Bonjour à tous.

Alors avant que vous ne tentiez de me tuer pour ne pas avoir posté depuis deux semaines, je tiens à vous expliquer la raison. J'ai eu un grave accident qui m'a empêcher d'écrire et de poster, vous laissant ainsi sans chapitre suivant. Pour ceux que j'ai en amis Facebook étaient déjà au courant, pour les autres, vous vous êtes sans doute demandé si je n'avais pas recommencée à ne plus poster. Ce n'est pas le cas.

Cela m'ammène à ma deuxième nouvelle. J'ai terminée cette fiction hier soir, vers 23h et j'y ai donc mis un point final. Si j'ai bien compté, il vous reste encore 10 chapitres à découvrir, et j'espère de tout coeur qu'ils vous plairons. Donc vous n'avez plus rien à craindre, mes chapitres seront postés tous les Samedi comme prévu.

Après ces deux explications, je tiens à remercier ma Bêta Gaga-Ella, qui fait un travail merveilleux en me corrigeant, qui se dépêche à chaque fois pour que vous ayez la suite à temps et qui ne m'a jamais engueuler parce que je la pressais de m'envoyer mon chapitre suivant. Donc un grand merci à elle parce que sinon, vous liriez des chapitres remplis de fautes. Je ne suis guère douée en orthographe. Et je fais surtout beaucoup de fautes d'inattention. Donc merci mille fois à elle !

Ensuite, je souhaite remercier toutes les personnes qui m'ont envoyés des reviews, j'y réponds au fur et à mesure en essayant de mettre toute ma gratitude à l'intérieur de mes commentaires. C'est long à faire car je les personnalise à chaque fois. Donc ne vous étonnez pas si je ne vous ais pas encore remercier, cela arrive !

Je réponds ici à toutes les reviews des personnes à qui je ne peux répondre sur le site. Les autres, les réponses arrivent.

Gag : Merci beaucoup à toi d'avoir pris la peine de commenter, cela m'a grandement fait plaisir ! La suite arrive donc maintenant et je reprends une parution normale sans interruption donc tu n'auras pas à patienter longtemps ! Merci encore une fois pour ta review ! J'espère que ce chapitre te plaira. A bientôt !

Zvezdnayapyl : Tes reviews m'ont vraiment fait plaisir et je pèse mes mots pour tout te dire ! Parce que vraiment, j'ai été super heureuse de te lire et de te voir me dire ce qui t'avait plus dans ma fic. Au départ, je n'avais pas vraiment d'idée de moral à mettre dans ma fic, je voulais juste me faire plaisir en écrivant. Puis, peu à peu, j'ai effectivement développée cette moral. Que l'on devient ce que l'on veux être, peu importe comment nous commençons. Et là où je suis super heureuse, si c'est possible de l'être encore plus, c'est quand tu m'as dit que ma fic se différenciait des autres. Tu n'imagines même pas ma joie ! Tu peux écrire tous les romans que tu veux, j'y répondrais de la même manière ! J'espère que ce nouveau chapitre te plaira autant que les précédents. A bientôt !

MarieLegolas : Merci beaucoup ! La suite arrive maintenant. Et je poste régulièrement tous les Samedi donc tu n'auras pas attendre longtemps la suite ! Merci beaucoup d'avoir prit le temps de me poster un commentaire. J'espère que ce chapitre te plaira. A bientôt !

LightAngel : Je suis super heureuse que tu es prit le temps de commenter pour me donner ton avis, surtout si tu me suivais depuis longtemps. Cela me fait très plaisir. Je pense avoir répondu à ta question sur mon absence. Je reposte régulièrement tous les Samedi à partir de maintenant. A bientôt !

Agns : Je ne sais pas comment je fais pour que ma fic vous plaise et sincèrement, je ne cherche pas parce que tant que cela vous plait, pour moi c'est l'essentiel. Ton compliment me fait très plaisir et c'est sincère ! En ce qui concerne Aragorn et Arwen, je trouve leur couple adorable mais c'est vrai que ce n'est pas trop mon truc. Mais je pense que la suite te plaira un peu plus. Ils y apparaissent et un chapitre leur est dédié ! Je ne dis rien de plus. A bientôt !

Voilà, j'espère que ce chapitre vous plaira à tous et j'attend vos commentaires avec grande impatience. Je pense que ce chapitre va vous plaira parce qu'il y a de l'action comme certains me l'avaient demandés. Donc bonne lecture à tous !


« La vie nous apprend à bien faire usage de notre temps. Le temps nous apprend la valeur de la vie »


Les jours suivants la naissance de Aerandir furent une renaissance totale. Non seulement j'étais à nouveau libre de mes mouvements mais surtout, je pouvais veiller sur lui jour après jour, nuit après nuit.

A mes yeux, il était le plus beau bébé qu'il puisse exister et je l'aimais de tout mon coeur, incapable d'imaginer une vie différente. Ses yeux si semblables aux miens, sa chevelure aussi blonde que celle de son père, tout cela me rappelait à longueur de journée le bonheur qui était le mien.

Au départ, je n'avais pas vraiment su comment prendre les choses. Ma peur de lui faire du mal sans le vouloir était très forte, mais chacune des femmes qui m'avaient enseignées comment le laver, le prendre dans mes bras, le serrer contre moi et lui donner le biberon avaient été d'une compréhension immense qui m'avait permise de me prendre en charge et de m'occuper de mon enfant.

- Il pleure, cria Legolas dans la chambre tandis que je finissais de coiffer mes longs cheveux roux. Alzena, il pleure !

