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29. Retour au château

On arrive avec la poudre de cheminette dans le bureau de Dumbledore, où McGonagall nous accueille en nous sautant presque dessus.

« Inconscients ! Marmonne-t-elle en nous observant sous toutes les coutures. Complètements inconscients ! »

Elle fait apparaître des chaises au fur et à mesure, et nous fait asseoir dessus comme si on allait tomber à tout moment. Ce qui n'est pas loin de la vérité.

Après nous avoir retrouvé, Dumbledore a ligoté les deux doubles, puis les a fait léviter devant lui, et nous a demandé de le suivre jusque dans le hall.

Là, le ministre sous bonne garde a discuté avec lui, et ensuite des aurors se sont chargés des deux doubles, ainsi que de mon père.

Puis il nous a donné de la poudre de cheminette, et nous as ordonné un retour dans son bureau immédiat, et dans le silence.

Pour dire la vérité, cette escapade a duré deux heures au plus, mais je ne suis pas prête de l'oublier. Et j'ai eu la peur de ma vie. Je me rends aussi compte qu'on a agit comme des idiots, maintenant que l'adrénaline quitte mes veines.

Mais c'était génial !

Et les têtes réjouies des autres veulent dire sans aucun doute possible que eux aussi recommenceraient bien une petite virée dans un repère de mangemorts.

« Inconscients ! Répète McGonagall. »

Je me tortille sur ma chaise, et elle nous distribue un verre contenant une potion suspecte à tous.

« Buvez ça, ça fera disparaître vos blessures. »

Je croise le regard de Mathilde, et elle grimace en portant le verre à ses lèvres. Je bois une gorgée de mon verre, et me retiens de tout recracher.

C'est dégueulasse !

J'avale en grimaçant et en plissant les yeux, et voie à travers mes paupières mi closes Dumbledore entrer dans le bureau par la cheminée. Il fait un signe de tête vers McGonagall.

« Merci, Minerva. Vous pouvez attendre dehors. »

Elle acquiesce, et sort de la pièce. Dumbledore se tourne vers nous.

Il ne sourit plus.

Et nous non plus, je peux vous l'assurer.

Il nous fait face, l'air grave.

« Tout d'abord, je tiens à vous dire que ce que vous avez fait était complètement idiot ! »

Je me ratatine sur ma chaise.

Il a l'air plutôt en rogne. Et un sorcier comme lui en rogne, c'est plutôt effrayant.

« Vous avez agis comme des inconscients, et vous auriez pu tous mourir ! Ne recommencez plus jamais ce genre d'exploits ! »

Son regard s'adoucit.

« Mais votre geste, inconsidéré il va sans dire, a sauvé la vie du ministre et de ses trois collègues. Ainsi qu'à monsieur Meath. »

Je souris comme une idiote.

Au moins quelque chose de bien dans cette histoire.

Il me sourit.

« Votre père est entre de bonnes mains. »

Il redevient grave.

« Bon, voyons maintenant votre punition. »

Je perds mon sourire. Je regarde les autres. Les maraudeurs sourient, et Trina me regarde en haussant les épaules. Ce qui doit signifier un truc du genre « au moins on s'est amusé, et on s'en est sortit ».

« Puisque votre geste a sauvé le ministre, fait qui restera bien sur entre nous et lui, et ne devra jamais sortir de ce bureau, je pense que vous avez mérité une punition légère. Je vous enlève donc cinq points chacun. Ensuite, je propose que vous alliez passer les cinq jours de vacances restant chez vous. Ainsi, l'école pourra retrouver un peu de calme, et vous pourrez vous reposer avec vos parents. »

Hein ? Il nous vire ?

Enfin non, il nous envoie chez nous pour les vacances, mais…

« Mais euh… commence Trina, comment on va rentrer ? »

Dumbledore retrouve son sourire.

« En train, bien sur. Le Poudlard express vous ramènera. Comme ça, si d'autres élèves de l'école veulent passer le reste des vacances chez eux, ils pourront en profiter. »

Il va affréter le train juste pour nous ? Il doit vraiment avoir envie de se débarrasser de nous.

