Bonjour tout le monde !

Je dois encore répondre à toutes vos reviews (je suis chaque fois triste quand vous êtes « guests » parce que je ne peux pas vous répondre). Mais merci beaucoup beaucoup beaucoup ! C'est motivant =D

Alors, j'espérais poster plus souvent, mais c'est mal parti =s . J'essaie. Voici un chapitre que j'aime assez (assez d'action, comme dans la continuité du précédent). Et bientôt tout cela sera expliqué.

Bonne lecture !


Nantizo n'était toujours pas de retour lorsqu'ils arrivèrent au manoir. Elle continua de suivre Carlisle et Esmée en silence. Ils atteignirent le salon où, alors que Carlisle s'asseyait, Esmée annonça qu'elle allait faire du thé.

Elle se laissa tomber plus qu'elle ne s'assit dans le fauteuil face à Carlisle.

Ils attendirent en silence qu'Esmée revienne.

Lorsqu'elle tendit une grande tasse fumante à Liadan, celle-ci la remercia et entoura de ses mains le récipient, une manière de faire disparaître la sensation de froid qui s'était emparé d'elle depuis l'étrange scène qui avait eu lieu plus tôt.

Esmée lança un regard à Carlisle, comme une sorte de signal puisque celui-ci se mit à parler, sans transition.

-« Lorsque un nouveau vampire est créé, il passe les premières années à être assoiffé de sang. Il est primitif, a dur à lutter contre ses instincts. Ce n'est que quelques années plus tard que sa vision du monde extérieur s'éclaircit et qu'il est capable de prendre des décisions qui lui tiennent à cœur, comme le choix de ne se nourri que de sang animal par exemple. Et encore, il faut qu'il soit entouré de personnes biens intentionnées, qu'il soit motivé. Bref toutes sortes de facteurs sont à tenir en compte. »

Il marqua un silence et sembla se plonger dans ses pensées. Puis il ancra son regard au sien.

-« Jasper a encore un peu de mal à ne boire que du sang animal. »

Elle se glaça d'effroi.

-« Tantôt, il allait… ? »

-« Oui. »

-« C'est étrange » reprit Esmée « d'habitude il lui en faut plus que ça. Il peut aller dans une école remplie d'êtres-humains sans trop de problème pour se contrôler. La dernière fois, il s'est déconnecté parce qu'il y avait du sang. Hors ici…»

Carlisle approuva et ils se tournèrent de concert vers Liadan.

Elle passa la scène en accéléré et ne vit pas où elle aurait pu faire une erreur. Elle s'éclaircit la gorge et expliqua brièvement à Carlisle le comportement étrange du vampire, ainsi que l'étrangeté de son interrogatoire. Elle se sentit bête lorsqu'elle expliqua que Jasper lui avait demandé si elle ne ressentait rien, mais à son grand étonnement, Carlisle hocha la tête comme si tout lui paraissait soudain clair.

La seconde qui suivit, il était sur le pas de la porte.

-« Esmée, trouve Alice et demande-lui si elle a vu quelque chose de nouveau. Et ramène Jasper aussi. Je vais à la recherche de Nantizo. »

Ce n'est que quand elle se retrouva seule dans le salon que Liadan saisit entièrement ce qu'avait dit Carlisle. Mais pourquoi diable les vampires ne répondaient jamais aux questions mais en ajoutaient toujours des nouvelles ?

Elle attendit une demi-heure environ pour voir revenir Carlisle, sans Nantizo.

A sa question muette, il répondit que le Volturi reviendrait quand il en aurait envie, mais que pour le moment il ne voulait pas être retrouvé.

-« Sans doute a-t-il eu peur pour toi. »

Elle eu du mal à retenir un rictus sarcastique. Peur pour elle ? Ce jour là arrivera quand Edward dansera la macarena vêtu d'un tutu devant elle. Elle ne partagea pas sa brève vision avec Carlisle et haussa les épaules, geste qui pouvait être interpréter comme bon lui semblait.

Trois minutes de silence expectatif plus tard, elle se décida à prendre congé. Visiblement, Carlisle était pris dans ses pensées et semblait trouver que sans la présence de Nantizo, rien ne pouvait être dit ou fait.

