« Je ne te dirai rien ! Jamais ! », cria t'elle, avec la voix du désespoir, pour la énième fois depuis qu'elle était là.
Elle avait perdu la notion du temps, des heurs, du jour ou de la nuit.
La porte s'ouvrit doucement, une personne entra, un sourire narquois aux lèvres. Hermione releva la tête, ce qui lui valut un terrible effort.
Une jeune femme se tenait là, devant elle, la regardant comme si elle était une insignifiante petite fadaise dans se vie de princesse.
Hermione se crispa, ses pupilles se dilatèrent et elle entendit distinctement :
« Comment oses-tu ? Te pointer ici, et avec elle ! CETTE SANG DE BOURBE ! »
Alors, elle sut. Elle sut que la vois appartenait à cette femme qui se tenait devant elle. Mais plus encore. Elle sut que c'était vrai, qu'elle avait vraiment été amnésique. Elle ne s'en souvenait pas, mais elle était persuadée, à présent, qu'on ne lui avait pas menti.
« Elisabeth, tu ne vois pas qu'on est quelque peu occupés, là ? », fit Adrien, derrière Hermione.
« Je pense que tu n'obtiendras rien en la tabassant, mon cher frère », répondit-elle avec une voix mélodieuse.
Une voix qui retourna l'estomac d'Hermione.
« Laisse-moi faire », fit elle en s'avançant.Deux jours qu'elle était portée disparue. Deux jours que ça le rongeait de l'intérieur. Il savait, il était convaincu qu'elle avait été enlevée par les Prajer. Il faut dire qu'il n'avait pas été curieux, et à chaque fois qu'il avait rencontré les parents d'Elisabeth, c'était dans des restaurants, ou bien chez ses propres parents, jamais il n'avait été chez elle. Et pourtant, il avait cherché, durant ses deux jours, où ils habitaient, mais rien ne pouvait l'aider.
Même au ministère, on ne connaissait pas l'adresse d'Adrien.
Si c'était pas malheureux...
Drago vacilla sur le bord du comptoir où il se trouvait, à boire, et boire depuis plus de 3 heures maintenant, ruminant ses pensées, se demandant comment il allait la retrouver, si il la retrouvait vivante... à cette pensée, il grimaça, et ressentit un énorme pincement au cœur. Une silhouette de femme blonde lui vint alors à l'esprit, Eli... son visage se durcit. Comment avait-il put se laisser berner de la sorte ? Il n'avait vraiment rien vu venir, tout était prévu depuis le début ! Et dire qu'il avait failli avoir un semblant de mariage avec elle ! Sa colère montant alors encore d'un cran, pour se calmer, il vida son verre d'hydromel d'une traite, et le reposa violement sur le comptoir de bois. Drago était complètement ivre, et pourtant, rien ne semblait l'arrêter.
« Hey chef ! Donne m'en un autre ! » Fit-il à l'intention du garçon de café. Le sorcier, pas trop sur s'approcha.
« Monsieur... je ne pense pas que ce soit une bonne idée... » Fit-il timidement.
« Écoute mon vieux, tu es payé pour servir tes clients, alors sers moi ! » rétorqua froidement et méchamment Drago. Le barman ne répondit pas, et se dirigea vers l'autre bout du comptoir, revenant avec le verre tant désiré. Drago le prit d'une main, les yeux perdus dans le vague. Il avait envie de crier, il aurait du la retenir... il regrettais alors de s'être autant attaché à elle, il n'aurait pas dû, et pourtant tout c'était passé si vite... il se souvint alors de leur premier baiser dans sa chambre... de leurs moments de complicités, la journée à Paris, le bal, encore un baiser, et elle retrouve ses souvenirs... la colère laissant place alors au désespoir, Drago leva à nouveau son verre, pour le vider en entier dans son gosier, lorsqu'une main se mit sur le bord du verre, l'en empêchant.
« Ce n'est pas en te mettant dans des états pareils que les choses avanceront Drago ! Où étais tu passé ?! Ça fait deux jours qu'on te cherche partout, tu n'as même pas été travailler ! » Drago leva difficilement la tête, et rigola, amèrement, mais rigola quand même.
« Rien ne vaut la peine sans elle Potter... rien » dit-il dans ses paroles de saoulard complètement défoncé. Harry le regarda presque avec pitié.
« Garçon ! Deux cafés, bien serrés ! » S'exclama Harry. « Allé Drago, reprend toi, on a peut-être une piste... » lui dit-il.
« Ah ouais ? », fit il, l'air pas convaincu du tout.
« Oui », dit Harry, en prenant son café et en buvant une gorgée.
Drago ne répondit pas, regardant le reflet qu'il voyait de lui-même dans le café noir.
« Alors, ça ne t'intéresse pas ? », s'avança Harry.
« Ne me fais pas mariner, Potter, crache le morceau »
Harry le jucha du regard.
« Quand tu auras dessaoulé, mon vieux. Tu peux rien capter correctement dans cet état là »
Drago était sur le point de répliquer, mais Harry l'attrapa par le bras et ils transplannèrent.
