*Salve JKRowling*
Résumé du chapitre précédent :
Retour des élèves dans leurs familles pour quelques jours ou les vacances à Poudlard pour ceux qui y restent. Le trajet est lourd et silencieux. La veille, Harry et Drago se disputent fortement, mais à l'approche de la semaine difficile qui les attend, préfèrent rester unis et forts.
Harry et Drago parviennent enfin à se détendre une fois dans la voiture avec Narcissa Malefoy qui leur parle mondanités, et évoque la possibilité de présenter Daphné Greengrass à Lancelot Nimwë, le cousin de Severus, pour un éventuel mariage intéressant.
Une fois chez les Malefoy, Harry et Drago se baladent et se racontent des souvenirs, assez légèrement, jusqu'à l'arrivée de Lucius Malefoy et l'heure du dîner, qui rappelle les garçons à la réalité. Lucius Malefoy annonce au repas que Voldemort viendra les voir avant qu'ils ne partent chez les Lestrange, et ils perdent de leur assurance, redoutant plus encore le lendemain.
Ce chapitre se déroule : du samedi soir 24 février au dimanche 25 février fin d'après-midi
.
.
TROISIEME PARTIE
Chapitre 28 - Promesses
.
Le dîner se termina enfin et les garçons voulurent se retirer, mais Severus demanda à leur parler. Il prétexta un sujet de cours et ils sortirent soi-disant pour profiter de l'air frais, mais plus réellement pour pouvoir discuter sans être surpris ou dérangés.
Quand ils se furent suffisamment éloignés, Severus sortit sa baguette, lança quelques sorts pour assurer le secret de leur conversation, et prit la parole tandis qu'ils continuaient de sa balader dans les jardins.
- Vous savez ce qui vous attend demain, tous les deux, n'est-ce pas ? dit-il doucement.
Ni Harry ni Drago ne répondirent. Harry hocha simplement la tête, l'air sombre.
- Il va falloir rester très calme et surtout ne prendre aucun risque. Je dis ça surtout pour toi Darren, continua Severus. Mais cela vaut pour toi aussi Drago. Le Seigneur des Ténèbres s'attend à ce que tu fasses très vite une erreur qui pourrait te coûter cher, et il l'espère même.
- Je sais, prononça Drago sur un ton dur. Je ne lui donnerai aucun plaisir.
Severus hésita un instant, sortit à nouveau sa baguette, renforça ses sorts et en lança d'autres. Ils s'arrêtèrent de marcher et Severus posa ses mains sur les épaules d'Harry pour l'amener à se tourner vers lui.
- Harry, murmura-t-il, le Seigneur des Ténèbres connait très bien tout ce qui concerne le Prince et le Compagnon, et il connaît les manifestations du lien entre ces deux entités. Je te demande s'il te plaît de ne rien faire qui puisse vous trahir.
Harry détourna le regard.
- Si le Seigneur des Ténèbres ne soupçonne ne serait-ce qu'une seconde que vous puissiez être le Princeps et le Socius, vous ne pourrez pas vous en sortir, insista Severus. Même avec toute la volonté et l'inconscience du monde. Je suis très sérieux Harry. Tu sais où je veux en venir.
Harry reporta ses yeux sur son père. Ils se regardèrent fixement un long moment sans bouger. Drago resta immobile et silencieux, attendant de voir ce qu'Harry allait répondre.
Il savait très bien ce que Severus avait voulu dire. Si Bellatrix venait à faire du mal à Drago, il faudrait qu'Harry se contrôle et ne réagisse qu'en petit ami, pas en Prince envers son Compagnon. Et cela serait difficile, Drago le savait.
"Ta souffrance fut la pire douleur que je puisse ressentir. Tu as vécu ce moment. Je l'ai vécu avec toi. Plus jamais."
Les mots qu'Harry avaient prononcés, ce soir de décembre, après les tentatives de Severus d'endurcir son fils face à la souffrance de ceux qu'il aimait, ces mots revinrent en tête de Drago.
Ils avaient sonné comme un serment, une promesse. Ils avaient sonné inviolables.
Et Drago se rappela la dernière fois que quelqu'un avait essayé de s'en prendre à lui : c'était à la bataille du Ministère, et Harry s'était transformé en loup sauvage et avait tué trois Mangemorts.
- J'ai peut-être une solution, dit alors Harry, quelque chose qui pourra nous aider.
Il se tourna vers Drago.
- Tu as toujours mon cadeau de Noël ? lui demanda-t-il.
.
Drago se souvenait avec précision de ce dernier vingt-cinq décembre. Il était remonté dans sa chambre après le dîner et la réception familiale, ses autres cadeaux portés par des elfes de maison qui le suivaient. Il avait ouvert la porte, laissé les elfes poser ses cadeaux sur son bureau et sur son lit, et était allé sur son balcon.
C'était alors qu'il avait découvert la grande chouette blanche qui l'attendait calmement, à l'abri des regards. Drago l'avait tout de suite reconnue. Un paquet seul était accroché à sa patte, et il se souvenait de son cœur qui s'était alors emballé.
Drago s'était assis sur son lit et avait envoyé balader tous les autres cadeaux. Le petit mot inscrit l'avait fait rougir. « Rappelle-toi, tu es à moi, et je suis à toi. » Oui, oui il se souvenait, il se souvenait très bien.
'tant ensuite le papier cadeau vert sombre et le ruban argenté (Drago avait noté l'utilisation des couleurs…), le jeune homme avait découvert un écrin noir. Il avait eu peur de l'ouvrir. Relevant finalement le couvercle, Drago avait été subjugué.
Deux anneaux à l'extérieur doré et à l'intérieur d'argent trônaient sur du velours. Sous le regard de Drago, ils semblèrent briller. Ils étaient identiques et d'une grande délicatesse.
Drago avait été à la fois fasciné et paniqué. A l'époque, leur relation n'était encore qu'à leurs débuts, et bien que ce ne fusse pas tant de temps auparavant, bien assez de choses s'étaient passées pour qu'ils aient l'impression que des années se soient écoulées depuis. Sur le moment, Drago s'était alors demandé avec inquiétude si Harry avait déjà planifié toute leur vie et tout leur futur.
Et il les avait alors pris dans sa main.
Une grande chaleur s'était répandue dans tout son corps, et son cœur s'était mis à battre plus vite encore. Les anneaux s'étaient réellement mis à briller, l'un plus que l'autre.
Sur ce dernier avaient alors commencée d'apparaître une inscription. Drago y avait déchiffré : Socius et Imperator. Sur le moment, à nouveau, il n'avait pas compris. Il ne connaissait pas encore ces mots et leur sens. Il ne savait pas qu'ils le désignaient.
