« Je ne vous demande pas d'aller puiser des souvenirs de vos camarades en petite culotte, je vous demande simplement de réussir à projeter votre esprit dans celui de votre partenaire, qui devra, quant à lui, réussir à se barricader. C'est aussi simple que ça. Si chacun respecte ces consignes, vous ne courrez aucun risque. Bien. Mettez-vous en position, l'un en face de l'autre... bien. Et maintenant, projetez votre esprit dans celui de votre camarade. »

Pansy croisa les jambes avec désinvolture, un sourire carnassier aux lèvres. Drago la toisa du regard, un air de dégoût placardé au visage. Imaginer que ce sale petit serpent puisse plonger dans sa tête le répugnait. Le sourire de la Reine Cobra s'élargit un peu plus.

« Prêt, mon petit Drago ? »

Et sans attendre sa réponse, elle projeta son esprit dans le sien. Elle s'attendait à une résistance hostile, à des explosions bruyantes et à des pièges féroces par milliers. Elle s'attendait à devoir lutter, se faufiler, se débattre mais elle ne trouva rien. Elle eut l'impression de tomber, tomber, tomber, son ventre se souleva comme dans les montagnes russes, des chatouillis au creux de l'estomac, et soudain, elle s'arrêta de tomber.

Elle regarde autour d'elle. Il fait noir. Pas de lumière, pas d'imposantes barrières, pas de gouffre abyssal. Juste du noir à perte de vue. Son esprit avance, furtif, à la recherche d'une quelconque ébréchure, n'importe quoi qui change de ce noir infini. Sur ses gardes, elle attend l'esprit de Drago qui devrait lui tomber dessus d'une minute à l'autre. Elle attend, les secondes s'empilent, s'amassent lentement, se prolongent pour devenir des minutes, de longues minutes, mais rien ne vient. Pas la moindre défense, pas la moindre réaction. Juste ce noir qui se profile partout où l'œil peut voir. Elle commence à se sentir à l'étroit dans ce noir interminable. Le malaise enfle en elle comme un ballon qui gonfle, gonfle, gonfle. Elle a peur d'exploser, tout d'un coup. Peur de mourir asphyxiée par toute cette obscurité. Alors, elle se met à courir pour échapper à quelque chose qu'elle ne saurait pas même nommer. Elle court dans les limbes de l'esprit de Drago. Elle court aussi vite qu'elle le peut, elle court tout droit, ou peut-être en rond, elle ne sait plus. Encore ces secondes qui passent, qui font 'tic-tac' dans sa tête, qui résonne comme un métronome assassin. Tic, tac, tic, tac. Son souffle se fait rauque. Et soudain, elle arrête de courir. Elle a peur, elle ne sait pas de quoi, mais elle a peur. Elle voudrait déchirer tout ce noir comme du papier de soie, entre la décousure de l'obscurité qui se fend. Dans un cri rageur, elle se laisse tomber au sol. Non, à dire vrai, elle se roule sur le sol, et du bout de ses doigts, elle griffe, elle écorche, elle arrache, essayant de réduire en charpie l'abîme qui l'entoure. Il y'a forcément une faille quelque part, forcément. Mais ses doigts passent et repassent sans rien toucher.

Arrête ! Arrête ! Laisse-moi ! Arrête ! Pitié, arrête..., elle hurle.

C'est le silence qui lui répond, long et menaçant, moqueur et malveillant. Ou peut-être qu'au contraire, c'est un brouhaha qui l'étouffe. Elle n'entend plus rien. Peut-être qu'elle est devenue sourde. Elle se relève difficilement, comme si elle était coiffée de plomb, et regarde de tous les côtés. Du noir, encore du noir. Du noir partout. Du noir sous ses pieds, du noir au bout de ses doigts, du noir qui coule de ses yeux, couvre son visage, l'engloutit comme elle se noie. Elle suffoque, elle a besoin d'oxygène, il faut qu'elle emplisse se poumons, sinon, elle va mourir. Son esprit se crispe, elle essaye d'avaler de l'air à grandes goulées, mais elle n'avale que du noir, du noir, encore du noir, qui se répand en elle comme un poison obscur, qui vient putréfier ses poumons, contaminer son sang, ses os, ses muscles. Elle disparaît, son corps se dissipe dans l'obscurité. Elle voit le noir dévorer ses pieds, puis ses jambes, puis son buste. Affolée, elle regarde ses mains et lâche un cri d'horreur. Elle sont en train de s'évaporer, de se dissoudre sans un bruit. Elle s'efface, lentement, rongée par ce mal invisible dont elle ne peut détourner les yeux. Et bientôt, elle n'est plus. Elle ne se voit plus. Elle hurle. Ou peut-être qu'elle reste silencieuse, elle ne sait pas. Elle n'est plus rien, juste quelques pensées difformes qui vagabondent dans le vide. Sa tête tourne, elle est au bord de l'évanouissement. Tant pis. Elle préfère sombrer que de rester ici, dans cette prison sans murs. Alors, elle ferme les yeux, et elle se sent tomber, tomber, tomber.

