Auteur : Ariani Lee
Bêtalecture : Shangreela
Fandom : Final fantasy VII, Kingdom Hearts
Pairings : RAR et dérivés
Disclaimer : L'univers et les personnages sont la propriété de leurs créateurs, les studios Square Enix – anciennement Squaresoft en ce qui concerne Final Fantasy VII.
RAR : Pour ceux qui s'inquiètent, je n'ai plus eu de pulsions suicidaires depuis l'âge de dix-sept ans, et je crois que la plupart des adolescents en ont au moins une fois. Ça n'avait rien à voir avec la dépression de Roxas, et de toute façon j'ai beaucoup trop peur de mourir pour me tuer ! Je serai toujours là, et s'il ne doit en rester qu'une debout, je serai celle-là !
Dédicace: A Looneh qui est venue me trouver à la Y/CON, et qui a dessiné le fanart de Reno sur sa Yamaha que vous pouvez trouver sur ma page Facebook. Tellement merci !
Chapitre 28 : Point de... sutures
Time that we have the talk
Are we off ? Are we on
On the phone reality
Every word is killing me
You dirty bitch, beautiful
Treat me like animal
Changing rules I never knew
Let me get over you
Boy better run
Boy better run, run, run
Girl got a gun
Girl got a gun, bang ! bang !
(Tokio Hotel, "Girl Got a Gun")
Tout en s'injuriant mentalement avec une remarquable vulgarité, Roxas se pencha pour ramasser le trousseau, sans plus essayer de ne pas faire de bruit. Ses mains tremblaient tellement que quand il avait voulu ouvrir la porte, il avait réussi l'exploit de le faire tomber par terre. Et maintenant, il n'arrivait pas à en mettre une dans la serrure et, dans le noir, il n'était même pas sûr d'essayer avec la bonne. Il paniqua, s'efforçant frénétiquement d'en insérer une après l'autre, et sursauta violemment quand il entendit un bruit de pas précipités. La lumière s'alluma sans le couloir mais ne il perdit pas le Nord pour autant. La clé qu'il tenait était la bonne : il redoubla d'efforts fiévreux.
-Roxas !
La dernière fois que Reno avait prononcé son prénom, ça n'avait été que pour le rejeter brutalement. L'entendre fit à Roxas l'effet d'un coup de poing dans l'estomac et lui mouilla les yeux. Puis par chance, ses tentatives fébriles finirent par porter leurs fruits et il arriva enfin à insérer la clé dans la serrure. Ce succès fortuit lui apparut comme un signe que l'univers encourageait sa démarche – ou quelque chose dans ce goût-là. Il se raccrocha à cette pensée réconfortante avec l'énergie du désespoir, y trempa sa résolution.
- Roxas, où est-ce que tu vas ? Demanda Reno qui approchait vivement derrière lui, d'une voix qui suintait d'angoisse.
Cette émotion manifeste mit sur le cœur de Roxas un baume dont celui-ci ne voulait plus. Il l'ignora de toutes ses forces, repoussant l'idée même d'un tel soulagement. La honte qu'il éprouvait à l'idée d'être si avide de la moindre marque d'attention de la part de Reno ne fit que le révolter davantage. Il fit tourner la clé dans la serrure et déverrouilla la porte.
Mais au moment où il l'ouvrait, une main surgit et se referma sur son poignet. Le trousseau retomba en cliquetant sur le sol moquetté. Roxas se raidit comme une planche, tous ses muscles tétanisés par ce contact inattendu.
- Où est-ce que tu veux aller ? Insista Reno en essayant de le faire se tourner vers lui.
L'immobilité qui s'était emparée du corps de Roxas se dissipa aussi soudainement qu'elle était apparue, et fit place à la révolte qui revenait tambours battants. Il arracha son poignet à Reno, fit volte-face et le foudroya d'un regard si féroce que celui-ci recula de deux pas, effaré.
- N'importe où plutôt qu'ici ! Cracha Roxas, le cœur broyé de douleur. Il voyait flou mais se refusait à laisser ses larmes déborder devant Reno son esprit furieux refusait de se laisser à nouveau mater. D'un seul coup, le peu d'équilibre qu'il avait réussi à rétablir lui échappa.
Ce fut la crise à nouveau, absolue et violente. Sauf qu'il se sentait exister, cette fois-ci, et cette angoisse écartée, il ne fut plus que douleur et colère.
- Roxas, tenta encore Reno, d'une drôle de voix.
Il disait et redisait son prénom. Pourquoi ? Se demandait Roxas. À quel jeu cruel s'obstinait-il à jouer ? À sa décharge, Reno avait vraiment l'air mortifié, lui soufflait une petite voix, à laquelle une autre répondait en criant que putain, il pouvait l'être ! Roxas avait l'impression que sa tête ne pourrait plus contenir longtemps une telle tempête sans exploser.
- S'il te plaît, écoute –, commença Reno, hésitant.
