Salutations chers lecteurs !
Un autre POV inattendu, aujourd'hui !
Eh oui, Sherry ! Elle a enfin son POV ! Et un long POV !
C'est génial ! Non ? Bah, si j'avais votre avis à cœur, ça se saurait xD
(Je rigole ! Je vous aime ! :D)
Bonne lecture ! ^^
Sous-chapitre 14 : Pride (Sherry)
Voilà. Finalement, alors que j'étais dans l'équipe de Piers, et que j'avais enfin l'occasion de refaire équipe avec lui, finalement, j'ai été assignée ailleurs. Tant pis, il y aura d'autres occasions.
L'ami mercenaire d'Adam Wong, Wade Wilson, et moi devions aller au QG de Tricell en Afrique. J'aurais bien aimé dire au revoir à Jake, mais Wade a dit que ce n'était pas une bonne idée.
-Pourquoi ? lui ai-je demandé
-Déjà, ça porte la poisse, commença-t-il. Et en plus, j'ai besoin de toi en Afrique et Claire n'a pas besoin de toi ici.
-Que veux-tu dire ?
Je m'étais un peu marrée lorsque Wade m'avait interdit de le vouvoyer parce que j'étais mignonne. Moi je trouvais ça adorable, mais il ne fallait pas que Jake le sache, par contre. Jaloux comme il est, il risque de vouloir le jeter en pâture aux J'avos. Enfin, s'ils existaient encore. Mais il trouverait bien un moyen pas si subtil de faire souffrir Wade.
-Elle risque d'avoir fort à faire, et si tu es là, tu vas la déconcentrer, répondit Wade d'un ton sérieux
-Ah bon. Allons-y alors.
-Ouais. Je te suis.
Wade était venu, avec Adam sans doute, dans une grosse moto avec une petite navette attachée à côté. Quand j'étais petite, ce genre de véhicules me fascinaient et me faisaient peur en même temps. En fin de compte, j'ai l'occasion de monter dedans. Me voyant hésiter, Wade attira mon attention en me touchant le bras.
-Tu sais, tu peux conduire, si tu veux, ricana-t-il
-Non merci. Je n'ai pas envie d'avoir survécu à deux apocalypses zombies pour mourir d'une mort aussi bête qu'un accident de moto, relevai-je avec un léger rire
-Ouais, ça se tient. Tu peux monter derrière moi, si tu préfères. Ce truc (il montrait la navette) est là juste parce qu'Adam n'est pas très tactile, ajouta Wade en riant bruyamment
-Je vois. Non merci, je prends la navette.
-Ok. Attache-toi bien.
Je m'exécutai et nous partîmes à toute vitesse vers l'aéroport. Wade a dû se prendre au moins trois contraventions, mais, honnêtement, je ne sentais pas tellement la vitesse dans la navette. En fin de compte, j'avais bien fait. Je me souviens encore de comment je devais m'agripper à Jake quand nous étions à moto en Chine. D'ailleurs, en parlant de ça, ça faisait déjà six mois que le virus-C avait été traité. Enfin, je le pensais. Wade devait être au courant, comme il était au B.S.A.A, alors je lui demandai dès que nous fûmes à l'aéroport, à peine un quart d'heure plus tard. Alors que nous avions mis trois quarts d'heure au mois de novembre pour aller chercher Chris en Afrique.
-L'antidote ? répéta Wade quand je lui demandai. Ouais, il marche du tonnerre. Les scientifiques du B.S.A.A ont combiné les échantillons de sang de Jake Muller avec l'antidote composé par le Cerbère et livré par Ada pour renforcer la cure. Maintenant, la moitié des habitants de Tat Chi sont guéris.
-Et l'autre moitié ?
-Ils sont déjà morts.
-Ah oui.
