Bonjour à toutes !

Un grand merci, un immense, un fabuleux merci pour vos reviews ! Un merci particulier aux Guest à qui je ne peux répondre personnellement. Vous avez visiblement été soulagées que Bella soit retrouvée en vie. Tout semble rentrer dans l'ordre...

Merci à Evelyne-raconte pour ses corrections, à puceron52 et erika pour leurs relectures !

Bonne lecture !

PS : ce chapitre contient un lemon.


Chapitre 29

Pov Bella

Mon premier vrai réveil fut assez bref. J'eus néanmoins le temps de serrer Edward contre moi, pour m'assurer qu'il était bien réel, puis de saluer Emmett, qui souleva délicatement mon minuscule nourrisson afin que je puisse voir son visage. Mary-Bel avait les yeux fermés, mais je pus admirer ses minuscules cils extrêmement fins, un joli nez en trompette tout petit, et une bouche en cœur si adorable que je me pris à sourire franchement.

-Elle est belle, n'est-ce pas ? Demanda Edward d'une voix douce.

-Magnifique, soufflai-je, la gorge nouée par les sanglots.

Une larme roula le long de ma joue tandis qu'Emmett reposait ma fille sur le matelas de la couveuse. Les émotions m'étranglaient, m'étouffaient presque tant elles étaient nombreuses et violentes.

-Hey, ne pleure pas, poupée ! S'exclama Emmett en se retournant. Qu'est-ce qui ne va pas ?

Edward m'avait déjà enlacée, me berçant comme une petite fille, comprenant mieux que personne ce qui m'arrivait : le plus dur était passé, notre fille était là, en sécurité, près de nous, et le stress accumulé depuis de longs mois s'évacuait à travers les larmes. Epuisée par toutes ces émotions, je fermai les yeux et m'endormis, le nez dans le cou de mon petit-ami.

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Mon second réveil fut plus long. Ouvrir les yeux fut plus facile, et je pus constater que j'étais seule dans la chambre. Il faisait nuit, mais une lampe de chevet était allumée à côté de moi, m'éblouissant un peu. L'hôpital était calme, reposant. Plusieurs moniteurs cardiaques dispensaient leurs sons électroniques, un son caractéristique aux hôpitaux.

-Vous m'avez manquée.

L'agent Appledown se tenait sur le seuil de la porte, un sourire narquois sur les lèvres. Il portait un bras en écharpe, mais ne semblait pas souffrir.

-Puis-je ? Demanda-t-il en faisait un geste du menton dans ma direction.

J'acquiesçai, aussi s'avança-t-il jusqu'au lit, restant debout au pied de celui-ci.

-Comment allez-vous mademoiselle Swan ?

Je haussai les épaules en réponse à sa question un peu ridicule, pourtant il resta à me regarder, attendant réellement une réponse.

-Je vais bien, mais je me sens tellement stupide…

L'agent fédéral secoua la tête en soupirant, avant de venir s'asseoir sur le lit. Tandis qu'il avançait vers moi, je le vis jeter un coup d'œil à ma fille.

-Vous n'avez pas à vous sentir stupide, rétorqua-t-il. Quand j'ai compris que mon coéquipier avait retourné sa veste, j'ai cherché une manière de l'amener à commettre une erreur. Pourtant à aucun moment je n'ai anticipé votre réaction suite à la disparition de votre beau-père.

La façon si naturelle dont il parla de Carlisle me réchauffa le cœur : je faisais réellement partie de la famille Cullen, aux yeux de tous, sans aucune ambiguïté.

-Je vous expliquerai tout en détails dans quelques jours, lorsque vous serez sortie de l'hôpital et que vous aurez repris des forces. Nous allons être amenés à nous voir régulièrement pour mener à bien le procès qui s'annonce, alors nous aurons tout notre temps pour discuter. Et je vous interdis de vous accabler ainsi : ce n'est en aucun cas votre faute si vous êtes passée si près de la mort. Nous sommes plusieurs à avoir commis des erreurs dans cette affaire, et celles-ci vous ont malheureusement conduites entre les griffes de Connor. Maintenant qu'il est en prison, il y restera jusqu'au procès, et grâce au travail de chacun, il risque fort de rester enfermé jusqu'à la fin de sa vie. Malheureusement... Laurent Ruiz nous a échappé. Nous le recherchons activement. Interpol a diffusé sa photo, ça ne devrait pas prendre longtemps.