- Je l'entends, répondis-je en cachant mon sourire. C'est normal. Essaie de le calmer.

- Il pleure toujours, répéta Legolas quelques secondes à peine après.

Je l'entendis bouger et ne fus guère surprise de le voir entrer dans la salle de bain quelques instants après. Il tenait Aerandir dans ses bras et me regardais, une lueur d'incompréhension dans le regard.

- Il a faim, lui appris-je en lui tendant le biberon. A toi de jouer.

Que dois-je faire ? Me demanda-t-il en prenant l'objet mais en me regardant, attendant que je lui explique.

La scène valait tous les détours possibles. Legolas, le prince héritier de Mirkwood, l'elfe qui avait affronté toute une armée issue du Mordor et qui avait survécu à une quête perdue d'avance était totalement perdu et effrayé par les pleurs d'un enfant.

- Ne te moque pas, fit-il avec une mine boudeuse en voyant que je ne parvenais pas à contenir mon hilarité. Ce n'est pas évident.

- Mais si, répondis-je en lui montrant comment donner le biberon à son fils. C'est d'une facilité déconcertante tu verras. Ça va aller ?

Legolas hocha la tête, regagnant la chambre, soulagé de ne plus entendre son fils pleurer. Secouant doucement la tête sans me départir de mon sourire, je tournai les yeux vers le grand miroir mural de notre grande salle de bain.

J'avais retrouvé ma taille d'avant ma grossesse, grâce à ma nature elfique mais également grâce au sport intensif auquel je m'étais adonnée. Et évidemment, j'avais repris avec joie les entrainements. Car la guerre était peut être terminée, mais mon éducation, et celle de tous les elfes vivants en Forêt Noire, me poussais à ne pas me reposer sur mes acquis. Il restait des territoires à libérer. Et penser que la paix ne se payait pas était naïf.

- Il s'est calmé ? Demandai-je à mon mari en sortant de la salle de bain.

Il hocha la tête, refusant d'émettre un mot par peur de l'effrayer et de l'entendre hurler à nouveau. Dans ses bras, Aerandir buvait doucement, le bruit qu'il faisait en avalant me rassurant.

A cet instant précis, une alarme retentit et je bondis sur mes pieds en même temps que Legolas, tous mes sens en alerte. Notre fils se mit à pleurer, sans doute inquiété par le bruit et par la tension qui explosa dans la chambre.

L'alarme fut reprise par d'autres, nettement plus proches. Nous étions attaqués !

Instinctivement, je me rapprochai de Legolas qui déposa notre fils dans mes bras avant de le suivre dans les couloirs, le serrant contre moi, tentant de le rassurer avec un calme fictif.

- Que se passe-t-il ? Demanda Legolas quand Haldir et Jorika arrivèrent en courant, se plaçant de chaque côté de moi.

- Nous ne savons pas, répondit Haldir en dégainant son épée. Nous ne savons pas pourquoi les alarmes retentissent.

Ces dernières étaient d'ailleurs assourdissantes à souhait, bien loin de l'habituelle musique elfique qui régnait entre les murs de la Forêt Noire. Entre mes bras, Aerandir s'agita et je le plaquai contre moi, une main sur ses oreilles pour le protéger d'un bruit qu'elles n'auraient pas du entendre.

Je suivis Legolas jusque dans la salle du trône, encore plus inquiète par le visage résolu des elfes qui m'entouraient et qui se préparaient à se battre. La fin du Mordor n'avait pas signifié la fin des combats.

- Père, appela Legolas tandis que l'on parvenait dans la salle du trône.

Thranduil était en tenue de combat, visiblement prêt à se battre. Sa tenue royale avait été remplacée par une tunique fluide et légère, sa couronne par un simple diadème et ses bottes montaient jusqu'à ces genoux, ce qui n'était pas plus mal quand on pensait au sang qui allait se répandre.

- Des orques ? Demanda mon mari. Des araignées ?

- Un mélange des deux, répondit Tauriel en entrant dans la pièce, armée jusqu'aux dents. Il y des hommes du Nord également. Des pirates.

Aussitôt, je retrouvai la froide volonté de me battre qui s'était atténuée avec le temps. Fort heureusement, la Forêt Noire ne s'était pas désarmée, ni même ne s'était reposée sur ses lauriers. Chacun savait quel était le passage des dernières armées du Mordor.

- Alzena vous restez ici, ordonna Thranduil en me tendant une épée, une dague, un arc et des flèches. Protégez votre fils.

Je voulus protester, mais je ne pouvais décemment pas partir sur le champ de bataille avec mon enfant dans les bras. Et je ne laisserais à personne la responsabilité de veiller sur lui. C'était mon rôle.

Empoignant la dague blasonnée aux armoiries de la Forêt Noire, je ne fus guère surprise de voir Haldir et Jorika m'encadrer. Mais mon regard se posait déjà sur mon mari et ma soeur, tous les deux fin prêts à se battre. J'avais peur pour eux, et aussi pour Thranduil, Círdan et Barn dont les visages figés reflétaient une indifférence feinte.

Ce fut au moment où ils disparurent dans l'encadrement de la porte que je fermais les yeux, projetant mon esprit vers la Lothlόrien. Implorant l'aide de mes grands-parents, puis vers Fondcombe et ce qu'il en restait. La Forêt Noire avait besoin d'eux.

