DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling.
Rating : M+18
Genre : romance / slash / Yaoi
Merci à tous d'être toujours fidèles au poste ! On entame déjà la troisième et dernière partie de cette histoire. C'est la partie la plus courte (9 chapitres) mais la plus dense aussi.
Bonne lecture !
TROISIEME PARTIE
Parle plus bas
Car on pourrait bien nous entendre
Le monde n'est pas prêt pour tes paroles tendres
Le monde n'est pas prêt pour nous
Il dirait tout simplement que nous sommes fous
Parle plus bas mais parle encore
De l'amour fou de l'amour fort
Parle plus bas
Car on pourrait bien nous surprendre
Qu'il ne voudrait jamais comprendre
Que dans nos cœurs moi, j'ai trouvé
Ce que le monde refusait de nous donner
Parle plus bas mais parle encore
De l'amour fou de l'amour fort
Parle plus bas
Car on pourrait bien nous entendre
Tu sais très bien que nous ne pouvons rien attendre
De ceux qui ont fait des chansons
Sans un "je t'aime" où l'amour rime avec raison.
Chapitre 28 – Qu'on en finisse
23 juin 2010 – Village sorcier de Tinworth
- Luna ?
- Hm…
- Demain… avec l'équipe, on a une mission importante.
Luna Lovegood-Londubat fixa son mari de ses grands yeux placides.
- Tu ne me parles jamais de tes missions d'habitude. En quoi celle-ci est-elle différente ?
- Elle est dangereuse, dit Neville. C'est… enfin, il y a des risques quoi…
La jeune femme pencha légèrement la tête sur le côté.
- Tu as peur de la mort ?
Il y avait longtemps que Neville ne s'étonnait plus des propos et des questions directes de son épouse. Il se contenta de répondre avec franchise.
- Non. J'ai juste peur de te laisser seule.
- Dès le jour de notre mariage, j'ai su que tu serais un mari formidable, dit-elle en posant sa petite main fraîche sur la joue de Neville. Je l'ai su car juste avant la cérémonie, j'ai croisé une grenouille lunaire qui a croassé trois fois.
- Ah… oui. Bien sûr.
- Tu ne vas pas nous laisser seules.
Il y avait dans l'affirmation de Luna une force tranquille qui rassura Neville. Il la prit dans ses bras et l'embrassa tendrement avant de caresser son ventre rebondi.
Elle s'appellerait Alice, elle était prévue pour dans deux mois mais d'après sa mère, elle naîtrait dans 53 jours exactement.
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23 juin 2010 – Walworth, Londres
- Je sais qu'on se connaît à peine mais… je… je tiens vraiment beaucoup à toi Abby.
- Moi aussi.
Seamus sourit en secouant la tête.
- C'est incroyable… je ne sais pas ce qui m'arrive. Je n'ai jamais cru au coup de foudre… je n'ai jamais été amoureux avant…
- Avant ?
- Avant toi.
Abigail sourit à son tour. Elle entoura le cou de Seamus de ses bras et l'embrassa.
- Tu crois que c'est vraiment possible entre nous ? demanda-t-elle après un temps.
- Oui, je le crois. Et je ferai tout pour. Après avoir réglé le problème Zabini, je te promets que je vais m'attaquer à ces ordures du Ministère !
- Merci, dit-elle.
- Ne me remercie pas. Tâche simplement de rester en vie demain.
- Toi aussi.
Ils s'embrassèrent encore, d'abord lentement avant que le baiser ne devienne plus passionné.
- Abby, dit Seamus, légèrement essoufflé… arrêtons-nous là… Sinon…
- Tu n'en as pas envie ?
- Par Merlin, bien sûr que j'en ai envie… mais… j'ai peur d'aller trop vite, de te manquer de respect…
Abigail eut un petit rire qui vexa quelque peu l'irlandais.
- Seamus, tu es absolument… parfait… Mais nous n'avons plus quinze ans et demain… demain, qui sait ce qui va se passer ? La vie est trop courte pour ne pas en profiter tant qu'on peut.
- Tu ne vas pas regretter ?
- Jamais, dit-elle en le fixant intensément tout en déboutonnant son chemisier.
Les derniers doutes de Seamus disparurent en même temps que l'étoffe glissa des épaules de la jeune femme.
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23 juin 2010 – Impasse du Tisseur, Cokeworth
- Harry ?
- Hm…
- Je voudrais te demander quelque chose.
- Vas-y.
Draco sentit tout le corps de Harry se tendre contre le sien. Dans un geste d'apaisement, il resserra son étreinte et caressa son bras nu du bout des doigts. Il respira la douce odeur de cèdre des cheveux bruns qui frôlaient sa bouche et son nez.
- Demain… si… si ça tourne mal…
- Draco, non ! dit Harry en se relevant pour fixer son amant.
- Laisse-moi finir, s'il te plaît. C'est important pour moi…
Harry soupira et reposa sa tête sur l'épaule de Draco.
- Je t'écoute.
- Je voudrais être enterré chez moi. Dans le parc.
- Draco…
- Tu es le propriétaire du Manoir. On ne pourra pas te le refuser.
- Quand le Ministère saura ce que j'ai fait, je ne suis pas sûr de rester propriétaire de quoi que ce soit… De plus, nous n'avons aucun lien… ni pour les lois sorcières ni pour les lois anglaises. Pour… pour le reste du monde, nous ne sommes rien l'un pour l'autre. On me refusera le droit de prendre ce genre de décision pour toi !
Draco ne répondit pas tout de suite.
- Tu voudras bien essayer ?
- Je te le promets, lâcha Harry du bout des lèvres tant cette perspective l'anéantissait.
- Merci.
Les minutes s'écoulèrent, pesantes et silencieuses.
- Que va-t-on faire ? demanda Harry. Quand tout sera fini ?
- Je n'en sais rien.
- Tu y penses parfois ?
- Souvent. Mais ça fait mal.
- Pourquoi ?
- Parce que c'est seulement un rêve.
- Peut-être pas.
- Le monde sorcier n'est pas prêt pour tout ça… Il n'est pas prêt pour nous.
Harry promena son doigt sur le ventre plat de Draco, redessinant les contours de ses muscles parfaits.
- Raconte-moi ton rêve.
- Harry… c'est nous faire du mal pour rien.
- Non… c'est me donner un peu d'espoir pour affronter demain.
- Il paraît qu'on ne doit pas dire ses rêves tout haut, sinon ils ne se réalisent pas…
- Alors, parle plus bas… pour que personne ne les entende.
Draco soupira et se mit à murmurer à l'oreille de Harry.
Il lui parla longtemps. De leur amour. De leur vie à deux dans le grand Manoir du Wiltshire qu'ils auraient transformé en orphelinat. De cette vie qui ne serait pas forcément facile mais qui serait merveilleuse, simplement parce qu'ils seraient ensemble. Il lui raconta comment il parviendrait à faire rouvrir la Maison Serpentard à Poudlard. Il lui parla aussi de ce soir d'été où, après un dîner romantique dans l'orangerie du Manoir, il aurait emmené Harry dans le jardin des roses et où il lui aurait demandé de s'unir à lui pour la vie. Une Union Magique, éternelle et indestructible. Il décrivit d'abord la cérémonie. Belle, émouvante et forte, à l'image de ce qu'ils étaient. Puis leur nuit de noces, dans les moindres détails.
Il termina son récit sur les anecdotes de la vie quotidienne, les petites et les grandes disputes, les réconciliations, les voyages au bout du monde et les promenades dans le parc du Manoir quand viendraient leurs vieux jours.
Harry l'écouta en souriant, heureux et ému, profitant en silence de toutes ces belles images que son amant lui avait mises en tête.