« J'espère que t'as apprécié le voyage. »

Elle cligna lentement les yeux, battit des cils, une fois, deux fois. Le monde semblait flou. Elle prit une profonde inspiration, et ouvrit les yeux pour de bon pour discerner Drago, un sourire goguenard au visage, les bras croisés avec nonchalance. Elle eut envie de se jeter sur lui pour l'étrangler... Comment avait-il osé la traiter de la sorte ? Elle entreprit de se lever, mais elle sentit son cœur s'approcher dangereusement de ses lèvres et elle se cramponna à sa chaise de peur de basculer. Avec un infini soulagement, elle constata qu'elle voyait de nouveau ses bras, ses jambes, et même les quelques mèches de cheveux indomptables qui se perdaient sur son visage. Elle lâcha un soupir rassuré : elle était de nouveau dans la salle de classe, entourée d'imbéciles heureux qui s'essayaient à l'Occlumancie. Les dents serrées pour ne pas vomir, elle ne répondit pas.

« A mon tour de m'amuser un peu, maintenant. »

Et il s'engouffra dans son esprit.

Tout autour de lui, il sent l'esprit de Pansy, en petites pulsations étouffées qui s'agitent nerveusement. Comme une furie, elle fond sur lui mais elle est trop faible pour l'arrêter ou même le ralentir, et il se contente donc de l'ignorer royalement en regardant autour de lui : l'esprit de Pansy ressemble à une ruine, les fondations de ses défenses sont toutes craquelées, striées de déchirures, et chaque lézarde suinte de secrets honteux. Il s'approche d'une des brèches, l'esprit de Pansy se précipite pour l'arrêter, il sent bien une petite résistance mais il la repousse sans le moindre effort, comme il aurait dégagé un insecte. Il s'infiltre dans le trou béant et il est happé avec un bruit mat.

Il est devant un mur qui semble d'une hauteur vertigineuse. Blanc, immaculé, il semble toucher les cieux. Drago s'approche, curieux, tend le bras, effleure le mur. Il est glacé et presque luisant. Lentement, les contours d'un visage se forment, devenant de plus en plus nets seconde après seconde. Les traits d'une figure s'esquissent petit à petit, pour devenir tout à fait précis. C'est le visage d'une femme, d'une beauté curieuse, presque inconvenante. Ces yeux... Il jurerait que ce sont ceux de Pansy, mais la femme est un peu plus âgée. Pas beaucoup plus. Elle sourit avec douceur, replace une mèche de cheveux derrière son oreille. Encore et encore. C'est étrange, mais il ne l'aime pas. Quelque chose le dérange, dans son regard presque moqueur. A côté de cet étrange portrait, un autre tableau se crayonne. Encore le visage de cette femme, encore cette mèche rebelle recalée derrière son oreille, et encore ce sourire aigu. Son visage apparaît une nouvelle fois, puis une nouvelle fois, et encore, et encore. Maintenant, ce sont des milliers de visages qui le regardent. Ils constellent le mur de leur regard charbonneux, le toisent avec un air faussement ingénu. Il tourne sur lui-même, le visage de cette femme est partout autour de lui, et le regarde de cet air tranchant.

La voix de Pansy s'élève comme un bourdonnement, lointain :

Non, non, non. Non, non, non. Non, non, non...

Elle répète ça comme une litanie, comme elle appellerait à l'aide. Mais il n'y a personne pour lui venir en aide, ici. Juste lui, et cette femme aux yeux noirs. Il sent des tréfonds de l'esprit de Parkinson une incommensurable tristesse. Mais lui il ne voit que ce visage qui le regarde, encore et encore, lui sourit de cet étrange sourire qui le trouble.

Non, non, non...

Ce n'est plus qu'un souffle, presque une supplication. C'est empêtré de douleur et de honte. Il sent comme une goutte sur sa nuque, puis sur le dos de sa main. Il regarde ; il n'y a rien. Tout à coup, des milliers de gouttes invisibles ruissellent. Il ne les voit pas, mais il les sent tremper son corps, tracer des rigoles amères sur son visage. Et il comprend : là-bas, sur sa chaise, au beau milieu de la classe de Défense contre les Forces du Mal, Pansy pleure. La pluie devient déluge, clapote dans l'esprit de Parkinson. Il n'a pas de peine, il a pitié. Il embrasse une dernière fois le décor du regard, et se détourne de ces étranges visages qui le regardent avec aplomb. D'une impulsion, il s'extirpe de l'esprit de Pansy.