Etudiant l'autre anneau, Drago avait pu y lire : Princeps et Dux. En cherchant un peu les mots latins, Drago avait fini par comprendre qu'ils parlaient d'Harry et lui.
Son regard était alors tombé sur un petit papier glissé dans l'écrin. L'écriture d'Harry.
« Il y a le tien, et puis le mien. Je te laisse les deux. J'espère que tu me rendras le mien un jour et que tu voudras garder le tien. Ils resteront précieux tant que nous serons encore précieux l'un pour l'autre. Désormais je suis tien, à jamais. »
Drago avait eu envie de pleurer.
.
- Drago ?
- Je me souvenais du jour où j'avais reçu ton cadeau… dit-il encore dans ses pensées.
- Tu l'as toujours, j'imagine ? demanda Harry.
Il avait pris un air nonchalant mais Drago perçut une pointe d'inquiétude.
- Bien sûr, idiot, répondit-il.
Drago sortit sa baguette et lui fit faire un cercle parfait en répétant "Locum Reveli" dans un murmure. Severus afficha une expression surprise.
- Tu connais cet enchantement ? Je suis impressionné, commenta le sorcier.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Harry, intrigué.
- Un sortilège pour créer un espace secret auquel on peut avoir accès n'importe où, répondit Drago. C'est un peu compliqué d'en expliquer le fonctionnement. Regarde plutôt le résultat, tu comprendras mieux de quoi il s'agit.
Harry regarda Drago terminer son troisième cercle accompagné des répétitions de la formule.
Il y eut alors une brise de vent et le vide devant eux se mit à frémir avant de prendre l'apparence de l'eau qu'on trouble. Des contours se dessinèrent et une ouverture donnant sur un espace invisible apparut comme suspendue dans les airs.
Drago tendit la main mais ne la ressortit pas tout de suite. Il se mit à parler à quelqu'un d'autre que Severus et Harry, et ceux-ci s'approchèrent pour distinguer à qui Drago pouvait bien s'adresser.
Ils découvrirent avec surprise un dragon miniature qui voletait et réagissait aux chatouillis du doigt de Drago sur son ventre en crachant des étincelles.
- Je vous présente Noumenia ! s'exclama Drago avec enthousiasme. C'est le petit dragon que tu m'as offert, Harry, pour la St Valentin.
- Ah, tu lui as donné un nom finalement ! réagit Harry en souriant.
- Dites donc les garçons, d'où sort cet animal ?! tonna la voix de Severus derrière eux.
Au grand désespoir du sombre professeur de potions, les deux jeunes en questions ne furent pas effrayés une seconde par le ton qu'il avait pris.
- Ne t'inquiète pas, ce n'est pas un vrai, rassura Harry. C'est le dragon miniature que j'ai pioché, le jour de la première tâche du Tournoi des Trois Sorciers l'an dernier.
Il prit un air moqueur.
- Je me disais que Drago aimerait avoir un Dragon comme animal de compagnie, ajouta Harry avec un grand sourire.
Severus et Drago levèrent les yeux au ciel.
- Noumenia ? releva enfin Harry.
- C'est grec, ça veut dire nouvelle lune, expliqua Drago. Le mot était beau et sonnait bien. Et puis, elle a tendance à voler et cracher du feu avec enthousiasme les nuits qui suivent les lunes noires.
Son expression se fit plus tendre.
- Elle garde mes trésors et secrets les plus précieux… murmura-t-il.
Drago désigna l'intérieur à Harry, qui se pencha pour mieux regarder.
L'espace ressemblait à une grotte, éclairée et impeccable, dans laquelle étaient rangés quelques objets, petits ou de taille moyenne, ainsi que quelques parchemins pliés. Le sol de la grotte était au niveau du bas de l'ouverture, mais le plafond dépassait un peu le haut des contours visibles, et il y avait un peu de profondeur.
Harry aperçut alors l'écrin qu'il avait offert à Drago et ce dernier suivit son regard. Il le prit et le sortit de l'ouverture.
- Tu peux m'expliquer ce que c'est ? demanda-t-il.
Harry hocha la tête. Il prit l'écrin dans sa main et l'ouvrit de l'autre.
Les anneaux se mirent à scintiller. Drago les fixa avec la même fascination que le premier jour, et les yeux d'Harry brillaient autant.
Noumenia sembla s'intéresser à cette nouvelle source de lumière, et elle se posa sur le poignet d'Harry, nullement effrayée par lui.
- Drago, ce sont des anneaux qui nous sont destinés, dit Harry. Ils ont été créés par le premier Princeps et le premier Socius, il y a des siècles de cela.
- C'est assez intimidant, commenta Drago.
- C'est sûr… Ils ont vécu les premiers la douleur de voir l'autre souffrir sans rien pouvoir faire. Comme la souffrance de l'autre est ressentie différemment des couples normaux, et de façon amplifiée chez nous à cause de notre statut l'un envers l'autre, ils ont cherché un moyen de simplifier les choses.
Drago releva les yeux et regarda Harry avec intérêt.
- L'anneau du Princeps fait deux actions simultanées, expliqua Harry. Il fait en sorte que les douleurs du Socius soient partagées pour qu'elles soient moins ressenties par le Compagnon, voire pas du tout.
- Oh, je t'arrête tout de suite, réagit immédiatement Drago. Cela veut dire que s'il m'arrive quelque chose, c'est toi qui le ressens à ma place ? Hors de question !
- Attends, je n'ai pas fini, essaya de le calmer Harry. J'ai dit que cela servait à partager, pas à tout prendre. J'imagine que le premier Socius ne devait pas être d'accord pour que son Princeps joue les héros, lui non plus.
- Et il avait bien raison.
Drago croisa les bras.
- Donc, reprit Harry avec un sourire, l'anneau fait en sorte que le Socius ressente moins les douleurs, puisqu'elles sont partagées avec le Princeps, qui n'en ressent qu'une partie. Mais l'autre action de l'anneau est de donner davantage de force et de résistance au Princeps, justement pour qu'il soit en mesure de supporter ses souffrances et celles de son Compagnon.
- Ah, je préfère, se détendit Drago. Et que fait l'anneau du Socius ?
Harry allait parler, mais Noumenia s'approchait un peu trio des anneaux, attirée par leur brillance dorée. Harry eut un sourire amusé quand Drago l'enleva de son poignet. Elle voleta un peu et se posa sur son épaule.
- Oui, l'anneau du Socius, reprit alors Harry. Le Socius est là pour être un soutien, une force pour le Princeps, mais aussi pour soigner ses blessures, et ce, littéralement. Quelque chose se développe en lui lorsque le Princeps est mal ou blessé, pour qu'il puisse le guérir ou l'apaiser.
Drago se souvenait de toutes ces fois où il avait ressenti le besoin d'aller vers Harry pour l'aider lorsqu'il était mal, et hocha la tête.
