Chapitre 29 – Attirance

Il se pencha et déposa un baiser sur mes lèvres qu'il effleura à peine puis se recula. Il s'adossa contre le mur, sur lequel il reposa sa tête les yeux rivés sur notre fils qui dormait profondément. Il ferma les paupières l'espace d'un instant. Il inspira profondément et les rouvrit, le regard dans le vague.

- C'est impossible, Bella, pas dans ces conditions, tu pourrais y laisser la vie. Murmura-t-il de sa voix grave.

- Quelle importance à présent que mes jours sont comptés ! Répliquai-je.

- Peux-tu avoir un peu de considération pour ta propre vie. Elle est si précieuse. Tu ne pourras plus jamais faire machine arrière ensuite. Tu seras sans cesse assoiffée de sang et devras toujours contrôler tes pulsions pour ne pas t'en prendre aux humains. Tu ne pourras plus te mettre au soleil et ta seule alimentation se résumera à l'absorption de sang animal qui satisfera tout juste tes besoins mais en aucun cas tes envies. Est-ce vraiment cette vie que tu souhaites avoir?

- Tout ce que je souhaite, c'est vivre éternellement à tes côtés et aux siens. Lui répondis-je en montrant notre bébé. Je suis prête à endurer les pires châtiments du moment qu'ils me permettent d'être avec vous deux, le reste n'a aucune importance.

- Tu ne changeras donc pas d'avis. Constata-t-il.

- Non, ma décision est prise, de toute façon, elle ne m'a jamais appartenu, tu sais très bien que je n'ai pas le choix. Carlisle va bientôt devoir s'affranchir de la promesse qu'il a faite à Aro.

- Je sais mais si je pouvais trouver une solution pour éviter ton sacrifice, chercha-t-il torturé. Mais nous avons encore un peu de temps devant nous, j'ai demandé à Carlisle d'attendre un peu avant de procéder à ta transformation.

- Mais pourquoi ? Demandai-je, ne comprenant pas sa détermination à reculer l'échéance.

- Tant qu'il n'y a pas nécessité de le faire on attendra. Alice nous préviendra si les Volturi décidaient de revenir pour vérifier que Carlisle avait rempli sa part du contrat. Cela te permettra de profiter un peu plus longtemps de notre enfant car je crains que tu ne puisses plus le faire lorsque tu seras un nouveau-né. Tu pourrais être dangereuse pour lui comme je l'étais pour toi il y a quelques mois.

- Peut-être n'aurais-je pas ce problème comme toutes les filles de la famille, Alice, Esmé et Rosalie ont très bien résisté à l'appel du sang humain alors pourquoi pas moi ? Répliquai-je.

- Tu as peut-être raison mais nous n'en savons rien, Bella. Je te demande juste de patienter quelques mois de plus.

- Quelques mois ! M'exclamai-je.

- Je ne te demande pas la lune, je requiers juste quelques mois, le temps qu'E.J. soit sevré.

- Combien ?

- Douze mois. Proposa-t-il.

- Un an, mais c'est trop long, EJ sera sevré depuis longtemps !

- Six mois alors ? Continua-t-il.

Je le regardai d'un air insatisfait.

- Très bien, trois mois, céda-t-il, mais je ne descendrai pas en dessous ! Me prévint-il en fronçant les sourcils.

- J'accepte pour trois mois à condition, bien sûr, que les Volturi ne débarquent pas plus tôt car bien évidement le marché ne tiendrait plus. Répliquai-je.

- C'est d'accord, marché conclu, tu es dure en affaire Miss Swan. Plaisanta-t-il, m'illuminant de son sourire charmeur qui me faisait fondre.

Il tendit le bras pour poser sa main sur ma joue puis il m'attira à lui. Ma tête se reposa contre son torse et il m'enlaça de ses bras m'offrant à cet instant toute sa douceur et sa tendresse.

- Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que tu sois heureuse, mon amour. Susurra-t-il.

- Je le suis quand je suis avec toi, lui répondis-je en redressant la tête pour pénétrer l'ambre de ses yeux. Je t'aime.