Je me souvenais quel vol il fallait prendre pour aller en Afrique Centrale, donc nous n'eûmes pas à nous perdre dans l'enregistrement comme la dernière fois. Nous étions partis à quatre heures et demie du QG du B.S.A.A., et nous fûmes dans l'avion à six heures. Un record. Wade était assis à côté de moi, côté hublot, alors que je regardai négligemment l'hôtesse de l'air qui donnait les consignes de sécurité, que je connaissais déjà par cœur. Ce fut Wade qui me fit remarquer que je mimais avec ma bouche les paroles de l'hôtesses, tellement je les avais apprises.
L'avion décolla, et Wade me fit ardemment la conversation, ce qui m'incita à raconter ma vie. Mon enfance en laboratoire, mes parents, ma rencontre avec Claire et Leon, mon entrée dans la sécurité du territoire, l'histoire avec Simmons, et mon histoire avec Jake. Lorsque je mentionnai le virus G encore présent dans mon organisme, je crus voir Wade faire une grimace. Il m'expliqua que, lui aussi, avait été un sujet d'expérience pendant plusieurs années, et que le scientifique qui l'avait utilisé comme cobaye n'était pas aussi regardant que mes parents. Il regarda à droite et à gauche avant de lever son t-shirt, et je retins un gémissement de surprise en voyant le nombre de cicatrices qu'il avait sur le torse et sur le ventre.
Elles n'étaient pas bien larges, mais elles étaient localisées et extrêmement nombreuses. 'Des marques de scalpel', compris-je. Il me dit, en remettant son t-shirt, qu'il en avait aussi dans le dos, sur les jambes, et même sur le crâne, cachées dans ses cheveux. Bien sûr, j'avais déjà vu les quelques unes qu'il avait sur les bras et sur le visage, mais je pensais que c'était simplement des blessures de guerre, car c'était un excellent mercenaire, selon Adam. Depuis les expériences, il a, comme moi, une capacité de guérison ultra-accélérée, mais en échange, il a un mental très instable. Il me dit, avec une décontraction troublante, qu'il avait été diagnostiqué schizophrène, hyperactif et névrosé. Quand il a rigolé juste après, je commençais par penser que c'était une blague, et je ris avec lui, mais il était trop sérieux en le disant pour que c'en soit une. Au moins, il vivait bien sa condition, et ça me rassurait un peu.
Le film qui passait à l'écran était moins passionnant que ceux que j'avais eus la dernière fois que j'avais pris l'avion. Là, c'était un film style monsieur tout le monde, avec un type banal à qui il arrive des embrouilles en boucle. Il a même fini en face d'une sorte de mafia locale, et il a eu autant de classe pour attirer les ennuis que pour en sortir. Finalement, à la fin du film, il se fait recruter par les services secrets, grâce à son don pour être invisible. Alors que, juste avant, il s'était fait repérer par la mafia. Je trouvais ça un peu ridicule.
Après le premier film, le repas a été servi. Il était huit heures, heure américaine, et je n'avais aucune idée du décalage horaire que les Etats-Unis avaient avec l'Afrique Centrale. Cinq ou six heures, selon Wade. Pas étonnant que nous ayons eu des coups de barres en arrivant la dernière fois. Le repas consistait en une salade composée, un plat de viande et de pâtes et un yaourt à boire. Wade me raconta, avec un certain amusement, le nombre de personnes qu'il avait tuées avec une cuillère dans un avion comme celui-ci dans une de ses vieilles affectations. Il avait dû se débrouiller comme il a pu, car il n'était pas dans le B.S.A.A à l'époque. C'était à la fois impressionnant et terrifiant, il fallait l'avouer.
Ensuite, le second film se lança. C'était la suite du premier, encore une fois, et notre super normal du film précédent se mit à faire équipe avec un agent expérimenté, pour apprendre les ficelles du métier. Je relevai tout de suite l'air sérieux, les cheveux noirs tombant et les yeux bruns, mais Wade fit la remarque avant moi.
-On dirait Adam ! s'exclama-t-il bien fort dans l'avion
Je sentais que certaines personnes nous regardaient, mais Wade continuait de se marrer, et je finis par faire de même, avant de me reconcentrer sur le film.
