Bonsoir !
Je sais que j'avais dit que les publications reprendraient leur rythme normal et tout, mais ce que j'avais oublié au moment où j'ai dit ça, c'est que dès le début des vacances on irait voir de la famille, et donc j'aurai pas accès à l'ordinateur pendant plusieurs jours ^^' Enfin bon, maintenant c'est bon, normalement. Je poste ce chapitre, puis je pars répondre à toutes les reviews :)
Concernant le chapitre en question, il est moins long que Silver (je pensais qu'ils étaient équivalents, pourtant, mais non, il fait 4K mots de moins) mais il reste plus long que les autres. C'est aussi le chapitre que je me suis le plus amusée à écrire.
Et d'ailleurs : GROS SPOILERS POUR RESIDENT EVIL 4. Ce thème suit la trame du jeu, donc si vous ne connaissez pas et que vous avez envie de le découvrir plus tard, je vous conseille d'éviter. Sinon, pour ceux qui ne connaissent pas, en gros c'est l'histoire de Léon qui doit aller sauver Ashley, la fille du Président des Etats-Unis, et se retrouve bloqué dans une ville espagnole remplie d'infestés/zombies fanatiques. Salazar, Kauser et Lord Saddler sont des méchants ; Luis est un allié, Ada est une "alliée", et Hunnigan est un agent que Léon arrive à joindre de temps en temps par radio pour faire des rapports. Les gens se font infester par un parasite qui ensuite les contrôlent pour qu'ils obéissent au chef, et il existe évidemment plusieurs types de zombies différents, je nomme ceux dont je parle dans la fic il me semble. Je pense avoir fait le tour. Par contre, je préviens : j'ai pas couvert tous le jeu, seulement les moments importants/qui m'intéressaient (j'ai totalement zappé le combat final par exemple, pour passer à la scène qui suivait directement). J'espère que ça sera pas trop confus pour autant :)
Sur ce, bonne lecture !
« C'est juste une mission basique, ça ne vous prendra pas longtemps, revenez me faire un rapport dès que vous aurez fini et surtout protégez ce monde, bla bla bla, quand on retourne à la Tour je lui ferai avaler sa barbe à ce vieux schnock ! »
« Ça va, c'est pas si terrible. »
« Non, t'as raison, qu'est-ce qu'on s'éclate ! On est paumés dans une vieille forêt toute pourrie, les villageois sont des tarés qui arrêtent pas de nous hurler dessus quand ils sont pas en train d'essayer de nous tuer- »
« En même temps, t'avais qu'à pas taper sur leur poulet. »
« Il traînait dans mes pieds ! Et puis même, c'est pas une raison ! En plus, les villageois sortent leur arme de nulle part, c'est flippant. Je suis sûre que j'avais désarmée la femme avec sa fourche, mais la seconde d'après, elle en avait une nouvelle dans la main ! »
« Hey, tu savais que si tu avalais un œuf de poule, ça te soigne un peu ? » l'interrompit Sora.
« Quoi ? »
« Je te jure, j'ai essayé ! Même cru, ça marche. »
Vanitas lui adressa un regard dégoûté.
« A quel moment tu t'es dit que manger un œuf cru était une bonne idée ? Non, je veux pas savoir. T'as pas intérêt à m'approcher à moins d'un mètre, tu dois avoir une haleine dégueulasse. »
« Regarde, de la menthe ! Ça t'ira, monsieur le râleur, si j'en mâche un peu ou même ça ne suffira pas à satisfaire tes goûts de diva ? »
« J'espère que tu t'étrangleras avec. »
« Hm. Hey, c'est pas de la menthe ! »
« Quelle tristesse. » fut la réponse dégoulinante de sarcasme du brun.
Sora fit la moue mais lui montra l'herbe rouge qu'il avait dans la main.
« Est-ce que je t'explique que la couleur rouge dans la nature signifie le danger ou est-ce que je me tais pour que tu crèves dans d'atroces souffrances et que j'aie la paix ? »
« Méchant. »
« Bravo Sora, tu as officiellement prouvé que tu avais la répartie d'un enfant de 6 ans. Et moi qui croyais que tu n'avais que 4 ans d'âge mental, visiblement je t'avais sous-estimé. »
Le plus jeune roula des yeux mais ne répondit pas, ayant soudainement remarqué quelque chose de brillant un peu plus loin. Curieux, il se dirigea dans sa direction et tendit la main pour attraper le collier suspendu au-dessus d'un puits crasseux.
« Waouh, c'est un joli bijou ! »
« On peut le revendre cher, tu penses ? »
Sora le fusilla du regard, mais l'autre garçon était trop occupé à balayer du regard l'abord de la forêt devant eux pour s'en rendre compte.
« On ne va pas le vendre ! Et s'il appartenait à quelqu'un, hein ? »
« Si quelqu'un est assez débile pour laisser son collier accroché ici alors il mérite qu'on le lui vole. »
« Je vais le garder et on retrouvera son propriétaire. »
« Ça se trouve, son propriétaire, on l'a tué tout à l'heure. »
« Vanitas ! »
« Ben quoi ? Il était peut-être à un des villageois timbrés de tout à l'heure. »
« Pff. Bon, on continue ? »
« Ouais, cassons-nous d'ici. »
Sans un mot de plus, ils continuèrent leur chemin vers le centre du village, sur leurs gardes. Ils étaient arrivés ici sur ordre de Yen Sid, mais même lui n'avait la moindre idée de ce qu'il se passait, si ce n'est que le monde était en danger de tomber dans les Ténèbres, à nouveau (d'après le vieux sorcier, c'était déjà arrivé 6 ans auparavant, mais la situation s'était réglée d'elle-même sans aide extérieure). Aussi, c'était dans le noir le plus total qu'ils avançaient, et pour l'instant, la seule chose qu'ils avaient compris, c'est que quelque chose poussait les villageois de cet endroit à les attaquer sans la moindre hésitation et ils étaient résistants, plus que des êtres humains normaux.
« On dirait bien que nous avons des invités inattendus. »
Les deux garçons sursautèrent et se tournèrent d'un bond vers la personne qui venait de parler. C'est un homme qui portait une tenue militaire et une énorme cicatrice au visage. Celui-ci se déforma pour former un rictus méprisant.
« Deux simples adolescents, rien que les Plagas ne pourront défaire et coloniser. Je ne sais pas comment vous êtes arrivés ici, mais ce n'est pas important. Vous allez vite mourir, après tout. »
« Quoi ? »
L'homme ricana.
« Soyez honorés ; vous allez devenir des pions dans le grand plan d'Umbrella ! »
« C'est quoi ça, Umbrella ? » demanda Sora, perplexe.
Des bruits de tir résonnèrent soudainement, et ils se tournèrent instinctivement dans la direction du bruit, Keyblades en main. Un coup d'œil de Vanitas en direction du toit où se tenait autrefois l'inconnu lui révéla que ce dernier était parti.
« C'était qui, ce taré ? »
« Aucune idée, mais on devrait y aller, quelqu'un a peut-être besoin de notre aide ! »
« Ou on pourrait le laisser se faire bouffer par les villageois et s'en servir comme distraction pour dégager d'ici. »
Sora ne prit même pas la peine de répondre, partant en courant vers le centre du village. Mais avant d'avoir pu voir qui tirait, une avalanche de villageois lui tomba dessus. Il sentit plus qu'il ne vit Vanitas se placer dans son dos, et sourit. Il lui avait fallu quelques essais, mais désormais, ils arrivaient à se battre en équipe comme s'ils avaient fait ça toute leur vie. C'était naturel de passer sa Keyblade au brun le temps qu'il abatte plusieurs ennemis pendant que lui les repoussait d'un coup de pied, et c'était sans réfléchir que le plus âgé lançait un Brasier devant son partenaire pour lui laisser le temps de respirer après qu'il se soit pris un méchant coup. Aussi ne leur fallut-il pas longtemps pour que le nombre d'ennemis diminue peu à peu, aidé par la troisième personne qu'ils n'avaient toujours pas aperçue, jusqu'à se tarir.
Ils purent alors identifier le tireur, un homme aux cheveux châtain clair, tirant vers le blond, vêtu d'une épaisse veste en cuir marron. Il les fixait d'un regard curieux, et fit un pas hésitant en leur direction. Vanitas se tendit à ses côtés, ce qui valut à l'homme de devenir méfiant à son tour. Sora décida de prendre les choses en main pour éviter un nouveau bain de sang, et il fit disparaître son arme avant de s'approcher de l'homme avec un sourire amical.
« Bonjour ! Je suis Sora, et voici Vanitas. »
« Léon. »
« Ravi de te rencontrer ! »
« Comment est-ce que vous êtes arrivés ici ? Vu vos habits, je suppose que vous n'êtes pas de la région. »
« Héhé, non, pas vraiment », répondit-il en se frottant l'arrière de la tête. « On s'est, hm, perdus ? »
Léon haussa un sourcil.
« C'était probablement le mensonge le moins convaincant que j'ai jamais entendu. »
« Désolé ? »
« Sérieusement, Sora, tu es juste déprimant. » fit remarquer son partenaire.
L'adolescent croisa les bras et entreprit de bouder. Le blond ne put retenir un sourire en coin amusé.
« Peu importe. Vous n'auriez pas croisé cette fille, par hasard ? » Demanda-t-il en sortant une photo d'Ashley.
« Non, désolé. Il lui est arrivé quelque chose ? »
« Aucune idée. Elle a été kidnappée il y a quelques jours, et j'ai été envoyé ici pour la retrouver, mais... »
Il jeta un regard aux tâches de sang au sol, la seule chose restant pouvant témoigner de ce qui venait de se passer après que les cadavres aient disparu.
« Ouais. C'était quoi ça, justement ? C'est quoi leur problème, à ces gens ? » demanda Vanitas, et le blond haussa les épaules.
« Aucune idée. Ils me rappellent un peu les zombies que j'ai vus à Racoon City, mais Umbrella a été démantelée. »
« Encore Umbrella ? Un homme nous en a déjà parlé, tout à l'heure. C'est quoi ce truc ? »
« C'est une société très puissante qui existait il y a encore quelques années. Ils ont créé le virus T, qui transformait les gens en zombies, et l'ont testé sur la ville de Racoon City. Le gouvernement a été obligé de bombarder la zone pour ne pas que ça se propage. Il y a eu très peu de survivants. »
« C'est horrible ! Et ces gens-là seraient derrière tout ça, alors. »
« Non, Umbrella n'existe plus. »
« C'est pas ce que nous a dit l'autre taré de tout à l'heure. Il a radoté qu'on allait tous mourir et qu'Umbrella nous manipulait dans l'ombre, le blabla habituel de grand méchant quoi. »
Léon ouvrit la bouche pour répondre, mais avant d'en avoir l'occasion, une nouvelle vague de villageois se dirigea vers eux. Chacun sortit son arme, mais au même moment, la cloche de l'église sonna. Aussitôt, tous se dirigèrent dans cette direction, laissant trois héros perplexes derrière eux.