Il se pencha vers moi et sa bouche prit mes lèvres en un tendre baiser dans lequel je ressentais tout son amour.

- Moi aussi, je t'aime, chuchota-t-il entre deux baisers.

Ma tête se mit soudainement à tourner et me fit perdre l'équilibre mais Edward me maintenait fermement dans ses bras.

- Tu dois te reposer, tu es épuisée. Le bébé n'agit plus sur toi. Tu ne peux plus récupérer aussi rapidement. Je vais te ramener dans ta chambre. Décida-t-il.

Il glissa ses mains sous moi et me souleva pour m'emmener dans sa chambre. Il me déposa sur le lit, replaça les couvertures sur moi et s'allongea par-dessus, juste à côté de moi.

- Dors mon amour, je veillerai sur vous deux pendant dans ton sommeil. Me cajola-t-il en déposant un dernier baiser au sommet de mon crâne.

Il passa son bras autour de moi et je reposai ma tête sur son épaule enfouissant mon visage dans son cou. Je me sentais bien et en sécurité tout contre lui. C'est dans cet état de bien-être en humant son parfum que je fermai les yeux et m'envolai dans les bras de Morphée.

Je fus réveillée par des pleurs, ceux de mon bébé. J'ouvris instantanément les yeux et me redressai subitement, comme prise de panique.

- Ssschut, entendis-je fredonner la voix de velours d'Edward. Ne t'inquiètes pas, il est entre de bonnes mains. Me rassura-t-il.

Je tournai la tête et découvris, sous un filet de lumière qui filtrait à travers les rideaux, Edward toujours à mes côtés, cajolant E.J. dans ses bras. Il était tellement doux avec son fils.

- Il a dormi toute la nuit et vient juste de se réveiller. Je crois qu'il est affamé ce matin. Me dit-il en me le tendant.

Il approcha son visage, je sentis son souffle à quelques centimètres de ma bouche. Bonjour. Murmura-t-il en déposant un baiser sur mes lèvres. Tu as bien dormi ? Continua-t-il en déposant un autre baiser.

Des réveils comme celui-ci j'en voulais tous les matins jusqu'à ce que l'éternité me prive de sommeil pour que je puisse profiter de lui vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Il se figea soudain et se redressa.

- Qu'y-a-t-il ? Demandai-je.

- Trudy monte, je dois partir. M'informa-t-il en s'éloignant déjà.

« Encore ! »

De ma main libre, je le retins par le bras.

- Non, attends, ne pars pas… Le suppliai-je, presque alarmée.

- Bella, je ne peux pas me montrer face à elle, elle ne comprendrait pas et prendrait peur. Se justifia-t-il.

Je baissai les yeux.

- Je ne veux pas que tu t'éloignes de moi, ça fait trop mal. Bougonnai-je comme une petite fille à qui on enlevait son jouet.

Il se rapprocha et prit mon visage dans ses mains.

- Ne t'inquiètes pas, je reviendrai toujours et je ne serai pas loin. Dès que tu seras de nouveau seule, tu me trouveras à tes côtés, sois-en certaine car moi non plus je n'apprécie pas d'être loin de toi, mais nous n'avons pas le choix : je suis mort à leurs yeux. Je ne peux tout de même pas déroger une nouvelle fois à la loi imposée par les Volturi.

- Edward, cela ne peut pas durer ainsi éternellement. Nous devons quitter Forks. Annonçai-je subitement, me surprenant moi-même par mes propres propos.

Il parut tout aussi surpris que moi et fronça les sourcils, puis il leva les yeux vers la porte.

- Nous en reparlerons…

J'entendis frapper et la porte s'ouvrit aussitôt, Trudy faisait belle et bien son entrée. Je tournai la tête à nouveau vers Edward mais il avait déjà disparu. Je ressentis de nouveau un pincement comme à chaque fois qu'il s'éloignait de moi.

Trudy s'affaira dans la chambre ouvrant les rideaux, faisant un brin de ménage et me préparant mon bain pendant que je m'occupai d'E.J. Elle resta dans la nurserie pour le surveiller pendant que je descendais en cuisine pour prendre mon petit-déjeuner. Tout était déjà prêt, je n'avais plus qu'à me servir.