- Non ! Cria Roxas, hors de lui. Ferme-la ! C'est toi qui vas m'écouter !
Ses traits avaient repris l'expression féline qu'ils affichaient le jour où Reno était parti travailler en fermant la porte à clé derrière lui, son nez plissé, ses lèvres retroussées sur ses dents en un rictus menaçant. Sauf qu'il n'avait plus l'air d'un chat mais d'un fauve paré à bondir sur une proie particulièrement agaçante le dos arrondi et la nuque arrondie, il frémissait de rage. Et ce regard étincelant était rivé sur lui.
- Je sais pas ce que je t'ai fait, Reno, et c'est pourtant pas faute d'avoir cherché. Mais tu sais quoi ? J'en ai plus rien à foutre ! J'ai essayé. Vraiment essayé, mais je comprends pas, et je suis à bout !
Reno, blême et désemparé, le fixait sans rien dire. Soufflé par la violence de la réaction de Roxas, il l'écouta poursuivre sa tirade d'une voix tremblante mais égale.
- Je voulais vraiment que ça marche, Reno. Je voulais qu'on compte l'un sur l'autre et qu'on soit plus forts ensemble, qu'on soit… Je pensais qu'on serait deux à faire face à ce merdier ! Et toi… Je sais pas ce qui s'est passé, Reno, je t'ai perdu quelque part en chemin. Tu m'as tourné le dos au moment où j'avais le plus besoin de toi et t'as même pas eu la décence de me dire ce que t'avais à me reprocher. J'ai essayé de comprendre, mais je n'y arrive pas et c'est en train de me bouffer. J'arrête, Reno. J'en ai fini avec toi, et je resterai pas ici une minute de plus.
L'ampoule du hall d'entrée était habillée d'une boule Chinoise en papier coloré qui teintait l'éclairage et conférait à tout ce que celui-ci touchait une chaleur superficielle. Mais même dans cette lumière clémente, le visage de Reno était aussi gris que celui d'un cadavre. Roxas n'attendit pas qu'il réponde pour se retourner vers la porte, déterminé une bonne fois pour toutes à s'en aller. Quand Reno se précipita pour le retenir encore Roxas le repoussa, et se débattit quand il insista et tenta de le prendre dans ses bras.
- ARRÊTE !
Reno fit un véritable bond en arrière et Roxas lui-même sursauta un peu. Ça avait dû s'entendre dans tout l'immeuble. Mais au moins, il l'avait lâché. Roxas se retourna à nouveau.
Reno regarda Roxas lui faire face encore une fois, le dos plaqué contre la porte d'entrée comme s'il avait voulu passer au travers. Il se détestait – la situation était pire qui ne l'avait craint. Même l'Accident n'avait pas mis Roxas dans un état pareil. Reno avait l'impression qu'il ne le voyait pas vraiment, bien que leurs regards soient rivés l'un à l'autre. Était-ce parce qu'il y avait trop longtemps que leurs yeux s'évitaient ? Il avait l'impression de chercher dans ceux de Roxas quelque chose qui y manquait. Mais quoi ?
Qu'est-ce que j'ai fait… ?
Roxas, même s'il ne hurlait plus, continua de parler en regardant Reno comme si ça pouvait l'empêcher de s'approcher de lui. Ça fonctionnait, d'ailleurs. Reno était cloué sur place par ce regard incomplet, incapable du moindre mouvement.
- Arrête, répétait Roxas, haletant comme sous l'emprise d'une douleur physique. Arrête ça tout de suite ! Pourquoi tu fais ça ?
Alors sa voix se brisa et ses yeux débordèrent sans qu'il semble même s'en rendre compte. Reno devina à la facilité avec laquelle les larmes montaient et coulaient, sans sanglot ni effort, que ce n'étaient pas les premières de la soirée. Son cœur se serra douloureusement à cette pensée. Il aurait voulu prendre Roxas dans ses bras, le rassurer, mais même en larmes, il poursuivait son laïus, et Reno décida de le laisser parler. Après tout, il avait bien le droit de vider son sac, et peut-être que ça l'aiderait.
- À quoi tu joues, à la fin ? Demanda Roxas, ses mots étranglés par la colère. J'arrive pas à comprendre ! J'ai pas demandé à habiter ici, ni à travailler avec toi, c'est pas ma faute, mais toi, tu… tu… Je te reconnais plus ! Qu'est-ce qu'il fallait que je fasse, Reno ? Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter que tu me traites comme ça ?
Il s'arrêta aussi subitement qu'il avait commencé, à bout de souffle, les yeux étincelants. Pour la première fois, il semblait attendre une réponse, alors Reno tenta de s'approcher.
- Rien ! dit-il, horrifié et désemparé, je -
- Ne me touche pas ! s'écria Roxas en se tassant davantage contre la porte.
