Un jour de quotidien banal, ma vie entière bascula du jour au lendemain. Tout ce qui était autour de moi s'évanouit en un seul instant, tel un nuage de fumée se dissipant dans les cieux. Ce qui faisait de moi l'homme que j'étais avait disparu, ce qui me donnait de l'importance, ce qui me faisait exister…Tout n'était plus qu'un souvenir trop abstrait pour que je ne m'en souvienne.

Tout débuta un jour paisible et sans réel événement. Je me levai dans ma propriété, cette maison pour laquelle j'avais travaillé dur afin d'en faire la résidence Nakagami, et j'y repris mon quotidien normal laissé la veille. Il était 9 heures et bientôt allait débuter mon travail. J'avais pour projet aujourd'hui de boucler ce roman que j'avais commencé il y a maintenant trois mois et que mon éditeur attendait avec impatience pour me faire sa critique. Il était difficile à satisfaire, toujours à me bombarder de ses « j'en peux plus » , mais au final, chaque fois que je vendais un livre, c'était un Best Seller, si bien que le nom « Nakagami Ugo » devint vite connu dans la région.

Je me dirigeai vers la cuisine, m'y installant pour prendre mon petit déjeuner. Mais alors que mon quotidien était classique, quelque chose attira mon attention. La cuisine avait changé par rapport à l'état dans lequel je l'avais laissée la veille. Je ne pouvais pas dire ce qui avait changé concrètement, mais quelque chose était bizarre. Je ne m'affolai pas tout de suite. Après-tout, peut-être mon épouse ou ma fille avaient déplacé quelque chose. Pourtant, lorsque j'allai faire ma toilette, je constatai quelque chose qui me surprit plus encore. Il n'y avait plus aucune affaire féminine dans les armoires de la salle de bain, ni même le sèche cheveux appartenant à ma femme et ma fille…Tout était vide.

Je ne compris pas tout de suite, mais quelque chose me vint alors en tête. M'avait-elle quitté , profitant du fait que je me levais plus tard qu'elle pour disparaître ? Non…Ce n'était pas possible. Ma femme ne pouvait pas me faire ça….Pas après tout ce que nous avions vécu.

Ne voulant pas croire à ce qui était cependant une réalité possible, je me mis à la rechercher de toute trace de ma femme et de ma fille dans la maison. Je cherchai en vain toute affaire ayant pu leur appartenir pour au final revenir bredouille.

Une pensée me vint en tête : Chiaki. Ma petite puce avait pu partir, mais elle m'aurait forcément laissé un mot dans sa chambre. Ainsi, rassemblant mes espoirs, je montai à l'étage afin d'y retrouver l'univers de ma fille. Pénétrant cette forteresse dont le thème était le jeu vidéo, je fus abasourdi par ce que je trouvai à l'intérieur.

En effet, l'univers de ma fille n'était plus. Cette chambre n'était qu'un vide-grenier dans lequel s'entassaient des bricoles poussiéreuses à un tel point que je ne pouvais même pas me frayer un chemin dans la pièce. Lorsque j'ouvris la porte, un épais nuage de fumée me tomba sur le visage, forçant quelques larmes à couler le long de mes joues.

Je ressortis en vitesse avant de frotter mon visage poussiéreux et humide. Je n'avais pas la moindre idée de ce qu'il se passait ici, mais la réalité était là, ma femme et ma fille avaient complètement disparu. Je cherchai à rassembler toutes les preuves de leur existence en cherchant en premier lieu leurs photos dans mon portefeuille , mais rien ne s'y trouvait. Les cadres sur les murs n'affichaient que des photos de mes amis les plus proches tandis qu'il n'y avait plus aucune trace de présence féminine dans cette maison qui était la nôtre.

Je m'écroulai au sol, soutenant ma tête de par mes deux mains pour éviter qu'elle ne s'écrase au sol. J'avais des tas de souvenirs de mes deux princesses, mais je ne savais même pas si ils étaient vrais…Puisque rien autour de moi n'indiquait leur présence. Etaient-elles simplement l'origine d'un fantasme inconscient que j'aurais vécu au travers de l'un de mes rêves…..Ou étaient-elles vraiment une réalité qui s'était effacée de ce monde du jour au lendemain ? Je ne comprenais vraiment pas, mais mes souvenirs à l'intérieur étaient trop forts pour que je ne me persuade que tout ça n'était qu'un rêve ou une illusion.

