Voilà le chapitre du jour !
_ noour : oui, il y aura d'autres chapitres avec des interludes :)
_ "S" : Merci, merci, merci pour ton commentaire qui m'a fait extrêmement plaisir ! Je suis flattée d'avoir eu le privilège d'avoir une review de ta part ! youhouhou ! Et du coup, merci à toi de lire aussi régulièrement cette fic, je suis contente qu'elle te plaise :)
4 Septembre 2019
Lorsque Scorpius ouvrit les yeux, ce matin-là, il constata rapidement qu'Albus n'était déjà plus dans son lit. Un coup d'œil à sa montre lui apprit qu'il était encore très tôt, mais il renonça à replonger dans le sommeil. En silence, il s'habilla dans le noir, sans réveiller ses deux camarades de dortoir et descendit dans la Salle Commune. Albus était lové dans un fauteuil, près de la cheminée, et fixait les flammes sans les voir, roulé dans un plaid. En silence, Scorpius s'assit d'une demi-fesse sur l'accoudoir libre et le regarda, sachant que cette attitude signifiait que son ami avait encore fait un épouvantable cauchemar et qu'il devait en plus culpabiliser pour la disparition de Rose et Hugo Granger-Weasley. Et lui ne savait pas quoi dire pour le rassurer, à part d'être patient. L'adolescent blond était déjà soulagé de voir qu'Albus l'écoutait au moins, même si c'était difficile pour lui. Il posa une main sur le bras de son ami qui fut parcouru d'un long frisson, désolé de le voir si malheureux :
- Si je peux faire quelque chose pour toi…
Albus se redressa dans le fauteuil pour s'asseoir correctement :
- Je… Et si on n'attendait pas ?
Scorpius comprit alors que son ami avait eu une idée et qu'il la cogitait dans son coin depuis surement de nombreuses heures :
- Comment ça ?
- On pourrait réparer ce qu'on a fait, non ? Pourquoi attendre de voir ce qui a été fait ou non, finalement ? Pourquoi attendre de savoir si Delphini nous connaît déjà ? On prend le Retourneur, toi et moi, et on re-retourne à la Première Tâche ! Là, on s'auto-empêche de lancer les sorts sur Cédric et pouf ! On reviendra dans notre vrai présent !
- Dans notre vrai présent où Cédric sera mort de toute façon, souligna prudemment Scorpius.
- Oui, mais on trouvera après un autre moyen de le sauver, on aura qu'à essayer d'intervenir sur la Deuxième ou Troisième Tâche !
- Mauvaise idée, décréta immédiatement l'adolescent blond.
- Scorpiuuuuus ! gémit Albus à la fois mécontent et suppliant. On dirait que tu fais tout pour qu'on ne répare rien du tout et que tu retardes exprès, en espérant que je vais finir par oublier !
Scorpius délaissa l'accoudoir pour se laisser glisser sur le tapis, les sourcils froncés :
- J'essaye juste d'éviter d'aggraver notre cas, Albus. On vient à peine d'arriver, tu es loin d'être en bon état et, encore une fois, on a trop peu d'éléments en main pour agir maintenant.
- Je ne suis pas en bon état parce que mes cousins n'existent plus ! Le couple de ma tante est brisé ! Comment veux-tu que j'aille bien ? Si on agit sur nous-même, qu'on répare…
- Mais c'est beaucoup trop dangereux, tu deviens fou Albus ! Je comprends parfaitement ton mal être, mais tu ne peux pas inventer n'importe quoi pour essayer de soulager ta douleur !
Albus avait envie de se plaquer les mains sur les oreilles, pour ne plus entendre son ami. Il voulait lui hurler qu'il ne comprenait rien, qu'il avait tort ! Qu'il s'en fichait, lui, sa famille n'avait pas disparu en partie ! Mais il avait encore plus peur de perdre son seul ami en lui criant dessus. L'adolescent replia ses jambes contre son torse, Scorpius assis en tailleur sur le tapis en face de lui le dévisageait avec une certaine inquiétude.
- Ecoute, Albus… Imagine deux secondes qu'on mette ton plan sur pied. On prend le Retourneur, on retourne à la Première Tâche… Tu imagines le bordel ? Pour nous auto-empêcher de lancer le sort, on va prendre des risques inconsidérés et peut-être même qu'on se verrait nous-même ! Tu crois que tu te sentirais bien, là, si tu voyais soudain un autre Albus et un autre Scorpius débouler dans la Salle Commune ?
L'adolescent essaya d'imaginer brièvement la situation et sentit la tête lui tourner. Il porta la main à son front, le trouva plus chaud que la normale, mais préféra ne pas alerter son ami.
- Je… si on se cache, qu'on fait en sorte de ne pas se croiser ?
