Merci à tous pour vos précédentes reviews, je suis enfin revenue avec de nouveaux chapitres ! J'espère qu'ils vous plairont.
Chapitre 29 :
La leçon de Koldor
Kadaj continuait de marcher à l'aveuglette. Il ne savait pas pourquoi, mais aucun monstre ne vint le déranger. Pourtant, ils étaient nombreux à chaque endroit de la planète, surtout dans les bois !
La nuit, il trouva refuge au pied d'un arbre et s'y allongea. Il ferma les yeux et s'endormit. Il se retrouva dans un endroit familier : un immense champ de fleurs baigné de lumière.
« Merci, Kadaj ! »
Le jeune homme aperçut Aéris près de lui, souriante comme d'habitude.
« C'est gentil, comment tu as défendu mon souvenir face à Sephiroth ! Et merci d'avoir essayé de protéger Telian, encore une fois. »
Le jeune homme haussa les épaules.
« Je n'ai pas réussi, je suis toujours faible. »
« C'est faux ! » dit Aéris. « Tu as de la force. Mais d'une autre sorte. Il te faut apprendre à la maîtriser, voilà tout. »
« Comment ? Je suis blessé, en plus. Et j'ai perdu mes frères et mes amis. Et Yakino… »
Aéris posa la main sur son épaule, ce qui le fit sursauter.
« Je sais tout pour elle, ne t'en fais pas. »
« Tu l'as vue ? Elle a rejoint la Rivière de la Vie ? »
« Ni l'une ni l'autre ne sont ici, Kadaj. Les Clairvoyants vont bien plus loin que la Rivière de la Vie. »
« Ni l'une ni l'autre ? »
« Oui. Nathalie est morte, il y a quelques jours. »
Kadaj fit silence, essayant d'assimiler cette donnée. Nathalie morte… Non, elle aussi ! Il tomba à genoux.
« Pourquoi ? Et… où sont-elles, alors ? »
La jeune fille secoua la tête.
« Je ne sais pas vraiment. Qu'importe, le plus important est que tu te réveilles, tu as de la visite. »
« Quoi ? Eh, attends ! »
Trop tard, elle s'enfuit. Kadaj la poursuivit, bien décidé à obtenir des réponses. Mais tandis qu'il avançait, la lumière se fit noire, puis la brume vint. Il aperçut bientôt une jeune fille. Mais au lieu d'une robe rose, elle avait une chemise bleue et un pantalon noir. Ses longs cheveux châtains n'étaient pas nattés, mais défaits. Et au lieu de sourire, elle pleurait.
« Telian ? Telian ! »
Elle leva des yeux embués par les larmes et dit quelque chose que Kadaj n'entendit pas.
« Telian ! »
Il se réveilla en sursaut.
« Tu as fait un cauchemar ? »
Kadaj se tourna vers celle qui avait parlé. Rigide, l'air sévère, Soluènn était assise à son chevet. Le jeune homme réalisa qu'il était dans une chambre. On l'avait allongé dans un lit.
« Vous… Soluènn ? ! Mais que… ? »
« Eh, un peu de respect, gamin ! Tu parles à ma sœur aînée, je te signale ! » dit Tabun, adossé au mur près de lui.
« Pourquoi m'avez-vous amené ici ? » dit Kadaj.
« Celui qui nous l'a ordonné est Koldor », dit Soluènn.
« Koldor ? Mais pourquoi ? »
« Tu lui demanderas quand il sera là. Moi, je file dormir, j'en ai marre de te veiller », dit Soluènn.
Elle sortit, suivie de son frère cadet. Kadaj se leva et marcha jusqu'à la fenêtre. Il vit des pagodes wutaïennes. On l'avait ramené à Wutaï ! Dehors, il pouvait voir la cour d'un temple. Et ses amis ?
Il marcha vers la porte et voulut l'ouvrir, mais elle était verrouillée.
« Ne t'en fais pas, tu n'es pas vraiment prisonnier. »
Kadaj fit volte-face et vit que quelqu'un d'autre s'était assis sur la chaise près du lit.
« Nosféa ? »
« Oui. »
La voix de l'homme semblait fort triste. Kadaj se souvint alors qu'il avait affaire au père de Nathalie.
« Je… suis désolé pour votre fille. »
Le Tabhaisaver leva la tête. La lumière de la lune révéla un visage maigre, où des traces de larmes étaient encore visibles.
« Ma fille a fait son choix. J'aurais préféré mourir en premier, mais… elle n'a jamais aimé voir mourir qui que ce soit, ami ou ennemi. Je savais qu'elle se sentirait responsable de la mort de Yakino. Mais pas à ce point-là. »
Kadaj se rassit sur le lit. La porte s'ouvrit. Koldor entra.