Il passa une main dans ses cheveux et observa silencieusement Parkinson. Elle était en train de pleurer sur sa chaise. Des coulées de maquillages sillonnaient son visage pâle et ses cheveux de jais exacerbaient plus encore la blancheur de ses traits. Elle voulut dire quelque chose, ouvrit la bouche, mais un bruit dans leur dos l'interrompit. Ils se retournèrent vivement pour voir Daphné sur le sol, le visage contusionné et gonflé, un filet de sang ruisselant de son nez, maculant sa chemise blanche de taches d'un rouge sombre. Hermione se tenait cramponnée à sa chaise, tremblante, dévisageant Daphné avec une fureur qui déformait ses traits. Visiblement, l'Occlumancie s'était très mal passée pour elle aussi. Il y'eut quelques secondes de silence, avant que Calypso ne se précipite pour relever son amie. Le prof se mit à crier des ordres, et la blonde fut escortée jusqu'à l'infirmerie. Il regarda de nouveau Hermione, qui s'était levée, aussi pâle qu'une morte, la mâchoire serrée. Il esquissa un geste pour aller la voir, mais se ravisa : c'était bien trop risqué. Tout à coup, une idée terrifiante s'insinua dans l'esprit de Drago : Daphné avait peut-être tout découvert. Il se tourna rapidement vers la Gryffondor, l'interrogeant du regard et elle comprit immédiatement la question, répondant d'un hochement de tête affirmatif.

« Le cours est terminé », articula Doge d'un ton sans répliques. « Prenez vos affaires, et sortez immédiatement. Sauf vous, Miss Granger. J'ai quelques questions à vous poser. »

Si c'était possible, Hermione pâlit un peu plus encore et acquiesça lentement, avant de se diriger vers le professeur. Drago s'empressa de ranger ses affaires, et quitta la salle sans demander son reste, laissant derrière lui Pansy, secouée de gros sanglots.

~~~~o~~~~

« Qu'est-ce que tu fais là ? », chuchota Drago à toute vitesse, les sourcils froncés, en tournant la tête à gauche et à droite avec anxiété.

« Il fallait que je te parle. Et crois-le ou non, c'est moins risqué que de t'envoyer un message. »

Il écarquilla les yeux et passa une main fatiguée sur son visage.

« Venir me chercher devant la Salle Commune, c'est moins risqué ? Va vraiment falloir que tu revoies ta notion du risque. »

Elle haussa les épaules, avant de croiser les bras, l'air sérieux, le toisant avec sévérité. Il poussa un long soupir et croisa les bras à son tour, en signe de résignation. Il la connaissait trop pour ignorer que lorsqu'elle prenait ce regard autoritaire, impossible de la faire changer d'avis.

« On se retrouve dans la Serre. Pars devant, je te rejoins dans vingt minutes », finit-il par répondre, avec un soupir.

Il rentra dans la salle commune, enfila une cape noire dont il rabattit la capuche sur sa tête, avant de sortir discrètement des cachots. Il emprunta plusieurs chemins, s'arrêtant parfois pour vérifier qu'il n'avait pas été suivi, et enfin, quand il fut sûr d'avoir semé toute potentielle filature, il s'empressa de rejoindre la serre. Granger l'attendait là, assise en tailleur sur une des tables, la mine soucieuse. Il jeta un dernier regard dans le couloir et referma la porte silencieusement.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? », demanda-t-il à voix basse.

« Daphné sait », répondit Hermione en croisant les bras.

« J'avais compris. »

« Drago, j'ai un mauvais pressentiment. »

Il se rapprocha d'elle d'un pas désinvolte et posa une main douce sur son bras. Du regard, elle suivit la main de Drago et remonta jusqu'à son visage qui affichait un sourire apaisant. Elle se détendit légèrement, défronçant les sourcils, avant de poser sa main sur celle du Serpentard. Ils restèrent silencieux un moment, savourant ce contact si rassurant dont ils s'étaient privés depuis plus d'une dizaine de jours. Avec douceur, il finit par rompre le contact et s'assit à côté d'elle.

« Par Merlin, je ne sais pas d'où vous tenez votre réputation de d'intrépides téméraires, vous les Gryffondor, mais elle est largement surestimée », se moqua-t-il, mais lorsqu'il aperçut son regard noir, il rit doucement, et opta pour un ton plus doux : « Arrête de t'en faire. Je connais bien Daphné, et elle ne ferait jamais rien qui pourrait me nuire... »

Hermione lui offrit un faible sourire qui trahissait son scepticisme, avant de détourner le visage.

« Je ne sais pas. J'ai un mauvais pressentiment. T'as pas vu la force avec laquelle elle a détruit mes protections mentales. Il y'a quelque chose, chez elle... Quelque chose de féroce... Quelque chose que je n'aime pas du tout, Drago. »

« Oui, ça, je crois qu'on a tous vu à quel point tu l'aimais pas. Je ne sais pas ce que tu lui as fait mais elle est toujours à l'infirmerie. »

« Je ne lui ai rien fait du tout ! », protesta-t-elle. « C'était de la légitime défense ! »

Il la regarda avec un sourire amusé. Il aimait bien sa mine renfrognée, ça la caractérisait bien. Ça lui donnait un air enfantin en totale contradiction avec son habituel air solennel, et pour une raison étrange, il trouvait ça rafraichissant. Il s'assit de nouveau à côté de la jeune fille, et elle se laissa aller contre lui, déposant sa tête contre son épaule. Sa respiration régulière le berçait, et ses boucles brunes caressait la peau de son cou au rythme de ses inspirations. Avec douceur, il glissa sa main dans la sienne, enlaçant ses doigts avec tendresse. Un instant, il voulut lui parler de la menace de Weasley, de tout ce qu'il avait découvert dans la tête de Pansy, de la lettre de sa mère, aussi, mais contre toute attente, il n'arriva pas à se résoudre à briser le silence. Ça n'avait rien à voir avec le silence pesant qui avait accompagné les repas de famille de son enfance, ni le silence amer qui escortait chacune des apparition de Pansy, pas plus que ça ne ressemblait au silence tendu qui se profilait parfois entre Daphné et lui. C'était un silence doux et absolu. A cet instant précis, dans ce silence presque tendre, il ressentit un étrange sentiment de plénitude complète, si paisible qu'il en oublia momentanément tout le reste. Ils restèrent longtemps sans rien dire, pressés l'un contre l'autre, jusqu'au moment où la montre de Drago s'illumina, comme un rappel à l'ordre. A contrecœur, il se détacha d'elle.

« Il faut que j'y aille. Sinon, ça va éveiller les soupçons. »

« Je sais », murmura-t-elle d'une petite voix.

« Bientôt », souffla-t-il pour toute réponse.

Elle lui offrit un faible sourire avant de lui répondre : « Fais attention, Drago. Ils traquent les anciens Mangemorts. Un jour ou l'autre, ils se mettront en tête de t'avoir, toi. »

Il sourit, amusé, presque attendri.

« Ne t'inquiète pas, petit génie. Je sais me défendre. »

Il se pencha vers elle et déposa un baiser sur ses lèvres. Baiser furtif qui l'effleura avec douceur et fit planer sur le visage de la jeune fille, un vague sourire.

« Fais attention à toi, surtout », ajouta-t-il avant de disparaître dans l'obscurité du couloir.