Les mots claquèrent comme un coup de fouet, et Reno se figea. Il savait qu'il aurait dû voir venir ce coup-là, mais ça ne l'empêchait pas d'être terriblement douloureux. C'était comme le jour où Kadaj s'était mis à insulter Roxas en souriant. L'avoir anticipé n'en avait pas vraiment atténué l'impact, et ça recommençait. Roxas s'était remis à parler, et chaque mot qu'il prononçait faisait mouche. C'était dix fois fois pire que quand c'était Tifa qui lui disait ces choses-là, et elle avait effectivement évoqué le sujet des signaux contradictoires qu'il envoyait à Roxas.
- Arrête ça ! Je peux plus le supporter ! Tu crois vraiment que tu peux continuer de me prendre et de me jeter comme ça ?
Il se tut soudainement et resta muet plusieurs secondes, à fixer sur Reno des yeux qui ressemblaient aux fenêtres d'une maison hantée, avant d'ajouter :
- Arrête, s'il te plaît…
La colère de Roxas, qui avait enflé et enflé jusqu'à ce qui semblait être son paroxysme, retomba d'un seul coup. Reno vit l'étincelle combative vaciller puis s'éteindre dans ses yeux. Roxas s'affaissa soudain, comme si l'énergie qu'il tirait de sa fureur avait disparu en l'abandonnant, seul en proie à son désespoir et Reno repensa à ce qu'il avait ressenti quand il s'était libéré de la frustration qui le faisait tenir debout. Roxas se mit à sangloter, ses épaules agitées de soubresauts, toujours sans quitter Reno des yeux. Et Reno ne répondit rien. Sa gorge était si nouée que ça faisait mal. C'était vrai, il s'était réellement conduit de cette façon ! C'était ce qu'il avait fait, quelles qu'en aient été les raisons, et même si Roxas était dangereusement bouleversé, il était toujours plus lucide que lui.
- Arrête de me toucher, hoqueta encore Roxas. Pourquoi tu fais ça ? Je comprends plus rien…
Pantelant, il enfouit son visage ruisselant de larmes dans ses mains et enfin, se tut. Il continua de pleurer et Reno le laissa faire un moment avant d'essayer de l'approcher à nouveau. Cette fois Roxas ne l'arrêta pas. Il flancha à peine quand Reno posa une main sur son épaule. Toujours étranglé d'émotion, il tenta de l'attirer dans ses bras. Roxas se débattit sans force contre lui et tenta de le repousser, mais il était toujours agité de sanglots incontrôlables qui devaient lui couper bras et jambes.
- Il faut que je m'en aille, dit-il en essayant encore de se dégager. Laisse-moi partir, je peux pas rester ici, tu me rends dingue. On a plus rien à se dire alors laisse-moi m'en aller !
Reno ne trouvait pas les mots pour exprimer l'ampleur de sa désolation. Il avait mis Roxas dans cet état en le traitant comme quantité négligeable et en le persuadant qu'il ne comptait pas à ses yeux. Il fallait qu'il communique à Roxas ce qu'il ressentait, pourtant il n'avait toujours pas le droit de prononcer ces mots-là. Alors il l'embrassa.
Il n'avait pas perdu le contrôle. Sur le moment, cela lui avait simplement semblé être le moyen le plus direct d'atteindre Roxas là où il se trouvait, et ça eut au moins le mérite de le calmer. Pleurant toujours, Roxas se raidit d'abord, puis se transforma en gelée et Reno l'attira contre lui. Roxas ferma les yeux et se laissa faire, les bras ballants, sans manifester la moindre contrariété. Mais comme il ne réagissait pas non plus, Reno n'essaya pas d'approfondir le baiser. Peut-être était-ce dû au fait qu'il ne l'avait pas embrassé en cédant à une pulsion il se sentait étonnamment maître de lui-même en cet instant. Puisque Roxas ne l'y encourageait pas, il n'insista pas. Reno n'en avait même pas envie – ce n'était qu'un moyen de rétablir le contact.
Au lieu de ça, il emmena Roxas dans le salon, et, après avoir allumé la liseuse, s'installa avec lui sur le canapé. Ses bras enroulés autour de lui, protecteurs, Reno pressa sa joue dans les cheveux de Roxas et se mit à bercer le jeune homme blond qui, accroché à lui, continuait de pleurer. Reno était convaincu qu'il se serait jeté dans les bras du premier venu pour peu qu'il lui eut offert une épaule compatissante, et il ne pleurait plus de cette bizarre façon convulsive. Maintenant, il avait juste l'air de quelqu'un qui a besoin de s'épancher un bon coup. Reconnaissant à Roxas de le laisser jouer pour lui ce rôle compatissant après toutes les déconvenues qu'il lui avait infligées, après tous ses manquements, Reno l'étreignait tendrement et sans dire un mot.