Quand je rouvris les paupières, des hurlements retentissaient de toutes parts dans le palais et dans le royaume. Serrant mon fils contre moi, je m'approchai de la fenêtre laissant mes yeux divaguer sur le cauchemar qui régnait en bas.

Ce qui m'étonna le plus, ce fut le fait de voir ces femmes, ces enfants, se battre à la perfection. Corps et âme, comme s'ils l'avaient toujours fait. Ils défendaient leurs vies, celles de leurs familles, celle de leur famille royale. Ce qui ne fut pas suffisant.

- Ils sont entrés, souffla Haldir en dégainant son épée, prêt à se battre. Ils arrivent.

Mes yeux se glacèrent instantanément. Ils ne toucheraient pas à mon enfant. Je ne les laisserais pas faire, quitte à y laisser ma propre vie.

- Lindorië, appelai-je ma servante qui se tenait immobile à mes côtés, sa dague entre ses doigts. Prend le !

Je déposai Aerandir dans ses bras et la plaçais derrière moi. Je ne pourrais pas me battre avec mon fils dans mes bras, mais je pourrais le protéger lui et la personne qui le tenait. Dégainant mon épée, je bronchais à peine quand Haldir et Jorika m'encadrèrent à nouveau, prêts à se battre.

Le premier orque qui pénétra dans la salle du trône fut décapité par les deux gardes qui se tenaient devant la porte. Puis se fut la débandade. Et la débâcle.

Ils étaient nombreux. Des orques, des hommes. Deux espèces misent en déroute suite à la défaite de Sauron. Je portai mon premier coup et ne m'arrêtai plus. Dans mon dos, Aerandir ne pleurait plus. Mais je sentais sa présence dans mon esprit. Signe qu'il allait bien.

- Prend ça ! Cracha Jorika en décapitant un humain qui passait sous son épée dans le seul but de m'atteindre.

Je pinçai les lèvres quand la tête d'un homme roula à mes pieds et je la balançai sur un orque qui passait à côté de moi. Ce dernier ne comprit pas ce qui lui tomba dessus, mais il vit parfaitement la lame de mon épée s'approcher violemment de son cou. Trop tard. Il s'effondra au sol.

- Ma Dame ! Hurla alors Lindorië.

Elle se battait contre un orque, tout en conservant mon fils contre elle. Poussant un cri de rage, je bondis sur l'agresseur, ne désirant que sauver la vie de mon enfant. Ce fut à cet instant que je sentis un violent coup dans mon ventre. Un coup de poignard. Une douleur atroce.

Je baissais les yeux sur ma taille, mais n'y vis aucune trace de coup. Pas de sang, pas de bleus, pas de marques. Ce n'était pas moi qui venait d'être blessée. Ce n'était pas moi qui venait de prendre un coup désespérément grave.

- Legolas, soufflai-je en me retrouvant déchirée entre mon fils et mon mari.

- Vas-y, clama Jorika en se plaçant devant Lindorië. Je ne les laisserais pas s'approcher. Tu as ma parole. Sauve le !

Je ne me le fis pas dire deux et bondis en avant dans le couloir, décapitant, empalant, tuant tout ce qui se trouvait à ma portée. Je n'étais plus qu'aveuglée par la douleur et la terreur. Je pouvais perdre n'importe qui, endurer la mort d'un de mes amis, mais pas celle de l'homme que j'aimais.

Thranduil me vit arriver des mètres avant que je ne me retrouve devant lui et il décapita un humain qui se jetait sur moi pour m'abattre. Son visage se fit inquiet, mais également furieux. Je ne lui obéissais pas.

- Que fais-tu là ? Demanda-t-il.

- Legolas, répondis-je et je vis son teint viré au blanc crayeux, sans doute similaire au mien. Il est blessé.

Thranduil ne prit pas la peine de me demander comment je le savais, il avait connaissance des liens qui unissaient deux âmes soeurs. Je n'osais imaginer la douleur intérieure qu'il avait du ressentir quand sa femme avait été poignardée. Mais j'avais plus urgent à régler. Eldarwen était morte. Pas Legolas.

Poussant un cri de rage en ne parvenant pas à distinguer mon mari dans toute cette marée de cheveux blonds et de sang, j'attaquais au hasard. M'adonnant à la sauvagerie qui était la mienne à l'époque où j'appartenais au Mordor, je fis le vide autour de moi, au grand étonnement de Thranduil qui peinait à contenir l'assaut de tous ces orques qui en voulaient à sa vie.

- Legolas, hurlai-je dans le cahot qui régnait autour de moi tandis que la douleur se faisait de plus en plus forte dans mon corps et que je sentais mes forces faiblirent.

Ce fut à cet instant que j'entendis des hurlements et des cris sur ma droite. Il y avait beaucoup plus d'ennemis de ce côté là que sur notre droite. Et ces derniers semblaient s'être mis en tête de tuer chaque membre de la famille royale. Mon fils étant dans le palais, Thranduil à mes côtés et moi-même ici, il ne restait que Legolas, Círdan, Barn et Tauriel.

Et en voyant un corps inerte sur le sol, avec de longs cheveux blonds, le doute ne me fut plus permit. Legolas ! Soutenu par son frère cadet qui tenait en respect les orques avec sa dague.

Je poussai un hurlement de rage en me jetant sur les orques qui se battaient face aux gardes du palais qui tentaient de défendre Legolas, à moitié inconscient sur le sol. Mon épée et ma dague tracèrent de larges sillons dans les gorges et les estomacs de tout ce qui ressemblait à un ennemi. Et Thranduil n'était pas en reste.

