The Rise and Fall

Les blas-blas de Xérès : Bonjour à tous ! Voici un chapitre qui m'a été souvent demandé : il est consacré entièrement à Bellatrix. Vous y découvrirez notamment un tout nouveau personnage, ainsi que la raison pour laquelle Bellatrix est si fidèle à Voldemort, et enfin quelques petits secrets sur la famille Black ! Attention, c'est pas joli joli. J'ai hâte d'avoir vos réactions car ce chapitre est très particulier, de par les sujets difficiles qui y sont abordés et aussi en raison de l'arrivée du nouveau perso, qui je pense va vous donner des envies de violence ! hihi

Bonne lecture !

Merci à tous mes nouveaux followers (severine32, RoseLicorne9063, Lixette, 2Pluiedetoiles, lizzzouxx, loliacmoi), ainsi qu'à Erza Robin, Audrey917000, Kalli0pe, ecathe38, DramioneTouch, Petitestef, Elena Grape, Lune-Bleue22, jprewett, TatieBella, Minioon, Keiry, chapou69, Mia Jagger, Eliane Gil, nadra, faerycyn, Babar, TimeLady15, Alice Roguevans, Etoilemment, PetitMilou, Passion Fugace, Serdra, Goutte-de-mer, Eranounette, Loufoca-Granger, Cybella Yuitsi, Sombral Gryffondor pour leurs reviews. Merci également à tous ceux qui m'ont rejointe ou reviewée sur Facebook !

RAR :

Kalli0pe : hu hu, la blague « nos avis divergent », c'était pas prévu. C'est quand je l'ai écrit, automatiquement j'ai ajouté à voix haute « verge » et j'ai rigolé. Avant de réaliser que ce serait marrant de le faire dire aux jumeaux. Merci de ta review !

Keiry : alors non, la blague de George ne vient pas de Moi, moche et méchant 2 ! C'est juste un jeu très répandu qui consiste à répéter les mots venant après la syllabe « di » (qui fait penser à l'impératif de dire). Du coup, ça donne « di-verge », « di-mension », « di-chotomie », ça marche avec à peu près tous les mots commençant par di… XD Attention, parce que à force, ça devient très vite une habitude et on se retrouve à s'écrier « VERGE ! » en plein milieu d'un repas de famille par exemple (oui, oui, c'est du vécu ! hu hu). Merci pour ta review !

Nadra : Bien vu ! Effectivement, c'était trop mignon pour être honnête, les deux tourtereaux vont encore en baver… Je réponds au maximum aux reviews car j'adore échanger avec les autres fans d'Harry. Quand il y a eu le concours inter-villes pour gagner là où se ferait l'avant-première d'HP 7.1 (Tours a fini par gagner, grrrr), la communauté de ma ville s'était réunie et on a fait un flashmob avec distribution de tracts pour inciter les gens à voter sur Internet, on a également organisé une « avant-avant-première » au cinéma, où on a fait faire des jeux aux spectateurs et ils pouvaient gagner des cadeaux (sponsorisés par la FNAC) comme des jeux HP sur Nintendo DS/Wii/PS3, etc., ainsi que des DVD et autres goodies magiques ! (J'étais d'ailleurs déguisée en Malfoy avec une perruque blonde, et ensuite j'ai troqué la perruque pour des couettes et des lunettes et j'ai joué Mimi Geignarde le temps d'un sketche ) Bref, c'est vraiment un truc auquel je suis accro ! Harry Potter a amené des gens à se réunir, peu importe les différences d'âge, de milieu social… C'est ça qui est magique et il ne faut pas que ça s'arrête ! Merci encore pour ta review !

PetitMilou : Les RAR ici sont pour ceux qui ne se loggent pas et laissent des reviews anonymes (ce qui n'est pas ton cas). J'ai répondu en message privé à ta dernière review, as-tu reçu ma réponse sur FFnet ? Sinon, c'est qu'il doit y avoir un problème avec tes paramètres de messagerie privée peut-être ! Je n'aime pas l'idée d'un lecteur délaissé ! :'( Bisous.

Eranounette : Merci pour ta review ! Encore heureux que Blaise est vivant, c'est une fic sur Harry Potter, pas La Nuit des Morts Vivants. XD Je plaisante, je vois ce que tu veux dire ! Pour Ron, j'ai essayé d'ajouter un peu de maturité (mais ça ne veut pas dire qu'il ne va pas nous faire des scènes de temps en temps, sinon ça ne serait plus Ron…) Merci encore et bisous !

Chapitre 29 : Lestrange is the new Black

Après la découverte du Manoir Malfoy vidé de tous ses occupants, Bellatrix avait fait profil bas. Elle n'avait pas protesté lorsque Voldemort avait déclaré les Malfoys coupables de haute trahison. Elle n'avait pas ouvert la bouche non plus lorsqu'il avait donné l'ordre à tous ses partisans de faire usage de l'Avada Kedavra sans sommation dès qu'ils apercevraient le moindre cheveu de l'un des trois Malfoys, mais également de Séverus Rogue, Blaise Zabini et d'Hermione Granger. Théodore Nott était également dans la liste (pour désertion, puisque personne n'avait vu son petit minois depuis des semaines), mais Bellatrix se fichait de ce gamin comme de sa première baguette.