Il se leva en faisant attention à ne pas me secouer.

-Et pour Carlisle ? Est-ce que vous l'avez retrouvé ?

J'étais plutôt déboussolée, entre ces courtes périodes de réveils et les longues phases de sommeil, or maintenant que je reprenais doucement pied avec la réalité, je prenais conscience que j'ignorais beaucoup de détails qui entouraient ma libération.

-Il va bien, et je suis certain qu'il va encore mieux maintenant qu'il vous sait réveillée. J'ai bien compris que vous vous inquiétiez tellement pour lui que vous vous êtes jetée dans la gueule du loup pour essayer de le retrouver, c'est ce que je voulais dire quand j'ai dit ne pas avoir anticipé votre réaction. Vous en apprendrez plus quand vous aurez repris des forces, mais je veux que vous sachiez d'ores et déjà qu'il était en sécurité avec moi.

Je hochai la tête, rassurée, mais pressée de tout savoir. Pour l'instant, je n'étais pas en mesure de réfléchir et de me concentrer plusieurs heures d'affilées.

-Et vous, monsieur Appledown, comment allez-vous ?

-Je me porte comme un charme, sourit-il. Stattle a bien essayé de me tuer, mais je connais ses points faibles. La balle a juste traversé mon épaule, mais ça justifiera ma demande d'augmentation !

J'adorais son sens de l'humour, vraiment, aussi ne pus-je me retenir de rire.

-Croyez-moi mademoiselle Swan…

-Bella, le coupai-je.

-Croyez-moi Bella, vous avez de quoi être fière. Vous avez vaincu Connor en vous accrochant à la vie, et le fait d'être encore en vie et saine et sauve tient du miracle. En tout cas, moi je suis très fier de vous.

Une larme solitaire roula le long de ma joue, tant la conviction qu'il avait mise dans ses paroles m'émut.

-Merci, monsieur, le remerciai-je.

-Monsieur me fait l'effet d'être déjà vieux, sourit-il. Appelez-moi Jack, Bella, ce sera un honneur pour moi.

Je souris faiblement, puis saluai l'agent du FBI qui sortit aussi silencieusement qu'il était venu. Je restai de longues minutes allongée, la tête tournée vers ma fille que je pouvais voir à travers les parois transparentes de la couveuse. Mary-Bel dormait, ses petits poings serrés placés près de son visage, illustrant à la perfection l'expression « dormir à poings fermés ». Elle était calme, et sa sérénité était relaxante, même si j'avais encore du mal à me dire : c'est ma fille. J'avais hâte de la tenir dans mes bras, et créer ce lien immatériel qui ne demandait qu'à nous unir.

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Mon troisième réveil fut encore plus long que le second, et il commença très bien puisque je me réveillai pour trouver Edward endormi contre moi, me serrant tendrement dans ses bras. Je passai ma main dans ses cheveux, l'ébouriffant comme j'adorais qu'il le soit, puis déposai un baiser sur son front. Il ouvrit lentement les yeux, avant de sourire largement.

-Ce genre de réveil m'a manqué à un tel point, si tu savais ! Soupira-t-il. Est-ce qu'un jour tu pourras me pardonner ?

Je mis plusieurs secondes pour comprendre de quoi il parlait, pour savoir d'où venaient les remords et le chagrin que je lisais dans son regard. Il s'excusait de sa façon de me traiter quand son père avait disparu, et il semblait avoir compris que c'était ce comportement qui avait sûrement conduit à ma folie de vouloir mener seule mon enquête. Edward dût me prendre pour une folle quand je me mis à rire doucement. D'ailleurs, son froncement de sourcils était là pour le prouver. Je caressai sa nuque dans une tentative pour le rassurer.