Comme on lui avait promis, le monsieur normal, qui s'appelait Julian, se limitait surtout à des missions d'infiltration, car personne ne se méfiait de lui. De loin, son équipier, qui s'appelait Leroy, lui donnait des instructions. Après lui avoir appris à garder son calme en toutes circonstances, comme toute taupe qui se respecte. Là encore, je trouvais que c'était contre productif. S'ils avaient quelqu'un d'aussi efficace, pourquoi engager un type sans histoire. Ce ne fut qu'à la fin du second film que je compris : il n'était pas sans histoire. Son père et son grand-père ont servi avant lui, et c'était même sa mère qui avait repris le boulot de chef des opérations après la mort de son père. Le choc pour le pauvre type ! Enfin, je dis que tout prend sens, mais en réalité, pas vraiment. Il est dit que Julian n'a jamais connu ses parents, c'était évident qu'ils l'avaient éloigné pour le protéger, alors pourquoi ?
Le troisième film se lança avant que je ne m'en rende compte. Et à côté de moi, Wade était redevenu silencieux.
Il y avait une taupe dans l'agence de taupes. Ça, c'était du plot twist, franchement. Tellement surprenant que je poussai un soupir dépité. Julian et Leroy se sont mis à dos presque toute l'agence, sauf la mère de Julian qui les aide l'air de rien, et leurs péripéties les amènent sur la tombe du père de Julian, où une femme mystérieuse les interpelle. Elle dit s'appeler Julia, et se présente comme la vraie mère de Julian. Bien entendu, le jeune Julian - je compris à ce moment-là qu'il n'avait que vingt-deux ans dans ce film ci, et la trame temporelle explicitée me fait dire qu'il n'en avait que dix-neuf au début du premier film - est encore plus troublé, ce qui fait qu'il ne voit pas venir le gros canon de la soi disant mère. Leroy saute devant lui et se prend la balle, Julia s'enfuit, Julian pleure et jure de le venger, etc.
Plus je regardais ce film, plus il me rappelait quelque chose, à bien y regarder. Mais impossible de me souvenir quoi.
Je compris que nous étions arrivés lorsque le générique de fin du troisième film se coupa brutalement. J'offris un regard d'incompréhension à Wade, ce qui fit bien rire ce dernier.
-Eh oui, ma grande, me dit-il d'un ton qui allait avec sa tête. Avec trois films de deux heures et on arrive vite !
-Oui, apparemment, dis-je en haussant les épaules après avoir attrapé mon sac dans la soute. Tu les as regardés aussi ?
-Seulement le premier. J'ai mis du temps à me rendre compte que je l'avais déjà vu. Celui-là, et toutes ses suites.
-Alors il se passe quoi dans le quatrième film ?
Pendant que nous descendions de l'avion, et que nous nous dirigions tranquillement vers le QG du B.S.A.A africain qui n'était qu'à une petite heure de voiture de l'aéroport, Wade me raconta les deux autres films. Oui, il y avait eu cinq films de ce truc.
Dans le quatrième film, Julian apprend avec joie que les médecins d'un hôpital paumé en pleine campagne avaient réussi à sauver Leroy, mais qu'il était inutilisable. Enfin, pas en état de se battre. Alors Leroy donna à Julian toutes les infos qu'il avait sur l'entreprise où ils travaillaient tous les deux, qui s'appelait l'Aube du Papillon - joli mais étrange - pour voir où avait pu se produire la fuite. Donc voilà, pendant un bon tiers du film, Julian essaye de recoller les morceaux, pour découvrir qui est la taupe, et réparer les dommages qu'il ou elle a causés. A dix minutes de la fin du film, il découvre que la taupe est son père, qui est encore en vie, et qui, après avoir tué sa mère, lui tire une balle en pleine poitrine.
