Hello !

Bientôt la fin !

Merci à Moira-chan pour la correction de ce chapitre ^^

Merci également à Ma petite ombre pour sa review ^^ je te jure que faire pleurer les lecteurs n'est pas volontaire, ahah :) Contente que cette fic te plaise.

Bonne lecture !


Je regardais, seul, dans la chambre de Sei, la série de photos que j'avais faites de lui à des moments insolites et sans qu'il ne s'en rende compte.

Ma préférée datait d'août. Ce jour-là, Akashi était rentré crevé d'une journée qu'il avait passée à l'université. Il s'était laissé tomber sur moi, qui étais allongé de tout mon long sur le canapé. Sa tête reposait sur mon torse ; il s'était presque endormi tout de suite. J'avais alors pris mon portable qui traînait dans le salon et j'avais pris la photo. Sur l'image, il avait la bouche entrouverte.

Une autre que j'aimais bien datait de juillet, alors que nous étions ensemble depuis deux semaines. Il prenait sa douche et j'avais passé mon appareil photo au-dessus de la cabine et pris la photo – dessus, il avait du shampoing plein les cheveux.

J'en avais une où il se brossait les dents, une où il dormait en étouffant presque Anubis, une autre où le chat s'était endormi sur sa tête, une où il dormait en étoile dans son lit… Une où il était debout devant sa penderie et cherchait comment s'habiller, une où il grimaçait devant les factures, une où il mangeait ses céréales, et une autre où il dormait – encore une où il dormait, une où il lisait sur la mezzanine, et plein d'autres. Mais aucune où il paraissait souffrant ou malade. La dernière que j'avais faite de lui remontait à octobre. C'en était une énième où il dormait, recroquevillé dans son lit, une de ses mains repliée vers sa bouche et l'autre tenant l'oreiller. Il était adorable.

C'étaient les seuls souvenirs que je voulais garder. Ceux où il était relativement en bonne santé.

Je regardai l'heure ; il ne fallait pas que je sois en retard à l'hôpital ce soir. C'était si important que je sois là aujourd'hui... J'enfilai mon manteau, puis remis des croquettes dans la gamelle du chat.

-Désolé Anubis, je ne te caresserai pas cette fois, je suis pressé. Tu peux mourir de faim en attendant que je revienne, si tu veux.

Ce stupide chat ne mangeait pas s'il n'avait pas de caresses. Non mais sérieux !

Une fois dehors, je marchai vite. Le temps était chaud, et je me demandais bien pourquoi j'avais pris un manteau – je mourrais de chaud !

Je passai devant une bijouterie et entrai dans la boutique, avant de ressortir environ une demi-heure plus tard avec la commande que j'avais passée deux jours plus tôt.

L'hôpital n'était pas très loin, et il était environ sept heures du soir quand j'y arrivai. Je montai les quatre escaliers qui menaient aux soins palliatifs. Sur ma route, je vis un homme et une femme en train de pleurer. D'après les bribes de conversation que je pus entendre, leur fils venait de mourir d'un cancer de la thyroïde.

Dans quelques temps, ce serait moi qui pleurerais sans m'arrêter.

Dans sa chambre, Sei dormait encore. Il était de plus en plus fatigué, une des conséquences de son traitement et de la phase terminale. Les infirmières me disaient tout le temps que c'était normal, qu'il ne fallait pas que je m'inquiète. Mais à vrai dire, Sei était si faible depuis quelques jours que je devais l'aider à manger. Il ne pouvait même plus lever une fourchette.

J'entendis la porte s'ouvrir. Un homme assez corpulent entra – c'était celui que j'attendais.

-Bonjour, monsieur le Maire.

-Bonjour. Vous êtes Nijimura Shuzo, n'est-ce pas ?

-C'est moi.

Il semblait nerveux.

-Vous n'avez jamais fait cela, n'est-ce pas ?

-C'est à dire que c'est illégal !

-Je sais.

