Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.


En route pour Bordeaux

En cours de route Peter sombra dans le sommeil à l'arrière du véhicule. Neal qui était monté aux côtés de Vanessa se tourna vers lui avec inquiétude.

- Tout va bien, il dort. Affirma Vanessa qui surveillait ses passagers du coin de l'œil.

- Je n'ai pas l'habitude de le voir ainsi. Soupira Neal.

- Je crois qu'il s'est fait beaucoup de soucis pour toi. Il a l'air de tenir beaucoup à toi.

- C'était le cas avant, mais du temps a passé depuis et tu sais ce que je lui ai fait.

Vanessa fronça les sourcils.

- Ce que tu lui as fait ? Tu veux dire les protéger lui et sa femme en simulant ta mort ? Je crois qu'il devrait t'en être reconnaissant.

- Ce n'est pas si simple, je l'ai trompé en beauté.

- Nous. Corrigea Vanessa. Je t'ai aidé et tu le sais et je crois qu'il sait exactement quel rôle j'ai joué dans cette affaire. J'ai bien vu la façon dont il m'a regardé tout à l'heure. Peut être ne m'a t'il pas encore reconnue, mais cela ne saurait tarder.

- Tu n'as fait que louer un container, ce n'est pas un crime. La rassura Neal.

- J'ai aussi aidé un criminel à disparaître, cela risque d'être vu comme en étant un. Commenta Vanessa.

- Je n'ai pas l'impression que cela te tourmente beaucoup. Remarqua Neal.

Vanessa sourit.

- Tu me connais bien. Dit elle avec amusement. J'en ai vu d'autres avec mes parents.

- J'imagine que ta mère s'est vite remise de son chagrin. Murmura Neal. La mort de ton père n'a pas du la faire pleurer longtemps.

- Curieusement elle en a été très affectée. Répondit Vanessa. Même s'ils n'ont jamais été mariés elle a toujours fait comme s'ils étaient mari et femme. Je crois qu'il avait un certain attachement pour elle lui aussi. Même après avoir épousé Françoise il a continué à voir ma mère.

Neal n'était pas surpris. Il n'avait jamais cru que Vincent Adler soit réellement amoureux d'une femme aussi jeune que Françoise.

- Cela n'a pas été facile pour toutes les deux au début il me semble...

- Non, en effet, elle était bien trop jeune pour que je puisse la voir comme une belle mère. Nous nous sommes ignorées un certain temps comme tu le sais.

- Oui, c'est à cette époque que j'ai fait ta connaissance et que j'ai su que Françoise était l'épouse d'Adler.

- Cela a du te faire un choc à l'époque, de retrouver la cousine de Madison dans cette position.

- Plus ou moins.

Vanessa le regarda avec curiosité.

- Comment cela ?

- Je me doutais qu'elle se chercherait un mari, mais je ne pensais pas qu'elle opterait pour quelqu'un comme lui.

- Cela je peux le comprendre. Souffla Vanessa.

Elle reporta son attention sur la route et ne parla plus pendant un assez long moment.

- Où allons nous exactement ? Demanda Neal.

- Je pensais vous déposer chez Gilles, personne ne viendra vous chercher à la chartreuse. C'est un endroit bien placé dans Bordeaux, sécurisé et très confortable, vous pourrez vous reposer et discuter autant que nécessaire.

- Et Gilles sera d'accord ? Objecta Neal. Ce pourrait être risqué pour lui.

Il n'avait jamais rencontré le jeune homme, et bien que ce dernier soit très proche de sa sœur ainée, il n'était pas du même milieu et Neal n'était pas certain que ce soit une bonne chose de le mêler à cette affaire.

- Si cela peut ennuyer notre mère Gilles sera ravi. Il ne lui a jamais pardonné de l'avoir vendu à son père lorsqu'il avait cinq ans. Même si cela lui a permis de grandir dans le luxe et d'hériter d'une fortune il a souffert de ce qu'on lui a imposé de faire pour mériter cet héritage.

- Et d'être séparé de toi je présume. Ajouta Neal. Je me souviens que toi tu pensais beaucoup à lui. J'étais content d'apprendre que vous aviez fini par vous retrouver. A ce propos, tu ne m'as jamais dit comment vous vous étiez retrouvé.