- Draco, je peux te demander quelque chose aussi ? demanda-t-il après un temps.
- Tout ce que tu veux.
- Reste en vie.
Il le souhaitait plus que tout mais c'était la seule chose qu'il ne pouvait pas promettre à Harry. Alors il se contenta de l'embrasser et de l'aimer comme si demain n'existait pas.
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23 juin 2010 – Summer Square, Londres Sorcier
Ron était seul, assis dans un fauteuil, la photo de sa défunte femme entre les mains. Pourtant, à cet instant, ce n'était pas à elle qu'il pensait mais à ses amis. Ses amis qui iraient au-devant du danger, demain, avec lui.
Neville, à qui Luna allait donner leur premier enfant. Seamus et Abigail qui venaient de se trouver et apprenaient à se connaître. Harry et Draco qui s'aimaient maintenant avec la même violence qu'ils s'étaient haïs.
Que leur arriverait-il demain ? Seraient-ils encore vie ? Que deviendrait Luna, à peine mère et déjà veuve ? Que ferait Seamus s'il perdait celle qu'il aime ? Et Harry et Draco ? Aucun des deux ne pourrait survivre à la perte de l'autre…
Le seul pour qui il n'était pas inquiet, c'était lui. Car rien ni personne ne le retenait ici.
Il soupira lourdement puis fit courir son doigt sur le verre de la photographie. Hermione le regardait en souriant et soufflait un baiser dans sa direction avant de replonger dans la lecture d'un énorme bouquin. Et la scène recommençait… encore et encore, aussi vive que le souvenir dans la tête de Ron.
- Tu sais, parfois je t'en veux, dit-il en s'adressant au portrait. Je t'en veux parce que tu n'as pas attendu que soient tournées les pages que nous voulions écrire ensemble. Tu es partie en me laissant dans cette maison vide… vide de ton rire, de tes colères, vide des enfants que nous n'aurons jamais. Tu es partie et tu n'as pas attendu que nous prenions le temps de nous réconcilier. On s'était disputé ce matin-là, pour une bêtise, je ne sais même plus laquelle… tout ce que je sais c'est que tu es partie et que je ne t'ai pas dit que je t'aimais.
Il essuya une larme qui roulait lentement sur sa joue.
- Quand je te rejoindrai, j'espère que tu me pardonneras ce que moi je n'ai jamais pu pardonner à d'autres.
Disant cela, il avisa son téléphone portable posé sur la table basse. Il le regarda longuement.
- Tu as raison Hermione… c'est peut-être ma dernière chance.
Il se saisit de l'appareil et forma un numéro. Quelques sonneries s'égrainèrent avant qu'une voix féminine ne parle.
- Allô.
- Ginny, c'est Ron.
- Ron ? Tout va bien ?
- Ecoute-moi bien car je ne le répéterai pas. Demain matin, à 7 heures, prends Anthony, quelques affaires et part. Va chez papa et maman ou chez Bill et Fleur mais part de cet endroit de malheur.
- Mais… que… ?
- Fais ce que je te dis.
- …
- …
- Ok. Ok, j'ai compris. Merci Ron.
- Ginny… je… il est peut-être trop tard pour ça mais… un jour, j'aimerais que… enfin…
- Je sais. Moi aussi.
- Prends-soin de toi et d'Anthony.
- Toi aussi.
Il raccrocha et se dirigea vers la cheminée. Il y jeta une poignée de poudre qui forma immédiatement une gerbe de flammes vertes. Quelques instants plus tard, le visage rond et jovial d'une femme apparut au milieu.
- Salut Maman.
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24 juin 2010 – Sevenoaks, Wiltshire
La nuit avait été courte pour tout le monde.
A six heures, Harry et Draco avaient quitté l'Impasse du Tisseur pour rejoindre Seamus et Abby à Walworth. Au cas où le lieu aurait été surveillé, ils transplanèrent les premiers, directement sous la cape d'invisibilité tandis qu'Abby arriverait une dizaine de minutes plus tard avec son « prisonnier ».
Les Aurors eux, étaient déjà en planque dans le petit bois non loin de l'aire de repos, depuis plus d'une heure.
Malgré le fait qu'on était presque à la fin du mois de juin, l'air matinal était frais. Le ciel était d'un bleu clair et limpide. Le soleil n'avait pas encore eu le temps de réchauffer l'herbe tendre et celle-ci était encore parsemée de rosée.
Draco se souvenait combien, étant enfant, il aimait se lever à l'aube et marcher pieds nus sur le gazon épais des pelouses entourant le Manoir, rien que pour apprécier le contact de sa peau avec la terre, la végétation et cette divine fraîcheur matinale.
- C'est une région magnifique, chuchota Harry ayant perçu le voile de nostalgie qui recouvrait les yeux gris. Je comprends que tu l'aimes autant.
- Oui… c'est tellement apaisant… et vivant aussi. Il y a beaucoup d'endroits magiques en Grande-Bretagne mais rien de comparable à ce qu'on ressent ici. Même à Glastonbury, lieu mythique d'Avalon, la magie est moins puissante qu'à Stonehenge.
- Je ne suis jamais allé à Stonehenge.
- Oh… il faudra que je t'y emmène alors.
- Tout comme j'aimerais que tu m'emmènes dans le jardin des roses du Manoir, ajouta-t-il en prenant la main de Draco.
Il sourit, enlaçant ses doigts à ceux de Harry.
- Tu étais sérieux hier ? demanda ce dernier.
- A propos de quoi ?
- De… de l'Union Magique. C'est vraiment ce que tu aimerais faire ?
- Oui j'étais sérieux, répondit Draco. Je ne t'en ai jamais parlé parce que… parce qu'il nous faut être réalistes, il n'y a pratiquement aucune chance que nous puissions un jour retourner dans le monde sorcier. Plus j'y réfléchis et plus je me dis que notre seule option sera la fuite dans le monde moldu.
- Tant qu'à fuir, autant aller dans un pays qui autorise le mariage de personnes de même sexe. C'est le cas de la Belgique, de l'Espagne, des Pays-Bas, de la Suède, de la Norvège, de l'Islande tout récemment…
- Comment sais-tu ça ? s'étonna Draco.
- Parce que je me suis renseigné, répondit Harry avec un grand sourire. Moi aussi, je veux plus... plus qu'une simple vie commune, plus qu'un petit-ami ou qu'un compagnon. Merlin, c'est impossible de te résumer à des mots aussi dérisoires ! Tu es tellement plus que ça, Draco…
Draco plaqua sa main sur sa bouche pour l'empêcher de parler trop fort.
- Tu te rends compte que tu es en train de me faire une putain de déclaration sur un vulgaire terre-plein, alors qu'on est sur le point de faire tomber une des plus grosses organisations criminelles de ce pays ?
- Ouais, chuchota Harry en haussant les épaules. Je n'ai jamais rien su faire comme tout le monde. Alors…
- Alors c'est comme ça que je t'aime, coupa Draco en posant un baiser sur sa joue.
A ce moment, un craquement déchira le calme ambiant. Abby apparut sur le terre-plein, tenant fermement un Seamus, bâillonné, les bras attachés derrière le dos et les jambes étroitement ligotées. Elle lança immédiatement un sort repousse-moldus avant de jeter un coup d'œil vers la droite, là où Draco et Harry étaient supposés se trouver. Harry shoota dans un petit caillou pour signaler leur présence.
On entendit alors un bruit de moteur qui se rapprochait. Ce ne pouvait être que Blaise et ses hommes, absolument ponctuels comme le métis en avait l'habitude.