Une pensée folle me traversa l'esprit : je devais retrouver ma femme et ma fille, et ce , à n'importe quel moyen. Elle étaient celles qui m'avaient sauvé, qui avaient fait de moi l'homme que j'étais…Je ne pouvais pas les laisser disparaître dans l'oubli de la sorte.

Ce fut ainsi que commença une quête assez peu ordinaire j'en conviens. Un voyage difficile à la poursuite d'une chimère dont j'étais le seul à connaître l'existence. Un voyage pour sauver le monde, un voyage pour sauver mon monde.

Nakagami Ugo : A la recherche d'une chimère.

Face à ce problème, il n'y avait qu'une seule personne capable de m'écouter, de me comprendre, et de m'aider dans un tel scénario. Une seule personne au monde qui était assez ouverte aux situations extravagantes et qui était capable de me conseiller en la matière…Ce fut avec cette pensée que je me rendis chez Soichiro Namatame pour obtenir des réponses ou tout simplement des indices. Je savais qu'il était le seul qui n'allait pas me juger…Après tout, lui et moi nous avions partagé des tas de choses. Il avait été le leader de la guilde ayant rassemblé mes camarades qui étaient partis dans un chemin assez obscur, celui des gangs. Il nous avait rassemblé et remis dans le droit chemin, tout en nous aidant à devenir des hommes capables de porter des responsabilités. C'était d'ailleurs grâce à lui que j'avais eu mon enfant, puisque j'avais rencontré ma femme en tant que membre de la guilde. Elle et moi nous étions investi d'une mission commune, et cela nous avait rapproché sentimentalement.

Si tout était clair dans mon esprit, il devait l'en être dans le sien aussi , puisqu'il avait tout vu de ses propres yeux, même la naissance de Chiaki de laquelle il était le parrain. J'avais donné beaucoup d'importance à Soichiro Namatame que je considérais comme mon père, et aujourd'hui encore c'était comme à un père que j'allais demander de l'aide.

Lorsque je pénétrai la forêt dans laquelle il vivait, je n'y vis pas grand chose à première vue. Tout était similaire à la dernière fois que j'étais venu, me laissant réaliser que seul mon univers semblait être altéré par la disparition de mes deux amours. Je m'avançai dans cette grotte et passai l'étendue d'eau dans laquelle Chiaki avait l'habitude de s'entraîner, pour au final arriver dans le laboratoire où était posté le vieil homme.

Mon père dégarni se retourna alors, ressentant sûrement ma présence, avant de prendre la parole. La tristesse affichée sur son visage creusé par les rides me faisait de la peine chaque fois que je la voyais de face, mais je devais me faire une raison. Soichiro n'avait pas surmonté la mort de sa femme, c'était d'ailleurs la raison pour laquelle il avait quitté Yume-Nikki à l'époque. Il était donc le plus à même à comprendre le manque dans lequel je me trouvais.

– Quel bon vent t'amène, Ugo ? Entama alors le roi de la forêt spirituelle. Tu tires une drôle de mine ma foi gamin.

– Soichiro….Répondis-je avec hésitation. Je…Je ne sais plus où j'en suis, Soichiro. Une chose étrange se passe dans ma vie…Et je ne sais pas si je deviens fou ou si c'est le monde atour de moi qui l'est.

– Ne t'en fais pas. Me rétorqua-t-il avec lassitude. Je deviens fou aussi avec ces gamins. Ils sont partis i peine une semaine et je sens déjà qu'ils ont fait n'importe quoi. Quel est ton soucis, gamin ?

– Je….Je me souviens d'une femme et d'une fille qui seraient liés à moi. J'ai des souvenirs d'une vie de famille….Pourtant quand je me suis levé ce matin, le monde autour de moi semble ne jamais avoir porté en lui l'existence de ma famille. Ma femme et ma fille ont tout simplement disparu, comme si leur existence même avait été effacée de ce monde. As-tu des souvenirs de Chiaki Nakagmi ? Une petite rouquine aux yeux bleus qui vient s'entraîner ici régulièrement.

