Par NVJM Eönardë
Ce nouveau chapitre met en introduction une pléthore de mystères et d'énigmes révélés grâce à l'arrivée de la Chambre des Secrets. Il n'appartient qu'à vous de les résoudre… Attention, ils sont d'un niveau bien plus dur que tous ceux déjà présentés dans les chapitres précédents.
XXIX) Les Secrets de la Chambre…
Ou, comment faire fondre le cerveau des Lecteurs.
Poudlard. Le dix-huit janvier mil neuf cent nonante trois.
Où suis-je ? Se dit-il.
Un regard autour de lui permit à son esprit embrumé par l'alcool de distinguer les formes avantageuses de la femme qu'il aimait pour un soir. Quelle beauté…
Se tournant doucement vers elle, il saisit ses divins seins de ses larges mains avec toute la douceur dont il était capable, et en titilla fébrilement les tétons avant de se pencher pour y goûter avec gourmandise.
Dans son sommeil, rêvant d'intenses activités nuptiales, la jeune femme put pleinement ressentir l'aimable plaisir charnel que lui procurait son amant. Ne tardant guère à s'éveiller, elle se laissa tout d'abord faire, le temps de revenir à la réalité.
Penché sur elle, l'homme délaissa ses tétons devenus durs pour descendre fébrilement le long de son corps. Effeuillant avec amour la douceur de la peau, il promena sa langue coquine sur le ventre fin, s'attardant amoureusement autour du nombril, puis passa à plus bas encore.
L'intimité de son amante semblait l'appeler en hurlant. Cela faisait déjà trois fois ce soir qu'ils s'unissaient et jouissaient ensemble en hurlant leur plaisir, avant de s'effondrer sur leur couche et de s'endormir, épuisés pour peu de temps.
Sans attendre, il se redressa et écarta de force les fines jambes de la femme, affermissant ainsi sa prise sur elle, et la pénétra une nouvelle fois pour l'emmener au Nirvana…
…
Léo se réveilla soudain en sursautant, trempé de sueur. Mais que lui arrivait-il, bon sang ? Il avait pourtant passé l'âge des rêves érotiques depuis longtemps !
Un regard alentour lui indiqua la situation dans laquelle il se trouvait. Il n'était pas très étonnant que son esprit se fût ainsi emporté, Luna se trouvait à dormir avec la tête sur ses genoux. Le rêve érotique s'expliquait facilement. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'était plus habitué à une présence si féminine à une telle proximité. Lorsqu'elle serait adulte, Luna ferait tourner bien des têtes…
La veille au soir, ils étaient restés un long moment à discuter de leurs études respectives et à échanger des idées et des théories. Sans doute un trop long moment. Vers l'heure fort matinale de trois heures du matin, la jeune fille avait fini par succomber à l'appel de ses rêves, et s'était endormie la tête posée sur les genoux de Léo. Lui-même n'avait pas attendu beaucoup plus pour s'endormir.
Faisant fi de ses pulsions assassines et de ses projets manipulateurs, il fit léviter son amie le temps de se lever, puis s'étira et grogna en sentant ses muscles hurler de désapprobation.
Oh, la ferme ! Déchet de corps !
Un coup d'œil rapide sur son horloge Moldue lui indiqua qu'il était largement temps pour lui d'entrer en action, avant que ses chers camarades ne se réveillent…
UHDS
Poudlard. Dortoir de nos amis. Peu après.
Ce matin là, lorsque nos camarades s'éveillèrent tranquillement à l'ouïe de leur si apprécié réveil, ils furent fort étonnés. Pourquoi ? Tout simplement, pour avoir passée une si bonne nuit. Il semblerait que Léonard et Luna n'avaient point tenté de s'entretuer, ou bien avaient-ils enfin apprit le sortilège de silence… toujours est-il qu'aucun son ne se faisait entendre de l'Abattoir, le bureau de Léo, comme ils le nommaient affectueusement.
D'ailleurs… Lorsque les enfants sortirent de leur dortoir respectif pour gagner la grande salle, ils purent voir que la porte de celui-ci était grande ouverte. Ou, plus précisément, au sol, sortie de ses gonds et brisée en deux…
- Mais qu'est-ce qu'ils ont encore fait ? Soupira Hermione, en s'imaginant un petit duel de leur habitude.
- MERLIN ! S'exclama soudain Harry, horrifié.
Tous les regards se tournèrent alors en direction de l'estimée peinture… vierge d'occupant, et déchirée de toutes parts. Par d'énormes traces de… morsures ?
Les cinq enfants pâlirent en un instant. Quelle bête avait bien put ainsi déchirer le tableau du plus puissant mage de tous les temps ?
S'imaginant le pire en un instant, ils se précipitèrent en un ensemble en direction du bureau de Léo… ou de ce qu'il en restait. A l'intérieur de la petite pièce, les étagères étaient renversées, les innombrables livres et feuilles volantes jonchaient le sol, déchiquetés de toutes parts… le meuble de chêne brut était littéralement fracassé, et l'énorme carte du monde qui occupait jadis un mur était totalement ruinée.
En effet, sur celle-ci, un message visiblement écrit avec du sang indiquait :
« Les ennemis de la Chambre des Secrets
En punition de leurs méfaits, à jamais vont être condamnés.
Ils ne survivront pas aux plus savantes des tortures,
Et leurs corps à jamais durs, reposeront en ce saint lieu pur ! »
Dès que les cinq enfants eurent achevée leur lecture, un silence assourdissant hurla de toute la force de ses poumons, remplissant la pièce d'une angoisse folle, aussi vite que le diarrhéique remplit… bref.
- C'est une blague de Léo, ou quoi ? Demanda Harry, pâle comme un mort.
- C'est impossible ! Répondit Hermione. La porte fracassée passe encore, mais les livres ! Il a toujours été d'une extrême maniaquerie avec ceux-ci, et a toujours jetés maints sortilèges de protection dessus ! Je l'imagine mal les abîmer !
- Ce doit être Lovegood, alors, intervint Blaise, suspicieux. Je ne lui ais jamais fait confiance, à cette fille bizarre !
- Tu crois ? Dit Susan, douteuse. Je serais étonnée qu'elle fasse cela, elle est presque totalement soumise à Léo !
- Justement ! Elle aurait put en avoir assez, et tenté de se… débarrasser de lui.
- Je doute que quiconque tente de faire du mal à Léo, pour un peu qu'on le connaisse légèrement. Ce serait un véritable suicide.
Neville avait dit cela en s'efforçant de sourire, mais la crispation de ses traits montrait bien son état d'esprit actuel…
- Il est vrai que Léo sait être sadique et cruel… rien qu'à sa façon de nous réveiller lorsque nous ne nous levons pas quand les autres se couchent !
Le silence retomba alors, tandis que les cinq enfants restaient immobiles, ébahis par ce qui s'affichait sous leurs yeux. Ce n'est qu'après un moment qu'Hermione brisa la stupeur générale en s'exclamant :
- Il faut alerter les professeurs ! VITE !
Il n'en fallut pas plus pour annuler le statisme des cinq adolescents. En un parfait ensemble, ils se précipitèrent hors de leur dortoir, en direction du bureau du directeur.
…
Courant à en perdre haleine, il ne leur fallut guère plus d'une dizaine de minutes de cavalcade dans les couloirs et les escaliers vides du château ensommeillé pour atteindre enfin le couloir où se trouvait l'entrée du bureau du directeur acidifié. Mais il leur manquait le mot de passe…
- Citronnade ! Essaya Blaise, au hasard. Non, Bonbon au citron ! Non, Citronnelle ! Non, euh… acide citrique !
A ce nouveau mot de passe, la statue gardienne s'écarta tout soudain.
- Tu parles d'un mot de passe ! Dit Neville pour tenter d'apaiser l'atmosphère.
- J'avais remarqué que le directeur avait un air assez sombre et… acide, ces derniers temps.
- C'est sûr, il est soucieux avec tout ce qui se passe.
- Oui…
Lorsque la statue gardienne acheva finalement de s'écarter du passage, le groupe d'amis s'engouffra sans attendre dans l'escalier en spirale qui menait à la serre à citrons de l'école.
- On ne risque pas de le réveiller, à cette heure ? Demanda Hermione.
- Aucun risque, répondit Susan, il est encore plus insomniaque que Rusard ! Tiens, qu'est-ce que je disais !
En effet, au haut des escaliers, un rai de lumière balayait le sol du palier, en provenance de sous la porte d'entrée de la vénérable pièce.
- Entrez donc, messieurs et mesdemoiselles, s'exclama une voix étouffée.
Il n'en fallut pas plus à nos amis pour faire sortir l'huis de ses gonds et déboucher sauvagement en face de leur directeur estimé. Sans attendre le plus petit instant, Hermione s'écria :
- LEO ET LUNA ONT ETE ENLEVES !
Le directeur leva soudain la tête et se redressa de son fauteuil si vite que ses vertèbres en craquèrent. Un air fort alarmé s'affichait déjà par dessus ses rides.
- …Comment cela, enlevés ? Demanda-t-il à voix basse, presque en hésitant.
- Dans notre dortoir ! Répéta Hermione en pleurant. La porte de leur chambre est totalement défoncée, et un message écrit avec du sang dit qu'ils mourront dans la Chambre des Secrets ! IL FAUT LES AIDER ! IL FAUT LA TROUVER !
La jeune fille s'effondra soudain en pleurs, et trouva immédiatement refuge dans les bras de Harry et Neville, qui firent leur possible pour la consoler en dépit de leur propre tristesse.
A côté d'eux, Susan sanglotait faiblement, faisant preuve d'un peu plus de contrôle d'elle-même mais étant tout autant affectée. Dans son esprit logique, elle s'efforçait d'assembler les morceaux… Où pouvait donc être cette satanée Chambre ?
- Messieurs et Mesdemoiselles, dit Dumbledore, retrouvant toute son autorité et sa maîtrise, conduisez-moi à votre dortoir. Fumseck, mon ami, va prévenir tous nos professeurs, je te prie. Et amènes les à moi.
Alors, le superbe Phénix disparut dans une gerbe de flammes, accompagnant son départ avec un trémolo rassurant, et presque… rieur ?
- Albus ! S'exclama soudain une voix féminine, depuis l'escalier en spirale qui menait au bureau directorial. ALBUS !
La porte de chêne sombre massif s'ouvrit soudain en claquant violemment, révélant une McGonagall avec un air véritablement affolé.
- Que se passe t'il, Minerva ? Demanda le vieux citron périmé, inquiet.
La dernière fois qu'il avait vue sa vice-directrice dans cet état, elle lui avait annoncée la mort de deux élèves…
- Linra Xenger a disparue !
- QUOI ?
Linra Xenger était une jeune seconde année de Gryffondor, une élève douée promise à un grand avenir. Elle s'était fait de nombreux amis au début de l'année, mais semblait connaître une crise de solitude, d'angoisse et parfois d'anorexie, depuis que son amie Parvati Patil avait été enlevée, et plus encore depuis que le pédophile Lockart avait été révélé. Au fond d'elle-même, elle craignait d'avoir été violée, au vu de ses excellentes notes en Défense, et des désastres qu'étaient tous les cours du « ça ».
Elle en avait régulièrement discuté avec son professeur principal et l'infirmière, chacune lui ayant conseillé de se reposer et de se changer les idées. La maîtresse des Métamorphoses lui avait même proposé de venir discuter avec elle si l'envie s'en faisait ressentir, tandis que Mme Pomfresh lui avait conseillé de prendre un petit journal intime… ce qu'elle avait semble-t'il préféré faire. Depuis quelques temps maintenant, elle affichait constamment un petit carnet noir d'apparence fort ancienne.
- Comment cela, disparue ?
- Disparue, tout simplement ! Il n'y a pas la moindre trace d'elle, même les tableaux ignorent où elle peut bien être ! Lorsque la Grosse Dame l'a vue pour la dernière fois, elle disait vouloir aller aux toilettes, et depuis…
- Trois disparus ! Soupira Dumbledore. Bon sang !
- Comment cela, trois ?
- Le jeune Léonard et Miss Lovegood sont eux aussi introuvables.
- Et vous pensez que l'affaire est liée ?
- Très certainement, Minerva, répondit la serpillière usagée. Le Monstre de la Chambre des Secrets a de nouveau frappé, semblerait-il.
Ces quelques mots affaiblirent soudainement les jambes de l'enseignante, qui s'effondra littéralement sur la chaise la plus proche. En un instant, son visage avait perdu toutes ses couleurs.
- Le… le monstre ? Répéta t'elle, pâle comme une morte. Ça… ça ne va pas recommencer !
Il ne fallait effectivement pas oublier que deux élèves étaient déjà décédés.
- Rassurez-vous, Minerva, dit Dumbledore, nous n'allons pas rester sans rien faire, cette fois-ci ! Rendez-vous immédiatement auprès de nos professeurs. Fumseck les a avertis de réunir leurs élèves dans la grande salle. Une fois tout le monde en sécurité, jetez des sortilèges de garde, et patrouillez dans les couloirs avec les élèves majeurs volontaires !
La maîtresse des Métamorphose se redressa en entendant cela. Le directeur, vieux et usé, venait de faire place au politicien, vieux et rusé ! Elle retrouvait là celui qui avait créé un parti politique pour tenter d'unir les différents peuples magiques, l'homme déterminé à se faire entendre et qui avait toujours un tour d'avance sur ses adversaires… sur tous, sans exception.
- Minerva, dès que les élèves seront saufs, rendez-vous aux cachots dans le dortoir de ces jeunes gens ! Je m'y rends en leur compagnie pour enquêter.
- Ne vaudrait-il pas mieux qu'ils aillent se mettre en sûreté, Albus ?
- Non ! S'exclamèrent alors Blaise, Harry, Neville, Hermione et Susan en un parfait ensemble déterminé. Nous voulons aider !
- J'aimerais bien, Minerva, ajouta Dumbledore, mais il semblerait qu'ils aient réussi à passer outre l'un des sortilèges de Fidélitas dissimulant différentes parties du château, et qu'ils aient ainsi obtenu l'accès à certains lieux secrets.
Face au directeur, les enfants se regardèrent tout soudain. Un sortilège de Fidélitas ?
- Cela explique donc pourquoi personne ne voit le couloir du dortoir ! S'exclama Hermione, comprenant soudainement.
- Mais pourquoi donc seul Léo a-t-il vu au travers ?
- Mr Léonard a bien des secrets que vous n'imaginez pas, Messieurs et Mesdemoiselles, répondit Dumbledore pour dissiper la réflexion de l'instant. Et il en est de même pour Poudlard dans son ensemble.
- Mais… professeur, vous saviez que nous ne dormions pas dans nos dortoirs de maisons ? Demanda Neville, étonné.
- Bien sûr. Vos professeurs se sont bien vite aperçu de cela, et m'ont rapporté le fait. Mais mon cher Fumseck m'a assuré que vous ne couriez aucun danger, et puisque j'ai plus confiance en lui qu'en moi-même, j'ai laissé passer cette petite entorse à la règle. Mais n'imaginez pas pouvoir en profiter, vous êtes surveillés.
- Ah ? Et comment ?
- Nous avons, vous et moi, de grandes connaissances communes dans le domaine de la peinture…
Les cinq enfants ne répondirent rien à cela, et se contentèrent de se lancer des regards en biais. Bon sang, le directeur savait pour le tableau de Merlin ! Quels autres secrets avait-il découverts ?
- Bien, allons ! Montrez-nous donc où se trouve ce fameux couloir invisible !
- Euh… juste à côté du bureau du professeur Rogue. Dans le même mur, en fait.
- Le même mur ? Répéta Dumbledore en souriant. Etonnant ! Bien, suivez-moi !
En quelques secondes, le citronné quitta son bureau, vite suivit par son professeur, puis par les cinq adolescents.