Lorsque je m'assis à table, je me mis à réfléchir, et mes derniers propos me revinrent en mémoire : « quitter Forks ». Je n'y avais pas vraiment songé jusqu'à cet instant mais c'était peut-être la seule solution possible pour qu'Edward et moi puissions avoir une vie qui se rapprocherait de la normalité. Il ne pourrait pas indéfiniment rester caché à Forks et me rejoindre qu'à la nuit tombée ou seulement pendant mes périodes de solitude. Je le voulais avec moi nuit et jour que ce soit à la maison ou bien dans la rue. Je ne voulais plus qu'il se cache. Si le seul moyen était de quitter Forks, alors je le ferais. De toute manière, je n'y avais plus ma place non plus. Moi aussi je me cachais. J'étais devenue mère sans avoir pris d'époux. J'avais engendré un « bâtard » comme le disaient certaines personnes médisantes. Mais jamais je n'abandonnerais ou confirais mon fils à qui que ce soit malgré le souhait de mon père. Je m'en irais donc dans un endroit où personne ne me connaitrait, où je ne serais pas jugée, où je pourrais vivre pleinement mon amour avec Edward et élever notre fils en attendant ma prochaine transformation.

Cette dernière m'effrayait un peu. Pas du point de vue de la souffrance car j'y étais déjà préparée. J'avais peur qu'une fois ma transformation achevée je ne puisse plus approcher mon fils avant plusieurs mois voire plusieurs années mais c'était inévitable et nécessaire. E.J. avait un don, cela ne faisait aucun doute et en tant qu'humaine je ne serais pas assez forte pour le protéger de tous les dangers qui nous entouraient. Lorsque je serais devenue immortelle, je me sentirais rassurée car personne ne pourrait s'en prendre à mon fils sans que je puisse riposter.

Enfin je ne pouvais pas rester humaine sachant que l'amour de ma vie était un vampire et qu'il ne vieillirait jamais. Je ne pouvais pas rester et vieillir laissant le temps nous séparer comme me l'avait dit Rosalie. J'étais prête à tout et n'importe quoi pour rester à ses côtés.

POV Rose

Ses paupières se mirent à battre et ses prunelles écarlates pénétrèrent les miennes. Je ne sus ce qu'il se passa dans sa tête à cet instant, mais sa main s'empara de ma nuque et il combla l'espace vide entre nos deux visages en une fraction de seconde pour plaquer sa bouche contre la mienne. Je ne pus résister car il était beaucoup plus fort que moi et je n'avais pas la volonté de résister à quelque chose qui m'attirait depuis plusieurs jours.

Son baiser était pressant et puissant, il me dévorait littéralement la bouche. Jamais je n'avais connu une telle fougue et une telle passion dans un baiser, et il fallait que je l'avoue, cela me plaisait énormément. Je mis autant de fougue qu'il en mettait à lui rendre ce baiser, profitant de cet instant magique où il me prouvait ses sentiments ou tout du moins son attirance pour moi.

Il se redressa subitement me faisant reculer tout en me maintenant collée à lui. Il se leva et me plaqua sauvagement, à vitesse vampirique, contre le mur, faisant tomber les cadres qui s'y trouvaient accrochés et qui se brisèrent sous le choc. Sa main emprisonna la mienne pour la coller au mur juste à côté de mon visage. Son corps se pressa inconditionnellement contre le mien et sa bouche continua l'exploration de la mienne. Je levai mon bras libre pour poser mes doigts à la base de sa nuque et caresser ses cheveux bruns. Sa main s'aventura sur ma hanche puis glissa plus bas sur ma cuisse. Il attrapa le tissu de ma jupe qu'il fit remonter la malmenant au passage puisque je l'entendis se déchirer. Je sentis ses doigts tièdes caresser la chair de ma cuisse remontant ainsi jusqu'à l'extrémité de mon intimité. Un gémissement s'échappa de ma bouche lorsqu'il la frôla de ses doigts.