La vue de son fils ainé sur le sol lui avait visiblement rappelé de très mauvais souvenirs et je n'avais nullement l'intention de laisser le passé se reproduire. Ils ne me prendraient pas Legolas.

- Legolas, soufflai-je en tombant à genoux devant lui.

- Aerandir, où est-il ? Demanda mon mari en serrant mes doigts, horrifié de ne plus voir notre fils dans mes bras.

- Je l'ai confié à Jorika, répondis-je. Elle le défendra au prix de sa vie et bien mieux que n'importe qui. Je t'en pris, conserve tes forces !

Legolas grimaça quand mes doigts soulevèrent sa tunique, à l'endroit même où l'épée de son ennemi avait trouvé un chemin. La blessure était profonde, grave et risquait de devenir mortelle si personne ne faisait rien.

Ce fut à cet instant que j'entendis un hurlement et que je relevais la tête à temps pour voir l'air horrifié de Tauriel qui pointait quelque chose derrière nous. Derrière Círdan, Thranduil et moi-même.

Tournant brutalement la tête vers la direction qu'elle indiquait, je me figeai d'effroi en constatant que des archers ennemis nous visaient, tous les trois. Et que personne ne s'intercalait entre nous et eux.

- Baissez-vous, cria Legolas en parvenant à la même constatation et en m'attrapant par la taille pour me plaquer contre lui.

Son frère lui obéit, mais pas son père qui dirigea lui-même sa flèche contre nos agresseurs. Mais il était trop tard.

- Thranduil ! Hurlai-je quand la première de leurs flèches partit.

J'entendis distinctement le bruit d'une flèche qui se fige dans un corps, ainsi que le souffle qui manque à la personne concernée. Puis l'effondrement qui suit la douleur.

Les hurlements de Legolas et Círdan se mêlèrent dans le chaos qui régnait autour de nous et je me jetai au sol pour éviter l'autre flèche, tout en me rapprochant de Thranduil. Parvenue devant lui, je plaquai mes doigts sur son poignet, cherchant un pouls que je priais d'être présent.

Brisant la flèche qui l'empalait, je plaquais un linge autour de la blessure, sachant avec certitude qu'il ne fallait pas ôter l'arme sans pouvoir opérer immédiatement. Et je n'avais pas le temps. Pas le temps de pouvoir le soigner lui, Legolas et Tauriel qui venait de s'effondrer à ma droite suite à un coup porté à la tête.

Pendant quelques instants, la panique me gagna, accompagnée par celles de Legolas, Círdan et Barn qui tentaient de rejoindre leurs proches. Agenouillée sur le sol, je sentais l'effroi me gagner. Sombre serpent dans mon esprit. Tout autour de moi n'était que chaos et sang.

Je devais me reprendre. Vite avant que les choses ne deviennent encore plus dramatiques. Je m'autorisai cinq secondes de panique où mes larmes se mélangèrent au sang qui cascadait sur mon front. Puis quand mon décompte parvint à cinq, je repris le contrôle de mon corps.

- Barn, appelai-je en attrapant le poignet de mon beau-frère qui tentait de se frayer un chemin jusqu'à ma soeur. Vient là !

- Je dois aller voir Tauriel, riposta-t-il en voulant arracher son poignet. Elle est en danger !

- Je sais, criai-je froidement. Mais je vais m'en occuper. Toi, tu vas faire ce que je te dis. C'est clair ?

Barn hésita quelques instants avant de convenir que je semblais bien être la seule à avoir conserver mes esprits. Il écouta donc attentivement ce que je lui dis de faire. Puis il plaqua ses mains sur l'abdomen de Thranduil, à l'endroit exact de la plaie causée par la flèche, ignorant le gémissement de souffrance du concerné à moitié inconscient. Puis je me précipitai sur Legolas et Círdan.

La plaie de mon mari n'était guère mieux que celle de mon beau-père, mais je ne pouvais m'en occuper dans l'immédiat. Tout comme pour Barn, j'expliquais à Círdan comment arrêter l'hémorragie et interrompre le flot de sang continu. Puis je me précipitais sur Tauriel, évitant de justesse une flèche dirigée spécialement sur moi. Tirant à mon tour, j'empalais violemment mon agresseur.

Ma soeur était blessée à la tête et je me doutais que la blessure était surtout interne, je devais agir vite. Je n'avais déjà que trop tardé. Je posai mes doigts sur sa tempe, fermais les yeux et m'attelais à réparer chaque parcelle de son crâne brisé. Les elfes avaient la tête dure, fort heureusement.

Quand j'eus finis mon travail, je l'attrapai par les aisselles et la portai jusqu'aux côtés de Barn qui appuyait de toutes ses forces sur la blessure de Thranduil qui avait visiblement cédé à l'inconscience. Vérifiant que ce dernier était toujours en vie, je posai ensuite ma soeur aux côtés de son mari avant de me redresser.

Tout le monde courait de partout, il n'y avait plus aucun ordre et cela facilitait la tâche à l'ennemi qui n'avait pas besoin d'ordre pour progresser. Jetant un regard à Círdan, celui à qui revenait le pouvoir depuis que son père et son frère étaient dans l'incapacité de le faire, je constatai que mon beau-frère serait aussi efficace que Barn. C'est à dire pas du tout.

C'était donc à moi que revenait la lourde tâche de protéger Mirkwood alors même que c'était un pur bazar qui régnait. Dure tâche.

- Aeglos, appelai-je tandis que l'homme de main de Thranduil passait à mes côtés, combattant férocement un géant.