…
Poudlard, dans les sous-sols…
Pressés par les évènements et l'adrénaline, il n'avait fallu au petit groupe qu'une dizaine de minutes d'une marche rapide pour atteindre le bureau du professeur Snape. Celui-ci, avec ses collègues responsables de Poufsouffle et de Serdaigle, n'était pas encore là,
- Inutile de les attendre, dit Dumbledore, allons ! Révélez-nous ce sortilège de Fidélitas, que nous puissions enquêter.
Alors, sous le regard inquisiteur de leurs professeurs, les cinq adolescents se dirigèrent droit vers l'une des colonnes de soutènement, nombreuses à ce niveau de profondeur… et passèrent littéralement au travers !
- Etonnant ! Ne put s'empêcher de s'exclamer le citronné en voyant apparaître un nouveau couloir. Il faudra ajouter ceci aux plans du Château !
Il ne fallut à la petite troupe pressée qu'une petite minute pour arriver jusqu'à la toile gardienne de leur dortoir.
- Mon dieu, souffla McGonagall, mais qu'est-il donc arrivé au personnage des lieux ?
- Il s'est réfugié dans une autre toile, professeur, répondit Harry. Il en possède plusieurs.
Durant une dizaine de minutes, sous le regard inquisiteur de McGonagall qui fit attention au confort de ses élèves et prit garde de leur sécurité dans ce dortoir illégal, Dumbledore fit son enquête, sur la toile déchirée autant que dans le bureau de Léo. Farfouillant dans les restes innombrables des ouvrages divers et variés, il resta parfois immobile, parfois semblant se parler à lui-même. Ont l'entendait murmurer : « Oh, professeur, revenez parmi nous » ! Puis, soudain, il se dirigea droit vers ses élèves et leur enseignante.
- Bien, ma chère Minerva, dit-il, mes chers enfants. Nous autres professeurs allons partir à la recherche de vos amis. Je compte sur vous pour que vous restiez bien sages ! Gagnez le bureau du Professeur Snape, il comprendra cette intrusion.
Et ainsi fut fait. La petite troupe repartit au pas de course, et revint dans la partie « cartable » des cachots du château. Aussitôt, Dumbledore ouvrit la porte du Bureau de la Chauve-souris à ses élèves, et reparti au pas de course en disant à sa Métamorphiste de le suivre.
- Quand à vous, messieurs et mesdemoiselles, ordonna McGonagall, vous ne bougez pas d'ici ! Vous êtes à l'abri ! Si vous n'obéissez pas, comptez sur moi pour priver vos maisons respectives de tous leurs points !
Acquiesçant silencieusement, nos camarades regardèrent leurs professeurs s'en aller aux devants du danger.
- Dites les amis, dit Blaise une fois qu'ils furent tranquilles, vous ne trouvez pas cela bizarre ?
- Quoi donc, Blaise ? Demanda Hermione.
- Et bien, en temps normal, Léo est extrêmement soigneux avec ses livres, il les range dans ses étagères et les pièges à coups de sortilèges dès qu'il a terminé de les étudier. Et là, le seul livre qu'il a étrangement oublié est, comme par hasard, celui qui enseigne le Fourchelangue.
- Tu veux dire que Léo l'aurait laissé là intentionnellement ? Demanda Harry en fronçant les sourcils.
- Je ne sais pas, mais avouez tout de même que c'est un hasard bien étrange.
- Effectivement… On lui demandera ce qu'il en est quand on le retrouvera !
- Si on le retrouve, murmura Susan.
- On le retrouvera ! S'exclama Hermione, déterminée. Venez les amis, allons prendre part aux recherches avec les professeurs !
- Ils ne voudront jamais que nous prenions des risques ! Répondit Neville.
- Ils n'auront pas le choix ! Allons, venez !
- Attendez ! S'exclama Harry, en s'arrêtant.
- Qu'y a-t-il, Ry ?
- Si on trouve le Monstre ou celui qui a ouvert la Chambre, il faudra bien se battre ! Attendez-moi quelques instants ! Je vais chercher des potions de combat !
Et, sans plus rien dire, il s'engouffra dans le bureau du professeur nocturne, ouvrit la porte fermée du laboratoire de potionnisme privé, et disparut de la vue de ses amis.
- C'est vrai que le professeur Snape lui laisse le libre accès à son laboratoire, dit Neville.
- Un vrai miracle, continua Hermione. S'il savait qu'il se servait ainsi…
- …Je n'aurais plus accès aux lieux ! Répondit Harry en revenant, les bras chargés d'un plateau de potionniste rempli de fioles. Tenez, prenez chacun une fiole de chaque ! Vous avez un acide de niveau dix, une potion de Polynectar, une potion de paralysie, une d'augmentation de la vitesse, une de force, une de nullification magique et trois doses d'élixir de nutrition.
- Tu as préparé un siège, Harry ? Ne put s'empêcher de plaisanter Blaise.
- C'est ce que Léo m'avait demandé de lui préparer, répondit le petit potionniste.
Une révélation frappa soudain les enfants.
- Il semblait savoir qu'il y en aurait besoin, dit Harry, pâlissant. Mais comment ?
- Il se savait en danger ! Répondit Hermione. Dépêchons-nous !
Les cinq enfants s'engouffrèrent alors par la porte du bureau de leur professeur, pour regagner les étages.
- Attends, Blaise ! Dit soudain Susan en retenant son ami par le bras. Attends ! Nous aurons sûrement besoin du livre de Léo !
- Il faut se dépêcher, Susan, répondit Blaise, affairé. Si nous ne nous dépêchons pas, Léo risque de…
- Se précipiter ne sert à rien si nous ne savons pas où aller, répondit la jeune blonde en prenant la direction de leur dortoir. Je suis absolument sûre et certaine que ce livre n'est pas là par hasard ! As-tu déjà vu Léo faire une bêtise ?
- Euh, non, mais…
- Mais rien, cela n'arrive jamais ! Il a laissé cet ouvrage ici volontairement, j'en suis persuadée !
- Peut-être, mais à quoi nous avance t'il ?
- A cela ! Répondit la passionnée d'Histoire en pointant un passage précis de l'ouvrage. Regarde cela !
Elle mit alors la page incriminée sous les yeux de son camarade. Intrigué, celui-ci put découvrir quelque chose d'étonnant.
L'entrée principale de la Chambre des Secrets se trouve dans le mur du fond de la Grande salle du Château, mais n'est accessible qu'avec la trace magique l'ayant dissimulée. Son entrée secondaire se trouve…
- Mais après ? Demanda Blaise, en redonnant l'ouvrage à son amie.
- Le reste a été effacé, dit la jeune fille, dépitée. Léo a semble t'il tout raturé.
Elle tourna alors la page, et vit une bien étrange chose…
- Il y a juste une sorte… d'énigme ? De… prophétie ?
- Une énigme ? Comment cela ?
- Alors ça ! S'exclama la jeune fille après quelques instants, l'air ahuri. Je ne sais pas comment Léo s'y est prit, mais il semblait savoir qu'il allait être capturé par le monstre, et il nous a littéralement indiqué où se trouvait la Chambre des Secrets !
- Et l'énigme ? Pressa Blaise, admiratif de l'esprit déducteur de son amie.
- Voilà…
A tous ceux que j'aime
Je dis « Attendez m'y » !
Pour ceux qui m'aiment
Je dis « Patientez-y » !
Pour Eux, de la colère j'ai,
Je ne combattrais pas pour Eux.
A Eux, je dis « Mourez-y » !
Pour eux, de l'amour j'ai,
Je serais nourri par ma haine
Lorsque Ceux-là diront « Il l'a » !
Le moment s'avance de mon ère,
Lorsque je lancerais les dés,
Le résultat sera contre eux.
Déduction simpliste et primaire,
En cette liste seule est nécessaire.
- Euh… Quésaco ? Demanda Susan, sans comprendre de quoi il en retournait.
Ce texte n'avait aucun sens !
- C'est super simple ! S'exclama Blaise en souriant. Le texte est un faux indice ! Regarde !
Il indiqua immédiatement la solution à Susan, qui rougit en un instant, honteuse de ne pas avoir trouvé au premier regard.
- Alors comme cela, dit-elle, la Chambre des Secrets est accessible par les toilettes de Mimi ? Je ne m'y rendrais plus jamais !
- J'imagine… allons-y, vite !
Mais, face à l'emportement soudain de son camarade, Susan souleva un petit problème.
- Mais comment ouvrir l'entrée de la Chambre ? Si c'était si simple, elle aurait été découverte depuis longtemps !
- Regarde, dit Blaise en montrant un passage précis du livre. Il est dit qu'il faut parler Fourchelangue pour entrer dans la chambre.
- Mais comment faire ? On ne connaît pas cette langue !
- Il doit bien y avoir une manière de l'apprendre vite fait ! Dit Blaise en feuilletant vite fait l'ouvrage.
- Oui, là, regarde !
- Une… phonétique ? S'étonna Blaise. Elle est toute en fin de chapitre, apparemment. Voyons… « Le Fourchelangue est un langage originellement exclusivement parlé, dont la majeure partie de la compréhension se fait par l'ouïe. Les sons sont définis par leur intensité et les sentiments qu'ils laissent passer ». Il n'est pas besoin d'apprendre des mots nouveaux, alors ?
- Apparemment non, répondit Susan. Continue !
- « Pour parler le Fourchelangue Inférieur, celui qui ne nécessite aucun apprentissage, il faut remplacer les sons que les serpents ne peuvent prononcer par ceux qui leurs ressemblent le plus parmi ceux que les serpents peuvent formuler ». Cela a l'air simple, dis !
- Qui dit Inférieur dit Supérieur, pensa Susan. Il y en a un ?
- Oui, ils parlent aussi de Fourchelangue Supérieur à la suite. Je cite : « Pour parler le Fourchelangue Supérieur, il faut connaître le Fourchelangue inférieur et y introduire des différences écrites entre de mêmes sons, le changement se réalisant au niveau des intentions transmises dans le ton employé. Pour un être humain, l'apprentissage du Fourchelangue supérieur peut-être long, du fait de l'innombrable quantité de mots et de l'extrême complexité de sa conjugaison et de son orthographe, mais celui-ci peut être classé au niveau de langage littéraire à part entière ».
- Ensuite ?
- Il y a comme quelques informations historiques… « Créé par le Père Créateur en l'an Mil trois, le Fourchelangue supérieur est la version humaine du Fourchelangue Inférieur. Il est tout particulièrement adapté pour la réalisation de rimes de consonnes et d'allitérations. Outre sa qualité poétique, il est aussi facilement adaptable aux anagrammes, aux codes et aux divers verlans et argos. Cela en fait donc un langage idéal pour cacher quelque chose sous les yeux de vos adversaires ou de quelconques chercheurs ». Et bien dis moi, je n'aurais jamais imaginé le Fourchelangue sous cet angle là !
- Le Père Créateur n'était pas un imbécile, dit Susan.
C'était un véritable Dieu ! Créer un langage, rien que cela !
- Bon, dit Blaise, c'est bien, mais ne perdons pas de temps ! Direction les Toilettes de Mimi !
- Il ne vaut mieux pas alerter quelqu'un ?
- Nous n'avons pas le temps ! Chaque seconde compte si l'on veut sauver Léo ! Allons, en avant !
Et, sur ces mots, il quitta le dortoir pour aller vers son destin.
…
Dans les couloirs…
Tout affolés qu'ils étaient, Harry, Neville et Hermione n'avaient pas prêté attention à l'absence de leurs deux camarades. Il leur fallait trouver un professeur ! Une chauve-souris, un loup-garou, un supplicié, un balai dégarni, une chatte à lunettes, un citron humanoïde… peu importait qui, mais ils allaient imposer leur volonté d'aider !
…
Dans les couloirs toujours, ailleurs…
Blaise et Susan avaient prise sans détours la direction des toilettes de Mimi Geignarde, au second étage. Tout en courant, ils regardaient tout autour d'eux pour voir s'ils ne trouvaient pas quelqu'un qui pourrait les aider, un de leurs camarades désobéissants comme eux, ou bien un professeur. Un biscuitier minéralogiste, une astrologue sexy, un porte-loques à jumelles incorporées, un lutin moustachu, une déesse reptilienne ou qui que ce soit. Dans leur état d'esprit actuel, même Argus Rusard le concierge aurait été bienvenu !
- MAIS QUE FAITES-VOUS DONC ICI ! Hurla soudain une voix féminine dans une parfaite tentative d'imitation de dragon.
S'arrêtant en un instant, les deux camarades tournèrent la tête pour voir arriver vers eux leur chère maîtresse des métamorphoses. En un pas furieux, celle-ci semblait prête à faire des étincelles. Blaise se surprit même à imaginer de la fumée sortir de ses oreilles et de son chignon.
- Professeur McGonagall ! S'exclama Susan. Nous savons où est la Chambre des Secrets !
Toute colère disparut soudain des traits de l'enseignante.
- Pardon ? Où est-elle ? Questionna-t-elle immédiatement.
- Suivez-nous ! Dit Blaise, en se remettant à courir, vite suivit par Susan.
…
Il ne leur fallut plus à tous trois que quelques minutes pour enfin atteindre les toilettes de Mimi Geignarde.
- L'entrée de la Chambre des Secrets, ici ? Dit McGonagall. Monsieur et Mademoiselle, ne vous moquez pas de moi ! L'heure est grave !
- C'est l'entrée secondaire, professeur ! Regardez !
Susan se plaça alors vers le milieu de la pièce, et s'exclama fortement, ne sachant guère où se trouvait précisément l'entrée :
- Ouvre toi ! Ou… óvs… ócs toa !
Le son soudainement sortit des gracieuses lèvres de la jeune blonde fit frissonner son camarade et son professeur. Il paraissait presque surnaturel !
Leur malaise ne dura néanmoins pas longtemps. Juste en face de l'entrée, les lavabos centraux et la colonne de marbre blanc qu'ils entouraient disparurent tout soudain intégralement, comme désintégrés, et révélèrent une grande fosse qui s'enfonçait plus loin que l'œil ne pouvait le voir.
- C'est l'entrée ! S'exclama Blaise, ravi. On va pouvoir sauver Léo !
- Rectification, Jeunes Gens, dit McGonagall, vous allez pouvoir vous mettre à l'abri ! Le professeur Dumbledore vous avait dit de rester dans le bureau du professeur Rogue ! Nous allons aller chercher quelqu'un, et seuls nous les professeurs nous aventurerons ci-dedans !
Seuls deux larges froncements de sourcils lui répondirent.
- Pas question ! S'exclama Susan.
- Essayez donc de nous empêcher de sauver Léo, pour voir ! Continua Blaise.
Et, sur ces mots, les deux enfants sautèrent sans attendre dans l'immense conduit obscur.
Soupirant largement et se disant qu'elle devenait trop vieille pour gérer des adolescents en chaleur, Minerva McGonagall s'élança alors elle aussi, et disparut bien vite de la vue de Mimi Geignarde, étonnée de cette procession au point d'avoir oublié de pleurer.
UHDS
La Chambre des Secrets
- AAAAH !
- IIIIIH !
- Woua-argh !
Ces disgracieux cris de pucelles effarouchées avaient été poussés par nos chers camarades tout au long de l'étonnant trajet que constituait le toboggan continu de conduites insalubres.
C'est après quelques interminables minutes, durant lesquelles un chignon de transforma en boule d'eau croupie et que de longs cheveux blonds se colorèrent en marron, que trois personnes jadis humaines devinrent semblables à des boules de Bowling, et furent éjectées de leur rail tout contre les quilles… en l'occurrence, d'imposants rochers.
- RAMOLLUS ! Hurla Blaise en levant sa baguette juste à temps.
Par la grâce de la magie, il parvint à viser juste là où il le fallait, et donna aux larges pierres la consistance de fauteuils parmi les plus moelleux. Se réceptionnant de la façon la plus lamentable qui soit, les trois intrus des lieux mirent quelques instants à se reprendre de leurs émotions. Sitôt que cela fut fait…
- Satanés imbéciles ! S'exclama McGonagall en se relevant, furieuse, dès qu'elle eut repris ses esprits. Êtes-vous totalement inconscients ? Vous ne vous rendez donc pas compte du danger qu'il y a de venir ici sans préparation ?