-Je l'ai déjà fait, malgré tout ce qu'a pu me dire Jasper avant mon enlèvement. Je pourrais mentir et te dire que seules les années pourront faire table rase de tes erreurs, mais … ce serait faux. Mon Dieu, j'ai l'impression que ton père a disparu il y a des années, et pas seulement depuis quelques jours.

-Qui te dit que ça ne fait pas six ans que tu es dans le coma ?

Cette fois, ce fut un rire franc et clair qui sortit de ma gorge. Je fis semblant de le frapper, et récoltai un nouveau sourire de sa part.

-Ta fille, gros bêta !

Avant que je comprenne, il se jeta sur mes lèvres et m'embrassa longuement, tendrement, un baiser de retrouvailles, que j'attendais sans le savoir jusqu'à ce qu'Edward me le donne.

-C'est une bonne réponse, souffla-t-il contre mes lèvres. Je t'aime Bella.

-Je t'aime aussi Edward. Mais, s'il te plaît, est-ce que tu pourrais décaler ta main ?

Par inadvertance, il avait posé sa main sur la mienne, et appuyait sans faire exprès sur ma perfusion. Il s'excusa tout en retirant sa main, mais ne se leva pas, trop occupé à caresser mon corps. Mary-Bel se mit à gémir, nous faisant soupirer Edward et moi. Je ne compris pas tout de suite pourquoi Edward ferma les yeux en ôtant ses mains de ma peau, jusqu'à ce que je baisse les yeux vers la partie inférieure de son corps.

-On ne rigole pas, m'avertit Edward, sûrement conscient que j'avais compris son… problème. Si je me lève maintenant et qu'une infirmière entre dans la chambre… Ou pire, Emmett ! Ma réputation n'y survivra pas !

Il rouvrit les yeux, riant doucement. Cet intermède lui avait permis de faire baisser la pression, aussi se leva-t-il pour aller voir notre fille.

-L'infirmière est venue il y a longtemps ? Me demanda-t-il en prenant le nourrisson dans ses bras.

-Aucune idée, je dormais. En revanche, j'ai vu l'agent Appledown.

Je ne voyais pas ce que faisait Edward, ce qui fit que je m'affolai lorsque le moniteur cardiaque de Mary-Bel émit un son strident.

-N'aie pas peur, me rassura-t-il en se tournant vers moi. Elle va très bien.

Il s'avança, portant notre enfant d'un bras. J'avais envie de bouger, de lever le bras pour la toucher, me relever pour l'embrasser, mais mon corps refusait de m'obéir. Edward releva la tête du lit à l'aide de la télécommande électrique, avant de déposer doucement, délicatement, ma minuscule fille dans mes bras. Il me guida pour que je la tienne de manière adéquate, mais j'enregistrais à peine ce qu'il faisait tant ce moment était magique. Ce petit être, enfin dans mes bras, était un peu d'Edward et un peu de moi, un mélange de nous deux. Elle me regardait, tout comme je la regardais : avec fascination. Nous nous découvrions l'une l'autre, et c'était magnifique.

Sans un mot, Edward s'assit tout contre moi, puis il souleva ma chemise d'hôpital : Mary-Bel et moi fûmes peau contre peau, pour mon plus grand bonheur. J'étais maman, Edward était papa, et notre fille la symbiose des deux. Nous avions désormais le reste de notre vie pour la regarder grandir, et l'aimer plus que tout. J'avais tant cru l'avoir perdue lorsque la sage-femme l'avait emmenée loin de moi, que le soulagement que j'éprouvais était presque douloureux. Sans compter que durant de nombreuses heures, je me l'étais imaginée, mais aucune image mentale ne pouvait concurrencer l'originale.

Nous restâmes plusieurs minutes ainsi, jusqu'à ce que la petite se mette à vagir. Edward appela une infirmière en appuyant sur la sonnette, puis regarda sa montre.