– Je n'en ai aucun souvenir gamin. Vraiment aucun souvenir….J'imagine avoir une idée de ce qu'il se passe…Mais je n'ai aucune idée de comment t'aider gamin…

Le vieil homme se retourna vers ce qui semblait être sa dernière invention, réfléchissant à mon problème. Pendant qu'il cherchait, je m'arrochais aux souvenirs qu'il me restait de ma femme et de ma fille, essayant de conserver leur existence à tout prix.

Il laissa se passer quelques minutes avant de se retourner de nouveau. Il afficha un sérieux assez prononcé sur son visage rigide, me laissant revoir ces traits respirant la tristesse qu'étaient les siens. Moi qui avais connu le maître de la guilde enjoué et respirant la joie de vivre, cela me faisait toujours mal de le voir dans cet état.

– Il y a un endroit où tu peux te rendre, gamin. Déclara l'homme. Connais-tu les montagnes « Kiboenji » ?

– Je ne connais pas cet endroit. Quel est-il ?

– Ces montages sont littéralement traduites « Montagnes de l'espoir cramoisi ». Il est dit que tout homme foulant ces terres trouvera la réponse à ses interrogations. Tout homme montant au sommet de cette montage se verra dissiper tous les doutes ayant un jour foulé son cœur. Je pense que tu peux t'y rendre. Tu pourras faire la part des choses entre illusion et réalité.

– T'es…..T'es-tu déjà rendu à cet endroit… ? Bégayai-je dans le doute.

– Jamais. Ce n'est qu'une légende urbaine, et j'ai passé l'âge d'aller vérifier par moi-même. Tu peux t'y deplacer pour rien, mais tu peux aussi t'y déplacer et retrouver une vérité enfouie au fond de l'histoire de l'univers , de ton univers. Auras-tu le courage de braver la barrière de la rationnalité pour aller fouiller dans l'univers de l'abstrait et du fantastique ?

– Bien sûr. Je suis prêt à tout pour ramener ma famille à mes côtés. Je vais me mettre en route dès maintenant. Merci pour tout, Soichiro.

L'homme se contenta de froncer les sourcils en guise de réponse. Je quittai la forêt avec une pensée forte en tête, celle de retrouver ma femme et ma fille à tout prix. L'homme de la forêt m'avait donné les plans nécessaires pour me rendre aux montagnes de l'espoir cramoisi, ce fameux endroit où j'allais trouver toutes les réponses requises pour pouvoir avancer. Je ne devais pas perdre de temps : il me fallait absolument partir dès maintenant pour résoudre ces problèmes avant que ma mémoire elle même ne disparaisse en emportant avec elle le souvenir de mes racines.

Mais alors que j'allais prendre la route en m'enfonçant dans le bois alentour, je fus interrompu par un bruit sourd venant de derrière moi. Une mélodie commença à retentir aux alentours, me laissant parfaitement reconnaître qui était derrière moi.

watch?v=nl2YWCvlAvo

Je me retournai rapidement vers la source de cette musique, laissant un rictus se dessiner sur mon visage. Mon vieil ami était devant moi. Nous avions traversé beaucoup d'années ensemble moi et Jérôme la vieille branche des UWS. De ses 40 ans, il était toujours aussi mordu de ses chansons d'asiatiques, en particulier de Silent Siren. Il arriva d'ailleurs vêtu d'un tee-shirt à l'éffigie de la chanteuse du groupe qui avait elle aussi pris 20 ans depuis le temps.

– . Me salua Jérôme avec toute la sympathie qu'il arborait habituellement.

– Salut vieille branche hoho ~ Comment vas-tu monsieur bouche en cul de point ?

– Je vais bien. Un point au loin et puis plus rien. Tu fais quoi noob ?

– Je pars à la recherche d'une chimère. Un rêve inaccessible que je veux rendre réel.

– . Ok tu revis tes 17 ans .

– Jérôme ! Reviens dans ta pokéball ! S'exclama une voix moins grave mais adulte, me laissant deviner qu'il s'agissait d'Alain. Je t'ai concoté un poffin !

– Tss. Il ne manquait plus que lui.