- Vous vous trompez, professeur, répondit Blaise, légèrement agacé de se faire traiter comme un enfant. Nous sommes parfaitement prêts…
- …Nous sommes équipés de nos baguettes, elles sont liées à nous par des sortilèges de retour au propriétaire au cas ou, elles possèdent un sortilège de traçage qui ne les fait fonctionner que pour les personnes autorisées…
- …Nos vêtements sont tous renforcés de nombre de sortilèges de défense et d'affaiblissement des chocs…
- …Même jusqu'aux sous-vêtements, oui…
- …Et Harry nous as fournis en potions utiles pour le combat, et nous as aussi donné de quoi nous soigner en cas de besoin !
- Dites-moi, sourit McGonagall, lorsque vous êtes décidé à désobéir, vous faites les choses en grand !
Cette petite remontrance fit s'empourprer les visages des deux enfants. Soucieux de se faire oublier de leur enseignante quelques instants durant, ils tournèrent leur regard vers ce qui les entourait, et ouvrirent grand les yeux de stupéfaction. Ils se trouvaient dans une grotte. Et pas une petite.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que nos deux camarades et leur professeur eurent le souffle coupé devant tant d'immensité. La caverne qui venait soudain de s'ouvrir à leurs yeux était si grande qu'elle pourrait très certainement contenir Poudlard tout entier !
- C'est incroyable ! Murmura Susan, ébahie. Un tel endroit sous Poudlard ! Je n'aurais jamais imaginé cela !
- Dire que le château repose sur un sol aussi instable ! S'étonna Blaise. S'il n'y avait plusieurs centaines de mètres de roches, je n'ose imaginer ce qui pourrait se passer !
- Rassurez-vous, Monsieur Zabini, répondit McGonagall. Cet endroit a été magiquement consolidé. Regardez cette colonne, par exemple.
- Qu'a-t-elle ?
- Il s'agit de l'union d'une stalactite et d'une stalagmite. Voyez tout autour, l'on peut voir des runes de renforcement. Vu le nombre présent, elle pourrait très certainement soutenir Poudlard tout entier à elle seule !
- Vous croyez ? Mais qui donc aurait put faire cela ?
- Sans aucun doute celui qui a construite la Chambre des Secrets.
- Serpentard ? S'étonna Susan. Je ne le savais pas expert en Runes.
- Les Fondateurs ne sont pas entrés dans la légende pour rien, Miss Bones, répondit McGonagall. Allons, avançons ! Il nous faut sûrement traverser cet endroit dans toute sa longueur !
- Non, regardez ! S'exclama Blaise en montra quelque chose du doigt. Il y a un escalier taillé dans la roche, par là !
- Où cela ? S'étonnèrent les deux femmes, après quelques instants d'observation infructueuse.
- Ben… là, à peine à dix mètres ! Vous ne voyez pas ?
- Non, répondit Susan, circonspecte, il n'y a rien !
- Mais si, regardez ! Dit Blaise en s'avançant. Là, je suis juste devant ! Vous le voyez, maintenant ?
Soudain, sous le regard étonné des deux femmes, l'air entourant leur camarade et élève se dilata, et révéla effectivement un escalier.
- Un sortilège de Fidélitas ! S'étonna McGonagall. Encore ! Mais comment donc avez-vous pût le voir seul, Mr Zabini ?
- Un Fidélitas ? Répéta Blaise. C'est pour cela que vous ne le voyiez pas, alors ?
- Oui, mais comment donc savais-tu qu'il était là ?
- Ben… aucune idée, je n'avais même pas remarqué qu'il y en avait un !
- C'est étonnant, murmura Susan en réfléchissant activement. Le Fidélitas dans sa version actuelle n'existait pas à l'époque des Fondateurs. Je me demande si c'est bien Heromus qui a placé ce sort ici.
- Qui cela ? Demanda McGonagall.
- Heromus. Claudius Heromus, Salazar Serpentard, en fait. Il s'agit de la même personne.
- Ah, oui, c'est vrai que tu es une adoratrice de la Légende des Quatre, Suz ! S'amusa Blaise, vite suivit par leur enseignante.
La jeune historienne en herbe rougit fortement en entendant cela. C'était la première fois que Blaise l'appelait par un petit surnom.
- Bien, monsieur et mademoiselle, dit McGonagall, avançons donc ! Tenez vos baguettes prêtes, faites le moins de bruit possible et faites attention à tout ! Nous ne savons pas encore ce qu'est le monstre de la Chambre !
Le rappel du danger présent à si peu de distance d'eux refroidit brusquement la bonne humeur des deux jeunes adolescents. Ils l'avaient oublié, celui-là !
- Je sais ce qu'est le monstre, professeur, dit soudain Susan.
Cela étonna fortement Blaise. Même la maîtresse des métamorphoses en fut fort surprise.
- Vous savez ? Demanda-t-elle. Qu'est-ce donc, alors ?
- Il s'agit d'un Basilic, professeur, répondit Susan. Je ne vois que cela, tous les indices concordent. Les seuls accès que nous avons vus jusqu'à maintenant sont idéaux pour laisser ramper un serpent de cinq mètres, il faut parler le Fourchelangue, la langue des serpents, pour entrer ici, et les pétrifications ! Oui, cela ne peut-être qu'un Basilic !
Cette révélation parfaitement juste fit pâlir en un instant la maîtresse des Métamorphoses. Un Roi-Serpent ! Ces créatures innommables de cinq mètres de long, au pouvoir de tuer d'un regard et au venin naturel aussi puissant que le plus puissant Philtre de Meurtre enchanté !
- Il est trop tard pour reculer, murmura elle en déglutissant d'appréhension. Avançons.
C'est ainsi que les trois intrus des lieux s'engagèrent dans l'escalier qui s'enfonçait dans la terre. Bien vite, ils arrivèrent dans un simple couloir quelque peu particulier. Pour cause, en fait de corridor, il était démesuré, le plafond devant se trouver à quelques vingt-cinq mètres de hauteur, les murs se séparant d'autant, et son bout n'étant pas même à porté de vue.
Mais une chose retint l'attention de nos amis dès leur entrée dans les lieux.
- Mais qu'est cela ? S'étonna Blaise, stupéfait. C'est…
- Une mue ? Murmura McGonagall, ébahie. Mais…
- Elle doit bien faire quarante mètres de long ! S'horrifia Susan. C'est incroyable ! Comment diable ce Basilic a-t-il put atteindre une taille aussi considérable ?
- …Il s'agit sûrement de puissantes manipulations de magie noire, murmura McGonagall en touchant la peau du doigt. Cet endroit empeste la méfiance en tous sens.
- Vous arrivez à ressentir une telle chose, professeur ? S'étonna Blaise.
- C'est l'expérience, jeunes gens. Vous ressentirez facilement les différences émotionnelles et intentionnelles entre les différents effets de magie sans peine, lorsque vous aurez une dizaine d'années de plus que maintenant.
- Professeur, reprit Susan, savez-vous comment tuer un Basilic ? Avant qu'ils ne nous tuent nous ?
- Oui, c'est théoriquement relativement simple, expliqua McGonagall, il suffit de lui faire entendre le cri d'un coq.
- …c'est tout ? S'étonnèrent ensemble ses deux élèves.
- C'est tout. Il s'agit d'une théorie, notez-le bien, réalisée à partir de calculs arithmétiques. C'est une histoire de propriété de la magie qui est en cause, je vous l'expliquerais bien volontiers lorsque nous serons de retour à l'air libre, si vous le voulez bien.
Si nous sommes de retour un jour, ne put s'empêcher de penser Blaise. Raah, tais-toi conscience pessimiste !
- Le problème tient en la pratique, continua McGonagall. Un basilic, en bon serpent, n'a pas d'oreilles. Ou alors, elles sont extrêmement atrophiées, au point d'être inutiles. Certains théorisent le fait que c'est la part magique du hurlement du coq qui tue le basilic… mais de tous les tests réalisés, il n'est ressorti que des serpents engraissés.
Un hurlement soudain retentit dans le couloir où ils se trouvaient, les plongeant en un instant dans l'appréhension et la peur les plus complètes. Il s'agissait d'un hurlement de terreur, à l'ouïe. Un cri du cœur poussé vraisemblablement par une jeune fille. Sursautant tout soudain, Susan parvint presque à atteindre le plafond en sentant son cœur tenter de sortir de sa poitrine, et se réfugia en un instant dans les bras de Blaise, juste à côté d'elle.
- Bon sang, c'était quoi, ça ? Murmura t'elle, pâle comme la mort.
- Peu importe, répondit doucement McGonagall, avançons ! Décollez-vous et venez !
Décollez-vous ? Pensèrent les deux adolescents.
Un regard sur leur voisin respectif leur fit voir que, effectivement, leur façon de se tenir l'un dans les bras de l'autre traduisait une attitude plus affective que la simple amitié.
Se séparant vivement comme les deux pôles d'un aimant, ils se regardèrent gênés quelques instants durant, avant de rattraper leur professeur en silence, légèrement troublés.
Quelques minutes d'une marche lente et fastidieuse passèrent ainsi, dans le silence le plus complet. Maintes fois, l'un et l'autre s'empêtrèrent dans des roches tombées au sol, ou dans les tas centenaires de maints squelettes de rongeurs divers et variés.
Berk, pensa Blaise, il y en a qui sont plus gros que mes deux mains réunies !
- Regardez devant ! Murmura Susan, il y a quelque chose ! On dirait une porte !
Effectivement, après quelques pas, les trois intrus purent constater qu'une imposante porte d'acier massif fermait le passage. Elle était gravée de maintes runes diverses et variées, ce qui traduisait un renforcement magique titanesque sur elle et sur le mur autour. Des serpents habilement forgés avec un réalisme stupéfiant faisaient office de serrure. Il y en avait exactement cinq en haut, en bas, à droite et à gauche autour des gonds.
- Il faut encore du Fourchelangue, à coup sûr, dit Blaise. Susan ?
- Oui… ócs toa ! Siffla Susan, se remémorant ce qu'elle avait dit dans les toilettes de Mimi.
Quelques secondes passèrent dans le silence et l'angoisse les plus complets. Enfin, un par un, les vingt serpents se rétractèrent sur eux même et disparurent à l'intérieur de la porte, laissant le poids de celle-ci l'ouvrir naturellement.
Lorsque l'huis se fut ouvert entièrement, une étrange voix sifflante se fit entendre, en provenance d'un long serpent gravé à sa face arrière…
- Sêl lé lécititse stec tòstàts se lie. Có coala stsécetu.
- Hein ? Qu'est-ce qu'il a bafouillé ? Demanda Blaise.
- Euh… un truc dans le genre « seuls les légitimes peuvent comprendre ce lieu », répondit Susan après un moment à compulser le livre de Léo à la lueur d'un Lumos.
- Comment cela, les Légitimes ?
- Il s'agit sûrement de ceux qui ont bâti ce lieu, intervint McGonagall. Je ne vois pas d'autres explications.
- C'est vrai, oui, murmura Blaise. Mais j'ai un drôle de pressentiment. J'ai l'impression de ressentir quelque chose d'imposant, par l'avant…
- J'ai moi aussi une étrange intuition, les enfants. Restez derrière-moi, et tenez vos baguettes prêtes ! Allons !
Il ne fallut aux trois intrus des lieux que quelques instants pour descendre un large escalier d'une trentaine de marches, avant d'enfin arriver au cœur de la Chambre des Secrets.
Lorsque l'on entrait, l'allée centrale constituée de marbre blanc était bordée de chaque côté par une succession d'une dizaine de statues de serpents à la langue sortie, comme s'ils s'apprêtaient à siffler. Juste derrière eux se trouvait une succession d'arcades basses, donnant chacune sur un couloir parallèle à la salle. Enfin, juste face à l'entrée, une statue de Salazar Serpentard sculptée à partir du ventre tenait dans ses mains de pierre un parchemin sculpté. L'ensemble des lieux était éclairé par d'innombrables torches luisantes d'une puissante flamme magique bleue.
- Susan ! Professeur ! S'exclama Blaise, faisant fi de toute prudence. Regardez ! Allongée au sol, c'est !
- Hein ? Linra Xenger ? Mais qu'est-ce qu'elle fait là ?
Les deux enfants et leur professeur se précipitèrent en direction de leur jeune camarade d'année et élève, et s'accroupirent à ses côtés.
- Merlin, qu'elle est pâle ! S'exclama Susan, horrifiée. Et si maigre ! L'on verrait presque ses os !
- On fait quoi ? Demanda Blaise.
- Commençons par l'éloigner de ce type ! Répondit-elle en levant le regard.
A ces mots, la maîtresse des Métamorphoses releva la tête, et sembla en un instant subir une véritable crise d'apoplexie. Tombant littéralement sur les fesses, elle ouvrit grands les yeux et la bouche, et sembla se mettre à ventiler.
- Professeur ? Demanda Susan, inquiète. Qui est ce type ?
- Oui, qui est-ce ? Ajouta maladroitement un Blaise blanchissant, prit d'un étrange malaise.
- Je suis un ami de Minerva ici présente, se présenta l'inconnu.
Il s'agissait d'un jeune adolescent d'environ treize ans aux cheveux noirs de jais en bataille, aux profonds yeux noirs et à la peau laiteuse. Il avait un visage parfaitement équilibré et neutre, où il était absolument impossible de distinguer le moindre de ses sentiments.
- Un ami ? Répéta Susan en levant sa baguette, immédiatement imitée par Blaise. Vraiment ? QUI ÊTES-VOUS ?
- Je me nomme Tom Jedusor, Mademoiselle, Jeune homme.
- Tom Jedusor ? Murmura Blaise. J'ai déjà entendu ce nom… Mais oui, il a été préfet en chef de Serpentard dans les années mil neuf cent quarante !
- C'est ma foi exact, répondit le jeune homme d'un ton fier. Le plus jeune préfet en chef de l'histoire de Poudlard, sans vouloir me vanter. Avouez qu'à quatorze ans, accéder à ce poste est remarquable. Mais cela est tout naturel, je suis le meilleur de tous.
Un tel narcissisme n'abaissa pas un instant la vigilance de nos deux camarades, bien au contraire. Ils avaient tous les deux un drôle de pressentiment.
Rappelons que Susan et Blaise étaient tous les deux ce que l'on nomme racialement des héritiers de « Sangs-purs ».
- Préfet en Chef ? Répéta Susan, circonspecte. Un préfet de près de soixante ans qui n'aurait jamais grandi ? Vous vous moquez de nous, ou quoi ?
- Non, je suis réellement Tom Jedusor. J'ai conservée mon apparence d'enfant à la suite d'un accident hasardeux, et…
- Et vous pensez que l'on va vous croire ? Stoppa Blaise, en colère. J'ai les poils qui se hérissent rien qu'à vous regarder ! Vous suintez la magie noire de toutes parts, et vous n'avez absolument rien fait pour aider Linra ! CESSEZ DE VOUS MOQUER DE NOUS !
Le visage du dénommé Jedusor se ferma immédiatement et perdit absolument toute chaleur, devenant parfaitement neutre et amenant un fort profond malaise à nos deux jeunes amis.
- Dommage, dit-il, c'était bien amusant. Vous n'appréciez pas ?
N'y tenant plus et pour seule réponse, Susan lança tout soudain un sortilège de stupéfixion modifié, le Stupefae inventé par le cinquième année nommé Mohammed Al-Djèbr. Blaise l'imita presque immédiatement avec un charme de désarmement avancé, et lança sur lui et son amie un puissant bouclier Physico-magique en prévision. Mystèrieusement, l'attaque se dissipa en un instant, la magie comme aspirée.
- ARRÊTEZ CELA ! IMMEDIATEMENT !
- Professeur ? S'étonna Blaise en se retournant, surpris.
- Professeur ? Répéta Susan.
Derrière eux, McGonagall avait levée sa baguette dans leur direction, un air fort étrange sur le visage. Un habile mélange de tristesse et de colère.
- RECULEZ ! IMMEDIATEMENT !