Au bout d'un moment, pourtant, il se mit à faire glisser ses mains dans le dos de Roxas, lentement, pressant la chair en mouvements circulaires à travers ses vêtements. C'étaient des gestes familiers qu'il associait à Axel, à qui ces caresses avaient été exclusivement réservées pendant si longtemps, et qu'elles avaient toujours su apaiser. Pourtant, même s'il éprouvait un sentiment très étrange à les prodiguer maintenant à Roxas, il n'en concevait pas la moindre culpabilité. Il sentait les muscles crispés se détendre sous ses doigts, et chaque noeud qui se relâchait, chaque soupir qui lui échappait en lieu et place d'un hoquet en valait la peine. Reno continua jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que des soupirs, jusqu'à ce que Roxas, aussi détendu que s'il dormait, en laisse échapper un qui trahissait davantage de plaisir que d'apaisement. Bien que l'idée de Roxas soupirant de plaisir dans ses bras et le contact de son corps chaud blotti contre le sien lui fussent outrancièrement plaisants, Reno cessa aussitôt et, pressant un baiser dans les cheveux blonds, se redressa.
Roxas s'écarta de Reno aussitôt, et ce dernier, bien qu'à contrecoeur, ne fit rien pour le retenir. Roxas avait rouvert les yeux et les levait vers lui. Il y avait si longtemps, Reno avait oublié à quel point ils étaient bleus et beaux vus de près. Même lisérés de rouge comme ils l'étaient maintenant. Il n'y avait plus de colère ni de larmes dans ce regard violet seulement du chagrin, et une question.
- Et après ? Demanda Roxas d'une voix cassée qui se voulait sarcastique, mais qui dénonçait trop de fatigue et de tristesse pour être convaincante. Tu repars en sens inverse et tu fonces t'enfermer dans ta chambre en me plantant là ?
Reno s'accouda à ses genoux et baissa la tête. Il ne l'avait pas volée, celle-ci. Par où commencer ?
- Je suis désolé, dit-il.
Ça lui semblait une entrée en matière pertinente. Et puis, il allait le dire des dizaines de fois alors autant commencer tout de suite.
- Je suis tellement, tellement désolé, Roxas. Je pourrais te le répéter toute la nuit sans en finir, tellement je suis désolé.
- Mais désolé de quoi, à la fin ? S'impatienta Roxas, en employant un ton autoritaire qui lui ressemblait beaucoup plus. Est-ce que tu vas finir par m'expliquer ce qui t'arrive ?
Reno garda la tête baissée et s'enfonça les doigts dans les cheveux.
- J'ai été… Tu m'as rien fait, Rox, c'est pas toi. C'est moi, c'est ma faute. À chaque fois que je te regardais, j'avais l'impression que j'allais perdre le contrôle et faire une connerie. T'as vu ce qui s'est passé la dernière fois que je l'ai fait. Je croyais que si on s'évitait, on pourrait empêcher ce genre d'incidents de se produire, et jusqu'à il y a peu je pensais qu'on était sur la même longueur d'ondes à ce sujet.
- T'es trop con, commenta Roxas d'une voix toujours rauque.
- Je sais. J'ai jamais voulu que ça aille aussi loin, je suis tellement désolé…
Putain, ce que ça soulage…
- Mais quoi ? Demanda Roxas, toujours hésitant. Pourquoi tu changes d'avis, tout à coup ? Qu'est-ce qui a changé ?
Reno ne répondit pas tout de suite. Il observait le visage de Roxas, qu'il n'avait plus vu depuis si longtemps. Ses traits familiers, sa bouche qui le fascinait même en ce moment, ses joues maculées de larmes et ses yeux bordés de rouge, qui faisaient mal rien qu'à les regarder. Roxas se soumit à cet examen sans broncher, attendant seulement que Reno lui réponde. Il semblait n'avoir besoin que de ça : des réponses. Reno lui fit part de la sienne en séchant ses larmes d'un geste tendre auquel Roxas ne chercha pas à se soustraire, et laissa sa main sur sa joue.
- Maintenant, dit-il, je sais que le jeu n'en vaut pas la chandelle. T'imagines pas à quel point j'ai honte de mon comportement. Quoi qu'il arrive, tant pis je te traiterai plus jamais comme ça. J'en prends la responsabilité.
Roxas écarquilla les yeux, l'air incrédule.
Reno avait conscience du poids de ce qu'il disait, et l'assumait totalement. Axel n'aurait pas voulu qu'ils maintiennent leurs distances si c'était à ce prix-là. Avoir vu Roxas dans un tel état, et par sa faute, avait achevé de l'en convaincre. Il pensait qu'Axel risquait plutôt de lui reprocher d'en être arrivé à de telles extrémités et d'avoir traité Roxas comme il l'avait fait. Roxas qui craignait tant un nouveau rejet que même maintenant, en dépit de ce qu'il venait de lui dire, semblait ne pas arriver à le croire. Du pouce, Reno caressa sa joue. Si seulement il avait pu l'apaiser, si seulement il avait pu trouver les mots...