- Hum hum. Un raclement de gorge me parvint juste derrière Emmett et me sortit de ma fascination.

Je levai les yeux et découvris rapidement l'intrus qui venait de pénétrer dans la pièce et rompre notre étreinte charnelle : Carlisle. Je me redressai aussitôt et essayai de repousser Emmett mais je l'entendis gronder et se presser un peu plus contre mon corps.

- Emmett ! Je suis ravi de te voir parmi nous ! Commença Carlisle. Peux-tu venir me voir mon garçon que je t'examine ?

Il émit un grognement.

- Je vais bien. Répondit-il sa bouche toujours sur mon cou.

- Emmett pourrais-tu calmer tes pulsions quelques minutes et venir me voir. Lui ordonna Carlisle.

Il gronda de nouveau.

Je décidai alors de prendre les choses en mains. Je posai mes mains sur ses joues l'incitant à me regarder.

- Emmett, écoute Carlisle, c'est important. Et tu sais, maintenant que tu es immortel comme nous, nous avons toute l'éternité devant nous pour poursuivre notre petit échange. Lui susurrai-je en lui faisant un clin d'œil.

Il me regarda intensément avant de relâcher son étreinte et de se tourner vers le patriarche de la famille abandonnant la partie à regret.

- Me voilà. Lui dit-il en écarta les bras en signe de reddition. Que voulez-vous savoir?

- Comment te sens-tu ? Commença-t-il. As-tu mal quelque part ?

- Non, je me sens en pleine forme et en pleine capacité de mes moyens. Se réjouit-il.

- Je n'en doute pas.

Si j'avais été encore humaine, j'aurais probablement rougit au sous-entendu voilé de Carlisle.

- J'ai l'impression d'avoir une force surhumaine et que je pourrais abattre n'importe quel mur sans même avoir besoin d'y mettre toute ma force.

- C'est le cas, ce n'est pas une impression. Lui dit-il en indiquant d'un signe de tête le mur derrière nous. Evite de détruire tout la maison quand-même.

Je me retournai en même temps que lui et remarquai que celui-ci était complètement fissuré et que le plâtre tombait par endroit.

- Voilà pourquoi, je suis venu te déranger dans tes…hum…occupations.

- C'est moi qui ai fait cela ?

- Oui, c'est pour cela qu'il est important que tu prennes conscience de ta force que tu apprennes à la maîtriser au plus vite car nous pourrions être incapables de te contenir.

- Pourquoi ?

- Parce que tu es un nouveau-né. Tu possèdes donc encore tout ton sang humain ce qui te rend plus fort que moi et que Rosalie ou tout autre vampire.

Emmett me regarda soudainement.

- Je ne t'ai pas fait mal ? S'inquiéta-t-il soudainement.

- Bien sûr que non, le rassurai-je. Même si je n'ai pas ta force, il me faut bien plus que des caresses pour me faire mal. Le rassurai-je.

- Il n'y a pas que ta force qui s'est décuplée, tu te déplaceras très rapidement aussi. Poursuivit Carlisle.

- Oh cela explique pourquoi en l'espace d'une seconde je suis passé du lit au mur. Constata-t-il en me regardant une flamme de désir brillant dans ses yeux.

Il revint vers moi et posa sa main sur le bas de mon dos. C'était peut-être un geste anodin mais pour moi il marquait mon appartenance à cet homme. J'étais sienne et fière de l'être.

Je le vis soudainement froncer les sourcils.

- Qu'y-a-t-il ?

- J'ai…j'ai ma gorge qui me brûle. Dit-il en posant ses mains à la base de son cou.

- C'est tout à fait normal, tu as soif, il faut que tu te nourrisses de sang. Il faut que tu ailles chasser pour l'apaiser. Le prévint Carlisle.

- Je vais l'emmener. Proposai-je

- C'est d'accord mais tu l'emmènes assez loin dans de toute vie humaine, c'est bien compris ? Recommanda-t-il.