- Ma Dame, répondit-il en me rejoignant.

- Sonnez l'ordre de se rassembler devant les portes du palais, ordonnai-je froidement. C'est la débâcle et cela ne mène à rien.

- Bien Ma Dame, fit le Capitaine de la garde en obéissant à mon ordre.

Au premier abord, je ne vis guère de changement. Il y avait toujours des elfes un peu partout, des cadavres jonchant le sol et des hurlements à vous glacer le sang. Puis, peu à peu, je vis les rangs se refermer, les soldats devant faisant reculer les citoyens.

- Placez vous en deux lignes, ordonnai-je en veillant à ce que personne ne s'approche de ma famille. Une ligne défend à l'épée, la seconde avec les arcs et les flèches. Dépêchez-vous !

Personne ne contesta mes ordres. L'avantage d'être une elfe, c'est que le sexisme n'existait pas. Les femmes valaient autant que les hommes et ont obéissaient à leurs ordres comme aux autres. Et le fait que j'ai combattu devant les Portes Noires devait aider également. Ainsi que mon éducation en Terre Noire.

Rapidement, les armées se mirent en place et chacun sembla retrouver un semblant d'ordre. Je vis mes confrères et consœurs attaquer avec une ardeur nouvelle. Décrochant des flèches à chaque orque qui osait s'approcher de moi ou de ma famille, je ne vis cependant pas celui qui s'approcha par derrière.

- Alzena, hurlèrent Barn et Círdan en même temps.

Je pivotai sur mes talons et un violent coup me cueillit au menton, me balançant au sol avec une brutalité inouïe. Le monde tangua quelques instants autour de moi. Un grondement retentit à mes côtés et le coup que j'attendais n'arriva pas. Quelqu'un l'avait dévié.

Clignant les yeux pour tenter de reprendre pied sur Terre, je me demandai quelques instants si je n'étais pas tombée dans les pommes ou si le coup que j'avais reçu ne m'avait pas rendue folle. Car ce que je voyais se dérouler sous mes yeux était une scène qui n'avait jamais eu lieu parmi tous ces millénaires d'existence. Les nains d'Erebor !

Leur présence fit basculer la bataille en notre faveur, surtout quand les elfes de Lothlόrien en patrouille aux abords de la Forêt Noire, et mis au courant par Galadriel, intervinrent à leur tour. Aussitôt, des cris de joie retentirent de notre côté et chaque ennemi fut soigneusement exécuté. Aucun ne quitta la Forêt Noire. Pas question de les laisser fuir pour les retrouver dans une bataille ultérieure. Un ennemi en moins était une chance en moins de se faire tuer.

- Ils sont blessés ! Clama un nain en se précipitant sur Thranduil, Legolas et Tauriel tandis que je tentais de me remettre debout, sans y parvenir à cause de ma migraine.

Quelqu'un passa un bras autour de ma taille et me releva en douceur. Remerciant l'elfe du regard, je parvins à retrouver mes esprits avant de parvenir devant les soignants qui s'occupaient déjà de ma famille.

Rejoignant celle qui s'occupait de Legolas, je la regardais avec application nettoyer la plaie de mon mari, puis y appliquer un onguent avant de bander la blessure tandis que des gardes le hissait sur un brancard.

Récupérant mon fils des bras de Jorika, je fus obligée de laisser les soignants s'occuper seuls de mon mari, de mon beau-père et de ma soeur. Après leur avoir fait jurer de m'appeler dès qu'ils auraient finit de les soigner, je rassurai mon fils du mieux que je pouvais avec la peur qui broyait mon coeur.

Ses yeux verts se rivèrent aux miens quand on parvint dans la chambre royale que je partageais avec Legolas et où se trouvait le berceau de mon fils. Ce dernier était épuisé, je le voyais à ses paupières lourdes, mais visiblement, il avait eu peur et refusait de s'endormir, se révélant d'une ténacité impressionnante.

Il me fallut user de toute mon intelligence pour parvenir à l'endormir. Quand je sentis son petit corps s'alourdir, je le berçai encore quelques instants avant de le déposer dans son berceau. Donnant l'ordre de me prévenir quand il se réveillerait aux deux elfes qui gardaient ma chambre en attendant que le palais soit de nouveau sécurisé, je parcourus tout le palais pour gagner l'infirmerie. De nombreuses plaintes en sortaient et je crispai les poings avant de décider de les aider.

Je fis un travail tout aussi monstrueux que les soignants en sauvant des vies, en pansant des plaies et en accompagnant ceux qui étaient trop mortellement blessés pour survivre. Cela me permit d'oublier pendant un temps que mon mari se trouvait entre la vie et la mort.

Quelques heures plus tard, un garde vint m'annoncer que les soignants réclamaient ma présence et que Legolas avait été installé dans notre chambre pour plus d'espace dans l'infirmerie. Montant en courant les escaliers, je me retrouvais dans le couloir réservé à la famille royale.

Ce fut seulement quand l'infirmière me jura que toute ma famille était hors de danger que je sentis la fatigue de la journée s'abattre sur mes épaules et je chancelai dangereusement avant que quelqu'un ne m'attrape par le bras pour me faire asseoir.

- Tu t'es bien battue, murmura Círdan à mes côtés tandis que l'on attendait pour entrer dans les chambres qu'occupaient Thranduil et Legolas. C'était incroyable. Bien mieux que ce que j'ai pu faire.