-Tu voudrais la nourrir ? S'enquit-il. Je vais devoir te laisser avec l'infirmière, mes consultations vont bientôt commencer, mais elle te montrera et restera avec toi.

-A quelle heure es-tu venu me rejoindre pour t'être ainsi endormi à côté de moi ? M'inquiétai-je. Tu as dormi cette nuit au moins ?

-Oui, j'ai dormi, mais je passe trois heures au moins ici chaque matin, avant mes rendez-vous. Je me lève un peu plus tôt, mais ça en vaut le coup, rien que pour me réveiller tout contre toi.

L'infirmière, Angela, arriva, heureuse de constater mon réveil. Edward lui ordonna de l'appeler au moindre souci, puis après m'avoir embrassée, il s'éloigna à grands pas tandis que l'infirmière me proposait de nourrir Mary-Bel, proposition que j'acceptai avec joie. Ce fut mon premier moment de complicité avec ma fille, et même si ses yeux n'étaient qu'à moitié ouverts, Angela m'affirma qu'elle ressentait ma chaleur corporelle et connaissait mon odeur.

Trop vite, la fatigue reprit le dessus, ce qu'Angela comprit très bien. D'elle-même, elle s'assit à mes côtés, et par des gestes doux et lents, elle fit glisser le nourrisson vers elle, veillant cependant à faire en sorte que ma main garde un contact avec la peau de Mary-Bel. C'est ainsi que je m'endormis, la tête sur l'épaule d'Angela, une main contre la peau douce et chaude de ma si belle petite fille.

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-Tu ne nous as toujours pas dit si son prénom avait une signification ?

En ouvrant les yeux, je découvris Alice qui observait Mary-Bel à travers la paroi translucide de la couveuse. Edward lisait des documents rangés à l'intérieur d'un dossier cartonné, sûrement un dossier médical appartenant à l'un de ses patients. Il tournait le dos à sa sœur, mais comme il avait la tête baissée, il ne vit pas que je m'étais réveillée.

-Oui, il a une signification, fit-il, laconique.

Il y eut un silence, avant qu'Alice ne reprenne la parole.

-Laquelle ? Tu ne nous le diras pas, n'est-ce pas ? Tu es un vilain cachottier !

Elle se retourna, et vit mon sourire.

-Bella ! S'écria-t-elle en courant vers moi. Enfin !

Je la réceptionnai, les bras grands ouverts. Nous nous étreignîmes de longues secondes, avant de nous séparer, Edward prenant sa place entre mes bras. Sauf que lui m'embrassa longuement.

-Je serai ravie de savoir moi aussi, lui soufflai-je lorsque nous nous séparâmes. Comment a été ta journée ?

-Bien meilleure depuis ton réveil ! Et toi, ta…

-Oh eh ! Vous n'êtes pas tous seuls ! Mary-Bel ne vous dira peut-être rien avant des années, mais moi je vois tout, et … beurk !

Edward se redressa en riant tandis que je rougissais comme une pivoine : j'avais oublié où nous étions à l'instant même où les lèvres d'Edward s'étaient posées sur les miennes. Et à vrai dire, j'aurais adoré être seule avec lui, dans notre chambre, la porte fermée à clé et le fameux panneau « ne pas déranger » accroché à la poignée.

-Tu viens de soupirer si fort, Bella, que même ta fille a dû en sentir le souffle, railla Alice. Ils ne vont pas te garder à vie ici.

Le regard que je lançai à Edward suffit pour lui faire comprendre ma question muette.

-J'ai raté la visite du médecin ce matin, mais il m'a promis de passer après sa journée de travail, m'expliqua-t-il. Par contre, je me suis entretenu avec le chef du service de néonatalogie de Seattle après lui avoir transmis tous les relevés des constantes et de l'évolution de Mary-Bel, et il préfère, comme moi du reste, qu'elle reste encore sous surveillance à l'hôpital. Dès que tu sortiras, je la ferai admettre dans mon service.

