Nous revoilà! Chapitre centré sur Blaine principalement.

Merci pour les reviews et bienvenue aux petits nouveaux!

*Clairegleek78 : en ces temps d'hiver il nous faut bien un peu de lecture qui réchauffe :p

*Aliice-Klaine : Justement on va connaître les intentions du père de Blaine dans ce chapitre!

*C0meWhatMay : Pour ce qui est de l'histoire avec le père de Blaine, c'est dans ce chapitre (entre autre). Mister Schue c'est le côté intéressé ou "on n'utilise que Rachel" qui te surprend? parce que techniquement dans la série c'était un peu beaucoup ça loool Mais bon là c'est une fanfic qui a décidé d'appuyer encore plus sur ce trait de caractère. Merci pour les commentaires. Je promets que je fais de mon mieux pour finir de publier cette fanfic. Techniquement je voulais en finir avant la fin de l'année...

*mamstaz : Merci de ta lecture et de tes reviews :)

*key : merci! Voici la suite!

*Mademoiselle Lys : Tu n'es donc pas une habituée des ff Klaine (comme la plupart des lecteurs de cette ff je pense)? Tu connais Glee de base? Je suis curieuse eheh C'est toujours intéressant d'avoir des lecteurs d'autres horizons.

Merci à Claire et Higu pour les corrections!

Bonne lecture :)

Chapitre 29 : De retour à la maison


« Je m'appelle John. Je suis le père de Blaine. »

Le cœur de Kurt stoppa, bouche bée, de grands yeux écarquillés. Le père de Blaine, ici au Lima Bean, assis devant lui ? Cela devait être un piège.

« Je peux vous assurer M. Hummel que je suis bien le père de Blaine, » dit John en devinant les pensées de Kurt. « J'ai montré ma carte d'identité au garde qui surveille si diligemment à la porte. Je peux vous la montrer aussi sans problème. » Il sortit son permis de conduire et une photo de la famille Anderson quand Cooper et Blaine étaient petits.

Kurt ferma la bouche et prit l'identification de John avec prudence. Puis il regarda la photo. Blaine avait peut-être six ans sur la photo et il avait un sourire édenté fier. Kurt ne put s'empêcher de sourire en voyant son âme sœur en enfant si adorable.

« Vous pouvez garder la photo si vous voulez, » la voix de John ramena Kurt à la réalité. « Blaine est parti de la maison sans rien alors je doute qu'il aie des photos d'enfance. »

Kurt regarda John et plissa les yeux en lui rendant son permis. « Y-a-t-il une raison particulière à votre présence ici M. Anderson ? » demanda Kurt, poli mais ferme.

John posa ses mains sur la table. « Oui il y en a une, » répondit-il sur le même ton. « Je voulais vous parler de Blaine. »

« A quel propos ? » demanda Kurt suspicieux.

John ignora le ton. Il comprenait l'hésitation du garçon. Il ne pouvait qu'imaginer ce que son fils avait raconté à Kurt à son sujet. En fait, il le redoutait. Il devait faire attention à ses mots et à comment il parlait à son âme sœur. La dernière chose qu'il souhaitait était de repousser encore plus Blaine.

« Je suis sur que vous savez que lui et moi, » John pausa et respira fort. « Lui et moi ne sommes pas exactement en de très bons termes Kurt. »

« Parce qu'il est gay ? » demanda Kurt sur un ton plus coupant qu'il ne l'avait voulu. « Ou parce qu'il ne voulait pas travailler dans les affaires comme vous. »

« Parce qu'il est compatissant, » répondit John sans hésitation. « Parce qu'il ressent les choses profondément et parce que c'est un rêveur. Je ne l'ai jamais compris. Nous n'avions rien en commun. » John détourna le regard et Kurt fut surpris d'y voir de la souffrance. « Le fait que Blaine soit gay et qu'il choisisse de suivre son cœur au lieu de ce que j'avais prévu pour lui, tout ça n'étaient que des excuses pour l'exclure. »

Le visage de Kurt s'adoucit. « Que voulez-vous de moi exactement ? »

« Je veux que vous lui transmettiez un message de ma part, » dit John, et la petite émotion que Kurt avait vu avait disparu. « Je sais qu'il repart en tournée bientôt. J'aimerais qu'il vienne me voir avant. »

« Je dois vous demander, pourquoi ne l'appelez-vous pas vous même ? » demanda Kurt curieux.

John prit un moment pour répondre et quand il le fit, sa voix était calme. « Parce qu'il n'aurait pas voulu me parler. Je me suis dit que ma meilleure option était de vous trouver. »

Kurt lui offrit un léger sourire. Si seulement il savait à quel point Blaine voulait lui parler. « Je passerai le message. »

« J'apprécie, » acquiesça . « Aussi, » il sortit une carte de visite de sa veste, « ceci est pour votre père. »

Kurt la prit méfiant. « Mon père? »

« Je suis analyste financier Kurt, et excellent, » l'informa John. « Et je pense qu'il serait bon que votre père et moi nous connaissions un peu. Dites-lui de m'appeler. Même s'il ne veut pas de conseils financiers, j'aimerais vraiment lui parler. » John repoussa la chaise et se leva. « C'était un plaisir de vous rencontrer Kurt. J'espère qu'un jour ce sera en de meilleures circonstances. Jusqu'alors. » John fit un signe à Kurt et s'éloigna avant que Kurt puisse dire au revoir.


« Mec c'était trop cool ! » Kurt entendit Finn en s'avançant vers la cuisine. Il avait décalé son retour à la maison au plus tard, incertain de la réaction de Blaine quant à la visite de son père. Il espérait que Blaine ne serait pas trop fâché avec lui de passer ce message. Il prit une profonde inspiration et tourna dans le coin. « Salut, » dit-il avec douceur, son père et Blaine lui sourirent et Finn sautillait d'excitation.

« Kurt ! » cria Finn. « Tu ne devineras jamais ce qu'il s'est passé ! » Kurt leva un sourcil interrogateur et jeta un regard prudent vers Blaine. Celui-si se tendit en remarquant son regard. « Les New Directions sont partis aujourd'hui ! »

« Ah oui ? » demanda Kurt, pas très intéressé par ce que Finn avait à dire.

« Ouais ! On a encore essayé de convaincre de te donner le solo et il n'arrêtait pas de nous dire qu'on devait se concentrer sur les points forts et Rachel a complètement explosé ! Santana a même du la retenir physiquement et tout ! C'était épique ! » s'exclama Finn.