« Et quand est-ce qu'on part ? Demande Mathilde. »

Est-ce qu'on va devoir partir cette nuit ?

Oh non ! Impossible !

Je dois rencontrer le Poudlardien demain ! Après tout ce temps, j'espère bien que je vais enfin le voir.

« Vous partirez demain après-midi. Ça vous laisse le temps de récupérer de votre escapade. Et de faire vos valises. »

Son sourire s'agrandit.

« Maintenant, Minerva va vous raccompagner à vos salles communes respectives. »

Comme si elle avait entendu son nom, McGonagall entre alors dans le bureau.

« Suivez moi ! »

On se lève d'un même mouvement, mais Dumbledore m'arrête d'un geste de la main.

« Excepté vous, mademoiselle Meath. J'aimerais vous parler d'abord. »

Et merde. Il n'y a pas une sortie de secours pour m'enfuir discrètement ?

Je lève la tête vers lui.

« Assied toi, je t'en pris ! »

Il s'assoit derrière son bureau, et me désigne la chaise de l'autre côté de la table de bois qu'on est venu examiner en pleine nuit avec Mathilde.

« Tout d'abord, commence-t-il, ton père est en bonne santé, si ce n'est qu'il est très faible. Et qu'il risque d'oublier certains faits. »

Je le regarde dans les yeux.

« Il est amnésique ? »

Il croise ses mains sur son bureau.

« En partie ; mais il se souvient de certaines choses. Avant de quitter le ministère, il a demandé si tu étais venue. »

Il fronce les sourcils.

« Il semble qu'il savait que vous deviez venir. Et vous saviez également que des mangemorts allaient attaquer ce soir. »

Je m'efforce de rester impassible, sans quitter ses yeux bleus du regard.

Combien y a-t-il de chances pour qu'il croit à un hasard ? Je peux toujours raconter qu'on voulait se balader. Au ministère. Et qu'on est tombé sur des mangemorts.

Ouais, autant raconter que des aliens nous ont enlevés, puis ramené au ministère avec leur navette. Ce serait aussi crédible.

« Euh…

- Je pense que tu n'es pas sans rapports avec tout ça. Je me trompe ? »

J'ouvre la bouche pour dire oui, mais me retient. Après tout, il ne va pas me prendre pour une folle, puisque j'avais raison.

J'inspire à fond.

« Non. »

Je me sens rougir, et je détourne mon regard.

« J'aimerais que tu m'explique comment tu as fait. »

Je lève la tête de nouveau vers lui. Il sourit encore, mais son expression parait curieuse.

« Euh… eh bien, je le voyais. »

Il hausse un sourcil.

« Qui ?

- Mon père. Ça a commencé à la rentrée. »

Il réfléchit un instant.

« Tu voyais quoi au juste ? »

Je hausse les épaules.

« Je le voyais lui, et j'entendais les sons. Et puis j'ai pu lui parler, mais plus tard. Et j'avais du mal. »

Mais je ne vais peut être pas lui dire que ça m'empêchait carrément de respirer.

« C'est donc comme ça que tu as pu savoir ce qui se préparait. »

Il semble songeur. Puis il fronce les sourcils en refixant son regard sur moi.

« Mais pourquoi n'en as-tu pas parlé à quelqu'un, à un professeur ? »

Je rougis sans répondre. Je ne peux tout de même pas lui dire que je le prenais pour un fou !

« Je pensais qu'on ne me croirait pas.

- Il existe de nombreux moyens de savoir si quelqu'un ment, dit-il posément. »

Est-ce que ça veut dire qu'il m'aurait fait boire du véritaserum si je lui avais dit ?

« Mais j'aurais pu me tromper.

- Mais tu avais raison. Enfin, vous êtes tous les dix sains et saufs, et le ministre est en bonne santé. Mais si un jour tu as de nouvelles visions, dis le à un professeur. Ou à moi. Je n'ai pas l'habitude de prendre mes élèves pour des menteurs. »

Il sourit, le regard pétillant.