En effet, quelques secondes plus tard, une Audi A6 noire apparaissait au détour d'un virage et se stationnait au bord du terre-plein. Elle était suivie d'un SUV Mercedes noir également, aux vitres teintées et d'une BMW série 5.
Les premiers à sortir furent les occupants de l'Audi. Deux capos, Garrett Miller et Adam Adler, tous les deux armés d'un fusil mitrailleur P90. Ils furent immédiatement suivis par Terrence Higgs et Cassius Warrington qui émergèrent de la BMW. Ils ne portaient pas leur arme aussi ostensiblement mais Abby la devinait parfaitement sous leurs vestons. Enfin, la porte arrière du SUV s'ouvrit et Théo sortit du véhicule.
Il marcha vers Abby d'un pas tranquille, suivi par Miller et Higgs.
- Bonjour Abigail.
- Théo.
- Suis-moi, dit-il froidement. Higgs, occupe-toi de Finnigan.
- Hors de question ! s'insurgea Abigail en resserrant sa prise sur l'Auror. Ce n'est pas ce qui était convenu !
- Blaise t'attend dans la voiture pour le Serment.
- Bien sûr ! Tu me prends pour une idiote ? Si je lui remets l'Auror maintenant, jamais il ne conclura le Serment !
- Blaise est un homme de parole.
Abigail éclata d'un rire hystérique.
- Par Salazar ! Mon pauvre Théo ! Toi-même tu ne crois pas à ce que tu dis !
Théo soupira avec emphase.
- Abby… c'est à prendre ou à laisser.
- Eh bien, ce sera à laisser ! Blaise semble oublier que c'est lui qui a le plus à perdre dans cette affaire !
Draco, Harry et Seamus retenaient leur souffle. Abigail était en train de jouer avec le feu.
- Tu vas faire ce qu'on te dit ! s'énerva Higgs.
Il tenta d'attraper Abigail par le bras mais fut stoppé dans son geste par Théo.
- Terrence ! Laisse ! Abby, ne rends pas les choses plus compliquées…
La jeune femme eut un rire méprisant.
- ALORS, C'EST CA LE GRAND BLAISE ZABINI ? cria-t-elle en direction de la voiture. LE REDOUTE ET REDOUTABLE CHEF DU CARTEL ? IL DEBARQUE AVEC SIX MALABARS ET IL A PEUR DE SORTIR DE SA VOITURE POUR FAIRE FACE A UNE FEMME ? TU ES UN LACHE ZABINI !
- TAIS-TOI ! rugit Higgs.
Cachés sous la cape, Harry et Draco assistaient à la scène avec une certaine appréhension, admirant silencieusement le courage de Abby. La jeune femme provoquait délibérément Blaise mais aussi ses sbires.
Seamus lui était au bord de l'explosion. Il devait tenir son rôle de victime sans réagir alors que Higgs semblait prêt à frapper à tout moment.
Finalement, la situation se figea quand la portière du SUV s'ouvrit sur Blaise. A peine avait-il fait un pas dehors que Goyle était sur ses talons ainsi que Miller et Warrington. Il avança à pas déterminés en direction de Abby.
- POUR QUI TE PRENDS-TU ! cria-t-il.
Ses poings étaient serrés à l'extrême et ses yeux complètement fous.
- C'est pas bon du tout, murmura Draco. C'est pas bon…
Il avait raison. Sans crier gare, Blaise dégaina son arme, un revolver Colt Python qu'il pointa sur la tête d'Abigail. A ses côtés, Seamus roulait des yeux en direction de Harry et Draco, tout en se tortillant du mieux qu'il pouvait pour échapper à l'incarcerem mais en vain.
Le bruit caractéristique du chien qu'on abaisse résonna dans l'air. Puis la détonation déchira le silence, faisant instinctivement se baisser toutes les personnes présentes aux alentours, y compris Seamus.
Il rouvrit les yeux après ce qui lui parut une éternité. La première chose qu'il vit fut Théo tenant le bras de Blaise à la verticale. Il tourna la tête à sa gauche pour voir Abigail, choquée mais bien vivante, à genoux dans le gravier. Dans sa chute, elle avait lâché sa baguette qui avait été projetée à un bon mètre d'elle.
- Tu vas regretter ce que tu viens de faire, Nott, siffla la voix de Zabini.
- Blaise, je t'ai empêché de faire une connerie ! se justifia Théo. N'oublie pas qu'on a pas encore retrouvé la plaque d'identification de l'Auror… Si tu la tues…
- TU N'AS PAS A ME DIRE CE QUE JE DOIS FAIRE ! hurla le métis. JE SUIS LE PARRAIN ! JE SUIS LE CHEF DU CARTEL ! PERSONNE NE ME DIT CE QUE JE DOIS FAIRE ! JE TUE QUI JE VEUX, QUAND JE VEUX !
Il s'arrêta, haletant, les yeux exorbités. Il semblait clair que Blaise avait perdu la raison. Il se mit à faire les cent pas en passant nerveusement sa main dans ses cheveux. Puis comme frappé par une évidence, il s'arrêta net et fixa son Conseiller en plissant les yeux.
- Tu es avec elle, n'est-ce pas ?
- Je ne vois pas de quoi tu parles, dit Théo le plus calmement possible.
- Ne joue pas au con. Tu es amoureux d'elle depuis Poudlard, je le sais ! Tu l'as dit à Pansy qui me l'a répété. Mais t'as jamais été foutu de lui avouer car tu étais persuadé que tu l'intéressais pas et qu'elle allait faire un mariage de raison avec Malefoy !
- Oui, c'est la vérité… mais c'était il y a longtemps… Tu te trompes, je ne suis pas avec Abby.
- Menteur, siffla Blaise, mauvais. Tu mens. Tout ça c'est un coup monté entre vous deux. J'en suis sûr ! Je suis sûr que c'est toi aussi qui as éloigné Draco de moi ! C'est toi qui l'as jeté dans les bras de ce chien de Potter car tu savais que ça m'affaiblirait. Tu le savais car j'avais eu la faiblesse de t'avouer que je l'aimais à en crever !
Harry sentit Draco se tendre à ses côtés à l'entente de cette déclaration brute et sincère de son ancien amant.
- Blaise, tu… tu racontes n'importe quoi… je n'ai jamais…
- LA FERME ! cria le métis.
Il souleva son arme en direction de Théo. Pour la deuxième fois, il abaissa le chien.
- Tu vas mourir Nott.
- Lâche ton arme Zabini.
La voix grave et posée, Gregory Goyle posa son pistolet sur la nuque de Blaise. En un instant, Higgs, Warrington, Miller et Adler braquèrent leurs armes sur lui, délaissant complètement Abigail et son prisonnier.
- Bien entendu, ricana Zabini. Ce cher Gregory… Hé bien qu'attends-tu, espèce de traître ? Qu'attends-tu pour abattre celui qui t'a tout donné ? Vous êtes des ingrats tous les deux…
- Je ne veux abattre personne Blaise, dit Goyle. Toi moins que quiconque. Je veux juste que tu baisses ton arme. On n'est pas ici pour ça…
- Tu veux ? Mais tu n'as rien à vouloir Goyle ! Tu crois que j'ai des ordres à recevoir d'un chien galleux comme toi ? Tu es tout juste bon à faire ce que je te dis de faire ! Et c'est moi qui exige que tu baisses ton arme !
Le bras de Gregory ne trembla pas et il ne baissa pas son arme. Malgré toute sa morgue, Blaise n'osait pas faire le moindre mouvement, ayant bien compris que son garde du corps était déterminé.