« Où ils vont tous ? Y'a une fête ? » s'étonna l'ex-policier.
« C'est bizarre », confirma Sora. « Peut-être que c'est par là qu'on aura nos réponses ? »
L'homme leur jeta un regard partagé.
« Je suis désolé, mais je dois retrouver Ashley. »
« Oh oui, c'est vrai ! Tu as besoin d'aide ? »
« Quoi ? Non ! Pourquoi on devrait partir avec lui ? On s'en fiche de la fille, nous on veut juste des infos ! » s'offusqua Vanitas.
« On ne peut pas la laisser tomber ! »
« Et pourquoi pas ? On la connaît pas, on s'en fiche. Et puis on la laisse pas tomber, il va aller la chercher. »
« N'empêche qu'on aura plus de chances de survivre ensemble que si on se sépare. » Sora attrapa le poignet de son partenaire et le serra gentiment, caressant l'intérieur avec son pouce. « Et puis, si elle est retenue au QG de ces gens, c'est probablement là-bas qu'on trouvera ce qu'on veut. »
Vanitas baissa le regard vers la main du plus jeune, hésitant. Il avait probablement raison, mais sauver quelqu'un allait à l'encontre même de ses valeurs. Ce fut Léon qui donna l'argument final pour le convaincre.
« Vous ne pouvez pas venir. C'est dangereux, et vous n'êtes que des adolescents. Je ne peux pas vous protéger tous les deux en plus d'Ashley. »
Le brun plissa les yeux et le fusilla du regard.
« Nous protéger ? Et puis quoi encore ! Tu nous prends pour qui, des demoiselles en détresse ? Quel culot. T'inquiète pas, j'accepterai tes excuses quand on t'aura sauvé la vie pour la 34e fois. »
Et sur ce, il partit d'un pas décidé en direction de l'église, fracassant un corbeau d'un coup de Keyblade au passage. Léon resta sur place, ébahi par la réaction vive de l'adolescent, et Sora rit. Vanitas avait tendance à laisser les gens dans cet état.
« Il est très fier. »
« Je vois ça. » soupira le blond.
« Vous venez, bande de limaces ? »
•
« Pourquoi est-ce qu'on doit à tout prix sauver tous les péquenauds enfermés dans le coin ? »
« Parce que notre but, c'est d'aider les gens. » répondit calmement Sora.
« Et parce qu'étant leur ennemi, il pourrait avoir des infos importantes. » le suivit Léon, pragmatique avant tout.
« Si il sert à rien, je peux le tuer ? »
« Vanitas ! On ne tue p- »
« Si ça peut te faire plaisir. »
« Léon ! »
« On ne sait jamais, ce n'est pas parce qu'il est leur ennemi qu'il est notre ami. Et au moins, on lui éviterait une mort douloureuse aux mains des habitants. » fit remarquer le concerné, pas le moins du monde coupable.
Sora soupira. Vanitas et Léon passaient plus de temps à se disputer qu'autre chose, et évidemment, la seule fois où ils étaient d'accord sur quelque chose, c'était pour tuer un homme possiblement innocent. Il ne savait plus quoi faire d'eux. Il comprenait mieux ce que ressentait Kairi quand elle devait les gérer, Riku et lui, après qu'ils se soient mis une idée stupide en tête, et se promit que désormais, il traiterait la jeune fille avec toute la considération qu'elle méritait.
« C'est cette maison. »
« Merci, Captain Obvious, on l'aurait jamais deviné sans toi. »
Le blond jeta un regard noir à l'adolescent brun, et Sora entra dans la maison sans plus tarder, espérant briser la dispute avant même qu'elle ne commence.
« T'es crétin, ou quoi ? Si c'était un piège, tu serais tombé dedans tête la première ! »
Au moins, j'aurai plus eu à vous entendre vous chamailler comme des gamins de trois ans, songea-t-il, mais il se contenta d'adresser un grand sourire à Vanitas.
« Aww, je savais bien que tu m'aimais ! C'est mignon. »
« La prochaine fois qu'on est en danger, je te laisse crever. »
Léon ricana, et entra dans la maisonnette à son tour. Ils posèrent tous trois un regard incertain sur l'armoire au fond de la pièce.
« J'la sens pas, votre connerie. Vous êtes sûrs qu'on peut pas le laisser pourri ici ? »
« Non », répétèrent une énième fois les deux autres.
« Si y'a une bestiole bizarre qui nous saute dessus quand on ouvrira la porte, je me réserve le droit de vous dire que je vous aurai prévenu. Et vous me devrez du fric. »
« T'inquiète pas, on ne craint rien. Tu as bien dit qu'en cas de problème, tu nous sauverais la vie, pas vrai ? » Répondit le blond, goguenard.
« Faut pas rêver, je vais pas me sacrifier pour toi. »
« Bon, on s'y met ? Plus on traîne ici, plus les chances de survie d'Ashley diminuent. » soupira à nouveau Sora.
Sans un mot de plus, Sora et Léon se mirent de chaque côté de l'armoire, prêts à en ouvrir les portes, tandis que Vanitas se postait devant, Keyblade en position de défense. Après s'être donné un signal, ils l'ouvrirent brusquement, et un homme tomba lourdement aux pieds de l'adolescent ténébreux, qui le fixa d'un air ébahi.
« Merde alors. Je pensais vraiment que ça serait un monstre dedans. »
L'homme se tortillait d'un air paniqué au sol, et Léon s'accroupit au sol pour retirer le scotch collé sur sa bouche d'un geste brusque.
« Aïe ! Ça manque un peu de finesse, non ? »
Sans lui répondre, le blond le retourna, et Sora entreprit de l'aider à dénouer ses liens.
« Vous êtes pas comme les autres ? » demanda l'inconnu, inquiet.
« Nope. Et toi ? Ça se trouve, le piège, c'est qu'il est infecté mais que ça s'est pas encore manifesté. Et comme vous êtes des idiots sentimentaux, vous allez vouloir l'emmener avec nous, et dans quelques heures, il va se retourner contre nous et nous bouffer vivant, et ça sera de votre faute. »
L'agent secret lui jeta un regard désabusé à Vanitas.
« T'es vraiment tordu, tu le sais, ça. »
L'inconnu, quand à lui, commença à rire.
« Pas bête, gamin. Ça aurait été une bonne idée. »
Ledit gamin le fusilla du regard et lui donna un bon coup de pied dans les côtes, le faisant se plier de douleur.
« Traite moi de gamin encore une fois et c'est pas dans les côtes que je taperai. »
« Vanitas, laisse-le tranquille, on ne sait toujours pas pourquoi il était là-dedans et on aimerait bien le savoir. » tenta de le calmer l'adolescent aux cheveux châtains.
Pendant ce temps, l'homme brun s'était assis et s'était tourné vers Léon.
« J'ai une seule question importante. T'as une clope ? »
« J'ai des chewing-gums. »
Au même moment, la porte s'ouvrit, révélant de nouveaux villageois. Puis le sol se mit à grincer sous des pas lourds, et les quatre hommes se tendirent, aux abois.
« Super. Le big boss. »
« Quoi ? » s'inquiétèrent Sora et Léon.
Les deux espagnols s'écartèrent pour laisser place à leur patron. C'était un homme gigantesque, vêtu d'un long manteau de cuir et de bottes imposantes, à la longue barbe et au visage sale et plein de cicatrices. Après quelques instants de pause, Léon se précipita vers lui en courant, et tenta de lui donner un coup de pied. Mais l'homme n'eut aucun problème à l'arrêter en chemin, et, saisissant sa cheville, l'envoya voler sur une table en bois pourri qui céda sous son poids. Le blond ne se releva pas.
« Quel crétin. » fit remarquer Vanitas.
« Je suis d'accord sur ce coup-là », dit le prisonnier.
« Même moi, j'aurais pas essayé de faire un truc pareil. » rajouta Sora.
Le chef se dirigea vers eux, avec son pas lourd, et les deux adolescents se mirent en position de combat, tandis que l'inconnu se plaçait derrière eux.
« Hey, j'ai pas d'arme moi ! » se défendit-il en voyant le regard de Vanitas.
Leur ennemi profita de la distraction de l'adolescent brun pour lui enlever sa Keyblade avec une force surhumaine, puis l'attrapa par le cou et l'envoya valser contre le mur. Il essaya de se relever, sonné, mais un des laquais le rejoignit et l'assomma d'un coup. Sora perdit toute envie de rire, et fixa l'homme d'un regard noir. Chaîne Royale en main, il lui envoya un Glacier, et se précipita sur lui, profitant de l'ouverture que le sort lui donnait. Mais le boss se remit de la magie plus rapidement qu'il ne l'avait prévu, et d'un coup sur la nuque, parvint à le maîtriser et à le faire chuter, inconscient.
•
« Franchement, plus on avance dans ce village, plus c'est moche et cliché. C'est quoi la prochaine étape, un château abandonné ? »
Léon ne répondit pas (il avait fini par réaliser que répondre encourageait Vanitas à râler d'autant plus), et posa plutôt un regard inquiet sur l'autre adolescent, qui se frottait silencieusement la poitrine d'un air soucieux. De ce qu'il avait compris, aucun des deux Porteurs de la Keyblade n'était connu pour être discret, et si le brun lâchait réplique sarcastique sur réplique sarcastique, le garçon aux cheveux châtains était un joyeux moulin à paroles qui tentait de toujours voir le bon côté des choses. Même pour le blond, qui ne le connaissait que depuis quelques heures, le voir dans cet état était inquiétant.
« Tout va bien, Sora ? »
Aussitôt, toute l'attention se porta sur le concerné, qui en sembla surpris. Vanitas regardait son partenaire d'un air sérieux, ses yeux cachant mal son inquiétude. L'ex-policier s'en étonna. Il savait bien qu'il n'était pas sans cœur, mais faire preuve d'autant de sentiments positifs envers une personne ne semblait pas être dans sa nature, même pour un ami. Enfin, ce n'est pas mes affaires, songea-t-il.
« Vous inquiétez pas, je vais bien ! C'est pour Ashley qu'il faut se faire du souci ! » Répondit Sora, un grand sourire aux lèvres.
Mais il ne parvint pas totalement à convaincre les deux autres, l'un parce qu'il le connaissait trop bien, et l'autre parce qu'il était un agent entraîné à détecter les mensonges. Ils n'insistèrent toutefois pas, car ils savaient très bien ce qui n'allait pas. Ils pouvaient sentir, eux aussi, ces douleurs dans leur poitrine, au point que le blond était tombé dans les pommes, et ils en étaient tout autant effrayés. Soudainement, les portes de la clairière dans laquelle ils venaient de pénétrer se refermèrent brusquement, et comme sortis de nulle part, une troupe d'hommes envahit l'arène.