Elle n'avait également rien dit lorsque le Maître avait ordonné de rapatrier toutes les possessions les plus importantes des Malfoys à Poudlard. Les dents serrées, elle avait regardé portraits, grimoires de magie noire, artefacts plus ou moins anciens et coûteux, bijoux, emportés dans de lourdes malles à destination de l'école de Magie, où Voldemort avait décidé de prendre ses quartiers définitifs. Elle avait tout de même ricané lorsqu'un service à thé en argent s'était rebellé contre Avery et l'avait mordu au nez et au menton. Avery avait fini par abandonner toute tentative d'emporter le service et Bellatrix pensa que si sa sœur revenait un jour dans son Manoir, elle aurait au moins de quoi siroter un Earl Grey.

Petit à petit, le Manoir se vida et Bellatrix se retrouva bientôt seule dans l'immense salon presque dépouillé de tout son mobilier le plus précieux. Ses talons claquaient et résonnaient désormais dans la pièce, et le cœur de Bellatrix se serra. Lentement, elle grimpa à l'étage et poussa la porte de ce qui avait été la chambre de Lucius et de Narcissa. Des draps piétinés jonchaient le sol et quelqu'un avait même éventré le matelas, à la recherche d'éventuels objets cachés à l'intérieur. Contournant le drap, Bellatrix se dirigea vers la penderie et vit que la plupart des robes très chics de Narcissa avaient été traitées de la même manière que le matelas. Lacérées, déchirées, plus une seule n'était portable. Sur un cintre, pendait un foulard rescapé du massacre et Bellatrix s'en saisit aussitôt pour l'enrouler autour de son cou. La douceur de la soie et le parfum fruité de sa sœur l'enveloppèrent aussitôt et elle ferma les yeux un instant. Puis elle sortit, le foulard toujours autour du cou et se dirigea vers la chambre de son neveu. Là aussi, le lit avait été retourné et les tiroirs vidés. Sous l'emplacement initial du lit, se trouvaient encore quelques bouteilles d'alcool vides et Bellatrix fronça les sourcils.

Elle se souvenait encore du petit garçon joyeux qu'avait été Draco dans son enfance, lorsqu'il venait lui rendre visite au parloir d'Azkaban en compagnie de Narcissa. Ignorant complètement les hurlements des prisonniers ou les faciès hideux et effrayants des Détraqueurs, il courait sans arrêt dans tous les sens, riait, criait, sautait, jouait. Et maintenant ? Il ne riait plus. Ne courait et ne sautait plus. Mais il buvait, ça oui. Et depuis son entrée à Poudlard six ans plus tôt, son visage rieur avait laissé la place à une expression aussi impassible que celle de son père.

Bellatrix détacha ses yeux de ce triste spectacle et recula dans le couloir, resserrant le foulard de soie de Cissy autour de son cou. Elle descendit les escaliers, quitta le hall d'entrée en laissant les grandes portes ouvertes aux quatre vents et partit sans se retourner. Direction Poudlard.

Lorsqu'elle posa le pied à l'intérieur de l'école, elle fut aussitôt hélée par l'un des Mangemorts en faction devant la porte de la Grande Salle. Une longue file d'élèves aux regards hagards et apeurés s'étirait devant lui jusque dans la Grande Salle.

« Lestrange ! Le Maître t'attend dans son bureau », aboya-t-il depuis l'autre côté de la pièce.

Qu'est-ce qu'il me veut, encore ?, pensa Bellatrix avec un frisson d'appréhension. Comme si l'autre avait lu dans ses pensées, il poursuivit :

« Quelqu'un est de retour… »

Bellatrix sentit son cœur manquer un battement. Se pourrait-il que… ? Se sentait soudain aussi raide qu'un manche à balai, Bellatrix se dirigea d'un pas lourd vers la gargouille qui marquait l'entrée du bureau des Directeurs de Poudlard. Elle prononça d'une voix faible le mot de passe (« Semper purusi ») et attendit que la gargouille ait entièrement pivoté pour gravir les dernières marches qui la séparaient du bureau. Arrivée devant la porte close, elle perçut des beuglements furieux de l'autre côté du panneau et reconnut la voix de son Maître. Manifestement, il semblait d'encore moins bonne humeur que lorsqu'il supervisait le pillage en règle du patrimoine Malfoy. D'une main tremblante, elle frappa à la porte et le silence se fit dans le bureau. Puis la voix de Voldemort lui cria d'entrer, ce qu'elle fit. Et Bellatrix sut qu'elle avait vu juste. Il était là. Il était de retour.

La silhouette sombre de Rodolphus Lestrange pivota et elle vit le regard de son époux la transpercer littéralement. Heureusement, comme toujours, l'attention qu'il porta à sa femme fut brève et il la délaissa pour reporter son attention sur le Maître. Cinq mois. Cinq mois qu'ils ne s'étaient pas vus ni adressés la parole et il ne lui disait même pas bonjour ni merde. Bellatrix serra les dents.

« Vous avez demandé à me voir, Maître ? », dit-elle en ignorant superbement son mari qui lui jeta un regard mauvais.