« Ah ! Tu es réveillé, gamin ? Parfait ! Tiens, attrape ! »
Il lui lança son Souba.
« Quand tu seras prêt, rejoins-moi dehors. Et tâche de venir vite, je suis impatient de voir ça. »
« Voir ? Voir quoi ? » dit Kadaj, méfiant.
« Cette question ! Tu veux combattre Sephiroth, non ? Mais… »
Il se pencha vers Kadaj avec un air de fauve.
« Tu tenais à peine debout quand on t'a retrouvé errant dans la forêt de Banora. Je n'ai pas l'intention de te laisser t'amuser seul avec Sephiroth, mais comment comptes-tu protéger ma petite-fille Telian, si tu n'as aucun talent ? Allez, mauviette, viens, je vais t'entraîner ! »
Kadaj avait du mal à y croire. Koldor allait l'entraîner, lui ? ! ? C'était anormal. Et pourtant, Aéris venait de lui dire, avant son réveil : « Tu as de la force. Mais d'une autre sorte. Il te faut apprendre à la maîtriser, voilà tout. »
« Eh, attends ! Qui te dit que j'ai envie de recevoir une leçon de toi ? » dit Kadaj.
Koldor cessa de marcher vers la porte et sourit.
« Qui te dit que tu as le choix ? Quelle déception… Moi qui croyais que tu aimais ma petite-fille… »
Kadaj rougit.
« J'ai du mal à croire que ce soit votre petite-fille ! Elle déteste se battre et tuer. »
« Oh ? Et toi, n'as-tu pas aimé combattre et tuer, autrefois, quand tu étais sous les ordres de Jenova ? Chaque être a une part de lumière et d'obscurité en lui, Kadaj. L'obscurité de Telian repose dans son amour pour les autres. »
« Quoi ? »
« Plus le temps de philosopher, crétin ! Tu veux venger Yakino et Nathalie ? »
« Heu… Oui, mais… »
« Alors SORS D'ICI ! »
Il empoigna le jeune homme au col de sa veste et le jeta dehors. Nosféa leva les yeux au ciel.
« Koldor, tu le blesses avant l'entraînement ? »
« Oh, boucle-la ! C'est mon style, j'y peux rien ! »
Kadaj roula jusqu'à l'autre bout de la cour et se leva d'un bond. Il brandit Souba. Koldor s'avança.
« Bien, enfin prêt ! Alors, laisse-moi déjà te poser une petite question : as-tu remarqué que contrairement aux autres, tu n'as pas de limite ? »
« Pas de… limite ? Heu… Je n'y ai jamais vraiment pensé. »
« Exact. Je m'en suis aperçu lors de notre premier combat. C'est parce que tu t'es métamorphosé en Sephiroth et, de ce fait, ton corps a subi un profond changement rendant ta force instable. Je vais être obligé de redresser tout ça. »
Kadaj frémit. Ça n'annonçait rien de bon. Koldor dégaina son épée puis s'avança. Il tendit brusquement la lame en avant. Kadaj para le coup du plat de l'une des lames de son sabre.
Koldor resta immobile une minute, puis il abaissa lentement son sabre. Il fit mine de reculer mais soudain, il bondit en avant. Son épée transperça Kadaj en plein cœur, à l'endroit pile où, autrefois, il avait laissé les restes de Jenova entrer dans son corps, provoquant ainsi la Réunion.
« Maintenant, affronte tes démons, Kadaj », dit Koldor.
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Senki abandonna sa forme de fauve et redevint humain. Il tomba au sol, face contre terre.
« Je craque, j'en peux plus ! »
« Ah non ! Ne recommence pas, on y est presque ! » dit Loz.
Yazoo s'arrêta près de la porte d'Edge. Frongeon sauta de son dos et tira Senki par le col de sa chemise.
« Allez, Lucrécia nous a prévenus par PHS, Telian est en ville ! Courage, on va la retrouver ! » dit le gobelin.
Le rouquin gémit.
« Elle pourrait aussi bien être au Gold Saucer ou à Costa Del Sol, je m'en fous ! Je ne bouge plus, j'ai trop mal aux pieds ! »
Exaspéré, Loz le souleva sur son dos.
« T'es vraiment lourd ! »
Le groupe reprit sa course vers la ville.
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Koldor retira son sabre de la poitrine de Kadaj. Le jeune homme tomba au sol et se mit à cracher du sang. Mais qu'avait fait ce dingue ? Il venait de le tuer ! Il leva les yeux vers son assassin et le fusilla du regard.
Mais il remarqua quelque chose : la lame du sabre de Koldor était propre, tout le sang de Jenova avait disparu. Il réalisa alors qu'il venait de recevoir ce sang !