Je lui souris, heureuse de pouvoir me reposer sur lui. Je remontai le dossier de mon lit à l'aide de la télécommande électrique, avant d'inviter Edward à s'installer à côté de moi. Il s'exécuta de bonne grâce, passant un bras autour de mes épaules pour me presser contre lui. Alice s'installa sur la chaise à côté du lit afin de nous faire face, et fixa son frère du regard pour le motiver à répondre à sa précédente question.

-Tu n'envisages pas que je ne souhaite partager ce secret qu'avec Bella ? Demanda finalement mon compagnon à sa sœur.

-Ben… Non ! Sourit la jeune fille en haussant les épaules. Et puis, c'est drôle de t'embêter !

-Allez, fais-lui plaisir, plaidai-je. Moi aussi je veux savoir.

Un éclair de souffrance passa dans ses traits et ses yeux, mais je pus la déceler uniquement parce que je l'observais attentivement et que je savais parfaitement lire sur son visage. Son regard se fit lointain, ses traits se durcirent.

-Je n'étais pas sûr de te revoir un jour, expliqua-t-il d'une voix enrouée. J'ai prié comme jamais je ne l'avais fait auparavant, et pourtant tu sais que je ne suis pas du genre croyant. Ma mère priait la Sainte Vierge, alors le prénom Marie m'a paru une maigre marque de mon infinie reconnaissance d'avoir pu retrouver notre fille en vie. Je ne suis pas certain qu'il y ait un Dieu, quelque soit son nom, mais j'avais besoin de croire en quelqu'un, et le prier de te sauver pour ne pas devenir fou. Sans compter que c'était le prénom d'emprunt de Bella. Alors pour moi il était logique de donner le prénom de sa mère à ma fille, ou plutôt les prénoms, celui d'emprunt et le vrai.

J'avais pris sa main dans la mienne, et la serrai convulsivement. Si moi j'avais cru mourir, lui n'avait eu aucune nouvelle de moi pendant ma captivité, et si c'était lui qui m'avait découverte dans la cabane… Comment avait-il géré ça ?

-Qu'y a-t-il, chérie ? S'inquiéta-t-il doucement.

-Est-ce que tu m'as vue, dans la cabane ?

Il baissa le regard vers moi, et embrassa mon front.

-Nous en parlerons plus tard, d'accord ? Le plus important, c'est que tu te remettes correctement.

Nous discutâmes avec Alice, de tout et de rien, tandis qu'Edward avait regagné sa place sur la chaise et reprenait la lecture du dossier qu'il tenait en main à mon réveil. Alice avait pris de nombreuses photos de Mary-Bel, et je pus constater que ma fille avait déjà changé en un peu plus d'une semaine. Alice et Rose avaient acheté de mignons petits vêtements pour sa sortie de l'hôpital, et je remerciai chaleureusement ma belle-sœur, me promettant de faire de même avec mon autre belle-sœur dès que je la verrais. Ce fut en parlant de tous les membres de la famille Cullen que je me rendis compte à quel point ils m'avaient manqué durant les heures passées entre les griffes de Stattle, Douglass puis Connor.

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Je sortis de l'hôpital au bout d'une semaine, uniquement parce que Carlisle Cullen avait fait pression sur le médecin qui suivait mon dossier, arguant qu'avec deux médecins présents dans la même maison, je ne pouvais pas être mieux soignée. J'étais fragile encore, et la vie à l'hôpital était tout sauf reposante, aussi le fait de me retrouver dans notre chambre, à Edward et moi, fut réconfortant. Je passais de longues heures à dormir, chouchoutée par Esmee, Edward et Carlisle, et par Alice et Rosalie lorsqu'elles passaient à la villa. En effet, les deux femmes et leurs maris avaient pu retourner vivre dans leurs foyers respectifs, le danger que représentaient James étant passé. Le FBI nous assurait que Laurent n'était pas un danger immédiat, et qu'il ne ferait rien si proche de l'arrestation de Connor.