« Assieds-toi, Bellatrix », répondit Voldemort en désignant l'un des fauteuils de l'autre côté du bureau. Il parlait à présent avec un calme olympien, qui contrastait fortement avec les hurlements entendus quelques secondes plus tôt. Bellatrix s'exécuta et vit alors que les deux hommes arboraient des mines graves.

« Qu'y a-t-il ? », demanda-t-elle, inquiète. Rodolphus lui jeta un regard en coin, un regard plein d'ironie et de méchanceté. Egal à lui-même…

« Bellatrix, sais-tu où ton mari a passé les derniers mois ? », demanda posément Voldemort en croisant ses doigts osseux sur son bureau. Rodolphus, quant à lui, ne la lâchait plus des yeux désormais.

Visiblement pas dans un cercueil, malheureusement…, pensa Bellatrix avec une pointe de déception. « Non », répondit-elle simplement, en se retenant tant bien que mal d'ajouter un agressif « et je m'en contrefous bien proprement. »

Elle vit Rodolphus plisser les yeux et la sonder, comme s'il avait parfaitement entendu ses pensées.

« J'avais chargé Rodolphus de plusieurs missions, à vrai dire… », reprit Voldemort, tandis que Rodolphus consentait enfin à détourner le regard. « Mais la plus importante était celle-ci : il devait s'assurer que tous mes Horcruxes, à l'exception de mon journal que cet imbécile de Lucius a livré à Potter sur un plateau voilà plusieurs années déjà… » Voldemort serrait les dents en prononçant le nom de Lucius mais Bellatrix fit comme si de rien n'était. « Que tous mes Horcruxes, donc, soient bien en sécurité. »

Bellatrix ne dit rien, attendant la suite. Mais comme ni Voldemort ni Rodolphus ne semblaient vouloir ajouter quoi que ce soit, un silence pesant et inconfortable s'abattit sur la pièce. Au bout d'un certain temps, Bellatrix ne tint plus. « Et ? », demanda-t-elle avec une certaine hésitation. « Ils le sont ? »

Voldemort et Rodolphus échangèrent un regard. « A toi de me le dire, ma chère », fit la voix glaciale de Rodolphus Lestrange, tandis que ses yeux perçants scannaient de nouveau le visage fermé de son épouse. « Tu devrais notamment savoir si la coupe de Pouffsouffle est bien gardée… »

Bellatrix sentit son estomac faire une série de nœuds. Elle n'aimait pas du tout la tournure que prenait la conversation. « La coupe d'Helga Pouffsouffle est enfermée dans notre coffre à Gringott's, tu le sais aussi bien que m-

« Erreur, elle n'y est plus », lâcha Rodolphus dans un grognement guttural. Bellatrix sentit le duvet de ses bras se dresser à la verticale.

« Que- comment ? », balbutia-t-elle dans un souffle. Quelque chose lui disait que d'une manière ou d'une autre, cela finirait par lui retomber dessus.

« En fait, plus aucun Horcruxe ne se trouve là où il devrait être… », siffla Voldemort, ses iris virant au rouge sombre. « Mis à part, toi, bien sûr, Nagini », ajouta-t-il en se tournant vers l'énorme serpent lové près de la cheminée. La bestiole siffla longuement en réponse. « Même le diadème de Rowena Serdaigle, qui était pourtant conservé dans ce foutu château sous MON contrôle, a été anéanti par un gigantesque brasier causé par un Feudeymon d'une puissance rare. » Le ton de Voldemort montait progressivement au fur et à mesure qu'il perdait son calme. « Nous sommes actuellement en train d'interroger les élèves pour trouver les responsables, bien que je sois persuadé qu'aucun de ces petits imbéciles n'ait pu être assez puissant pour créer un Feudeymon d'une telle ampleur. » Bellatrix comprit soudain pourquoi les élèves en file indienne avaient l'air si terrorisé lorsqu'elle était entrée. « Voilà », reprit Voldemort en tapant du poing sur la table. « Voilà les nouvelles que ton mari vient de m'apporter ce matin. Et maintenant, je me pose une question fondamentale. »

« Laquelle ? », demanda Bellatrix d'une voix peu assurée.

Voldemort laissa échapper un petit rire sans joie. « Laquelle. Elle me demande laquelle », ajouta-t-il à l'attention de Rodolphus, qui regarda sa femme avec froideur. Voldemort se leva et contourna son bureau pour venir se placer derrière le dossier du fauteuil de Bellatrix, qui le suivait du regard, pétrifiée.

« La question que je me pose, vois-tu, est la suivante… » Voldemort fit une légère pause et abattit ses deux mains sur les épaules de Bellatrix, qui ne put s'empêcher de sursauter violemment. « Mes partisans semblant tous être des incapables ou des traîtres, ne ferais-je pas mieux de me libérer de ce fardeau et de tous vous tuer sur le champ ? »

Bellatrix se figea. On y était. Elle allait mourir. Ici et maintenant. Sous le regard narquois de cet imbécile de Rodolphus et sans avoir jamais pu revoir sa sœur Narcissa. En cet instant, Bellatrix était tellement persuadée que son heure était venue qu'elle regretta même une seconde de ne pas avoir pu serrer une dernière fois dans ses bras son autre sœur, Andromeda, bannie par la famille Black pour avoir épousé ce sale né-Moldu de Ted Tonks. Merlin, elle était vraiment au bout du rouleau pour en arriver à de telles extrémités.