Quelques minutes plus tard, nous nous retrouvions au fin fond de la forêt, galopant à une vitesse inhumaine. Emmett s'adaptait à sa nouvelle condition avec une facilité déconcertante. Nous avions fait la course pour venir et il m'avait battu haut la main.

Je le guidai et le conseillai pour sa première chasse, pour qu'il apprenne à être à l'écoute de ses sens. Je le vis se concentrer.

- J'en tiens un. Me dit-il. Je le perçois, il se dirige vers un cours d'eau. J'entends ses pattes piétiner le sol.

Il se précipita vers sa proie en courant à toute vitesse. Je lui emboitai le pas, mais j'eus du mal à le suivre. Je pris soudainement peur lorsque je me rendis compte que l'animal vers lequel il se dirigeait était un cheval et que ce dernier était monté par un homme.

- Emmett, criai-je, arrête-toi ! Il y a un humain !

Il n'en fit rien et continua, guidé par ses instincts primitifs. Je dus prendre sur toutes mes réserves pour augmenter ma vitesse et le rattraper. Lorsque j'arrivai enfin à sa hauteur, je lui sautai dessus et le fit basculer en avant. Je le suivis dans sa chute et nous boulâmes ensemble sur le tapis de feuilles avant de stopper notre course dans un ruisseau.

Il était allongé sur le dos dans l'eau et moi je me retrouvai à califourchon sur lui. Il me regarda et se mit à rire.

- Il fallait le dire que tu étais si pressée que cela, j'aurais tâché de combler tes attentes de suite ! Plaisanta-t-il.

Je lui fis une petite tape sur la tête.

- Imbécile ! Tu étais en train de traquer un humain à cheval! Le réprimandai-je.

- Oh…C'est pour cela que je percevais deux odeurs, une à vomir et l'autre tellement délectable.

- Je suis au regret de te dire que tu ne pourras jamais goûter à cette odeur délectable car elle provient de l'humain, tu devras te contenter de mets moins raffinés comme de l'élan ou du sanglier.

- Pas très appétissant tout cela, heureusement que j'ai un met très alléchant sous les yeux. Sous-entendit-il en me fixant intensément.

Il plaqua ses paumes sur mes hanches et me fit basculer sous lui, me retrouvant dans l'eau qui s'insinua très vite dans chaque partie de mes vêtements. Il se pencha et fondit sur mes lèvres pour s'en délecter.

- Hum, hum. Entendis-je une voix fluette se racler la gorge.

Emmett gronda.

- Et bien, on ne s'ennuie pas ici ! Reprit-elle. Quels impatients vous êtes !

Je me redressai brusquement en repoussant vigoureusement Emmett.

- Alice ? Remarquai-je mais je perçus une autre présente et tournai la tête. Jasper ? Mais que faites-vous ici ?

- C'est toute la famille qui s'est liguée pour nous déranger à tour de rôle. C'est cela être vampire, vous avoir sur le dos vingt quatre heures sur vingt quatre! Ronchonna-t-il en se relevant lestement et je le suivis dégoulinante d'eau.

- Ne t'inquiète pas Emmett, tu vas bientôt te rattraper ! Lui répondit Alice en lui faisant un clin d'œil. Quant à notre présence ici, et bien, il se trouve que j'ai eu une vision dans laquelle j'ai vu notre cher Emmett dévorer un homme. Nous avons préféré filer vous rejoindre pour éviter le massacre ! Mais à ce que je vois vous n'aviez pas besoin de nous. Constata-t-elle.

- Hum, non j'ai réussi à l'arrêter. Répondis-je gênée.

- Comment as-tu réussi à l'arrêter avec la force qu'il doit avoir en tant que nouveau né ? M'interrogea Jasper.

- Elle m'a littéralement plaqué au sol si tu avais vu cela, elle s'est jetée sur moi comme une tigresse ! C'est la seconde fois qu'elle m'envoie au tapis ! S'esclaffa Emmett.

- Cela n'a pas eu l'air de te déplaire, Emmett. Railla Jasper avec un sourire en coin.

Emmett lui fit un clin d'œil complice.

- Maintenant que nous sommes ici, peut-on se joindre à vous pour une partie de chasse ? Proposa Alice.