« On a de la compagnie. » s'alerta Léon.
« Génial, encore les timbrés. Pour un village aussi petit et délabré, y'a quand même vachement d'habitants. »
« Peut-être qu'il y a une autre partie du village plus loin ? » proposa Sora.
« Ça serait pas pratique, pour les échanges commerciaux, et même en cas de problème. S'il y a un incendie, le temps d'aller chercher de l'aide, tout aurait brûlé. » contra l'agent secret.
Leurs ennemis, guère préoccupés par leurs hypothèses, commencèrent à ouvrir une lourde double porte. D'autres personnes en sortirent, et tous tiraient sur d'épaisses cordes. A en croire les grognements, la chose qui se trouvait à l'autre bout des cordes n'était pas amicale, ce que fit remarquer Vanitas. Au bout de quelques secondes, une immense créature déboula en courant du tunnel, fracassant les portes d'un coup de poing puissant, et entreprit de décimer chacun des espagnols qui l'avaient traîné ici.
« Il fait tout notre boulot à notre place, si c'est pas génial. »
« T'es au courant que c'est nous qu'il va essayer de tuer, après ? » lança sèchement Léon.
« Peut-être, mais au moins on aura pas besoin de s'occuper d'eux. »
« Attention ! »
L'ogre s'était tourné vers eux avec la claire intention de continuer son massacre. Et effectivement, un instant après, ils eurent à éviter le poing lancé dans leur direction. Ils se séparèrent et s'éparpillèrent chacun dans un coin de la clairière, espérant diviser l'attention de la créature. Mais celle-ci avait jeté sa préférence sur le blond, qui se retrouvait à devoir esquiver chacune de ses charges tant bien que mal. Sora, n'écoutant que son courage, attrapa une pierre et la lança sur la tête d'El Gigante.
« Hey, gros balourd ! »
Ce dernier ne sembla pas apprécier, et se tourna vers l'adolescent aux cheveux châtains, prêt à se venger.
« Putain Sora mais t'es con ou quoi ? »
« Fallait bien que je trouve un truc, à ce rythme-là on se serait retrouvés avec une crêpe de Léon ! »
Le Porteur de la Keyblade évita de justesse le coup qui lui était destiné, pendant que l'ex-policier tirait balle sur balle sur le monstre.
« Je sais me débrouiller, merci ! » s'offusqua le blond.
« De rien, ça m'a fait plaisir de te sauver la vie ! »
« Bordel mais fermez la ! Occupez-le un moment, vous voulez ? »
« Et tu crois qu'on fait quoi, depuis dix minutes ? » s'écrièrent les deux autres.
« Ouais, ouais. »
Vanitas fronça les sourcils, et se concentra sur toutes les émotions négatives que cette situation avait suscitées. Yen Sid lui avait appris à contrôler ses Nescients, mais cela avait eu comme conséquences qu'il lui fallait plus de temps pour en invoquer. Son dégoût et sa colère envers les villageois, son irritation envers Léon, sa haine pour le chef du village, il rassembla tout pour en faire une arme. Il claqua de la langue, agacé. Ce n'était pas suffisant, pas s'il voulait quelque chose de suffisamment puissant pour égaler de la créature.
Puis Sora alla s'écraser contre un mur avec un gémissement de douleur suite au coup de poing du troll, et Vanitas vit rouge.
« C'est quoi ce truc ? » s'écria Léon.
Un immense Tréant fou, plus grand que n'importe lequel de ceux qu'il avait jamais invoqué, vint se tenir entre l'adolescent aux cheveux châtains et son agresseur.
« Ça s'appelle un Nescient », haleta tant bien que mal le plus jeune, « Vanitas peut les invoquer pour combattre. »
« Vous voulez pas des petits biscuits et une tasse de thé, aussi ? Je vous rappelle qu'on est en train de se battre, là ! »
L'arbre maléfique n'avait pas perdu de temps, et lançait sort sur sort, attaquant avec ses branches, harcelant leur ennemi jusqu'à ce qu'il commence à reculer. Profitant du moment de répit, les trois hommes reprirent leur souffle, puis reprirent leur assaut Léon avec son pistolet, et les deux garçons à renfort de magie pour éviter de s'approcher. Après quelques minutes, le monstre se courba, et une créature tentaculaire sortit de son dos. Une même mine dégoûtée se peignit sur leurs visages en la voyant. Cela ressemblait à un asticot qui se serait accouplé à une araignée. Pendant que Léon et le Tréant s'acharnaient sur El Gigante, Sora et Vanitas utilisèrent leur Keyblade pour s'en prendre à l'horreur sur son dos. Il ne leur fallut que quelques coups bien placés pour en venir à bout. Après ça, le troll vacilla, puis s'écroula, mort. Le blond parvint de justesse à éviter de se faire écraser.
« Je vous l'avait dit », fit remarquer Sora, à bout de souffle, « ce monstre voulait vraiment faire une crêpe de Léon. »
Ce dernier lui adressa un regard noir mais ne releva pas. A la place, il se concentra sur l'arbre géant qui attendait patiemment à côté de Vanitas.
« Bon, je pense avoir compris le principe des grosses clés et de la magie, mais c'est quoi ce truc ? »
L'adolescent brun lui jeta un regard offusqué et fit un pas devant la créature, comme pour la protéger des paroles acides de l'agent secret.
« Ce 'truc' comme tu dis, c'est un Tréant fou ! C'est un de mes meilleurs Nescients, je te ferai remarquer ! »
Sora sourit, amusé par l'indignation de son partenaire.
« Les Nescients sont des créatures que Vanitas peut invoquer grâce à ses émotions. Plus il ressent une émotion négative forte, plus le Nescient invoqué sera puissant. »
« Ça ne doit pas être compliqué, pour lui », commenta Léon d'un ton monotone.
Sérieusement, tout ce qu'il avait voulu, lui, c'était devenir policier dans une petite ville perdue d'Amérique. Mais non, il avait fallu qu'Umbrella décide d'utiliser cette même petite ville perdue pour créer des zombies, et maintenant, il se retrouvait à chercher une gamine dans un village contrôlé par des espagnols agressifs, et ce en compagnie de deux adolescents capables de faire de la magie et qui se battaient avec des clés. Oh, et l'un d'entre eux pouvait invoquer des monstres grâce à ses émotions. Gé-nial.
Léon ne savait pas ce qu'il avait fait dans une vie antérieure pour mériter ça, mais il s'en excusait profusément.
« Bon, on avance ? »
« Ouais. » soupira le blond.
Autant accepter ce qu'il se passait et continuer. Il pourrait toujours blâmer un méchant coup sur la tête et un peu trop d'imagination pour se justifier tout ça dans quelques jours.
•
« Attendez, j'entends quelqu'un, derrière cette porte. »
Vanitas et Léon se stoppèrent net et regardèrent la porte que Sora désignait.
« T'es sûr que c'est pas encore un piège ? »
« Comment ça, encore un piège ? Pour l'instant, on a eu aucun piège, c'était que dans ta tête. » contra l'agent secret.
« Ah ouais ? Et le troll ? Et le mec dans l'armoire ? »
« Luis n'était pas un piège. D'ailleurs, j'attends toujours mon argent. »
« C'était tellement pas un piège qu'on l'avait à peine libéré que leur chef nous sautait dessus et nous injectait des trucs bizarres. Et tu peux toujours rêver. »
« Les gars. »
Sans attendre de réponse, Sora ouvrit la porte, et Léon pénétra rapidement à l'intérieur, pistolet à la main.
« Ashley ? »
« N'approchez pas ! » s'écria une voix féminine, et l'adolescent aux cheveux châtains s'avança un peu, curieux.
L'adolescente blonde tenta de se défendre, envoyant un bâton en direction de Léon que ce dernier évita d'un geste fluide. Mais pas Vanitas.
« PUTAIN C'EST QUI LA CONNASSE QUI VIENT DE M'ENVOYER CA EN PLEINE GUEULE ! »
« Calme-toi, elle a pas fait exprès. »
« JE M'EN FOUS, JE VAIS LA BUTER ! »
Pendant ce temps, Ashley s'était calmée, et les fixait d'un air mi-effrayé mi-curieux. Elle avait remarqué que les gens de cet endroit étaient incapables de construire un dialogue, même s'ils comprenaient les ordres, et qu'ils ne pouvaient pas ressentir d'émotions. Or, ici, elle pouvait voir que l'homme blond était exaspéré, et qu'un des adolescents tentait de calmer l'autre qui était absolument furieux. Elle pouvait comprendre, se prendre un bâton n'était jamais agréable, mais quand même, c'était un peu exagéré comme réaction, surtout qu'elle ne l'avait pas lancé si fort que ça. Tenant à la vie, elle garda ses pensées pour elle et se reconcentra sur l'homme.
« Calme-toi. Tout va bien se passer. Je m'appelle Léon. Je suis sous les ordres du président et ma mission est de te sauver. »
Elle se redressa en souriant, soulagée. Elle allait enfin pouvoir sortir de cet endroit !
« Quoi... Mon père ? »
Léon acquiesça.
« Oui, il faut que je te sorte d'ici. Viens avec moi. »
« Quoi, parce qu'elle vient avec nous, en plus ? » s'énerva l'adolescent brun.
« Tu sais que c'est pour elle qu'on est venu jusqu'ici, pas vrai ? » articula lentement son sauveur, comme s'il parlait à un idiot.
Avant que ça ne puisse tourner à la dispute, l'autre adolescent attrapa la main du garçon agressif et lui sourit. Cela sembla suffire pour le calmer un peu. Il se tourna ensuite vers elle, un air amical au visage, et elle se sentit sourire à son tour. Sa bonne humeur était comme contagieuse, et elle songea qu'être ami avec lui devait être à la fois extraordinaire et épuisant.
« Salut ! Moi c'est Sora, et lui, c'est Vanitas. Désolé, il râle beaucoup, mais ça ira mieux quand il aura tué deux ou trois monstres. On a suivi Léon pour venir te sauver. Je suis content que tu ailles bien ! »
De son côté, Léon annonçait la nouvelle à Hunnigan. La blonde ne s'en préoccupa pas, et sourit simplement à Sora.
« Ravie de te rencontrer ! » Puis elle se tourna vers Vanitas. « Désolée, pour le bâton. Je pensais que vous étiez comme les autres. »
L'adolescent lui adressa un regard noir et ne lui répondit pas. L'agent secret revint à leurs côtés au même moment.
« Un hélicoptère nous attend au point d'extraction, un peu plus loin. »
« On va vous accompagner. » annonça joyeusement le plus jeune.
« Quoi ? Pourquoi ? On l'a déjà aidé à trouver la fille, et maintenant, on doit aussi les aider à s'enfuir ? On est juste venu pour savoir ce qui se passait ici ! Maintenant qu'on a nos infos, on peut repartir, le vieux schnock réfléchira à un plan et quelqu'un d'autre viendra s'en occuper dans quelques jours. On a fini notre boulot ! »
Contrairement à la croyance populaire, l'entêtement de Sora avait effectivement ses limites.