~~~~o~~~~

Lorsqu'il regagna la salle commune, un hibou Grand Duc l'attendait en battant élégamment des ailes, l'air impatient. Le cœur de Drago s'accéléra légèrement ; il aurait reconnu cet oiseau entre mille, c'était le hiboux familial. Il poussa un soupir de soulagement : visiblement Pansy n'avait pas eu le temps de réquisitionner son courrier. Drago s'approcha lentement du volatile et détacha avec délicatesse la missive qui ornait sa patte, sous le regard désintéressé du hibou qui s'empressa d'aller se percher sur un des fauteuils noir et pourpre de la pièce, dès que sa patte fut allégée du message.

« Cher Drago,

Ton père a été libéré. La presse relaiera l'information dès demain. Nous partons dès ce soir dans le Devon, afin de nous tenir éloignés de toute agitation médiatique. Je sais que les vacances de Noël commencent dans trois jours, mais je pense qu'il vaut mieux que tu restes en sécurité à Poudlard. Les Ministres du département de la Protection des Nés-Moldus sont hors d'eux, ils tiennent ton père en coupable. Pour le moment, mieux vaut se faire discrets... le temps que l'orage s'apaise.

Ton père a été très secoué par Azkaban. Il va lui falloir un peu de temps. Dans ton intérêt, je pense qu'il est préférable que tu ne le vois pas immédiatement.

Pardonne-moi pour les décisions que j'ai prises. Il y a bien longtemps, j'ai eu le choix.

Je regrette tant de choses.

Je t'aime tendrement,

Maman. »

Drago resta un instant circonspect devant le message. Le soulagement qu'il ressentit à la nouvelle de la libération de son père fut vite dilué par un sentiment plus sombre, une anxiété à peine voilée qui pesait lourdement sur ses épaules. Il se laissa aller dans un des fauteuils de la Salle Commune. Ça ne ressemblait pas à sa mère, ce soudain épanchement sentimental. Et surtout, ça ne ressemblait pas à sa mère de le tenir éloigné. Il saisit un parchemin dans son sac, et une plume, avant de griffonner un bref message, d'une écriture déformée par l'appréhension.

« Maman,

Ne regrette rien. Ce n'est plus ton devoir de me protéger. Je ne suis plus un enfant.
Je resterai à Poudlard pour les vacances, comme tu le souhaites.
Prenez soin de vous,

Drago. »

Il attacha la missive à la patte du hibou qui se contenta de hululer avec dédain, tendant ses serres dans une posture presque aristocratique. Enfin, le tableau pivota, et l'oiseau s'envola, prêt à accomplir sa tâche.