Kurt fit un sourire forcé. « C'est génial Finn. Écoute, il faut vraiment que je parle à Blaine et papa. Peux-tu aller jouer aux jeux vidéos ? »

Le ton était beaucoup plus dur qu'il ne l'avait voulu et Finn se découragea. Il pensait que Kurt serait ravi de la nouvelle et il était déçu que Kurt s'en fiche. Il marmonna de ses efforts non appréciés en partant et Kurt se dit qu'il irait lui parler plus tard.

« Kurt qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda Blaine inquiet. Il s'avança vers son âme sœur pour le prendre dans ses bras mais Kurt leva sa main pour le stopper.

Kurt s'assit dans la cuisine et expira, laissant les mots sortir avant d'en perdre le courage. « Ton père est venu me voir aujourd'hui. »

Blaine recula comme s'il avait été giflé. « Quoi ? »

Kurt hocha la tête. « Oui. Il m'a trouvé au Lima Bean. Je ne sais pas trop, un moment je suis sur tumblr et le moment d'après il est assit à ma table. »

« Que voulait-il ? » demanda Blaine sur un ton différent de lui même. Ça lui rappelait le père de Blaine.

« Il a dit qu'il voulait parler avec toi, » dit Kurt gentiment. « Il a dit qu'il savait que tu ne voudrais pas lui parler et que j'étais sa meilleure option pour essayer de te joindre. »

« Incroyable, » gronda Blaine en secouant la tête.

Kurt attrapa son sac pour y prendre la photo et la carte de visite que John lui avait donné. « Il voulait que tu aies ça. » Kurt passa la photo à Blaine et le cœur de Blaine se brisa un peu. Il se souvenait du jour où la photo avait été prise. C'était un de ces rares moments pendant lesquels son père avait été gentil. Kurt se tourna vers son père et lui passa la carte. « Il voulait que je te donne ça papa. Il a dit qu'il pouvait t'aider avec ta boîte si tu étais intéressé, et même si tu ne l'étais pas, il aimerait que tu l'appelles. Il a dit qu'il voulait te connaître. »

Burt accepta la carte curieux. Il avait fait ses recherches. Il savait qui était John Anderson et à quel point il était puissant dans l'Ohio. Il ne savait pas trop quoi penser de cet homme, il ne voulait pas baser son opinion avant de le rencontrer. Mais selon le profil professionnel de John, il savait qu'il avait été élevé par le Général Thomas Anderson et il pensait que John et lui avaient eu la même éducation.

« Qu'a-t-il dit d'autre Kurt ? » demanda Blaine, la voix basse et un peu brisée. A ce moment là, Burt vit un petit garçon désespéré d'avoir l'amour de son père. Il ne connaissait que trop bien ce sentiment. « Dis moi. »

« Papa tu veux bien nous laisser un instant ? »

« Non, » l'arrêta Blaine. « Burt peut rester. Dis-moi ce qu'il a dit d'autre Kurt. »

Kurt gigota en remuant la fermeture de son sac. « Il m'a dit que vous n'étiez pas en de bons termes parce qu'il ne te comprenait pas, qu'il ne t'a jamais compris, et ce n'est pas parce que tu es gay ou musicien, mais parce que tu es compatissant et un rêveur. Il a dit qu'il avait utilisé le fait que tu sois gay comme excuse pour te repousser. »

La mâchoire de Blaine en tomba, ses yeux brûlaient de fureur. « Il a vraiment dit ça ? » Kurt se hérissa à la colère dans la voix de Blaine. « T'as-t-il aussi dit comment il m'a ridiculisé devant mes amis avant même que je ne sache ce qu'être gay signifie ? Ou le fait qu'il faisait tout en son pouvoir pour assister aux matchs de baseball de Cooper mais bizarrement il était toujours occupé pour assister à l'une de mes pièces ? »

« Blaine. »

« Ou comment il a cassé ma première guitare même si je pleurais et je le suppliais de ne pas le faire ? » continua Blaine. « T'as-t-il parlé des soirées où il me forçait à aller et à prétendre d'aimer les filles de ses associés ? Ou comment il m'a blâmé d'avoir été tabassé le soir de la soirée Sadie Hawkins ? Non évidemment il ne t'en a pas parlé. Ça aurait voulu dire qu'il a une conscience. Et que ça le touchait vraiment putain ! »

« Blaine s'il te plaît, » essaya de nouveau Kurt.

« J'ai besoin de sortir, » dit Blaine, sortant en rage de la pièce.

Kurt se retourna rapidement pour le suivre mais Burt l'arrêta. « Laisse-le respirer un peu. Il reviendra. »


Blaine marcha régulièrement sur le trottoir, deux gardes le suivaient de près. Il leur avait crié dessus en disant qu'il allait se promener qu'ils l'accompagnent ou pas, et naturellement ils l'avaient suivi. Blaine se fichait de savoir qu'ils étaient là. Ils étaient payés pour garder un œil sur lui pas pour poser des questions à moins qu'il fasse quelque chose qui menace sa vie. Faire une promenade dans le parc au bout de la rue était loin d'être considéré comme dangereux mais ils le suivirent quand même.

Blaine vacillait de tant d'émotions. Il était furieux contre son père d'avoir osé parler à Kurt. Il était ennuyé que Kurt ne semble pas comprendre pourquoi il était si furieux. Mais au delà de tout, il avait honte de lui, d'avoir fait une scène, et d'avoir laissé son père autant affecter ses émotions. Il s'était juré il y a des années de ne pas se laisser surpasser par la colère que son père lui provoquait et il pensait vraiment y être arrivé. Mais apparemment sa colère n'était pas si bien cachée que ça, prête à sortir juste au bon moment. Il détestait se sentir si vulnérable. Il détestait se sentir si faible. Et pire que tout, il détestait désirer encore autant que son père s'ouvre à lui.

Le temps qu'il arrive au parc, la colère s'était apaisée laissant place aux remords et aux regrets. Il s'assit sur un banc, ferma les yeux, respira profondément, laissant une vague de calme le submerger. Il se dit que c'était parce qu'il s'agissait du parc où Kurt venait jouer enfant, son âme se détendait. Ce qu'il ne savait pas c'était que des nombreuses années auparavant, sur ce même banc, sa mère enceinte vint s'asseoir près d'une Elizabeth en pleurs, désespérée.

« Je sais qu'on ne se connaît pas mais je sais écouter, » dit Nathalie doucement, en gardant un œil sur Cooper qui essayait d'escalader le jeu. « On dit que parler à un étranger c'est plus facile que de parler à quelqu'un que l'on connaît. »

Elizabeth renifla et essuya ses larmes. « J'atteins l'âge la semaine prochaine, » dit-elle sombrement. « Et je vais mourir bientôt, » Elizabeth regarda Nathalie qui avaient les yeux écarquillés, le cœur brisé et confus. « J'ai une leucémie. Les médecins m'ont dit que je n'atteindrais pas mon prochain anniversaire. C'est une chose de savoir que je ne connaîtrais jamais mon âme sœur. Mais réaliser que je n'ai jamais été faite pour mon âme sœur ? » Elizabeth recommença à pleurer, son cœur souffrait comme jamais personne ne devrait souffrir.