-Oh mon Dieu ! laissai-je échapper
-Et encore, le pire c'est le cinquième film ! s'esclaffa Wade
Dans le cinquième film, Leroy reprend du poil de la bête, juste pour trouver le cadavre de Julian et sa mère dans le quartier général. Honnêtement, je pensais qu'il s'en était sorti, mais en fait non. Le héros qui a pris quatre films pour prendre forme est mort aussi bêtement. Bon, le meilleur personnage de ce navet restait Leroy, mais quand même. C'était brutal, et Wade était d'accord avec moi. Il s'avéra ensuite que la Julia était la maîtresse du père, et était réellement la mère de Julian, mais bon. Le père, dont le nom n'est jamais évoqué d'ailleurs - faille scénaristique selon moi - avoue à Julia qu'il n'a pas été capable de tuer son fils, qui était en fait Leroy. Julian était bien le fils de Julia, mais pas du père, et donc une menace. Ça et le fait qu'il y avait deux jumeaux, et l'agence s'était trompée de frère à recruter. Le vrai 'Julian' était encore en train de se la couler douce.
Leroy, qu'on avait un peu oublié et qui était venu aux mêmes conclusions que monsieur le père, est venu le chercher. Il s'est avéré que, effectivement, le jeune Julien - inspiration - était beaucoup plus réactif que son frère, et direct il met Leroy à terre sans se rendre compte de rien. Un tueur professionnel dissimulé en monsieur tout le monde. Ensemble ils rattrapent le couple de la mort, et les mettent hors d'état de nuire. Et tout le monde est content. Sauf que, après le générique, Julian se réveille dans la morgue.
-Sérieusement ? dis-je un peu choquée, devant l'entrée du B.S.A.A local. Ça se finit comme ça ?
-Ouais. Il paraît que le prochain film est en train d'être tourné. Il sortira soit au mois de juillet, soit au mois d'août. Tu n'es pas pressée ?
-Bizarrement, si, admis-je. C'est n'importe quoi, mais ça tient en haleine.
-J'ai vu que tu étais à fond dedans, ouais, pouffa Wade
Avant que je ne lui réponde, une voix familière m'interpela.
-Bonjour Sherry ! Sheva a reçu un message disant que tu arrivais ! Entre, je t'en prie !
Je me retournai vers Josh, qui m'accueillait en souriant, et il salua poliment Wade après s'être présenté. Wade se présenta à son tour, à la grande surprise de Josh, et nous fûmes entrés dans le QG. Maintenant que j'étais dans le B.S.A.A, tout le monde me saluait, et évidemment, ils saluaient aussi Wade. Nous fûmes bien vite de retour dans la salle de briefing, où Sheva nous attendait. Elle fondit sur moi pour me rendre dans ses bras.
-Je suis contente de te revoir Sherry. Même si je ne m'y attendais pas, avoua-t-elle. Bonjour lieutenant Wilson, ajouta-t-elle à l'attention de la personne derrière moi
-Bonjour capitaine Alomar, répondit Wade d'un ton poli qui m'étonna. Vous savez pourquoi on est là ?
-Claire m'a briefée. Je suis prête à vous suivre au QG de Tricell, déclara Sheva en enfilant son sac à dos. Ras le bol que ce foutu bâtiment se relève tout le temps.
-Donc il a bien été reconstruit ? demandai-je
-En une nuit, répliqua Sheva. Vous vous rendez compte ? C'est un vrai phénix, ce bousier.
-Charmant, capitaine, ricana Wade
-Ça date de quand ? voulus-je savoir après avoir ricané aussi
-Il y a trois jours. On a été l'inspecter, mais seule la surface a été rénovée. Pourquoi ?
-Il y a trois jours, c'était l'anniversaire de Piers, pensai-je à haute voix
-It's a trap ! beugla Wade d'une voix de papy
Sheva sembla se retenir de rire, en évitant le regard de Wade, et se concentra sur moi.
-C'est une étrange coïncidence, si c'en est une, déclara Sheva. Allons-y.
Wade fit un salut militaire, et nous fûmes tous les trois partis pour l'ancien QG ultra-tactique de Tricell. En chemin, je complétai les infos de base que Claire avait envoyées à Sheva avec celles qu'Adam avait partagées avec nous. Son lien plus qu'éloquent, apparemment, avec Carla Radames et Simmons, et son intérêt inexpliqué pour Piers. Ce dernier détail fit franchement sourciller Sheva.