-« Je suis fatiguée, je vais aller me reposer un peu dans ma chambre. »

Elle remercia encore Esmée par l'intermédiaire de Carlisle pour le thé, lui souhaita une bonne nuit – ce qui était stupide puisqu'il ne dormait pas- puis monta dans sa chambre. Elle ne comptait que se reposer un moment, mais une fois allongée, elle s'endormit pour de bon.


Le lendemain, c'est Nantizo qui la réveilla en la secouant comme un prunier.

« Debout ! Esmée t'attend et moi j'ai mieux à faire que venir te chercher ! »

Encore endormie, elle ne réfléchit pas.

-« Il faut qu'on parle ! »

Devant le regard du vampire elle continua, tout en songeant qu'il fallait absolument qu'elle se lave les dents.

-« De la presque-attaque de Jasper, du bébé… »

Elle fit un geste vague du poignet tout en se dirigeant vers la salle de bain.

Quand elle sortit, il était toujours là. Il la suivit vers la cuisine mais en chemin ils rencontrèrent Emmett, qui interpella Nantizo à propos d'elle ne savait quoi. Comme d'habitude, Emmett ne semblait pas concerner par la morosité ambiante qu'avait créée l'incident, il souriait de toutes ses dents et faisait de grands moulinets avec ses bras. Nantizo se tourna vers elle, lui annonça qu'il partait pour la journée avec Emmett puis ils disparurent avant qu'elle n'ait émis un mot.

« Ok, bonne journée à vous aussi les gars. »


Dès qu'elle eu fini de manger, elle partit à la recherche d'Esmée, et une fois celle-ci trouvée, parla de sa prise en charge de ses repas. Celle-ci accepta plus rapidement que ce à quoi elle s'attendait, et lui dit que justement, elle devait refaire ses stocks.

Jusque là son plan marchait mieux qu'elle n'avait espéré.

-« Et bien, je vais les faire alors ! Où est le magasin le plus proche ? »

Elle sourit, en espérant que la vampire voudrait bien la déposer ou lui prêter une voiture. Elle n'avait pas son permis avec, mais comme tout ce que les vampires faisaient ne semblait jamais vraiment légal…

-« Oh, d'habitude je commande par internet. Mais c'est vrai que ça vous ferai une petite balade hors de la propriété. »

Sa fréquence cardiaque augmenta quand elle remarqua qu'Esmée ne s'adressait plus à elle mais à un point situé derrière elle. Et le sous-entendu « balade en amoureux » ne passait pas avec Rosalie ou Alice.

Elle se retourna lentement.

Alors qu'Esmée lui expliquait le chemin jusqu'au magasin le plus proche, Nantizo qui semblait l'écouter attentivement lui jeta un coup d'œil indéfinissable. Elle se concentra pour garder une expression neutre et ne pas avoir l'air inquiet.

Elle aurait bien voulu profiter de cette occasion pour prévenir sa famille qu'elle allait bien, mais avec le vampire dans les pattes, cela s'annonçait plus difficile. Et le Volturi n'était sans doute pas dupe…

Elle prit la liste qu'Esmée lui tendait, puis se dirigea vers le garage où la voiture de Nantizo les attendait.

Elle n'était pas remontée dans la Jaguar depuis quelques jours, ce qui faisait qu'elle avait oublié la façon dont le vampire conduisait. Elle garda la bouche fermée pendant la vingtaine de minute que durait le trajet. Une fois que le centre commercial fut en vue, elle se tourna vers lui.

«- Tu peux me déposer si tu veux, je n'en aurais pas pour longtemps. »

Le vampire tourna lentement sa tête et l'évalua du regard pendant quelques secondes avant d'ouvrir la bouche.

-« Non, je suis curieux de voir comment vous faites les courses. »

-« Tu n'as jamais fait les courses ? »

-« Rarement. »

Elle fronça des sourcils, suspicieuses puis haussa des épaules comme si cela n'importait pas vraiment, puis descendit de la voiture pour aller chercher un chariot, en essayant d'avoir l'air nonchalant. Mais elle ne savait pas si elle avait réussi à duper le vampire : son cœur battait la chamade.