« M-Maître, je ne… je ne sais pas ce qui a pu se passer », balbutia Bellatrix avec une pointe d'hystérie dans la voix. « Je vous assure que j'ai placé moi-même la coupe dans notre coffre. Elle y était, je puis vous l'assurer. Comment aurait-elle pu être volée sans que les gobelins ne s'en aperçoivent ? »

« Personne ne vole quoi que ce soit aux Gobelins. A moins qu'un Gobelin lui-même ne soit complice. Des témoins ont rapporté que l'un d'eux, un certain Ragnok, a été vu pour la dernière fois en compagnie d'un gamin », déclara Rodolphus comme si les menaces proférées par Voldemort quelques secondes plus tôt ne l'atteignaient pas le moins du monde. Ce qui était certainement le cas. « L'un des témoins est formel : le jeune garçon demandait à voir le coffre Lestrange et après ça, Ragnok n'a plus repris son poste. Soit l'un d'eux s'est tiré avec la coupe, ce qui me paraît très improbable étant donné qu'aucune alarme ne s'est déclenchée à la sortie de la banque, soit ils l'ont déplacée. Toujours est-il que le Gobelin n'a plus refait surface depuis. »

« Et qui te dit que tes témoins sont fiables ? », cracha Bellatrix en lui jetant un regard méprisant.

Son époux y répondit par un horrible sourire carnassier. « Bella, tu sais bien qu'avec moi, on finit toujours par dire la vérité… », lâcha-t-il d'un ton mielleux. Il lui jeta alors un regard appuyé et Bellatrix eut soudain l'impression qu'il s'adressait maintenant directement à elle.

Elle déglutit et ses yeux passèrent d'un homme à l'autre avec une frénésie non dissimulée.

« Et les autres ? Les autres Horcruxes ? », s'enquit-elle en tordant nerveusement ses doigts.

Voldemort fit un signe de la main à l'attention de Rodolphus, pour l'inciter à donner plus d'explications. Ce qu'il fit, mais Bellatrix eut l'impression de tout entendre à travers un filtre, comme si ses oreilles étaient remplies de coton. Sa tête bourdonnait et elle se sentait pâlir, tandis que son époux lui expliquait d'une voix froide et dénuée d'émotion que le médaillon de Serpentard et la bague de Gaunt avaient également disparu. Elle vit que Voldemort l'étudiait de son regard rouge sang mais Bellatrix ne ressentait plus de peur. En fait, elle ne ressentait plus rien du tout. C'était une sensation étrange mais agréable après la panique de tout à l'heure. Etrange, oui… Bellatrix comprit mais trop tard, en se sentant basculer, qu'elle tombait tout simplement dans les pommes. Elle sentit le bras de Rodolphus la rattraper avant qu'elle ne tombe de sa chaise, puis sombra dans les Ténèbres.

~o~

Du plus loin qu'elle se souvenait, Bellatrix Black avait toujours détesté Rodolphus Lestrange. Dès le bac à sable, il était de ces gosses qui cherchent toujours la bagarre, par ennui, par envie, par simple goût du sang. Garçons, filles, il ne faisait pas de distinction de sexe ni d'âge, il frappait. Plus par plaisir même, que pour se faire respecter. Adolescent, à Poudlard, le corps enseignant était parvenu à réfréner ses envies de castagne à grands renforts de retenues et de travaux d'intérêt général. Le jeune Lestrange avait donc découvert les joies de la violence verbale et psychologique. Beaucoup plus discret, et surtout, impossible à prouver. La jeune Bellatrix avait toujours mis un point d'honneur à éviter le plus possible de se retrouver en sa présence, ce qui relevait de l'exploit étant donné qu'ils étaient tous deux à Serpentard et dans la même année. Mais Bellatrix avait appris à ses dépens qu'on n'évitait pas Rodolphus Lestrange. C'est lui qui choisissait ou non de se mettre en travers de votre chemin. Une fois son diplôme en poche, Bellatrix avait espéré ne plus jamais croiser ce sale type et son vœu fut exaucé pendant quatre longues et heureuses années, qu'elle passa à l'Université des Sorcières de Salem à étudier les différentes formes de magie du continent américain. Jusqu'à ce que Narcissa, la cadette des trois sœurs Black, sorte à son tour diplômée de Poudlard et annonce à leurs parents sa volonté d'épouser sans plus tarder le fils unique d'Abraxas Malfoy, un jeune aristocrate du nom de Lucius.

La pauvre Narcissa, si candide et amoureuse, n'avait pas réalisé que sa requête mettrait à jamais un terme à la vie paisible et studieuse de sa sœur aînée. Comme c'était la coutume dans les grandes familles de sorciers, les filles ne pouvaient se marier que dans leur ordre de naissance. Autrement dit, pour que Narcissa puisse convoler en justes noces, il fallait d'abord que Bellatrix trouve chaussure à son pied, puis Andromeda. Ce ne fut pas un problème pour cette dernière, qui profita de l'occasion pour fuir avec son né-Moldu de Ted Tonks en quatrième vitesse, mais il en fut autrement pour Bellatrix Black. Celle-ci venait de terminer brillamment ses examens à l'université et avait dans l'idée de partir faire un petit tour du monde en solitaire lorsque ses parents, Cygnus Black et Druella Rosier, la convoquèrent pour une réunion de famille de la plus haute importance. Quelle n'avait pas été sa surprise en entrant dans son salon à la date prévue, lorsqu'elle avait vu Rodolphus Lestrange, accompagné de ses propres parents, en train de siroter un brandy sur le sofa.