Le jeune homme regarda sa blessure. Elle se refermait, et une substance verdâtre recouvrait sa peau. Le sang de Jenova ! Il sentit soudain une présence familière en lui. La Calamité des Cieux.
« Kadaj », dit une voix dans sa tête.
« Non ! Pas encore ça, laisse-moi, Jenova ! »
Il ferma les yeux, espérant chasser cette maudite voix.
« Imbécile, ce n'est pas Jenova ! » dit Koldor.
Il risqua un coup d'œil. Quelqu'un se tenait près du Tabhaisaver. En voyant cette personne, Kadaj se demanda s'il n'était pas devenu fou. Peut-être une hallucination due à sa blessure.
La personne qui lui faisait face… était lui-même ! Comme s'il faisait face à un double. Les mêmes vêtements, le même physique, le même sabre… Mais il y avait des différences : celui-là était droitier, et son corps semblait plus… bleu, avec des yeux rouges, comme Jenova. Des ailes de chair apparurent dans son dos.
« Que… qui t'es, toi ? » dit Kadaj.
Le double sourit, un sourire vilain.
« Ne fais pas l'idiot, tu sais qui je suis… partenaire ! »
« Ceci est la partie instable de toi qui est apparue depuis la réunion. Maintenant, tu dois te débrouiller pour retrouver ta vraie force, c'est tout ce qu'il reste en toi. Si tu veux gagner, trouve ta limite et abats cet ennemi. Ton adversaire est toi-même », dit Koldor.
Le double ricana.
« Retrouver ta vraie force, hein ? Ça sonne bien, j'aime cette idée. Alors allons-y, partenaire ! C'est le moment ou jamais ! »
Le double sauta vers lui. Kadaj brandit son sabre et bloqua la lame de son adversaire. Ce dernier le repoussa si violemment que Kadaj ne put résister. Il fut projeté en arrière de plusieurs mètres et heurta le mur. Sa blessure à la poitrine lui fit mal. Elle n'avait pas cicatrisé en profondeur !
Il vit son double brandir son deuxième Souba. Il se transforma en Masamune. Kadaj ouvrit des yeux ronds d'ébahissement. Ce double avait une force incroyable, comme Sephiroth !
J'avais une telle force en moi ? Et elle déstabilisait la mienne ? Mais alors que puis-je faire ? J'ai l'impression de n'être qu'une mauviette ! Comment vaincre ce démon ? Je n'ai que mon Souba, quelques matérias… alors qu'est-ce qui me reste ?
Le double revint à la charge. Kadaj fut déstabilisé. Son alter ego se battait avec la même adresse que lui. Normal, ils étaient à force égale, ou presque.
Tout en combattant, Kadaj réfléchit. Il essaya plusieurs attaques de foudre, mais son double les paraît avec une matéria bouclier, comme lui. Les mêmes armes, les mêmes capacités, les mêmes matérias…
Bon sang, que faire ? Je n'ai rien de plus pour me battre !
Il fut vite touché à plusieurs endroits. Ses bras se couvrirent de coupures, il reçut des entailles aux cuisses.
Adossés au mur du temple, Koldor, Soluènn et Tabun regardaient le combat. Nosféa observait le jeune homme avec appréhension. Il aurait voulu l'aider, mais ç'aurait été tricher. Si Kadaj voulait devenir vraiment fort, il devait passer cette épreuve seul.
Kadaj essaya d'invoquer une chimère, mais son double avait la même capacité. Les deux créatures disparurent en poussière dès qu'elles se heurtèrent.
Kadaj soupira. Qu'allait-il faire, maintenant ? Il n'en pouvait plus, il atteignait sa limite… Sa limite ? Il ferma les yeux. Il chercha au fond de lui, appelant la force qui dormait en lui.
Mais il ne vit rien. Tout semblait si noir… Le double émit un ricanement sinistre.
« Tu es pathétique ! Comment as-tu pu tenir pendant toutes ces années, avec d'aussi maigres moyens ? Pour quelle raison vivais-tu ? Qu'est-ce que tu avais, avant ? »
« Comment ? »
« Je suis toi, idiot, je sais très bien ce qui se passe dans ta tête ! Tu avais accepté l'aide de Jenova parce que c'était tout ce que tu avais ! Mais avant, à quoi t'es-tu raccroché, le jour où tu aurais dû mourir, après la dernière expérience d'Hojo ? Tu ne te remets jamais en question ! Tu joues comme un gosse, sans voir ce que tu fais. Et ce n'est que lorsque tu dois payer les pots cassés que tu pleures et réalises que tu n'as plus rien ! »
Kadaj serra les dents. En effet, c'était toujours comme ça. Et la première fois qu'il avait pensé ainsi, c'était ce fameux jour où il avait subi sa toute dernière expérience, celle qui lui avait donné un lien avec Sephiroth, pour qu'il soit capable de faire la Réunion.