- Le sentiment naturel du Socius est de soigner et de faire attention aux blessures du Princeps, continua Harry. Tu vas développer rapidement des capacités médicales, de soin, et savoir exactement, sans en ressentir la douleur, si je suis blessé, et où, et comment. L'anneau permettra de renforcer ces intuitions, ces ressentis, et ce que tu pourras faire.
Harry reprit, un peu amusé :
- Tout comme je peux savoir exactement quand et où tu as mal, toi aussi. Mais au lieu de bêtement prendre sur toi ta douleur, comme je peux vouloir le faire, tu peux apaiser et soigner, pour résoudre le problème.
Drago rit doucement.
- Et les anneaux sont là pour nous renforcer, et aider à équilibrer les choses. En plus d'être… symboliques.
Harry se tut, et son regard se teinta d'appréhension. Il avait peur que Drago refuse. Celui-ci ne répondit pas tout de suite.
.
Un bruit de pas les fit réagir immédiatement tous à la fois.
Severus fit apparaître des parchemins de cours, Drago fit rentrer Noumenia dans la grotte dont il referma l'ouverture, et Harry rangea les anneaux dans l'écrin qu'il fit disparaître dans une poche intérieure de son habit.
Ils firent mine d'être absorbée dans l'étude de la potion indiquée sur les parchemins tout juste apparus, et c'est ainsi que Lucius Malefoy les trouva.
- Il se fait tard, vous devriez rentrer vous reposer, dit-il simplement. Une dure semaine vous attend. Darren, tu n'as qu'à raccompagner ton oncle. Severus, bonne soirée à toi.
Personne ne protesta ou ne fit de commentaires, et ils retournèrent au Manoir. Severus y salua Narcissa, et Harry le raccompagna jusqu'aux grilles.
Seulement lorsqu'ils les eurent atteintes, Severus s'autorisa quelques dernières mises en garde à voix basse.
- Il faut absolument que Drago accepte de prendre son anneau, ou ce sera trop dur pour l'un comme pour l'autre si une situation… difficile, se présente, murmura-t-il.
- Tu penses que Bellatrix Lestrange va vraiment… demanda Harry, inquiet. Je veux dire, Vol… Lui, il lui avait dit qu'elle ne devait pas me-
- Toi non, mais elle a carte blanche sur Drago, rappela Severus. Et elle ne va pas s'en priver. Elle est tellement jalouse de Lucius et Narcissa, bien qu'elle ne l'avouera jamais, qu'elle se venge sur Drago à chaque fois qu'elle le peut.
- Mais… voulut protester Harry.
- Ecoute-moi attentivement, lui dit alors son père extrêmement sérieusement. Tu vas devoir faire très attention. Tu vas devoir être le petit ami de Drago et uniquement son petit ami. Alors protecteur, possessif, oui si tu veux, je m'en fiche. Mais tu devras absolument rester uniquement son petit ami. Rien de plus. Rien-de-plus. Tu m'as bien compris ?
Harry hocha la tête gravement.
- Je sais. Je sais bien, dit-il, les dents serrées. Ca me tue mais je le sais bien.
.
Harry et Drago avait fait mine d'aller se coucher chacun dans leur chambre, mais ils ne purent s'empêcher d'en ressortir pour se retrouver.
Avançant silencieusement dans le couloir obscur qui reliait les deux pièces, ils se heurtèrent soudain.
Harry plongea sur Drago pour l'enlacer et l'embrasser passionnément. Drago lui répondit avec la même intensité et les fit reculer jusqu'à sa chambre. Harry suivit le mouvement sans cesser de maintenir le corps de son amant contre lui.
Ils pénétrèrent dans la pièce et refermèrent la porte derrière eux avant d'aller vers le lit, toujours enlacés, leurs lèvres continuant de se trouver avec passion. Harry fit tomber Drago sur le matelas et l'y fit reculer pour qu'il y soit entièrement allongé. Drago le laissa faire, et ses mains sortirent la chemise du pantalon pour passer en-dessous et attraper la peau du dos dans des caresses proches des griffures.
Harry avait posé une main à côté du visage de Drago, un peu au-dessus, le bras tendu. La paume de l'autre main tenait sa joue tandis que ses doigts se perdaient dans les cheveux blonds de son amour. Ses genoux s'appuyaient sur le matelas à peu près au niveau des hanches de Drago aux jambes étendues sur le lit. Ils s'embrassaient toujours, et encore, et encore à nouveau.
Leur étreinte se fit alors plus tendre, et leurs baisers s'apaisèrent. Leurs mains devinrent plus délicates dans leurs caresses.
Harry se releva un peu et ouvrit les yeux pour regarder Drago. Celui-ci les ouvrit à son tour. Ils plongèrent leurs regards l'un dans l'autre, silencieusement, immobiles.
Drago ramena ses mains vers le visage d'Harry et les posa tendrement sur ses joues. Il éleva sa tête pour rapprocher ses lèvres de celles d'Harry et y déposa un doux baiser à leur commissure. Harry ferma les yeux pour mieux apprécier la tendresse de ce moment.
Quand Drago se recula tout en reposant ses mains sur le matelas, Harry fit glisser sa main sur la joue de son amour, et puis sur son front, et il la fit descendre en passant au-dessus des yeux et du nez, avant de se poser sur les lèvres de Drago qui s'entrouvrirent.
La main d'Harry alla ensuite chercher celle de Drago qu'il remonta au niveau de leurs visages tandis que leurs doigts s'entremêlaient. Drago remonta alors sa main libre jusqu'à celle tout aussi libre d'Harry, et Harry abandonna son appui pour la lui donner.
S'allongeant sur Drago, appuyé uniquement sur ses genoux, et son torse reposant désormais sur celui de son amant, Harry alla à nouveau poser ses lèvres sur celles de Drago.
Après un moment ainsi au contact l'un de l'autre, Drago recula son visage, et chercha à se relever, indiquant ainsi à Harry de se relever aussi pour le laisser terminer son mouvement.
Ils s'assirent tous les deux sur le lit. Harry releva la main pour la passer dans les cheveux de Drago dans une caresse aimante. Drago le regarda intensément un long instant.
Et alors, il murmura en le regardant dans les yeux :
- Je suis d'accord, pour les anneaux.
Harry sourit, d'abord franchement, sincèrement.
Et puis son sourire se teinta d'amusement tandis que ses yeux se mettaient à briller. Drago se demandait ce qu'Harry allait encore inventer.
Ce dernier lui attrapa les mains et l'attira vers le bord du lit. Il en descendit ensuite et sortant l'écrin de sa poche intérieure, il s'agenouilla, et releva la tête pour fixer Drago du regard.
Celui-ci commença par s'agacer, pour masquer la panique qui menaçait de s'emparer de lui. Et puis il rencontra le regard qu'Harry avait posé sur lui. Il fut incapable de réagir.