Nathalie hésita un moment avant de poser doucement sa main sur celle d'Elizabeth. Elle l'a prit et doucement la tête d'Elizabeth vint reposer sur le large ventre de Nathalie. Celle-si serra la jeune fille dans ses bras, fredonnant doucement jusqu'à ce que les larmes d'Elizabeth se calment.

« Les médecins n'ont pas toujours raison, » lui dit Nathalie. « Selon eux j'ai eu de la chance d'avoir Cooper, retomber enceinte était impossible, et pourtant. »

Elizabeth se rassit et regarda Nathalie dans les yeux. « Ce n'est pas vraiment la même chose, » marmonna-t-elle.

« Vraiment ? » demanda Nathalie. « D'un côté ils te disent que ta vie arrive à sa fin. De l'autre côté ils me disent que je ne pourrais plus avoir d'enfant, » Elizabeth détourna le regard et haussa les épaules. « Le fait est que ce n'est pas parce qu'ils disent une chose que c'est forcément vrai. Le destin a un plan pour chacun d'entre nous. Tu dois juste y croire. »

« Et vous avez cru que vous auriez un autre bébé ? » lui demanda Elizabeth.

« De tout mon cœur, » sourit Nathalie, caressant son ventre.

Elles ne parlèrent pas pendant un moment, Elizabeth perdue dans ses pensées et Nathalie ne voulait pas la déranger. Elle vérifia l'heure et soupira. Elle devait encore conduire jusqu'à la maison et elle était fatiguée, mais elle ne retournerait pas à Westerville jusqu'à ce qu'elle soit certaine que le père de son mari n'y soit plus. C'est pour cela qu'elle était à Lima d'ailleurs. John ne voulait pas la savoir près de chez eux quand son père venait alors elle était partie pour la journée. Il commençait à faire nuit et Cooper se fatiguait assis sur la balançoire en jouant avec le sable avec ses pieds.

« Je dois rentrer, » dit finalement Elizabeth. « Mes parents sont sûrement inquiets, » Nathalie hocha la tête mais ne dit rien. « Merci de m'avoir parlé. Désolée d'avoir pleurer comme un bébé. J'espère que cela ne l'a pas perturbé le petit garçon ou la petite fille. »

« Tu ne l'as pas dérangé, » la rassura Nathalie. « Et c'est un garçon. Nous allons l'appeler Blaine. »

Elizabeth lui sourit. « Merci. » Elizabeth se leva pour partir mais s'arrêta quand Nathalie lui prit le bras. « Souviens-toi de ce que j'ai dit, le Destin a un plan pour tout le monde. Tu dois juste y croire. » Elizabeth acquiesça, les yeux pleins de larmes et s'éloigna. Nathalie expira longuement alors que Blaine remua soudainement. « Ça va aller mon chéri. Je suis sure que les choses vont s'arranger. »


Deux heures plus tard, le soleil s'était couché, Burt prit place près de son gendre. Il ne dit pas un mot et Blaine refusa de le regarder. « Je m'excuse pour mon comportement, » Blaine semblait si jeune soudain. « J'ai honte de ce que j'ai fait et j'espère que vous ne m'en voudrez pas. »

Burt rit doucement, passant son bras autour de Blaine. « Fiston, si tu crois que ta sortie était quelque chose à côté de celles de Kurt, tu as besoin de te rendre à la réalité. »

Blaine sourit malgré lui. « Même. Je n'ai pas été élevé ainsi et mes émotions ont pris le contrôle. »

« Ça arrive à tout le monde, » lui dit Burt gentiment. « Est-ce que Kurt t'a déjà parlé de son grand-père Richard ? » demanda-t-il connaissant déjà la réponse. Blaine le regarda intéressé et secoua la tête. « Non évidemment. Je me suis assuré que Kurt ne rencontre jamais mon père. J'ai raté plusieurs réunions de famille sachant qu'il serait là et je ne voulais pas me retrouver dans la même pièce que lui. Pour parler simplement, mon père était un connard. C'était un homme froid, il l'a toujours été. Il a fait la 2ème guerre mondiale et le Vietnam, et à ses yeux, l'amour et la compassion vous rendaient faibles. Pourquoi ma mère est restée tant d'années avec lui est encore un mystère pour moi. »

« On dirait mon grand-père, » marmonna Blaine. « Merde, on dirait mon père. »

« Ceux qui ont eu une éducation militaire comme nous ont une vision différente de la vie, » continua Burt. « D'une certaine façon je ressemble beaucoup à mon père. Ou du moins je l'étais. Je me fichais de l'amour ou de fonder une famille. Ça ne m'embêtait pas d'avoir le nom de Lizzy sur mon poignet sans avoir aucune indication de son identité. J'étais même agacé quand les signes de la rencontre imminente arrivaient. Je ne voulais pas de cette vie. Je ne voulais pas être le mari de quelqu'un, le père de quelqu'un. J'étais persuadé que je serais mauvais. Mais tout a changé quand j'ai rencontré Lizzy elle m'a changé. Elle avait cette force qui a fait fondre mon cœur et après cela, je ne pouvais pas m'imaginer ne pas la couvrir d'amour et d'adoration même si le concept était nouveau pour moi. Tu veux savoir ce que mon père a dit quand je leur ai raconté que Lizzy était en train de mourir ? » Blaine acquiesça. « Il m'a dit de la laisser. Il m'a dit qu'elle allait mourir de toute façon et donc rester avec elle était inutile. Il aurait préféré que j'arrête de l'aimer et que je change pour une femme en meilleure santé qui pourrait garder la maison propre même si ça signifiait renoncer à mon bonheur. »

Les épaules de Blaine s'affaissèrent. « C'est horrible. »

« C'était mon Pop, » soupira Burt. « Lizzy et moi nous sommes liés peu après notre rencontre. Parfois, j'avais l'impression que notre relation avait été organisée. Elle était si jeune et si malade et j'avais tant à apprendre encore. Mais nous avons fait de notre mieux, nous avons surpassé les obstacles et finalement je n'aurais rien changé. Mais ce que j'essaie de te montrer ici fiston, c'est qu'il faut que tu penses à mon père et au tien. Ne pense pas à leurs points en commun mais à leurs différences. Peu importe ce qu'il s'est passé, ton père cherche à te joindre. Il a été gentil avec ton âme sœur et son père parce qu'il veut te montrer qu'il a changé, ou du moins qu'il essaie. »

« Vous le croyiez vraiment ? »

« Oui, » acquiesça Burt. « Et je pense que tu le regretterais si tu ne lui donnais pas une chance. Maintenant je ne dis pas que ce sera tout rose et facile, mais avoir une conversation face à face serait un bon début. »

« Oui, je suppose que vous avez raison. »

Burt pouffa enjoué. « Évidemment. »

« Kurt a de la chance d'avoir un père comme vous, » dit Blaine doucement.