- Je n'en ai jamais eu l'occasion. Avoua Vanessa. Je n'étais pas très fière de la façon dont j'avais réussi à le revoir.

- Tu veux me raconter ?

- Pourquoi pas, nous avons encore un peu de route à faire. J'avais tout juste 24 ans, j'ai dragué un vieux type de l'entourage du père de Gilles pour qu'il m'introduise dans la chartreuse. Une fois dans la place je me suis mise à la recherche de mon petit frère. J'avais peur de ne pas le reconnaître, il avait cinq ans lors de notre séparation et dix ans avaient passé... mais dès que je l'ai vu j'ai su que c'était lui. Il était magnifique. Blond, bronzé, avec toujours ces belles boucles indisciplinées autour de sa tête. Il avait l'air de s'ennuyer mortellement et lorsqu'il m'a regardée...

Elle marqua une pause dans son récit, la gorge nouée par l'émotion au souvenir de ces retrouvailles avec son frère.

Gilles l'avait regardée et son regard empli d'ennui s'était brusquement empli de joie, il s'était précipité vers elle pour la prendre dans ses bras.

- Il m'a reconnue, s'est précipité vers moi pour m'étreindre. Il a prononcé mon surnom et nous avons eu du mal à ne pas pleurer.

- J'imagine. Sourit Neal.

- Après je me suis faite mettre à la porte, mais j'avais eu le temps de lui donner mon adresse et mon numéro de téléphone, nous n'avons plus jamais perdu le contact.

Neal fixa le tableau de bord, le visage empreint d'une sorte de tristesse résignée.

- J'aurai aimé avoir une grande sœur telle que toi lorsque j'avais quatorze ans. Avoua t'il. Ou même une petite sœur. Gilles et toi avez de la chance, vous avez réussi à vous retrouver et vous êtes restés proches.

A l'arrière Peter qui venait de se réveiller et qui écoutait sans rouvrir les yeux depuis quelques minutes se sentit un peu embarrassé. Il y avait fort à parier que les deux autres n'auraient pas parlé si librement s'ils avaient su qu'il ne dormait plus.

Il n'osait pas rouvrir les yeux et les déranger, mais la situation devenait vraiment dérangeante pour lui.

Il s'agita un peu puis soupira pour indiquer qu'il s'éveillait.

Neal se tourna vers lui.

- Peter ?

- Hmm ?

- Ça va ?

- Hmm.

Neal sourit et se tourna à nouveau vers l'avant.

- Si tu veux te joindre à la conversation, nous n'avons rien contre. Dit il avec malice. Pas vrai Vane ?

- Tout à fait. Sourit Vanessa.

Peter fronça légèrement les sourcils et rouvrit les yeux, songeant que ces deux là s'étaient bien trouvés, ils avaient des caractères assez semblables.

- Je vous trouve un peu trop proches vous deux. Marmonna t'il.

- C'est parce qu'on se connaît depuis longtemps. Affirma Neal. Même si nous ne pouvions pas nous voir souvent nous gardions le contact.

- Un peu comme Gilles et moi. Ajouta Vanessa.

Peter hocha la tête.

- Je comprends.

Il regarda Vanessa.

- Donc nous allons chez votre frère.

- Oui. Il vous accueillera volontiers, ne vous en faites pas agent Burke. Il est encore très jeune mais il est brillant. Il sera heureux de faire votre connaissance à tous les deux. Vous pourrez d'ailleurs lui apprendre deux ou trois petites choses je pense, il appréciera.

- Ce sera avec plaisir. Affirma Neal.

Peter lui préféra ne pas s'avancer là dessus. Il tenait à voir à qui il allait avoir à faire avant de dire quoi que ce soit.

Au terme de leur trajet Vanessa se gara devant un portail de métal noir monumental et s'adressa à l'interphone.

- Je viens voir Gilles. Si vous vouliez bien m'ouvrir.

Le gigantesque portail s'ouvrit sans bruit et elle engagea son véhicule sur le chemin sablonneux qui conduisait à la chartreuse.

Un jeune homme blond et bronzé attendait sur la terrasse, le sourire aux lèvres.

- Vane ! Je ne pensais pas te revoir si vite...

Vanessa et lui s'embrassèrent puis le jeune homme se tourna vers Peter et Neal qui étaient descendus à la suite de la jeune femme.