-J'avais cru le remarquer, mais j'espérais me tromper, dit Sheva d'un ton de mauvaise grâce. Effectivement, l'histoire du fils ne tient pas debout, mais merde. Quel rapport avec Piers ?
-Nous ne le savons pas encore, dit Wade en haussant les épaules. En tous cas, le capitaine Nivans semble avoir un don pour attirer les groupies, lui aussi.
-Lui aussi ? répétai-je
-Le plus gros aimant, ça reste le capitaine Redfield, dit le super mercenaire en ricanant. Si vous saviez, les filles, ce que j'ai entendu pendant ma carrière. Le nombre de mecs et de filles qui mouillaient leur culotte en imaginant…
-Ça ira, merci, lieutenant, le coupa Sheva d'un ton mi-gêné mi-amusé. Nous sommes arrivés.
-C'est pittoresque, laissa échapper Wade. On entre ?
-Vous voulez frapper peut-être ? dit Sheva, un peu acide
-Non non. On y va.
Wade passa devant, en nous mettant bien derrière lui en un geste protecteur qui m'étonna un peu. Je ne pensais pas qu'il était sans cœur, évidemment, mais bon. La porte s'ouvrit en grinçant, et nous eûmes droit au superbe spectacle de l'entrée de banque de banlieue complètement rénovée.
Les deux escaliers étaient comme neuf, le plafond aussi, et le gros trou creusé par Betthany et dans lequel Piers et moi sommes tombés avait été rebouché bien comme il faut. Si on avait mis un tapis à cet endroit là, ça aurait été ni vu ni connu. Les emplacements des boutons aussi ont été rebouchés, ce qui condamnait les issues vers les laboratoires. En face de l'entrée, en revanche, les comptoirs de la banque postale était réapparus, entre les deux escaliers, et, à l'étage, il y en avait d'autres. La porte de ferma derrière nous, et une écolière en rouge apparut derrière les comptoirs du rez-de-chaussée. Elle avait de longs cheveux noirs raides, celle-ci. Vu les descriptions que nous avaient données Adam, je devinai tout de suite de laquelle il s'agit. Et ça m'inquiétait franchement.
-Lucifer de l'Orgueil, pour vous servir, déclara-t-elle en faisant sa courbette. Que puis-je pour vous ?
-N'essaie pas de nous embrouiller, Lulu, déclara Wade en dégainant un de ses sabres. Dis-nous ce que le boss veut que nous sachions et casse-toi.
-C'est une des fameuses sœurs ? me demanda Sheva
-Effectivement, capitaine Alomar, répondit Lucifer en enjambant le comptoir d'un saut. Et monsieur Wilson a raison, je suis ici pour quelque chose en particulier.
-Trop d'honneur, dit Wade d'un ton ironique. Le bras droit du Patron qui se présente ici en personne. Ce que tu as à nous dire doit être important.
-Peut-être, dit Lucifer. Je ne suis pas ici pour m'en prendre à vous, alors rangez tout de suite votre cure-dents.
-Tiens donc, dit Wade avec un sourire provocateur
-Wade, s'il te plaît, lui dis-je d'un ton suppliant
Honnêtement, j'avais vu assez de monde se faire avoir par une de ces malades pour avoir envie de réitérer l'exploit. Wade m'offrit un regard qui me parut extrêmement doux, et rangea son sabre.
-Si tu penses que c'est la meilleure chose à faire, dit-il en haussant les épaules
Sheva, elle, laissa sa main sur son arme.
-Sage décision, dit Lucifer avec un léger sourire. Je suis donc supposée vous dire ce que cet endroit représente pour le Patron. C'est un autel. Une manifestation de ses réussites passées.
-Comme l'asservissement de la famille de Piers ? dit Sheva d'un ton énervé
-Par exemple, dit Lucifer d'un ton léger. Mais ce n'est qu'une partie de la vérité. La façade créée par Emily Nivans était superbe, mais ce n'était qu'une façade.