Harry l'emmena chez lui, et Ginny, qui était présente, lui donna une potion pour que les effets de l'alcool se dissipent.
Ils n'eurent pas à attendre longtemps que Drago exigea qu'on lui donne des explications.
« Et bien, maintenant, nous sommes presque sur que se sont les Prajer qui ont enlevés Hermione... »
« Qu'est-ce que je disais ! », fit Drago, jubilant.
« ... parce que », continua Harry, « une de leur connaissance pusillanime les as trahis en les dénonçant. »
« Et bien, qu'attendez vous pour y aller, bon Dieu », explosa, cette fois, Drago.
« Je voulais d'abord t'avertir, et puis, je te signale qu'il est 23h00, si le témoignage était un faux, ça ferait très bien de débarquer comme ça, tu ne crois pas ? »
« Mais j'en ai rien à foutre », hurla Drago, « je suis sur qu'il la retienne, là-bas ! Qui sait si elle n'est pas déjà morte ! Je te préviens, Potter, s'il lui est arrivé quelque chose, tu me le payeras ! »
« Drago ! », fit Ginny, qui ne supportait plus de l'entendre crier. « Je t'interdis de faire des menaces dans ma maison, c'est clair ?! »
Drago se rassit, dépité, et contre tout attente, éclata en sanglots. Toute la pression, les sentiments refoulés, la colère, la haine, tout ça était resté en lui, puis là, au milieu du salon des Potter, il craquait.Elizabeth se trouvait face à Hermione, penchée sur elle, les deux mains de chaque côté de la chaise, et la regardait fixement. Hermione semblait concentrée, et semblait même souffrir. La blonde se redressa.
« Je te l'avais dis que ça ne servait à rien » railla Adrien.
« La ferme toi ! Tu crois peut-être que la martyriser, est mieux ? Elle ne nous servirait à rien morte ! » S'exclama Eli rageuse. « Et puis de toute façon » dit-elle en se tournant à nouveau vers sa prisonnière « tu ne me résisteras pas bien longtemps ma chère » susurra-t-elle en se penchant à nouveau sur Hermione. Celle-ci releva la tête, la lèvre en sang, des ecchymoses plein le visage et étrangement, lui sourit, mais elle avait le regarda pire qu'haineux pour cette blonde décolorée.
« Vous pouvez toujours essayer, je suis très robuste, la légilimencie et l'occlumencie m'ont toujours fascinée, et vous êtes bien piètre, ça fait deux heures que vous essayez d'entrer dans ma tête, et vous n'avez même pas réussi à émietter le mur de mes souvenirs, donc, pour ma part, vous mériteriez un T comme Troll, 'ma chère' » rétorqua Hermione avec venin, et arrogance, malgré la douleur, et sa détermination qui fléchissaient.
« Espèce de sale garce ! » siffla Eli en colère « LEGILIMEN ! » hurla-t-elle. De nouveau Hermione se concentra, mais cela faisait des heures qu'Eli tentait de pénétrer son esprit, et deux jours qu'elle ne mangeait ni ne buvait, les coups et les doloris d'Adrien n'arrangeaient rien, elle sentait ses défenses s'affaiblirent, même si elle tenait bon, elle ne tiendrait pas longtemps. Au bout d'un moment, Eli cessa, et Hermione souffla. Si elle n'avait pas été attachée, elle serait tombée au sol.
« Ça suffit ! Mais on reviendras demain, tu ne pourras pas te taire indéfiniment... tu finiras pas cracher le morceau et tu nous supplieras espèce de sale petite sang de bourbe ! Alors, qu'est ce que ça fait d'être seule au monde ? Hein Granger ? Dis moi... le bon chevalier Drago n'est plus la pour sa petite protégée ! » Fit Eli d'un air faussement dramatique en se moquant. « puisque tu continues à t'entêter, demain, tu vas connaître ta douleur Hermione Granger, car je ne pense pas que mon père soit aussi clément que mon frère et moi-même... bonne nuit » fit Eli d'une voix doucereuse, qui fit frissonner Hermione, tout en sortant. Hermione pour sa part, avait à peine suivit ce qu'elle avait dit, une phrase trottait dans sa tête. 'Petite protégée ?' Hermione savait qu'elle avait déjà entendu ça quelque part, mais n'arrivais pas à se souvenir, elle fronçait les sourcils, fouillant les moindres recoins de sa mémoire, lorsque l'image vint elle-même la frapper de plein fouet.
« Et je suppose que c'est elle, la malade à qui tu dévouais tout ton temps ! » « La 'petite protégée' » Hermione releva la tête, suite à ce souvenir, un flot d'images déferlèrent dans son esprit, elle et Drago à l'hôpital, leur premier baiser, Paris, tout, tout lui revint, le soir du bal, Adrien, ses amis, tout... elle fondit en larmes, en se traitant mentalement d'idiote, et pleura toutes larmes de son corps.
« Drago... » Murmura-t-elle dans la pénombre de la cave...