« Je pourrais continuer à t'expliquer pourquoi je ne compte pas partir, mais tu n'écouteras pas plus que les fois précédentes. » Il soupira. « Fais ce que tu veux, moi je pars avec eux pour les aider. »
Sur ce, il sortit hors de la pièce et se mit sur le côté pour les attendre, Léon et elle. L'homme le rejoignit rapidement, et alors qu'Ashley allait les suivre, elle s'arrêta pour jeter un regard lourd de sens à l'adolescent boudeur.
« Tu vas pas le laisser tomber, quand même ? »
Il la fixa d'un regard noir, mais elle refusa d'être intimidée et sortit à son tour. Ils n'avaient pas fait cinq mètres qu'un quatrième bruit de pas se mêlait aux leurs, et elle ne retint pas un sourire en coin amusé.
« Vos gueules. »
« On a rien dit. »
•
« Vous savez, quand je disais que notre prochaine étape serait un vieux château, je plaisantais. »
« Tu nous portes la poisse, que veux-tu. Allons-y. »
« Hey ! Comment ça, je porte la poisse ? C'est pas moi qui ai trébuché sur mes propres pieds en plein combat ! »
« On m'a poussé ! » s'offusqua Ashley, rouge comme une pivoine. « Et tu peux parler, tu étais tellement mort de rire en me regardant que Sora s'est fait blesser en te protégeant. »
« Il a déjà vécu pire. »
« C'est pas une raison ! »
« Waouh, les peintures sont vraiment flippantes ! » fit remarquer Sora à Léon, laissant les deux autres à leur dispute.
Le blond acquiesça.
« Hé, regardez ! Une épée, une vraie ! »
« Sora, on a déjà des épées tous les deux. »
« Quoi, ce sont des épées, vos grosses clés ? » s'étonna l'adolescente.
« T'es vraiment blonde, tu le sais ça ? »
« On pourrait la donner à Ashley, pour qu'elle puisse se défendre. » proposa l'adolescent aux cheveux châtains.
« Vaut mieux pas, elle serait capable de s'embrocher elle-même en trébuchant. »
« On m'a poussé ! Et je ne sais pas m'en servir, de toute façon. Désolée. »
« J'ai remarqué que les mondes où on se servait d'une épée étaient assez rares, c'est vrai. » nota distraitement Sora, désormais à la recherche de grenades et autres plantes dans les placards.
« C'est vrai alors, vous voyagez vraiment entre les mondes ? Tu peux me raconter ? » s'émerveilla la petite blonde.
« Ouais ! Alors, il y a vraiment beaucoup de mondes, j'en ai vu que très peu. Par exemple... »
Léon mit le discours de Sora en sourdine, se concentrant plutôt sur les ennemis qu'ils croisaient. Il ignora la remarque de Vanitas sur les sectes dans les vieux châteaux et les clichés de films d'horreur, et abattit un énième fanatique. Après un moment passé à tenter de se frayer un chemin dans le château, ils trouvèrent enfin la sortie, soulagés. Le château, en plus d'avoir une décoration de très mauvais goût, sentait la poussière, le renfermé, et le sang. Jamais l'air pur ne leur avait paru aussi merveilleux.
« Léon ! »
« Luis », répondit le concerné, soulagé de le voir en vie.
« J'ai quelque chose pour vous quatre. »
« Quoi, t'as un hélicoptère dans ta poche ? Car c'est vraiment la seule chose dont on aurait besoin pour se barrer d'ici. »
Luis ignora les paroles de Vanitas et se tâta les poches, prenant un air paniqué puis énervé.
« Merde ! J'ai dû le perdre quand j'essayais de leur échapper. »
« Qu'est-ce que t'as perdu ? » s'enquit Ashley.
« Un médicament pour stopper les convulsions. »
Leurs visages prirent une même expression soucieuse (excepté pour Vanitas, qui le fusilla du regard), mais Luis continua sans leur laisser le temps de parler.
« Je sais que vous êtes porteurs. Vous avez craché du sang, non ? »
Ils échangèrent des regards inquiets. Tous avaient craché du sang à un moment ou à un autre pendant leur exploration.
« Oui... » répondirent Léon et Sora, pendant que Vanitas se renfrognait.
« Et toi ? » demanda l'homme brun en se tournant vers l'adolescente.
« Oui... » Répondit-elle.
« Nom d'un chien ! » s'exclama-t-il furieusement. « Les œufs ont éclos. Il ne nous reste plus beaucoup de temps. »
« De quoi tu parles ? »
« Je dois repartir et le récupérer. »
« Je peux venir avec toi ? » demanda Ashley en se dirigeant vers lui.
« Reste avec Léon. Je suis sûr qu'il sait mieux s'y prendre avec les demoiselles. Même si je comprends que tu veuilles t'éloigner de Sale Caractère. »
« C'est de moi que tu parles, là ? »
Mais Luis s'éloignait déjà sans répondre.
« Pourquoi est-ce que... »
« Je me sens mieux comme ça. Restons-en là. »
Ils le regardèrent partir en silence, une nouvelle angoisse pesant sur leurs épaules. Alors comme ça, ils étaient infectés eux aussi ? Sora leva la main vers son cou et le frotta, inquiet. C'était donc ça, leurs douleurs à la poitrine ?
« Sinon, on est d'accord pour dire que c'était l'intervention inutile du jour, pas vrai ? »
« Vanitas », fut le soupir collectif de la troupe, désabusée.
•
« Mais quelle conne, sérieusement. »
« Elle avait juste peur. » tenta de la défendre Sora.
« Elle a foncé tête la première dans un piège alors que l'autre mocheté nous a dit y'a dix minutes qu'il la voulait. C'est pas de la peur, c'est de la connerie pure et dure. »
Léon aurait aimé pouvoir être d'accord avec Vanitas (parce que soyons honnêtes, il n'attendait pas de la jeune fille qu'elle sache se défendre ni qu'elle puisse l'aider, mais de là à faire quelque chose aussi stupide, il n'en revenait pas) mais son professionnalisme le poussait à garder son opinion pour lui-même, aussi garda-t-il la bouche fermée.
« L'autre mocheté ? » demanda-t-il distraitement, concentré sur leurs alentours pour repérer les énormes insectes.
« Ouais, le vieux, tu sais, le serpent. »
« Il a dit qu'il s'appelait Salazar. C'est un drôle de nom, même si ça ressemble plus à lézard qu'à serpent. » fit remarquer le plus jeune.
« Ouais, ouais, lézard, serpent, c'est pareil. J'imagine qu'il faut qu'on retrouve l'autre grognasse, pendant qu'on y est ? »
« C'est pour ça que j'ai été engagé. »
« Et on doit trouver un antidote aussi, pour l'infection. »
« Gé-nial. Kairi et Lea vont se foutre de notre gueule quand ils vont savoir qu'on est pas capables de faire une simple mission de renseignement sans que ça tourne au cauchemar. »
Sora sourit et se gratta la joue, amusé.
« Donald va se fâcher, encore. »
« Ce canard a beaucoup trop tendance à se prendre pour ta mère. »
« Ne lui dis pas ça ou tu risques de te goûter à un de ses sorts Foudre. » rétorqua l'autre adolescent.
« Attendez. » Léon s'arrêta brusquement et se tourna vers eux. « Vous êtes amis avec un canard ? Un canard qui parle et qui sait faire de la magie ? »
Sora hocha la tête avec un grand sourire, et Vanitas fronça les sourcils.
« Il est ami avec un canard. Pas moi. »
« Comment... » Le blond secoua la tête et soupira. « Non, vous savez quoi, oubliez, je veux pas savoir. Allons retrouver Ashley. »
•
« Vingt ans. »
« On a compris », soupirèrent les deux autres d'un air exaspéré.
« Il ne peut pas avoir vingt ans ! Vous avez vu comment il est moche et vieux ? »
« Oui, Vanitas », furent les deux réponses identiques.
« Vous croyez qu'on va devenir comme ça aussi quand les parasites auront pris le dessus ? » s'horrifia le brun.
Il n'y avait vraiment que lui pour être plus troublé par un possible changement d'apparence que par l'éventualité de devenir un infecté.
« Ça n'arrivera pas. On va s'en sortir. » affirma Léon.
« Ouais ! On retrouve Ashley, on botte les fesses de Salazar et Lord Saddler, on se soigne, on sauve Luis aussi, et on pourra rentrer ! On aura bien mérité une glace à l'eau de mer, après ça. »
L'ex-policier se demanda brièvement quel genre de vie avaient les deux adolescents pour considérer qu'un cornet de glace était une bonne récompense pour avoir survécu à un cauchemar pareil, mais il préféra abandonner cette pensée. Il y avait des choses qu'il valait mieux ne pas savoir.
« Pour ça, faudrait déjà qu'on arrive à trouver notre chemin dans ce putain de labyrinthe ! Sérieusement, est-ce que tu sais seulement où tu nous emmènes ? » lui demanda agressivement Vanitas.
« Non. Je prends juste les chemins qui m'inspirent le plus confiance depuis tout à l'heure. »
Il y eut quelques instants de flottement, et l'agent secret remarqua, après quelques mètres, que les deux autres s'étaient arrêtés. Il se tourna vers eux, intrigué, et tomba sur leurs visages ébahis. Celui du brun se fit rapidement menaçant.
« Tu te fous de notre gueule. »
« Non. Tu crois quoi, que Salazar a été assez sympa pour me donner une carte des lieux ? C'est un labyrinthe, et j'ai pas le sens de l'orientation. Avec un peu de chance, à force de nous balader, on finira bien par trouver la sortie. »
« Putain, je sais pas si j'ai plus envie de rire ou de l'étrangler. »
Sora soupira et se prit le visage entre les mains. Après quelques secondes, il releva la tête, mais son sourire était clairement forcé.
« Oublions ça. Les labyrinthes obéissent tous à la même logique, au final, et Roxas et moi avons passé assez de temps à nous perdre dans celui de la Reine pour que je sache à peu près comment ça marche. Je vais essayer de nous guider. »
Sans un mot de plus, l'adolescent aux cheveux châtains prit la tête de la troupe, rapidement suivi par un Vanitas fumant. Le blond haussa les épaules et leur emboîta le pas.
« T'es vraiment trop con, tu le sais ça. Je comprends mieux pourquoi c'est toi qu'ils ont assigné à l'autre blondasse, vous faites une fine équipe. »
Un cri paniqué empêcha Léon de lui répondre, et les deux coururent pour rattraper Sora qui les avait distancés. Quand ils arrivèrent, ce dernier était allongé au sol, et essayait tant bien que mal de se défaire de la mâchoire d'un énorme loup qui tentait de lui déchiqueter la gorge. Ni une ni deux, ils se précipitèrent à son aide, et quelques coups de couteau et Clavis Vacuum plus tard, il ne restait qu'un cadavre chaud du monstre.