Je relevais les yeux sur mon beau-frère, surprise d'y lire de la honte. Qu'avait-il bien pu faire pour se détester à ce point-là ? Je ne voyais rien qui puisse être condamnable.

- Je n'ai pas été capable de me reprendre en main pour diriger les troupes, avoua-t-il et je fronçai les sourcils. J'étais totalement abattu et j'avais cette peur implacable dans mon coeur à l'idée de perdre mon père et mon frère. J'étais totalement effondré et j'aurais laissé mon royaume tomber !

Je posais une main sur son bras, refusant qu'il s'accuse d'un acte qu'il n'avait pas commit. N'importe qui d'autre aurait réagit pareil à sa place.

- Ne te blâmes pas, conseillai-je. Il était tout à fait normal de céder à la peur dans un moment comme celui-là. Tout le monde aurait fait de même.

- Mais pas toi, souffla-t-il. Toi tu as eu le courage de te reprendre en main, de mettre de côté ta peur à l'idée de perdre ta famille pour diriger nos troupes et sauver notre royaume. Tu as su agir en Reine. Ce que je n'ai pas été capable de faire alors que c'était mon rôle à moi de le faire. J'ai été lâche.

- Écoute moi, ordonnai-je et il leva les yeux sur moi. Je n'ai pas agit par excès de courage ou de fierté, j'ai agis parce que j'ai été éduquée ainsi. Dans mon royaume, c'était cela. Soit tu te relevais et tu te battais, soit tu mourrais. Pendant longtemps, je n'ai eu personne à protéger. Et quand je sens que la situation échappe totalement au contrôle, c'est malheureusement ce qui m'arrive. Je me coupe de tout sentiment pour agir pour le bien commun. Mais tu n'es pas comme cela Círdan !

- J'ai été lâche, répéta-t-il fortement.

- Tu as réagit comme l'aurait fait n'importe quel frère ou fils dans une situation similaire, répondis-je sur le même ton. Tu as agit comme j'aurais du le faire si j'avais été élevé autrement. Círdan, la vie ne vaut rien sans les gens que l'on aime. Tu aurais protéger la Forêt Noire en négligeant ta famille ? Tu t'en serais voulu toute ta vie même si c'est ainsi que tu as été élevé. Parce que quoi que tu en dise, quoi qu'en dise Thranduil, si la vie de ses fils est en jeu, je sais qu'il cèderait à la même peur que la tienne. Ce n'est pas de la lâcheté !

Círdan ne répondit rien mais je percevais dans son expression qu'il n'était pas totalement convaincu. Les croyances avaient la vie dure.

- Dans les deux cas tu aurais vécu dans le remord Círdan, continuai-je doucement. Si tu avais décidé de sauver ton peuple plutôt que ta famille, tu aurais été capable de te dire que tu avais fait ton devoir, mais tu aurais perdu la plus belle chose au monde. Tu n'aurais jamais pu te regarder dans un miroir après cela !

Mes mots le percutèrent plus que je ne l'avais prévue. Mais je ne voulais pas qu'il se sente responsable d'un acte dont il n'était pas responsable.

- La famille sert à cela Círdan, murmurai-je. J'étais là pour faire ce que tu ne pouvais pas faire. C'est moi qui a prit les rênes du commandement parce que tu ne pouvais pas le faire. Comme toi tu l'aurais fait si jamais la situation avait été inversée. La famille sert à pouvoir compter les uns sur les autres. Tu as cédé, mais j'ai tenu. Et le royaume est sauf. Il est des guerres que l'on ne peut pas vaincre seul. Il y a des choix à faire, des choix qui ne sont pas toujours ceux qu'il aurait fallu faire, des bons et des mauvais. Mais c'est toujours mieux que de ne rien faire. Et toi, tu as agit. Tu as protégé ta famille, tu as agit ! Et c'est l'essentiel.

Il sera mes doigts, un peu plus convaincu par mes propos et je répondis de la même manière. Je savais que mes paroles étaient vraies, que je ne les disais pas simplement pour voir l'ombre de la culpabilité s'effacer de ses traits.

- Moi-même j'avais vécu pendant tant de temps sans me soucier des autres. Qu'ils meurent ou qu'ils vivent, cela n'avait pas d'importance. Et je le regrettais. Parce que les amis, la famille, c'était sans nul doute ce qui comptait le plus au monde. Si on les perdait, le reste n'avait plus d'intérêt.

- Ma Dame, Mon Seigneur, clama une voix sur notre droite.

On bondit tout les deux sur nos pieds, légèrement effrayés à l'idée qu'une mauvaise nouvelle puisse tomber. Mais l'air souriant de la soignante nous rassura.

- Vous pouvez aller les voir, annonça-t-elle. Ils sont conscients, mais faibles. Ils ont l'interdiction de bouger de leurs lits jusqu'à nouvel ordre. Mais ils sont saufs et ils iront bien. Aucunes conséquences puisque vous avez agit vite et bien. Ils vous doivent la vie.

Je jetais un regard appuyé à mon beau-frère qui avait reprit des couleurs. J'avais peut-être prodigué les premiers soins, mais sans son aide et celle de Barn, ils seraient présentement morts.

- Merci pour tout, répondis-je à la soignante qui inclina respectueusement la tête.

Je me tournais vers Círdan qui hésitait entre la chambre de son frère et celle de son père. Difficile de choisir entre les deux. Encore une fois, c'était à moi d'agir.

- Je vais voir Legolas, lâchai-je en posant la main sur la poignet de la porte de notre suite royale. J'irais voir Thranduil après.