Il sourit et tendit la main à Neal.

- Vous devez être Neal, heureux de faire votre connaissance. Vane m'a tellement parlé de vous que j'ai l'impression de déjà vous connaître.

- J'ai bien peur qu'elle n'ait un peu trop exagéré à mon sujet, je n'ai sans doute pas fait tout ce qu'elle a bien pu vous dire. Plaisanta Neal en lui serrant la main.

Gilles se tourna ensuite vers Peter, les sourcils froncés, puis il se détendit et le salua également avec politesse.

- Je présume que vous êtes l'agent Burke... Soyez les bienvenus à la chartreuse.

Peter était un peu surpris d'un si bon accueil, mais Neal l'acceptait comme si cela était tout à fait normal.

- Gilles, ils ont besoin de se reposer à l'abri. Françoise est un peu hostile envers l'agent Burke. Rien de bien méchant, mais il vaut mieux qu'elle ne les rencontre pas pour le moment.

- Je vois. Dit tranquillement Gilles. Le pavillon central est libre, ils peuvent prendre possession des deux chambres qui s'y trouvent. Ils ont de la chance, les travaux de rénovation viennent juste d'être terminés, la salle de bains est enfin utilisable.

Peter battit des paupières mais préféra garder le silence, puisque visiblement tout le monde trouvait la situation normale il serait mal venu de faire des remarques qui pourraient se retourner contre lui.

Neal le regarda puis se tourna vers Gilles.
- Mon ami a encore besoin de se reposer, quand à moi, je dois aller chercher deux personnes qui sont restées au domaine du Grand Vignoble. Puis-je l'accompagner à sa chambre et disposer d'un véhicule ?

Peter, Vanessa et Gilles se récrièrent aussitôt.

- Tu n'es pas sérieux, tu ne peux pas retourner là bas. Affirma Peter.

- L'agent Burke a raison, Françoise ne te laissera jamais repartir avec Danièle et tu le sais. Protesta Vanessa soucieuse.

- Je serai un très mauvais hôte si j'acceptais de vous laisser reprendre la route si vite. Ajouta Gilles doucement.

- Mais nous ne pouvons pas laisser Scott et Dani... murmura Neal d'un ton soucieux.

- Je vais téléphoner à Scott. Affirma Peter. Dès que mon téléphone portable sera rechargé.

- Et moi à Dani. Dit Vanessa d'un ton décidé. Pour l'heure il serait bon en effet que vous preniez du repos tous les deux. Gilles et moi nous occupons du reste. Ne vous faites pas de soucis.

Neal capitula provisoirement et accompagna Peter dont le visage fatigué lui inspirait du soucis, jusqu'à la chambre qui serait sienne.

Peter s'installa au bord du lit et le regarda comme s'il redoutait de ne plus le trouver là à son réveil.

Neal ne pouvait pas lui en vouloir de cette crainte, il n'y avait pas si longtemps cela aurait été une possibilité en effet, mais plus maintenant et il devait l'en convaincre.

- Je te promets que je serai toujours là à ton réveil et que nous parlerons. Dit il avec calme.

Peter hocha la tête sans le quitter des yeux.

- Promets moi aussi que tu ne feras rien sans moi. Demanda t'il après une hésitation.

Neal hocha la tête en silence.

- Je te le promets.

Peter eut un bref sourire qui exprimait sa satisfaction et son soulagement puis il s'étendit et ne tarda pas à s'endormir.

Neal prit place dans un fauteuil et le regarda dormir, songeant qu'ils avaient bien changés tous les deux, au début de leur relation jamais Peter ne l'aurait cru sur parole et il aurait sans doute eu raison de se méfier.

Maintenant les choses étaient différentes... il était un homme libre qui entendait le rester, qui avait des responsabilités et il appréhendait quelque peu le moment où il allait devoir l'expliquer à l'agent.

Il redoutait également les raisons qui avaient poussé Peter à se lancer à sa recherche. Alors qu'il avait tout fait pour qu'il fasse le contraire.

Où avait il fait erreur pour que l'agent ne tienne aucun compte de ses avertissements ?

Il allait devoir tirer cela au clair une fois que Peter se serait reposé, et il se doutait que ce ne serait pas une discussion des plus agréables pour eux.

A suivre