Mais je lui avais promis une telle somme qu'il n'allait pas refuser, peu importait la légalité de la chose. Il regarda Sei dormir et s'assit sur une chaise.

-C'est terrible... Un tel génie, si jeune en plus...

Je ne répondis pas.

-C'est pour cela que j'ai besoin de votre aide. Il lui faut une dernière bonne nouvelle, un dernier événement heureux, et c'est ça qu'il veut.

-Je comprends... Mais c'est illégal !

Ça, je l'avais compris... Mais c'était ce que voulait Sei.

D'ailleurs, il commençait à se réveiller, doucement, lentement...

Puis, quand Sei fut parfaitement attentif, le maire commença son discours. Il débita les paroles habituelles, puis, enfin, je sortis les boites du bijoutier, je donnai la sienne à Sei et il essaya son contenu – elle lui allait à merveille. Nous nous embrassâmes.

Passionnément, fougueusement. Ce fut l'un de nos plus beaux baisers.

Lorsque nous nous séparâmes, il me murmura ces quelques mots : "Pour l'éternité, mon amour".

Après, après... Le maire partit et je restai auprès de Sei, qui commençait à se rendormir en me regardant toujours – il souriait, je le voyais heureux. Moi aussi, d'ailleurs, mais mon avis ne comptait pas tellement à ce moment.

-Merci de ce que tu as fait, Shuzo.

-Je t'en prie. C'est ce que je voulais aussi.

-Nous sommes unis, maintenant.

-Oui, pour toujours.

Je le vis articuler un petit "je t'aime", avant de s'endormir.

Je revins le lendemain, après avoir ramené ce que j'avais acheté chez le bijoutier. Akashi ne voulait pas la porter maintenant. Je savais que la seule occasion pour laquelle il la porterait, désormais, ce serait son enterrement.

Il dormait tout le temps. Les rares fois où il se réveillait, c'était quand il avait une quinte de toux, et certaines étaient extrêmement violentes. J'avais toujours peur que l'une d'entre elles ne l'emporte pour de bon, mais il résistait, malgré les anti-douleurs inefficaces.

-Sei ?

-Hum... Quoi ?

-J'ai envie de te donner un surnom stupide aujourd'hui.

-Pourquoi cette envie soudaine ? murmuras-tu, allongé dans ton lit et les yeux mi-clos alors que je tenais éternellement ta main.

-C'est un truc qu'on a jamais fait.

Tu te mis à tousser une nouvelle fois.

-Tu as mal ?

-Oui.

-Tu veux que j'appelle une infirmière, sucre d'orge ?

-Oh non, Shuzo, pitié, pas sucre d'orge !

-Si, mon doudou.

-Tu m'énerves des fois, nounours.

-Petit démon.

-Petit lapin.

Tu finis en toussant.

-Mon amour.

-Mon cœur.

-Mon ange.

-Ma poule.

-Mon beau.

-Chéri.

-Amour.

-Chouchou.

-Bébé.

Je te vis rougir à celui-ci.

-Mon p'tit lutin.

-Mon minou.

-Il faudrait peut-être qu'on arrête, ça devient vraiment ridicule.

-C'est vrai.

Je tenais ta main. Tu me souriais. Les oiseaux chantaient. Le monde tournait. Pourtant le temps semblait s'être arrêté. Un nuage en forme de nounours passait au dessus de l'hôpital. Un enfant poussait son premier cri. Fumiki buvait son lait premier âge dans les bras de Sakurai. Momoi cuisinait une tarte aux fraises. Midorima révisait son concours. Kuroko jouait avec un enfant de trois ans dans une crèche. Aomine venait d'arrêter un criminel. Kagami mangeait un hamburger en attendant un appel de la caserne. Kise rappelait une fille pour la troisième fois. Murasakibara commençait son treizième paquet de bonbons devant le château de Takeshi. Himuro aidait une jeune femme tombée à se relever.

Tous vivaient.

Et je tenais ta main.

Et tu vivais.

Tu te battais encore.


Ah, ça sent la fin, non ? Et bien, dans deux chapitres.

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