Je vis Círdan m'adresser un signe reconnaissant avant de rentrer dans la chambre que j'occupais avec Legolas et où Aerandir dormait à poings fermés. Visiblement, il était trop fatigué pour avoir entendu le remue-ménage qu'avaient fait les soignants en déposant Legolas dans son lit. Vérifiant son pouls léger, je l'embrassai sur le front avant de me diriger vers mon mari.

Et ce que je vis me brisa un instant le coeur. Je savais qu'il allait se remettre, que le passage qu'il traversait était le même que j'avais pu subir en Lothlόrien quand j'avais moi-même reçue une flèche. Mais cela ne me rassura pas pour autant.

Legolas était allongé, affaiblit considérablement à travers les couvertures. Son teint habituellement soutenu était d'un blafard impressionnant, rivalisant avec le mien quand j'avais quitté les plaines arides du Mordor. Son front luisait de transpiration due à la douleur qu'il avait traversé et ses yeux gris fers posés sur moi avec tendresse reflétaient également la fatigue et la souffrance.

- Comment te sens-tu ? Demandai-je en sachant mes mots inutiles.

Je m'assis à ses côtés et il s'empara de mes doigts. Son étreinte était glaciale et faible, et je retins les larmes qui menaçaient de tomber. J'avais appris à être forte mais lui défiait toute mon éducation.

- Je vais bien, murmura-t-il d'une voix qui acheva de me convaincre qu'il n'était pas passé loin. Je vais mieux. Grâce à toi d'après ce que l'on m'a dit.

- Et grâce à ton frère, ajoutai-je. Je n'ai fais que prodiguer les premiers soins, il est resté à tes côtés jusqu'à la fin. Il est courageux, bien plus que tu ne me l'avais dit.

Legolas sourit doucement et ses yeux se chargèrent de tendresse à l'égard de son petit frère. Puis il y eu de la mélancolie. Caressant doucement le dos de sa main, je lui demandais ce qu'il se passait.

- Quand j'étais à moitié inconscient à cause de la fièvre et de la douleur, j'ai vu ma soeur, avoua-t-il et je hochai la tête, me souvenant que c'était dans ces moments là où j'avais moi-même vu mes proches. Elle était heureuse. Mais cela m'a fait étrange de la revoir. Après tout ce temps. Tout ce temps sans elle.

- Je suis sûre qu'elle est plus qu'heureuse là-bas, répondis-je. Boromir est avec elle.

Legolas hocha la tête et me sourit à nouveau. Caressant son front moite, je déposai une compresse fraiche dessus. Aussitôt, il ferma ses yeux, soulagé. Je tenais là un rôle que je n'avais jamais eu. Et cela me rassurait, me persuadait que mon mari était bien là. Bien vivant.

Soudain, il les ouvrit, effrayé et tenta de se redresser. N'y comprenant rien, je liguai toutes mes forces contre lui pour l'obliger à se recoucher puis je fixais mes yeux dans les siens, inquiète.

- Que se passe-t-il ? Demandai-je.

- Aerandir, s'exclama-t-il. Je me souviens t'avoir vu arriver, sans lui dans tes bras. Est-ce qu'il va bien ?

Soulagée que ce ne fut que cela qui l'inquiétait, je hochai la tête en souriant. Legolas se laissa alors retomber sur ses oreillers et je lui indiquai le berceau.

- Il dort, lui avouai-je. C'est Jorika qui la prit quand j'ai sentis que tu étais gravement blessé. Ne me refais jamais plus ce coup-là.

Ma voix se brisa net et je sentis les larmes affluer. Aussitôt, Legolas tendit la main et caressa ma joue. Il voulu sans doute me serrer dans ses bras, mais la pression des miens sur ses épaules l'en empêcha. Pas question qu'il se blesse encore plus.

- Tout le monde va bien, me repris-je. Tout le monde va très bien. Ton père et ma soeur sont hors de danger. Thranduil a perdu beaucoup de sang, mais la pression des mains de Barn lui a sauvé la vie. Quant à Tauriel, son cerveau était moins touché que je le pensais. Et elle a la tête dure.

- Héritée de votre père, murmura Legolas en souriant pour me rassurer. Vous survivez à tout.

Je m'efforçai de sécher mes larmes et je sentis mes doigts trembler dans ceux de Legolas. Toute la peur que j'avais pu ressentir semblait vouloir s'extérioriser. Mais je ne devais pas céder devant Legolas. Pas après ce qu'il venait de céder. Lui qui avait été si fort pour moi durant toute la quête de l'anneau et la guerre était à présent affaiblit. Et c'était à moi de tenir le rôle inverse. Je ne pouvais pas céder.

Ce fut Círdan qui me sauva en frappant à la porte et en passant la tête dans l'entrebâille. Je lui souris, hochant la tête avant d'embrasser doucement les lèvres de Legolas qui sembla en vouloir plus. Mais ses blessures étaient encore trop ressentes. Je ne risquerais pas de les rouvrir.

- Ton frère est là, murmurai-je. Il s'est vraiment comporté comme un héros. Il a eu peur.

- Je t'aime, lança mon mari quand je refermais la porte derrière moi.

Je souris avant de frapper à celle de Thranduil. Lui aussi y était passé juste. En me rappelant son teint mortuaire, je frémis avant de rentrer dans la pièce quand j'en eus l'autorisation.

Comme son fils ainé, il faisait peine à voir. Bien loin le roi fort et serein qui se tenait sur son trône, bien loin les légendes de sa froideur, de son arrogance et de sa perfidie. Il ressemblait juste à un homme qui a vu bien trop de choses horribles.