- Professeur ! Il va la tuer ! Il faut l'arrêter !
Mais la maîtresse des métamorphoses n'écoutait plus. Des larmes s'écoulaient de ses yeux. Donnant l'impression d'être choquée à l'extrême, elle soupira :
- Tom… Tom ! Tu…
- C'est moi Minerva, répondit doucement Jedusor en souriant superbement. Attends moi un peu, j'arrive dans quelques minutes… on va pouvoir reprendre où nous en étions !
Ces quelques mots arrachèrent soudain des pleurs à McGonagall.
Bon sang, mais que lui arrive t'il ? Pensa Blaise. Ils se connaissent, ou quoi ?
Soudain, semblant retentir du corps même de Jedusor, une nouvelle voix infantile s'exclama :
Non, Minerva ! Ne te laisse pas avoir ! Professeur ! Venez à notre aide ! Professeur !
- …Tom ? Que… que se passe t'il ? Demanda McGonagall, surprise.
- TAIS-TOI, TOI ! Hurla Jedusor, soudainement enragé, en se jetant à lui-même un sortilège de Légilimencie.
La voix inconnue se tut alors dans un sanglot, en appelant au secours.
- Tu… tu n'es pas Tom ! S'exclama McGonagall, visiblement choquée. Qui es-tu ? Qu'as-tu fais de mon petit Tom ?
- Ecoutez-là donc ! Se moqua l'inconnu, l'air mauvais. Qui es-tu, qu'as-tu fais de mon petit Tom ? Allons, Minerva, n'as-tu pas une petite idée, toi qui a suffisement de connaissances magiques pour rivaliser avec les plus grands scientifiques ?
- Si, j'ai une idée, répondit McGonagall, tremblante, en dirigeant cette fois-ci sa baguette vers l'inconnu. Mais ce n'est pas possible ! Ce ne peut-être !
- Et pourtant, cela est, dit l'inconnu, d'un air nonchalant.
C'est à ce moment là que Susan et Blaise remarquèrent d'étonnantes ressemblances entre l'inconnu et leur camarade Léo. Aussi bien sur le plan physique que comportemental. Cela leur amena un bien étrange malaise et pressentiment qui s'ajouta sauvagement et brusquement à ceux qu'ils ressentaient déjà.
- Comment cela se peut-il ? Demanda McGonagall, la voix chevrotante d'appréhension.
- Tout est bien simple, répondit l'inconnu. Lorsqu'une des impures de cette école a été enlevée par l'un de mes Fidèles pour être transformée en esclave sexuelle, un autre parmi les plus sages et malins d'entre eux a eue l'idée de la manipuler pour me permettre de m'imposer de nouveau. C'est ainsi que ma forme fantomatique a put entrer à Poudlard malgré les mesures de sécurité aussi fantastiques que titanesques et admirables mises en place par l'Innommable. Il m'a suffit de posséder cette jeune salope ici présente et de l'affaiblir mentalement en la faisant être violée par l'un de mes fidèles, le dénommé Lockart, pour puiser dans sa force vitale sans aucune limite. Il est amusant de dire que, lorsqu'elle était sous mon emprise, elle était une véritable nymphomane.
- Parvati ! S'exclama Susan, comprenant soudain certains points. C'est elle qui vous a aidé ?
- Il s'agit effectivement de l'hideux nom de l'impure qui a eut l'honneur d'être épargnée. Mais rassurez-vous, en récompense de ses actions, elle sera la première à être purifiée lorsque je serais prêt. Je répandrais son sang de ma propre main après l'avoir personnellement engrossée. Peut-on souhaiter meilleure mort ? Cela lui permettra de renaître en tant qu'Être esclave, et donc d'avoir l'immense honneur de nous servir, Mes Frères, Mes Sœurs et Moi ! Surtout Moi !
- Mais qui êtes-vous donc ? Demanda Blaise, aussi horrifié qu'incompréhensif.
- Vous n'avez pas encore compris ! Quelle insulte à mon incommensurable immensité ! Je suis Lord Voldemort ! Le seul, l'Unique ! Le Premier des Pères ! Je suis le Père Tout-Puissant !
Cette simple présentation mit nos amis dans tous leurs états en un instant. Le Père Tout-Puissant ? C'était une plaisanterie !
Dans le Polythéisme Sorcier, le Père Tout-Puissant était, comme l'indiquait son nom, le plus puissant de tous les Pères et les Mères, il dirigeait leur famille et gouvernait sans limites aux sujets et aux esclaves. Bien qu'il fût difficile de les croire, les légendes de l'Ancien Temps le plaçaient à un niveau de puissance et de connaissance des dizaines de fois supérieur à celui de Merlin !
Tétanisé en face de celui qui se prétendait un Dieu Vivant, Blaise n'en menait réellement pas large.
- Vous êtes mon !
- Je vois que tu as compris, sale aberration ! Oui, par la grâce de la folie de ton incapable de père, ce Traître qui a copulé avec ta nègre de mère, je suis ton ancêtre ! Et c'est bien pour cette seule raison que tu as put voir mon Fidélitas devant l'entrée de la Chambre, dans la caverne !
- PEU M'IMPORTE QUI TU ES ! Hurla soudain McGonagall, enragée. TU N'AURAIS JAMAIS DÛT TOUCHER À TOM !
- Et tu veux donc le libérer de mon emprise ? S'exclama le Père, narquois. Essaie donc, Minerva ! Même affaibli, je reste des milliers de fois plus puissant et expérimenté que vous tous réunis ! JE SUIS LE PERE TOUT PUISSANT !
A cela, McGonagall ne répondit rien, hors d'elle, et se contenta de hurler les plus puissants sortilèges qu'elle connaissait. Et elle ne savait d'ailleurs pas où elle en avait prise connaissance…
- EXTINCTO ! MAGIA EXTINCTUM ! IRAE AMPLUS ! HOMO SACRIFICATUM ! CRUCIO !
Juste à côté de leur enseignante, Susan et Blaise retinrent des cris de surprise. Il s'agissait là de sortilèges de magie noire d'une extrême puissance et cruauté ! Même le sortilège de mort passait pour un gamin innocent à peine chahuteur, en comparaison !
Les quatre rayons porteurs de mauvaises nouvelles jaillirent en un instant de la baguette de McGonagall et se précipitèrent presque instantanément en direction de l'illusion de Tom Jedusor.
Si celui-ci évita le premier sortilège, il laissa nonchalamment les trois autres le percuter, comme si de rien n'était.
Alors que la maîtresse des métamorphoses allait lancer une nouvelle salve de sortilèges, le Père s'exclama :
- C'est donc là tout ce qu'une des Ses élèves peut faire ? Laissez-moi donc rire ! C'est une plaisanterie ! Tu étais plus puissante que cela à treize ans, lorsque j'ai tué ton cher Tom !
- TAIS-TOI ! AVADA KEDAVRA ! EXTINCTO !
- SUFFIT !
Le Père leva soudain les bras et fit jaillir de son illusion corporelle même un intriguant nuage d'obscurité semblable à une brume noire comme la nuit la plus sombre, et qui semblait absorber toute lumière.
En un instant, il manipula cette étrange matière et la transforma en une masse compacte qu'il projeta droit contre McGonagall, à une vitesse si impressionnante que l'enseignante ne put l'éviter, et fut percutée de plein fouet, projetée en arrière avec un flot de sang et d'écoeurants craquements.
- PROFESSEUR ! Hurlèrent les deux enfants, horrifiés. NON !
- ATTAQUE, BASILIC ! Hurla Jedusor, déchaîné. ATAT, CAZILIT !
Alors que Susan et Blaise couraient en direction de leur professeur assommé au sol, l'immense reptile hideux sortit d'un des tunnels adjacents à la salle principale, là où il était dissimulé, et rampa vers les enfants en sifflant sa colère et sa faim. Que ces trois proies avaient l'air tendres !
Comprenant le danger imminent, Susan fit mine de se retourner, mais en fut empêchée par Blaise, qui lui dit :
- Attends ! Il faut d'abord crever ses yeux ! Ou il te tuera d'un regard ! Nous ne sommes pas encore assez bon Occlumens pour être immunisés contre ses yeux !
- Mais comment faire ? Demanda-t-elle, alors que la créature approchait.
- Fais comme moi ! Maintenant ! MAGIA IMPETUS INUADO OCULUS HOSTIS ! (IV)
- Ok ! Euh… MAGIA IMPETUS INUADO OCULUS HOSTIS !
Soudainement, la magie de nos deux amis jaillit littéralement de leurs corps en une aura sphérique. En moins d'une seconde, elle se tourna vers les yeux du Basilic et chargea précisément ceux-ci.
Dans un concert de sifflements de douleur, l'immense Serpent de cinquante mètres de long exprima toute la souffrance qu'il ressentit, tout d'abord lorsque ses paupières se décollèrent et se déchirèrent, puis lorsque ses yeux devinrent aveugles, puis encore lorsqu'il les sentit être crevés par une aiguille, puis comme découpés par une lame, et enfin lorsqu'il sentit son sang froid couler à flot.
Connaissant parfaitement les effets de son charme, Blaise se retourna
- Bon sang, Blaise, c'était quoi ce sort ?
- C'était un charme de combat de magie noire avancé, répondit le jeune garçon. Il sert à cibler précisément une partie d'un corps pour y infliger de gros dégâts avec une vague de magie brute.
- Tu crois qu'il va se vider de son sang et mourir ainsi ? Demanda Susan, tout en reculant pour éviter les soubresauts de douleur de la créature.
- Oui, mais il faudrait sans doute au moins une heure pour cela, et il se sera sûrement reprit d'ici là ! Le meilleur moyen est de faire apparaître un coq !
- Un coq ! Mais oui ! Mais tu sais en métamorphoser un ? Attention, il vient par ici !
Blaise regarda soudain en direction du Père, et put voir que celui-ci s'avançait effectivement à pas lents dans leur direction, l'air enragé.
- Je ne suis pas Hermione, mais je pense pouvoir y parvenir ! Essayons tous les deux ! En espérant que les ondes sonores magifiées du cri seront suffisement puissantes !
Comment un simple cri de coq pouvait tuer une créature telle qu'un Basilic était aussi simple qu'étonnant. Le petit oiseau possédait un coeur magique minuscule qui lui permettait un sixième sens tout particulièrement développé. Au moyen d'ondes magiques, celui-ci permettait au volatile de ressentir le danger. Ces mêmes ondes étaient profondément constituées de Magitrons Positifs, qui faisaient des ravages dans le cœur magique profondément négatif du Basilic, ce qui l'affaiblissait en un rien de temps et tuait son esprit puis son corps.
- Essayons ! METAMORPHOSIS COCORICO ! (V)
A la plus grande joie de nos deux camarades, les pierres qu'ils avaient visées s'étaient transformées en deux coqs suffisement réalistes pour pousser un cri. Même si leurs pattes étaient encore minérales, cela suffirait.
- NON ! Hurla le Père. AVADA KEDAVRA !
Furieux et pressentant le danger il visa les deux enfants et leurs créations. Un brin trop tard toutefois. Ils parvinrent à éviter le rayon porteur de mauvaises nouvelles.
Les deux sortilèges visant les coqs avaient eux aussi ratées leurs cibles. Affolées, celles-ci se mirent alors à hurler leur panique. Ils poussèrent ensemble un long cri, déchirant la salle de par la grâce de l'écho…
Le premier théoricien de la magie venu aurait juré qu'un tel hurlement pourrait tuer toute une colonie de basilics. Mais ce ne fut pas le cas, loin de là : le seul effet visible du cri fut de mettre le serpent géant en colère et de décupler ses capacités physiques. Il se précipita vers nos amis plus rapidement que jamais.
- SUSAN ! Hurla Blaise. COURS ! COURS !
Il était un peu tard pour dire cela… le basilic les avait pris de vitesse. Il percuta Susan en un instant, la chargeant comme le ferait un taureau et l'envoyant valser des mètres plus loin. Visiblement, il aimait jouer avec la nourriture.
Si les cris des coqs n'avait évidemment pas tué le serpent, il eut un effet étrange… Dans le feu de l'angoisse puis du combat, personne n'avait remarqué tout un réseau de runes microscopiques qui s'étendait sur le plafond de la salle. Sûrement des runes de renforcement, se dirait le premier quidam venu. Après tout, la salle était entourée d'un terrain très certainement instable à l'extrême.
Pourtant, ce n'était pas cela. Dès que les cris avaient retentis, certaines runes s'étaient mises à briller, un réseau lumineux se répandant discrètement dans toute la salle. Un petit pentacle jaillit soudain au plafond, suivit d'un autre et d'encore, jusqu'à littéralement former une véritable voûte céleste.
Non loin de là, Susan et Blaise paniquaient et ne savaient plus quoi faire. Le basilic avait certes les yeux crevés, mais il demeurait quasiment invincible !
On est fichus, pensa Susan en voyant sa mort s'approcher lentement.
Elle remarqua alors ce qui se passait au plafond… et en resta bouche bée. Elle n'était pas très calée sur l'art des runes, mais n'avait aucun mal à comprendre les calculs de base nécessaires à la réalisation d'un pentacle. Et ceux qu'elle pouvait voir là lui semblaient capables de transpercer la terre entière. Leur réalisation était si parfaite qu'aucune magie ne s'en échappait, mais l'on était intimidé à la seule idée de les regarder…
A n'en pas douter, la puissance contenue là-dedans serait suffisante pour littéralement massacrer le basilic. Mais comment faire pour l'atteindre, pour la conduire là où il le fallait ?
Elle se souvint alors de toutes les potions que Léo avait demandées… ordonnées à Harry. Parmi elles s'en trouvait une qui servait de nullification magique, qui comme son nom l'indiquait servait à nullifier la magie. Plus précisément, cela avait été inventé pour l'effacement de runes ou l'annulation de charmes et enchantement qu'il aurait été trop long ou dangereux de neutraliser via une baguette. L'effet était immédiat, la potion absorbant littéralement la magie et s'évaporant elle-même ce faisant en provoquant un rejet d'énergie impressionnant. Si cette forme de magie n'était pas si puissante et instable, il n'y avait pas à douter que l'artillerie magique aurait été inventée depuis longtemps…
L'idée traversa immédiatement l'esprit de Susan. Réunissant ses forces, elle se redressa légèrement et prit dans ses mains la fiole en question… mais le plafond était trop haut, la gravité reprendrait trop rapidement ses droits… elle se souvint alors de la fiole de potion de force, et l'ingurgita immédiatement, confiante en les capacités d'Harry. Puis elle visa le plafond juste au-dessus du basilic. Celui-ci, convaincu de sa victoire et de son festin à venir, avait ralenti le rythme pour faire paniquer plus avant sa victime. De sa langue fourchue qui pendait de sa gueule, il semblait savourer les odeurs de terreur…
N'attendant pas qu'une seconde chance réapparaisse, Susan lança sa fiole sur le pentacle le plus proche du serpent…
- BLAISE ! METS-TOI A L'ABRI ! Hurla-t-elle en se jetant au sol.
Bien lui en prit, car une énorme explosion jaillit soudainement. La fiole s'était brisée contre le plafond, répandant son contenu en un instant. Et la nature de la magie fit le reste. La négativité de la potion absorba immédiatement la positivité des runes, devint neutre puis positive à une vitesse hallucinante. Il s'en créa ainsi un courant magique qui se déversa vers la potion.
Mais la force du pentacle était énorme, et la capacité de la potion limitée. Dès que celle-ci fut pleine, la magie n'eut plus nulle part où aller, et se précipita donc droit dans la direction du courant… c'est-à-dire droit vers le sol et vers ce qui se trouvait là… droit vers le basilic.
Suivant l'explosion de la potion, un éclair de magie d'une puissance inimaginable jaillit soudain et transperça le serpent de sa puissance, le faisant hurler de douleur un instant avant que la déflagration magique ne reprenne ses droits…
Tout cela ne dura qu'une dizaine de secondes, après quoi la puissance des pentacles et ses systèmes de conduction artificielle ne parviennent à remettre la magie brute sur le droit chemin. Le plafond n'était même pas égratigné.