Plus tard, bien plus tard, il reçut une réponse de sa mère, dont le parfum rassurant enveloppait chaque mot.

« Drago,

Je suis ta mère. Tant que je vivrai, ma plus fidèle certitude, mon unique devoir, sera de te protéger.

Je t'aime tendrement. »

~~~~o~~~~

« Hé, toi ! », héla-t-il un petit élève de Serpentard de deuxième année.

Le petit se retourna lentement en jetant, à Drago, un regard inquisiteur dans lequel brillait une lueur d'arrogance. Mais dès qu'il reconnut Malefoy, l'arrogance se transforma en une déférence respectueuse, et il baissa le visage dans une posture semblable à une révérence obséquieuse.

« Oui ? », demanda-t-il d'une petite voix.

« Comment tu t'appelles ? »

« Hans... Hans Bergen... »

« Bien. Hans, va à l'infirmerie voir comment va Daphné Greengrass, et reviens me dire. »

« D'accord », acquiesça le garçon, légèrement intimidé.

D'un pas pressé, il se mit en marche mais Drago s'interposa, lui barrant le passage.

« Et tu gardes ça pour toi, bien entendu. Que personne ne sache qui tu vas voir et qui t'as envoyé. Si Pomfresh te demande, dis-lui que tu viens voir Lysandra Yaxley », il marqua un temps d'arrêt, avant de froncer les sourcils et de demander, d'une voix menaçante : « Dis-moi, Bergen... tu sais tenir ta langue au moins ? »

« Oui, oui... »

« Vaudrait mieux pour toi, sinon je te l'arrache. »

Le garçon pâlit violemment avant de se retourner et de ficher le camp à toute allure. Drago ne put s'empêcher de sourire avec satisfaction. Il avait oublié le plaisir de contrôler, de donner des ordres et de régner. Et ce plaisir-là commençait sérieusement à lui manquer. Pas étonnant que Pansy en soit devenue accro.

Les mains dans les poches, il se dirigea vers la salle commune. Une once d'inquiétude diluée par des tonnes de rancœur secouait sa conscience. C'était Daphné, après tout. La petite fille à la robe tâchée de boue et aux cheveux en bataille... et il avait bien du mal à se débarrasser du reste d'affection qui trainait dans son cœur. De toute façon, à part lui, personne ne s'inquiéterait pour elle. Finalement, c'était peut-être moins de l'affection qu'un reste de pitié mal digéré.

~~~~o~~~~

« T'as vu ? », demanda Zabini en se laissant tomber sur le lit de Drago.

Mauvaise habitude qu'il avait prise. Très mauvaise habitude, même. Mais Drago avait beau froncer les sourcils, pester, maugréer, rien n'y faisait ; il finissait toujours par retrouver Blaise étendu sur son lit avec désinvolture. Cette fois-ci, il se contenta de pousser un long soupir d'exaspération qui n'eut d'autre effet que de tirer un sourire d'amusement au métis.

« Vu quoi ? »

« Tiens, je te l'ai mis de côté. J'étais sûr que le joli sourire de ton père te manquait. »

Il sortit le journal qu'il avait roulé dans sa poche et le tendit à Drago qui ne réagit pas. En soupirant, Blaise le déplia sous les yeux méfiants du blond. Mais lorsqu'il aperçut la une du journal, Malefoy ne put étouffer un cri de surprise et se saisit de la Gazette d'un geste brusque. Sur la première page, un titre assassin dévoilait ses crocs : Un bon petit diable en liberté. Et juste en dessous, une image fatiguée montrait un homme pâle au visage décharné qui regardait l'objectif avec des yeux vitreux, avant de rabattre le col de son caban en se détournant. Le journal glissa des mains de Drago alors que son sang se glaçait dans ses veines. Il ramassa la une tombée au sol et la regarda de nouveau, peinant à reconnaître son père sous son masque de décrépitude et de laisser-aller. Le regard de Lucius sembla croiser celui de Drago, et ce dernier déglutit avec peine, jetant d'un geste brusque la Gazette à l'autre bout de la pièce, afin de se dérober au regard apathique de son géniteur. Il se laissa tomber sur un des lits de son dortoir, assommé par une douloureuse tristesse.

« Drago ? »

L'intéressé ne releva même pas la tête, fixant le plafond sans le voir, se perdant dans un labyrinthe d'angoisses et de lassitude. Du coin de l'œil, il vit Zabini se relever pour venir s'asseoir à côté de lui, posant une main amicale sur son épaule.

« Je suis désolé. J'ai été con. J'aurais pas dû te montrer ça », lâcha-t-il d'une voix rongée par le remord.