Elle lui confia la liste des courses, qu'elle avait rallongées dans la voiture. Elle ne pouvait décemment pas ajouter « papier WC » ou « protège-slip » devant Esmée. Par contre, faire chercher ces produits à Nantizo ne lui posait pas trop de problèmes. Ca ne volait pas très haut comme humour, mais à son niveau, tout était bon pour rire un peu et gagner du temps. Elle avait ajouté d'autres produits assez difficile à trouver, en espérant le balader dans tous les rayons.

-« Je me charge du journal, du pain et du chocolat. Rendez-vous aux caisses.»

Elle n'attendit pas son feu vert pour s'éloigner. Il lui fallut deux minutes pour s'orienter, plus deux minutes pour se rendre compte que, niveau pain et chocolat, les américains n'étaient pas très forts et que tous les journaux étaient en anglais. Elle laissa tomber et se dirigea presque en courant aux caisses. Elle se doutait que sis Nantizo la découvrait elle passerait un mauvais quart d'heure, mais elle n'en pouvait plus de rester inactive. Il fallait qu'elle tente quelque chose.

Après une minute de baragouinages aux consonances anglophones agrémentés de grands gestes explicatifs, elle réussit à obtenir auprès d'une caissière une carte téléphonique qu'elle paya directement avec l'argent donné par Esmée.

Elle lança un regard circulaire, en espérant que Nantizo en avait encore pour quelques temps, puis s'engouffra dans la cabine, son battement cardiaque résonnant dans ses oreilles.

Elle suivit les différentes indications pour un appel international et c'est en tremblant qu'elle composa le numéro du téléphone du domicile familial.

Elle dut attendre d'angoissantes secondes pour que son appel passe, puis, alors qu'elle se forçait à respirer calmement, la sonnerie retentit à son oreille.

-« Décroche, alleeez. »

Un sanglot lui bloqua la gorge quand on décrocha et qu'elle reconnu la voix de son père.

-« Allo ? »

Elle essaya de parler mais dut reprendre sa respiration, tout en jetant rapidement un coup d'œil par-dessus son épaule.

Et son cœur s'arrêta.

Nantizo venait droit vers elle, marchant à vitesse rapide mais suffisamment normale pour ne pas se faire remarquer des nombreux témoins.

La voix de son père retentit à nouveau contre son tympan.

-« Ecoutez, si c'est encore pour une publicité, je vous ai déjà dit que nous sommes sur la li… »

Elle le coupa, les yeux rivés dans ceux de Nantizo qui n'était plus qu'à une dizaine de mètre, et réussit à articuler malgré les sanglots qui lui bloquait la gorge.

-« Papa ! C'est moi, je… »

-« Lia… »

La main du vampire s'abattit avec force su le déclic du téléphone, la faisant sursauter, même si elle s'y attendait. Elle nota qu'il y avait de grandes chances pour que le téléphone soit devenu inutilisable, avant de se tourner vers le Volturi. L'émotion d'avoir entendu son père et le stress lui avait fait monter les larmes aux yeux.

Elle ne leva pas la tête pour voir son expression. Le fait qu'il tremble et le grognement sourd qui lui parvenait aux oreilles étaient des renseignements suffisants sur son état d'énervement.

Quand il parla, elle dut se concentrer sur ce qu'il disait, tellement sa voix était basse.

-« Dans la voiture. Tout. De. Suite. »

Elle passa sous son bras, toujours appuyé sur le cadran du téléphone et fila sans demander son reste.


Elle faisait les cent pas sur le parking à côté de la Jaguar –que, ô miracle, elle avait réussi à retrouver sans trop de mal sur l'énorme parking. Elle n'avait pas vraiment hâte de revoir Nantizo.