Harry et Draco étaient désemparés. Ils se regardèrent, impuissants. Si Blaise, Théo ou Gregory bougeait un muscle, ce serait le carnage. Les maffieux s'entre-tueraient et Abby et Seamus seraient pris dans le feu croisé des tirs. Ron et son équipe devaient voir la scène au même moment et être parvenus à la même conclusion.
Pour le moment, ils se fixaient les uns les autres, guettant la moindre menace. Draco vit Abigail évaluer la distance qui la séparait de sa baguette. La récupérer sans se faire tirer dessus serait impossible.
Alors qu'il analysait toujours la situation, une solution s'imposa : détourner l'attention de Blaise et de ses hommes vers une cible beaucoup plus importante que Théo ou Goyle.
Lui.
Il ferma les yeux un instant. Il se refusa à regarder Harry sans quoi il perdrait tout courage et d'un mouvement ample, il se dégagea de la cape d'invisibilité. Il n'entendit pas le gémissement sourd de Harry car il dit bien fort :
- Laisse tomber Zabini, c'est moi qui suis avec Travers. C'est moi que tu cherches !
Comme il l'avait envisagé, toutes les têtes se tournèrent vers lui et les armes en même temps.
- MALEFOY ! crièrent plusieurs voix de concert.
- D'où sort-il ? demanda Garrett.
Blaise le fixa de ses yeux de glace, abasourdi de le voir à quelques mètres de lui à peine.
- Draco…
- TUONS-LE ! cria Adler.
- NOOOOOON ! cria Blaise à son tour en levant son arme.
Et là, tout alla très vite.
Draco n'esquissa pas le moindre geste pour se soustraire à ses opposants. Il entendit des détonations, à peine estompées par les craquements annonçant l'arrivée des Aurors. Sans chercher à comprendre pourquoi, il tomba en avant. Ses paumes et sa joue brûlaient, écorchées par le gravier. Il avait du mal à respirer en raison d'un poids dans son dos.
Ses oreilles sifflaient mais malgré cela, il entendit des sorts résonner un peu partout autour de lui.
Puis plus rien. Le silence. Aussi assourdissant que le bruit des balles.
Et toujours ce poids sur lui, immobile. Des cheveux doux qui caressent son cou. Une odeur de cèdre.
Oh Merlin. Harry.
- Ha… Har…ry… Harry !
- Je vais. Te. Tuer.
Malgré lui, il sourit, soulagé. Harry se déplaça afin qu'il puisse se redresser.
D'un coup d'œil, Draco évalua la situation. Abby et Seamus dans les bras l'un de l'autre. Les Aurors, tous sains et saufs qui se congratulaient. Allongés au sol, stupéfixés, les corps de Terrence Higgs, Cassius Warrington, Garrett Miller et Blaise Zabini. Un peu plus loin, Adam Adler, gisant dans une mare de sang, tué par Blaise. Et enfin, un peu à l'écart, une expression incrédule sur le visage, Théodore Nott et Gregory Goyle.
Draco soupira de soulagement. Ils avaient réussit. Son soulagement fut cependant de courte durée car une main ferme venait de l'empoigner par le col et le secouait rudement.
- ON PEUT SAVOIR CE QUI T'A PRIS ESPECE D'INCONSCIENT ! TU AURAIS PU TE FAIRE TUER BORDEL !
Dire qu'Harry était démonté était très en-dessous de la réalité. Pour autant, Draco sourit placidement.
- Peut-être mais je suis bien vivant. Je vais encore te pourrir la vie longtemps Potter.
Harry lâcha un soupir désespéré avant de serrer son amant contre lui dans une étreinte qui aurait pu lui briser les os.
- Imbécile, souffla-t-il dans son cou. Tu m'as fait tellement peur.
- Je sais. Je suis désolé, répondit Draco, sincère, en lui rendant son étreinte.
Des pas crissèrent sur le gravier et une main chaude se posa sur son épaule. Draco s'écarta de Harry pour faire face au Chef des Aurors.
- Tu as pris des risques inconsidérés Malefoy. Si tu étais un de mes Aurors, tu aurais été mis à pied pendant trois jours pour l'exemple, assena-t-il sévèrement… Après avoir reçu la médaille du mérite pour avoir sauvé la situation, ajouta-t-il avec un grand sourire.
Les deux hommes se donnèrent une longue et intense accolade.
- Merci, souffla Ron. Merci Draco.
- Pas de quoi.
Ron se tourna vers Harry et le prit également dans ses bras.
- Tu as définitivement déteint sur lui Harry. Il est devenu aussi téméraire et irréfléchi que toi.
- Je sais, on me l'a déjà dit.
- Alors te voilà de retour Potter ? dit une voix derrière eux.
Owen Cauldwell, Ernie McMillan et Laura Madley le regardaient avec un mélange d'étonnement et d'incompréhension. En dehors de Ron, Seamus et Neville, personne au Ministère n'était au courant de rien le concernant.
- Oui, répondit Ron à sa place. Draco a retrouvé Harry peu de temps après le début de sa mission d'infiltration et il l'a convaincu de nous aider.
- Malefoy ? Mais ça veut dire que… commença Laura.
- J'étais dans le Cartel, oui, admit Harry.
Lorsqu'il vit l'expression choquée sur le visage des trois Aurors, Draco comprit qu'Harry avait raison : le monde sorcier n'était pas prêt à lui pardonner. Instinctivement, il se rapprocha de son amant et passa un bras autour de sa taille en signe de soutien.
- Ron, comment as-tu pu lui pardonner ? s'insurgea Ernie. Il… il nous a abandonné pour… l'ennemi !
- Et aujourd'hui il est avec nous ! s'emporta le rouquin. C'est tout ce qui compte ! Et il n'y avait rien à pardonner ! Qui suis-je et qui êtes-vous pour le juger ?
- Mais…
- Ça suffit, dit Neville. Nous avons choisi de faire confiance à Harry, à Draco, à Abigail… à Gregory et à Théo. Et nous avons eu raison. La preuve, ajouta-t-il en tendant le bras vers le chef du Cartel allongé par terre.
- Sans eux, rien de tout cela n'aurait été possible, renchérit Seamus.
Les trois autres n'osèrent pas protester davantage mais le regard dégoûté qu'Owen Cauldwell jeta à Harry et Draco était assez éloquent.
- Vous êtes ensemble ? demanda-t-il finalement.
- Oui, affirma Draco.
- On aura tout vu… Le Survivant qui s'accoquine avec un Proscrit, lâcha-t-il en levant les yeux au ciel.
- T'as un problème avec ça Cauldwell ? dit Seamus soudain virulent. Parce que pour ton information, je suis avec Abigail et je ne laisserai personne lui manquer de respect !
Personne ne répondit mais manifestement, oui, c'était un problème.
- Bien, intervint Ron. Maintenant que la situation conjugale de chacun est éclaircie, on pourrait peut-être penser à s'activer ? On est loin d'avoir fini ! Ernie, Owen et Laura, vous rentrez au Ministère avec Higgs, Miller et Warrington. Après avoir levé l'incarcerem, placez-les dans les cachots. Seamus, occupe-toi de rapatrier le corps d'Adler chez le médicomage légiste. Neville et moi, on se charge de Zabini.
- Et eux ? demanda Ernie en tendant le menton vers Théo, Gregory et Abby.
Et accessoirement Harry et Draco…
- Qu'est-ce que tu n'as pas compris dans les mots « ils sont avec nous » ? demanda Seamus, de plus en plus énervé.
Ernie haussa les épaules et se détourna, suivi de ses deux équipiers. Une minute plus tard, ils avaient transplané avec leur prisonnier respectif.
- Ils vont nous poser problème, dit Seamus.