« Il a de la chance de nous avoir tous les deux fiston. Enfin je veux dire, on est les deux plus beaux hommes du monde après tout, » plaisanta Burt et Blaine en rit. « Allez viens fiston, rentrons à la maison avant que Kurt ne panique plus encore. »


Blaine entra dans la chambre de Kurt doucement, un sourire contrit aux lèvres. Kurt leva les yeux et soupira, une vague de soulagement parcourut son corps. Il se leva vite et vint à la rencontre de Blaine, passant ses bras autour de ses épaules.

« Je suis désolé, » se dépêcha de dire Kurt. « Je ne voulais pas te le dire parce que je savais que tu serais fâché mais je savais que je le devais. »

Blaine se recula juste assez pour l'embrasser tendrement. « C'est bon, » dit-il en soupirant. « Je promets que je ne suis pas fâché contre toi. Même pas contre lui. Je ne sais pas où j'en suis. J'étais si prêt à lui parler et maintenant je suis de nouveau terrifié. Une partie de moi pense que c'est un piège mais une autre meurt d'envie de savoir ce qu'il a à me dire. Mais peu importe ce que je ressens ou pas, je n'aurais pas dû partir comme ça. »

« Tu plaisantes ? » sourit Kurt. « C'était une sortie d'enfant comparée aux miennes. »

Blaine rit, leur nez se touchaient. « Mais quand même. Je ne voulais pas t'inquiéter. »

« Ça va aller, » Kurt se recula et dirigea Blaine vers le lit. « Que vas-tu faire ? » demanda-t-il en s'asseyant.

Blaine haussa les épaules. « Je ne sais pas. Enfin, je dois aller le voir mais je ne sais pas si je devrais parler à ma mère avant ou juste l'affronter lui en premier. Dois-je me préparer pour une dispute ou va-t-on finalement parler de sa déception évidente de ma personne ? Veut-il vraiment apprendre à me connaître ? Ou est-ce juste un complot pour me virer de sa vie pour de bon ? »

Kurt fronça les sourcils au désespoir de Blaine. « Je ne sais pas bébé, et tu ne le sauras pas non plus tant que tu ne lui parles pas. Par contre je sais ceci ton père semblait triste. »

Les sourcils de Blaine se levèrent en signe de surprise. « Mon père ? Triste ? Ce n'est pas possible. Mon père ne montre jamais ses émotions. Jamais. »

Kurt haussa les épaules. « J'ai peut-être mal interprété mais il avait l'air d'avoir des regrets, » Blaine se tourna, ne sachant comment réagir au fait que son père puisse ressentir des remords. « Nous devrions nous coucher tôt. J'ai un solo à préparer demain et toi tu as une chorale de jeunes garçons à remettre en forme. Même si ça ne me fait pas forcément plaisir. »

Blaine gronda mais de manière enjouée et se leva, il retira sa chemise et son pantalon. « Oui et bien vu que tu m'as piégé pour te donner des informations vitales à propos de tes ennemis, je n'ai pas vraiment le choix. »

Kurt fit mine d'être choqué tout en retirant son boxer. « Je n'ai aucune idée de ce que tu insinues, » Blaine lui jeta un regard qu'il ignora. « Enfin ce n'est pas si important. Les News Directions vont en faire de la compote de ces ploucs. »

Blaine secoua la tête, soulevant les draps pour se mettre au lit. Il attendit que Kurt s'installe pour poser la tête contre son torse. Quelques minutes de silence, les doigts de Kurt s'enroulaient autour des boucles de Blaine. Kurt pensait que Blaine s'était endormi à cause de sa respiration régulière. Mais la douce caresse de son pouce sur ses abdos lui disaient autrement.

« Kurt, » murmura Blaine.

« Hum ? »

« J'ai peur, » admit Blaine, la voix tremblante. « Et si il me détestait vraiment ? Et si je vais le voir et le monde s'effondre autour de moi ? »

« Ça ne sera pas le cas, » lui promit Kurt. « Et même si ça l'était, je serai là pour te rattraper quand tu tomberas. »

Blaine le serra encore plus fort et tourna sa tête pour embrasser son torse. « Je t'aime Kurt Hummel, plus que tout au monde. »

Kurt embrassa la tête de Blaine. « Je t'aime aussi, je t'ai toujours aimé et je t'aimerai toujours. » Blaine laissa ces mots réconforter son âme. Peu importe ce que dirait son père, leur amour était plus important. Tant que Kurt serait à ses côtés, rien ne pourrait l'abattre.


« Tu es certain que changer les chansons soit la meilleure idée ? » demanda Blaine à Hunter tout en se dirigeant vers la salle de répétitions. Il était tôt ce samedi matin et les Warblers étaient censés les y attendre. Hunter priait pour qu'ils soient réellement présents.

« Je sais que c'est risqué mais je n'ai pas d'autre choix, » dit Hunter en tournant dans le couloir suivant. « Ils ne sont pas du tout motivés pour gagner. Ils pensent gagner juste parce qu'ils sont notre héritage. Les chansons les ennuient, les chorégraphies également. On a besoin de quelque chose qui les ramène à la vie, quelque chose qui leur donne envie de gagner eux mêmes. »

Blaine acquiesça penseur. « Peut-être qu'on peut remixer les chansons différemment ? » suggéra-t-il même si le regard de Hunter lui montrait que ça ne fonctionnerait pas. « Ou peut-être qu'on devrait s'asseoir tous pour en parler ? »

Hunter pouffa. « Oui parce que jusque là ça a vraiment fonctionné. »

Alors que Hunter et Blaine se rapprochaient de la salle, une voix familière se fit entendre, pleine de passion et de déception. Ils se regardèrent amusés et se dépêchèrent pour arriver juste à temps pour voir Wes jeter son poing sur le bureau.