Et ce jour-là… Telian était apparue, pour la première fois. Et elle l'avait soigné. Dès qu'il pensa à cela, il y eut quelque chose. Le corps du jeune homme émit une pulsation. Le double recula, inquiet. Koldor sourit, Nosféa également. Soluènn et Tabun émirent des cris de surprise. Le corps de Kadaj se recouvrit de lumière. Les mots vinrent d'eux-mêmes, comme d'une conscience enfouie au plus profond de lui.
« Souba Incarnation. »
Se redressant, il mit Souba droit devant lui et tendit sa main droite vers son arme. Les deux lames du sabre se mirent à briller. Leurs rayons pourfendirent Kadaj. Le jeune homme se divisa en trois êtres semblables à lui-même.
Les trois nouveaux Kadaj foncèrent sur le double maléfique et le pourfendirent. Ce dernier disparut en hurlant de douleur. Les trois vainqueurs se réunirent, ne faisant plus qu'un. Souba cessa de luire. Kadaj soupira et fit tournoyer son sabre devant lui en signe de victoire.
Koldor sourit. Kadaj avait enfin trouvé sa limite. Maintenant, il était prêt.
Mais soudain, il vit quelque chose d'étranger tomber devant lui : une plume noire. Kadaj leva les yeux vers le ciel et vit Genesis descendre en un doux vol plané jusque devant lui. Il avait deux ailes dans le dos maintenant.
« Comme on se retrouve, Kadaj… J'ai tout vu depuis le ciel. Pas mal comme limite. Même Sephiroth n'en a jamais utilisé de telle. Si tu la développes, tu découvriras sûrement d'autres limites plus puissantes encore. »
« Pourquoi vous me dites ça ? Qu'est-ce que vous faites ici ? »
L'ex-Soldat haussa les épaules.
« Je ne sais pas. »
Il leva les yeux vers le ciel. Le soleil se levait sur Wutaï. Les premiers bruits d'activité résonnaient en ville, des gens commençaient à sortir travailler.
« Autrefois… j'étais un Soldat comme les autres, avec Sephiroth et Angeal. Nous nous croyions tous humains. Puis des scientifiques ont profité de nous. Mais tu connais tout ça, n'est-ce pas ? »
« Je crois connaître la suite de votre scénario : vous planifiez la domination du monde et la vengeance, comme je l'ai fait autrefois, et comme Sephiroth ? »
« Qui sait… le pouvoir est une chose attirante, non ? Mais ta petite-amie ne semble par ce genre de choses. »
Kadaj sursauta.
« Vous avez vu Telian ? Où est-elle ? Vous ne l'avez quand même pas… ? »
« Pour une fille de son âge, elle fait preuve d'un courage et d'une fierté remarquables. Elle dit que la fierté est une chose qui s'obtient en se battant pour ce en quoi l'on croit. »
« Pourquoi vous me dites ça ? Qu'est-ce que vous voulez, à la fin ? »
Genesis fixa Kadaj de ses yeux bleu électrique.
« Ce que je veux, maintenant… je me le demande. Mais ce dont je suis sûr, c'est que si tu tardes trop, tu risques de rater Telian, à Edge. Tes frères, le gobelin et ton copain roux sont déjà en route. Sans parler de Sephiroth. »
Kadaj courut droit vers sa chambre pour récupérer ses affaires. Genesis le regarda s'éloigner.
Quel imbécile ! Foncer vers le danger, seul face aux Turks, Avalanche, et Sephiroth à Edge. Et tout ça pour une humaine ! Mais… je l'envie un peu, va. Il a de la chance d'avoir quelqu'un comme elle.
Il déploya ses ailes et disparut dans le ciel.
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Au pied du mausolée dans la ville déserte, Telian essaya de se lever, mais sa jambe droite était toujours en piteux état. Elle écarta le tissu de son pantalon et vit un hématome couvrant tout son tibia. Elle effleura les tendons de sa cheville et les sentit brûlants, et gonflés.
Mais, pire encore, elle sentit sa vue se brouiller. Quand elle s'était retrouvée enterrée sous les décombres, un rocher avait heurté sa nuque. Elle avait eu l'impression qu'un nerf avait été touché. Le manque d'oxygène n'avait pas été sa seule faiblesse.
Soudain, le vent se mit à souffler de façon sinistre. La jeune fille perçut un bruissement de tissu dans son dos, comme du cuir fouetté par le vent.
« Ça faisait longtemps, Tabhaisaver. »
Telian se figea. Cette voix… Elle tourna la tête et vit Sephiroth, qui la dominait de toute sa hauteur. Ce fut la dernière chose qu'elle vit avant de s'évanouir, trop affaiblie pour tenir davantage.