« Ah, Bellatrix ! », s'exclama son père en s'approchant, les bras écartés. Dans sa main droite, se tenait un grand verre de Cognac, dont le contenu tanguait dangereusement, et dans la gauche un cigare fumant. Bellatrix avait toujours adoré l'odeur des cigares cubains de son père. Humant l'odeur de poivre et de foin coupé si caractéristique, Bellatrix se sentit enfin chez elle. Le bonheur aurait été complet sans la présence, ô combien intrigante, de cette face de fouine en plein milieu du salon.

« Bonjour, Père », le salua Bellatrix avec un sourire.

Cygnus se retourna en direction des trois Lestrange avec un sourire ravi. « Ma fille revient tout juste de son dernier semestre à l'Université de Salem », annonça-t-il fièrement avant de poser sa main sur l'épaule de Bellatrix pour la forcer à avancer. « Avec un diplôme et une mention ! » Son père semblait tellement heureux et fier qu'elle ne put s'empêcher de sourire.

« Qu'avez-vous étudié là-bas, mon enfant ? », demanda Mrs Lestrange depuis le fauteuil où elle était assise.

« Les différentes formes de magies d'outre-Atlantique, Madame », répondit poliment Bellatrix. « Et j'ai consacré mon mémoire de fin d'études à l'une d'entre elles : la santeria. Une religion ancestrale qui tire son origine dans les Caraïbes et dont certains rituels magiques rappellent ceux du vaudou. »

Mrs Lestrange ouvrit la bouche avec ravissement. « Ma foi, c'est très … exotique ! », s'émoustilla-t-elle en jetant un regard appuyé à son mari, qui hocha la tête en souriant. « Vous devez être extrêmement cultivée, jeune fille. »

Bellatrix répondit simplement par un sourire et chercha le regard de son père. Elle voulait à présent savoir pourquoi les trois Lestrange se trouvaient dans leur salon familial, le jour même de son retour d'Amérique, alors qu'elle aurait préféré se retrouver seule avec ses sœurs et entendre tous les derniers potins.

Druella dut sentir que sa fille était mal à l'aise et vint se tenir près d'elle, posant une main douce et réconfortante sur la sienne. « Chérie, tu devrais venir t'asseoir. Tiens, prends une coupe de champagne », souffla sa mère en lui enfonçant littéralement une flûte de liquide pétillant entre les doigts.

Bellatrix sentit une boule se former dans son ventre. Elle avait un mauvais pressentiment. Sa mère ne lui servait jamais d'alcool à moins d'avoir quelque chose de pénible à lui annoncer. Mais Bellatrix ne dit rien et alla s'asseoir docilement là où sa mère la conduisait. C'est-à-dire sur le sofa, à moins d'un mètre de cette ordure de Rodolphus. Bellatrix prit soin de ne pas lui accorder le moindre regard et plongea les yeux dans sa coupe de champagne, qu'elle porta brièvement à ses lèvres. Du coin de l'œil, elle vit que les petits yeux perçants et froids du jeune homme ne la lâchaient pas, traçant le moindre de ses gestes, se levant lorsqu'elle levait sa coupe pour y boire, se baissant lorsqu'elle la reposait. La boule dans l'estomac de Bellatrix enfla, enfla, enfla, tant et si bien que lorsqu'on lui proposa un petit four, elle se sentit incapable de l'avaler.

« Être cultivée n'est pas essentiel pour une femme », intervint le père de Rodolphus avec un ton pédant. « Ce qui importe, c'est de faire un bon mariage. La véritable valeur d'une femme tient dans son époux. »

Bellatrix se retint de hausser les sourcils. Voilà bien un homme qui n'avait jamais entendu parler de Simone de Beauvoir ou du Women's Lib. Elle réprima un sourire narquois en pensant à ce que ses amies féministes de la fac diraient après un tel commentaire.

« Tout à fait d'accord », s'empressa de renchérir Cygnus avant de prendre une rapide gorgée de Cognac. Bellatrix lui jeta un regard curieux. Son père n'était pourtant pas un habitué des discours mysogynes. « C'est pourquoi, comme vous nous l'avez suggéré en privé, votre fils fera un parfait époux pour notre petite Bellatrix », acheva-t-il avant de prendre une grande bouffée sur son cigare.

Un bruit de verre brisé retentit dans la pièce et tous les regards convergèrent en direction de la responsable de cette interruption. Bellatrix. En entendant la dernière phrase de son père, la jeune fille avait malencontreusement lâché sa flûte de champagne, qui était allée s'écraser sur le carrelage de marbre rose. Druella porta une main à ses lèvres et appela aussitôt un elfe pour venir nettoyer les dégâts.