Dès que leurs yeux se furent remis de l'éblouissement provoqué par les deux explosions successives, Susan et Blaise posèrent leur regard sur le basilic, ou ce qui en restait… il était littéralement tranché en deux à l'endroit où il avait été frappé, plus de deux mètres de son long corps ayant disparus, calcinés. Pour le reste, il était comme grillé par une phénoménale électrisation. Il ne poserait plus jamais problème.
A sa place, le Père s'en fut en arrière vers le fond de la salle. Il n'était pas inconscient, loin de là ! Il pourrait tuer ces impurs sans peine, mais dans son état fantomatique, ses capacités physiques étaient extrêmement réduites, et se recevoir le moindre sort pourrait être fatal à ses plans. Il lui fallait se mettre à l'abri.
Soudain, Susan sentit une main se saisir de ses jambes. Se retournant en sursautant, baguette prête, elle vit son professeur tremblant au sol.
- Le… carnet, soupira McGonagall avant de s'évanouir de nouveau.
- Le carnet ? Répéta Susan, intriguée. Quel carnet ?
- Celui qui gît dans les mains de Linra ! Souffla Blaise depuis sa place, au bord de l'inconscience lui aussi, tant il était fatigué de ses efforts magiques. Mais, comment peut-il être responsable de quoi que ce soit ?
- Sûrement de la Magie Noire, imagina Susan à raison. Inutile d'essayer de comprendre son rôle et son fonctionnement, il faut sûrement le détruire pour vaincre ce fou furieux !
- NE PENSEZ PAS QUE JE VAIS VOUS LAISSER FAIRE ! EXPELLIARMUS !
Le rayon bleu heurta soudain Blaise et l'envoya heurter violemment le mur proche, avec quelques craquements retentissants, au plus grand écoeurement de Susan. En quelques instants, sa baguette vola à de nombreux mètres de lui.
- Je vais vous désarmer tous deux, et me faire une joie de vous torturer ! S'exclama le Père. Lorsque vous serez trop affaiblis pour me résister, je te violerais, la fille, je me ferais plaisir avec ton corps, je jouerais avec des jours durant, t'empêchant de mourir jusqu'à ce que tu deviennes un légume ! Et toi, le nègre, tu auras droit à un intense nettoyage de la saleté de ta peau ! Des milliers d'insectes dévoreurs d'humains vont se balader sur toi au ralenti, te faisant agoniser des semaines durant !
- Ne crois pas nous effrayer ! Répondit Blaise, à moitié dans les pommes. On a l'habitude des menaces, avec Léo !
- Oui ! Prends ça !
Soudain, Susan se saisit de la fiole d'acide que Harry leur avait donnée à chacun, et la jeta droit au visage du Père.
Un acide de niveau dix sur l'échelle de Serpentard était capable de dissoudre toutes roches connues, de détruite toute vie sans exception, et même de ternir le diamant. Pourtant, il resta sans effet sur le fou, malgré le fait que la fiole eut explosée à son contact et eue répandu son contenu sur tout son visage.
- Bande d'imbéciles ! Votre impureté mentale pensait-elle donc que je n'avais pas prit garde à vos idiotes fioles de potions ? Vous avez comprit comment me vaincre en cet instant, mais ne me prenez pas pour une aberration ! JE SUIS LE PERE TOUT PUISSANT ! JE SUIS UN GENIE !
Quel fanatisme envers sa propre personne, pensa Susan, écoeurée, en luttant tant bien que mal contre l'inconscience qui la prenait elle aussi. Si ce n'était pas si répugnant, s'en serait incroyable !
- Et ne nous prends pas nous non plus pour des imbéciles ! Hurla Blaise en réponse.
Le jeune métis se releva soudain, à la grande surprise du Père. Se déplaçant à une étonnante vitesse, il se ressaisit en un instant, parcourut en à peine une seconde les quelques vingt mètres qui le séparaient du journal enchanté, s'en empara, se dirigea droit vers le Basilic mort la gueule ouverte, sauta aussi haut qu'il le pouvait, et planta littéralement le carnet usité par le temps contre le plus grand des crocs… d'où suintait un filet de venin.
Un hurlement de pure horreur retenti soudain des lèvres blanchâtres du Père. Celui-ci tenta immédiatement de se précipiter vers Blaise, de lui jeter un sort, mais il en fut totalement incapable. Une douleur innommable comme il n'en aura dans l'avenir ressentie qu'une s'empara de lui et le projeta au sol, lui provoquant d'atroces convulsions.
- Comment… comment as-tu fais, Impur ? Demanda-t-il tant bien que mal.
- Ne jamais sous estimer un génie des potions ! Répondit Blaise, genoux au sol tant il était fatigué. Harry est en passe de devenir le meilleur potionniste du monde, et cela se voit ! Sa potion de vitesse personnelle est plusieurs fois supérieure à celles du marché ! Et ses potions de nutrition réveilleraient un mort !
- Je… AAAAH !
Le Père ne put rien répondre de plus qu'un hurlement de douleur sortit de ses lèvres infantiles au moment même où une affreuse grimace déformait ses traits innocents.
Un instant plus tard, une forte explosion retentit, et le corps fantomatique se divisa en vingt-trois sphères totalement noires, qui s'éparpillèrent en une seconde, projetées contre les murs, avant de s'évanouir comme si elles n'avaient jamais existées.
Ne tenant plus debout tant leur épuisement physique et émotionnel était intense, les deux enfants résolurent d'un commun accord de prendre une dose des merveilleuses potions nutritionnelles de leur ami Harry. Avec cela, ils ne sentiraient plus la fatigue et auraient sûrement assez de force pour rentrer. Du moins, ils l'espéraient.
Quelques dizaines de secondes plus tard, alors que leurs forces leurs revenaient et que la poussière soulevée par l'explosion de l'illusion de Jedusor se dissipait, Susan et Blaise purent entendre un son bien étrange… quelqu'un applaudissait.
Levant la tête et leur baguette en un éclair, ils purent voir avec stupéfaction qu'il s'agissait de Léonard, confortablement installé sur le crâne chauve de la statue de Serpentard.
- LEO ! S'exclama Susan en souriant, folle de joie. Tu es là !
- Et oui, je suis là, répondit son camarade d'un ton neutre. Et je n'aurais jamais pensé que vous y parviendriez aussi.
- On était prêts à tout pour te sauver ! Répondit Blaise en souriant, et en abaissant sa baguette. C'est que l'on tient à toi !
- Ah oui, c'est vrai, dit Léo en souriant étrangement et en se frottant les cheveux. J'avais oublié cette chose nommée amitié…
A ces mots, Susan haussa un sourcil, avant de demander :
- Que veux-tu dire par là, Léo ?
- Vous considérez-vous vraiment comme mes amis ?
- Mais quelle question ! Evidemment que nous sommes amis !
- Alors en ce cas, répliqua Léo en adoptant un ton froid et un regard noir, puis-je savoir pourquoi vous avez osé tuer mon Basilic ?
A ces mots, il y eut quelques instants de flottement dans la Chambre des Secrets. Susan et Blaise se regardèrent une seconde, avant de soudainement éclater de rire.
- Tu devrais plaisanter plus souvent, Léo ! S'exclama la jeune blonde en souriant. Cela te va vraiment bien !
- JE NE PLAISANTE PAS ! Hurla soudain son camarade en se relevant, visiblement plus qu'agacé.
Ce disant, sa baguette en main, il fit un large mouvement du bras, et envoyât deux sortilèges de désarmement informulés en direction de ses amis, les prenant totalement au dépourvu et leur arrachant leurs vecteurs sans attendre, les envoyant valser sur quelques mètres par la même occasion.
Le fou rire des deux jeunes enfants cessa en un instant. Dès qu'ils se relevèrent, Blaise s'exclama, paniqué :
- LEO ! MAIS QU'EST-CE QUE TU FAIS ?!
- Je termine le travail du Basilic ! Eructa son camarade, en pointant les trois baguettes sur ses amis.
La compréhension se fit soudain finalement dans l'esprit de ceux-ci, et les frappa comme un marteau sur une enclume. C'est lui qui avait ouverte la Chambre !
- Dis moi que c'est une blague, Léo ! Supplia Susan, d'une petite voix. Dis-moi que ce n'est pas vrai ! Tu n'as tout de même pas fait cela !
- En suis-je incapable ? Demanda froidement le jeune homme, une sombre aura s'exhalant de son corps.
- Mais enfin, dit Blaise, livide, pourquoi ? Et comment est-ce possible ?
- C'est possible pour la simple raison que j'ai appris le Fourchelangue au cours de l'année dernière, et que j'ai recherché la Chambre des Secrets par la suite. La trouver n'a pas été trop compliqué… à bien y penser, les toilettes des filles ne sont pas une cachette terrible.
- Ce n'est quand même pas toi qui a lâché le Basilic !
- Et pourquoi pas ? Il était triste, ici. Et puis, ce n'est pas de ma faute si les casse-croûte à sa mesure sont des élèves ! (I)
Les deux premières années « normaux » ne répondirent rien à cela. Bien que choquant, ce n'était pas totalement faux…
Ce fut ce moment que Léo choisit pour se déplacer, et tomber lestement du crâne de la statue de Serpentard pour se réceptionner habilement au sol, sans cesser de menacer ses amis.
- Tu ste cetis ! (Tu peux venir !) Siffla t'il soudain.
La bouche de Serpentard s'ouvrit alors, laissant libre accès à ce qui semblait être le nid du basilic. Et en révélant un second !
Mesurant près de vingt mètres de long, il était un tiers plus petit que le précédent Roi Serpent, mais était très différent malgré cela. Pour commencer, ses yeux n'étaient pas du tout de la même couleur, ils luisaient d'un bleu profond. Ensuite, ses crocs étaient parfaitement ordonnés dans sa gueule, et bien qu'ils lui donnassent un air redoutable, ils n'offraient point l'impression d'être une menace. Enfin, sa peau parcheminée était plus grise que celle du premier Basilic.
Se crispant et fermant immédiatement les yeux à cette vue, Susan et Blaise voulurent sortir leurs baguettes, prêts à attaquer s'il le fallait. Mais c'était Léo qui les avaient…
La voix de celui-ci retentit soudain dans l'immense caverne, amplifiée par l'impressionnant écho.
- Susan, Blaise, dit-il, je vous présente Lyghim, première Basilic de Poudlard.
- Comment cela, première ? S'exclama Blaise, inquiet, en se rapprochant inconsciemment de Susan.
- Vous pouvez ouvrir les yeux, les enfants, dit Léo. Elle ne vous fera aucun mal.
- Elle ?
- Et bien oui, Lyghim est une femelle. Elle est ici depuis la création de la Chambre des Secrets, et en a reçue la garde pour mission. Elle ne vous fera aucun mal tant que vous serez avec moi, mais ne vous avisez pas de la blesser ou de dégrader la Chambre. Si le précédent Basilic était gentillet, n'ayant guère plus de cinquante ans d'âge, elle a plus de mille ans, et a eut autant de temps pour développer ses pouvoirs.
A ce moment, les deux enfants ouvrirent enfin les yeux. Lorsqu'ils croisèrent le regard du Basilic, ils purent voir que, effectivement, elle n'avait pas de menaçantes pupilles vertes, mais qu'elles étaient d'un bleu profondément inoffensif.
- Comment est-il possible que son regard ne nous fasse pas de mal ? Demanda Blaise.
- Lyghim est experte en Occlumencie, répondit Léo en s'approchant. Elle a la parfaite maîtrise de son corps et de son esprit.
- Ce tòsiste, siffla doucement alors la Basilic.
- Elle… elle comprend l'Anglais ?
- Bien sûr ! Répondit Léo en s'avançant. Ne la prenez pas pour une imbécile ! Elle a une légère faiblesse lorsqu'on lui parle de souris fraîches, mais elle a un esprit capable de rivaliser avec les plus grands sorciers qui soient !
En voyant leur ami venir vers eux, menaçant, Susan et Blaise reculèrent instinctivement. Soupirant à ce fait, Léo dit :
- Je crois qu'il est temps de vous donner quelques explications… Vous voulez, j'imagine, savoir pour quelle raison j'ai ouverte la Chambre des Secrets ?
- Ce… ce serait bien, en effet, répondit Susan, appréhensive sur la suite des évènements.
- Bien…
Tout commence voici maintenant un peu plus d'un an. Grâce à ce cher vieux croûton de Merlin, j'ai put obtenir différents ouvrages rares, dont maints sorciers et sorcières rêvent de pouvoir lire la moindre page. Et non, Susan, tu ne les liras pas. Je n'ai pas envie de te voir condamnée à mort par les Sorciers.
J'ai énormément étudiés certains mystères du passé, et réalisées certaines déductions hasardeuses. Certaines se sont révélées infructueuses, et d'autres me paraissent plus que plausibles.
Bien rapidement, je me suis intéressé au mystère de la Légende des Quatre et de la Chambre des Secrets. Les deux sont étroitement liés, lorsque l'on lit entre les lignes.
Si vous prenez les noms des quatre personnages principaux de la Légende des Quatre, vous pouvez obtenir un bien étrange texte en phonétiques Lìdalkèvdenne et Athévèldenne mêlées. (II)
- Pourquoi en Lìdalkèvdèn, Léo ? Demanda Susan. L'Athévèldèn, je comprends, mais qu'on à voir les Gobelins là dedans ?
- Tu l'ignores, Susan, répondit Léo, mais jadis, tu sais quand, ce langage était usité en temps que Langue Diplomatique. Les Gobelins sont tout simplement parmi les derniers à avoir conservée son utilisation, et elle s'est étendue jusque dans leur vie de tous les jours.
- Hum…
Mais qu'est-ce que l'on peut bien obtenir avec ces noms ? Se demanda la jeune fille en réfléchissant le plus vite possible.
- Aidé par cette merveilleuse Légende, continua Léo, je me suis mis en tête de découvrir l'entrée de ces lieux. Je dois bien avouer, en toute modestie, que cela n'a pas été trop dur.
- Tout de même ! S'exclama Blaise. Sans ton indice, nous n'aurions rien trouvé !
- En effet ! Dit Susan. Des centaines de générations d'élèves sont passés dans la grande salle et dans les toilettes de Mimi Geignarde sans rien remarquer ! Même les professeurs semblent aveugles !
- C'est tout simplement parce que la magie usitée est d'une grande science et puissance, les enfants, répondit Léo. Mais, sachez que l'indice que je vous ais donné n'est pas de moi, mais qu'il a été rédigé par le Père Créateur.
- QUOI ? Mais, enfin Léo ! C'est impossible ! Le Père Créateur est mort il y a plus de huit cent ans ! Et Mimi n'est dans ses toilettes que depuis à peine soixante années !
- Que veux-tu, Susan, répondit Léo, Il n'était pas considéré comme un génie pour rien.
- Mais… c'est un véritable paradoxe temporel, enfin !
- Exactement. Un superbe paradoxe temporel… dont vous oublierez tout souvenir à votre sortie de ces lieux. Suis-je clair ?
- Euh… pourquoi ?
- Pour vous protéger ! OUBLIETTES !
Levant sa baguette au quart de tour, Léo surprit ses amis fatigués et les toucha tous les deux en même temps de l'étrange rayon violacé qui constituait le présent sortilège de mémoire.
- Vous allez oublier tous souvenirs concernant ce que je viens de vous révéler, à l'exception de ma responsabilité dans l'ouverture de cette Chambre. Ainsi soit-il !
Sur ces derniers mots, Léo releva sa baguette, interrompant l'émission du rayon violet voleur de souvenir.
Profitant du fait que ses amis furent perdus durant quelques instants, il les prit par la main l'un à la suite de l'autre, souleva son professeur et sa jeune camarade évanouie d'un sortilège de lévitation, et s'en fut enfin de la Chambre des Secrets…
…
Il ne fallut que quelques minutes pour que les deux adolescents tueurs de Basilic parviennent à retrouver tous leurs esprits.