« On peut pas te laisser deux minutes sans surveillance », tenta de se moquer Vanitas, mais la pâleur de son teint le trahissait.
Sora avala rapidement sa Potion X, et grimaça en sentant les plaies de sa gorge se refermer. Ce n'était jamais agréable.
« Je vais bien. Il m'a juste pris par surprise. Vous pensez qu'il y en a encore beaucoup d'autres comme ça ? »
« On va vite le savoir. » répondit l'ex-policier en entendant le grondement qui se rapprochait.
Du coin de l'œil, il remarqua que le plus âgé des deux s'était discrètement placé de façon à pouvoir protéger le plus petit, et retint un sourire. C'était adorable de voir que sous tout son sarcasme et sa nonchalance, Vanitas avait un cœur. Il faudrait qu'il exploite cette faiblesse, pour se venger de toutes les remarques auxquelles il avait eu droit.
Les trois loups qui surgirent furent tués assez facilement, et ils continuèrent leur péripétie dans le labyrinthe. Avec l'expérience de Sora, ils trouvèrent plus facilement ce qu'ils cherchaient (et le blond dût s'avouer qu'effectivement, sa technique n'avait peut-être pas été la plus réfléchie), et le chemin de retour fut bien plus paisible, maintenant que tous les animaux agressifs avaient été éliminé. Vanitas avait repris du poil de la bête, et donc son sens de l'humour si particulier au passage, tandis que Sora avait entreprit de raconter à un Léon blasé comment il avait un jour aidé un de ses amis à retrouver l'animal de compagnie de sa fiancée. Animal de compagnie qui se trouvait être un tigre, évidemment.
•
« Faut franchement être timbré pour inventer une serrure pareille. A quel moment tu te lèves le matin en te disant 'tiens, et si je commandais une porte qui ne s'ouvre que grâce à un puzzle ?'. Et évidemment, il a fallu que nos Keyblades marchent pas sur ce genre de trucs. Je commence à en avoir ras-le-bol, de ses conneries, à l'autre serpent. »
« Les mains en l'air, que je les voie bien. »
« Hey ! » s'offusqua Sora. « On a rien fait ! »
« Parce que t'as l'impression que les gens d'ici attendent qu'on ait fait quelque chose pour essayer de nous tuer ? » ironisa le brun, qui obéit toutefois à l'ordre de la femme.
L'adolescent aux cheveux châtains fit de même en voyant le pistolet appuyé contre le dos de leur ami. Cela ne sembla toutefois par déranger ce dernier.
« Désolé, mais c'est pas mon genre d'obéir à une femme. »
Vanitas haussa un sourcil moqueur.
« C'était pas un peu sexiste, ça ? »
« Haut les mains, tout de suite ! » répéta-t-elle.
« Léon », supplia Sora, inquiet pour le blond.
L'agent secret se retourna, et parvint à maîtriser la femme en rouge le temps de lui faire lâcher son arme. Sortant son couteau au moment où elle rattrapait son pistolet, il réussit à prendre le dessus en le lui plaquant contre la gorge.
« Essayez les couteaux la prochaine fois. C'est plus efficace au corps à corps. »
« Waouh, et moi qui croyait qu'on t'avait engagé juste pour ton absence de cerveau. » s'étonna Vanitas.
Il la désarma et s'éloigna de quelques pas, tandis qu'elle ôtait sa paire de lunettes de soleil. Sora regarda cette dernière, un peu perplexe. Il n'y avait que lui qui trouvait ça bizarre, qu'elle porte des lunettes de soleil en pleine nuit ?
« Léon. Ça fait une paye. »
« Attends, vous vous connaissez ? » demanda le brun.
« Ada... ? »
« Visiblement, oui. » répondit Sora pour Léon.
« C'est donc vrai... »
« Vrai ? Quoi ? »
« C'est moi ou on pourrait pas être là que ça serait pareil pour eux ? »
« On dirait bien », rit le plus jeune, « j'ai l'impression de voir Seifer quand Kairi est dans les environs. »
« J'aurai presque pitié de lui, quand c'est comme ça. Il devient encore plus pathétique que d'habitude, et elle en joue. »
« Kairi est redoutable. »
« Tu travailles avec Wesker. » accusa le blond.
« Je vois que tu as bien fait tes leçons. »
« Elle est pas redoutable, c'est une vraie folle furieuse, oui ! »
« Il vaut mieux éviter de l'énerver », confirma l'autre Porteur de la Keyblade d'un air douloureux.
« Pourquoi, Ada ? »
« Qu'est-ce que ça peut te faire ? »
« J'ai pas trop suivi leur conversation, mais Léon a l'air d'un amant trahi. Qu'est-ce que tu crois qu'elle lui a fait ? » demanda Sora, curieux.
« Elle a probablement réalisé qu'elle pouvait trouver plus intelligent ailleurs. »
« Vanitas ! »
« Qu'est-ce que tu fais là ? Pourquoi tu débarques comme ça ? »
La chinoise se contenta de ricaner, et la seconde suivante, sa paire de lunettes explosa en une lumière blanche qui les aveugla tous. Elle profita de la diversion pour s'enfuir par la fenêtre.
« A la prochaine ! »
« Ada ! »
De leur côté, Sora frottait frénétiquement ses yeux tandis que Vanitas laissait échapper tout un chapelet d'injures. Léon cligna des yeux, tentant de retrouver une vision complète. Avec un soupir, il jeta un coup d'œil à l'objet responsable, désormais à moitié détruit.
« Je savais bien que c'était louche. » fit remarquer l'adolescent aux cheveux châtains.
Voyant deux regards interrogateurs se poser sur lui, il soupira.
« Quoi, vous, vous trouvez ça normal de croiser quelqu'un avec des lunettes de soleil en pleine nuit ? »
« Ça aurait pu être pour cacher son identité », proposa mollement l'ex-policier, peu convaincu par son propre argument.
« C'est vrai qu'on a rencontré tellement de femmes en robe rouge jusque-là qu'une paire de lunettes aurait changé quelque chose », répondit sarcastiquement Sora, dans un de ses 'moments riku-esque' comme disait Kairi.
Les deux autres firent mine d'être très intéressés par les peintures sur les murs pour ne pas avoir à répondre.
•
« Hey ! » dit soudainement Léon d'un ton offusqué.
Les deux autres se retournèrent pour le regarder, surpris.
« Pourquoi est-ce qu'on utilise pas toujours tes monstres pour combattre ? » demanda-t-il à Vanitas. « On pourrait être tranquilles, comme ça ! »
« Attends, c'est seulement maintenant que tu réagis ? » répondit le brun d'un ton purement ébahi.
C'était rare qu'il soit pris au dépourvu, mais la stupidité du blond arrivait à le laisser sans voix, parfois. Sora haussa les épaules. Il avait vite compris qu'il était la seule personne un minimum sensée de ce groupe. Donald et Dingo n'allaient pas en revenir quand il allait le leur raconter, eux qui avaient pris l'habitude de devoir le canaliser. Il sourit à l'agent secret et entreprit de lui expliquer.
« Vanitas utilise ses émotions pour invoquer ses Nescients. Du coup, il ne peut pas trop les utiliser, ou ça le vide totalement, et ça le fatigue, aussi. Et puis, chaque coup qu'un Nescient se prend, il le ressent comme si c'était lui qui avait été blessé. »
« Oh. »
« Exactement. »
Vanitas croisa les bras, les sourcils froncés.
« C'est bon, t'as fini de raconter ma vie aux inconnus ? »
Il n'appréciait pas que l'autre Porteur de la Keyblade énonce toutes ses faiblesses (même si ce n'étaient pas vraiment des faiblesses, Vanitas n'avait pas de faiblesses, merci bien, non, c'était juste des... inconvénients), et encore pire, qu'il ose le faire comme ça, où n'importe qui pourrait l'entendre. Sora lui adressa un sourire désolé, mais l'autre garçon ne décoléra pas, et il soupira.
« Léon n'est pas un inconnu, c'est notre ami. » rétorqua-t-il.
« Faut que t'arrêtes de considérer les gens que tu viens de rencontrer comme des amis, ça devient ridicule. T'as plus d'amis qu'il n'y a d'étoiles dans le ciel. »
« Qui aurait cru que tu avais une âme de poète ? » s'amusa le blond.
« Oh, ta gueule. »
« Et toi », répondit l'adolescent aux cheveux châtains d'un air ennuyé, « tu devrais commencer à le faire, justement. Est-ce qu'il y a au moins une personne dans cet univers que tu apprécies ? »
« Ouais, toi. »
Il y eut un instant de flottement, puis, réalisant ce qu'il venait de dire, Vanitas prit une couleur rouge tomate, à la fois due à la colère et à la gêne, avant de se détourner et de reprendre la route tout en donnant de violents coups de pied à tout ce qui traînait dans son chemin.
« Bref, j'utiliserai plus mes Nescients maintenant, alors tu bouges tes fesses et tu te bats toi-même ! »
Et sur ce, il disparut derrière un mur. Sora, quant à lui, commençait à afficher un sourire ravi, presque benêt. Léon songea que s'il avait été une adolescente sans fierté, il aurait probablement laissé échapper un 'awww' attendri après cette révélation.
« Tu peux même pas réutiliser ton arbre géant si on croise un autre ogre ? » demanda-t-il à la place.
« Putain mais qu'est-ce que tu comprends pas dans 'non' ? »
•
« Personne a un jeu de cartes ? »
« Vanitas ! » gronda le plus jeune.
« C'est bon, on se fait chier à attendre que l'autre blondasse nous rejoigne. En plus, elle est tellement douée qu'elle serait capable de se faire tuer en chemin. »
A ces mots, Léon reprit ses cent pas d'un air inquiet.
« T'inquiète pas, elle va s'en sortir. Elle nous aura rejoints en moins de temps qu'il nous en faut pour le dire. » Tenta de le rassurer Sora.
« J'espère. Merde, qu'est-ce qui va m'arriver si elle meurt en chemin ? Je serai viré pour avoir échoué dans ma mission. Et ils me laisseront croupir ici, personne ne viendra me chercher après un tel fiasco. Il faudra que je rentre en Amérique par mes propres moyens. Et le billet d'avion coûte tellement cher ! Enfin, ça, c'est en supposant qu'ils ne me tuent pas directement pour avoir laissé mourir la fille du président. Bon sang, Ashley... »
Il y eut quelques secondes de silence pendant que les deux garçons enregistraient ses paroles, puis Vanitas éclata de rire, se tenant les côtes, pendant que Sora fixait l'ex-policier d'un air horrifié.
« Mais... mais... Léon... ! »
« Oh », ce dernier sembla réaliser ce qu'il venait de dire, et rajouta d'un ton peu convaincant, « et je suis inquiet pour elle, évidemment. »
Le rire du brun redoubla, et Sora fixa l'adulte d'un air déçu.