« Veuillez excuser ma fille », balbutia-t-elle en esquissant une légère courbette, « elle peut se montrer si maladroite parfois… »

« C'est hors de question… », fit Bellatrix d'une voix tremblante. « Je refuse d'épouser ce type. »

« Bellatrix ! », la rappela à l'ordre Cygnus d'une voix forte. « Tu devrais avoir honte de toi. Rodolphus est un garçon charmant et votre mariage sera une bénédiction pour nos deux familles. Deux lignées aussi puissantes que les nôtres enfin réunies, tu devrais être honorée ! »

Bellatrix se redressa d'un bond, sentant les yeux de Rodolphus suivre encore une fois ses mouvements. « HONORÉE ? Je me sens tout sauf honorée, Père ! Je me sens trahie, trompée, vendue, mais CERTAINEMENT PAS HONORÉE ! »

La gifle retentit avec un claquement sonore. Aussitôt après, le silence retomba dans la pièce. Bellatrix mit quelques secondes à comprendre pourquoi sa joue droite la cuisait autant. Son père l'avait frappée. La dernière fois qu'il avait eu à lever la main sur elle devait remonter à ses huit ans, lorsqu'elle avait cru qu'il serait amusant de plonger avec sa robe toute neuve dans l'étang vaseux au fond du jardin. Elle n'en revenait pas.

« Tu n'as pas ton mot à dire, jeune fille », tonna son père, tandis que Druella s'éclipsait sans un bruit, sûrement pour cacher ses larmes. « Maintenant, monte dans ta chambre avant de continuer à nous ridiculiser. »

La main plaquée sur sa joue rougie, Bellatrix ravala les sanglots qui menaçaient de s'échapper de ses lèvres et redressa le menton d'un air de défi. Juste avant de passer la porte du salon, elle se retourna et dévisagea les Lestrange et son père avec un mépris non dissimulé. « Je me tuerai, si vous m'obligez à épouser ce malade. Je vous jure que je me tuerai. » Ce qu'elle vit à cet instant lui fit froid dans le dos. En tournant son regard en direction de Rodolphus, qui n'avait pas bougé d'un poil, elle s'attendait à ce qu'il la toise avec colère, qu'il la haïsse pour cette humiliation. Mais il n'en était rien. Bien au contraire : les lèvres pâles de Rodolphus s'étirèrent en un sourire mauvais, qui donna à Bellatrix l'envie de prendre ses jambes à son cou et de ne s'arrêter de courir qu'une fois qu'elle aurait atteint le Pôle Nord. Ou l'Everest. Comme aucune de ces deux destinations n'était possible pour le moment, elle opta pour sa chambre et détala. La porte claqua derrière elle et le silence retomba dans la maison.

Deux pièces plus loin, leurs oreilles collées à la porte de la chambre de Narcissa, les deux autres sœurs échangèrent un regard inquiet.

« Tu savais, toi, qu'ils avaient prévu de la marier à Lestrange ? », demanda Narcissa, au bord des larmes.

Andromeda secoua la tête et fronça les sourcils. Tremblante, elle se laissa glisser le long de la porte et s'assit en tailleur sur le sol. Narcissa l'y rejoignit quelques secondes plus tard et posa la tête sur l'épaule de sa sœur.

« Je ne voulais pas ça », gémit-elle dans un sanglot. « Je voulais seulement épouser Lucius, si j'avais su ce que cela impliquerait pour vous deux, je… » Sa phrase se perdit dans un nouveau sanglot.

Andromeda la serra dans ses bras. « Ne t'en fais pas, Cissy, ça va s'arranger. Papa finira bien par entendre raison… », souffla-t-elle, peu convaincue par ses propres paroles. « Bellatrix n'épousera pas cet imbécile. Elle n'a fait que se plaindre de lui pendant les sept années qu'elle a passées à Poudlard. Tu imagines si elle doit se le coltiner toute sa vie ? On n'aura pas fini d'entendre gueuler… », ajouta Andromeda avec un petit rire.

Sa tentative d'alléger l'atmosphère porta ses fruits et elle entendit sa petite sœur renifler et rire doucement.

« Et toi ? », reprit Narcissa d'une petite voix. « Que vas-tu faire ? »

« Moi ? », s'étonna Andromeda. « J'ai déjà Ted. On est amoureux, ils ne peuvent pas me marier à quelqu'un d'autre. »

« Papa ne te laissera jamais épouser Ted… », chuchota Narcissa, comme si le seul fait de parler du né-Moldu était un crime puni par la loi. « C'est un … enfin, tu sais ! »

« Un né-Moldu, c'est le mot que tu cherches ? », ironisa Andromeda en levant les yeux au ciel. « Figure-toi que je suis au courant. Et que je m'en fiche. Et si Papa ne veut pas qu'on se marie… alors je m'enfuirai avec lui. »

« Tu es sérieuse ? Andy, tu n'y penses pas… et vous vivriez où ? Avec quel argent ? Tu sais que Papa et Maman te déshériteraient pour oser faire une chose pareille ! », protesta Narcissa avec une pointe de panique dans la voix.

« Même pas peur… », souffla Andromeda en esquissant un large sourire. « Je préfère encore dormir sous les ponts avec Ted plutôt que de vivre ça… », acheva-t-elle en brandissant le pouce en direction de la porte.