- Que… que s'est-il passé ? Demanda Blaise, ses souvenirs s'arrêtant au moment où ils avaient aperçu Léo libre sur le crâne de la statue d'Heromus.
- Vous avez glissé sur une flaque d'eau, mentit effrontément Léo, et vous vous êtes assomés. Vous allez mieux ?
- Ah, oui, je me souviens que tout à tourné, en effet, dit Susan. Allons, sortons maintenant. Je suis pressée d'être de retour dans mon lit, après tout cela !
- J'imagine, répondit Léo. Mais il vous faut d'abord répondre à l'énigme de la Statue Gardienne…
- Hein ? Quelle Statue ? Demanda Blaise, étonné.
- La Statue de Serpent qui surveille l'entrée secondaire de la Chambre, répondit Léo. Elle pose une question, et si l'on répond juste, l'on peut remonter les conduites dans s'encrasser de trop. Tenez, là voilà. Ecoutez !
« Lio ànamnrètaè aks ? » Siffla alors en une étrange langue un visage de serpent aux yeux émeraude luisants de vie abstraitement gravé dans la roche.
- Qu'est-ce qu'il a dit ? Demanda Blaise, surprit de ne pas entendre de fourchelangue.
- C'est du Lìdalkèvdèn, s'étonna Susan. C'est étrange, je ne pensais pas que cette langue existait déjà à l'époque de Serpentard.
- Et il a dit quoi ?
- Euh… Je n'ai pas trop compris. Ce doit être la forme littéraire de la langue, la conjugaison employée est bien compliquée, et…
- Il a dit « Qu'êtes-vous », indiqua Léo, interrompant sa camarade.
- Hum ? Comment cela, que sommes-nous ? Demanda Blaise. Nous sommes des êtres humains !
Le manque de réaction de la statue indiqua clairement qu'elle attendait une autre réponse.
- C'est pourtant relativement simple, les enfants, dit Léo en soupirant. N'avez-vous jamais ouvert un dictionnaire ?
- Si, mais pas pour le lire comme tu le fais, nargua gentiment Blaise.
- C'est le meilleur moyen d'apprendre une nouvelle langue, ignare, répondit froidement Léo.
- C'est quoi, alors ? S'exclama Susan, pour tenter d'apaiser l'ambiance naissante.
- Nous sommes tous simplement des conglomérats de cellules dépendants et en mouvement, dit Léo.
- Côt séstòs (Bonne Réponse), siffla la statue, en fourchelangue cette fois-ci.
Le répugnant tuyau encrassé menant aux toilettes de Mimi se recouvrit alors d'une série escaliers et d'échelles de métal.
- Ouf, je préfère comme cela ! Soupira Susan, soulagée. Je n'aurais pas aimé avoir toute cette saleté dans les cheveux !
- Ah, les filles, soupira Blaise, sans pouvoir s'empêcher de sourire.
Derrière ses deux camarades, à l'ouïe de ces mots, Léo prit un court instant un air fort mélancolique…
UHDS
Après une laborieuse ascension en transportant tant bien que mal les corps de leur camarade Linra Xenger et de leur professeur Minerva McGonagall, les trois jeunes adolescents étaient finalement parvenus à la sortie de l'infernale tuyauterie. Durant quelques instants, ils reprirent leur souffle à même le sol, harassés, puis lancèrent chacun un sortilège de Patronus pour aller chercher leurs professeurs. Ils étaient par trop fatigués pour faire un pas de plus.
La maîtrise de l'enchantement du Patronus à un si jeune âge avait de quoi étonner. Mais il n'y avait absolument rien d'impossible à cela. Dans la magie, tout était question de volonté et de persévérance. Même les plus faibles pouvaient devenir d'excellents magiciens. Et les dizaines d'heures qu'ils avaient respectivement passées à s'entraîner sans relâche n'avaient pas servies à rien, bien loin de là.
En quelques minutes, trois personnes arrivèrent. Le vieillard périmé nommé Dumbledore, l'espèce de balai dégarni connu sous le nom d'Arthur Weasley, et l'illustrissime Chauve-souris des cachots ©.
- Que se passe t'il, ici ? S'exclama Snape, la baguette prête à combattre.
La réponse à sa question lui sauta immédiatement aux yeux. En un instant, Dumbledore fut aux côtés de son professeur inconscient, tandis que les deux autres enseignants se dépêchaient de s'agenouiller auprès de leurs élèves blessés. Par chance, étant naturellement prévoyant, le maître des potions avait toujours quelques fioles médicinales sur lui. Mieux valait prévenir que guérir…
- Où est Miss Lovegood ? Demanda Arthur Weasley.
- On ne l'a pas trouvée, répondit Blaise, tandis qu'il se faisait ausculter par une chauve-souris invisiblement inquiète.
- Vous avez donc découvert qui a ouvert la Chambre ? Demanda Dumbledore, tandis que son propre Patronus allait à l'encontre de l'infirmière de l'école.
Seuls les deux airs gênés de Blaise et Susan lui répondirent.
- C'est moi, dit une voix.
Tous les regards se levèrent alors en direction de la personne qui avait parlé. Léonard. Il était assis nonchalamment sur l'un des lavabos de la pièce, et semblait attendre qu'on le remarque.
Si le maître potionniste et l'historien furent nettement étonnés par cette révélation, le Métamorphiste et duelliste d'excellence qu'était Dumbledore vit rouge en un instant.
- Mr Léonard, s'exclama t'il en se levant et en marchant rapidement vers son élève, depuis que vous êtes arrivés dans mon école, j'ai fermés les yeux sur nombre de vos bêtises et erreurs. Je ne vous ais même pas puni pour l'usage d'un Impardonnable contre un professeur ! Mais cette fois-ci, la mise en danger de tant et tant d'élèves ne peut être ignorée ! MAIS QUE VOUS EST-IL PASSE PAR LA TÊTE ?
- PARLEZ-MOI AVEC UN PEU PLUS DE RESPECT, VIEUX CROÛTON ! Hurla notre cher ami en réponse, visiblement agacé.
Il n'eut pas le temps de réagir que la main du directeur vola soudain dans les airs, pour lui donner une douce et forte caresse sur la joue, accompagnée d'un claquement sec. Il sembla n'avoir rien senti, mais paru néanmoins fort surpris.
- N'oubliez pas votre niveau, Seigneur Léonard ! Répondit sévèrement et narquoisement Dumbledore. Ici, vous n'êtes rien de plus qu'un élève, et me devez respect et obéissance ! Suis-je clair ?
L'illustre directeur ne put à son tour esquiver la main justicière de Léo, et recula d'un pas sous le choc de la surprise. Aussitôt, le jeune homme s'en retourna, et quitta les toilettes de Mimi en claquant bruyamment la porte…
- Satané imbécile ! S'exclama Dumbledore en grimaçant de dépit. Ah, il n'est vraiment pas comme son père !
Si seulement !
- Son père ? Demanda Blaise, étonné. Léo a de la famille ?
- Bien sûr, monsieur Zabini. Mais le moment n'est pas venu d'en parler.
- Professeur Dumbledore, demanda soudain Susan, pouvez-vous nous dire ce qu'il s'est jadis passé entre le professeur McGonagall et Tom Jedusor ?
- C'est une question très personnelle pour votre professeur, Mademoiselle Bones. Mais j'imagine qu'en attendant notre chère Pompom, je puis vous en toucher un mot.
Tout commence en septembre mille neuf cent trente huit. A l'époque, j'étais professeur de métamorphose ici, à Poudlard. La jeune Minerva McGonagall fut répartie à Gryffondor, et le jeune orphelin qu'était Tom Jedusor fut placé à Serpentard.
Chacun d'entre eux ne trouva pas sa place dans sa maison respective. Mais, à l'étonnement de tout un chacun, dès le lendemain même de la rentrée, ils étaient constamment ensemble, enfants prodiges dans toutes les matières. Ils s'aidaient toujours, mangeaient toujours tous les deux, et apprenaient même parfois des choses à leurs professeurs… et à moi-même.
- Comment pouvaient-ils être aussi excellents ?
- Ils avaient eut le meilleur des professeurs, sûrement, répondit Dumbledore avec un sourire mystérieux.
Tout continua ainsi durant les deux premières années de leur scolarité. Pour un peu, ils auraient put passer et obtenir leurs Aspics sans aucun problème, si la loi n'obligeait pas la scolarité normale jusqu'au passage des Buses.
Tout changea du jour au lendemain durant leur troisième année. Un jour, dans les cachots, Minerva fut retrouvée dans le coma, et y resta plusieurs mois. Tom Jedusor, lui, changea de comportement immédiatement. Il devint littéralement le prince des Serpentards, par la ruse et la force, et se tourna vers la méchanceté et la magie la plus noire en cachette. Personne ne remarqua rien.
Lorsqu'enfin, Minerva revint à la vie, Tom se détourna totalement d'elle, et la chassa comme une malpropre. Profondément affectée par cela, elle passa le reste de sa scolarité dans une solitude continuelle, pleurant presque chaque jour son ancienne amitié et une autre chose.
Lorsque Dumbledore acheva son récit, le silence était tombé dans la pièce. Autour de la maîtresse des Métamorphoses, personne n'osait plus piper mot.
UHDS
Le lendemain, au repas du midi…
La nouvelle de la mort du monstre de la Chambre des Secrets s'était répandue comme une traînée de poudre dans toute l'Angleterre Sorcière. En un rien de temps, la quasi-totalité des élèves ayant interrompue leur scolarité, effrayés, était revenue pour participer aux célébrations, et pour en apprendre plus sur ce qui s'était passé.
Et, c'est pour cette raison que le professeur Dumbledore se tenait rayonnant au milieu de la grande salle, entouré de deux élèves en particulier.
- Pour avoir découverte l'entrée de la Chambre des Secrets, avoir libérés Mademoiselle Linra Xenger et Monsieur Léonard, pour avoir tué le Basilic ravisseur et avoir par la même sauvée l'école et chacun de ses occupants, je remets à Mademoiselle Susan Bones et Monsieur Blaise Zabini une Médaille du Mérite de l'Ecole de Poudlard !
Debout devant la table des professeurs, à la vue de tous les élèves et professeurs, Susan était réellement rouge de confusion. Une telle médaille n'avait été attribuée que deux fois depuis la fin du Trou de l'Histoire. En mil cinq cent trente huit à Charlus Bergus –mil cinq cent vingt-trois à mil cinq cent septante cinq-, qui avait chassé un dragon enragé, et à Claudia Bergamote –mil sept cent trente-six à mil huit cent un-, élève de Beauxbâtons qui avait remporté le tournoi des Trois Sorciers en mil sept cent quarante neuf et sauvé par la même l'école de l'ensemble des terrifiantes créatures magiques qui avaient été amenées pour l'occasion et libérées par accident.
A côté de son amie, Blaise était tout aussi étonné et rempli de joie. Il ne pensait pas que leurs actions seraient vues de cette façon !
- De plus, continua Dumbledore, pour récompenser leur bravoure, leur fidélité, leur intelligence et leur malignité, une plaque à leur nom sera apposée en la salle des Trophées. Et, de plus, je pense qu'il est juste de les récompenser encore en faisant remporter la Coupe des Quatre Maisons à leurs deux propres réunies ! Pour équilibrer les comptes, j'offre donc deux cent vingt points à Poufsouffle et cent quarante-sept à Serpentard !
Des hurlements de joie retentirent alors dans l'ensemble de la salle, alors que celle-ci se parait des quatre couleurs des deux maisons gagnantes. Presque personne ne resta de marbre, seuls quelques épars ici et là ne furent pas heureux de cette fin d'année.
A la table des Poufsouffle, assis aux côtés d'une Susan rayonnante, Léo était de ceux-ci.
- Allons Léo ! Dit la jeune fille en souriant largement. Sourit ! La vie est belle !
- Non, répondit tristement son camarade, elle est noire.
Ces quelques mots firent immédiatement perdre son sourire à la jeune fille.
- Mais qu'y a-t-il, enfin ? Tu es bien ombrageux depuis quelques temps.
- Luna, répondit simplement Léo en baissant les yeux vers son assiette.
- Oh…
A cela, Susan ne savait pas quoi répondre. Il est vrai que, parmi toutes les célébrations, personne n'avait pensé à la jeune première année disparue. Même Dumbledore n'en avait pas touché un mot, même s'il avait assuré que tout était fait pour la rechercher.
Durant le reste du repas, la jeune fille observa Léo discrètement. Son comportement était étrange… par rapport à d'habitude. Malgré ses dires, il était étrangement détendu, discutait aimablement avec ses voisins, et avait remplie son assiette à ras bord. Il donnait presque l'impression d'être dans un jour de congé.
Quels mystères caches-tu donc, Léonard ? Se demanda t'elle, intriguée.
Si elle savait…
UHDS
Les Secrets de la Chambre… Mouhaha !
Dortoir privé de nos amis. Tard dans la nuit…
Le plus furtivement possible afin de ne pas déranger ses camarades, Léo avait décidé de retourner dans la Chambre des Secrets. La raison ? Examiner entièrement l'étrange lieu, et tenter de résoudre ses mystères. Et, éventuellement, trouver où Jedusor avait enfermée Luna. Si elle était encore en vie…
Sans un bruit, il s'avança en direction du tableau de Merlin, puis chuchota le mot de passe. Maudissant intérieurement les puissants ronflements qui lui répondirent, il s'engagea dans le couloir obscur qui le mènerait au passage principal des cachots du château.
- Où donc comptes tu aller ainsi, Léo ? Demanda soudain une voix dans le dos du jeune homme.
- Susan ! Tais-toi ! Répliqua immédiatement Léo, sans se retourner et en refermant le tableau de Merlin derrière lui.
Celui-ci se rouvrit immédiatement après, l'occupant peint restauré grognant qu'il en avait assez d'être dérangé en pleine nuit.
- Léo ! Dit à nouveau Susan. Ce n'est pas prudent de sortir ainsi en après le couvre-feu !
- Il n'y a plus de danger, Susan, répondit Léo en tentant clairement de distancer son amie.
- Il n'y a peut-être plus de Basilic, mais les professeurs patrouillent encore ! Insista la jeune fille.
- Vas-tu te taire ? Eructa soudain Léo, en se stoppant et en se tournant vers sa camarade.
Celle-ci ne trouva rien à répondre au ton agressif de son ami.
- Je vais où je le souhaite dans ce château, et où que ce soit sur cette Terre ! Seuls les fous tentent de m'en empêcher, et ils finissent toujours six pieds sous terre !
Comprenant en un instant l'insinuation macabre, Susan eut un mouvement de recul. Soudain, elle ne reconnaissait plus Léo. En temps normal, il paraissait doux, malgré les distances qu'il conservait constamment. Mais là… depuis quelques jours, il était ombrageux pour un rien, agressif, et ne dormait à nouveau presque plus. Sans compter qu'il ne mangeait pas plus que d'ordinaire… La disparition de Luna devait vraiment le choquer.
- Où que tu ailles, je viens avec toi ! Répondit-elle avec un courage qu'elle ne se connaissait pas. Tu vas bien dans la Chambre, n'est-ce pas ?
Il y avait des fois où Léo était plus que prévisible…
- Oui. Mais toi, soit tu retournes dans le dortoir, soit tu te retrouves à l'infirmerie ! Suis-je clair ?
En prononçant ces derniers mots, le jeune garçon avait semble t'il tenté de rafraîchir l'Arctique. Mais cela n'eut aucun effet sur Susan, qui resta de marbre, habituée.
- Que ne faut-il pas ouïr ! Sourit-elle. Tu es incapable de faire du mal à n'importe lequel de tes amis, Léo !
- Idiote, répondit-il en repartant.
Dis plutôt que je suis incapable de faire du mal à des enfants… Pensa t'il.
Et, pendant une vingtaine de minutes, ils parcoururent furtivement les couloirs du château, se cachant des quelques professeurs qu'ils croisaient. Léo fit voler Miss Teigne dans les airs d'un sortilège bien senti, faisant grimacer Susan à l'entente d'un craquement lorsque la chatte heurta le mur dans un douloureux miaulement. Heureusement, le jeune garçon avait fait apparaître un coussin juste avant que l'animal ne s'écrase.