– Tiens, qu'est-ce que tu fais là Alain hoho ~

– Nous sommes tous venus sur l'indication d'un de nos membres. M'interrompit la sombre voix du grec, le chef de notre groupe. Tu as des ennuis n'est-ce pas, Crimson Ugobird.

– Mais…Comment vous savez tout ça … ? Bégayai-je, interdit.

– C'est moi qui leur ai indiqué, m'interrompit encore une autre voix provenant de derrière.

Lorsque je me retournai, je fis face au dernier membre masculin de notre équipe UWS. Il était un homme habillé d'une cape violette et dont l'on ne voyait que deux grands yeux rouges. Il tenait à la main une boule de crystal qu'il gardait toujours précieusement dans ses mains. C'était Adam, notre dernière recrue qui était un fan de dinosaure. Tout le monde le surnommait IrmAdam puisqu'il voyait l'avenir avec sa boule de crystal , même si ses capacités de prédiction n'étaient fiables qu'à 5% dans les faits.

– On m'a dit que tu partais en mission pour retrouver ta famille mon Ugo….Ma boule m'a-t-elle dit la vérité ?

– Non….Pour une fois tu as raison…. Bégayai-je.

– Ma boule me dit aussi que le secret de ton avenir repose en avril 2014…. Tu dois revenir en arrière pour progresser dans le futur….Le format avril 2014…..Telle est la vérité…

– Tu n'as rien d'autre à faire que ressasser ce format ? Ricana Alain en sortant son panneau « Lol »

– .

– En attendant , nous parlons, nous parlons, mais nous n'avançons pas. Empruntons cette forêt et allons vite rejoindre le chemin de la vérité.

Nous entrâmes tous les cinq dans le sentier boisé qui allait nous mener à la partie sauvage de notre village de campagne. Lorsque nous pénétrâmes les lieux en question, nous comprîmes que notre périple allait être quelque chose d'assez rude à vaincre…En effet, l'endroit dans lequel nous étions semblait assez peu entretenu, ce qui augmentait le caractère sauvage de l'endroit. Nous avions l'impression de nous trouver dans un de ces donjons à la Indiana Jones ou dans le parcours du Jumanji version UWS.

Lorsque nous fîmes un pas de plus, quelque chose apparut soudainement sous nos yeux. Une porte apparut à quelques centaines de mètres de nous. Sur cette porte se trouvait une pancarte « Tournoi Goat Control ici. » Sans vraiment comprendre ce qu'était ce qui semblait être un vieux gag, je m'apprêtais à passer outre cette porte pour tourner à gauche et continuer dans ce qui semblait être un labyrinthe, mais contre toute attente, l'un de nous céda à cette issue.

Notre voyant se rua sur la porte dont il ouvrit rapidement la serrure, ressassant les mots « Goat control » à répétition avec entrain comme si quelque chose de superbe se trouvait derrière cette porte. Cependant….Lorsqu'il tourna la clinche, tentant de découvrir ce qui se trouvait derrière son sésame, il n'eut pas le temps d'ouvrir la porte qu'il fut empalé par quatre lances sortant de nulle part.

Nous fûmes abasourdis par ce qu'il venait de se passer sous nos yeux. Adam notre voyant à la précision la plus médiocre du monde venait de mourir sous nos yeux…..En cinq secondes….Sa vie avait été prise….Par je ne sais qui, par je ne sais quoi…..

Alain fut le plus choqué de nous. Jérôme montrait pour sa part de la totale indifférence tandis que le chef de notre groupe, le grec, Kosta, reprit la parole en se frottant le menton, comme si quelque chose de grave se préparait.

– Je vois…Il semble que nous sommes attendus ici. Déclara-t-il.

– 乁(⸌ᗝ⸍)ㄏ répondit Alain par le biais d'un de ses panneaux. Il semblait affolé par la situation.

– Tss. Il ne nous fera plus chier le noob. Enchaîna Jérôme, indifférent face à la macabre découverte.

– Est-ce qu'on peut vraiment continuer à progresser dans ces conditions…. M'interogeais-je avec doute. Après tout…..Je ne sais pas moi même si cette chimère est réelle….

– Moi je sais qu'elle l'est. Rétorqua le leader du groupe. Je ne doute pas de toi, je ne doute donc pas de tes souvenirs. Continuons.