- Je sais, répondit Ron. Mais je ne peux rien y faire. Et je n'avais pas le choix… Il fallait que je prenne du renfort. A seulement trois Aurors, c'était beaucoup trop risqué.
- Tu n'as rien à te reprocher, Ron, intervint Harry. Tu as fait ce que tu devais faire.
- De toute façon, on s'y attendait, dit Théo.
- Qu'allez-vous faire maintenant ? demanda Draco.
- Ils vont partir, répondit Ron à leur place. Planquez-vous quelque part en attendant que l'enquête soit bouclée.
Les deux hommes fixèrent Ron avec stupeur.
- Ça va te valoir de sérieux ennuis Weasley, dit Gregory.
- Bah… pas plus que d'habitude, commenta le rouquin en haussant les épaules.
- Vous n'avez qu'à rester à Walworth avec Abby, dit Draco. Personne ne connaît cette adresse.
- C'est une bonne idée, dit Théo. Merci Draco.
Seamus était moyennement enthousiaste à l'idée de savoir sa dulcinée enfermée 24h sur 24 avec Nott, surtout après ce qu'il avait entendu de la bouche de Zabini. Théo s'en aperçut et trouva nécessaire d'éclaircir les choses.
- Tu n'as pas à t'inquiéter Finnigan. J'ai compris ce qu'il y a entre vous et je le respecte. Tu as ma parole.
- D'accord, approuva l'Auror. T'es un mec bien Nott, j'aurais aimé m'en apercevoir plus tôt.
- Moi aussi. Je suis content pour Abby. Elle mérite d'être heureuse.
- Si vous pouviez éviter de parler de moi comme si je n'étais pas là, grogna la jeune femme.
- Je te souhaite bien du courage, murmura Théo en se penchant vers Seamus. Elle a un caractère de merde. Encore pire que Malefoy.
- Je demanderai conseil à Harry, répondit l'irlandais sur le même ton. Il semble être parvenu à le dresser, son petit dragon.
Les deux hommes se mirent à rire, sous les regards intrigués des autres.
- J'essaierai de passer te voir le plus vite possible, dit Seamus en se tournant vers Abby. Et je te promets que je…
- Je sais Seamus, coupa Abby en souriant. Je sais.
Elle l'embrassa et se dirigea avec Théo vers Goyle qui discutait avec Draco.
- Merci pour tout, dit Draco en lui serrant la main.
- Je te devais bien ça, se contenta de répondre Gregory. Prends soin de toi.
- Toi aussi.
Ils se séparèrent sur ces mots.
- Et nous ? Qu'allons-nous faire ? demanda Harry après que Théo, Gregory et Abigail eurent transplané.
- J'aurais aimé que tu viennes avec nous au Ministère, dit Ron. Je vais soumettre Blaise à un briseur de sort pour lever les Serments inviolables et enfin pouvoir examiner tes souvenirs. Mais je comprends que tu ne veuilles pas assister à ça…
- Ce sera dur pour moi de te regarder en face après… mais je le ferai.
- Parfait. Je propose que tu viennes sous la cape d'invisibilité… Je n'ai pas envie que la moitié du Ministère défile au Bureau des Aurors pour te regarder comme un animal de cirque.
- Moi non plus, confirma Harry avec un sourire contraint. Draco ? Tu m'accompagnes ?
La question de Harry tenait davantage de la supplique que de la simple demande. Draco comprit que son amant ne voulait pas affronter cela tout seul.
- Bien sûr. Je serai avec toi. Tout le temps.
Harry hocha la tête en signe de remerciement. Puis se tournant vers Ron :
- Avant de te rejoindre au Ministère, il faut que je retourne à Cokeworth avec Draco. Je dois y prendre quelque chose d'important.
- Heu… oui. D'accord, dit Ron sans poser plus de questions. Tu en as pour longtemps ?
- Le temps de transplaner et de revenir.
- Ok. Neville ? Tu veux bien amener Zabini au Ministère pendant que je les attends ? Installe-le directement en salle d'interrogatoire et averti Rose Zeller et Eddie Carmichael qu'on aura besoin d'eux pour briser les sorts.
Neville acquiesça et disparut rapidement avec le corps de Zabini.
- Moi je vais m'occuper de lui pendant ce temps, dit Seamus en montrant du doigt la dépouille d'Adam Adler. Je vous rejoins au bureau juste après.
Une minute plus tard, Ron se retrouvait seul sur le terre-plein. Pour la première fois depuis le début de l'opération, il prit le temps de souffler. Et pour la première fois depuis cinq ans, il était heureux. Sincèrement et profondément heureux.
Ils avaient réussi. Zabini était un mort en sursis.
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24 juin 2010 – Impasse du Tisseur, Cokeworth.
- Que viens-tu chercher ? demanda Draco.
- Les fioles de souvenirs que je t'ai laissées. Ceux concernant Hermione.
- Tu vas les lui donner aujourd'hui ?
- Oui. Il doit savoir. Il a déjà trop attendu.
- Hm… je comprends. Viens, elles sont en haut.
Draco et Harry montèrent les marches quatre à quatre. Dans la chambre, Draco déplaça une pile de linge pour déloger une petite boîte métallique ronde, agrémentée d'un motif écossais rouge. Une inscription indiquait qu'elle avait contenu autrefois des shortbreads au chocolat.
Il ôta le couvercle et renversa le contenu sur le lit. Un parchemin plié en huit et plusieurs petites fioles contenant un liquide argenté s'éparpillèrent sur la couverture. Il prit les deux qui portaient une étiquette rouge et les tendit à Harry.
Puis d'une main un peu tremblante, il remit les fioles bleues dans la boîte.
« Je te donne également l'autre de mes biens les plus précieux : les fioles avec une étiquette bleue. Ne les montre à personne. Ce sont mes souvenirs de toi. De nous ».
- Tu les as regardés ? demanda Harry.
- Non, dit Draco. Je n'ai pas pu. Le faire, ç'aurait été admettre que tu étais mort. Je… je ne pouvais pas… je ne voulais pas.
Harry sourit tendrement.
- Alors, on les regardera ensemble, dit-il d'un ton léger. Mais sois prêt à assouvir tous mes désirs juste après car je ne suis pas certain de pouvoir rester de marbre en te voyant complètement nu en train de… Draco ?
Draco était assis sur le bord du lit, la tête baissée, serrant convulsivement entre ses doigts le parchemin soigneusement plié. Une goutte d'eau tomba sur sa cuisse, assombrissant le denim bleu clair de son jeans.
Il pleurait.
Harry se précipita et s'agenouilla devant lui. Draco saisit Harry par les épaules et le serra contre lui de toutes ses forces, ses pleurs se muant en sanglots déchirants.
- Par Merlin, Draco ! Qu'est-ce que tu as ?
- J'ai… j'ai cru que tu… étais mort… Ce jour-là… au Manoir… pendant une seconde, après avoir lu ta lettre… j'y ai cru… et… c'était comme si…
Ses pleurs redoublèrent, comme si un barrage avait cédé à l'intérieur de lui, laissant Harry complètement désemparé.
- Tout va bien… chuuuuut… tout va bien, murmura Harry pour tenter de l'apaiser. Je suis là… je suis désolé…
Ils restèrent ainsi quelques minutes jusqu'à ce que les sanglots de Draco se calment. Finalement, le blond se redressa en soupirant.
- Je suis lamentable, dit-il.
- Jamais, contra Harry en lui prenant le visage à deux mains et embrassant ses joues pour ôter les sillons humides qui les maculaient. Ne sois jamais gêné de pleurer devant moi. Tu m'entends ?
Draco hocha la tête.