Pardonne-moi ! Je ne veux pas te perdre, toi aussi...
- T'en vas pas, dit-il d'une voix rauque. Je sais que j'ai été en-dessous de tout, et que je le mérite pas mais... Donne-moi une chance, s'il te plaît. Je te jure que je te laisserai plus jamais tomber et que tu pourras compter sur moi. Si tu pars, je... Je vais péter les plombs. J'ai besoin de toi, j'aurais dû te le dire plus tôt et je regrette tellement de pas l'avoir fait, mais je peux pas… J'y arriverai pas sans toi. Me laisse pas, Roxas...
Pendant un long moment de silence irréel, Roxas baissa les yeux et se tut.
- Pourtant, tu n'avais pas tort sur un point, finit-il par dire sans relever les yeux et en ayant l'air de regretter chaque mot qu'il prononçait. Si on ne s'évite pas, il finira par y avoir d'autres « incidents ». Si je reste, je sais que je finirai par craquer. Ou toi. J'ai plus la force de lutter contre ce que je ressens pour toi, Reno. Je suis au bout du rouleau. On ne devrait même pas être en train de faire ça, acheva-t-il sans pour autant faire mine de remettre entre eux une distance correcte.
Reno savait qu'il parlait de l'intimité qu'ils sentaient naître entre eux en étant si proches, si focalisés l'un sur l'autre que rien ne semblait exister en-dehors d'eux-mêmes, de la main posée sur son visage. L'hésitation dans sa voix exaltait Reno tout en l'effrayant.
Il voulait tant de choses ! Il voulait tout, et ne voulait surtout rien exiger.
Il voulait que Roxas exprime un désire et s'y plier, quel qu'il soit. Si Roxas voulait qu'ils essayent de vivre ensemble en continuant de faire comme si de rien n'était, ça lui irait. Aussi longtemps qu'il ne s'en allait pas... Si Roxas voulait qu'ils s'autorisent un certain degré de transparence ou d'intimité, Reno s'y tiendrait. Si Roxas voulait qu'ils cessent complètement de se mentir, pour une nuit ou pour de bon, très bien. Quel que fusse son choix, Reno en assumerait les conséquences. Il désirait seulement que Roxas prenne librement une décision à laquelle il s'appliquerait à se conformer. Reno voulait faire ce à quoi il avait échoué si lamentablement ces derniers temps tout se convaincant que c'était ce qu'il faisait : le protéger. Être à ses côtés et le soutenir. Redevenir le rocher dans la tempête, celui auquel on pouvait s'accrocher en cas de besoin, et que Roxas s'appuie sur lui aux conditions qu'il lui plairait d'établir.
Parle et j'obéirai. Je suis là pour toi et je ferai ce qu'il faudra pour te le prouver.
La main de Reno quitta la joue de Roxas, et d'un geste possessif, il le prit par la nuque et l'attira vers lui jusqu'à ce que leurs fronts se touchent. Roxas releva les yeux, et Reno soutint son regard sans sourciller, déterminé à montrer qu'il était sincère et sûr de ce qu'il disait.
- Reste, Roxas. On fera comme tu voudras. Si tu veux qu'on fixe des limites, on le fera et je te promets que je les respecterai. Et si tu n'en veux pas... Quoi qu'il arrive, je te l'ai dit, j'en prends la responsabilité.
Les paupières mi-closes, Roxas baissa les yeux à nouveau, mais de gêne cette fois. Reno faillit sourire en voyant qu'il rougissait. Au lieu de quoi, de sa main libre, il chercha une de celles de Roxas et la serra. Roxas soupira et sembla se détendre, mais ses joues gardèrent une teinte chaude qui faisait plaisir à voir.
- Tu te souviens ? Demanda Roxas à voix basse.
Reno aurait voulu pouvoir attraper son regard, mais il ne pouvait se résoudre à bouger, à rompre ce contact si agréable et que sa libido, pour l'heure court-circuitée par le trop-plein d'émotions fortes, ne cherchait pas à transformer en autre chose. S'il se souvenait ? Il y pensait depuis qu'ils s'étaient assis là ! Au même endroit où Roxas lui avait confessé l'attirance qu'il éprouvait pour lui en dépit de ses sentiments, réels et profonds, pour Axel. Là où, deux mois plus tôt, même si Roxas ne s'en souvenait pas, il s'était penché sur Reno et où ce n'était que parce qu'il était tombé endormi qu'il ne s'était rien passé. À l'endroit exact où c'était arrivé et où ça avait failli se reproduire. Et maintenant...
Si je m'en souviens !
- Tu me poses vraiment cette question ? Demanda-t-il sur le même ton.