Il y avait tellement d'amour, tellement de force, de volonté, de désir, de tout, dans ce regard, que Drago sentit son cœur battre à une vitesse folle dans sa poitrine.
.
Et Harry se mit à parler.
- Drago Lucius Malefoy. Je t'offre cette bague en t'offrant avec elle une promesse. La promesse de te chérir et de te protéger. La promesse de tout faire pour ne pas te blesser. La promesse d'être prêt à tout pour que tu ne souffres aucun tourment. La promesse d'être à tes côtés jusqu'à ce que tu ne veuilles plus de moi. La promesse de t'aimer, de t'aimer comme un fou, de t'aimer jusqu'à ma mort, et une fois ma vie terminée, de t'aimer plus encore. Cette bague symbolise toute cette grande promesse qui vient du plus profond de moi, mais une promesse que je tiendrai quelque soit ta réponse, quelques soient tes décisions.
Sa voix était douce et vibrante de tout l'amour qu'il ressentait.
- Je t'aime, je t'aime de tout mon cœur, de toute mon âme, je t'aime de tout mon être, et je ne peux plus imaginer ma vie sans toi. Cette bague est destinée à nous protéger tous les deux. Je suis prêt à tout pour ne jamais te perdre. Je suis prêt à tout pour que tu sois toujours heureux. Je t'aime, et suis tien à jamais, pour toujours, et bien au-delà de la fin des temps.
Drago sentit les larmes couler sur ses joues sans qu'il ne puisse les arrêter, tandis qu'il plongeait vers Harry pour le serrer fort contre son corps. Harry l'entoura de ses bras et le serra contre lui en retour.
Lorsqu'ils se séparèrent, Harry prit l'anneau du Socius entre ses doigts. Son autre main prit tendrement la main gauche de Drago et il en embrassa d'abord chaque doigt avec douceur et amour.
Puis il leva l'anneau et le plaça à la hauteur de l'annulaire. Drago le regardait sans ciller, les yeux brillants d'émotion, d'amour, de tout.
Lentement, Harry passa l'anneau du Socius au doigt de Drago, son compagnon, son amant, son amour. Et puis il l'embrassa tendrement.
Drago prit ensuite dans l'écrin l'anneau du Princeps et releva les yeux vers Harry. Il parla à son tour.
- J'ai passé des années à te détester, des années à te jalouser, des années à finalement ne penser qu'à toi. Aujourd'hui me voilà bien différent de celui que j'étais autrefois, mais pour rien au monde je n'y retournerai, et rien au monde ne pourrait me faire regretter ce temps passé.
Il se fichait de tout, de leur jeunesse, du peu de temps finalement qu'ils avaient passé à s'aimer déjà, des codes et des règles.
Il ne voyait que l'amour d'Harry pour lui, et le sien pour Harry. Il ne voyait que la vie qu'il voulait construire avec lui. Il ne voyait qu'un avenir où ils étaient tous les deux.
- Tu m'offres ton amour, ta protection, tout ton être, à la vie, à la mort, et je l'accepte, mais uniquement à condition que toi aussi, en retour, tu acceptes mon amour, mon soutien, mon être, à la vie et à la mort. Jusqu'à ce que le soleil se lève à l'ouest et se couche à l'est, jusqu'à ce que les fleuves soient asséchés et que les montagnes s'effritent au vent comme des feuilles d'automne, je serai à tes côtés, et je t'aimerai.
Drago passa l'anneau du Princeps au doigt d'Harry et avança son visage pour l'embrasser.
Ils ressentirent alors une énergie puissante, ancestrale, les envahir et les traverser, et passer de l'un à l'autre. Leurs esprits et leurs êtres se mêlèrent pour n'être, un instant, plus qu'un. Les anneaux brillèrent à leurs doigts.
Ils s'embrassaient. Ils s'aimaient. Et plus rien d'autre n'avait d'importance.
.
Le soleil se leva sur leurs corps enlacés dans le lit de Drago. Tous les deux se réveillèrent tôt mais firent mine de dormir encore. Ils ne parlèrent pas, et gardèrent les yeux fermés, se blottissant d'avantage l'un contre l'autre.
Ils ne voulaient pas que le jour soit levé et qu'il soit l'heure pour eux de sortir de la pièce et du lit devenu un cocon protecteur. Essayant de s'apaiser mutuellement, ils parvinrent à se rendormir un peu. Leurs esprits connectés mêlèrent leurs rêves et ils partagèrent un moment harmonieux et heureux, loin de la réalité.
Plus tard dans la matinée, Narcissa, qui avait tout juste terminé de s'occuper du linge de son fils, monta le lui porter dans sa chambre.
Elle aimait cette tâche du foyer, même si on lui disait souvent que c'était une activité d'elfe de maison, pas de maîtresse de maison. Malgré tout, cela lui occupait l'esprit et la divertissait de laver et sécher magiquement les vêtements de son époux et de son fils avant de les plier à la main, en essayant de ne penser à rien et de chercher une paix intérieure.
Narcissa devina que Drago dormait toujours, n'entendant pas un bruit depuis l'intérieur de sa chambre. Elle ouvrit silencieusement la porte et s'avança juste assez pour déposer les habits propres sur une chaise.
Mais en se redressant, jetant un regard à son fils dans un élan maternel, elle découvrit qu'il n'était pas seul dans son lit. Ses yeux s'agrandirent en comprenant que Darren et Drago avaient passés la nuit ensembles.
Elle s'approcha discrètement… et soupira de soulagement en voyant qu'ils étaient tout habillés. Oui, Drago avait quinze ans, et c'était encore trop jeune dans l'esprit de Narcissa. Et puis il s'agissait d'un autre garçon !
Narcissa ne voulait pas en imaginer d'avantage et elle se dépêcha de sortir de la chambre toujours sans faire de bruit.
Les relations entre hommes ou entre femmes ne choquaient plus le cercle aristocratique dont elle faisait partie depuis de nombreuses années déjà, mais cela ne signifiait pas qu'en tant que mère, Narcissa accepte entièrement cela pour son fils.
Il n'était pas si rare que cela de trouver des personnes de leur milieu qui possèdent ces préférences, mais cela était toléré tant que cela restait dans des limites honorables. Et puis l'obligation de perpétuer le sang de la lignée pesait toujours sur les familles, et il fallait être certain qu'un frère ou une sœur puisse l'assurer si l'on avait ces tendances.
Le Seigneur des Ténèbres avaient des goûts bien particuliers, et la seule femme qu'il supportait était Bellatrix, parce qu'elle le flattait et qu'elle était efficace, et puis parce qu'il aimait sa folie meurtrière et destructrice.