- C'est ce jour-là… dit-il en fixant Harry de ses grands yeux délavés.
- Quoi donc ?
- C'est ce jour-là que j'ai voulu m'unir magiquement à toi. J'étais persuadé que tu étais vivant… Parce que je sentais ton flux magique à l'intérieur de moi. C'était ténu mais tellement… incroyable. J'ai définitivement renoncé ce jour-là à espérer pouvoir vivre sans toi.
- Ne dis pas des choses pareilles, dit Harry dans un souffle, en fermant les yeux.
- Pourquoi ? C'est la vérité.
- Parce que ça me donne envie de t'allonger sur ce lit et de te faire des choses dont tu n'as même pas idée. Et on n'a pas le temps.
- Pervers, dit Draco en souriant néanmoins. Moi, je te fais une déclaration digne d'un Poufsouffle qui vient de perdre sa virginité et toi, tu me parles de sexe.
- C'est de ta faute. C'est toi qui me rends comme ça.
Draco sécha ses dernières larmes en riant. Harry se releva et lui tendit la main :
- Allez viens, sinon Ron va s'imaginer des choses.
- C'est bien ce que je dis. Des pervers.
Harry se mit à rire à son tour avant de regarder Draco droit dans les yeux.
- Je t'aime.
- Je sais.
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23 juin 2010 – Ministère de la Magie
Harry et Draco avaient fini par rejoindre Ron à Sevenoaks. Il râlait du temps que les deux hommes avaient pris mais il cessa toute récrimination quand il vit les yeux rougis de Draco. Sans faire le moindre commentaire, ils avaient transplané dans le grand hall du Ministère. Pour plus de facilité et afin que Draco et Harry ne se fassent pas repérer dans un ascenseur bondé, ils rejoignirent le niveau 2 par les escaliers.
Un employé indiqua à Ron que Neville et Seamus l'attendaient dans le local annexé à la salle d'interrogatoire numéro 3.
Quand ils furent entrés dans la petite pièce, Harry et Draco se libérèrent de la cape.
- Personne d'autre que vous n'est censé entrer dans cette pièce ? demanda Harry.
- Personne, confirma Ron. Ernie et les autres sont occupés à interroger Higgs, Warrington et Miller.
Le local était assez sombre. Le mur du fond était constitué d'un miroir magique, proche de la glace sans tain utilisée dans les commissariats moldus, permettant de voir et d'entendre ce qui se passait dans la salle d'interrogatoire.
La porte de celle-ci s'ouvrit sur un membre de la Brigade de police magique qui escortait Blaise Zabini, menotté dans le dos. Le métis s'assit sur la chaise en plastique avec la même élégance que s'il s'était agi d'un trône. Le policier sortit ensuite de la pièce, non sans avoir remis en place tous les sorts anti-évasion.
Blaise regarda immédiatement en direction du miroir et esquissa un sourire. Il savait pertinemment bien qu'on l'observait depuis la pièce juste à côté.
Draco ne put s'empêcher de l'admirer. Malgré qu'il ait été malmené pendant l'opération, il semblait avoir obtenu qu'on mette de l'ordre dans sa tenue. Son costume gris perle qu'il portait sur une chemise blanche était parfaitement lisse. Sa cravate aubergine était parfaitement nouée, en full windsor comme à son habitude. Il était beau, indiscutablement.
Mais ce qui frappa Draco plus que tout, c'était la folie qu'il pouvait lire dans ses yeux. Des yeux bleus, froids comme un matin d'hiver, qui ordinairement n'exprimaient jamais rien et qui ce matin, paraissaient presque déments. Son cœur se serra.
« Je l'aimais à en crever »
Lui aussi, il l'avait aimé à en crever. Il n'avait pas sombré uniquement parce que Merlin lui avait fait croiser le chemin de Harry.
- Je vais aller chercher Eddie et Rose, dit Neville.
- Attends, l'arrêta Draco. Je… je voudrais lui parler.
- Ce n'est pas la procédure, contra Neville.
Tous se tournèrent vers Ron, attendant son avis. Il resta pensif un instant avant de dire :
- Seamus, coupe le système magique d'enregistrement.
- Tu es sûr ?
- Fais-le. Tu as cinq minutes, dit-il alors à Malefoy.
Celui-ci hocha la tête et se dirigea vers la porte de communication.
- Malefoy ! l'interpella le chef des Aurors. Tu comprends que nous ne pouvons pas te laisser seul avec lui…
- Oui. Je sais. Pas de problème.
Et il entra.
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Blaise fixait le grand miroir qui lui faisait face. Il savait très bien qu'ils étaient en train de l'observer dans la pièce juste derrière. Ils devaient être très fiers d'eux-mêmes. Mais ça ne durerait pas.
Il allait sortir d'ici. Tout simplement.
Il était le chef du Cartel, après tout. Il était parvenu à arroser et à soudoyer la moitié du milieu politique et judiciaire moldu, il n'aurait aucun mal à faire pareil avec les sorciers. Il ne comprenait d'ailleurs pas pourquoi il ne l'avait pas fait plutôt…
L'argent était la solution à tout. Les sorciers ne faisaient pas exception.
Quoi qu'il en soit, à midi au plus tard il serait libre. Ce qui était une bonne chose en soit car il avait faim. Il faut dire qu'il s'était levé très tôt ce matin et était parti sans prendre la peine de manger quelque chose. Il n'avait pas pu aller à la salle de sport non plus… Par Salazar, il devait absolument dire à Théo de ne plus fixer de réunions si tôt le matin.
En passant une main sur sa joue, il nota qu'elle était légèrement râpeuse. Il était sorti sans se raser. Il passerait voir Giuseppe en rentrant. Et il demanderait à Ginny de lui faire un massage. Son corps était complètement endolori et il ne comprenait pas pourquoi.
Une douleur lui vrilla soudainement le crâne.
Les voitures. La campagne anglaise. Un terre-plein.
Une femme qui crie. Il sort. La fraîcheur du petit matin le fait frissonner mais il marche sans arrêter. Il sort son arme. Il tire.
Théo. Gregory. Des traîtres. Malefoy.
Adler veut tuer Malefoy. Il crie.
Les Aurors. Un sort qui le frappe puis plus rien.
Blaise reprenait douloureusement ses esprits au moment où la porte de la salle d'interrogatoire s'ouvrit. Il eut un rire désabusé quand il vit qui entrait.
- Pendant un instant, dit-il sans préambule, pendant une fraction de seconde, quand je t'ai vu sur le terre-plein, j'ai cru que tu étais revenu vers moi… Quel idiot je fais, hein ? Tu n'es pas revenu… non content de m'avoir planté un couteau dans le dos, tu étais venu m'achever, c'est ça, hein ! siffla-t-il méchamment. Dégage de ma vue Malefoy !
Draco soupira et s'adossa contre le mur en croisant les bras sur sa poitrine.
- Qu'est-ce que tu me veux Malefoy ? Pourquoi es-tu ici ? demanda Blaise avec lassitude.
- Je ne le sais pas moi-même, dit Draco d'un ton calme. Peut-être que je voulais te donner une explication.
- Une explication ? Tu crois que j'en ai quelque chose à foutre de ton explication ? Tu m'as trahi Draco, c'est tout ce qu'i savoir. Quant à la raison, je la connais. C'est cette pute de Potter qui t'a convaincu de me doubler…
- C'est faux…
- … et toi, continua Blaise avec dégoût, comme un con, tu as succombé à son numéro de charme. Comment as-tu pu te laisser avoir ? Merde, c'est une pute, c'est son boulot !
- Son boulot, c'était de tuer pour ton compte Blaise, ne l'oublie pas.