Enfin, ils parvinrent dans les toilettes de Mimi sans aucune encombre. Profitant du fait que la locataire principale des lieux était en train de pleurer dans une cabine, ils s'avancèrent sans attendre en direction du lavabo au serpent…
- ócs toa, (Ouvre toi !) siffla Léo, provoquant les frissonnements de Susan.
Elle n'était toujours pas habituée à entendre ce langage étrange !
Les lavabos disparurent alors en un silence dérangeant, faisant apparaître l'entrée du conduit aux parois réluctantes. Elles n'avaient pas dût être nettoyées depuis leur construction !
- Après toi, Léo, dit Susan en grimaçant de dégoût, peu pressée de retourner là dedans.
- Peureuse ! Se moqua Léo, avant de sauter sans l'once d'une hésitation.
Offusquée, la jeune Poufsouffle se dépêcha de prendre la suite de son camarade.
L'écœurante glissade dans les entrailles du château achevée, il ne fallut que quelques instants à nos deux amis fouineurs pour se retrouver bloqués par le fidélitas dissimulant la suite des lieux. Du moins, Susan se retrouva bloquée. Léo lui, tout comme Blaise, ne semblait pas le moins du monde affecté par l'illusion.
Après une quinzaine de minute de marche, la porte aux serpents apparut à leurs yeux, et avant que Léo ne puisse l'ouvrir, Susan se précipita pour l'examiner, éclairée par un puissant Lumos… mais il n'y avait rien de particulier d'inscrit ou de gravé, juste les innombrables runes de renforcement qui la recouvraient.
- Ócs toa ! Siffla donc de nouveau Léo.
Ils entrèrent presque religieusement dans la salle secrète de Serpentard, leurs baguettes dressées au dessus de leur tête afin de pouvoir voir le plus loin possible.
- Il y a des torches magiques, dit Léo. Allumons-les. Tu connais le sortilège d'Incendio ?
- Oui, c'est bon, répondit Susan en se dirigeant vers un côté de la salle, tandis que Léo allait vers l'autre.
La salle se retrouva vite éclairée, et la lumière révéla entièrement l'étonnante architecture des lieux…
Lorsque l'on entrait, l'allée centrale était bordée de chaque côté par dix statues de serpents à la langue sortie, comme s'ils s'apprêtaient à siffler.
Juste derrière se trouvait une succession d'arcades basses, donnant chacune sur un couloir bordant la salle.
Face à l'entrée, la statue de Serpentard tenait dans ses mains de pierre un parchemin sculpté.
- Ti ca la ? (Qui va là ?) Siffla une voix stridente.
- Cé tó, tsò atsi, (C'est nous, mon ami) répondit Léo en fourchelangue.
- te ceté có fès isi a sèt ês tastice ? (Que venez-vous faire ici à cette heure tardive ?) Demanda la Basilic en sortant de la bouche de la statue de Serpentard, et en neutralisant son pouvoir tuant et pétrifiant.
- Tó cetò etsstosé se lie. Il Tó zìtsite tàtetsà. Tu ti cóa sta tìtòcétià ? (Nous venons explorer ce lieu. Il nous intrigue grandement. Tu n'y vois pas d'inconvénients ?)
- Tò, sta tu tó. Có zète cé có, isi. (Non, pas du tout. Vous êtes chez vous, ici.)
- Tsèssi. (Merci.)
La Basilic s'en retourna dans son nid, dans la bouche de la statue. Prise d'une idée, Susan s'approcha soudain du parchemin artistiquement taillé dans le roc, caché à moitié dans les replis de la robe de Serpentard, et eut une exclamation de surprise.
- Léo ! Viens voir ! Cria t'elle immédiatement à son camarade.
- Qu'y a-t-il ? Demanda le jeune garçon, en s'approchant.
- Sur le parchemin ! Je pensais qu'il n'était là que pour le décor, j'aurais pu éventuellement trouver des recettes de potions, Serpentard étant Potionniste, mais il s'agit d'un…
- Un Carré Magique ? S'étonna franchement Léo, sans dissimuler un haussement de sourcils.
Et effectivement, devant les regards étonnés et interrogatifs de nos amis, le merveilleux et passionnant problème mathématique se tenait là, mystérieux… Il s'agissait d'un carré divisé en vingt-cinq autres quadrilatères de taille égale, chacun rempli par une lettre…
C-T-G-X-K
P-H-Y-L-D
I-U-M-E-Q
V-N-A-R-J
O-B-S-F-W
- Un carré magique, répéta Susan. Une superbe idée pour cacher quelque chose…
Avec un coup d'œil discret, elle remarqua le numéro de la page de pierre : mil quarante neuf écrit en chiffres arabes…
Soit Hylf Olfveane Fuonen Lìdalkevdèn.
- C'est bien beau, mais quel est l'intérêt ? Répondit Léo. Je me le demande…
- Cherchons dans le reste de la salle, proposa Susan. Il y a peut-être quelque chose d'indiqué. Ce Carré n'est certainement pas là pour le décor.
- Bien, acquiesça Léo. Je m'occupe des statues et du centre de la salle, va faire les fresques sur les murs.
- Quelles fresques ?
- Derrière les arcades. Elles semblent décrire la fondation de Poudlard. Et pas mal de choses s'étant déroulées… juste après.
Susan ne put retenir une exclamation de surprise et de joie mêlée. Des informations sur l'après-fondation de Poudlard ? Autrement dit, sur le Trou de l'Histoire ! Sans attendre un instant, elle se précipita sur le premier mur à sa portée, et s'éclaira d'un Lumos pour admirer d'artistiques fresques… fort étranges.
De son côté, Léo était allé sur la rangée de statues de serpents placée à gauche de l'entrée de la salle. Il ignorait pourquoi, mais ces statues l'intriguaient. Son instinct lui disait qu'elles renfermaient un important secret…
Il tenta différents sortilèges de révélation sur la première statue, mais rien ne se passa. Etonné, il tenta alors quelques phrases en fourchelangue…
- Ócse toa ! Statu ! Sécèl tsoa tò setsé ! Stasle tsoa ! (Ouvre toi ! Statue ! Révèle moi ton secret ! Parle moi !)
Au moment où il acheva de prononcer ces deux derniers mots, un léger déclic se fit entendre à l'intérieur de la sculpture. Une voix sifflante se fit alors ouïr…
- Tie hé se còtetu tut fiol, se Tsòt hé ut fiol, sa ci hé se còtetu tu Tsòt, sa ci tà sò àsàcle hé tòt Tie…
Satisfait de sa découverte, il passa à la statue suivante, puis aux huit autres, une par une.
- Ti te tu soa, cizitês, sac te sa sté sêl hé ciìcetu à se lie te tsétsoase.
- À se lie tétié, stésisacle sò lé tsocèz atsiò, é stu te tó ciìcetu sò lé côt, cèl é tsàte z'atse casitacle o tèstì stsétsatusé té colòtès fito.
- SuSinisc usn cibes bu ontie tonnel e gesn. Tures rubes set soes, tosbu su.
- Sêl lé lécititse stec tòstàts se lie.
- Ici é Stótlas, cité té sustotsé.
- El t'óclisa sta la tsétsoase te tà ti fus siì.
- El été catis ut tatus à sté.
- Tsé oté lé stocse ès stós t'èl se setotès àfì !
Et la dernière statue :
- Ce sui l'otstistézà, Ce sui l'otstisià, Ce sui le futus t'àtà. Ce sui zì tuês, Ce sui zì totês, Suic tà l'ésês ? Ce cótsé êtse ì àfà, Ce sui le Stès Tséatês…
Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ? Pensa Léo en soupirant lourdement.
…
De son côté, Susan admirait la précision de la réalisation des superbes fresques qui recouvraient les murs de la salle. L'on pouvait y voir les images mouvantes des Fondateurs posant les pierres de Poudlard, avec l'aide d'ouvriers. Sur une autre, Serpentard était en train de concocter des potions, tandis que Serdaigle écrivait ce qui était apparemment l'Edition d'Origine de l'Histoire de Poudlard.
Une succession de tableaux ainsi gais se suivaient sur le premier mur où Susan s'était dirigée. Mais il n'y avait aucun indice particulier. Elle traversa alors la salle pour aller voir l'autre mur, et remarqua Léo en train d'écouter à la bouche des statues de Serpents. Que trouvait-il ?
Sur la seconde façade, les fresques qui s'offrirent à la vue de la jeune fille n'avaient rien à voir avec celles de l'autre mur. Dès la première, l'on pouvait voir les Fondateurs debouts sur les marches de l'entrée de Poudlard, baguette levée. Sur cette première peinture, Poufsouffle recevait un sortilège vert reconnaissable entre mille, tandis que Serpentard tenait dans sa main… son propre bras, arraché. Il n'était pas possible de voir leurs assaillants. Ils étaient acculés, des corps jonchant le sol tout autour d'eux.
Retenant un hoquet d'horreur, Susan quitta cette fresque des yeux pour réprimer sa nausée grandissante, et se tourna vers la seconde. Là, il était possible de voir un immense amphithéâtre en ruine, envahi par une végétation imposante. En ouvrant bien les yeux, elle put voir une phrase étrange sur l'un des décors de la salle représentée… mais elle était inscrite en un étrange alphabet runique, aussi passa t'elle à la suite des fresques.
Sur la représentation suivante, l'on pouvait voir un tableau noir et un vieux bonhomme qui ressemblait étrangement à Serpentard. Il était, semble t'il, en train de faire cours. Et il avait l'air de grandement aimer cela, au grand étonnement de Susan. Il paraissait bien loin, le Serpentard raciste et colérique qu'on lui avait maintes fois décrit.
Curieusement, elle tenta de distinguer ce que la forme mouvante était en train d'inscrire sur son tableau, et put voir une phrase étrange…
« Pour connaître mon secret, inscrivez sur mon étude la date et l'initiale du calendrier du soleil de ma naissance puis, à la suite, la date et le repère numérique du calendrier Centaure de la soleil de ma naissance ».
- Hein ? S'exclama t'elle scientifiquement et philosophiquement. Qu'est-ce que c'est que ce charabia ?
- Tu trouves quelque chose, Susan ? Demanda Léo à son amie, depuis la salle centrale.
- Oui, viens voir ! Que penses-tu de cela ?
Léo arriva, et lut la phrase à son tour, puis resta un moment silencieux, à penser. Heureusement que son niveau d'Occlumencie lui permettait de réfléchir à trente-six choses à la fois, sinon il aurait mit des jours à penser à toutes les idées qui lui venaient.
Enfin, après quelques minutes, il dit :
- C'est Limpide ! Suis moi, Susan, tu verras.
Il se dirigea alors vers la statue de Serpentard.
- Si je ne me suis pas trompé dans mes calculs, murmura t'il, c'est cela…
Léo fit alors quelque chose que Susan n'eut pas le temps de voir. En un instant, un grondement se fit entendre, et la Chambre fut envahie par des flots de lumière solaire, éblouissant nos amis.
- Lorsque l'augure te sera annoncé, confie toi à l'ordre de la Simplicité.
- QUI EST LA ? S'exclama Susan, les mains devant les yeux, en entendant cette voix d'outre-tombe.
- C'est la statue ! Répondit Léo, de l'étonnement dans la voix. C'est la statue de Serpentard qui vient de parler !
- Quoi ? Qu'a-t-elle dit ?
- Un augure va s'annoncer à nous ? Murmura Léo, ses capacités visuelles retrouvées. L'ordre de la simplicité ? Mais qu'est cela ? Belle énigme…
- Euh… je dois bien avouer que là, c'est étrange, dit Susan. Qu'as-tu trouvé avec les statues, Léo ?
- Presque chaque serpent donne un proverbe, une maxime ou une citation, répondit le jeune garçon. Sauf un, qui dit une phrase fort étrange.
- Ah ? Lequel ?
- Celui-ci, répondit Léo en montrant le serpent incriminé.
Susan écouta à son tour la phrase donnée par le Serpent, mais ne comprit pas le Fourchelangue.
- Cela veut dire quoi, Léo ? Demanda t'elle.
Son ami lui expliqua le sens de la phrase qu'il trouvait étrange, et lui indiqua qu'il ne s'agissait là ni d'un proverbe, ni d'une maxime, ni encore d'une citation quelconque. Après encore de nombreuses minutes passées à réfléchir, Susan prit la parole :
- C'est vraiment étrange, dit-elle. La statue de Serpentard parlait d'un augure, et cette phrase, la seule qui sort de l'ordinaire, n'est absolument pas parlante.
- Si, répondit Léo. A sa façon, elle a un message à faire passer. Elle indique la raison pour laquelle ce lieu a été construit, et prévient sur le but suivant de son existence. Une sorte de « règlement intérieur » de la chambre des secrets.
- C'est vrai, oui, admit Susan. Et les autres ?
- Je te l'ai dit, juste des proverbes, des maximes et des citations. Aucune « annonce » de quelque sorte que ce soit.
Il fallut plusieurs minutes à Léo pour traduire chacune des Phrases à Susan, après quoi chacun s'assit dans son coin pour tenter de réfléchir. Après plus d'une demi-heure à tenter de déchiffrer l'étrange phrase révélée par son camarade, Susan s'exclama soudain :
- J'abandonne ! C'est vraiment incroyablement dur !
- Déjà fatiguée ? Demanda celui-ci, un sourire moqueur aux lèvres.
- Oui, je n'ai pas tes capacités d'allergique au sommeil, tu sais.
- J'avais remarqué. Allons, rentre ! Tu trouveras une marque en forme de serpent, auprès de tuyau. Mets ta main dessus et réponds à l'énigme pour ressortir par un escalier.
- Hum ? Comment sais-tu cela, Léo ? S'étonna Susan, un air interrogateur sur le visage.
- Je te rappelle que je visite régulièrement cette chambre depuis la première année.
- Ah, oui, j'avais oublié… Et bien, bonne insomnie ! Tu viendras au petit-déjeuner ?
- Tout dépend de mes résultats ici bas, répondit Léo en se concentrant à nouveau sur la statue. Et maintenant, ouste !
- Hum… Non, j'ai encore envie de rester, finalement.
Tu sembles savoir quelque chose, Léo, pensa t'elle.
- A tes risques et périls, répondit le jeune garçon avec un regard froid.
Il fit alors quelque chose qu'il m'est impossible à révéler aux lecteurs, pour la simple raison que je n'aurais aucune pitié pour vous.
A la grande surprise de Susan, la statue de Serpentard déploya les bras, et les pans de sa robe ainsi écartés révélèrent un escalier menant plus profond encore.
- Allons, viens ! S'exclama Léo. Sinon, je te referme la porte au nez !
- Voilà, voilà ! Je suis là ! Où est-on, maintenant ?
- Dans un couloir, dirait-on. Attends, je fais de la lumière.
Léo leva alors sa baguette, et sans rien dire la fit éclairer l'ensemble du lieu.
Sous le regard étonné des deux enfants se trouvait effectivement un couloir. Le plafond était voûté, soutenu par quatre colonnes sur chaque mur. L'ensemble menait vers un huis d'or pur qui paraissait solidement fermé.
Approchant alors, Susan put observer quelques vers gravés sur la porte…
Vous êtes à Poudlard, Cité des Surnommés,
N'oubliez pas la Mémoire de Temps qui furent siens,
Vous êtes ici dans une nature en paix,
Mais ôtez le pauvre hère et vous connaîtrez l'Ancien !
- Mais, s'exclama t'elle, ce sont les vers que le Choixpeau a récités à la dernière répartition !
- Oui, murmura Léo. Il semblerait qu'il connaisse cet endroit… A la première strophe, il y a juste une lettre qui change, regarde. Il avait dit « susnommés », non pas « surnommés ».
- C'est vrai, oui… Et c'est aussi une des strophes les plus énigmatiques de la « Légende des Quatre ». Mais je me demande bien ce qu'il faut faire pour passer !
