Sherlock, lui, pendant ce temps, était sur le point de perdre ses nerfs. Dès qu'il avait quitté la fillette, il s'était dépêché de se rendre à proximité de Scottland Yard, puisque c'était eux qui se chargeaient de l'enquête, et avait attendu, les yeux rivés sur le téléphone qu'elle lui avait donné, que le signal se stabilise. Puis, dés qu'il l'avait vue s'arrêter, il était entré dans le bâtiment et s'était rendu au bureau d'accueil.
- J'ai des informations concernant les fillettes disparues, avait-il déclaré de but en blanc.
La standardiste lui demanda de patienter et passa un coup de téléphone. Puis, elle releva son identité, et lui demanda d'aller s'asseoir en attendant qu'on vienne le chercher. Il s'assit et regarda sa montre. Cinq minutes avaient déjà passé. Il était inquiet. Le voyant dans un tel état de stress, un agent vint s'installer à côté de lui.
- Ça va, gamin ? Demanda-t-il.
- Pourquoi ils ne viennent pas ? c'est urgent !
- Tu sais, les agents de Scottland Yard sont très occupés. Ils reçoivent tous les jours des informations sur cette affaire et sur d'autres affaire.
- Oui, mais moi, je sais de quoi je parle ! c'est la solution la plus probable ! ah ! enfin !
Un homme avançait en effet dans sa direction. Il se leva, et l'homme l'invita à le suivre dans un bureau où se trouvait le comité d'enquête chargé des fillettes disparues. Sans trop savoir pourquoi, l'agent suivit le jeune homme.
- Alors, petit, tu dis que tu détiens des informations sur les fillettes ?
- Je sais où elles se trouvent, dit-il en posant le téléphone sur le bureau en face de lui, l'écran allumé.
- Qu'est-ce que c'est que ça ?
- Des coordonnées GPS.
- D'où viennent ces coordonnées ?
- De la dernière victime du kidnappeur. Elle a un traqueur sur elle, relié à cet appareil par un réseau d'ondes satellites.
- Dois-je comprendre que tu a trouvé la fillette et que tu lui as planté une balise ? au lieu de prévenir la police et de la mettre en sécurité ?
- Le plan venait d'elle. On a déterminé le profil du criminel, son mode opératoire et son territoire de chasse. On a remarqué qu'il agissait toujours à intervalle régulier. Et du coup, on a décidé de lui tendre un piège. Maintenant, mon amie est là bas, et probablement aussi les autres filles si elles sont encore en vie. Il faut envoyer une équipe de secours.
Sherlock savait qu'il n'avait pas dit toute la vérité, mais il avait pris cette décision avec Mia. Annoncer qu'ils avaient trouvé le criminel grâce à une vision télépathique n'était pas une bonne idée pour être pris au sérieux. Il savait cependant que cela allait leur compliquer la tâche.
- Comment sais tu que c'est le même cas ? comment sais tu si elle n'est pas tout simplement monté dans la voiture d'un inconnu qui l'a ramenée chez lui ?
- Parce que c'est la solution la plus logique ! s'énerva Sherlock. Tout correspond !
- On n'a pas de temps à perdre avec des suppositions et des solutions logiques.
- MAIS ELLE EST EN DANGER !
- Que quelqu'un ramène ce gosse chez lui.
Et il s'apprêta à appeler sa secrétaire pour qu'elle s'en charge, quand le policier qui avait suivi le détective en herbe s'avança d'un pas.
- Je peux m'en charger, monsieur, déclara-t-il.
- Oui, oui, très bien, dégagez le de ma vue.
Sherlock, rageant, récupéra le portable, et enfonça ses mains dans les poches.
- Allez, viens, gamin, lui dit l'agent.
Traînant les pieds, il suivit donc l'homme, qui le conduisit jusqu'au parking. Il réfléchissait à toute vitesse pour trouver une solution pour s'enfuir. Si la police ne voulait pas l'aider, alors il irait sauver son amie lui-même. Le parking lui sembla la solution de fuite idéale. Il commença à courir pour fausser compagnie à son « chauffeur ». celui-ci, cependant, fut réactif et le rattrapa, le tenant fermement par les épaules.
- Lâchez-moi ! s'écria le jeune homme. Si vous ne voulez pas me croire, je vais y aller tout seul !
- Hé, calme toi, gamin. Moi je te crois.
Sherlock arrêta tout de suite de se débattre.
- Monte dans la voiture, dit l'adulte en lui désignant un véhicule.
- Avec un regard méfiant, il obéit, et le regarda monter à son tour dans la voiture.
- Comment tu t'appelles, gamin ?
- Sherlock. Sherlock Holmes.
- Moi, je suis l'agent Lestrade. Bon, alors. Où est-elle ? dit l'agent en démarrant la voiture.
Sherlock sortit le téléphone, et comme elle le lui avait montré, augmenta l'échelle de la carte jusqu'à ce qu'il trouve sa propre position actuelle. À ce moment, l'écran s'illumina et un sms s'afficha. Un certain Antonio écrivait « mais qu'est-ce que tu fous, bordel ? ». il tapa une réponse rapide : « sur une affaire », puis revint à l'écran de la carte. Un nouveau message apparut, auquel il ne prit pas la peine de répondre. Il appuya sur un bouton, et un trait bleu se dessina entre les deux points sur la carte. Il tendit le téléphone à Lestrade, qui le regarda d'un air circonspect.
- Bon. Tu y comprends quelque chose, toi ? Demanda-t-il.
- Je crois que oui.
- Alors tu vas me servir de copilote.