- Bien sûr et à celui qui traquera le plus gros gibier. Défia Emmett.

Nous partîmes tous chasser, Emmett en première position. Alice et moi nous contentâmes d'un élan, Jasper réussi à attraper un puma et contre toute attente Emmett croisa le chemin d'un ours. Il ne se posa aucune question et se jeta sur lui. Le combat ne fut pas facile mais il emporta la victoire et put s'abreuver de son sang.

A notre retour à la maison, Carlisle et Esmé auraient pali s'ils avaient été encore humain en voyant dans l'état dans lequel nous nous trouvions Emmett et moi : trempés jusqu'aux os, recouverts de boue et nos vêtements bien abîmés. Lorsqu'il apprit l'incident qu'il s'était produit, Carlisle décida qu'il était dangereux qu'Emmett reste à Forks à proximité des humains étant donné ce qui aurait pu se passer lors de sa traque. Il fallait qu'il s'en aille sur le champ car le risque était trop grand. Il préconisa d'envoyer Emmett chez les Denali là où Alice et Edward avait séjourné pendant leurs premiers jours en tant que nouveau-né.

Je décrétai aussitôt de l'accompagner, ne pouvant supporter de me retrouver loin de lui alors que l'on venait tout juste de se trouver. Jasper et Alice décidèrent de se joindre à nous pour s'assurer que le trajet se déroulerait sans incident et pour séjourner quelques temps là-bas.

Nous fûmes très bien accueillis là-bas et la demeure était un vrai château. Leur propriété était très éloignée de toute habitation à des centaines de kilomètres à la ronde. Nous pouvions donc aller où bon nous semblait à toute heure de la journée sans avoir à nous cacher.

On nous montra nos chambres à chacun même si nous nous présentions en couple.

- Voici la tienne Rosalie. Me dit Kate en ouvrant la porte. La tienne Emmett est juste à côté. Poursuivit-elle. Je vous laisse vous installer.

Sur ses derniers mots, elles d'éclipsa nous laissant tous les deux.

- Enfin seul ! Alléluia ! Se réjouit Emmett.

- Chut ! Elle pourrait t'entendre ! Le réprimandai-je. On se rejoint tout à l'heure, juste après avoir déballé nos affaires, lui dis-je en lui tournant le dos.

Je pénétrai dans ma chambre qui était richement meublée avec un lit à baldaquin, des tableaux sur chaque pan de mur dont les cadres étaient recouverts d'or.

Je commençai à ranger dans la grande armoire en chêne les quelques tenues que j'avais pris avec moi juste avant notre départ. J'étais en train de placer une robe sur un cintre lorsque je sentis une présence à mes côtés. Je levai les yeux et rencontrai les siens rouges écarlate. Il me fixait intensément.

- Oh, je ne savais pas que tu étais revenu. Ta chambre te convient ?

- Je n'en sais rien je n'y suis pas allé.

- Pourquoi ?

Il s'approcha plus près de moi, glissa son bras autour de mon corps, son front se colla au mien. De sa main libre il caressa ma joue.

- Parce que tout ce qui m'intéresse se trouve ici. Me répondit-il dans un souffle. Ma douce Rose, je sais que tu es restée à mes côtés pendant ces trois jours de souffrance alors que mon corps était en train de muter. Je t'ai entendu me parler et me dire tous ces mots d'amour et tes sentiments à mon encontre. Tu t'es ouverte à moi sans aucune pudeur. C'est à mon tour de me livrer. Depuis ce jour où tu m'as fait traverser la pièce chez Carlisle, je ne rêve que d'une seule chose, pouvoir faire cela.

Il s'inclina et prit mes lèvres avec une infinie douceur comme si j'étais une petite chose fragile.

- Je rêve que tu sois mienne, non seulement ce soir mais pour le reste de l'éternité. Me déclara-t-il en encrant ses prunelles dans les miennes attendant une réponse de ma part.

Je ne trouvai pas les mots pour lui répondre et lui exprimer mes sentiments, alors je glissai ma main sur sa nuque et l'attirai à moi pour un baiser passionné.