- J'ai déjà trouvé, répondit Léo. Regarde autour de toi…
- Autour de moi ? Il n'y a rien…
Après plusieurs minutes d'observations infructueuses, l'obscurité n'aidant pas, Susan s'exclama :
- Ahlàlà ! Si je tenais Serpentard, je lui dirais ma façon de penser à propos de cet endroit ! C'est un véritable enfer pour les neurones ! Mais comment peut-on bien ouvrir cette satanée porte ?
- Regarde autour de toi, répondit à nouveau Léo. Et souviens-toi…
- Comment cela ?
Mais Léo ne dit plus rien, et se contenta d'attendre. Alors Susan se résigna à regarder plus précisément.
La porte ne lui apportant pas d'indications, elle se tourna vers les murs, où rien ne se voyait, puis vers les colonnes. Et, à sa grande surprise, une possédait une petite inscription…
- Mais qu'est ce que c'est que cela ?
En effet, l'une des colonnes de gauche indiquait :
LEITNN-A-STPL-TU-UES-TTPI-CUMPRI.
ENA-D-TAIOES-EPRIMD-A-DAEET-P-OM
MDNAAF-T-NMISOLT-PENETN-A-ESUO
Fort intriguée, Susan se dépêcha d'aller observer les colonnes de droite, et vit, sur l'une d'entre elle…
E-N-A-D-TAIOESEPRIMD-A-DAEET-P-OM
MEN-T-A-N-T-S-MPSTLUPSNTTI-A USPOI.
LDIAN-F-ANT-I-LOUTE-ETEP-N-CEMUR
- MAIS C'EST QUOI ÇA ENCORE ? Hurla Susan, exaspérée, en se tenant la tête dans les mains.
- Une merveille, répondit Léo. Un piège pour ceux qui croient avoir trouvée la solution…
- Et laisse moi deviner, soupira la jeune fille, tu as trouvée la solution ?
- Oui. Un conseil ?
- Cela ne ferait effectivement pas de mal à mes neurones…
- Souviens-toi des lectures de Luna.
- Hein ? Comment cela ?
- Souviens-toi, tout simplement. Mais moi, je ne t'attends pas, j'avance.
Léo se posta alors juste devant la porte de pierre, et dit :
- Ma chère Susan, apprend que…
Mais à ce moment, alors qu'elle s'avançait, Susan buta sur le sol, et tomba à quatre pattes. Elle n'entendit pas ce que Léo avait dit, et ne fit que voir la porte s'ouvrir… pour révéler un mur étrangement reluisant. Il semblait parcouru d'une énergie vive…
- Hum, on ne peut pas aller plus loin, dirait-on, murmura Léo.
- Pourquoi ? Demanda Susan. C'est quoi, ce truc ?
- Il semblerait qu'il s'agisse d'énergie magique vive extrêmement concentrée. En toute logique, si nous voulons traverser, il faut que notre puissance magique à chacun soit plus grande que celle qui a été mise en oeuvre pour créer cette porte, ou de même intensité. Sans quoi nous seront dissous si vite que nous ne nous en apercevrions pas…
- Ils n'auraient pas put mettre ce truc dès le début ? Cela nous aurait évité tant de fatigue !
- Mais ce n'aurait pas été amusant, sourit narquoisement Léo.
- Amusant ? L'architecte de ces lieux est aussi sadique que toi, Léo !
- C'est de famille, répondit le jeune homme. On ne peut pas grand-chose contre l'hérédité.
- Comment cela, l'hérédité ?
- Tu n'as pas encore remarqué, Susan ?
- Remarqué quoi ?
- L'architecte de ces lieux est communément connu sous le pseudonyme de « Père Créateur »… il s'agit de mon ancêtre. Il est le fondateur de la lignée des Léonard, nom qui était son prénom.
Ce fut ce moment précis que choisit la jeune fille pour tenter de fissurer l'univers en deux.
- QUOI ?! TU ES LE DESCENDANT DU PERE CREATEUR ?!
- Je confirme, tu n'avais pas encore compris, répondit Léo, grimaçant de douleur en se frottant les oreilles.
- Mais… mais… mais…
- Ta grand-mère ?
- Non, mais… enfin, c'est… c'est incroyable ! Je pensais que la lignée du Père Créateur s'était éteinte avec lui !
- Et bien tu t'es fourvoyée, ma chère Susan. Je te prierais néanmoins de point n'en piper mot à qui que ce soit. Je n'ais pas envie de me retrouver avec quelque dizaines de milliers de sorciers enragés aux trousses.
- Oui… oui, c'est sûr qu'il vaut mieux éviter. Mais je te préviens ! Maintenant que je connais ton ascendance, je ne te lâcherais pas tant que je n'aurais pas obtenues d'informations complémentaires sur elle !
- Désolé, mais tu ne sauras rien, Susan.
- Et bien voyons ! Je peux être très persuasive, tu sais !
- Je m'en doute. Mais moi aussi… je suis particulièrement doué en ce qui concerne les sortilèges de douleur. Et n'oublie pas que j'ai déjà quelques meurtres à mon actif. Un de plus ne se remarquera guère… Tu préfères la décapitation ou le simple Avada ?
- Pff, tu ne vas pas devenir comme le tableau de Merlin !
- Juste pour te faire enrager, si.
- QUOI ! Espèce de… malotru !
Mais Léo n'écoutait plus sa camarade exprimer son indignation et plaider la cause de son savoir. Sen retournant, il se positionna au plus près possible de l'étonnant mur de magie, et hurla :
- LUNA ! TU M'ENTENDS ? ES-TU LÀ ?
Mais rien ne lui répondit. Découragé, il laissa ses épaules s'affaisser, étonnant Susan, qui ne l'avait jamais vu ainsi montrer ses sentiments.
- Elle n'est pas là… BON SANG !
Brusquement, il donna un fort coup de poing tout contre le mur de pierre du couloir, et poussa un petit cri de douleur après cela…
Juste à côté de lui, Susan était fort étonnée. Luna n'était pas parmi eux depuis bien longtemps, et Léo semblait pourtant déjà énormément tenir à elle…
Allez chercher à les comprendre, lui et ses sentiments. C'était peine perdue d'avance.
Après cela, les deux enfants revinrent d'un pas vif dans la salle principale de la Chambre des Secret, l'une commençant à être apeurée par l'obscurité, et l'autre estimant avoir suffisement perdu de temps dans ce « censuré » couloir.
Dès qu'ils sortirent de la statue d'Heromus, une chose les frappa. A l'entrée de la salle, juste à côté de la porte aux serpents, se trouvaient deux autres escaliers. L'un montait, et l'autre descendait. Il était d'ailleurs bon de remarquer que l'ascendant, situé au centre, semblait être le principal passage menant à la Chambre.
Sans aucun doute l'accès de la Grande salle du Château, pensa Susan à raison. Mais l'autre ?
Tout à leur droite, le descendant s'enfonçait profondément dans le sol après le franchissement d'une large arcade de pierre finement taillée. A la voûte de celle-ci, un serpent rocheux pendant dans le vide faisait office de garde.
- Viens Léo, allons voir ! Pressa Susan.
- Si tu veux, mais je te préviens, Susan, tu n'entres pas. Suis-je bien clair ?
- Pourquoi ?
- Je sais ce qu'il y a plus loin, et il vaut mieux éviter que tu t'y aventures pour le moment.
A ces mots, la jeune fille ne répondit pas. Ce n'est que lorsqu'elle parvint au serpent que celui-ci s'anima pour siffler, les yeux brillants et la langue au vent :
Ciìcenu, o àfà.
Isi é làtsé tu lacisìt tu Tèstì,
Selui ti nó tiì tà sé mì,
Selui ti tésit te tôts tà.
Sêl se ti totas fesò stêc
Te ce lie sostisò oséolé te toas,
Sêl se tu tsalitietsà se mêc
Tà se lie sesecsò la Tias.
Le Tèstì é totse tsèts,
Tsé te totse acetis il te tésit
Te si to coa te sàs te sò sta cit,
Tsé lé acis stêc ètse tsèts…
- Et… que cela veut-il dire, Léo ? Demanda Susan.
- C'est l'entrée d'un Labyrinthe architecturé par le Père Créateur, répondit Léo. Je me demande où il mène…
- Une petite idée ?
- Aucune.
- Et si tu me traduisais tout le texte ?
- Pas envie. Débrouilles-toi toute seule. Je te laisserais une copie de mon livre d'apprentissage.
- Il y a intérêt ! Allons, on remonte maintenant ?
- On remonte. Mais je te laisse répondre à l'énigme du serpent, d'accord ?
- Quelle… Ah, oui, c'est vrai.
Effectivement, à la sortie du conduit d'évacuation des eaux usées des toilettes de Mimi se trouvait un nouveau serpent, taillé dans le mur. Si vous vouliez remonter, il vous fallait répondre justement à sa question, en échange de quoi il faisait apparaître des escaliers devant vos pas.
Une dizaine de minutes après avoir refermée la Chambre, les deux enfants s'y exposèrent avec appréhension. Susan avait réellement eut bien du mal à répondre à l'énigme lorsqu'elle et Blaise avaient vaincu le Basilic, la veille au matin. Le fait que le Serpent parle en Lìdalkèvdèn -la Langue Diplomatique usitée à l'époque de la construction de la Chambre- n'était pas un problème, elle la comprenait correctement et pouvait mener une discussion de base sans peine.
« Liot Anamfètaè am ? »
- Hein ? Comme cela, « que suis-je » ? S'exclama Susan, étonnée.
- La réponse est simple, Susan, répondit Léo. Souviens-toi des fois où tu as ouvert un livre sur un autre sujet que l'histoire.
- Oui, mais c'est très certainement d'un niveau magique bien supérieur au mien, et sans doute encore plus que tout ce que Poudlard enseigne.
- Réfléchis quelques instants, Susan. Ce serpent est, tout simplement, un conglomérat de Runes et de Pentacles magiques liés entre eux, alimentés par une pile magique, et rendus indépendants par des Runes Supérieures.
« Côt séstòs » Siffla alors le serpent en Fourchelangue.
- Wow, comment sais-tu cela, Léo ? S'étonna Susan, légèrement admiratrice.
- Aucune idée. Remontons donc, maintenant.
UHDS
Londres, Siège du Gouvernement de Rajson Leiuds. Approximativement au même moment.
A cet instant, un étrange morceau de pain rassis était en pleine discussion avec un vieux chewing-gum mâché… Ou, plus précisément, en pleine dispute.
- Je maintiens qu'il aurait fallu intervenir, s'exclama Rossignol, agacé, quitte à user de sortilèges de mémoire !
- Et moi, je te répète que NON ! Eructa le Ministre en réponse. Tout s'est déroulé comme prévu dans le Plan, d'un bout à l'autre !
- Et tu n'as pas hésité à mettre en danger la vie de tant d'enfants en toute connaissance de cause ? Cela ne te ressemble pas !
- Cela me ressemble parfaitement !
Rossignol poussa alors un long soupir, et se frotta laborieusement les yeux.
- Heureusement, tout s'est bien passé, dit-il. Mais la prochaine fois, compte sur moi pour te donner la claque que tu mérites !
- Aie donc un peu confiance en moi, Rossignol ! Répliqua Leiuds. Et n'oublie donc pas…
Je suis un Léonard.
Rajson Enu Leiuds.
UHDS
Poudlard, le lendemain, dix-neuf janvier mil neuf-cent nonante trois, dans le dortoir de nos chers amis…
Ce matin là, lorsque toute la fratrie se réveilla et se prépara, tout semblait devoir aller pour le mieux. Le réveil avait été réglé pour quatre heures, comme le prescrivait Léo, et tout le monde s'était couché tôt de façon à avoir suffisement de sommeil malgré tout.
Les enfants se levèrent de bonne humeur, pressés de recommencer leurs occupations repoussées de la veille –révisions et études diverses-, lorsqu'une chose étrange heurta leur esprit. Une nouvelle fois, ils n'avaient pas été dérangés par des bruits d'explosions en provenance du bureau de Léo.
Ça ne va pas recommencer, soupira Hermione, d'ores et déjà lasse.
Mais, à leur grand soulagement, leur salle commune n'avait pas été ravagée par un quelconque serpent géant. Bien au contraire, Léo l'avait visiblement remise en ordre durant la nuit, et la porte ouverte de son bureau révélait celui-ci parfaitement rangé.
Pourvu que ses livres rares soient accessibles ! Pensa Susan en s'y précipitant, ne pouvant s'empêcher de sourire à cette perspective.
Malheureusement, dès qu'elle tentait de se saisir d'un des ouvrages, une étrange sphère rougeâtre se formait autour de ceux-ci. Pas un des merveilleux livres qui la faisaient tant fantasmer ne lui était accessible, bloqués par des Sortilèges de stase et de glue permanente.
Lorsqu'elle s'en retourna, dépitée, son attention se porta néanmoins sur deux feuilles volantes disposées sur le massif bureau de chêne. L'une était couverte d'étranges symboles, de petits cercles contenant un signe, chacun reliés entre eux par des lignes de différentes couleurs, le tout formant un étrange ensemble.
Et, sur l'autre feuillet :
Je pars à la recherche de Luna. J'ignore combien de temps cela me prendra.
Adieu.
Et, les jours suivants, il fallut bien se rendre à l'évidence : Léo avait disparu.
FIN DU PREMIER TOME
La Phonétique Fourchelangue est donnée dans les annexes, chapitre suivant.
Que sont les « Secrets de la Chambre » ?
Ils se composent ainsi : 1/les codes de ce chapitre donnent d'autres codes OU doivent être interprétés d'une manière non évidente. 2/les seconds codes donnent des indices apparemment inutiles. 3/Ces indices mis ensemble donnent une énigme qui, bien interprétée, donne plusieurs indices si clairs que la principale énigme de la fiction risque d'en pâtir…
Il y a aussi un code bonus. Il est ainsi nommé car il n'entre pas dans la liste des Secrets de la Chambre dite plus haut. Il s'agit en fait d'un code que j'ai trouvé trop dur pour être valablement placé… il n'a pas d'utilité dans la résolution des Secrets.
Si quelqu'un parvient à trouver la solution, non seulement à ce dit-code bonus mais aussi à tous les Secrets de la Chambre, j'accepterais de répondre à toutes ses questions et de lui révéler tous les secrets !
UHDS
I. A votre avis, pourquoi le chapitre onze se nomme t'il « Deux nouveaux amis », alors que l'on y fait la connaissance que d'un seul ? Il s'agissait de Blaise et du Basilic ! Les évènements de la Chambre sont prévus depuis très longtemps… Sans compter avec le sous-titre.
II. Le Lìdalkèvdèn est la langue des Gobelins, aussi auto-nommés « Lìdalk » dans mes fictions. Vous ne pouvez connaître cette langue, aussi, la phrase obtenue avec l'anagramme de chacun des noms des fondateurs sera discrètement révélée dans la suite de la fiction. Merci de votre compréhension.
III. Les pratiques des Religieux Sorciers peuvent paraîtrent quelque peu barbares. Pour une meilleure compréhension des faits, je vous rapporte au chapitre quatre de ma fiction « Un Monde à Part ».
IV. Magia Impetus Inuado Oculus Hostis : Mot à mot, Magie/assaut/envahir/oeil/ennemi. Traduisible par « une explosion de magie qui attaque l'œil de l'ennemi ». Il s'agit d'un enchantement et non pas d'un sortilège. Il permet de lancer une attaque ciblée très précise. En revanche, il est très difficile à lancer et à apprendre. Pour ceux qui ont fait du latin, je sais que cela ne veut réellement rien dire, ou pas grand-chose, mais mon apprentissage de la langue de Tite-Live promet d'être long…
V. Métamorphosis Cocorico : Hum, euh… Célèbre phrase prononcée par Jules César à ses alliés lors du siège de l'Oppidum d'Alésia. « Je transformerais le peuple Gaulois ! ». La traduction à la con, franchement… ^^