Narcissa hocha lentement la tête mais une expression triste restait ancrée sur ses traits. Andromeda la considéra gravement, puis se décida à faire revenir un sourire sur les lèvres fines de sa petite sœur. Elle lui donna un petit coup de coude dans les côtes.

« Allez, Cissy, souris », lui ordonna-t-elle. « Et promets-moi que tu seras au moins heureuse pour trois avec ton … Luciuuuuuus », roucoula-t-elle tandis que Narcissa rougissait et lui donnait une bourrade. « Qui est plutôt pas mal dans son genre. Enfin, je dis ça, j'aime pas vraiment les blonds, mais les goûts et les couleurs… »

~o~

Lorsque Bellatrix rouvrit les yeux, deux choses la surprirent. La première : cela faisait des années qu'elle n'avait pas rêvé de ce jour fatidique où ses parents l'avaient fiancée de force à Rodolphus Lestrange. La seconde : le sol semblait extrêmement moelleux. Deux secondes supplémentaires lui suffirent pour réaliser son erreur : elle n'était pas étendue sur le sol, mais dans un lit. Un lit simple, à barreaux, entouré d'une dizaine d'autres semblables. Elle était à l'infirmerie. Fronçant les sourcils, elle se redressa sur son séant et la première chose qu'elle vit acheva d'installer une expression mécontente sur ses traits. Rodolphus, son cher époux, était assis sur une chaise, au pied de son lit, et attendait patiemment qu'elle reprenne conscience, un coude posé sur les barreaux du lit et la tête appuyée sur sa main.

Un simple coup d'œil lui suffit pour comprendre qu'il n'y avait personne d'autre dans la pièce.

« Alors, ça fait quoi d'être la sœur de non pas une mais deux traîtresses ? », lâcha nonchalamment Rodolphus en haussant un sourcil narquois.

Bellatrix le fusilla du regard. A la mention de ses sœurs, elle porta inconsciemment une main autour de son cou mais dut se rendre à l'évidence : le foulard n'y était plus.

« C'est ça que tu cherches ? », fit son mari en désignant du menton la table de chevet. Bellatrix tourna la tête. Le foulard y était, proprement replié, très certainement du fait de Mrs Pomfresh, l'infirmière. Bellatrix ne répondit pas et prit le foulard pour le repasser derrière sa nuque. Ce faisant, elle détailla le visage de celui qu'elle n'avait pas vu depuis près de cinq mois. Il n'avait sensiblement pas changé, toujours cette tête de fouine, ces petits yeux perçants, cette barbe de 2 jours qui virait au poivre et sel, à l'instar de ses tempes. Rodolphus Lestrange dans toute sa splendeur. Enfin, splendeur… façon de parler.

« La vieille Pomfresh dit que tu t'es surmenée, figure-toi », reprit l'homme en l'analysant. « Moi, je crois que ce sont des foutaises. La vérité, c'est que tu rêves de te faire la malle, toi aussi. Peut-être rejoindre ta chère Narcissa », cracha-t-il. « Et tu as eu tellement peur d'être mise à nu tout à l'heure, que tu en as fait une syncope. »

« Désolée de te décevoir », gronda Bellatrix en repoussant les draps sans ménagement. « Ces dernières semaines, j'ai fait preuve d'une loyauté sans faille envers mon Maître. Mais je ne vois pas comment tu pourrais le savoir… puisque tu n'étais pas là. » Elle se mit debout et rajusta ses vêtements, avant de se pencher pour ramasser ses bottines, qu'on lui avait retirées pendant qu'elle était inconsciente.

Dans son dos, elle entendit Rodolphus émettre un petit ricanement de gorge mais l'ignora. Merlin, qu'elle détestait ce rire. Et cette manière qu'il avait de suivre du regard le moindre de ses mouvements. Une fois ses bottines lacées, Bellatrix se releva et se dirigea sans un mot de plus vers la sortie. C'était sans compter Rodolphus, qui la saisit par le poignet et la ramena vers lui, serrant douloureusement son articulation entre ses doigts.

« Tu sais que je sens toujours quand tu me mens, Bella… », murmura Rodolphus tandis qu'elle le fusillait du regard.

« Ah oui ? Alors que dis-tu de ça : mensonge ou vérité ?… », siffla-t-elle furieuse, en dégageant son poignet. « Je préfère que tu repartes en mission. Et si possible très longtemps. Laisse-moi seule avec mon Maître, j'apprécie bien plus sa compagnie que la tienne. »

La main de Rodolphus enserra aussitôt la gorge de Bellatrix et celle-ci sentit sa trachée dangereusement comprimée. Elle savait qu'elle avait touché un point sensible.

« Espèce de salope… », gronda Rodolphus en la projetant de nouveau sur le lit. Bellatrix trébucha et se rattrapa tant bien que mal aux barreaux de fer blanc. Le temps qu'elle se remette d'aplomb, il avait quitté les lieux.