Sa réaction ne se fit pas attendre, il m'arracha le cintre des mains pour l'envoyer à l'autre bout de la pièce. Je me retins à la porte de l'armoire pour reprendre mon équilibre. Il me serra plus fort contre lui et m'emporta dans ses bras. Sous le coup de la surprise, j'avais gardé serrer dans ma main la poignée de la porte de l'armoire, ce qui la fit basculer et tomber à terre en un bruit assourdissant. Elle se cassa en plusieurs morceaux sous le choc. Nous frôlâmes juste après dans notre précipitation, une petite console dont un vase rempli de rose était posé dessus, celui-ci déambula pour tomber dans le vide et se briser en mille éclats.

Le voilage des rideaux qui pendaient de chaque côté du lit se déchira lorsque nous passâmes à travers pour sauter sur l'édredon. La tringle qui le retenait s'effondra sur nous avant de rouler au sol. Mais tout ceci n'était que détails qui n'avaient pas d'importance à cet instant, car nous étions prisonniers de la passion qui nous habitait.

Il se trouvait juste au dessus de moi, faisant de son corps de rêve une prison. Sa carrure était tellement imposante avec tous ses muscles qui se contractaient à chacun de ses mouvements. Je n'avais qu'une envie, c'était de lui ôter cette chemise et de poser mes mains sur son torse.

Sa bouche fondit sur ma carotide en poussant un grondement. J'enroulai mes bras autour de son cou pour le tenir plus près de moi. Nous avions une telle soif l'un de l'autre que nos gestes étaient brusques et passionnés. Il empoigna mon chemisier qu'il écarta soudainement faisant sauter tous les boutons. Je fis de même avec sa chemise qui se retrouva toute déchirée après l'agression de mes ongles. Il fit glisser prestement ma jupe, et ma longue culotte à dentelle puis s'attaqua au lacet de mon corset sous lequel il glissa un doigt et tira sèchement, le faisant céder sous la pression. Ma poitrine se retrouva à nue devant son regard gourmand. Mes mains agrippèrent son pantalon et il se souleva pour m'aider à le lui retirer, son caleçon suivit en même temps. Nous étions à présent nus tous les deux allongés sur ce lit.

Il glissa sa main dans mes cheveux en une caresse douce et tendre, il n'y avait plus de précipitation à cet instant. Il prit son temps. Ses yeux parcoururent mon corps : de mon bas ventre, en passant par ma poitrine, pour s'arrêter sur mon visage et ancrer son regard dans le mien.

- Ma douce Rose tu es magnifique. Me murmura-t-il à l'oreille.

Sa main glissa sur mon corps, ne laissant aucune partie intact. Chaque caresse était une brûlure qui augmentait mon désir pour lui. Ses doigts effleurèrent mon intimité. Ce simple geste fut comme un appel pour moi, j'ouvris alors mes jambes entre lesquelles il vint se loger. Sa virilité était juste à l'entrée de ma féminité. Il donna un premier coup de rein et il pénétra dans mon antre où tout ne fut que bonheur et plaisir de le sentir en moi. Les sensations accrurent à chacun de ses vas-et-viens, multipliant les caresses et me susurrant des mots d'amour dans les lesquels il m'exprimait ses sentiments et me rassurait. Ses coups de butoir répétés nous amenèrent jusqu'aux extrémités de notre désir et nous laissâmes exploser notre plaisir au même moment, en une complète fusion de nos deux corps. Au dernier coup de rein d'Emmett, le sommier ne résista pas à ce dernier assaut et s'effondra au sol. Nos corps rebondirent et nous nous regardâmes. A ce moment-là nous fûmes pris d'un énorme fou rire, en constatant les dégâts qu'avait causés notre emportement. Mais bientôt nos rires furent remplacer par l'envie naissante de nous donner de nouveau l'un à l'autre, je collai mes lèvres aux siennes recommençant cette délicieuse mise en bouche qui nous mèneraient vers d'autres cieux. Il semblait que soyons devenus insatiables l'un de l'autre pour notre plus grand plaisir.

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