« Est-ce que c'est une plaisanterie pour vous ? » cria Wes aux garçons. « Vous pensez vraiment que toutes les merdes qui arrivaient dans les dortoirs ou en cours nous affectaient ? Le moment où nous passions ces portes, toutes disputes ou problèmes disparaissaient parce que nous savions que nous devions mettre toutes nos forces dans les répétitions. Donc la colère que nous ressentions contre notre frère ou peu importe, on la canalisait et on l'utilisait pour délivrer cette passion qui ne pouvait être touchée ! » Wes fit le tour du bureau ignorant la présence de Blaine et Hunter. « Vous me décevez tellement les gars. Ça ne serait jamais arrivé quand on était Warblers. D'ailleurs aucun d'entre vous n'y serait entré. »

« Qu'est-ce qu'on a raté ? »

Wes et les Warbles se retournèrent vers la porte au son de la voix de Hunter. Wes pouffa et croisa les bras. « Je suis arrivé plus tôt, en pensant vous faire la surprise et je suis tombé sur ces imbéciles en train de se battre, à propos d'un stupide partiel en plus. »

Blaine secoua la tête et entra dans la pièce. « Tu sais Wesley, j'ai cru que je pourrais les aider, leur montrer le chemin de la grandeur, mais ils sont juste si pompeux tu as vu ? » lui demanda-t-il en faisant comme si les Warblers n'étaient pas là.

« Ils sont pompeux et ils n'ont pas de cœur, » dit Wes dégoûté. « J'ai même honte de leur être associé. »

« Vous avez honte ? » demanda Hunter incrédule, des murmures de plus en plus forts se faisaient entendre dans les Warblers. « Vous au moins n'êtes plus là. Moi je les garde encore comme des bébés. Il y a des jours où je ne peux même pas les regarder en face. »

« D'après ce que j'ai vu, on ne peut pas t'en vouloir, » dit Blaine plein de regret.

« D'accord, on a compris ! » cria Thomas le délégué au delà de tous ses camarades. « On craint, ok ? On ne sera jamais à votre hauteur, on le sait. »

« Mais c'est justement ça que vous ne comprenez pas, » dit Blaine le regard douloureux. « Vous vivez notre héritage et notre succès et ça ne partira plus, ça va rester là. Vous avez besoin de vous créer votre propre héritage et cela ne peut arriver si vous ne croyez pas en vous, » les garçons se regardèrent les uns les autres, tous avait la même expression renfrognée. « Est-ce que vous le voulez au moins ? Vous voulez vraiment gagner ? Vous voulez aller en compétition ? »

« Bien sur qu'on veut, » répondit Thomas même si le ton de sa voix disait le contraire. « C'est juste que...on ne sera jamais comme vous. Même vous M. Clarington. Quand vous étiez Warblers, vous aviez ce je ne sais quoi, cette magie qu'on n'a pas. Nous ne sommes pas assez bons. »

« Mais vous êtes assez bons ! » s'exclama Wes. « Pourquoi croyiez-vous qu'on est si durs avec vous ? On ne veut pas que vous soyez nous, on veut que vous soyez vous mêmes. Vous n'accomplirez rien si vous essayez d'être ce que vous n'êtes pas. Mais vous avez autant de magie que nous. La seule différence c'est que nous on croyait en nous. »

« Oh mon Dieu, » s'exclama Blaine, ses yeux brillaient d'excitation. « Je sais, » dit-il à Hunter avant de se tourner vers les garçons. « Un grande partie de notre magie venait du choix de nos musiques. Levez la main si vous détester vos choix de chansons ? » Chaque Warbler leva la main, Hunter inclut et Wes se leva. « Vous voyez ? C'est ça le problème. Tout le reste, les disputes les uns avec les autres, le manque d'effort, tout vient de la frustration de vos chansons. Quand vous choisirez de nouvelles chansons, des chansons que vous aimez avec passion, vous aurez la magie dont vous manquiez. »

« Oui mais quelles chansons ? » demanda Thomas.

Le visage de Blaine s'illumina. « Que pensez-vous de Michael ? »

« Jackson ? » demanda Hunter pour être clair, l'effervescence se sentit de suite dans la pièce.

« B, c'est brillant ! » sourit Wes. « La dernière fois que les Warblers ont fait du Michael c'était- »

« Les Nationales en seconde, » le coupa Blaine. « Sebastian nous a mené à la victoire avec Michael, » Blaine se tourna vers les garçons. « Qu'en dites-vous ? Vous pouvez noter vos morceaux préférés et les trois qui auront le plus de votes seront choisis. La seule règle est que vous ne pouvez pas choisir celles qu'on a joué. Si vous faites du Michael ça doit être à votre façon. »

Les Warblers se regardèrent les uns les autres et acquiescèrent. Thomas sourit à ses grands frères avec une excitation qu'il n'avait pas eu jusqu'ici. « On dirait bien que les Warblers vont refaire du Michael. Les New Directions n'ont aucune chance. »


« Les Warblers n'ont aucune chance, » dit Kurt d'un air suffisant pendant le déjeuner. Après que les New Directions aient quitté le glee club l'autre jour, n'avait pas d'autre choix que d'attribuer le solo à Kurt. Le seul problème maintenant était le choix de la chanson. « Ils seront foutus une fois que je serai sur scène. »

« Oui, enfin une fois que tu auras choisi une chanson, » lui rappela Santana tandis qu'il roula les yeux. « Et Pompéii alors ? »

Kurt haussa les épaules. « Je ne sais pas. Enfin vocalement, c'est dans le sac. Mais maintenant que Blaine les aide à se préparer, je ne pense pas que ce morceau soit assez fort pour les Nationales. »

« Et si tu prenais un morceau de Panic ! At the Disco ? » demanda Rachel. « Tu l'as déchiré pendant la semaine 'sortez de votre zone de confort'. Peut-être qu'ils ont un morceau qui soit digne des Nationales ? »

« Peut-être, » dit Kurt incertain. « Il faut vraiment que j'y pense et le plus vite possible. Pas moyen que je laisse ces enfants coincés gâtés prendre notre trophée. »

« Ton âme sœur en était un de ces enfants coincés, » lui fit remarquer Quinn avec un sourire en coin.

« Était étant le mot clé, » dit Kurt. « Et puis alors ? Même s'il était encore étudiant à Dalton maintenant, j'aimerais effacer leur petit air suffisant merde. On vaut mieux qu'eux, un point c'est tout, et nous ne perdrons pas. »


Blaine avait eu l'intention de rentrer après les répétitions. Il voulait se donner plus de temps avant de parler à son père. Mais il avait l'air d'être en auto-pilote la seconde où il était entré dans sa voiture de location et conduit de Dalton à sa maison la maison de ses parents. Il était dans l'allée, ses doigts tapotant le volant anxieusement. Ses gardes du corps étaient garés près du virage et l'attendraient le temps que Blaine en ait besoin. Blaine détestait les faire attendre plus que nécessaire, mais il n'arrivait pas à sortir de la voiture. Il se sentait comme paralysé, son regard passant de la fenêtre de sa chambre à la porte d'entrée comme si ils allaient en sortir d'un moment à un autre. Mais ce ne fut pas le cas évidemment, et Blaine était de plus en plus nerveux. Il avait besoin de se calmer avant de s'approcher de son père. Avec une profonde expiration, il défit sa ceinture de sécurité et sortit de la voiture.