Nous avançâmes dans le labyrinthe qui ouvrait sur de plus en plus d'issues au fur et à mesure que nous y progressions. Nous avancions tous les quatre avec prudence, redoutant un autre piège dans le genre de celui qui avait tué Adam. Nous arrivâmes soudain dans une impasse. Le labyrinthe qui semblait magique se referma de derrière nous progressivement. Face à la situation, nous fûmes pris par un sentiment d'urgence assez prenant….Mais c'était sans compter sur Alain.

– Jérôme ! Transformation numéro 1 ! Silent Siren !

watch?v=cID8aSNwLo0

Jérôme brilla d'une lueur rose qui nous était si habituelle que nous ne froncions même pas les sourcils. Lorsque cette lumière se dissipa, il était de nouveau semblable à cette chanteuse asiatique de silent siren avec les rides qui allaient avec. Il se positionna face au labyrinthe s'actionnant tout seul et se mit à chanter face à lui. Plus il chantait, plus l'étendue de feuillages qui s'avançait vers nous reculait, le laissant même dessiner son propre chemin dans le labyrinthe qui semblait vraiment inaccessible à première vue. Alain lança un regard satisfait vers le spectacle tandis que moi et Kosta le grec étions habitués à ce genre de scénarios. Jérôme possédait ce « pouvoir magique » depuis bien longtemps déjà, et il nous avait été bien utile au travers des époques.

Nous pûmes donc continuer dans le labyrinthe sans encombres au rythme de la performance vocale de notre ami le silent siren de l'équipe. Nous finîmes par sortir de ce dit labyrinthe pour nous retrouver sur un sentier similaire à celui dans lequel était mort notre ami Adam quelques heures auparavant.

– Nous avons réussi à sortir ᕕ(◥□◤)ᕗ s'exclama Alain avec entrain. Nous pouvons continuer vers ces parrois rocailleuses (งᎲ)ง

– Restons sur nos gardes. Rétorqua le leader du groupe d'un ton méfiant. Une erreur peut coûter la vie vous l'avez vu, donc nous allons continuer notre route avec prudence.

– Tss. Regardez-moi ces noobs. Vous avez peur ? Hinhinhin.

Nous continuâmes donc notre chemin pour arriver vers une gigantesque paroi rocailleuse qui semblait être le point de départ d'une série de montagnes. Je plongeai mon regard dans l'horizon, regardant le plus loin possible afin de voir toute l'étendue des montagnes face à nous. L'une d'elle me fit m'arrêter, puisqu'elle était d'un rouge cramoisi assez vif au milieu de toutes ces falaises riches en couleurs sombres. C'était notre objectif. C'était mon objectif…Là-bas j'allais trouver toutes les réponses à mes questions et revoir ma famille.

Nous nous engageames sur ce chemin moi et mes amis. Nous montâmes encore et encore , encouragés par le répertoire de Silent Siren chanté par notre Jérôme. Alain fredonnait les chansons tandis que mon leader gardait son air sérieux. J'avais de la chance d'avoir mes camarades ; étaient toujours là quand j'avais besoin d'eux et n'hésitaient pas à risquer leur vie pour m'accompagner. J'avais plusieurs fois risqué la mienne pour eux également , mais les voir me rendre la pareille était quelque chose d'assez satisfaisant…A vrai dire…UWS était comme une famille pour moi. Je les avais rencontré il y a bien longtemps maintenant….

Tandis que nous étions sur la route, je me rappelai de ma rencontre avec les UWS. Nous étions tous originaires de Satellite, dans un quartier assez uppé de la zone. Les racailles se rassemblaient dans la zone BAD , moi j'habitais dans des quartiers un peu plus beaux quand même. Mes parents étaient morts peu après ma naissance et j'avais du compter sur mon grand-frère pour survivre dans ce monde. Nous vivions assez bien lui et moi, et les garçons de mon âge qui étaient les futurs UWS vivaient bien dans leur coin aussi. Un jour cependant, un membre de la sécurité avait déclenché une fusillade dans la zone BAD de Satellite. Il avait réussi à tuer tous les délinquants s'y étant rassemblé s sauf une personne….Et par frustration il avait donc décidé de massacrer notre quartier aussi.