Il apparut soudain à côté de la voiture et jeta plus qu'il ne posa les sachets dans le coffre. Elle se dépêcha de monter et de boucler sa ceinture. Il roulait vite déjà détendu, alors énervé…

Il roulait beaucoup trop vite mais elle n'osa rien dire. Alors qu'ils étaient encore à une dizaine de kilomètres du manoir, le vampire se gara sur le bas-côté après un dérapage qui failli lui arracher un cri. Avant même qu'elle ne se retourne vers lui, il était déjà hors de la voiture. Elle retira sa ceinture, dans l'optique de voir où il comptait partir. Sa portière s'ouvrit alors qu'elle tendait la main vers la poignée. Nantizo la tira hors de la voiture et l'entraina (la traina plutôt) dans la forêt.

Il la lâcha et continua de marcher, seul. Il disparut de sa vue et elle entendit un grand fracas résonner pas loin de là où elle se trouvait.

Elle avait peur. Jamais auparavant elle ne l'avait vu perdre ses moyens d'une telle façon, même quand il l'avait envoyé valser contre l'armoire. Elle se doutait que tenter de téléphoner serait dangereux, mais dans son esprit, il y avait toujours une sortie, que ce soit une foule de témoins ou l'un des Cullen. A présent, elle était seule avec un vampire hors de lui.

Elle se mordit la lèvre en se tournant vers l'endroit où était la voiture. Elle distinguait encore l'avant de celle-ci. Mais elle n'était pas naïve : elle n'aurait pas parcouru la moitié du chemin qu'il serait déjà sur elle. Elle attendit en tremblant, son cœur tambourinant avec force dans sa poitrine. Autant ne pas bouger, pour éviter de l'énerver davantage.

La pensée que l'enfant qu'elle attendait serait vraiment névrosé vu les différents états par lesquels elle passait la distrait un moment.

Le vampire apparut soudain dans son champ de vision. Il distillait la rage de tout son être, toute son attention lui était destinée. Elle voulut reculer mais il fut plus rapide et l'attrapa par les pans de sa veste et l'arracha du sol.

-« Je peux savoir ce qu'il t'as pris ? Es-tu complètement folle ?! »

Elle était secouée comme un prunier malgré le fait que, par réflexe, elle s'était accrochée à ses poignets.

Il ne la laissa pas répondre, la rage semblait le rendre incapable de prononcer un mot de plus. Mais ce qui suivit fut bien pire. Il se mit à gronder, découvrant ses deux canines par intermittence. Un mouvement qui la rapprocha du vampire fit voler ses mèches en arrière, et ses yeux plongèrent dans ceux du vampire. Elle en aurait eu le souffle coupé s'il ne l'était pas déjà –bien qu'elle ne s'en rendait pas compte.

Il n'avait jamais paru aussi dangereux et sauvage qu'en ce moment. Il la lâcha. Le mot exact serait plus lancer, puisqu'elle se retrouva à une distance respectable de lui, qu'elle estima à dix mètres. Mais elle n'aurait pu l'assurer. Au moment de l'impact, elle sentit son poignet gauche craquer. Quand elle leva la tête vers l'endroit d'où elle avait été projetée, le vampire ne s'y trouvait plus.

Son cœur se remit à résonner dans ses oreilles, assourdissant tous les bruits alentours.

Il ne fallait surtout pas qu'elle panique sinon c'en était fini d'elle. Son regard fouilla frénétiquement la forêt pour retrouver où se trouvait le vampire.

-« Alors comme ça la petite humaine s'est crue plus maligne que le vampire ? »

Un frisson lui parcouru l'échine. Le prédateur se trouva juste derrière elle, son souffle balayant sa nuque. Elle réprima un sanglot et ses pensées défilèrent sans suite logique. Les Cullen ne sauraient jamais ce qu'il s'était passé, elle avait donné de l'espoir pour rien à sa famille, elle allait mourir là, alors qu'elle avait encore plein de projets, certains loufoques vu sa situation, d'autres nouveaux…

Un courant d'air lui indiqua qu'il bougeait.

-« Si tu savais ce qu'Aro te ferait s'il l'apprenait. »

Il était à nouveau face à elle. Et c'est à ce moment précis qu'elle comprit que c'était fini. Quoiqu'elle fasse, il ne reprendrait pas le contrôle de lui-même. Autour de lui l'air tourbillonnait, faisant voleter ses cheveux alors que le sommet des pins n'était pas agités par du vent, ses yeux étaient devenus entièrement noirs, elle ne distinguait plus la pupille.