Doucement il s'approcha, prolongeant le moment le plus possible. Il pouvait encore revenir en arrière s'il le voulait. Il avait encore le temps. Mais il savait que peu importe le moment où il parlerait à son père, peu importe le résultat, ça serait toujours pareil. Il avait juste besoin d'en finir, pour lui mais aussi pour Kurt. Il n'avaient que deux semaines avant qu'il ne reparte en tournée et il ne voulait pas les gaspiller à bouder au sujet de son père.

Il tendit sa main et se figea. Devait-il frapper à la porte ? Devait-il juste entrer ? Etait-il au moins le bienvenu chez les Anderson ou son père voulait-il le rencontrer dans un endroit plus impersonnel ? Il aurait dû appeler avant de venir. Mais il était là à présent donc autant en finir. Il sonna et respira profondément. C'était maintenant ou jamais.

Nathalie ouvrit la porte et sursauta. « Blaine? »

Blaine lui offrit un petit sourire. « Salut maman. Je suis revenu. »

Nathalie lança ses bras autour de son fils cadet. Elle ne l'avait pas vu depuis le concert où elle était allée en octobre. Elle avait pensé qu'ils se seraient vus pour prendre un café avant qu'il ne reparte. Mais elle ne s'était pas attendu à ce qu'il revienne à la maison.

Blaine se sentit fondre dans son embrassade. Il avait oublié à quel point il aimait être dans les bras de sa mère. « J'espère que tu ne m'en veux pas de venir à l'improviste, » dit-il en se reculant. « J'aurais dû appeler ? »

« Non, non, » dit très vite Nathalie. « C'est parfait que tu sois là. Pas besoin d'appeler. Viens, entre. »

Blaine suivit sa mère à l'intérieur et fut instantanément prit de nostalgie. Il pouvait se voir courir dans les escaliers et aller contre le mur en essayant de fuir Cooper. Il se souvint des jours où il s'asseyait en haut des marches en attendant son père dans l'espoir qu'il arrive de bonne humeur pour lui raconter sa journée à l'école. Il pouvait sentir les arômes de la cheminée que ses parents utilisaient rarement. Parfois, son père les envoyait au lit tôt Cooper et lui, pour qu'il puisse préparer un dîner spécial à sa femme. Ces soirées étaient les préférées de Blaine. Il s'asseyait dans les escaliers et pouvait voir son père faire tournoyer sa mère dans le salon, leurs chansons d'amour préférées en fond. Dans ces moments Blaine pouvait voir le véritable homme derrière le masque de dureté.

« Papa est encore au bureau ? » demanda Blaine, sa voix pleine d'émotion. Il connaissait déjà la réponse. Son père travaillait tout le temps les week end. Il voulait juste être sur que son père n'avait pas changé ses habitudes.

« Oui, » confirma Nathalie. « Il devrait rentrer bientôt. » Blaine hocha la tête mais ne dit rien, son regard se posa sur les escaliers en pensant à sa chambre là haut. « Tu veux un café ? »

Blaine se tourna vers elle. « Oui je veux bien merci. Ça te dérange si ... , » il fit signe vers les escaliers.

« Oui vas-y, » le réconforta Nathalie. « C'est exactement comme tu l'as laissé. »

Blaine sourit un peu. « Merci. Je redescends dans une minute. »

Nathalie sourit. Elle leva la main pour rapprocher son cadet et l'embrassa sur le front avant de se diriger à la cuisine. Blaine monta les escaliers, en regardant les photos de famille sur le mur. Il était agréablement surpris de voir qu'elles n'avaient pas changé. Il s'était dit que son père dirait à sa mère de les changer après son départ. Une fois là haut, il se tourna vers la porte d'entrée et s'assit. Il avait l'impression d'avoir de nouveau neuf ans, pressé que son père rentre à la maison.

Blaine attendait anxieux que John rentre. Il avait des nouvelles si excitantes à partager et il espérait que son père rentre de bonne humeur. John jeta un regard aux escaliers et enleva sa veste en souriant à Blaine. « Bonjour Blaine. Comment c'était l'école aujourd'hui ? »

Blaine explosait de joie. Il descendit les marches en vitesse pour se jeter dans les bras de John. John hésita un moment avant de le prendre dans ses bras.

« Papa tu ne devineras jamais ce qu'il s'est passé aujourd'hui ! »

« La plus jolie fille de l'école t'a dit bonjour ? » demanda John moqueur.

Blaine gloussa. « Non, » dit-il. « J'ai eu un super rôle dans la comédie musicale de l'école ! »

John leva les sourcils. « Vraiment ? » Blaine acquiesça enthousiaste. « Et il s'agit de quel musical ? »

« Tu es un bon garçon Charlie Brown ! » cria Blaine si excité que John eu du mal à comprendre. « Je joue Snoopy, qui comme tout le monde le sait, est le meilleur rôle ! »

« C'est bien fils, » dit John en s'éloignant, son ton indiquait clairement qu'il ne voulait en entendre plus.

Blaine n'en fut pas pour autant dissuadé. « Tu viendras n'est-ce pas ? » demanda-t-il presque désespéré, en suivant son père à travers la maison jusqu'à son bureau. « C'est le mois prochain comme ça tu as le temps de prévenir le bureau et tout. »

« Je ne sais pas Blaine. »

« Et c'est un musical alors on peut chanter et danser aussi ! »

« J'ai dit que je ne savais pas fils. »

« Mais tu vas essayer hein ? » demanda Blaine en s'arrêtant devant la porte du bureau. « Tu essaieras de venir ? Ça va être trop bien papa, je te promets ! »

« Je ne sais pas Blaine, » rétorqua John. « Fiston, j'ai du travail à faire. Je ne peux pas parler de ça maintenant. Ferme la porte et dis à Cooper de venir me prévenir quand le dîner sera prêt. »

Blaine se découragea. « Oui père. »

Un larme coulait sur la joue de Blaine. « Le bonheur c'est chanter ensemble lorsque la journée est finie, et le bonheur c'est ceux qui chantent avec toi, » chanta-t-il doucement. « Le bonheur c'est le matin et le soir, le jour et la nuit aussi. Le bonheur est pour tous et tout ce que tu aimes toi. »

Blaine avait toujours aimé la musique et l'idée de spectacle. Mais ce n'était qu'en jouant sa première vraie pièce qu'il sut à quel point il aimait ça, à quel point il avait besoin de musique dans sa vie. Il ne pardonna jamais à son père d'avoir manquer le spectacle, et chaque absence de son père lors de ses spectacles suivants ne venait que renforcer l'idée qu'il était vraiment une déception. Ce qu'il ne savait pas c'était que John était présent à la première de sa première pièce et à tous les autres spectacles. Il se glissait à l'arrière une fois la pièce commencée et partait dès le rappel à chaque fois. John savait qu'il devait montrer à Blaine son soutien. Il savait qu'il ne pouvait pas être comme son père en ce qui concerne les sentiments de son fils. Il n'avait juste jamais su comment.