-Que voulez-vous dire ? dis-je plus vite que je ne le pensais
-En réalité, madame Nivans a réussi à berner le Patron pendant quinze ans, en faisant croire que le Cerbère faisait passer les intérêts de l'humanité après tout. Ce n'est qu'après qu'il a appris que son vrai but était de soigner la tare génétique d'Annette Birkin.
-Quoi ? bégayai-je
-Je ne suis pas la pour ça, mademoiselle Birkin. Votre temps est compté, alors écoutez-moi bien.
Sheva, Wade et moi fîmes silence en même temps, ce qui sembla beaucoup plaire à notre hôtesse, qui sourit encore plus.
-Dans une semaine exactement, le Patron sera ici, déclara Lucifer. Vous devrez dire à Piers de venir seul, car ils ont des tas de choses à se dire. Pendant ce temps là, le reste de ses troupes affronteront mes autres sœurs.
-Le boss sera ici ? répéta Wade. Et nous sommes censés te croire ?
-Oui, dit simplement le 'démon'. Ce n'est pas le genre du Patron de mentir. On ne peut pas en dire autant de vous, monsieur Wilson.
Etrangement, ou pas, Sheva et moi regardâmes Wade en même temps, mais lui resta concentré sur la jeune fille. Je me demandais pendant quelques secondes de quoi elle parlait, mais je me souvins qu'Adam était un agent double pour le Patron. Donc c'était sans doute aussi le cas de Wade, qui était le collègue d'Adam.
-Ouais, ouais, si tu le dis, répliqua Wade d'un ton acide. Si tu veux te casser, c'est maintenant.
-Très bien, dit Lucifer en faisant une courbette. Nous nous reverrons.
Elle se dirigea vers nous, et pour une raison que je ne saisis toujours pas, mon cœur accéléra à mesure qu'elle s'approchait. Elle me faisait le même effet que sa sœur au QG de la Routine. Je ne savais pas pourquoi elles me faisaient cet effet-là, mais c'était mauvais signe. Lucifer passa entre Wade et moi, et elle caressa le menton de Wade en passant à côté de lui d'un geste assez aguicheur. Et dès qu'elle fut près de la porte, Sheva la rappela.
-Oui ? dit Lucifer sans se retourner
-Êtes-vous une nouvelle sorte de zombie ? demanda Sheva d'un ton qui m'échappait
La question sembla intriguer la frangine, car elle se retourna, cette fois.
-Non. Est-ce votre seule question ?
-Ce sera tout. Pour l'instant.
Lucifer sortit sans rien ajouter, et je regardai Sheva, un peu étonnée. Elle me fit un petit sourire dont je ne compris le sens qu'après qu'elle ait parlé.
-Tu as placé l'émetteur ? demanda-t-elle à Wade
-Ouaip. Quand elle est passée près de moi. Et il fallait qu'elle reste près un petit moment pour que je ne l'active.
-D'où la question sur les zombies, compris-je
-C'est ça, dit Sheva. Il fallait la garder encore un peu. On va bientôt savoir où se trouve cette enflure.
Sheva et moi nous rapprochâmes de Wade, qui venait de sortir une espèce de radar de sa sacoche. Le signal semblait lointain, mais au moins, nous savions à quoi nous en tenir. En fin de compte, nous n'aurions pas à attendre la semaine prochaine.
-Est-ce que tu sais où c'est ? demandai-je à Wade
-Non. Les coordonnées, ce n'est pas mon truc. Je le donnerai à Adam quand il rentrera de la Maison Blanche. En attendant, on se casse.
-Laissez-moi venir avec vous, dit Sheva comme si elle avait déjà décidé d'ignorer notre réponse négative. Moi aussi, je veux en être. Je veux faire payer à cet enfoiré ce qu'il a fait à Chris.
-Ok, soit, dit Wade. Après tout, la main d'œuvre n'est jamais de trop dans ce genre d'entreprises.
-Merci de ton aide, Sheva, lui dis-je
-De rien, dit Sheva en me faisant un beau sourire. Alors, on y va ?