« Je l'aurais appris d'une manière ou d'une autre, de toute façon », répondit le blond en se relevant mécaniquement pour se poster devant la fenêtre, le regard dans le vide. « L'important, c'est qu'il ait été libéré. »

« Drago », commença Zabini en se plaçant à côté de lui. « Je sais que c'est une sale période. Mais les choses finiront bien par s'apaiser tôt ou tard. »

« Je préfèrerais que ce soit tôt, en ce qui me concerne. »

« Moi aussi. Ça me manque de plus pouvoir me bourrer la gueule au Manoir en piochant dans la réserve d'alcool hors de ton prix de ton père. »

Drago se retourna enfin pour adresser un sourire faussement glacial à son ami, dont le rictus malicieux avait mué en un sourire sincère, dénué de moquerie.

« La réserve de mon père, y'a que ça qui t'intéresse de toute façon », plaisanta Drago en lui jetant un regard suspicieux, pour la forme.

« La réserve de ton père, et la moitié de ton héritage. Ça fait des années que j'œuvre discrètement pour être le petit préféré de tes parents, histoire de rafler la moitié de la fortune quand ils rendront l'âme. »

« T'en fais pas, je veillerai à ce que tu sois mort avant. »

Ils se sourirent tous deux d'un air entendu, et enfin, Zabini prit Drago dans ses bras. Le blond demeura immobile quelques instants avant de lui rendre son accolade.

« Merci... », maugréa-t-il.

Avant de lâcher le blond, Zabini lui glissa à l'oreille : « Du coup, y'a moyen de négocier pour l'héritage ou pas ? »

Drago se fendit d'un bref rire en levant les yeux au ciel : « A voir. »

~~~~o~~~~

« Même endroit, même heure. »

Le petit hibou d'origami s'envola aussitôt des mains de Drago pour atterrir quelques secondes plus tard dans la paume de Granger qui lit rapidement le mot, avant de le faire disparaître, le sourire aux lèvres.

~~~~o~~~~

Lorsqu'il pénétra dans la serre, il réalisa que Granger n'était pas encore arrivée. Il fronça les sourcils de mécontentement, pestant dans sa barbe contre celle qui arrivait toujours quinze minutes en avance à chaque cours, mais se permettait d'être en retard à leur rendez-vous.

Rendez-vous. Ce mot le fit sourire plus que de raison. Il en était arrivé à appeler rendez-vous ce qu'il aurait qualifié de corvée particulièrement déplaisante ou de folie post-traumatique quelques mois plus tôt. Décidément, il avait bien changé.

Les minutes filaient silencieusement alors qu'il faisait le tour de la serre, observant tour à tour les pots fleurissants de plantes toutes plus étranges les unes que les autres. Bien sûr, Granger s'était occupée de lui expliquer le nom de chaque plante, et son histoire, et la saison de sa floraison, et ses propriétés, et encore mille autres détails qu'il avait oublié. C'était plus fort qu'elle, elle ne pouvait pas s'empêcher de réciter ses cours à tout va. Mais d'une étrange manière, ça l'amusait plus que ça ne l'agaçait. Elle revêtait un air concentré, un ton professoral, et exposait de long en large, chaque centimètre de ses connaissances, se permettant parfois quelques petites blagues en latin qu'il faisait semblant de comprendre pour lui faire plaisir. Ou plutôt, pour ne pas qu'elle passe cinq minutes de plus à lui expliquer la blague.

Il avisa du coin de l'œil une plante dont la tige grandissait, grandissait, grandissait sous ses yeux, en s'enroulant sur elle-même, atteignant à son apogée presque deux mètres de longueur. A ce moment, une unique fleur bourgeonnait lentement avant de s'ouvrir en une palette de pétales d'un mauve intense. Puis, dans un ronron musical, la fleur s'embrasa dans une flamme violette, retournant à l'état de graines qui s'enfoncèrent dans la terre, pour devenir aussitôt une tige qui se mit à grandir, grandir, grandir, et fleurir de nouveau, avant de s'immoler une nouvelle fois. Une fleur de phénix. Granger lui avait raconté que malgré son étonnante faculté à renaître sans cesse, la plante avait presque disparue de la surface de la terre, car les hommes, avides, avaient longtemps cru qu'il s'agissait là d'un remède pour tromper la mort et l'avait tant cueillie, qu'il n'en restait plus que quelques rares spécimens.