Bellatrix soupira de soulagement. Rodolphus détestait qu'elle lui rappelle que son cœur et son âme étaient plus dévoués à Voldemort qu'à lui. Pour une raison qu'elle ne s'expliquait pas, d'ailleurs, puisque leur mariage était un fiasco total et que les seules caresses qu'ils échangeaient étaient de celles qui ne laissaient que plaies et bosses. Mais le fait est qu'il perdait toujours le contrôle de lui-même lorsqu'elle clamait haut et fort son adoration pour Voldemort. Certes, cela lui valait régulièrement quelques coups de poing bien placés, mais c'était l'un des rares moments où elle le sentait vaincu.

Lorsqu'ils s'étaient mariés, Jedusor n'était encore qu'aux débuts de sa doctrine. Il rassemblait des partisans mais n'avait pas encore prôné le meurtre et la torture. Bellatrix avait découvert ce mode de pensée anti-Sangs-de-Bourbe grâce aux Lestrange, justement, qui assistaient régulièrement aux réunions secrètes présidées par Tom Jedusor. Bellatrix avait d'abord suivi en traînant les pieds. Mais le temps passait et elle devenait une fervente supportrice. Au grand dam de Rodolphus, qui sentait progressivement sa nouvelle épouse échapper totalement à son contrôle, pour profiter de la liberté toute relative qu'offraient les réunions mensuelles, puis hebdomadaires, et parfois quotidiennes, avec celui qui deviendrait bientôt Lord Voldemort. Et plus Rodolphus désapprouvait, plus Bellatrix désobéissait. Les années passèrent et Voldemort fut désintégré par un nourrisson d'à peine un an. Bellatrix avait alors senti tout son monde s'effondrer. Après avoir cherché à retrouver son mentor disparu, elle avait préféré l'incarcération à Azkaban plutôt que de continuer à vivre « libre » avec son mari. Avant de ressortir quatorze ans plus tard, bien décidée à retourner auprès de son Maître ressuscité.

Bellatrix soupira et eut une pensée pour Cissy et Andy. Ses deux sœurs, désormais toutes deux passées dans l'autre camp, lui manquaient à présent plus qu'elle ne l'aurait jamais imaginé. Elle aurait même apprécié de revoir cet imbécile de Lucius, avec sa stupide canne et ses stupides cheveux blonds irréellement parfaits. Et Draco. Mais ce temps-là était révolu. Plus rien ne serait jamais comme avant.
Bellatrix lissa sa longue jupe noire d'un air absent. Dans un recoin de son cerveau, quelques bribes de son rêve résonnaient encore.

« Je me tuerai, si vous m'obligez à épouser ce malade. Je vous jure que je me tuerai. »

Le fait est qu'elle avait essayé. Juste avant la cérémonie, emprisonnée dans sa robe blanche, Bellatrix s'était installée sur un joli fauteuil en cuir près de la fenêtre de sa chambre, sous les rayons du soleil de juillet. Et elle s'était tranché les veines. Le sang avait coulé lentement d'abord, puis de plus en plus vite et elle avait senti une douce torpeur la gagner progressivement. Elle sentait ses paupières se fermer lorsque la porte de la chambre s'était ouverte. On lui parlait mais elle n'écoutait déjà plus, se laissant happer par les ténèbres. Et puis on l'avait giflée et secouée. Une série de sortilèges avait été lancée. Et Bellatrix avait rejoint le monde des Vivants. Les paupières lourdes se rouvrirent et la jeune Bellatrix constata avec stupeur que son sauveur n'était autre que son bourreau.

Rodolphus l'avait réveillée. Il avait guéri ses plaies. Il l'avait remise sur pied. Si bien que la cérémonie eut lieu avec seulement cinq minutes de retard et personne ne sut jamais que la mariée venait de tenter de se supprimer. Pendant tout le temps qu'avait duré la cérémonie, Bellatrix n'avait cessé de se poser des questions. Pourquoi l'avait-il sauvée ? Pourquoi ne l'avait-il pas laissée se vider de son sang ? Il ne semblait pourtant pas y tenir tant que ça, à ce mariage. Alors pourquoi ? Pendant quelques instants, elle s'était surprise à espérer. Espérer que Rodolphus ne soit pas aussi mauvais qu'elle l'avait cru. Qu'il l'aimait peut-être en secret depuis toujours. Qu'il voulait que cela marche entre eux. Peut-être que ce mariage ne serait pas le désastre qu'elle s'était imaginé.

Mais Rodolphus avait balayé tous ses espoirs au moment où les témoins s'étaient approchés pour signer le registre à l'aide d'une longue plume de paon. Il s'était penché vers son oreille et avait murmuré quelques mots.

« C'est MOI qui choisirai quand et comment tu mourras, ma chère femme. Moi et moi seul. »

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Et voilà, c'est fini pour aujourd'hui ! Alors, dites-moi comment avez-vous trouvé ce chapitre ? Est-ce que vous comprenez mieux Bellatrix à présent ? Et que pensez-vous de la relation entre les trois sœurs ? Et enfin, j'espère que vous détestez Rodolphus autant que moi ! J'ai essayé de le faire aussi sombre et ignoble que possible, c'est réussi d'après vous ? J'ai hâte d'avoir votre avis, que ce soit par review, par Facebook ou par pigeon voyageur ! Gros bisous et à lundi prochain.

Xérès

i Semper purus (latin) : Toujours pur.