« Et je suis moins fou que j'en ai l'air ! »

Je rougis, et me retiens de rire en me mordant la lèvre.

« Professeur…

- Oui ?

- Vous pensez que j'aurais d'autres visions ? »

Il réfléchit un instant.

« Je ne sais pas. Ton cas est particulier, et c'est la première fois que j'entends parler de visons pareilles. Surtout qu'il n'y a aucun voyant dans ta famille.

- Qu'est-ce qui a provoqué mes visions alors ?

- Eh bien, on ne peut pas savoir avec exactitude. On pourrait te donner des dizaines d'explications différentes.

- Et la votre ? »

Il sourit, amusé.

« Eh bien, je dirais que ton père, désespéré, pensait à sa famille. Et qui comprend tous les aléas de la magie ? Je pense qu'il a réussis à t'atteindre toi, chaque fois que tu te laissais aller.

- Mais pourquoi pas ma mère, ou ma sœur ?

- On dit que l'adolescence est l'époque des changements. Ta magie, instable, était le refuge idéal de l'appel au secours de ton père. »

Il s'arrête, et je médite un instant sur ces mots.

« C'est assez tiré par les cheveux, je dis. Mais ça me va ! »

Il rit franchement.

« Mais peut-être que je me trompe !

- Ou peut-être que vous avez raison. »

En tout cas, j'espère bien ne plus JAMAIS avoir de visions. Cette fois m'a suffit, merci bien.

« Professeur ?

- Oui ?

- Comment savez-vous qu'il n'y a pas de voyants dans ma famille ?

- Parce que je connais en général assez bien mes élèves. Et il me semblait que tes visions te semblaient inconnues. Si tu avais eu un voyant dans ta famille, tu aurais su d'où elles venaient. »

Pas bête, le vieux.

« Merci. »

Merde. J'ai pensé à voix haute. Je sens mes joues chauffer. Je dois être rouge comme une tomate.

« Bon, tu as d'autres questions ? »

Je me tortille sur ma chaise.

« Oui ? Me dit-il patiemment. »

Je me mordille la lèvre.

« J'ai une question. Mais elle ne concerne pas vraiment mes visions. »

Il sourit en haussant un sourcil.

« Et ça ne concernerait pas plutôt le jeu des énigmes ? »

Comment il fait pour tout savoir ? Et pour tomber juste ?

« Comment vous savez ça ?

- Eh bien, mon grand âge a quelques avantages autres que la crédibilité. Tu vois, l'expérience me permet aussi de voir ce qui préoccupe les gens.

- Et il y a marqué sur mon front ?

- Non, mais il ne faut pas être très clairvoyant pour comprendre que tu te poses des questions. Alors vas-y, je t'écoute. »

Il me sourit d'un air encourageant.

« Eh bien. Ce jeu avec les énigmes… je croyais qu'il fallait posséder les qualités de sa maison pour le gagner. »

Il écarte les mains.

« Ah, je vois ! Tu te demandes si tu es dans la bonne maison ? »

Je rougis, mais ne détourne pas le regard.

« Oui.

- Tu n'as pas à avoir honte. Si tu savais ! Tu n'es pas la première à te poser des questions sur ta maison. Même si je pense que l'on répartit les élèves trop tôt.

- Alors vous croyez que je ne devrais pas être à Poufsouffle ?

- Tu aurais voulu être à Gryffondor, comme ta soeur ? »

Je repense à mes amies qui me verraient bien à Serpentard.

« Pas spécialement.

- Dis moi, Eileen, sais-tu quelles sont les qualités des Poufsouffles ? »

Je hausse les épaules.

« Il n'y en a pas vraiment, non ? On dit que ce sont des cancres. Pour le reste, on est ce que les autres maisons ne veulent pas. »

Il hausse un sourcil en recroisant ses mains.