Elle se redressa pour pouvoir le jauger correctement, grimaçant quand elle posa son poignet au sol. Sans doute était-il cassé.

Elle hésita à prendre la parole. Il était de temps en temps parcouru d'un tremblement, accompagné d'un grondement, mais ses canines n'étaient plus apparentes.

-« Je…Aro ne me ferait rien tant que je porte l'enfant... »

Elle ne réfléchissait pas à ce qu'elle disait. Elle se dit juste que tant qu'elle parlerait, il ne bougerait pas. Quand elle rouvrit la bouche, prête à continuer, il se jeta soudainement sur elle avec un feulement primitif. Elle hurla en se sentant décoller du sol par réflexe. Son cri fut interrompu quand elle heurta avec force le tronc d'un sapin, vidant l'air de ses poumons. Elle reprit son souffle difficilement et se rendit compte que la main du vampire enserrait sa gorge, la suspendant à une dizaine de centimètres du sol. Elle le supplia pour qu'il la lâche, lui donna des coups de pieds. Les pupilles du vampire ne semblaient plus la fixer. Elle voyait des reflets rouges les parcourir. Elle sentit des larmes dévaler ses joues.

- « Nantizo, s'il te plait. Tu me fais mal… »

Rien ne changea dans son attitude, mais elle avait de plus en plus de mal à reprendre son souffle, entre la main de Nantizo qui la suspendait et ses sanglots. Elle raffermit sa prise sur la main du Vampire et la pensée que son coup de téléphone n'avait servi à rien s'imposa dans son esprit. Elle avait donné de l'espoir à son père pour rien.

Soudain, l'expression de Nantizo se modifia, il recula et la lâcha, la laissant s'affaler par terre. Le temps de reprendre sa respiration, il avait à nouveau disparu.

Elle se releva laborieusement, notant au passage que son jeans était déchiré du mollet jusqu'à mi-cuisse et que du sang coulait, empreignant déjà sa chaussette.

Nantizo était déjà fou comme ça, si en plus elle rajoutait le facteur sang…

Toujours en surveillant les alentours, elle recula prudemment, puis se mit à courir franchement vers la voiture. Sa blessure à sa jambe lui faisait mal mais ne l'empêchait pas de cavaler.

Elle regagna la place du conducteur de la voiture, Tout son corps était secoué de tremblements, sa respiration était anarchique. Elle obligea intérieurement à se calmer et à réfléchir à la situation, mais n'y arriva pas. Elle décida que l'endroit le plus sur pour se protéger du vampire, c'était auprès d'autres vampires. Les Cullen.

Elle réussit à mettre le contact mais dut s'y reprendre par trois fois avant de réussir à gagner la route sans caler, sans toutefois arrêter de faire hurler la voiture sous ses coups d'accélérateur. Son poignet gauche ne lui était pas d'une grande utilité, et elle resta à une vitesse raisonnable, vu sa difficulté à changer les vitesses et à tenir le volant en même temps.

En serrant les dents, elle conduisit jusqu'au manoir, où par miracle, elle arriva en un seul morceau.

Elle arrêta la voiture à la lisière de la forêt et klaxonna plusieurs fois. Sur la route, elle s'était fait la réflexion qu'il n'était pas des plus judicieux d'arriver ensanglantée au milieu des vampires. Elle n'autoriserait que Carlisle à s'approcher. Le problème c'est qu'elle ne savait pas comment empêcher les autres, surtout Jasper- de l'approcher.

Esmée apparut rapidement, suivie d'Alice. Elles se tournèrent vers l'entrée quand Carlisle sortit à son tour. Il leur fit un signe, sans doute pour leur demander de ne pas bouger, et s'approcha à vitesse humaine de la voiture.

C'était peut-être stupide, mais elle avait depuis longtemps dépassé son quotta de fille raisonnable et réfléchie : elle ouvrit la portière et se hâta vers lui.

Dès qu'elle sortit – et confirma sans doute le sang qu'ils avaient du sentir depuis son arrivée, il fut à ses côtés.