Nous avions tous fui l'endroit dans lequel nous vivions, protégés par tous nos frères et sœurs ainés qui étaient la seule famille que nous possédions. Leur sacrifice nous avait permis de prendre la fuite et de vivre face à ce garde qui nous avait tout pris à l'époque, mais nous n'avions plus de foyer, plus d'endroit pour manger, plus rien. Comme pour s'allier face au monde cruel auquel nous faisions face, nous sommes devenus les UWS, connus sous le nom d'United we Stand : l'union fait la force. Nous avions décidé en ce jour de lutter ensemble contre cette injustice permanente que l'on appelait la vie.

Nous savions tous que des gamins seuls dans un quartier étaient déstinés à trouver la mort plus ou moins rapidement et que notre alliance était plus un moyen de gagner du temps qu'une réelle course à la vie. Nous savions que sans un adulte pour nous encadrer, nous finirions par être repêchés par un orphelinat dans lequel ils faisaient des expériences aux gosses….Mais alors que nous pensions que tous les grands-frères et sœurs avaient été tués dans la fusillade….Jérôme, le grand-frère d'Alain, réapparut devant nous bien amoché mais encore en vie. Il devint un des membres de l'UWS et notre représentant même si Kosta celui qu'on appelait le grec avait du haut de ses 13 ans plus l'étoffe d'un leader éventuel pour l'équipe que n'en avait Jérôme. Nous avions donc monté les UWS à cinq , nous les garçons et une fille de notre âge qui s'appelait Sukai. Sukai avait fini par quitter le groupe avant de se faire attraper par la sécurité et finir en prison…Et nous nous étions devenus un gang de duel assez puissant dans le coin.

– Tout va bien Ugo ? Tu as l'air ailleurs. M'interrompit le grec.

– Oui…Tout va bien…Je repensais juste à nos jeunes années hohoho.

– ᕕ( ³ )ᕗ C'était le bon vieux temps tout ça. Enchaîna Alain avec entrain. Nous en avons vécu des tas de choses.

– Au plus loin que je me souvienne, je me rappelle des années après Yume, mais après j'ai du mal à me rappeler de tout ce qu'on a vécu. Repris-je avec sérieux.

– Tss. Tu ne te souviens même plus gros tas.

– Mon esprit est un peu troublé tu pourrais être plus cool Jérôme ! Balançai-je , dépité.

Le grand frère d'Alain m'ignora et ensemble nous continuâmes. Nous étions bientôt arrivés au sommet de cette montagne depuis laquelle nous allions gagner les montagnes de l'espoir cramoisi. La nuit commençait à tomber, mais mes camarades avaient décidé de m'accompagner jusqu'au bout sans même prendre du repos. Nous nous lancions des blagues vaseuses sur la route. Ca détendait l'atmosphère et me faisait vraiment revivre les bons temps de l'époque de Satellite. Alain et son frère avaient décidément des drôles de rapports, puisque le petit frère n'arrêtait pas d'embêter le grand même en tant qu'adulte. Alain avait 30 ans, pourtant il conservait l'attitude d'un gamin armé de ses pancartes dont lui seul avait le secret de rangement.

– Nous sommes arrivés. M'interrompit de nouveau le leader de notre groupe. Nous n'avons plus que très peu de route avant d'arriver dans les montagnes.

– UWS EPISODE 32 : SUR LA ROUTE DE LA MONTAGNE 乁(⪧ヮ⪦)ㄏ

– Fermez-la un peu.

Jérôme fut le premier qui s'avança, toujours de sa tenue d'asiatique dont il avait le secret. Il s'avança vers la porte de roche qui semblait déboucher vers un dôme reliant les deux montagnes de la chaîne sur laquelle nous nous trouvions tous. Lorsqu'il fut près de la porte, quelque chose tomba rapidement du ciel pour s'écraser sur mon ami. Notre ancien héros évita de justesse la masse qui venait de tenter de s'écrouler sur lui pour au final faire quelques pas vers l'arrière. Nous nous étions avancés pour être aux côtés de Jérôme, nous laissant faire face à un colosse de fer qui se leva majestueusement devant nous. Ce qui semblait être un robot géant déclencha sa voix de synthèse qui parvint jusqu'à nous.