A côté, sous une cloche de verre insonorisante, de petites fleurs multicolores s'ébrouaient dans un flonflon qui ressemblaient à s'y méprendre au bruissement d'une conversation. Dès qu'elles sentaient une présence, elles agitaient leurs corolles, créant par le frottement des pétales, une imitation parfaite d'un tumultes de chuchotis. Granger lui avait dit qu'elles s'appelaient, par conséquent, 'les chuchoteuses' - elle lui avait aussi donné un autre nom latin alambiqué qu'il avait aussitôt oublié. Ces fleurs avaient longtemps peuplé les forêts d'Écosse, poussant les habitants alentours à croire que les bois étaient maudits et peuplé de fantômes susurrants. La légende disait que les chuchoteuses répétaient les dernières paroles qu'elles avaient entendues, mais Drago, lui, n'entendait qu'un brouhaha confus de murmures.

Il reposa la cloche de verre sur les petites fleurs qui furent englouties par le silence et jeta un coup d'oeil à sa montre. Granger était en retard de vingt minutes, et ça, ça ne lui ressemblait pas. Il poussa un soupir las, ouvrit la porte de la serre, et balaya du regard le couloir, mais toujours pas de trace de la Gryffondor. Il haussa vaguement les épaules, et se dirigea lentement vers les cachots avant de s'arrêter brusquement, pour finalement faire demi-tour et s'orienter vers la tour des rouge et or. Il monta le premier et le deuxième étage en fulminant intérieurement, gravit le troisième étage en maudissant Hermione, grimpa le quatrième et le cinquième étage en pestant contre les Gryffondor qui avait décidé de se nicher tout en haut du château, mais lorsqu'il posa le pied sur la première marche du sixième étage, un étrange sentiment d'anxiété fit taire ses protestation. Il entendit d'abord des murmures aussi sinistres que des cris, puis il les vit.

Dans l'ombre du couloir, deux silhouettes se tenaient dangereusement près, et il n'eut aucun mal à deviner de qui il s'agissait. Son cœur fit un bond dans sa poitrine, et il s'immobilisa, sans réussir à reprendre le contrôle de ses jambes qui semblaient vissées au sol. Il reconnut sans mal les deux silhouette et il sentit tous ses muscles se crisper. Ils étaient tous les deux si près l'un de l'autre qu'ils semblaient sur le point de s'embrasser, leur visage à quelques centimètres.

« ... alors pourquoi tu veux pas me dire ? », grinçait la voix du rouquin.

« J'ai pas de comptes à te rendre. Lâche-moi, j'ai à faire », rétorqua Hermione, d'un ton glacial, en essayant de dégager son bras de l'emprise de Weasley mais celui-ci la maintint en place d'un geste brusque.

Drago observait la scène sans savoir que faire. D'un côté, il n'aurait pas été contre calmer le rouquin une bonne fois pour toute, mais de l'autre, il n'avait pas franchement envie de se mêler des petites affaires des rouge et or. Et puis, Hermione était capable de se débrouiller toute seule...

« Je t'ai donné une semaine, Hermione, une semaine. Et tu remets ça. Sortir en douce, la nuit, tu me prends pour un con ? »

« Tu me fais mal, Ron, lâche-moi », souffla-t-elle, mais son ton était plus menaçant qu'implorant.

« Où est-ce que t'allais ? »

« Je te conseille de me lâcher, Ronald. J'ai pas envie de te faire mal, mais si tu ne me laisses pas partir dans la minute, tu risques de le regretter amèrement. »

« Tu parles comme une Serpentard. Tu couches avec lui, c'est ça ? C'est pour lui que tu m'as quitté ? C'est à cause de ce connard ? », s'écria-t-il.

Sa main se serra sur son bras et il la poussa brutalement contre le mur, lui arrachant un petit cri de douleur. Les jambes de Drago semblèrent retrouver leur mobilité, et il s'avança vers eux d'un pas félin, se décidant enfin à intervenir.

« Lâche-la », plaqua-t-il sur le silence.

Ron se tourna vivement, et toisa Drago avec un sourire méprisant, les doigts toujours serrés autour du bras d'Hermione dont les yeux trahissaient une appréhension grandissante.

« Depuis quand t'es passé de petite fouine pleurnicharde à preux chevalier de ces Dames, toi ? », se moqua Ron d'une voix secouée de ricanements, mais ses yeux brillaient d'une colère hargneuse.

« A peu près en même temps que t'es passé d'abruti congénital à dépressif psychopathe. »

« Toujours aussi drôle, Malefoy. C'est ça que t'es venu chercher ? », demanda-t-il en poussant Hermione devant lui sans pour autant relâcher son emprise.

Les yeux de la Gryffondor s'assombrirent de fureur alors qu'elle se débattait pour lui faire lâcher prise.

« Ron, lâche-moi ! Lâche-moi immédiatement ! »

« Je répéterai pas une troisième fois, lâche-la, ou je défigure ta sale gueule de rouquin. Remarque, ça pourra pas te faire de mal. »

« Drago, arrête. Laisse-moi gérer ça », protesta Hermione, mais Drago ne l'écoutait pas.