Mes journées étaient rythmées par les allées et venues des membres de ma nouvelle famille. Je dormais jusque tard le matin, puis j'allais me laver, moment que choisissait Esmee pour s'occuper des chambres afin d'accourir au moindre problème que je pourrais avoir. Nous descendions ensemble, puis tandis qu'elle préparait le déjeuner, je restais avec elle, et nous papotions de tout et de rien, des conversations tantôt légères, tantôt sérieuses. Elle savait à quel point j'étais pressée que la procédure judiciaire à l'encontre du clan Connor avance, afin que je puisse reprendre contact avec ma mère, la serrer dans mes bras, et lui montrer ma fille. J'allais voir celle-ci presque tous les après-midi en compagnie d'Esmee, lorsque la fatigue ne m'assommait pas. Je la voyais changer de jour en jour, et son état évoluait de mieux en mieux. Edward venait me rejoindre le plus possible dans le service de néonatalogie, faisant régulièrement des pauses durant son service. Parfois, Esmee me laissait seule avec la petite, et je rentrais avec Edward à la fin de la journée, ce qui nous permettait de partager des moments privilégiés à trois.

Je recevais régulièrement des nouvelles de l'agent Appledown, surtout pour me dire de bien me reposer, et que même si la justice pouvait être lente, James Connor et ce qui restait de sa bande ne pourraient pas s'envoler. Je supposais qu'Edward ou Carlisle (ce dernier était resté en contact avec l'agent fédéral, une amitié s'étant créée entre eux) lui avait avoué que je faisais de nombreux cauchemars, et pour le moment, les séances avec Jasper n'avaient pas amené beaucoup d'amélioration.

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L'eau chaude clapotait dans la grande baignoire. La tête rejetée en arrière, les yeux fermés, je n'étais plus que sensations. Cela faisait cinq semaines que j'étais de retour à la villa Cullen, et ma fatigue se faisait enfin moins présente. Edward, installé derrière moi, laissait ses mains parcourir mon corps, sensuellement, amoureusement, tandis que sa bouche déposait de tendres baisers sur la peau fine de ma nuque, sous l'oreille, sur ma joue, le long de ma mâchoire, avant de revenir sur ma joue, se rapprochant peu à peu de ma bouche sans jamais l'atteindre. Nous avions besoin d'un moment rien que nous deux, un moment où nous ne pensions qu'à l'autre. Plus rien n'existait à part cette baignoire et l'homme qui me serrait dans ses bras. Alanguie, je le laissais tracer des sillons de feu sur ma peau, une main cajolant de mes seins, l'autre caressant mon ventre et le haut de mes cuisses. Ses doigts n'appuyaient pas, effleurant parfois à peine mon épiderme, mais je sentais quand même sa chaleur et sa présence.

Peu à peu, ces caresses relativement chastes prirent un caractère plus sexuel, se transformant en attouchements qui n'avaient rien d'innocents. La main qui ne dorlotait pas mes seins migra vers le sud, derrière la petite toison de mon pubis. Deux de ses doigts s'insinuèrent doucement à l'intérieur de moi, tandis que son pouce prenait position sur mon clitoris, le massant doucement mais fermement. Sa main entama un doux va-et-vient, d'un mouvement lent et délicat. La voix d'Edward me sortit de cette brume lascive qui m'emportait lentement.

-Est-ce que ça va ?

-Oh oui, soufflai-je. Ne t'arrête pas !

A cause de mon récent accouchement et de la chirurgie pour stopper l'hémorragie, nous avions peur qu'un rapport sexuel soit plus une souffrance qu'un plaisir, alors Edward avait suggéré de commencer en douceur. Il m'avait proposé un bain, et j'avais accepté immédiatement, parce que nos moments à deux remontaient, selon mon impression, à des lustres.