Blaine secoua les souvenirs et se leva. Il marcha dans le hall et s'arrêta devant la porte de sa chambre. Il l'ouvrit doucement et laissa échapper un rire quand il vit que sa chambre était restée exactement la même. « Ils n'ont vraiment rien changé, » se dit-il étonné. C'était comme remonter dans le temps. Même son vieil ordinateur était encore sur le bureau. Il s'avança vers l'armoire et passa ses doigts dans le cadre désormais vide. Son père avait su exactement ce qu'il faisait en donnant à Kurt la seule photo de famille que Blaine avait dans sa chambre. Il ouvrit les tiroirs et ses habits y étaient encore pliés. Il faudrait qu'il parle à sa mère pour faire don de ces vieux trucs.

Il ouvrit son armoire, se mit à genoux pour y prendre les boîtes. Il sourit quand il les trouva de suite. Il en prit une et l'ouvrit. Elle était pleine de photos de ses amis d'enfance, des playbills et des éléments pour sa guitare. Il chercha au fond jusqu'à y trouver son collier avec son médiator. Il avait été très déçu quand il avait compris qu'il ne l'avait pas prit avec lui. Il le glissa dans sa poche, remis la boîte et se leva. Il regarda ses habits et s'arrêta à la veste Dalton. En souriant, il la retira du cintre et l'habilla. Il n'était pas surpris de voir qu'elle lui allait encore. Il n'avait pas beaucoup grandi depuis le lycée. Il se tourna vers le grand miroir et secoua la tête. Il avait oublié à quel point il aimait ce blazer Dalton.

« Tu as toujours été beau dans cet uniforme, » dit Nathalie à la porte.

Blaine la regarda dans le miroir. « J'avais oublié à quel point j'aimais la porter. Dalton était plus ma maison qu'ici, » Blaine regretta ses mots dès qu'ils furent sortis de sa bouche. Il se retourna juste à temps pour voir le visage de sa mère tomber. « Je suis désolé maman. Ce n'est pas ce que je voulais dire. »

« Si ça l'est, » dit Nathalie avec un sourire triste. « Mais ça va Je comprends que ta vie ici n'était pas joyeuse, » Blaine baissa les yeux et laissa tomber la veste. « Le café est prêt au fait. »

Blaine acquiesça, il s'avança vers son armoire et rangea la veste. « Papa rentre quand tu penses ? »

« Dans une trentaine de minutes. Tu as déjà besoin de partir ? » demanda tristement Nathalie.

Blaine secoua la tête. « Non. Je ne partirai pas tant que papa et moi n'aurons pas parlé. Il est temps. »

Nathalie lui donna un sourire soulagé. « D'accord. Allons boire un café avant qu'il n'arrive alors. »


John n'était pas du tout préparé à l'attaque d'émotions qui le toucheraient quand il entrerait dans la cuisine. Il savait que Blaine était là parce que les gardes du corps étaient garés dehors. Il était assis plus de temps que prévu dans sa voiture le temps de gagner du courage pour parler à son fils cadet avant de rentrer. Il s'attendait à sentir du regret il en ressentait chaque fois plus chaque jour. Il s'attendait à ressentir de la honte il savait qu'il n'était pas le meilleur des pères. Il avait tellement essayé de ne pas être comme son père pour comprendre bien des années plus tard que c'était trop tard. Il n'avait pas prévu pour autant à quel point le regret serait profond, à quel point il serait honteux. Il ne s'était pas attendu au chagrin ou à la peur qui le parcouraient le moment où il vit son fils. Son fils était maintenant un homme et il avait tout raté. Il se détestait pour cela.

Blaine était assis au comptoir comme quand il était jeune et cette image lui envoyait une douleur droit au cœur. Il lui criait toujours dessus parce qu'il s'asseyait là et maintenant il ne voulait que s'excuser d'en avoir fait tout un plat. Blaine leva les yeux et son sourire s'effaça d'un coup. Il glissa de sa place et y resta debout comme pour provoquer John de le gronder. John regarda sa femme qui observait cet échange avec prudence, avant de regarder son petit garçon. Il était plus grand mais de pas grand chose, ses épaules étaient plus larges. Son visage était plus complet, ses yeux aussi vibrants qu'avant et il portait un bouc. Sa pilosité faciale s'était bien développée depuis qu'il était parti. John se demanda qui lui avait appris à s'en occuper.

« Bonjour fils, » parla John finalement, sa voix se cassa à la fin. Le visage de Blaine s'adoucit en réalisant que son père avait peur. « Bienvenu à la maison. »

« Bonjour papa, » dit Blaine et John en fut bouleversé. La voix de Blaine était bien plus grave que dans son souvenir plus forte. « Kurt m'a dit que tu étais passé le voir. »

John détourna le regard, incapable de supporter la colère passionnée du regard de Blaine. « Oui, » confirma-t-il. « J'espère que je n'ai pas dépassé les bornes en allant lu parler à lui d'abord. »

Blaine regarda son père perplexe, il ne savait pas quoi ressentir face à la réaction de son père. Quelque chose n'allait pas. « Non ça va. J'étais juste confus, je n'ai pas compris pourquoi tu as ressenti le besoin d'aller le voir lui avant moi. » John ne répondit pas et regarda le sol. « Pourquoi on n'irait pas dans ton bureau papa ? Il est vraiment temps qu'on parle toi et moi tu ne penses pas ? »

John acquiesça et sans dire un mot se retourna. Blaine attendit un moment avant de le suivre s'arrêtant net quand sa mère lui saisit le bras. « Essaie de ne pas être trop dur avec lui Blaine. »

Blaine lui sourit légèrement et hocha la tête avant de s'en aller. Il ne frappa pas à la porte du bureau, il la ferma juste derrière lui. Nathalie était de l'autre côté de la porte, elle voulait les entendre. Elle ne savait pas que son mari était allé voir Kurt jusqu'à ce que Blaine en parle. Elle en était à la fois choquée et ravie. Elle espérait qu'ils enterrent finalement la hache de guerre. Elle voulait retrouver sa famille.