« Vous êtes des monstres. »
Il fallut de nombreuses minutes à Vanitas pour se calmer.
•
« HELP ME ! LEOOON ! HELP ME LEEEEOOOOON ! »
Un coup de Keyblade élimina le fanatique qui tentait de s'enfuir avec Ashley, et Vanitas la fusilla du regard.
« Tu peux pas te mettre dans un coin et te faire oublier ? On a autre chose à foutre que de te courir après sans arrêt ! »
Il repartit dans la bataille, et peu à peu, le nombre d'ennemis diminua. Ils commencèrent à se détendre en voyant le combat presque fini. Ils allaient enfin pouvoir sortir de cette salle et avancer !
« LEEEEEEOOOOOON ! »
Léon soupira mais ne bougea pas, et le sourcil de Vanitas tiqua.
« Mais quelle pouffiasse ! » s'énerva ce dernier. « Elle est même pas capable d'éviter de se faire capturer pendant deux minutes ! Et en plus- »
« HEEEELP ME ! »
« -elle a une voix de merde ! Sérieusement, qui peut hurler aussi fort et aussi longtemps ? C'est une mutante cette fille, c'est pas possible ! »
« HEELP ME LEEOON ! »
« PUTAIN MAIS TA GUEULE ! LA PROCHAINE FOIS QUE TU L'OUVRES JE TE DÉTRUIS TES CORDES VOCALES ! »
La blonde arrêta d'hurler, et même Sora ne put retenir un soupir de soulagement. Léon tua le fanatique qui s'enfuyait une nouvelle fois avec Ashley, et le soudain silence leur fit un bien fou aux oreilles. Intérieurement, les deux autres remercièrent le brun pour le répit qu'il leur avait offert.
•
« C'est une blague. »
« Nope. »
« On va devoir monter dans des wagons de foire. »
« Oui. »
« Et ça ne dérange personne ? »
« On est en Espagne dans un village contrôlé par des infectés, on nous a injecté des parasites dans le corps, et on se balade dans un vieux château gouverné par un vieillard qui fait pas ses 20 ans. On s'est fait attaquer par des villageois enragés, des Wolverine aveugles, des trolls, des fanatiques armés de lance-roquettes, des armures, et j'en passe. C'est plus un wagon qui va nous préoccuper, pour maintenant. »
« Elle marque un point, là. »
« Bon tu montes ? On va pas glander là pendant 15 ans. »
« On va le regretter, ce truc est trop louche. »
« Tu dis ça à chaque fois, et il s'est jamais rien passé pour l'instant. »
Le wagon démarra.
•
« Dites-moi que je rêve. »
Le sourcil de Léon tiqua sévèrement.
« Malheureusement, non. »
« Putain mais cette débile a réussi à encore se faire kidnapper ! »
Le blond semblait au bord de la crise de nerfs, et Sora lui tapota le bras d'un air compatissant.
« Viens Sora, on se barre. On va trouver l'antidote tous seuls, ils font que nous ralentir de toute façon. »
Cela sembla être la goutte d'eau de trop pour l'adulte qui fixa l'adolescent aux cheveux châtains d'un air suppliant, toute fierté abandonnée.
« Ne me laissez pas tout seul ! J'en ai marre de courir après elle sans arrêt, si vous partez ça va me prendre encore plus longtemps et j'aurai moins de chances d'y arriver sans être tué entre temps. Tu voudrais pas avoir ma mort sur la conscience, pas vrai, Sora ? »
Vanitas n'eut même pas besoin de voir le visage du plus jeune pour savoir que ce dernier avait cédé aux yeux de chiots de l'agent secret, et il grogna. En rentrant, il prendrait un des balais et battrait à mort le vieux schnock, se promit-il. Ça lui apprendrait, à les envoyer dans un endroit aussi merdique. Maintenant, ils se retrouvaient à devoir servir de gardiens à un ancien policier reconverti en baby-sitter pour demoiselles en détresse.
« Gé-nial. »
Sora lui jeta un regard désolé.
« Léon a raison, on peut pas les laisser tous seuls, c'est trop dangereux. Et puis, dans les films d'horreur, c'est toujours quand le groupe se sépare que les gens commencent à mourir. »
Derrière lui, l'homme hochait vigoureusement de la tête à chacune de ses paroles, comme si le Porteur de la Keyblade prononçait des paroles saintes. Le brun dut s'avouer que son partenaire avait eu raison sur ce coup-là.
« Mouais. » grommela-t-il. « Mais si elle se fait kidnapper encore une fois, on les abandonne. »
Léon eut l'air un peu horrifié, et il lui envoya un sourire narquois. Le dicton ne disait-il pas 'Jamais deux sans trois' ? Il avait presque envie que cette situation se produise, pour avoir le plaisir de voir le visage désespéré de l'adulte lorsqu'il réaliserait qu'il était seul avec la blonde.
•
« Le serpent est mort, le serpent est mort, le serpent est mort... »
« On a compris, Vanitas. » soupira l'autre Porteur de la Keyblade.
« Laisse le », intervint Léon, ce qui lui valut un regard étonné de la part du plus jeune. Depuis quand ces deux-là se soutenaient-ils ? « Ce soir est un grand soir. »
« Ça, oui ! » se réjouit le brun, « Franchement, bien joué, l'idée du lance-roquettes ! Tu l'as bien humilié sur le coup ! »
« Merci ! » répondit le blond avec un grand sourire.
Et, sous les yeux médusés de Sora, les deux entreprirent un check amical tout en se noyant l'un l'autre de compliments.
•
Vanitas poussa la porte, dévoilant les docks. Il ne restait qu'un seul bateau amarré, et à son volant se trouvait la fameuse femme en robe rouge qui semblait tant irriter Léon. Il sourit, ravi à l'idée d'avoir trouvé une complice dans cette merveilleuse tâche qu'était celle de rendre l'agent secret complètement fou.
« Salut ! » gazouilla Sora en apercevant la femme.
Cette dernière haussa un sourcil mais lui rendit son sourire.
« Oh, vous êtes les deux adolescents qui accompagnent Léon. »
« Faut bien, ce crétin est pas capable de faire deux pas sans tomber dans un piège ou perdre la blonde. »
« Je n'y peux rien si Ashley se fait kidnapper par tout ce qui bouge », grommela le concerné.
Elle gloussa.
« J'ai cru comprendre que ta mission se passait assez mal, oui. »
« C'est un euphémisme », renchérit le brun.
« Il a toujours été comme ça », soupira la femme d'un air faussement désabusé.
« Vraiment ? » continua Vanitas, l'oeil pétillant à l'idée d'entendre quelques faits intéressants sur leur allié.
« Hum hum hum », les coupa Léon en se raclant la gorge. « On a compris, vous aimez bien vous moquer de moi. On peut y aller maintenant ? »
« Allez, montez », répondit la brune avec un clin d'oeil pour son complice, signe que leur conversation n'était pas terminée.
« Youpi ! Moi c'est Sora, et lui c'est Vanitas. Tu es Ada, c'est ça ? »
« C'est ça. Ravie de vous rencontrer. »
« T'es une espionne, si j'ai bien compris ? » se renseigna Vanitas d'un air vaguement curieux.
« Oui, effectivement. »
« C'est trop cool ! » s'enthousiasma le plus jeune, la fixant d'un air admiratif.
Ada se rengorgea face à sa réponse, et Léon ne put retenir un sourire en coin. Il aurait bien aimé pouvoir se moquer un peu plus, mais il avait eu la même réaction lorsque Sora lui avait sorti la même chose après avoir appris son travail.
« Et vous », demanda-t-elle, « que faites-vous ici ? »
« Oh, nous, hm, on est des gardiens. » mentit tant bien que mal l'adolescent aux cheveux châtains.
« Des gardiens ? » répéta la jeune femme en haussant un sourcil dubitatif.
« Ouais. On vient, on aide les gens, et on repart. On est des gardiens, un peu. »
« Ou des baby-sitters, ça dépend du point de vue. On a un boulot de merde, quoi. » rétorqua le brun, ennuyé. « Peu importe, on s'en fout. Tu avais des choses intéressantes à me dire, il me semble ? »
Les yeux brillants de malice, Ada entreprit de raconter à Vanitas toutes les bourdes et bêtises qu'avaient commis Léon lors de son court travail de policier à Racoon City, pendant que ce dernier boudait à l'arrière du bateau et que Sora soupirait, désabusé par leur comportement.
•
« J'm'ennuie. »
« C'est pas notre problème. » répondit Léon d'un ton irrité.
« C'est quand qu'on retrouve Ada ? Elle était intéressante, elle, au moins. »
« On verra. Hey, regardez ! » S'exclama Sora.
Les deux autres le rejoignirent d'un pas vif, et purent voir sur un des écrans de contrôle Ashley retenue prisonnière dans une petite pièce avec deux hommes qui la surveillaient. Ces derniers se dépêchèrent d'éteindre la caméra, comme s'ils avaient senti qu'ils étaient repérés, mais c'était trop tard.
« Enfin ! Maintenant on va pouvoir la récupérer, encore. Ça a intérêt à être la dernière fois », menaça Vanitas.
« Dépêchons nous. Elle a été contaminée avant nous, il faut qu'on trouve vite une façon de la soigner, et nous aussi. »
« Ouais. » répondit le brun, se renfrognant.
Quelques temps après être sorti de bateau, alors qu'ils se frayaient un chemin dans la base, Vanitas avait d'un coup changé de comportement et s'en était pris à Sora, le rouant de coups. Léon avait eu vite fait de le maîtriser, et l'adolescent avait fini par réussir à reprendre le contrôle de lui-même, mais l'incident avait eu pour cause de leur rappeler que le temps leur était compté.
Sur ce, les trois amis entreprirent de partir à la recherche de la cellule d'Ashley. Le nombre d'ennemis se fit plus rare, ce qui les inquiéta, mais ils continuèrent leur route jusqu'à entrer dans une salle d'opération.
« Je le sens pas. »
« Encore ? » nota distraitement le blond, plus intéressé par où trouver la carte magnétique dont ils avaient besoin.
« Ouais. Si on était dans un film d'horreur, c'est au moment où on voudrait sortir de la pièce que l'un des cadavres qui traîne se relèverait silencieusement dans notre dos pour nous attaquer. »
Léon lui jeta un regard perturbé.
« Si ça arrive, ça sera de ta faute. Tu nous portes la poisse, avec tes remarques pessimistes. »
« Trouvée ! » les interrompit joyeusement Sora. « On peut y aller. »
« Je tournerai pas le dos à ces corps tant qu'on aura pas fermé la porte. »
« Si tu veux. » soupira l'adolescent aux cheveux châtains d'un air ennuyé, et il attrapa son poignet pour pouvoir le guider vers la sortie sans qu'il ait à se retourner.