Encouragé par mes paroles, Edward inséra un troisième doigt en moi avant d'accélérer le mouvement hypnotique de la main qui entrait et sortait de mon champ de vision, ses doigts à l'intérieur de moi, tapant contre mon col de mon utérus, de plus en plus vite. L'eau faisait office de lubrifiant, aussi aucune douleur n'empêchait le plaisir de monter en moi, d'enfler en moi, jusqu'à exploser quand Edward pinça mon clitoris tandis qu'il m'entraînait dans un baiser fougueux. Cherchant plus de sensations, je me tournai vers lui, sans rompre le baiser, et le chevauchai, remuant mon bassin contre le sien, son sexe en érection pointant entre nous. Lorsque nous nous séparâmes pour reprendre notre souffle, Edward posa ses mains sur mes cuisses, m'aidant à me soulever légèrement : je compris immédiatement sa demande. Je saisis sa verge et m'empalai dessus, faisant coulisser son membre en moi, m'écartelant agréablement malgré un soupçon de douleur tandis qu'il fermait les yeux et que ses doigts pétrissaient mes hanches. La sensation d'être comblée était néanmoins terriblement délicieuse, et j'aurais pu rester ainsi, sans bouger, longtemps, cependant je savais qu'Edward avait besoin d'être soulagé. Le soupir qu'il poussa lorsque j'entamai un lent mouvement de va-et-vient me fit sourire, m'attendrit également. Je posai mon front sur le sien, prenant le temps de savourer pleinement nos « retrouvailles ». Il rouvrit les yeux, regarda furtivement l'endroit où nos deux corps étaient liés avant de river son regard dans le mien, puis ses mains migrèrent sur mes fesses. Il me questionna silencieusement, et je souris en hochant la tête : j'accélérai l'allure de mes mouvements, en amplifiai le balancement, aidée par les mains d'Edward. Celui-ci captura mes lèvres, m'entrainant dans un baiser dur et intense, à travers lequel il expulsait la peur et toutes les émotions négatives qui l'avaient habité lors de ma captivité.

Nos gémissements couvraient le bruit de l'eau qui passait par-dessus le bord de la baignoire en rythme avec nos mouvements, mais aucun de nous ne s'en souciait, trop emportés dans la passion de notre amour. Nos gestes étaient de plus en plus saccadés, le gland d'Edward venant buter au plus profond de moi. De saccadés, nos ébats devinrent frénétiques, le bassin d'Edward venant à la rencontre du mien, envoyant des étoiles derrière mes paupières grâce à la puissance de ses coups de reins. L'orgasme me faucha sans prévenir, me coupant la respiration quelques secondes, pourtant je ne cessai pas mes mouvements pour autant afin de permettre à Edward de jouir à son tour.

Lorsqu'il se crispa, signe de sa jouissance, le visage enfoui dans mon cou, un son guttural sortit de sa gorge, un son qui n'avait rien de joyeux. C'était plus un sanglot, tel un animal blessé qui appelle au secours. Ses doigts s'enfonçaient dans ma chair, me faisant mal, mais je ne protestai pas. Inquiète, je posai mes mains sur chacune de ses joues et reculai son visage pour le regarder : il pleurait. Alors je fis la seule chose qui me vint à l'esprit : je l'étreignis, fort, resserrant mes bras autour de lui autant que je le pouvais, pour lui montrer que j'étais là, avec lui, et que je ne le laisserai pas tomber. Nous restâmes ainsi de longues minutes, emboités l'un dans l'autre, serrés l'un contre l'autre, en silence. L'eau était devenue froide à présent, mais je ne bougeais pas, pas tant qu'il avait besoin de ma présence auprès de lui.

Finalement, sa prise sur moi se relâcha, tandis qu'il poussa un profond soupir, puis il releva la tête. Son regard s'ancra dans le mien, avant qu'il ne prenne délicatement mes lèvres pour me donner un baiser tendre et langoureux. Finie la dureté, plus de frustration, terminée l'impatience.

-Je t'aime Bella, souffla-t-il quand nous nous fûmes séparés. Je voulais que tu le saches.

-Je t'aime aussi Edward, affirmai-je en le regardant dans les yeux. Le plus dur est derrière nous, et je ne partirais plus jamais. Tu veux que je nous menotte l'un à l'autre pour être sûr que je reste ?


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