Au temps de sa puissance, il n'avait pas été rare de le voir demander de jeunes hommes, sorciers ou moldus, il n'en avait cure, pour son plaisir personnel. Un jour il avait puni un couple de Mangemorts qui l'avaient déçu en violant l'homme devant sa femme.
Narcissa remerciait tous les grands sorciers et dieux possibles que son époux et elle aient été épargnés de cette épreuve.
Narcissa avait perçut la teneur des regards échangés entre son fils et Darren Prince. Elle avait perçu l'attitude que chacun semblait avoir inconsciemment et naturellement adoptée l'un envers l'autre et quand l'autre était autour.
Darren semblait avoir constamment l'œil sur tout ce qui approchait Drago et il avait semblé à Narcissa qu'il se plaçait automatiquement de façon à être toujours apte à protéger son compagnon. Drago, lui, semblait faire tourner tout son monde autour de Darren, et l'en faire dépendre également.
Narcissa avait pu voir déjà à quel point chacun avait une influence sur l'autre et l'appréhension était née de comprendre à quel point leur relation pouvait, déjà, aussi tôt, être profonde, et forte.
Narcissa retourna plier les vêtements de Lucius mais son esprit continuait de penser à tout cela.
Elle espérait du plus profond de son cœur que ce qui liait son fils à Darren Prince le protégerait. Elle n'avait pas une seule fois émis de protestations depuis le jour où le Seigneur des Ténèbres avait annoncé que Drago recevrait une formation par sa sœur, Bellatrix, dont Narcissa connaissait les penchants, les actes, et la folie.
Et n'avoir jamais rien dit pesait dans le cœur de Narcissa, qui, mère avant d'être femme de Mangemort, avait peur de ce qui pourrait arriver à son unique enfant, et avait peur de ce qui pourrait lui arriver sans qu'elle n'ait rien fait pour l'empêcher.
.
La journée parut passer à toute vitesse pour eux tous qui redoutaient les jours à venir.
Harry eut un moment de panique à l'approche de la rencontre avec Voldemort et proposa soudainement au milieu d'une conversation avec Drago de s'enfuir et de partir très loin.
Drago sursauta à ces mots et s'inquiéta réellement des capacités d'Harry à tenir le coup. Mais Harry se reprit assez rapidement et rassura vite Drago qui ne se sentit pas bien plus à l'aise pour autant. Et puis il fut trop tard pour faire quoi que ce soit.
.
Les garçons étaient dehors, ayant le mauvais pressentiment qu'ils n'allaient pas beaucoup revoir la lumière du soleil durant la semaine.
Narcissa les appela et ils surent qu'il était temps. Leurs affaires étaient prêtes mais toujours dans leurs chambres, comme s'il y avait encore un espoir qu'ils n'aient pas à les en faire sortir.
Harry vérifia qu'il avait bien la bague issue du pendentif de sa mère, qui changeait son apparence, et vérifia non seulement qu'elle était toujours bien invisible, mais aussi qu'elle était bien fixée à son doigt.
Il vérifia ensuite l'invisibilité des anneaux échangés la veille avec Drago. Ils étaient soumis au même enchantement, et seuls Drago et lui pouvaient les voir.
Harry monta et maintint bien en place ses barrières mentales en espérant ne donner aucune raison à Voldemort d'aller fouiller son esprit. Il savait qu'il ne pourrait pas tenir très longtemps si le mage noir se mettait réellement à entrer dans sa tête.
Drago lui remit en place sa chemise et sa veste. Harry l'embrassa tendrement.
Et ils descendirent.
Dans le salon, Severus et Lucius étaient présents, assis dans les fauteuils en silence, l'air sombre, un verre de Whisky Pur Feu à la main. Narcissa avait posé sur son visage un masque neutre mais Drago, qui la connaissait bien, savait à quel point elle était troublée.
Quand Harry et lui entrèrent, Lucius fit mine d'être ravi et satisfait de la tournure des évènements, mais Drago avait eut le temps d'apercevoir son regard assombri et inquiet. Cela provoqua une chaleur dans sa poitrine. Oui, son père pouvait aussi s'inquiéter pour lui…
Harry avait, lui, échangé avec son père un regard qui contenait peu d'espoir. Ils attendirent sans parler ni bouger.
.
Les portes s'ouvrirent dans un bruit de fracas. Les ombres et le souffle d'air provoqués par l'apparition progressive de Lord Voldemort dans le salon du Manoir Malefoy fit battre les cœurs de ses occupants un peu plus vite.
Le mage noir apparut et son sourire carnassier et satisfait créa une vague de frissons chez ses interlocuteurs.
- Lucius, Severus, je vous salue à nouveau. Narcissa, très chère, vous êtes ravissante, lança Voldemort sur le ton de la conversation la plus banale.
Et puis il se tourna vers Harry et Drago.
- Ah… mes deux jeunes sorciers prometteurs… siffla-t-il à voix basse.
Il s'approcha d'eux.
- Je suis tout à fait enchanté de ma décision concernant votre formation auprès de cette chère Bellatrix. Vous verrez, nous vous avons prévu un programme délicieux.
Drago eut du mal à ne pas frissonner à nouveau, en particulier sur la prononciation délectée du mot « délicieux ».
Voldemort s'assit dans un haut fauteuil et invita de la main ses hôtes à faire de même.
- Darren, Drago, j'ai de grands projets pour vous, pour tous les deux. Mais j'en oublie mes manières : félicitations, j'ai été enchanté d'apprendre votre relation.
Ni Drago ni Harry ne savaient s'il leur fallait répondre, mais heureusement, Voldemort reprit la parole.
- Oui, enchanté vraiment. Nous allons pouvoir faire de grandes choses ensembles. Vous êtes tous les deux à la fois encore jeunes et déjà assez grands pour comprendre bien des choses. Lorsque mes plans actuels auront abouti, avec succès bien sûr, je prendrai le contrôle du monde, et vous serez à mes côtés pour cette grande entreprise. Votre potentiel magique me sera très utile pour devenir le maître du monde, et pour vous remercier de votre loyauté et de vos services, je vous offrirai d'en diriger une partie pour moi.
Voldemort était tellement satisfait de lui que Drago pensa avec ironie et cynisme que cela allait lui faire mal au cœur de le voir si déçu le jour où Harry le vaincrait. Bien sûr il attendait ce jour avec grande impatience… Ses pensées furent perturbées par un mouvement d'Harry.
Harry se leva et s'avança vers Voldemort en le regardant dans les yeux, au grand effroi de toutes les autres personnes présentes dans la pièce. Mais il ne risquait, au contraire.
Il posa un genou à terre et baissa la tête devant Voldemort plus qu'heureux de la réaction de Darren.
- Vous nous faites là le plus grand des honneurs. Cela sera une joie immense que d'avoir la chance de faire part de cette grande entreprise et cela sera avec une profonde loyauté que je vous servirai.
