Bêta : Moïra-Chan ~

Rating : T (Bon Karkat ne parle pas ici, ça explique le manque d'insultes...)

Résumé : D'ailleurs, sans te vanter, tu es plutôt connu dans le milieu francophone. « L'assassin au pavé », qu'on te surnomme parfois.

Note de l'auteur : La Japan Expo m'a tué. Il est 23:32, exceptionnellement vous l'aurez ce soir parce que demain je pense pas que je serais en ETAT pour pouvoir le poster. Voilà voilà. Je vous aime, bonne nuit !

Auto-évaluation : ***


29 - Urbain

Le tram est bondé.
Bon, non, le tram n'est pas totalement bondé. Genre, tu peux respirer sans problème et même te déplacer à l'intérieur. Mais il y a aucune place libre, donc tu es forcé de rester debout. Et ça, ça te gonfle. Ça te gonfle beaucoup.
Tu soupires, tapes du pied, vérifies pour la vingt-neuvième fois le plan des arrêts, le tien étant toujours aussi loin – quasiment dix haltes, bon sang.

Tu es debout, il fait une chaleur intolérable pour toi – ce foutu conducteur n'a pas dû allumer la climatisation, et tu le maudis pour ça – et une dame juste à côté de toi a l'air très concentrée sur le fait d'ignorer superbement son putain de gamin qui hurle ses poumons à s'en faire péter la trachée.
Et au milieu de tout ça, tu as une furieuse, impérieuse envie d'écrire.

Tu sors du dernier blockbuster en date. C'est ton métier (ô combien envié, il parait) que d'aller voir les films qui sortent, puis d'écrire des avis dessus. D'ailleurs, sans te vanter, tu es plutôt connu dans le milieu francophone. « L'assassin au pavé », qu'on te surnomme parfois. Parce que peu de films résistent à ta plume acerbe…
… et parce qu'il te faut rarement moins de cinquante lignes pour exposer ton avis de façon claire, précise et… colorée.

Bref. Le fait est que tu sors du dernier blockbuster en date, et que tu as beaucoup, beaucoup de choses à dire. Tout de suite. Le problème, c'est que tu as oublié de prendre avec toi le carnet qui est d'habitude dans la poche arrière de ton jeans. Tu n'as qu'un stylo – que tu as dû oublier là en sortant ton carnet pour retranscrire tes notes pour une de tes chroniques.
Un stylo qui ne te sert pas à grand-chose, sans papier pour y coucher tes pensées qui moulinent à toute vitesse depuis déjà plus de dix minutes que tu es dans le tram.

Et bien sûr, bien sûr ! Il fallait que ce soit aujourd'hui que ta prose se développe pour former exactement les arguments les plus percutants auxquels tu aies jamais pensé de ta vie, quand tu n'as rien pour les noter.
Enfin, rien…

Tu jettes un œil à droite et à gauche.
Tout le monde est occupé, sur son téléphone ou dans ses pensées. Tant mieux – tu n'aimes pas franchement te donner en spectacle, surtout de cette façon. Mais bon, vaut mieux ça que de mourir de frustration, ce qui t'arrivera très certainement si tu laisses passer toutes ces idées.
Débouchant ton stylo, tu fais courir sa pointe sur ta peau.
Mais bientôt, tu te retrouves à devoir appuyer ton bras sur ta jambe dans un mouvement peu confortable et un angle très peu ergonomique. Tant et si bien que tu décides que quitte à être ridicule, autant l'être jusqu'au bout – et tu t'assois donc par terre à cette occasion.

Tes fesses fermement ancrées sur le sol en mouvement, tu appuies ton bras sur un genou et te concentres sur la surface de peau que tu as à disposition – bien trop petite à ton humble avis. Il va pourtant bien falloir faire avec, aussi décides-tu d'écrire à moitié en sténo et à moitié en SMS – chose que, pourtant, tu abhorres.
Pendant plus de dix minutes, tu restes concentré sur cette intense tâche, traçant sur ta peau les bases de ta prochaine chronique, qui risque bien d'être plus que salée pour le pauvre réalisateur. Mais bon, après, il s'agit de son travail et il faut savoir accepter les critiques, non ?
Tes yeux sont fixés sur ta peau claire, presque diaphane à force de ne faire que voir des films, et sur les signes que tu y as tracés frénétiquement. Si fixés que tu ne sens pas une silhouette s'approcher puis s'accroupir près de toi.

Il faut que la pointe d'un second stylo frôle ta peau pour que tu sursautes et prennes conscience de la présence de cet homme aux cheveux noirs en bataille, penché près de toi.
Actuellement concentré – son visage fait une mimique étonnante, il en tire presque la langue ! – à écrire à son tour sur ton bras, d'un stylo noir qui tranche avec les mots bleus déjà couchés ici. Lorsqu'il estime avoir terminé, il relève la tête—

—et tu te souviens que respirer n'est pas en option lorsque de petites étoiles viennent danser devant tes yeux, obstruant ces deux magnifiques pupilles océan qui ont rencontré les tiennes.
Tu es encore en train de chercher ton souffle lorsqu'il se relève, t'adresse un petit signe de la main et s'enfuit presque par la porte qui vient de s'ouvrir.
Un coup d'œil sur ton bras te fait presque hoqueter.

Dix chiffres s'étalent sur ta peau dans un angle presque impossible à lire.
Un numéro.

J&K


Voilà ! Je vous avais prévenu hein que c'était court. Promis je pense que le prochain (Pluie !) sera un peu plus long ! J'espère que celui-là vous a plu, n'oubliez pas de jeter des reviews à l'auteur ! (L)