Ils eurent à peine fait trois pas qu'un fracas retentit dans la pièce d'à côté. Ils se figèrent, horrifiés.
« C'est de ta faute », lâcha Léon.
« Il est dans la pièce d'à côté, pas derrière nous ! » se défendit le brun.
« C'est de ta fa- »
« Mais on s'est fout, si on se barre pas maintenant, il va nous coincer dans la pièce, bande de crétins ! »
Sora attrapa le bras du blond et partit en courant vers la porte, mais trop tard. La créature venait d'apparaître, et avant que l'adolescent aux cheveux châtains ne puisse l'éviter, elle s'était jetée sur lui, plantant une rangée de crocs aiguisés dans son épaule. Il cria de douleur, mais parvint à repousser le monstre et tira les deux autres hors de la pièce. La porte refermée, il avala une potion et soupira de soulagement en sentant la plaie se refermer. Puis il fusilla ses deux amis du regard.
« Il va falloir travailler sur vos instincts de survie, sérieusement. Si j'avais pas été là, vous seriez restés sur place à vous- attendez, vous entendez ? »
Il pria pour avoir halluciné, mais non, les grognements désagréables du Regenador résonnaient de nouveau, mais cette fois, plus loin dans le couloir. La même réalisation se peignit sur les visages des deux autres, et tous pâlirent.
« Luis dit qu'on peut pas les tuer, mais si on leur démolit les jambes, on peut passer dessus. » proposa Vanitas.
« On va pas avoir le choix. A toi l'honneur, Léon. »
Quelques balles de fusil à pompe et deux jambes explosées plus tard, les trois compères parvinrent à éviter le monstre et se jetèrent quasiment dans la chambre froide pour lui échapper. Un simple coup d'œil leur permit de venir à une même conclusion.
« Putain, il va y en avoir d'autres qui vont se réveiller. »
Même Léon ne put se résoudre à essayer de le contredire.
•
« Non. »
« Ashley, on a pas le choix. » tenta de la raisonner Sora.
« Vous rêvez, plutôt crever que de sauter là-dedans. » la soutint Vanitas.
« Qui aurait cru qu'un jour, vous parviendrez à vous entendre. »
« J'ai ma fierté, merci. Je plongerai pas dans une décharge. »
« C'est immonde. On va puer, et on est plein de blessures, avec la saleté ça risque de s'infecter. »
L'adolescent aux cheveux châtains secoua la tête.
« Je suis pas médecin, mais je suis presque sûr qu'il faudrait plus que ça pour que ça s'infecte. Et de toute façon, on sera tous bientôt rentrés chacun chez soi, on trouvera bien quelqu'un pour s'occuper de nos blessures. »
« Et si on arrive pas à s'enfuir ? » demanda-t-elle d'un ton obstiné.
Léon soupira, et jeta un regard entendu au plus jeune. Chacun attrapa le bras de son partenaire, et ils se jetèrent dans le tas d'ordures.
« SORA TU ES UN HOMME MORT ! »
•
« Elle s'est encore fait kidnapper. »
Sora grogna, le crâne douloureux. Qu'est-ce que Vanitas racontait, encore ?
« Elle est partie, Sora. Le vieux moine l'a kidnappé. On est libres », dit le brun, le visage illuminé par la joie.
« Non », s'horrifia Léon.
« Si », contra-t-il, le même sourire ravi collé aux lèvres, « Regarde, elle n'est plus là. »
Le blond se tourna vers le plus jeune, le visage implorant. Vanitas se posta toutefois entre eux deux avant qu'il ne puisse ouvrir le bouche.
« C'était notre marché. On t'aide, du moment qu'elle ne se fait plus enlever. »
« Mais- »
« Je te l'avais dit, jamais deux sans trois. Maintenant, on se barre. »
« Vanitas... »
« Ah non », s'offusqua ce dernier. « Tu avais promis. On s'en va. »
« J'ai jamais rien promis », contesta le plus jeune.
« Sooooooraaaaa. » gémit le brun.
Il était prêt à abandonner sa fierté si ça lui permettait de se laver les mains des deux blonds.
« On ne peut pas les laisser ici. Ce sont nos amis. »
« Je t'ai déjà dit que c'était pas mes amis. Surtout pas l'autre incapable. »
Sora soupira et se frotta les tempes. Il ne savait pas qui l'avait assommé, mais à en croire le mal de crâne qu'il avait, la personne n'y avait pas été de main morte, et les pleurnicheries des deux autres n'aidaient pas.
« Tu n'as qu'à partir de ton côté, Van » proposa-t-il, « Je sais que tu arriveras à te débrouiller. Dès que tu as l'antidote ou n'importe quoi qui puisse nous soigner, rejoins nous. Pendant ce temps, Léon et moi, on va chercher Ashley. »
Vanitas le fixa d'un air menaçant.
« Tu préfères partir avec lui retrouver l'andouille plutôt que m'accompagner ? »
Quelque chose craqua à l'intérieur de Sora. Il ferma les yeux pour les forcer à arrêter de tiquer, inspira profondément, et quand il rouvrit les paupières, ce fut pour adresser un sourire très calme aux deux autres.
« Vanitas, je pense que ce n'est pas vraiment le moment de nous faire une crise de jalousie. Je pars avec Léon sauver Ashley, un point c'est tout. Et tu viens avec nous. Tu n'avais qu'à te décider avant. Maintenant », et son sourire s'agrandit, « vous allez venir, tous les deux, en silence, et le premier qui ouvre la bouche pour râler, se plaindre ou s'énerver le regrettera. C'est bien compris ? »
Les deux autres hochèrent frénétiquement la tête. Ils pouvaient presque voir l'aura ténébreuse autour de Sora, et tous les monstres qu'ils avaient affrontés jusque-là avaient l'air de chatons comparés à l'adolescent furieux.
•
« Donc, c'était Krauser qui vous a parlé d'Umbrella. »
« Yep. Quand on est arrivés, il nous a trouvé directement et nous a raconté qu'il était là pour eux. » expliqua le plus jeune.
« Je vois. »
« Il était complètement taré, ce mec. » fit remarquer Vanitas.
Léon lui jeta un regard noir mais ne répondit pas. Ils n'osaient plus se disputer depuis la colère de Sora tout à l'heure. Le blond préférait encore combattre un El Gigante à mains nues plutôt que d'énerver leur ami.
« On était partenaires, avant. »
« Oh », Sora le regarda tristement.
« Ce n'est rien. Il a changé, et il était temps que quelqu'un l'arrête. Ce virus n'apporte rien de bon, je ne comprends pas que certains puissent vouloir s'en servir. »
« Votre monde risque de continuer à en baver pendant un bon moment, n'est-ce pas ? Tant que ce virus ne sera pas définitivement supprimé, vous ne serez jamais tranquilles. » fit remarquer l'adolescent aux cheveux châtains.
L'ex-policier lui jeta un regard malicieux.
« Heureusement que vous serez là pour venir nous sortir des problèmes à chaque fois. » dit-il, taquin.
« Ah ça, non ! C'est la première et la dernière fois, le prochain coup vous vous démerdez ! Vous croyez quoi, qu'on est des pigeons ? » s'offusqua le brun. « De toute façon, un monde de plus ou de moins, ça changera pas grand-chose à l'univers. » continua-t-il d'un ton nonchalant.
Sora le fusilla du regard.
« Et tous les gens qui vivent dans ce monde, hein ? Ils ne méritent pas de tomber dans les ténèbres. »
Les grognements de douleur de Léon les coupèrent net dans leur dispute, et ils se tournèrent vers lui pour le voir trébucher et se tenir le torse.
« Léon ! »
Sora s'approcha, l'attrapant par l'épaule pour le soutenir, et seul Vanitas aperçut Ada arriver du coin de l'oeil.
« Léon, ça va ? » s'inquiéta-t-elle.
« Il doit faire une crise », la renseigna le brun d'un ton indifférent.
Le concerné se redressa, mais à peine eut-il fait un pas qu'il perdit l'équilibre et dut s'appuyer de tout son poids sur le plus jeune. D'un coup, il cessa de faire le moindre bruit, et se releva lentement. Sora en fut soulagé, mais le visage froid du blond inquiéta le Porteur ténébreux. Et moins d'une seconde plus tard, l'agent secret s'était jeté sur Ada pour l'étrangler.
« Léon ! » le cri horrifié de l'adolescent résonna, tandis qu'il tirait vainement sur les bras de l'ex-policier pour essayer de le faire lâcher prise.
Ni une ni deux, Vanitas invoqua quelques Nescients pour le maîtriser et asséna un coup de Keyblade dans son dos. La douleur suffit pour le faire lâcher prise, et les petits monstres se jetèrent sur lui pour le plaquer au sol.
« Ça va, Ada ? » demanda Sora en lui tendant une potion.
Elle l'avala d'un air reconnaissant, se massant le cou.
« Désolé. » lança Léon de là où il était.
Sentant le danger passé, Vanitas rappela ses Nescients, et le blond put se relever avec un peu de mal.
« Tu m'as pas loupé », se plaignit-il.
« Tu l'as mérité. » rétorqua le brun d'un ton sans appel.
L'agent secret ne put le nier. Ada les regarda d'un air inquiet.
« Il faut faire sortir les parasites de vos corps. »
« Oui... Mais avant, je dois sauver Ashley. » dit l'homme.
« Et c'est reparti ! » s'énerva Vanitas. « Elle commence sérieusement à me gaver, cette fille ! On va finir par crever à cause d'elle ! »
« Mais si on ne part pas à sa recherche, c'est elle qui va mourir. » répliqua Sora.
« Ok. » trancha Ada, qui avait réalisé que c'était une bataille perdue, et Vanitas lui jeta un regard trahi, « On se sépare. »
Ils la regardèrent partir, ébahis.
« Elle baisse dans mon estime. » avoua le brun d'un ton déçu. « Dire que je commençais à bien l'aimer. »
« Et moi qui croyait avoir trouvé une autre personne sensée dans ce monde. » soupira l'adolescent aux cheveux châtains.
« Elle aurait au moins pu essayer de trouver une justification à pourquoi on doit se séparer. » ajouta le blond d'un ton désabusé.
« En même temps, elle est maligne. Elle sait qu'elle arrivera à s'en sortir. Alors que nous, on est encore partis à la recherche du boulet, et on est sur le point de clamser. En fait, elle est en train de nous abandonner pour sa propre survie », réalisa le Porteur ténébreux.
Les deux autres restèrent bouche bée.
« Je croyais qu'elle nous aimait bien. »
« C'est une espionne », fit remarquer Léon. « Elle nous aime bien, du moment qu'on la gêne pas. »
« C'est décidé, j'adore cette femme. » lança Vanitas.
•
« Ce vieux débris ? Je ne suis pas sûre que ça soit une bonne idée, Léon. »
« Pour une fois, je suis d'accord avec la blondasse », l'appuya Vanitas.