Puisqu'il ne pouvait pas regarder Roxas dans les yeux, il baissa les siens sur sa bouche. S'il avait fait un truc pareil trois jours plus tôt, sa tête se serait remplie d'images fantasmées, mais il était calme. Le désir de l'embrasser était toujours aussi lancinant, mais il ne le tourmentait plus. Le petit animal sauvage qui s'était agité en lui toutes griffes dehors semblait s'être endormi, blotti quelque part. Il en mourait d'envie et ça allait peut-être arriver ! Quel bonheur, quel soulagement que cette possibilité...
- Pourquoi tu souris ? Dit la voix de Roxas qui était en train de l'embrasser du regard, lui aussi.
Reno laissa son sourire s'élargir, mais son expression se teinta d'amertume.
- C'est ici que tu m'as embrassé pour la première fois. Et ça m'a brisé le coeur, tu sais ? Rien m'avait encore jamais fait aussi mal que ce baiser quand tu me l'as donné.
- Pourquoi tu me l'as jamais dit ?
- Je te le dis maintenant.
- Je n'ai jamais voulu te faire de mal.
- Je sais. Mais c'était pas ta faute, c'était la mienne. Y avait pas longtemps que j'avais réalisé ce que j'avais perdu quand Axel était tombé amoureux de toi. C'était pas ta faute, et tu dois jamais, jamais t'en rendre responsable ou croire que je t'en veux pour ça, Roxas, mais mets-toi à ma place deux secondes. J'avais compris que je l'aimais, et j'étais sur le point de le lui dire le soir où il est rentré en me disant que tu lui avais présenté ton frère et qu'il avait décidé te donner une chance. Et ça a marché entre vous. Je m'en voulais déjà tellement d'avoir trop attendu, et puis je t'ai rencontré et...
Reno s'interrompit, le visage crispé, regrettant d'avoir abordé ce sujet. Ils ne se regardaient toujours pas, mais il sentit la main de Roxas serrer la sienne en un encouragement muet. Reno se demandait par où commencer.
- Tu étais... Ça faisait des années qu'Axel et moi, on vivait notre petite routine sans faire le moindre écart. On était libres de le faire si on voulait mais on en avait pas envie. Ça faisait des années que la pensée ne m'avait même plus traversé l'esprit. Et puis il y a eu toi... Et en apprenant à te connaître, je me suis rendu compte que si on s'était rencontrés dans d'autres circonstances, j'en aurais sans doute eu envie. T'étais la première personne qui m'intéressait depuis des années, et c'était tellement nul... Axel me manquait, et j'aurais pas dû te regarder de cette façon, je le savais très bien...
Il s'arrêta un instant, la gorge serrée, cherchant encore ses mots.
- Quand vous avez commencé à sortir ensemble, il a culpabilisé vis-à-vis de nous deux. Mais c'est envers toi qu'il s'était ouvertement engagé et c'est un mec bien alors c'est à toi qu'il est resté fidèle. Depuis le début, j'ai fait tout ce que je pouvais pour respecter ta légitimité. Mais c'est moi qui l'ai embrassé, ce soir-là, et je te jure qu'il s'est jamais rien passé d'autre entre lui et moi pendant que vous étiez ensemble... Enfin, jusqu'au soir où on t'a conduit aux urgences, ajouta-t-il après une brève hésitation.
- Je sais, répondit doucement Roxas.
Ça faisait tellement longtemps que j'avais pas osé penser à Axel comme ça... C'est bizarre de dire tout ça à Roxas. On devrait tous les deux crever de jalouser, peut-être même se détester. Pourtant on se comprend parfaitement. On peut tout entendre.
- C'était horrible, de le regarder construire quelque chose avec toi, sans moi, d'être... d'être exclu d'une partie de sa vie. Je me suis écarté parce que c'était la seule chose à faire, et savoir qu'il m'aimait aussi rendait ça encore plus difficile. Savoir que cette distance entre nous tenait à si peu de choses... un jour, je lui ai dit que je ne voulais pas l'entendre dire qu'il m'aimait. Que ça faisait que me rappeler à quel point ce que je voulais était à ma portée. La vérité, c'est que j'avais peur de craquer s'il le disait. Ça a été un cauchemar, de ne réaliser qu'au moment où je le perdais que j'avais vécu toutes ces années avec l'homme de ma vie. Et toi, tu me plaisais énormément et je faisais tout pour l'ignorer parce que je ne pouvais pas t'avoir non plus.
C'était de nouveau désirer quelqu'un que je pouvais toucher du doigt sans avoir le droit de me livrer, quelqu'un qui ressentait la même chose que moi et qui devait faire mine de rien pour ne pas blesser une autre personne. Finalement, les choses se sont passées très différemment, mais j'en savais rien à ce moment-là. Tout ce que je savais, c'est que j'avais eu la chance de retomber amoureux, et que j'avais réussi à flasher sur le seul autre mec que j'aurais même pas dû regarder, parce que même s'il partageait mes sentiments, il était déjà pris... Je me suis demandé si j'arriverais un jour à vouloir quelqu'un qui soit... accessible.