- C'est trop incertain. Tu as bien vu, en plus, le Retourneur de Temps a décidé de lui-même du moment de revenir dans le présent… Il n'a pas l'air extrêmement fiable. Ça veut dire qu'il faut qu'on tienne compte de ce détail, qu'on s'empêche de lancer les sorts sur Cédric… et je ne sais même pas ce qu'il adviendrait de nous ou de nos doubles ! Si ça se trouve, en voulant arranger les choses, c'est nous-même que l'on va faire disparaitre !
Déconfit, Albus posa le menton sur ses genoux. Il devait bien reconnaitre que Scorpius avait raison, ils étaient trop peu ignorants des répercussions qu'ils pourraient engendrer à chaque fois. Pourtant, il fallait bien sauver ses cousins à un moment ou un autre…
- Albus ! Je suis morte à cause de toi ! hurla la voix de Rose.
Il leva la main pour se protéger du fantôme de sa cousine qui lui lançait des Chocogrenouilles à la figure.
-… Albus… ? l'appela Scorpius d'une voix incertaine.
Hugo sanglotait, assis sur le bord du nid d'un dragon. L'ombre de l'Oiseau Noir se dessina devant l'adolescent qui recula, effrayé.
L'ombre noire !
- J'ai vu ton fils, dans la course des étoiles, soupira le professeur Lafaille à l'adresse d'Harry Potter.
Il frissonna. Il sentait la chaleur du feu non loin pourtant. Il avait terriblement froid et le front si chaud…
« Lorsque le Temps sera retourné. Lorsque l'Autre sera épargné. »
La Menace Noire écarta les ailes en ouvrant un bec aiguisé et menaçant.
« Lorsque des fils invisibles assassineront leurs pères… »
Scorpius se leva du tapis et passa au travers de l'Oiseau Noir qu'il ne voyait pas.
« Le Seigneur des Ténèbres reviendra, car… »
Les mains fraîches de Scorpius se posèrent soudain sur son visage. Soudain libéré de sa vision, Albus se mit à haleter en ayant l'impression d'être un noyé qui revenait à l'air libre.
- Je vais chercher le Professeur Lafaille ! déclara Scorpius qui recula immédiatement ses doigts en sentant le visage brûlant de son ami.
- Non !
Sans réfléchir, Albus le retint par le poignet, le regard suppliant :
- Pas ça… Il va forcément alerter mes parents et je ne veux pas… S'il te plait…
Indécis, l'adolescent blond jeta un regard en direction de la sortie de leur Salle Commune, puis dévisagea son meilleur ami. Ce dernier se força à afficher un pauvre sourire :
- Ça va mieux… Je…
- Mieux ? On aurait dit que tu allais refaire une crise, comme dans la Forêt !
Insistant, Albus tira sur la manche de Scorpius qu'il n'avait toujours pas lâché, l'invitant à rester près de lui à tout prix.
- S'il te plait… Tu as raison, je dois me calmer et prendre mon mal en patience. On va voir comment sont les choses ici, on avisera au fur et à mesure et j'écouterai tous tes conseils sans protester, débita-t-il à toute vitesse pour essayer de se convaincre et de convaincre son ami.
Ce dernier hésitait encore, mais finit par hocher lentement la tête. Lentement, il approcha à nouveau ses doigts du visage d'Albus et toucha son front :
- Tu es si chaud… ça fait peur…
- Et ta main est si fraîche que ça fait un bien fou…
Il soupira longuement, rêvant de fourrer sa figure en entier contre les paumes de son ami.
- Tu devrais dormir encore un peu, avant le début des cours. Accio carafe !
Sans dire mot, Albus regarda Scorpius attirer la carafe d'eau presque vide et la poser en équilibre précaire sur l'accoudoir. Il laissa son ami le rallonger tant bien que mal sur le fauteuil et remettre le plaid sur lui, se sentant trop fatigué pour protester et appréciant de se faire un peu dorloter.
- Je te promets qu'on trouvera un moyen de tout régler, dit tout bas Scorpius en sortant un mouchoir en soie de sa poche qu'il laissa tremper ensuite dans l'eau. On prendra le temps qu'il faudra, on sera prudent et surtout il faut que tu sois en bon état. D'accord ?
- D'accord… murmura Albus tandis que le mouchoir humide passait ensuite sur son visage pour l'éponger et le rafraichir.
Il ferma les yeux, laissant son ami prendre soin de lui comme s'il était un petit enfant et tenta de se consoler en se disant qu'au moins Scorpius était toujours en vie, dans ce présent.
Albus parvint à dormir encore deux heures. Lorsqu'il rouvrit les yeux, toujours roulé en boule dans le fauteuil, le jour était déjà bien plus présent dans la Salle Commune et Scorpius étudiait, à plat ventre sur le tapis devant le feu. L'adolescent bailla en se frottant les paupières. Son humeur frôlait la déprime, mais il s'efforça de se secouer en se disant que ressasser sans cesse les aspects négatifs de sa situation n'allait en rien arranger les choses.
- Tu te sens bien ? demanda son ami sans lever les yeux de son parchemin.
- Oui, merci. Qu'est-ce que tu fais ?