Même Sora semblait un peu hésitant alors qu'il regardait la machine. Il fallait dire qu'elle ressemblait plus à une machine de torture qu'autre chose.
« On verra bien, prend les commandes », dit l'adulte au plus jeune des adolescents.
« Quoi ? »
« Hey, » s'offusqua le brun, « Pourquoi tu demandes à Sora directement et pas à moi ? Ashley je peux comprendre, elle est tellement conne qu'elle risquerait de te tuer au passage- »
« Je t'emmerde, le mal luné. »
« -bravo le langage, bref je vois pourquoi, mais Sora est maladroit, il a autant de chances de se louper qu'elle. »
« Je plussoie Ashley. » rétorqua le concerné.
« Tu connais des mots comme 'plussoyer', toi ? »
« Peu importe », les coupa l'adulte, « J'ai demandé à Sora parce que je sais que toi, tu en profiterais pour essayer de nous tuer volontairement. »
Vanitas se renfrogna, marmonnant qu'il avait espéré que ce coup-ci, ça marcherait. Léon l'ignora et s'allongea sur le siège. Instantanément, des entraves se refermèrent autour de ses poignets et de ses chevilles, et les bras mécaniques de la machine se rapprochèrent de sa poitrine. Sur l'écran, Ashley et Sora purent voir une petite créature gigoter dans son sternum, et ils pâlirent fortement. C'était ça qu'ils avaient dans leur corps ? La blonde se secoua et jeta un regard inquiet à son protecteur.
« T'es sûr de vouloir faire ça ? » demanda-t-elle.
« Oui... »
« Très bien... C'est parti. » répondit le plus jeune, et il lança l'opération.
Des courants électriques parcoururent le torse de Léon qui se tendit et convulsa en grognant de douleur. Sur l'écran, la créature se débattait frénétiquement, sentant probablement sa mort arriver, et la blonde sentit son estomac se retourner. D'un coup, l'homme s'arqua, laissant échapper un râle, avant de retomber lourdement sur le siège.
« La bestiole est morte et le patient toujours vivant, c'est un succès », annonça pompeusement Vanitas en regardant l'ordinateur par-dessus leur épaule.
Les deux autres ne répondirent pas, se précipitant au chevet dudit patient.
« Comment tu te sens ? » demanda-t-elle.
« Super... Une pêche d'enfer. »
Sora lui tendit une potion sans un mot. Ashley le fixa.
« Comment tu fais pour en avoir autant dans tes poches ? Depuis que tu es avec nous, tu as bien dû nous en donner une vingtaine. »
« C'est magique. » dit-il en lui tirant la langue. « Ce sont les Bonnes Fées, elles m'ont fait des vêtements spéciaux, et je peux mettre plein de trucs dedans. »
« C'est trop bien ! Elles prennent les commandes ? »
Léon rit, et Vanitas roula des yeux.
« Vous parlerez chiffons plus tard, les filles. A mon tour. »
Le même processus se répéta pour chacun d'entre eux, mais tous furent rapidement sur pieds après avoir avalé un soin.
« Enfin libres. » sourit Sora en se frottant la poitrine.
« Je sais pas pour vous, mais je crois qu'il est temps de rentrer à la maison. » annonça l'agent secret.
Ils se sourirent, soulagés, et hochèrent la tête d'un air décidé.
« Oh, avant qu'on parte, il y a quelque chose que je voulais vous demander. » s'exclama Ashley en regardant les deux garçons. « Est-ce que vous êtes frères ou petits-amis ? J'arrive pas à savoir. Ou les deux, hein. Je juge pas. Jaime et Cersei sont plutôt mignons, après tout. »
« Q-Quoi ? » bafouilla l'adolescent aux cheveux châtains. « On est pas frères ! »
« Vous vous ressemblez beaucoup, pourtant », fit remarquer Léon, tout autant curieux (même s'il ne l'avouerait jamais).
« C'est... compliqué. Mais on a aucun lien de famille. »
« Admettons. » Elle haussa les épaules. « Donc vous êtes bien en couple. »
« Ça te regarde pas. » grommela Vanitas, les joues écarlates.
« Aww, tu es tout rouge, c'est mignon », se moqua la blonde.
« Je vais t'exploser la gueule, on va voir qui va être tout rouge. » menaça-t-il.
« Bref, on peut continuer ? » demanda Sora.
« Bonne idée. »
•
« Fini ! » se réjouit Vanitas. « Le grand méchant est mort, le gentil a gagné, on peut rentrer, maintenant ! »
« Et le virus, alors ? »
« Juste là. » répondit Léon en se baissant pour ramasser l'échantillon.
Un bruit de déclic retentit.
« Cette situation me semble beaucoup trop familière », remarqua le brun en apercevant l'arme braquée contre le crâne du blond. « Au moins t'es vivante, c'est déjà ça. »
Le plus jeune lui adressa un regard surpris.
« Tu l'aimes vraiment bien, en fait. »
« Ben ouais. Elle est cool, je vois pas pourquoi je l'aimerai pas. »
« Merci, Vanitas. » rit Ada. « Donne-moi ça, Léon. »
« Ada. Tu sais ce que c'est ? »
« Hmm. »
Le bruit d'un hélicoptère les fit tous se retourner, et quand ils se reconcentrèrent sur l'espionne, ce fut pour la voir s'enfuir. Vanitas la regarda, horrifiée, se jeter dans le vide, et ils se précipitèrent vers le bord, terrifiés. L'hélicoptère qu'ils avaient entendu juste avant surgit alors, Ada tranquillement assise à l'intérieur.
« Haha, je vous avais dit qu'elle était trop maligne pour mourir ici ! » s'exclama le Porteur ténébreux.
La femme lui fit un clin d'oeil avant de se tourner vers Léon.
« T'en fais pas, j'en prendrai bien soin. »
Il soupira, exaspéré.
« Il faut que j'y aille. A votre place, je quitterais aussi cette île. »
Et elle appuya sur le bouton pour lancer l'autodestruction de l'île.
« Elle a vraiment été trop loin... »
« Toute trace du virus sera effacée, et tous les infectés seront tués. C'est une bonne idée ! » contra Sora.
« Tiens, attrape ! » Elle lança quelque chose à Léon. « Vaut mieux filer. A la prochaine. »
Le blond ouvrit la main pour dévoiler une clé et un petit ourson.
« Charmant. » ironisa-t-il.
« Affreux. » lança le brun en même temps. « Niveau goûts, il y a encore du travail à faire. »
« Personne n'est parfait », fit semblant de compatir le plus jeune en tapotant gentiment son épaule.
« Il faut qu'on s'en aille. » annonça l'agent secret quand une voix mécanique les prévint de l'explosion imminente de l'endroit.
« On vous accompagne jusqu'au jet-ski. » décida Sora, partant en courant vers l'ascenseur.
« Comment vous allez faire pour repartir ? » s'inquiéta l'adulte. « Il n'y aura pas assez de place pour nous quatre. »
« Comme on est arrivés, en ouvrant un passage entre nos deux mondes. » répondit-il.
Ashley se tourna vers eux d'un air anxieux en les voyant arriver.
« Il faut se tirer. Tout va sauter. »
« Quoi ?! »
« Bouge-toi, grognasse ! »
Ils coururent à toutes jambes en direction de l'appareil. Arrivés devant, les deux duos se regardèrent. Sora sourit.
« Ravi de vous avoir rencontré. »
La blonde lui rendit son sourire, et se jeta sur les deux garçons.
« Me touche pas, la débile ! »
Elle l'ignora royalement et resserra son étreinte.
« Merci pour tout. Vous reviendrez nous voir de temps en temps, hein ? »
« Promis ! »
« Même pas en rêve. »
Elle pouffa, et Léon eut un sourire en coin. Ces deux-là étaient vraiment extraordinaires, et il n'aurait probablement jamais survécu si ce n'était pas pour eux.
« Merci », dit-il. « On ne peut pas vraiment faire durer les adieux, mais sachez que si vous avez besoin d'aide, on sera heureux de rembourser notre dette. »
Ashley hocha la tête. « En tant que fille du président, je devrais pouvoir vous accorder pas mal de choses s'il faut. »
« Qui aurait cru que tu serais un jour utile », railla Vanitas.
« Allez, montez avant qu'il ne soit trop tard. » les poussa le plus jeune.
Léon grimpa sur le jet-ski, et l'adolescente se glissa derrière lui. Avec un dernier sourire, l'engin démarra, et les deux disparurent au loin.
« A notre tour de rentrer. »
« Enfin ! Adieu, monde de merde ! »
Sora ouvrit un portail en souriant, et ils s'engouffrèrent à l'intérieur.
•
Quelques semaines plus tard
« Sora ! »
Ce dernier releva la tête du sol, où Lea et lui s'amusaient à faire un concours de dessin dans la boue avec des bâtons.
« Mon chat est mieux réussi », fit remarquer le roux.
« N'importe quoi, le mien est plus beau. » répondit son ami. « Qu'est-ce qu'il y a, Ven ? »
« Comment tu fais pour calmer Vanitas quand il t'énerve ? »
« Vos chats ne ressemblent à rien dans les deux cas », annonça Kairi, qui servait de juge. « Qu'est-ce qu'il a encore fait ? » continua-t-elle, curieuse.
« Il est lui, et c'est déjà suffisamment énervant comme ça », s'exaspéra le blond.
« Pas faux », accorda-t-elle.
Sora soupira et se leva.
« Tu déclares forfait ? » demanda le plus âgé.
« Tu rêves. Je reviens. Et ne touche pas à mes dessins. »
« Ouais, ouais. »
Suivant Ventus, il arriva vite à l'endroit où se trouvait Terra et Vanitas, qui se disputaient. Il les regarda faire quelques instants, avant qu'un sourire rusé ne se dessine sur ses lèvres. Il étouffa un rire.
« Attends-moi ici, je reviens. »
Le blond le regarda partir et se cacher derrière un arbre, confus. Lea et Kairi le rejoignirent, tous autant intrigués, pendant qu'Aqua et Riku les regardaient de loin. Au bout de quelques secondes, un cri suraiguë retentit dans la cour.
« LEEEOOON ! HELP ME LEEEOOONN ! »
Vanitas se stoppa net et sursauta, se tournant d'un air mi-paniqué mi-furieux vers l'endroit d'où provenait la voix. Il se reprit directement en voyant Sora mort de rire, écroulé au sol.
« JE VAIS TE BUTER ! »
L'adolescent aux cheveux châtains s'enfuit tant bien que mal, hilare, tandis que le brun lui courait après, l'air menaçant. Les autres Porteurs de la Keyblade se regardèrent, perplexes.
« Quelqu'un a compris ce qu'il venait de se passer ? » demanda Terra.
« Non », répondirent-ils en cœur.
Quelque part dans un autre monde loin d'ici, Ashley éternua.