- Quand tu m'as embrassé, ce soir-là, ça a été comme si tout recommençait. J'arrivais de nouveau trop tard.
- Je suis désolé, murmura Roxas. Je ne savais pas...
- Je t'ai dit que c'était pas ta faute. Et puis... Même si vous regarder tous les deux était une torture, ça changeait rien à ce que je ressentais. J'avais envie de t'embrasser, et ça m'a fait foutrement plaisir que tu le fasses. J'ai même adoré ça...
Reno ferma les yeux. Ils étaient si proches l'un de l'autre qu'il pouvait sentir sur son visage le souffle de Roxas, qui s'était fait de plus en plus court à mesure qu'il parlait. Il ne restait qu'un geste à faire, plus qu'un seul pas pour franchir cette dernière limite. Reno s'y refusait.
C'est son choix, sa décision. Quoi qu'il fasse, je suivrai. Je ne ferai ni ne dirai rien de plus s'il ne me fait pas comprendre que c'est ce qu'il veut.
Il patienta une éternité, immobile, écoutant Roxas respirer trop vite. Peut-être qu'il cherchait en lui la volonté de résister encore. Il avait dit être à bout, mais si Roxas trouvait la force de s'écarter, il respecterait ça. Il attendit qu'il vienne à bout de son combat intérieur, et cela prit si longtemps que Reno fut surpris quand, d'un mouvement précis, Roxas releva le menton et l'embrassa. Ils soupirèrent à l'unisson, profondément, et Reno le prit dans ses bras.
Cette nuit-là, il n'y aurait point de rupture. Timidement, Roxas s'appuya contre lui et garda ses lèvres closes. Reno lui rendit son baiser et, le sentant frissonner, l'étreignit un peu plus fort.
Ils restèrent ainsi pendant un long moment, étroitement enlacés sur le canapé, à s'embrasse rcomme s'ils n'avaient jamais fait ça avant, comme s'ils étaient des enfants qui osaient à peine se toucher. Puis, d'un seul coup, Roxas se redressa et écrasa sa bouche sur celle de Reno qui, pris au dépourvu, se laissa faire.
Roxas le repoussa sans ménagement contre le dossier du canapé et, l'empoignant par le devant de son vieux t-shirt, il le chevaucha. Les trop longs mois d'abstinence firent un comeback fracassant le cœur de Reno se mit à battre par saccades et son sang à lui bourdonner dans les oreilles. Roxas l'embrassait profondément et sans s'arrêter, comme un affamé, comme si ça avait dû être la dernière fois – et peut-être croyait-il que ça pouvait l'être, il aurait eu de bonnes raisons. Étourdi, Reno lui répondit sans tenter de prendre le dessus. Personne ne l'avait jamais embrassé comme ça, c'était grisant. Et ça l'était d'autant plus que c'était Roxas. Reno plongea ses deux mains dans la chevelure blonde et y emmêla ses doigts en un geste possessif.
Il avait presque du mal à le croire. Ce n'était plus un rêve ou même une image. Il était vraiment en train de le toucher, consciemment, et Roxas était presqu'agressif, et sa bouche dévorante qui soudain quittait la sienne et glissait dans son cou -
Reno tressaillit quand les lèvres de Roxas touchèrent sa peau, haleta quand ses mains lâchèrent son t-shirt pour aller se glisser en-dessous où, caressantes et un peu brutales, elles firent faire des nœuds brûlants à son ventre. Les mains de Roxas sur lui, sa bouche, ses cheveux qui chatouillaient sa peau, son odeur qu'il pouvait respirer à plein poumons - oh, comme il avait désiré le toucher ! Et c'était lui qui le touchait, maintenant, lui qui faisait rugir d'approbation ses sens négligés... Il en avait le vertige, et quand Roxas quitta sa gorge et se mit à lui mordiller un lobe d'oreille, le son qui lui échappa ressemblait à un glapissement. Il réalisa soudain qu'il ne contrôlait plus rien du tout, et que s'il laissait Roxas continuer, ça allait tourner court et ça, il n'en avait aucune envie. Il empressa de réagir en conséquence.
Il repoussa Roxas et, d'un mouvement si vif et précis que ce dernier ne dût rien comprendre à ce qui lui arrivait, le plaqua à son tour sur le canapé. Pour faire bon poids, il l'y épingla en s'allongeant sur lui et la sensation de leurs corps pressés l'un contre l'autre lui coupa le souffle. L'excitation en devenait douloureuse et, sous lui, Roxas ne se débattit pas une seconde. Quand Renose redressa un peu pour le regarder, il trouva ses yeux braqués sur lui, aussi brillants de défi que lourds de reproche.
Il m'en veut encore, même en ce moment. Mais c'est normal, ça fait rien.