Voldemort le regarda fixement sans répondre, un sourire terrifiant s'étirant sur ses lèvres minces. Il s'approcha d'Harry et posa sa main sur son menton pour lui faire relever la tête.
Harry rassembla tout son courage pour lever les yeux sur Voldemort sans peur ni haine. Voldemort recula sa main et éclata de rire.
- Oh, Darren Prince, je n'en ai aucun doute. Serpentard est bien ta Maison, car tu es rusé et intelligent, et car tu es prêt à tout pour arriver à tes fins. Je vois bien que ta loyauté est entièrement intéressée, et non pas due à une conversion à mes idéaux…
Drago ne comprenait rien du tout.
Voldemort s'approcha à nouveau de Darren et abaissa son visage à son niveau.
- Je peux lire en toi, Darren Prince… Tu veux le pouvoir… Tu as commencé d'y goûter et tu aimes ça… Tu en veux plus… Tu sais que si tu t'associes à moi, tu l'auras, ce pouvoir que tu désires. Et bien jeune Prince, prépare-toi à en recevoir, et bien plus encore. Tu es intelligent, bien sûr, et tu sais que tant que tu me montreras une loyauté sans faille, tu pourras diriger le monde. Je saurai que ta loyauté sera intéressée et tu sauras que je le sais. Et pourtant je te laisserai, derrière moi, devenir maître de l'univers.
Voldemort attrapa alors le poignet de Darren et se releva, levant le bras du jeune homme en même temps. Son autre main attrapa subitement l'épaule du jeune homme, les doigts agrippant la nuque, et il le maintint à genoux tout en tirant d'un coup sec sur le poignet qu'il tenait serré.
Harry grimaça. Voldemort le regarda dans les yeux et murmura.
- Oui, je t'offrirai le monde, tant que tu n'oublieras pas que j'aurai été celui qui te l'aura donné…
Le mage noir avança son visage tout près de l'oreille de Darren. Ses doigts enserraient désormais fermement le poignet du jeune homme qui avait du mal à ne pas réagir avec force à la douleur qui lui brûlait la peau.
- C'est une promesse, Darren Prince… susurra Voldemort.
Ses ongles s'enfoncèrent dans le poignet d'Harry et une aura noire apparut autour du contact de leurs peaux.
Elle devint une ombre à la forme d'un serpent et s'enroula là où Voldemort tenait Harry.
Harry se mit à hurler de douleur.
Elle disparut dans un éclair éblouissant.
Les autres personnes présentes dans la pièce détournèrent les yeux mais tous purent entendre le cri d'Harry mêlé au rire démoniaque de Voldemort.
.
Drago ne se retourna pas tout de suite. Son cœur battait à une vitesse folle et il ressentait la douleur d'Harry comme si c'était la sienne.
Il jura intérieurement contre les anneaux qui n'avaient pas l'air de bien faire leur boulot, étant donné la force de la douleur. Drago préférait penser cela plutôt que d'imaginer que ce qu'il ressentait n'était qu'une partie de ce qu'Harry pouvait souffrir à ce moment là.
Severus se sentait complètement désemparé et pris de court. Il se sentait frustré de n'avoir pu prévenir ce coup là de la part de Voldemort, qu'il n'avait absolument pas vu venir. Il aurait du s'en douter cependant, il y avait eu des signes dans ce que le mage noir avait pu dire ou laissé entendre, mais Severus n'avait pas compris. Et il s'en voulait.
Voldemort lâcha enfin le poignet et la nuque d'Harry, qui resta à genoux et se recroquevilla sur son bras qui lui faisait souffrir le martyr.
Des larmes de douleur et de haine perlaient à ses yeux mais il se refusa de les laisser couler. Il n'allait pas faire ce plaisir à Voldemort. Une peur panique s'insinuait en lui, se mêlant à sa haine furieuse. Une peur de découvrir sur son bras une marque noire qu'il avait déjà trop vu en trop peu de temps.
Il ne regarda pas. Il avait entouré son poignet de son autre main et ne l'y ôta pas, et n'allait l'en ôter pour rien au monde. Cela était hors de question.
Comment Voldemort avait-il pu faire une chose pareille, comme ça, sans prévenir ?!
Harry ne comprenait pas ce qu'il venait de se passer. Il n'avait pas une seule fois pensé que Voldemort puisse lui infliger cela de cette façon et aussi tôt.
Harry pouvait entendre son pouls battre à ses tempes, et son esprit n'arrivait pas à penser correctement, embrumé par la douleur, une douleur qui semblait se répandre dans tout son corps.
Voldemort s'était reculé et était assis dans le fauteuil à nouveau. Il regardait avec délectation Darren se retenir de crier à nouveau ou de laisser échapper toute autre réaction due à la douleur.
Il le regardait se battre pour rester immobile et silencieux, et cela lui plaisait. Le mage noir leva enfin les yeux, et un sourire sauvage s'étira sur ses lèvres en découvrant le visage horrifié de Drago fixé sur Darren.
Il vit le visage de Severus, qui avait réussi à rester neutre, mais sur lequel on pouvait lire la surprise. Narcissa Malefoy avait un visage tout aussi neutre, mais dans ses yeux à elle, on pouvait trouver de la peur. Lucius Malefoy, lui, était satisfait.
Voldemort l'était aussi.
- Et bien, ce fut une soirée tout à fait satisfaisante. Darren Prince, je te souhaite un bon rétablissement. Tu verras, tu vas apprécier mon cadeau, une fois tes esprits remis en place. Drago, tu devrais t'occuper de ton cher et tendre. Severus, Lucius, accompagnez-moi quelques minutes. Narcissa, prépare nos deux jeunes gens à partir, Bellatrix devrait arriver dans une heure. Bonne fin de journée à tous !
Et Voldemort sortit de la pièce.
Lucius Malefoy lui emboîta le pas sans hésiter, mais Severus eut un regard vers son fils avant de les suivre.
Dès qu'ils eurent disparus, Drago se précipita vers Harry tandis que sa mère allait chercher un linge et de l'eau froide.
- Oh par Merlin et tous les Fondateurs, je suis tellement désolé… murmura Drago.
- Pas… pas ta faute… marmonna Harry entre ses dents serrées, toujours crispé par la douleur qui ne voulait pas s'en aller.
Drago était agenouillé à côté d'Harry et lui avait passé une main dans le dos tandis que l'autre passait sur son visage. Il vit une larme couler, et il sentit son cœur se serrer.
Drago posa son front contre celui d'Harry après l'y avoir embrassé, le serrant contre lui. Harry s'appuya contre lui et laissa ses larmes trop retenues couler de ses yeux. Des larmes de frustration et de colère, et des larmes de haine contre celui qui venait de lui infliger ce qu'il redoutait le plus.