- Tu es pathétique à le défendre comme tu le fais… Bordel, Draco ! Je me le suis fait au cas où tu l'aurais oublié… je sais qu'il baise bien ! Mais de là à lui vendre ton âme… tu me fais pitié.
- C'est toi qui me fais pitié Blaise.
Le métis ricana.
- Bien sûr ! C'est facile pour toi de jouer les vertueux maintenant que tu es du bon côté de la barrière. Mais pour combien de temps Draco ? Si tu crois que tes petits copains Aurors vont te sauver les miches, tu rêves ! Tu n'es rien pour eux, rien du tout ! Tu n'es plus un sorcier, tu es même moins qu'un humain ! Quant à Potter, n'espère rien de lui non plus. Il a couché avec moi pour sauver sa peau. Il a tué pour moi rien que pour avoir sa drogue. C'est une p…
Draco décolla du mur et fondit sur Blaise en une seconde. Il l'agrippa par le col de sa chemise et le souleva vers lui, à moitié au-dessus de la petite table en formica qui les séparait.
- Tu le traites de pute encore une fois et je te tue, siffla Draco.
Comme Blaise ne disait plus rien, il le relâcha. Le métis s'affala sur la chaise, un sourire en coin sur le visage.
- Tu m'aimes toujours Draco, susurra-t-il, doucereux. Tu me désires. Je le sais. Je le vois dans tes yeux… Tu m'as toujours trouvé beau. Ton corps et le mien se complètent parfaitement, ils sont faits pour être ensemble… Potter ne m'arrive pas à la cheville.
- Tu es beau, certes. Et c'est vrai que mon corps s'en souvient. Mais ne confonds pas le désir et l'amour.
- Parce que tu crois que ce qu'il y a entre Potter et toi, c'est de l'amour ? Entre nous, il y avait de l'amour ! Depuis le premier jour ! On partageait tout, on avait les mêmes goûts, les mêmes envies, la même manière de voir le monde ! Tu peux en dire autant de ta pseudo-relation avec Potter ?
- Non, sûrement pas. On n'est pas d'accord sur grand-chose, ses réactions sont souvent à l'opposé de celles que je voudrais qu'elles soient et on s'engueule pour un oui ou pour un non. Mais je ne doute pas une seconde de ses sentiments pour moi.
Blaise souffla, exaspéré.
- A part son petit cul chaud et serré, je ne vois toujours pas ce qui te rend si accro.
- C'est simple : Harry ne me considère pas comme un dû. Je ne lui suis pas acquis.
Le métis le regarda, un peu perdu.
- Je ne m'attends pas à ce que tu comprennes, dit Draco. Et à vrai dire, ça m'est égal. Je n'ai pas envie de discuter de ma vie amoureuse avec toi car elle ne te concerne plus. Je voulais seulement te dire qu'Harry n'a rien à voir dans ma décision de te tourner le dos. Au contraire, c'est moi qui l'ai poussé à me suivre.
- Quand ? Quand as-tu décidé de me trahir ?
La voix de Blaise n'était pas plus élevée qu'un murmure.
- 2004.
Blaise le fixa avec des yeux écarquillés.
- Mais… 2004… pourquoi ?
- Ginny. Tu l'as mise enceinte, dit Draco d'une voix dure. Tu m'as fait comprendre que je ne pourrais jamais te donner ce que tu voulais, mais en même temps tu trouvais normal de me garder enchaîné à toi ! Tu m'as demandé d'être le parrain de cet enfant ! Tu as piétiné mes sentiments ! Tu m'as humilié et tu espérais que j'allais l'accepter sans rien faire ?
- Alors, c'est une vengeance ? dit Blaise.
Il se mit à rire comme un dément.
- Il le sait ton gigolo qu'il n'a été qu'un pion, un jouet, un vulgaire instrument pour te venger de moi ?
- Harry n'a rien à voir là-dedans.
- Non évidemment. Car il s'agit de moi, toujours de moi. C'est moi que tu aimes ! C'est moi et personne d'autre !
- Tu es complètement fou, dit Draco en secouant la tête avec lassitude.
- MAIS QU'EST-CE QU'IL A DE PLUS QUE MOI A LA FIN ! cria Blaise. POURQUOI TU L'AS LAISSE TE PRENDRE ET PAS MOI ?
- Tu en es encore là, soupira Draco. Tu n'as vraiment rien compris.
- REPONDS-MOI ! TU ME DOIS BIEN CA ! hurla-t-il, les yeux complètement fous.
Draco se rapprocha de lui, menaçant.
- Je ne te dois rien Blaise. Mais je vais te répondre quand même : Harry ne prend pas. Jamais. Il donne. Il me donne du plaisir, de l'amour, de l'espoir. Il me donne envie de vivre. Avec lui.
Il sortit de la pièce sans plus un regard pour l'homme brisé qu'il laissait derrière lui.
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Dans le petit local annexé à la salle d'interrogatoire, c'était le silence le plus complet. Seamus et Neville fixaient le sol, Ron fixait Harry et Harry ne pouvait détacher son regard de la scène qui se jouait devant lui.
- Peut-on devenir fou à force d'aimer ? finit-il par demander.
- Je crois, répondit Ron.
- Je sais que c'est insensé mais… j'ai de la peine pour lui.
- Il ne faut pas Harry. Il a choisi ce qui lui arrive.
Harry reporta son attention sur Draco qui s'était rapproché du métis.
- Je ne te dois rien Blaise. Mais je vais te répondre quand même : Harry ne prend pas. Jamais. Il donne. Il me donne du plaisir, de l'amour, de l'espoir. Il me donne envie de vivre. Avec lui.
Une seconde plus tard, Draco était devant lui et le serrait de toutes ses forces.
- Tu vas bien ? demanda Harry en se détachant de lui.
- Oui. Maintenant, ça va.
Harry avait très nettement l'impression qu'une page venait de se tourner définitivement pour Draco.
- Seamus, dit alors Ron. Tu peux remettre le système d'enregistrement en marche. Je vais aller l'interroger avant de faire intervenir les briseurs de sorts.
- Je ne sais pas si tu vas en tirer quelque chose, dit Draco.
Ron haussa les épaules. Il prit le dossier de Zabini et entra dans la salle d'interrogatoire.
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- Au suivant ! s'exclama joyeusement Blaise en voyant Ron entrer. Vous allez être combien à défiler comme ça ? Toi aussi tu es venu me donner une explication ?
Ron ne répondit pas. Il se contenta de déposer le dossier sur la table.
- Tu veux un verre d'eau ?
- Pour que tu m'empoisonnes ? Non merci.
- Comme tu veux. Commençons alors.
A côté de lui, Ron posa une pile de parchemins vierges et une plume à papote par-dessus.
- Tu es bien Blaise Vittorio Hasani Zabini, né le 3 août 1980 à Londres, fils de Vittorio Zabini et Néharâ Kadhari ?
- Oui.
- Hasani, c'est un prénom égyptien ?
- Oui. Ça signifie « l'homme de feu ».
- Tu es marié à Ginevra Molly Weasley et tu as un fils, Anthony Salazar Théodore.
- Anthony Salazar tout seul. Hors de question que mon fils porte plus longtemps le prénom d'un traître.
- Tu n'as aucun domicile légal dans le monde sorcier mais tu résides Au Casino L'Empire à Londres, St Martin's Lane, 3.
- Si tu le dis.
- Tu as été jugé et déclaré Proscrit par le Tribunal Spécial le 20 décembre 1998.
- Tu le sais mieux que moi.