Il allait se rattraper. Il se ferait pardonner, même si ça devait lui prendre dix ans, et il pouvait commencer tout de suite. Puisqu'il avait poussé Roxas à se sentir indésirable, il allait lui prouver à quel point il avait tort. Puisqu'il ne l'avait pas regardé pendant si longtemps, il allait le dévorer des yeux. Puisque Roxas l'avait perdu de vue, Reno allait l'aider à se souvenir de qui il était... vraiment. Et pour commencer, il allait embrumer ces yeux sombres, y attiser un autre feu.
- Tu veux jouer à ça avec moi, petite tête ? Nargua-t-il Roxas en haussant un sourcil, un sourire moqueur au coin de la bouche.
Roxas se précipita sur la perche ainsi tendue, relevant le menton, et dans son regard la provocation l'emporta sur la menace. Il toisa Reno à son tour, et ce dernier réalisa pour la première fois à quel point lui et Roxas se ressemblaient. Ce sentiment fut encore renforcé lorsque Roxas, sans se départir de son petit air crâneur alors que c'était Reno qui le tenait, lui répondit exactement comme Reno l'aurait fait à sa place.
- Tu te sens à la hauteur ? l'interrogea-t-il sur un ton qui sous-entendait clairement qu'il ne l'était pas.
Et Reno mordit à l'hameçon, même s'il était gros comme une maison, parce que de toute façon il n'attendait que ça. Il le fit taire d'un baiser impérieux, et sans lui laisser le temps de reprendre son souffle, il prit appui sur ses coudes et pressa son bassin contre celui de Roxas. Il vit des étoiles et Roxas, surpris, s'agrippa à lui en gémissant. Pendant une seconde, Reno se souvint de la manière dont Roxas avait gémit son prénom quand il l'avait mordu dans le cou, au bureau, et délaissa ses lèvres pour aller faire un tour de ce côté-là. Il écouta Roxas qui, l'étreignant, tentait de reprendre son souffle. Reno prit un malin plaisir à l'en empêcher. Lui repoussant la tête sur le côté, il chercha des lèvres et des dents l'endroit où il avait posé sa bouche quelques jours plus tôt. Roxas réagit magnifiquement – Reno aurait voulu qu'il l'appelle, comme il l'avait fait la première fois, mais ça pouvait attendre un peu, et les sons inarticulés qui lui échappaient sonnaient comme de la musique à ses oreilles. Les mains de Roxas lui labouraient le dos, et Reno aima autant cette sensation un peu douloureuse que l'idée de lui faire perdre les pédales à ce point. Il voulait le rendre fou, lui faire oublier tout le reste. Descendant plus bas, il écarta la veste que Roxas portait toujours pour pouvoir lui mordiller la base du cou, à la naissance de l'épaule, lui arrachant un petit cri. Puis il se redressa pour pouvoir voir dans quel état il l'avait mis.
Roxas haletait et frémissait, et ses yeux étaient aussi voilés de plaisir que Reno l'avait voulu, mais ils étaient toujours sombres et se braquèrent sur lui, menaçants.
- Si tu t'arrêtes maintenant..., commença-t-il.
- Jamais, promit Reno avant de recommencer à l'embrasser.
Mais Roxas bougeait, maintenant. Il remuait sous lui d'une façon plutôt plaisante, et tentait de le repousser à deux mains. Comme il venait de lui dire de ne pas s'arrêter, Reno, tout occupé à caresser sa langue, ne s'en formalisa pas outre mesure.
Je pourrais faire ça pendant des heures sans me lasser. Parce que ce sont tes lèvres. C'est vraiment toi, je n'ai pas l'impression de rêver...
Mais Roxas le repoussa d'une main ferme posée sur sa gorge, et cette fois Reno jugea le message trop clair pour être ignoré et recula.
- Ta chambre, grogna impatiemment Roxas.
Si l'idée de s'interrompre était loin d'emballer Reno, celle que Roxas voulait qu'ils aillent dans son lit le motiva beaucoup à obéir.
Par habitude, j'ai pris ce chemin
D'incertitude où mes "Va!" sont des "Viens..."
Jours de sagesse, la voie unie et droite
Mais l'homme doute et court
De multiples détours
Vague mon âme, va, prends ton chemin
L'attente est sourde mais la vie me retient
Prends-moi dans tes draps, donne-moi la main
Ne viens plus ce soir, dis, je m'égare
Dis-moi d'où je viens, ne dis rien, je pars
Des mots sur nos rêves, déposer mes doutes
Et sur les blessures, point de sutures
(Point de suture, Mylène Farmer)
Ne me détestez pas trop. J'étais un peu bloquée dans le chapitre suivant (j'ai écrit cette scène dans ma tête des milliers de fois depuis cinq ans, et elle a tellement changé, à plusieurs reprises, et maintenant ça se passe pas du tout comme je le pensais) mais je m'y suis remise (merci Looneh, encore une fois) et je vous promets que vous n'attendrez pas la suite trois mois !
Alors, vous êtes contents que le mur de Berlin soit tombé ?