– Rouguignou 2,0 , gardien de ce château. Déclara machinalement la voix robotisée. Je vais éliminer les UWS qui veulent piétiner mon territoire (∩⇀෴↼)⊃━ ゚.*

– Eh ! C'est mon smiley ! 乁(⪧ヮ⪦)ㄏ Rétorqua Alain avec énergie. On va te battre moi et Jérôme !

– Rouguignou… ? Tss. Pathéthique.

– Mettons le en pièces et continuons. Déclara le chef avec satisfaction face au défi en face. UWS, en formation !

Nous nous avançâmes vers le tas de ferraille mon équipe et moi, bien décidés à vaincre le colosse de fer. Sans reprendre la parole, le colosse de fer tenta de nous écraser de sa grosse main métallisée , mais nous pûmes l'éviter à temps. Semblant en colère, il nous adressa des injures avant de reprendre la parole avec agressivité.

– Activation du mécanisme de défense. Brigade Scorpion noir relâchée !

– Brigade scorpion noir ? Hoho voilà qui est rigolo. Déclarai-je.

Avant que l'on ne puisse attaquer de nouveaux, 5 robots métallisés de notre taille sortirent de nulle part. Ils étaient quatre hommes et une femme face à nous. Ils étaient exactement identiques au gang des scorpions noirs. Don Zaloog, Meanae l'épineuse, cliff le désamorceur, chick le jaune et gorg le fort. Tous les 5 se positionnèrent face à nous, adoptant un comportement assez humain malgré le fait qu'ils étaient cinq cyborgs. Nous ne nous laissâmes cependant pas déconcerter, puisque nous chargeâmes tous ensemble au même instant.

Je fus le premier à m'avancer vers Gorg le fort qui préparait déjà sa massue, comme pour relever mon dé la puissante et lourd attaque qu'il tenta de m'asséner, je glissai sous lui afin de le prendre à revers d'un puissant coup de pied qui le projetta un peu plus loin de nous. Le robot colosse s'écroula au sol, avant de se relever, déterminé comme jamais. Il se saisit fermement de sa massue avant de revenir à la charge , mais c'était sans compter sur le pouvoir que j'avais à l'intérieur de moi. Je sortis une de mes cartes, l'oiseau du soleil cramoisi, avant de reprendre la parole avec détermination.

– Sunbird ! Donne moi ta force ! Criai-je pour déclencher le pouvoir de mon vieil ami.

Un tourbillon de flammes se forma autour de moi, me laissant déclencher le pouvoir de mon ami à plumes. Plus les flammes se répendaient sur le sol, plus je sentais la force du Sunbird se décupler de plus en plus. Gorg le fort ne se laissait pas impression par les flammes, mais je sentais que la chaleur de l'oiseau devenait de plus en plus intense. Pour relâcher le pouvoir de mon ami de toujours, je déclarai la formule qui allait tout changer.

– Hoho ! Quel Skill ! Lâchai-je tandis que l'écho des montagnes se chargeait de porter ces mots.

Le torrent de flammes s'intensifia et prit gorg le fort au piège jusqu'à le carboniser totalement, mettant ma victoire évidente en avant. Je me retournai, ma carte toujours à la main, afin de voir où en étaient mes amis. Alain lui se battait avec Meanae. Il utilisait ses pancartes pour l'attaquer. D'un geste, clamant toujours cette formule Hoho Quel Skill , je pus propager les flammes jusqu'à toucher Meanae l'épineuse, pour ensuite faire de même avec Chick et Cliff qui affrontaient Jérôme. Quant à Don Zaloog, il périt également sous les flammes de l'oiseau du soleil cramoisi, ce qui eut pour effet d'agacer fortement le père de ces imbéciles en armure qu'étaient les cyber scorpions noirs.

– Vous allez me le payer ! Impardonnable ! IMPARDONNABLE BANDE DE MAMADOUS ! Déclara le roboguignou qui nous laissa constater son piètre vocabulaire au passage.

– Mamadou ? Tu n'as pas mieux comme insulte ? Rétorqua froidement le grec qui nous fit tous pouffer de rire de par la tête qu'il tirait.