« Essaye pour voir », le provoqua Ron. « Je vais estropier ton visage de petit bourge, histoire que t'aies la même gueule que ton taulard de père. »

Drago ne prit même pas la peine de rétorquer quoi que ce soit et se lança sur Ron qui recula sous le choc, lâchant Hermione par la même occasion. Cette dernière essaya de les séparer mais fut violemment repoussée en arrière. Le Serpentard saisit Ron par le col et le plaqua violemment contre le mur, mais de sa main libre, le Gryffondor envoya un coup de poing en plein dans le ventre de Malefoy qui se retrouva plié en deux, le souffle coupé. Weasley entreprit de se jeter sur lui mais Hermione lui saisit le bras et le tira en arrière d'un coup sec.

« Arrête, Ron ! Laisse-le ! »

Il la repoussa abruptement de son autre main et la fusilla du regard.

« Te mêle pas de ça. C'est entre Malefoy et moi. »

Elle resta bouche-bée un instant, alors que Drago se relevait péniblement. Avec une agilité étonnante, il évita la charge du Gryffondor et envoya son poing s'écraser sur le nez du rouquin. Un craquement sonore, une gerbe de sang et un cri de douleur. Le visage déformé par la fureur et le nez écarlate, Ron se jeta sur Drago, l'entraînant au sol dans un ballet confus de coups et d'insultes. Enfin, Hermione reprit ses esprits et alors que Drago levait le poing pour l'abattre de nouveau sur le visage de Ron, elle saisit sa baguette et d'un geste vif, la pointa au hasard sur leurs corps mouvants.

« Petrificus Totalus ! Petrificus Totalus ! »

Dans un bruit semblable à une pierre qui se fend, les deux ennemis se retrouvèrent paralysés, la peau anormalement pâle et les muscles crispés. Une lueur d'incompréhension passa dans les yeux de Drago : il ne pouvait plus bouger, figé dans une posture belliqueuse, juste au-dessus de Ron. A deux secondes près, il aurait pu écraser son poing sur la sale gueule de la belette, et rien que pour ça, il priait intérieurement pour qu'Hermione lève le sort. Mais à la place, elle s'accroupit près d'eux, approchant son visage furieux de celui de Drago.

« Écoute-moi bien, Drago Malefoy. La prochaine fois que je te dis de me laisser gérer quelque chose, t'as plutôt intérêt à ne pas t'en mêler. J'ai pas besoin de toi pour me protéger, je suis assez grande pour le faire toute seule. Alors épargne-moi tes relents de fierté mal placée. »

Elle lui lança un regard noir alors qu'il roulait des yeux, mais l'ignora pour se tourner vers Ron, dont les deux bras étaient rabattus sur son visage, dans une vaine tentative de protection.

« Et toi, Ron... Je te déconseille vivement de jouer une nouvelle fois au petit despote autoritaire avec moi. La prochaine fois, je me chargerai personnellement de te refaire le portrait. Et crois-moi, ce sera plus douloureux qu'un nez cassé. »

Elle se releva dignement en rangeant sa baguette, et juste avant de tourner les talons, elle aperçut le regard paniqué de Ron, dont les prunelles couraient de gauche à droite, l'implorant visiblement de lever le sortilège.

« Je vous laisse le soin d'expliquer à ceux qui vous trouveront ce que vous faisiez hors de vos dortoirs à cette heure », lâcha-t-elle d'une voix égale. « Comme tu me l'as si bien fait remarquer, Ron, je ne devrais pas me mêler de ça. C'est une histoire entre Malefoy, toi et Rusard. »

Et elle les planta là, faisant résonner son pas furieux dans tout le couloir. Paralysé, Drago n'eut d'autre choix que de la regarder partir sans rien pouvoir faire. Il jura silencieusement, la maudissant elle et ses ancêtres sur une dizaine de générations. Mais intérieurement, il remerciait Granger de l'avoir pétrifié, car si elle ne l'avait pas fait, elle aurait sans nul doute pu distinguer un sourire fier se dessiner sur le visage du blond.


Voilàààààà ! Enfin, un chapitre un peu plus joyeux (y'a quand même des larmes, de la souffrance et un ou deux nez cassés... vous imaginez à quel point j'ai revu mes critères de joie à la baisse, depuis que j'écris cette histoire ? haha !)

Bref, encore une fois, je ne saurais vous remercier assez pour votre fidélité, que ce soit en tant que reviewers ou en tant que lecteurs !

On se voit au prochain chapitre (ou entre temps, avec les reviews, bien sûr !) mis queridos !

(P.S. : Hannah, je ne peux pas te répondre directement, malheureusement ! Crée-toi un compte qu'on puisse discuter ! - je fais de la propagande pour ffnet, tout va bien - Mais mille millions de merci pour tous ces merveilleux compliments... Je te fais plein de bisous télépathiques pour te remercier. Ah, et sache que moi aussi, je flippe parfois quand j'écris les passages sur Pansy, haha !)