Il s'assit dans le fauteuil en repliant le plaid.
- Je rattrape ce qu'on a manqué.
Albus se demanda vaguement comment son ami ressentait réellement la situation, comment il faisait pour avoir cet air calme et maître de lui. Puis, il comprit. Scorpius se réfugiait dans les études et les devoirs pour ne pas se laisser déborder par la panique. Il lui enviait un peu ce sang-froid et songea qu'il avait bien de la chance de l'avoir à ses côtés. L'adolescent roula le parchemin qu'il venait de finir de lire :
- On va prendre le petit déj' ?
Albus acquiesça, réalisant qu'il avait très faim tout à coup.
Une fois installé à la table des Serpentard, l'adolescent ne put s'empêcher de lever les yeux vers le plafond lorsque les hiboux entrèrent pour porter le courrier du matin. Peut-être que Delphini essayerait de les contacter ? Mais si un Grand-Duc vint déposer La Gazette du Sorcier devant Scorpius, Albus fut déçu de constater qu'il n'avait rien reçu pour lui. Tant pis, il suivrait les conseils de son ami et attendrait. Patiemment. Essayant de se changer les idées, Albus se rapprocha de lui pour regarder le journal avec lui :
- Des trucs intéressants ?
- Bof… Sauf si ça t'intéresse de savoir que les Gobelins veulent ouvrir un nouveau Musée avec des objets précieux et rares.
- On ne parle pas de nous deux ? Comme on nous a cherché partout…
Scorpius parcourut les articles rapidement :
- A première vue, je ne vois rien. Ils n'ont peut-être pas trop ébruité notre fugue… C'est peut-être pas plus mal, les gens oublieront vite notre petite aventure.
L'adolescent s'apprêta à passer à la page suivante lorsqu'Albus l'arrêta en soufflant :
- Là !
Scorpius s'arrêta sur l'article qui avait interpellé son camarade. Il retint son souffle
« LE BUREAU DU MINISTRE DE LA MAGIE CAMBRIOLE »
Rapidement, l'adolescent blond redressa la tête pour vérifier qu'ils étaient tranquilles. Heureusement, leurs camarades avaient l'habitude de les voir s'isoler et ne cherchaient plus vraiment à forcer leur duo, ils pouvaient donc continuer à parler sans qu'on se soucie de leur conversation. A mi-voix, Scorpius lu l'encadré :
- « Lorsque le Ministre Percy Weasley est retourné dans son bureau le 2 Septembre, en fin d'après-midi, il a constaté immédiatement qu'il y avait eu effraction. Un objet d'une grande valeur, pourtant mis sous haute surveillance, a été dérobé. Pour le moment, l'enquête ne permet pas d'affirmer s'il y a un seul ou plusieurs responsables et le Ministre refuse catégoriquement de nous dire quel objet a été volé. Les rumeurs commencent à reporter que certains anciens alliés des Forces du Mal seraient actuellement en mouvement et que les deux affaires seraient liées… »
Scorpius releva les yeux vers ami. Ils n'avaient pas besoin de parler pour se comprendre et savoir que c'étaient eux les voleurs. L'objet ne pouvait être que le Retourneur de Temps…
- Percy Weasley… ?
- C'est mon oncle… répondit Albus d'un air lugubre. Je sais qu'il a toujours été très ambitieux, mais je ne pensais pas qu'il le serait assez pour faire ce métier-là…
- Au moins, c'est toujours un membre de ta famille qui campe le rôle, songea Scorpius.
L'adolescent blond resta pensif en se demandant comment les choses s'étaient déroulées dans ce présent. Ils avaient donc vraisemblablement bien volé le Retourneur de Temps, il pouvait donc en déduire qu'ils connaissaient sûrement Delphini également. Comment avaient-ils procédé ? Percy Weasley avait-il mis les mêmes protections dans son bureau qu'Hermione dans leur présent ? Il frissonna en chassant toutes les possibilités qui lui effleuraient l'esprit et préféra les chasser rapidement. S'il commençait à trop réfléchir à sa version telle qu'ils la connaissaient, puis à la version de ce présent où ils se trouvaient, il allait finir avec une énorme migraine. Et mieux valait ne pas trop en savoir non plus, juste ce qu'il fallait. Scorpius replia le journal et avala son verre de jus de fruits. La Gazette du Sorcier lui avait tout de même donné une idée. S'il ne se trompait pas, la Bibliothèque devait garder la plupart des numéros quelque part et justement il devait faire sa retenue là-bas, ce soir ! Avec un peu de chance, il pourrait accomplir sa punition, tout en trouvant les réponses aux questions qu'ils se posaient tous les deux. Albus pourrait en savoir davantage et ils décideraient ensemble de la suite des évènements.
Oui, oui, vous avez bien vu, Percy Weasley Ministre de la Magie. J'ai eu cette idée et je me suis dis qu'il était bien assez ambitieux pour viser ce poste après tout...