– IMPARDONNABLE ! Scorpion noir tier 0 !

Le roboguignou changea de forme, laissant sa carcasse de fer assez lourde se transformer en des sortes d'ailes métalliques qui lui donnaient une allure plus légère et souple. D'un coup , il se rua sur nous à une vitesse fulgurante, nous percuttant tous en même temps. Il nous envoya valser à quelques mètres de lui pour nous écraser dos contre le sol sur le parterre rocailleux. Je me relevai péniblement, grimaçant face au fait que quelque chose d'aussi ridicule nous avait tiré un soupir. Mais alors que j'allais contre attaquer armé de mon crimson sunbird, je fus devancé par Alain et son grand-frère.

– Hoshi ! Hurla le plus jeune de la bande. Forme 3 ! Synergie ! Soukai Rock !

watch?v=Oa52G0XxCiM

Jérôme et Alain se mirent à briller tous les deux d'une lumière mauve qui nous empêcha de les distinguer les uns des autres. Nous ne comprîmes pas de suite moi et le grec, mais nous eûmes vite une réponse puisque lorsque Jérôme ressortit il était habillé en la chanteuse de pop de son groupe fétiche, mais Alain aussi était désormais habillé comme la bassiste du groupe. J'allais éclater de rire face à ce changement soudain, mais alors que je pensais que c'était terminé, le petit frère reprit la parole avec détermination.

– Et maintenant , nous allons relâcher le Sekai no Hero ! Hurla-t-il. Jérôme ! One point man overload release !

Le joyau attaché au collier de mon ami brilla d'avantage tandis qu'ils fûmes une fois de plus enveloppés dans ce qui était une lumière bleue translucide qui entourait les deux compères. Lorsque Jérôme ressortit de la lumière, nous vîmes quelque chose que nous n'allions jamais plus voir dans notre vie. Il était habillé dans ses collants de super héros, comme il l'était d'habitude en tant que One point man….A l'exception près que cette fois, le héros était également coiffé comme la chanteuse de son groupe fétiche, affichant les mêmes yeux bridés qu'elle mais aussi les mêmes accessoires qu'elle portait. Etait-ce cette fameuse troisième forme à laquelle Alain avait fait mention quelques temps auparavant….. ? Jérôme était-il devenu si….Dégueulasse ?

– Maintenant c'est le final ! Déclara Alain. Hoshi ! Fusionne avec le crimson sunbird !

– Eh !?

Devant ma surprise totale je vis Jérôme absorber mon oiseau, se laissant pousser deux grandes ailes cramoisi dans le dos alors que je pensais qu'il ne pouvait pas être plus dégueulasse qu'il ne l'était déjà. Lorsque l'homme fut préparé, il se déclara comme étant le « Crimson Silent Point ». Littéralement traduit « Le point cramoisi silencieux ». Il alla se battre avec le roboguignou qui était en transe en ayant perdu tous ses camarades. Il évita maintes et maintes attaques en utilisant ses ailes pour éviter ou pour bloquer les impacts tandis que Alain de son côté lui rassemblait son énergie pour la donner à son frère.

Lorsque Jérôme arriva près de roboguignou, il ne sortit cette fois pas un feutre mais un micro. Je bouchai mes oreilles par réflexe, voyant ce qu'il allait faire face au colosse de fer.

– ONE POIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINT ! Lâcha le super héros de sa voix aussi aigue que celle de sa chanteuse fétiche.

Le roboguignou ne put contenir toute la puissance de cette voix. Il posa ses mains sur ses oreilles, tentant d'éviter ce qui allait sûrement être un one hit KO , mais il ne put résister à toute la force de cette voix qu'était celle de « Crimson Silent Point ». Il se détruisit de l'intérieur et explosa dans des résidus métalliques qui prenaient feu au fur et à mesure qu'ils étaient propulsés au loin. Un torrent de flammes se répendit tout autour de l'espace de bataille….Et enfin, sous nos regards ébahis en ressortit l'ainé du groupe, toujours armé de ses ailes, de son costume de super héros et de ses yeux bridés. Quand il arriva face à nous, il reprit la parole avec sérieux, entamant une nouvelle phase de notre périple.

– .