- Tu es soupçonné d'être le chef d'une organisation criminelle appelée « Le Cartel », active dans le trafic international d'armes et de drogue. On te soupçonne également d'avoir commandité les meurtres de…
- La seule organisation que je dirige, coupa Blaise, c'est Slytherin Casino & Entertainment, une société qui possède deux casinos et plusieurs night-clubs. Ça n'a rien de criminel ou d'illégal. Quant aux morts dont tu m'accuses, j'attends de voir les preuves, dit-il avec un sourire mauvais.
Ron ne releva pas.
- C'est bien ce que je pensais. Ton dossier est vide Weasley. A moins de me dire de quoi on m'accuse exactement, je n'ai plus à rien à faire ici !
- Je vais te le dire. Pour commencer, port illégal de baguette magique non enregistrée.
Blaise leva les yeux au ciel en soupirant ostensiblement.
- Tentative d'enlèvement sur la personne de l'Auror Seamus Finnigan, continua Ron.
- Absurde ! C'est Abigail Travers qui a enlevé ton collègue !
- Usage abusif de la magie en vue de créer de faux documents, en l'espèce des contrats d'emploi. Fraude fiscale…
- Pfff…
- Coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort de Adam Adler.
- C'est un Proscrit ! Il n'y a aucune sanction pour qui blesse ou tue un Proscrit !
- Adam Adler n'était pas un Proscrit.
- Quoi ?
- Adam Adler n'était pas un Proscrit. Il te l'a fait croire, sans doute pour intégrer ta bande plus facilement… mais c'était faut. Alors c'est vrai qu'on n'avait pas grand-chose contre toi, Blaise… jusqu'à ce que tu tues ce brave Adam, dit Ron avec un grand sourire.
Le beau visage de Blaise venait de se décomposer.
- Je… je… c'est… il allait tuer Malefoy. Je n'ai fait que l'en empêcher ! Demande à Draco !
- Hm... possible. Le problème, c'est que Malefoy est un Proscrit, lui. Sa parole n'a aucune valeur. Voilà donc ce qui va se passer : tu vas être soumis à un briseur de sorts qui fera tomber tous les Serments inviolables que tu as contractés avec tes sbires. Et ensuite, vu que tu es accusé de meurtre, tu seras soumis au Véritasérum.
Ron rassembla ses documents, les parchemins et se leva.
- C'est fini Blaise. Je crois que dans ton jargon, on appelle ça « faire sauter la banque » non ?
- Ça te fait bander, hein Weasley ? C'est ton jour de gloire, tu vas pouvoir enfin exister aux yeux de ton paternel… Il arrêtera enfin de te prendre pour un raté, dit Blaise alors que l'Auror lui tournait le dos.
- La provocation ne me fait ni chaud ni froid Zabini.
- Tu as pensé à ta sœur ? Tu vas avoir le cœur de la mettre en taule ?
Ron se retourna vers lui, le regard froid.
- Je ferai tout ce qu'i faire pour anéantir le Cartel et pour que tu paies pour tes crimes Blaise, le premier étant ce que tu as fait à Ginny.
- Je n'ai rien fait à Ginny. C'est elle qui est venue vers moi parce qu'elle en avait marre de la vie étriquée que ta famille de va-nu-pieds lui faisait mener !
- ELLE AVAIT A PEINE 20 ANS ! ELLE NE CONNAISSAIT RIEN A LA VIE ! C'ETAIT UNE GAMINE !
Blaise éclata d'un rire franc.
- Une gamine ? Ta sœur était tout sauf une gamine ! La première fois qu'elle m'a sucé, par Salazar, j'ai bien cru ne jamais m'en remettre. Tu sais bien qu'il n'y a que les hommes qui sont capables de sucer correctement… enfin, peut-être que tu ne le sais pas alors je te le dis… mais ta sœur, bordel, c'est une affaire.
Ron avait les poings crispés par la colère mais ne prononçait pas le moindre mot.
- La première fois que je l'ai vue, continua Blaise, elle avait l'air de sortir d'un couvent. Tu sais, ces endroits moldus où des femmes s'enferment pour adorer la statue d'un mec mort il y a des plombes… J'ai toujours trouvé ça louche d'ailleurs… louche mais super chaud aussi. Je parie qu'elles font entre elles des trucs complètement dingues… enfin soit. Ta sœur, elle avait cette tête-là. Celle d'une sainte-nitouche qui aime la bite.
Blaise s'arrêta un instant pour constater l'effet que sa petite tirade faisait sur l'Auror. Et il ne fut pas déçu : Ron semblait sur le point de lui arracher la tête.
- Oh oui, elle aime ça, tu peux me croire. A ton avis, c'est Potter qui lui a appris tout ce qu'elle sait ? J'ai un peu de mal à le croire vu que lui aussi il aime la bite… Enfin quoi que, ceci peut peut-être expliquer cela. Non, à vrai dire, je penche plutôt pour une prédisposition génétique. Après tout, ta mère a eu sept enfants…
- La ferme, siffla Ron dangereusement.
- Et toi ? Elle en dit quoi ta femme ? Oh… désolé ! Là où elle est, elle ne doit plus pouvoir dire grand-chose.
- TA GUEULE ! hurla Ron en se jetant sur Blaise.
Il le souleva de sa chaise et le plaqua contre le mur et le frappa de toutes ses forces. Le métis tomba à terre mais Ron ne renonça pas pour autant. En une seconde, il fut à califourchon sur lui et recommença à le frapper.
Seamus, Neville, Harry et Draco entrèrent en trombe dans la pièce pour les séparer.
- Laisse Ron, dit Neville en le prenant sous les bras. Il n'en vaut pas la peine.
Du sang coulait du nez et de la lèvre inférieure de Blaise mais malgré cela, il affichait un sourire méprisant.
- Sur le sol, Weasley ? Ce n'est pas très hygiénique ni très confortable pour une première fois… mais bon, si c'est ce que tu veux…
Ron se débattit à nouveau mais Neville et Draco le tenaient trop fermement.
- Tu n'as donc de respect pour personne Zabini ? dit Seamus en aidant Blaise à se redresser.
- Tu n'as aucun humour Weasley, dit le métis.
- TU L'AS TUEE ! TU N'AS AUCUN DROIT DE PARLER D'ELLE ! cria Ron.
Blaise cessa de rire. Il fixa Ron avec une intensité peu commune.
- Je ne l'ai pas tuée.
- Tu en as donné l'ordre, c'est pareil !
- Tu te trompes. Je n'ai jamais demandé qu'on tue ta femme. Jamais.
Ron était décontenancé. Zabini n'avait pas intérêt à mentir. Il allait être soumis au sérum de vérité, de toute façon, il avouerait tous ses meurtres. Si le métis ne l'avait pas tué mais alors qui ?
Il ferma douloureusement les yeux. Il était si près du but… Et il allait devoir tout recommencer ?
Une main se posa sur son épaule.
- Viens Ron. Sortons d'ici, dit Harry.
- Tiens, il manquait plus que lui, grinça Blaise. C'est le Bal des Traîtres, ici…
- Harry… il dit que…
- Je sais Ron, j'ai entendu. Mais ne t'en fais pas. Bientôt, tu sauras tout.
Ron n'eut pas le temps d'interroger son ami davantage. Neville venait de l'informer que Rose Zeller et Eddie Carmichael allaient arriver. Seamus réinstalla Blaise sur la chaise et lui remit les menottes magiques. Harry et Draco se couvrirent de la cape d'invisibilité et se faufilèrent hors de la pièce juste avant que les deux briseurs de sorts n'entrent.
- On peut y aller ? demanda Rose Zeller.
- Oui, dit Ron. Qu'on en finisse.
A suivre...