.
Narcissa revint dans la pièce et tendit un linge humide à Drago, qui voulut le poser sur le poignet d'Harry, mais celui-ci refusa catégoriquement de desserrer les doigts qu'il avait posés sur le lieu de la douleur.
Drago réussit finalement à convaincre Harry d'au moins le faire en se détournant, s'il tenait à ce point à ne pas laisser apparaître ce qui devait être visible sur son bras.
Même une fois le linge autour du poignet, Harry ne desserra pas sa prise. S'il n'avait plus de réaction réellement visible due à la douleur, non seulement Drago la ressentait-il toujours mais de plus il pouvait lire sur les traits crispés du visage d'Harry qu'elle était toujours présente.
Narcissa ne fit aucun commentaire, aucune remarque, ne se permit pas plus un seul mot de soutien ou rassurant.
Elle observa seulement, et une fois de plus, eut l'intuition que ce qui liait son fils à Darren Prince était peut-être plus que le simple résultat d'une séduction. Mais cette fois, une autre intuition s'insinua en elle : celle que Darren Prince était peut-être lui-même bien plus que ce que tous pouvaient penser de lui.
Elle n'ouvrit la bouche que lorsque l'heure annoncée de la venue de sa sœur ne fût plus proche, et rappela simplement le temps qu'il restait aux garçons avant l'arrivée de Bellatrix.
Harry s'était levé pour s'assoir dehors, toujours incapable de regarder ce qu'il avait désormais sur le bras. « C'est une promesse, Darren Prince… » Ces mots restaient dans son esprit et tournaient en boucle au milieu des ressentis cycliques de la douleur sur son poignet.
Drago l'avait suivi pour s'asseoir à côté de lui, et avait appuyé sa tête sur l'épaule d'Harry, une main sur celle qui serrait toujours le bras marqué.
Harry se demanda alors gravement ce qu'il adviendrait de lui s'il ne réussissait pas à vaincre Voldemort et qu'il en survivait.
.
Il n'eut pas long loisir de réfléchir à ce qu'il s'était passé. Narcissa vint les prévenir que l'heure approchait de quitter le Manoir et l'esprit d'Harry se pencha immédiatement sur les complications plus immédiates.
- Qu'est-ce que tu vas faire, à propos de… et bien… commença Drago sans réussir à terminer sa phrase.
- Je vais mettre quelque chose dessus, répondit Harry d'une voix neutre et froide assez effrayante. Est-ce que ta mère aurait de quoi faire un bracelet de cuir ou n'importe quel accessoire de ce type ?
- Je vais voir, je reviens.
Quelques minutes plus tard, Drago revenait avec une bande de cuir marron rouge sombre ornée de motifs médiévaux et aux extrémités possédant des lacets.
Il l'enroula autour du poignet d'Harry qui le retourna au moment d'enlever le linge et sa main pour toujours ne rien voir, et referma le bracelet large qu'il fixa ensuite par magie.
- Tu ne veux vraiment pas voir ce que c'est, au moins une fois ? avait osé demander Drago avant de sortir sa baguette.
- Non. J'ai trop peur de ce que cela pourrait être, et trop peur que cela soit pire encore, avait répondu Harry dans une voix presque chuchotée après un long silence.
.
Leurs affaires pour la semaine avaient été descendues dans le hall par les elfes de maison, et Narcissa et Severus tentaient de discuter de sujets anodins, tandis qu'Harry et Drago s'étaient posés un peu à l'écart pour profiter des derniers instants de semblant de tranquillité tous les deux. Lucius lisait un journal distraitement à côté d'eux.
Bellatrix surgit soudain, ayant traversé les pièces de la maison de l'entrée jusqu'aux jardins sans prendre la peine de sonner.
Elle fit résonner son rire fou sur les murs du Manoir et embrassa sa sœur puis son beau-frère avec grande hypocrisie, se contentant de salua très froidement Severus qu'elle détestait et qui le lui rendait bien.
Elle se tourna ensuite vers Drago et Darren qui s'étaient levés et rapprochés, et fondit sur son neveu dans une approche effrayante. Harry fronça les sourcils devant son attitude complètement malsaine et qui réveilla en lui de nombreuses sources de réactions qu'il parvint toutefois à éviter.
- Drago, cher Drago ! Mon neveu à la fois favori et le moins aimé… commença-t-elle en murmurant ces mots à l'oreille du jeune homme.
Drago frissonna.
- Très cher, continua-t-elle en se mettant à lui caresser horriblement le visage, je suis ravie de t'avoir pour moi-seule une semaine entière. Enfin tu vas pouvoir nous montrer que tu as du sang des Black dans tes veines et pas seulement celui des Malefoy.
Drago n'en menait pas large, et rien que pour la lueur de peur dans ses yeux, Harry sentait le loup sauvage, carnassier, possessif en lui, s'éveiller. Il s'efforça de garder le contrôle de lui-même et ne sourcilla pas quand Bellatrix se tourna vers lui.
- Ah, et Darren, ce fameux jeune Prince dont nous avons tant entendu parler ! Tout à fait enchantée de te rencontrer enfin !
Harry ne répondit rien et salua simplement de la tête la Mangemort, en s'efforçant de ne laisser transparaître aucun des sentiments haineux qui l'animaient envers elle.
- Narcissa, je vais t'enlever ton petit bébé quelques jours, mais je te promets de te le rendre en vie… ! lança Bellatrix à sa sœur qui était très pâle mais qui était aussi restée très digne.
- Je n'en doute pas un instant, répondit Narcissa Malefoy d'une voix posée.
Bellatrix sourit à nouveau, de ce sourire malfaisant et terrifiant, teinté de folie.
Elle attrapa le poignet de Drago et tendit la main vers celui d'Harry mais celui-ci eut un mouvement furtif de recul. Elle plissa les yeux en le regardant et son sourire carnassier s'élargit. Plus vite qu'il ne l'avait escompté, ses doigts se refermèrent sur son bras sans qu'il ne puisse l'en empêcher.
- A la semaine prochaine, chère sœur ! lança-t-elle.
Et elle tira les deux garçons avec elle jusqu'aux limites du domaine. Là, elle disparut dans un craquement, Drago et Harry avec elle.
.
Lucius se rapprocha de sa femme et passa un bras autour de ses épaules. Il l'embrassa sur le front dans un mouvement aussi rassurant qu'il le pouvait, tandis que Narcissa fermait les yeux et s'autorisait enfin à laisser transparaître son appréhension.
.
Severus les regarda, et s'en alla sans faire un bruit. Il quitta le Manoir et rentra à celui de sa famille, qu'il n'avait pas considéré comme sa propre maison depuis qu'il en était parti, et jusqu'à ce qu'il y retourne avec Harry.