« C'est vraiment ce que tu penses ?

- Ce n'est pas vrai ?

- Non. Mais il est vrai qu'on y envoie les élèves qu'il est difficile de repartir. »

Je fronce les sourcils en me redressant au bord de la chaise.

« Ce n'est pas la même chose ?

- Bien sur que non. »

Il sourit comme un enfant qui sait où se trouvent les bonbons cachés par ses parents.

« La répartition agit sur un schéma complexe. Et sur des qualités plutôt diverses. Peux-tu par exemple me dire les qualités des autres maisons, d'après toi ? »

Je réfléchis en vitesse.

« Alors pour les Gryffondors, c'est le courage.

- Oui. Ensuite ?

- Les Serdaigles sont intelligents. Et les Serpentards sont rusés. »

Il acquiesce.

« Mais ce sont des qualités plutôt isolées, dit-il. Et il en existe de nombreuses autres. Mais il arrive que ces qualités soient toutes possédées en même temps. »

Je fronce les sourcils.

« Ça veut dire qu'on envoie à Poufsouffle ceux qui sont intelligents, courageux et rusés ? »

Il acquiesce de nouveau, et je fais une moue sceptique.

Ok, admettons, mais je ne suis certainement pas ces trois choses.

« Tu ne semble pas d'accord.

- Je ne crois pas être les trois à la fois.

- Ah bon ?

- Oui.

- Pourtant, tu t'es servis de ces trois qualités pour résoudre les énigmes. »

Je hausse les sourcils.

« Vraiment ? »

Il semble s'amuser comme un fou, le salaud.

« Eh bien, récapitulons : comment as-tu résolu la première énigme ?

- J'ai cherché un rapport avec moi. Mon côté sombre.

- Tu as montré une intelligence et une logique dignes d'un Serdaigle. Pour la deuxième ? »

Je rougis.

« J'ai demandé à Lupin de m'aider. »

Il hoche la tête.

« Exact. Ou plutôt, disons que tu l'as poussé sur la voix qu'il traçait. Tu as agis de façon très rusée.

- Comme les Serpentards ?

- Oui. Je vois que tu comprends. Et enfin, la dernière énigme.

- J'ai sauté dans le lac.

- Oui, et il fallait du courage pour sauter dans le lac en plein hiver. Certains auraient pu abandonner. Mais pas toi. Tu as montré un courage digne d'un Gryffondor. »

Je hoche la tête. Je comprends mieux.

« Donc, tous les Poufsouffles possèdent les qualités des autres maisons ?

- Non. »

Je fronce les sourcils. Il vient bien de dire que…

« Toi tu les possède. Tu es une vraie Poufsouffle. Mais comme je te l'ai dit, j'ai toujours pensé qu'on répartissait trop tôt les élèves. »

Je pouffe de rire. Il se contredit lui-même. Mais au moins, je sais si je suis dans la bonne maison.

« Mais comment vous savez comment j'ai résolu les énigmes ? Je m'exclame tout d'un coup. »

Il se penche sur son bureau, et prend un ton de confidence.

« Eh bien tu sais, dans ce château, peu de choses restent secrètes. Par exemple, quand j'ai dit tout à l'heure que votre aventure de cette nuit devait rester entre nous, ça signifie que toute l'école sait que vous avez été au ministère ce soir. »

Je me mets à rire pendant qu'il se redresse. Je suppose qu'il est inutile de lui faire remarquer qu'il ne sait pas que trois animagus illégaux se promènent les nuits de pleine lune dans le parc avec un loup garou qu'ils laissent sortir.

« Et maintenant, dit Dumbledore d'une voix posée, si tu n'as plus de questions, je pense que tu devrais aller te reposer. »

En clair, il me congédie.

Je me lève de la chaise, et me dirige vers la porte. Je l'ouvre, et me tourne une dernière fois vers lui.

« Merci professeur.

- De rien. Bonne nuit, Eileen.

- Bonne nuit. »

Bisous, et à bientôt!