Il ne se pencha pas vers sa blessure et lui dit d'une voix tendue qu'il retournait tout de suite au manoir. Alors qu'ils se dirigeaient vers la porte, Carlisle jeta des regards régulièrement autour d'eux. Elle comprit rapidement ce qu'il craignait : Jasper venait d'apparaître sur leur droite. Il était à la lisière, la tête relevée, comme s'il flairait à la manière d'un chien, puis continua sa course vers eux. Carlisle se mit entre elle et lui, et leva les deux mains, en signe de paix. Malgré cela, Jasper l'attaqua. Elle entendit le cri d'Alice au loin.

Que devait-elle faire, retourner à la voiture ou courir vers le manoir ?

Elle se reconcentra sur le combat, et fut effarée de voir Carlisle voler, Jasper à quelques pas d'elle, méconnaissable. Alice et Esmée ne pourraient intervenir à temps. Elle recula d'un pas, puis deux, ne sachant quelle direction prendre.

Alors que le vampire rassemblait ses forces et qu'elle tentait de lui parler – ce qui était parfaitement inutile : il ne semblait pas l'entendre et était dans un état semblable à celui de Nantizo quelques instants plus tôt, un mouvement entra dans son champ de vision. Quelque chose heurta Jasper en plein vol et ils roulèrent au sol. Lorsqu'ils se séparèrent, elle découvrit Nantizo. Il lui tourna le dos et se plaça devant elle, semblant se mettre entre les Cullen et elle. Il feula dans la direction de Jasper puis se mit à gronder. Elle se rendit compte –d'après sa très grande expérience des documentaires animaliers – qu'il envoyait un avertissement à Jasper. Celui-ci semblait hésiter. Comme il fit encore un pas vers eux, le grondement s'intensifia et Nantizo découvrit ses canines. Cela sembla clouer Jasper sur place.

Carlisle qui se rapprochait eu droit à un grondement aussi.

Et soudain, Liadan n'en cru pas ses yeux : Jasper s'agenouilla et mit sa gorge à découvert. Carlisle lui recula doucement, tout en gardant une attitude détendue. Elle comprit qu'ils se soumettaient à Nantizo.

Elle en fut étonnée –malgré que ce ne fût clairement pas le moment. Elle pensait que quand ils avaient un désaccord les vampires débattaient et gardaient la tête froide. Hors à la lumière des derniers événements, elle se rendit compte qu'ils restaient très…primitifs.

Le grondement s'éteignit dans la gorge du vampire qui se redressa.

Il se retourna vers elle et, instinctivement, elle recula quand il avança vers elle. Il s'immobilisa et un grondement plus doux résonna. Elle sentit l'aura du Volturi l'envelopper à nouveau, mais cette fois-ci elle semblait plus protectrice. Du moins, elle l'interpréta comme telle.

Quand le vampire reprit son avancée, elle ne recula pas.

Elle s'obligea à le regarder dans les yeux et à ne pas éviter sa main quand il la leva pour la poser sur sa joue, son autre bras s'enroulant autour de sa taille et l'attirant vers lui.

Elle se retrouva contre lui, l'oreille contre sa poitrine et écarquilla les yeux en entendant une sorte de ronronnement s'élever.

Après quelques minutes, elle se détendit. Alors il se dégagea, lui jeta un regard indéfinissable puis tourna les talons et s'enfonça dans la forêt.

Troublée, elle mit plusieurs secondes à se remettre. Etrangement elle se sentait apaisée. Elle reporta son attention sur Carlisle, qui s'avançait vers elle, la prit par l'épaule et l'emmena vers le manoir. Ils passèrent à côté de Jasper, qui inclina la tête quand elle passa près de lui.

Carlisle semblait perdu dans ses réflexions.

Alice et Esmée vinrent à leur rencontre.

-« Qu'est-ce qu'il s'est passé, Carlisle ? »

Celui-ci jeta un regard en arrière, où s'était tenu Jasper, qui était à présent désert.

-« Jasper n'attaquera plus Liadan, quoique celle-ci fasse. Nantizo est bien plus qu'un Volturi. Il est temps qu'il nous livre certaines choses. »