Et alors qu'il y rentrait sans ce dernier, il se rendit compte à quel point il avait peur pour son fils, lui aussi.
Il s'assit dans un fauteuil en face de la cheminée. Dobby lui apporta un verre, sur sa demande. L'elfe de maison sembla alors hésiter, se dandinant sur place en se tordant les mains, comme à chaque fois qu'il souhaitait dire quelque chose sans l'oser.
Severus avait demandé à Dobby de venir chez lui durant cette semaine de vacances, prétextant qu'il pourrait avoir besoin de lui pour différentes affaires, et pour lorsqu'Harry serait au Manoir. Mais en réalité, Severus avait eu peur soudain de se retrouver chez lui tout seul, alors que son fils allait subir il ne savait quoi aux mains d'une femme folle à lier.
Il n'avait pas voulu rester à Poudlard. Il ne savait pas très bien pourquoi.
- Qu'y a-t-il Dobby ? demanda Severus après quelques minutes à voir l'elfe se balancer d'avant en arrière.
- Monsieur, si Dobby peut se permettre, vous… vous n'avez pas l'air très bien Monsieur, et Dobby se demandait s'il pouvait peut-être faire quelque chose pour aider Monsieur…
Severus tourna la tête vers l'elfe de maison. Après tout, pourquoi ne pas lui parler ? Pourquoi ne pas avoir enfin quelqu'un à qui parler ? Un elfe de maison… Mais un elfe de maison qui avait déjà fait et entendu beaucoup, un elfe de maison qui était libre et qui raisonnait différemment…
- Dobby, tu as connu tes parents ? demanda alors Severus après un long silence.
L'elfe eut un sursaut de surprise.
- Non Monsieur, enfin, Dobby se souvient du contact de sa mère lorsqu'il était encore trop jeune pour être employé, mais les premiers vrais souvenirs de Dobby sont d'avoir été vendu à la famille Malefoy et d'avoir commencé à y travailler.
- Tu ne sais pas qui sont tes parents ? Tu ne les as jamais rencontrés par la suite ?
- Non, Monsieur, mais Monsieur, ce n'est pas normal pour un elfe de maison de se poser ces questions là, Monsieur, les elfes de maisons sont là pour travailler et ne sont pas considérés comme des êtres humains, monsieur. Comment pourrait-on s'occuper de réunir des elfes de maisons de même famille, à quoi cela servirait-il ?
Severus ne répondit pas.
- Monsieur, si Dobby peut se permettre à nouveau…
- Vas-y.
- Harry Potter est très fort et Monsieur ne doit pas s'inquiéter. Harry Potter vaincra Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom et il le fera en restant aussi noble, fort, et bon qu'il l'est aujourd'hui. Harry Potter est un très grand sorcier, Monsieur. La méchante sœur de Mrs Malefoy ne pourra rien lui faire, ni à lui ni au jeune Mr Malefoy, Monsieur, parce qu'ils sont très forts tous les deux, Monsieur…
Severus regarda Dobby étrangement et l'elfe de maison se sentit mal à l'aise.
- Que Monsieur pardonne Dobby si Dobby a eut des paroles déplacées.
- Non, non…
Severus reporta son regard sur le feu. Dobby resta quelques minutes puis disparut.
Severus resta plongé dans ses pensées. Oui, Harry était fort et il s'en sortirait. Ce n'était pas comme s'il avait été pris par le Seigneur des Ténèbres en tant qu'Harry Potter après tout…
Severus eut un ricanement cynique et termina son verre avant de le jeter dans le feu dans un geste de colère frustrée.
.
.
Explication du titre [Promesses] :
Le titre à nouveau est assez transparent : il s'agit des promesses échangées par Harry et Drago, et de celle de Voldemort à Darren Prince. On peut y voir aussi une promesse plus implicite, que tout va changer après cette expérience.
.
Remarques sur le chapitre :
Oui, ils sont encore jeunes, et ne sont pas ensembles depuis si longtemps, mais leur amour est plus fort que ces considérations trop habituelles. Et ils ont déjà beaucoup affronté, et ils ont encore beaucoup à vivre, beaucoup de choses difficiles. Ils le savent, ils ont aussi conscience, même s'ils ne l'expriment pas, qu'ils n'ont aucune assurance de cet avenir ensemble auquel ils rêvent.
C'est ainsi que je justifie un échange d'anneaux et de promesses à ce stade de l'histoire. Je le justifie aussi par la connaissance de ce qui va advenir ensuite.
Il n'est pas vraiment question de fiançailles ou de mariage, les mots et les concepts ne sont même pas exprimés explicitement. Ces idées sont trop normales, et trop concrète. Il s'agit ici de quelque chose de plus puissant, de lié à Harry et Drago en tant que Princeps et Socius, et aux puissances ancestrales.
Le prénom Noumenia est un mot grec ancien signifiant 'nouvelle lune'. Je l'aime beaucoup, je l'utilise dans un roman (si un jour je parviens à l'écrire complètement et à le publier, et si un jour vous le lisez, vous reconnaîtrez !), c'est aussi un pseudo que j'utilise souvent. J'aime le concept, le sens, du mot, et énormément le mot lui-même.
On ne verra pas énormément Noumenia, la petite dragonne, dans ce premier tome, mais j'espère pouvoir la faire sortir davantage dans le deuxième ! Parce que je l'adore.
Je ne vais rien dire de plus sur la marque de Voldemort pour l'instant, parce que je préfère vous laisser découvrir petit à petit ce qu'elle fait, ce qu'elle est, et quelle importance elle aura.
.
Questions de fin de chapitre :
Comment va se passer la semaine chez les Lestrange ? Comment Harry et Drago vont-ils supporter les épreuves à affronter ? Cela va-t-il les changer ?
Quelle est cette marque que Voldemort a infligée à Harry ? A quoi ressemble-t-elle, et qu'implique-t-elle ?
.
Remarques références :
*Saga Harry Potter : Bellatrix Lestrange est la seule femme Mangemort connue, et la servante la plus fidèle et la plus dévouée de Voldemort. Elle méprise Drago.
*Saga A Song Of Ice And Fire / Game Of Thrones : Daenerys reprend des paroles prophétiques pour s'adresser à Khal Drogo lorsqu'il est dans un état ni vivant ni mort, pour lui redire son amour avant qu'il ne meure. J'en ai repris une partie, que j'ai traduite en français à partir de la citation anglaise, et je l'ai placée dans la promesse de Drago à Harry (en italique dans le texte).
.
Annonce du chapitre suivant :
Intitulé [Paix A Son Âme Sacrifiée], Harry et Drago devront faire face aux épreuves que leur infligeront les Lestrange, et tenter de résister à la tentation du pouvoir et de la magie noire, sans se perdre au cours de ces quelques jours à venir…