Sa peau était encore plus pâle que celle de Legolas, ce qui me persuada que le moment où j'avais sentis son coeur s'arrêter n'était pas une hallucination. Il était repartit, mais de justesse. Ses yeux nettement plus sombres que ceux de Legolas tentaient de faire taire la douleur qu'il ressentait. Peine perdue quand on voyait ses doigts crispés sur ses draps.

Ce fut sa faiblesse plus que celle de mon mari qui me fit chanceler. Parce que Thranduil avait toujours été à mes yeux le souverain fort et infaillible, capable de mener des armées entières à la guerre. Il était celui qui avait tenu son royaume même sous la menace et la guerre. Même sous les ténèbres. Un homme qui n'avait pas cédé.

- Est-ce que ça va ? Me demanda-t-il et un rire m'échappa.

- Ce n'est pas à vous de me poser cette question, répondis-je en le rejoignant. Mais à moi.

- Je vais bien, cessez de vous inquiéter pour moi, clama Thranduil. C'est pour mon royaume et mes enfants que je m'inquiète. Et tu fais partit de ces deux catégories.

Ses propos me heurtèrent et je manquais à nouveau de céder à la crise de larmes qui menaçait. Je trouvai juste le courage d'esquisser un sourire tremblant.

- Círdan m'a dit que c'était à toi que l'on devait la survie de notre royaume, lança Thranduil et je me figeai. Merci pour ce que tu as fait.

- Je l'ai fait parce que je pouvais le faire, parce que c'était mon rôle, répondis-je. Je ne veux aucun remerciement pour cela. J'ai fait mon devoir. Rien de plus.

Thranduil hocha la tête et ferma les yeux quelques instants. Je voulus me relever pour le laisser se reposer mais ses doigts empoignèrent mon poignet. Aussitôt, je me tendis, ressassant les vieux souvenirs du Mordor. Et je manquai de justesse de l'assommer ou de lui arracher violemment mon bras des mains. Avant de me rappeler à qui j'avais affaire.

- Que se passe-t-il ? Demandai-je, inquiète.

- Tu ne veux pas de remerciement et je ne t'en ferais donc pas, fit-il en rouvrant les yeux. Mais je veux que tu saches que tu as toute ta place ici. Et dans la famille. Si jamais tu en doutais.

Je hochais la tête, reconnaissante. J'étais heureuse d'entendre ces mots de sa bouche, après tant d'années à être rejetée. Je ne l'en remercierais jamais assez.

- Reposez-vous, conseillai-je quand il relâcha mon poignet. Vous en avez besoin. La Forêt Noire ne court plus aucun danger. Tout va bien.

Thranduil répondit par un hochement de tête et un léger sourire avant de s'enfoncer dans ses oreillers. Refermant la porte de sa chambre derrière moi, je m'y adossai quelques instants.

Toute la pression que j'avais menaçait d'exploser et je ne pouvais le faire dans ce couloir. Ce fut cela qui me donna la force de le traverser et de rejoindre les jardins.

Quand mon regard se posa sur le champ de gravats, de corps et de sang qui régnait autour de moi, je sentis mes dernières barrières céder et la panique me gagna. M'effondrant contre un pilonne, je tentai de contrôler les tremblements qui me secouaient.

- Alzena, s'exclama une voix reconnaissable entre mille.

Et la seule devant qui je m'autorisais de craquer. Jorika.

- Oh Alzena, murmura ma meilleure amie en s'effondrant à mes côtés pour me serrer dans ces bras. Tout va bien ma belle. Tout va bien. C'est finit. Tout le monde va bien. Ils sont en vie.

Je tentais de lutter contre les larmes mais elles gagnaient du terrain.

- Tu peux pleurer, personne ne le verra, fit mon amie à mon oreille. Tu as besoin de craquer. Autorises toi de le faire. Tu ne peux pas tout garder. Tu ne peux pas lutter contre tout.

Ce furent ces propos qui brisèrent les dernières barrières que je m'étais dressée pour ne pas céder et je me mis à pleurer. Comme je ne l'avais jamais fait avant. Comme jamais je n'avais eu à le faire.

Pendant quelques instants, plus rien n'eus d'importance. Je sentais seulement les bras de Jorika autour de moi, son étreinte fraternelle et si forte, ses paroles apaisantes dont je ne saisissais pas le sens. Au milieu de tous ces souvenirs emplis de douleur, de peur et de tristesse. Tous ces souvenirs qui firent tant couler mes larmes retenues depuis trop de temps.

Cette attaque m'avait rappelé à quel point la vie était fragile, précieuse, courte. Même pour les elfes. Que même en faiblesse, les forces du Mal menaçaient toujours. Il fallait les abattre. De manière à ce qu'elles ne reviennent jamais et ne puisse plus faire autant de dégâts que ceux que je pouvais constater autour de moi. Je me devais de vider le Mordor. D'anéantir à jamais ces forces obscures. C'était mon rôle !


Alors qu'en avez-vous pensé ? J'ai vraiment adoré écrire ce chapitre car il y avait des combats et que cela me manquait un peu ! J'espère que comme moi à l'écrire, vous avez prit plaisir à le lire. Donnez moi tous vos avis, ils sont attendus avec grande impatience !

A Samedi Prochain. Bon week end à tous et bonne semaine. Bonnes vacances à ceux qui le sont et sinon, bon courage aux autres. Bises