John était dos à Blaine, les mains dans les poches, sa posture rigide. « Je n'ai jamais été un bon père pour toi Blaine. »

« C'est une façon de le dire, » dit Blaine sèchement.

John baissa sa tête. « J'ai été méchant avec toi, je ne t'ai pas soutenu. Tu as toujours été un enfant étrange pour moi et au lieu d'essayer de te comprendre, je t'ai repoussé. C'est un de mes plus grands regrets. »

« L'un de tes regrets ? » lui demanda Blaine avec un rire sans humour. « Et quels sont les autres papa ? Ne pas être venu me voir jouer ? Me ridiculiser en public ? Oh et que penses-tu de me culpabiliser d'avoir été tabassé ? Tu regrettes ça aussi ? »

John se retourna finalement vers son fils et ne contrôla pas la vulnérabilité qui le rendait faible. « Je n'aurais jamais du t'humilier de la sorte. Et je ne voulais pas te rendre responsable. Je m'en suis voulu d'être incapable de te protéger et je me suis vengé sur toi. Je m'en excuse. »

« Tu t'excuses ? » demanda Blaine incrédule, le ton montait. « De quoi ? De toutes ces années de négligence et de haine ? Et pourquoi ? Parce que tu ne me comprenais pas ? Parce que j'étais trop compatissant à ton goût ? C'est des conneries ! Tu étais horrible avec moi parce que je suis gay et parce que je n'en avais rien à foutre de ton métier stupide et tu le sais ! »

« Ce n'est pas vrai, » discuta John mais le ton de sa voix manquait de confiance. Il ne voulait pas se disputer avec Blaine. Il n'en avait plus la force.

« Si c'est vrai ! » s'écria Blaine. « Dis-moi pourquoi tu n'as jamais voulu me parler quand j'ai déménagé avec Cooper ! Pourquoi nos conversations ne duraient que trois secondes le temps que tu me demandes si mon frère était là ? Si ce n'est pas parce que tu détestais m'avoir comme fils alors dis-moi pourquoi, » demanda-t-il. « Dis-moi pourquoi est-ce si difficile pour toi d'admettre que je suis une grosse déception à tes yeux. »

« Tu ne m'as jamais déçu, » dit John fermement et Blaine gronda. « Je suis sérieux Blaine. Je suis allé voir chacune de tes pièces. Je me cachais juste au fond de la salle et je partais avant le salut. J'étais là à chaque faux pas et à chaque réplique oubliée. J'étais là. »

« Alors pourquoi ne m'as-tu jamais rien dit ? » le défia Blaine.

« Parce que je ne voulais pas gâcher ton moment, » dit John doucement. « Je ne...je ne voulais pas dire quelque chose qui viendrait effacer cette lumière dans tes yeux. Et j'ai toujours parlé à ton frère parce que je pouvais entendre la haine dans ta voix. Je savais que me parler était la dernière chose que tu voulais et je...je ne pouvais pas supporter de te blesser encore davantage. »

« Papa, » murmura Blaine, choqué par les mots de son père.

« Tu ne m'as jamais déçu Blaine. Jamais. »

Blaine secoua la tête, de grosses larmes aux yeux. « Pourquoi maintenant ? » demanda-t-il la voix brisée. « Pourquoi tu cherches à me joindre maintenant ? C'est parce que j'ai trouvé Kurt ? Ou parce que maman te l'a demandé ? »

John s'avança vers son fils et défie son bracelet. La mâchoire de Blaine en tomba quand il vit que les lignes entrelacées dans le nom de sa mère s'étaient complètement effacées. « Je suis en train de la perdre parce que j'ai été trop têtu pour admettre que j'avais tort. » John se dirigea vers son bureau et s'assit, son pouce caressant le nom de Nathalie. « J'ai ignoré le sentiment de perte pendant longtemps, je ne voulais pas admettre que je devais changer. Et le jour où j'ai finalement eu le courage de regarder son nom, mon cœur s'est brisé. Son amour est en train de partir et je n'ai personne d'autre à blâmer que moi même. » Blaine s'assit dans la chaise devant son père, sa main subtilement jouait avec son bracelet. John regarda Blaine les larmes aux yeux. « J'ai essayé d'être un homme meilleur que mon père et je suis devenu pareil. Je pourrais te présenter mes excuses toute ma vie et ça ne suffirait pas à me pardonner la façon dont je t'ai traité. Je suis véritablement désolé Blaine. Mon plus grand regret sera toujours de ne pas t'avoir montré mon amour. Je ne m'attends pas à ce que tu me pardonnes. J'espère seulement que tu pourras trouver dans ton cœur assez pour ne pas me détester. »

« Je ne t'ai jamais détesté papa, » dit Blaine, on aurait dit un petit garçon et non un jeune homme. « J'ai détesté la façon dont tu m'as traité la plupart du temps et j'ai détesté ne jamais rien faire de correct. Mais je ne t'ai pas détesté une seule fois. Tu es mon père. Je voulais juste que tu sois fier de moi. »

« Je suis fier, » lui dit John. « Tu es parti avec ton amour pour la chanson et un sac à dos plein d'habits et non seulement tu as réussi mais tu es une des plus grandes stars. Tu es un artiste magnifique Blaine. Je n'ai jamais été plus fier. »

Blaine détourna le regard, un petit sourire aux lèvres. « Comment pourrais-tu savoir que je suis un artiste magnifique ? Mes pièces de théâtre à l'école n'en donnaient pas vraiment l'idée. »

« Je suis allé à plusieurs de tes concerts fils, » admit John, Blaine parut surpris. « J'étais à celui de Columbus aussi, tout derrière au milieu des fans qui criaient. Ton habilité au spectacle me stupéfie. »

« Vraiment ? »

« Vraiment, » acquiesça John. « Je sais qu'on est loin d'être la famille qu'on aurait dû être il y a des années, mais j'aimerais essayer. J'ai déjà trop perdu de temps avec toi. S'il te plaît ne nous laisse pas en perdre davantage. »

« J'aimerais beaucoup, » dit Blaine en souriant. « Aussi fou que ça puisse paraître, tu m'as manqué papa. »

John rit, incapable de croire aux paroles de son fils. « Tu m'as manqué aussi fils. Ton esprit m'a manqué, même si je n'ai jamais su l'apprécier auparavant. »

Blaine haussa les épaules. « On dit que quelque chose ne vous manque que lorsqu'elle n'est plus là, n'est-ce pas ? »

« Vrai, » acquiesça John. « Est-ce que peut-être...voudrais-tu rester pour dîner ? On pourrait rattraper un peu le temps tous les trois. »

Blaine sourit de plus belle et pour la première fois depuis des années, John ressentit de l'espoir. « J'aimerais beaucoup. »