je le ferais.
- Tu ne peux pas …
- Sors Benny. Je t'en supplie.
Il ne se retourna pas mais entendit son ami se lever de sa chaise puis s'éloigner. Il l'entendit ensuite ouvrir la porte et la refermer derrière lui. Dean ne put s'empêcher d'être soulagé. Il avait eu peur que son ami insiste pour rester. Il n'était pas sûr qu'il aurait été capable de mettre ses menaces à exécution si Benny était resté.
Il ferma les yeux, espérant s'endormir à nouveau. Les mots de son ami tournaient en boucle dans sa tête et des questions commençaient doucement à se former dans un coin de son esprit. Il avait besoin de Castiel maintenant. Il avait besoin que son petit ami soit là pour lui faire oublier tout le reste. Pour faire taire les doutes. Pour lui rappeler pourquoi il l'avait choisi lui à chaque fois. Dean avait besoin de l'homme qu'il aimait pour commencer à aller mieux. Et rapidement.
